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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 16 mai 2023 64 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Elisabeth Borne : dans l’enfer de Matignon #cdanslair Archives 2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 28 %Attaque 39 %Défensif 33 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Pourquoi Elisabeth Borne était-elle la favorite pour Matignon ?

  • 3:24OuverteRéponse directe

    Quels sont les points forts d'Elisabeth Borne pour ce poste ?

  • 4:34OuverteRéponse partielle

    Pourquoi cette nomination a-t-elle pris 22 jours ?

  • 6:46OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron voulait-il une prise ou un profil rassurant ?

  • 9:04OuverteRéponse directe

    La méthode Macron a-t-elle changé pour ce second mandat ?

  • 11:05OuverteRéponse partielle

    Elisabeth Borne est-elle une femme de conviction ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:41Invité politiqueFait
    « La réforme de la SNCF, ouverture de la SNCF à la concurrence. »
  • 2:51Invité politiqueFait
    « La réforme de l'assurance chômage qui est beaucoup moins favorable qu'elle ne l'était jusqu'à présent. »
  • 12:42Invité politiqueChiffre
    « On a baissé deux fois plus vite les émissions de gaz à effet de serre dans ce quinquennat qu'au cours de tous les autres quinquennats. »
  • 12:52Invité politiqueChiffre
    « On a mis 30 milliards d'euros dans la transition écologique, dans le plan de relance, on n'a jamais autant investi dans la transition écologique. »
  • 33:27PrésentateurFait
    « Le président maintient son cap et annonce pour cet été une grande conférence sociale réunissant les syndicats. »
  • 34:17PrésentateurFait
    « Recul de l'âge légal de départ à 64, voire 65 ans, suppression des régimes spéciaux pour les nouveaux entrants et hausse du minimum. »
  • 33:47Invité politiquePromesse
    « la réforme des retraites, j'ai une rencontre avec la CFDT dès le printemps pour programmer la réforme des retraites l'année prochaine. »
  • 33:57Locuteur 3Fait
    « Il fallait aligner la cotisation et la durée des fonctionnaires sur celle du privé. »
  • 34:17Locuteur 3Fait
    « Recul de l'âge légal de départ à 64, voire 65 ans, suppression des régimes spéciaux pour les nouveaux entrants et hausse du minimum de pension à 1 100 euros. »
  • 35:10Locuteur 5Promesse
    « La prime Macron pourrait être triplée pour atteindre 6 000 euros et les aides ciblées aux ménages sous forme de chèques seront privilégiées. »
  • 35:19Locuteur 5Fait
    « Une loi d'urgence sur le pouvoir d'achat a été annoncée mais le patronat met en garde l'exécutif. »
  • 35:27PrésentateurChiffre
    « Le prix du beurre a augmenté de 42%. »
  • 36:04Locuteur 1Fait
    « Le point d'indice des fonctionnaires, il faut l'augmenter. »
  • 36:13Locuteur 1Promesse
    « Nous avions prévu d'augmenter de 15% au niveau du SMIC. »
  • 36:35Locuteur 3Chiffre
    « Pour chaque point supplémentaire, il en coûtera 2 milliards d'euros à l'État. »
  • 39:30Invité politiquePromesse
    « Vous allez avoir une aide de 18 centimes sur le pétrole, enfin, les carburants. »
  • 39:36Invité politiqueFait
    « Vous allez avoir une révision des minimas sociaux, une révision des pensions de retraite. »
  • 39:42Invité politiqueFait
    « Un dégel du point d'indice des fonctionnaires. »
  • 39:51Invité politiqueChiffre
    « L'inflation, ça y est, est à 4,8% en France. Elle est à 5,7% déjà en Europe. »
  • 40:02PrésentateurChiffre
    « La charge de la dette a remonté de 15% en 2021 et devrait encore s'alourdir. »
  • 40:15PrésentateurChiffre
    « Toutes les dépenses que vous avez annoncées là, c'était 20 milliards. »
  • 1:00:41Locuteur 4Fait
    « Alors il va dans une start-up qui fait des voitures à hydrogène »
  • 1:00:50Locuteur 4Fait
    « ce qui a été très étonnant c'est que dans la communication de l'entreprise de la start-up il a été annoncé que l'ancien ministre devenait administrateur de cette start-up qui s'appelle Opium avant même que les gouvernements aient démissionné »
  • 1:02:04PrésentateurFait
    « il n'avait pas d'agenda caché il n'avait pas d'ambition cachée »
  • 1:02:10PrésentateurFait
    « il a fait le travail dans une période difficile dominé quand même par la crise sanitaire »
  • 1:03:02Invité politiqueFait
    « Ça a toujours été le cas »
  • 1:03:04Locuteur 4Fait
    « Mais là il y a une multiplicité de crises »
  • 1:03:15Locuteur 4Fait
    « si on veut passer s'ils veulent passer des réformes malgré le climat malgré l'inflation »
  • 1:03:20Locuteur 4Fait
    « il faut donner aussi des gages à la jeunesse sur le réchauffement climatique »

Temps de parole

  • Présentateur44 %
  • Élisabeth Borne18 %
  • Locuteur 416 %
  • Locuteur 714 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Elle sera donc vraisemblablement la deuxième femme de l'histoire à entrer à Matignon. Elisabeth Borne, ministre du Travail, a donc fini par s'imposer. Cette polytechnicienne a fait toute sa carrière dans les cabinets de gauche. Elle a gagné ses galons auprès du président en alignant des réformes difficiles. SNCF, assurance chômage avec autorité. Elle va devoir conduire maintenant la réforme des retraites mