Canicule: Laurent Nuñez évoque "122.000 interventions" liée à la chaleur
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avec le directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, avec la préfète chargée de la gestion de la zone de défense, avec la première adjointe du maire de Paris, une représentante du maire du 17e arrondissement, puis le général commandant la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Vous avez un appel, voilà. Voilà, je suis venu remercier ce matin les effectifs qui ont été fortement mobilisés, comme vous le savez, avec l'épisode caniculaire depuis le 18 juin dernier. Je suis venu évidemment les remercier, les féliciter pour leur engagement, ici à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris.
Et ce message s'adresse finalement à l'ensemble des sapeurs-pompiers sur le territoire national, quel que soit leur statut, les militaires ici à Paris ou à Marseille, et puis les sapeurs-pompiers des S10 partout sur le territoire national. Avec l'épisode caniculaire, on a eu une augmentation des interventions pour secours à personnes qui est extrêmement importante. Puisque depuis le 18 juin, ça a été plus 20% au global. Mais si on prend certaines journées, notamment les journées des gros pics, comme l'ont été le 24, 25, 26 et 27, on a pu arriver à des augmentations qui étaient de plus 40%, donc en nombre d'interventions pour secours à personnes. Et hier encore, c'était 32%.
Une augmentation significative. Et on parle de dizaines de milliers d'interventions de secours à personnes. Il y a eu, en cumulé, on est sur 122 000 interventions, dont une augmentation importante qui est due à l'épisode caniculaire. Donc c'est extrêmement important. Je les ai remerciés, je les ai félicités évidemment, parce que ces interventions, vous l'imaginez, ont permis de sauver des vies. Vous l'avez vu avec la présentation du caisson à glace, du caisson à glace qui est à côté de nous, qui vous a été présenté tout à l'heure, et qui a permis, par exemple, sur le périmètre de la bagasse des sapeurs-pompiers de Paris, de sauver 300 personnes.
Une intervention rapide avec de la glace, et donc ces interventions, elles ont été extrêmement salutaires. Ce que je voudrais dire, je le dis très solennellement, évidemment que s'il y a eu cette capacité à prendre en charge ces interventions supplémentaires, à avoir du matériel dédié comme les caissons à glace, c'est bien évidemment parce que nous avons tiré toutes les conséquences des différents épisodes caniculaires qui ont frappé notre pays, et évidemment de celui de 2003. Nous avons su anticiper, nous adapter et être extrêmement réactifs.
Et donc c'est évidemment vrai pour le secours d'urgence à personne, qui est un élément fondamental évidemment pour le traitement des épisodes caniculaires. Et c'est pour ça que je voulais remercier les effectifs de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris et à travers eux, l'ensemble des sapeurs-pompiers dans ce pays. Et je n'oublie pas les associations agréables de sécurité civile qui sont souvent venues nous renforcer. Évidemment, cette intervention, elle s'est faite au prix souvent de réaménagement d'équipe, de renforcement d'équipe.
Ici à Paris, un certain nombre de cadres qui étaient sur des fonctions administratives sont venus renforcer les équipes sur le terrain, équipes d'intervention, et puis de la même façon, on a eu des associations agréables de sécurité civile qui sont venues renforcer les équipes. Mais tout ça, c'était en application d'une planification qui avait été préparée, à laquelle nous travaillons maintenant depuis 2003. Donc on est dans l'anticipation la plus complète. figurent également aussi au titre de ces mesures d'anticipation. Je veux le redire et le raffirmer.
Toutes les mesures qui ont été prises de police administrative, c'est-à-dire les mesures d'interdiction de consommation d'alcool sur l'espace public, les mesures d'interdiction de vente de l'alcool à emporter sur l'espace public, des mesures d'interdiction d'un certain nombre de spectacles qui ont été prises par les préfets, de manière à peu près systématique quand il s'agissait de manifestations sportives en plein air, ou de manière appréciée au cas par cas quand il s'agissait de manifestations revendicatives culturelles. Mais il est bien évidemment que dans les périodes en rouge pour les départements concernés, la tendance a été plutôt d'interdire. Pourquoi ? Pourquoi ?
Parce qu'on est contre d'abord ce type de manifestation. Ce n'est pas une mesure contre, c'est une mesure pour protéger nos systèmes d'urgence qui évidemment sont très sollicités dans ces épisodes caniculaires. Et on sait que les événements festifs génèrent mécaniquement un certain nombre d'urgences supplémentaires. Premièrement, il s'agit de protéger ces systèmes. Et puis deuxièmement, ça permet tout simplement de dégager les moyens supplémentaires qui ne sont pas consacrés au suivi de la protection sanitaire de ces événements et qui peuvent être déployés sur l'opérationnel, sur la gestion de la canicule. Je ne vais vous donner qu'un exemple.
pour le fait d'avoir annulé le solidaise, ça dégage 37 ambulances qui peuvent être réorientées vers la prise en charge des victimes. Donc voilà, ces mesures, elles sont extrêmement importantes. Et d'ailleurs, encore une fois, elles font partie de la planification d'anticipation qui est la nôtre pour la gestion des épisodes caniculaires. Alors, au moment où on se parle, comme vous le savez, les températures sont en train de baisser. Nous n'avons plus que deux départements en zone rouge, deux départements alsaciens. Il reste une trentaine de départements en zone orange. Pour autant, nous nous attendons à une activité opérationnelle extrêmement importante.
Extrêmement importante parce que les organismes ont beaucoup souffert, que ce n'est pas parce que les températures baissent, que l'effet canicule va s'estomper. Et du côté des équipes de secours, on s'attend à avoir également une activité toujours aussi soutenue, malgré la baisse des températures. Ça, je veux vraiment y repasser des messages d'extrême vigilance, y compris parfois pour la pratique sportive. La ministre de la Santé l'a redit dans une interview à la tribune ce matin. Et je ne peux évidemment qu'abonder à aller dans le sens de ses propos.
En tout cas, nous, ce qui concerne le ministre de l'Intérieur et l'ensemble de ses équipes, l'ensemble de ses équipes opérationnelles, on s'attend également, dans les jours qui viennent, à avoir une activité, ce qui est extrêmement soutenu. Il y a un autre élément sur lequel je voudrais évidemment insister, qui concerne, bien sûr, là encore, l'ensemble du territoire national, ce sont les feux de végétation et les feux de forêt. On est extrêmement inquiets de la situation, puisque cet épisode caniculaire a évidemment entraîné un épisode de sécheresse important. Jusqu'alors, depuis le début de l'année, on a eu 7000 hectares qui ont brûlé.
L'année dernière, à la même période, c'était 4200 hectares. Si on se projette, si on extrapole sur une année pleine, on pourrait très vite arriver à une année aussi importante en termes de feux de forêt que celle de 2022, si on n'y veille pas. Là encore, évidemment, nous sommes dans l'anticipation, dans la grande anticipation, avec des moyens nationaux qui sont complètement mobilisés, qui tous les jours sont prépositionnés en fonction des orientations, des indications qui sont données par Météo France. C'est M.
le directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, avec ses équipes, et que je remercie, que je salue, qui font ce travail et qui prépositionnent l'ensemble des effectifs de lutte contre les incendies de forêt, qu'il s'agisse des équipes nationales, je pense notamment aux moyens aériens, aux moyens militaires, ou des équipes des services départementaux d'incendie et de secours, que je veux saluer également, qui s'organisent en colonne, qui se prépositionnent, et on arrive, ce faisant, à attaquer les feux quand ils se déclenchent en 8 minutes, en moyenne, ce qui est évidemment extrêmement important d'un point de vue opérationnel. Et donc ça, c'est la préoccupation.
Je l'ai dit hier, ce matin, dans une interview aux Parisiens, nous sommes du côté de la gestion des feux de forêt, en alerte maximale et en vigilance maximale. Sécheresse, il y a un peu de vent maintenant, ce que nous n'avions pas la semaine dernière, et donc nous sommes extrêmement attentifs à cela. Je vais vous donner un exemple. Hier, on a eu un certain nombre de feux, qui sont feux de végétation, qui se sont produits, notamment à Echalas, par exemple, dans le département du Rhône, à Ville d'Ouenalier, dans le département de la Haute-Loire, il y en a eu dans la Loire également. Et donc nous avons dû lutter contre ces feux.
D'ailleurs, j'insiste, en déplaçant des effectifs, il y a une colonne de l'ouest de la France qui était présente et qui a pu intervenir en amphore dans cette zone sud-est. Voilà. Tout ça, c'est de l'anticipation, c'est de la préparation. Et donc, je conclurai mon propos en vous disant qu'évidemment, nous sommes prêts, nous y travaillons. Je remercie l'ensemble des secouristes, des sauveteurs, des sapeurs-pompiers, des sapeurs-pompiers militaires, l'ensemble des associations agréées de sécurité civile, évidemment, l'ensemble des forces de sécurité intérieure également qui sécurisent l'ensemble des dispositifs pour leur engagement depuis le 18 juin.
Et vous dire qu'évidemment, cet engagement, il va continuer. Il ne s'effectue absolument pas dans l'impréparation. Tout ça, c'est anticipé. C'est l'application de plans que nous avons élaborés et qui sont mis en œuvre de manière extrêmement efficace. Et on va évidemment poursuivre tout ça. Voilà ce que je voulais vous dire en quelques mots. Voilà. Je prends quelques questions et pas plus.
Santé publique France, un équilibre, il est de plus que la normale depuis mercredi par rapport au mois précédent. Est-ce que vous avez des chiffres à communiquer ? Est-ce qu'on va vers un bilan lourd ?
Non, il y a une... Santé publique France, je m'en réfère à ce chiffre. Il y a une surmortalité qui est évidemment liée à la canicule. C'est une évidence. Le chiffre qu'a donné Santé publique, c'est depuis le 24 juin, donc on a à peu près, il y a une surmortalité de 1000 qui pourrait être imputable à la canicule. Je crois qu'il donne également le détail entre le 24, 25, 26, en insistant sur le fait que ces données ne sont pas consolidées, ça résulte des remontées électroniques. Voilà, donc moi je suis extrêmement prudent là-dessus. C'est la ministre de la Santé qui communique. Mais effectivement, il y a une surmortalité qui est liée à la canicule, c'est évident.
Et par rapport aux noyades, peut-être que vous avez un bilan ?
Par rapport où ? Les noyades, le bilan est celui que j'avais donné, de 1974. On passe énormément de messages de prévention sur les noyades qui peuvent avoir lieu en piscine, mais c'est surtout dans les baignades à l'air libre non surveillées. Et donc, on insiste beaucoup sur la prévention et les risques qui peuvent être des risques d'hydrocution, d'arrêt cardiaque, d'activité physique aussi, parce que ça reste une activité physique. Et dans un épisode caniculaire où les organismes souffrent énormément, il ne faut pas préjudice ces forces, y compris en milieu nautique. Quelle est la situation dans les funérariums en Ile-de-France ?
La situation dans les funérariums, d'abord sur le territoire national, on n'a pas de tension particulière. Sur l'Ile-de-France, on a une tension particulière qui a été signalée. Et il y a l'Institut médico-légal également qui gère parfaitement la situation. On a renforcé les moyens de l'Institut médico-légal à Paris, avec une surcapacité qui a pu être mise en place grâce aux moyens de la sécurité civile, gérés par la Direction Générale de la Sécurité Civile. Pour Paris, les moyens ont été renforcés. Ils pourront l'être au-delà en tant que de besoin. Évidemment, tout ça se fait toujours dans le traitement, dans la plus grande dignité, évidemment, notamment pour les familles.
Une question sur Louis également, c'est une vidéo insouminable à Narbonne, qui a beaucoup de Français. Vous avez, dans le Parisien, vous n'avez pas souhaité parler d'ensommagement d'une partie de la jeunesse, et vous avez parlé d'une exploitation de l'extrême droite. Vous avez référence à quoi exactement ? Alors, ce n'est pas très lié au sujet, mais d'abord, vous parlez effectivement du lynchage du jeune Louis, qui est absolument abominable. J'ai évidemment une pensée pour sa famille. J'ai une pensée pour sa famille. C'est absolument... Enfin, voilà, je n'imagine pas ce que peut être... Enfin, j'imagine bien ce que peut être leur douleur, mais évidemment, tout ça est inacceptable.
Et oui, on m'a interrogé pour me demander si je considérais qu'il y avait un ensauvagement. Donc, j'ai redit que je trouvais que ce terme avait une connotation extrêmement violente, et j'ai dit qu'il y avait une exploitation de cette affaire. Bon, je vous renvoie aux déclarations de M. Éric Zemmour sur cette affaire, qui a parlé de nécessité de remigration. Enfin, voilà, il a fait un lien très direct avec l'immigration. C'est précisément cette déclaration que je visais. Il y a une exploitation qui a été faite, ou par des groupuscules, ou par des groupuscules d'ultra-droite. Des groupuscules d'ultra-droite, voilà.
Je n'ai pas voulu rentrer dans ce débat, dans ce terme, qui est connoté, encore une fois, politiquement, mais par contre, je dénonce très fermement ce drame, ce drame, et surtout, la montée, la montée de la violence chez les plus jeunes, et c'est ce que je dis dans le Parisien, ce qui nous inquiète, évidemment, profondément. Et ça fait pas mal de temps que je le dis. C'est vrai dans ce type d'opération, c'est vrai dans le trafic de stupéfiants, vous avez des jeunes qui sont de plus en plus impliqués, parfois des jeunes mineurs, souvent des jeunes mineurs.
C'est vrai dans les prises à partie des policiers et des gendarmes, dans les quartiers, quand il y a des incidents, vous avez des jeunes qui sont impliqués, et c'est vrai dans, parfois, une délinquance violente, comme les vols violents et autres. Et ça, ça doit nous faire réagir de manière extrêmement vigoureuse. Voilà.
Mais ce que je visais quand je parlais de ces propos, c'était la déclaration de certains hommes politiques qui ne me semblaient pas appropriées, en tout cas que je ne partage pas, mais ça n'enlève en rien à la gravité, à la fois de ce drame, et à la gravité de ce que représente la violence d'une partie des mineurs, en la violence de certains mineurs, qui doit nous amener à avoir des réactions extrêmement vigoureuses, et qui, comme je le disais ce matin dans Le Parisien, ne concernent pas que le ministre de l'Intérieur le garde des Sceaux.
Bien sûr que ça nous concerne en premier chef, et notamment le ministre de l'Intérieur, mais ça doit appeler à une réponse, là pour le coup, vraiment globale. Merci à vous. Merci à vous. Merci.
Laurent Nuñez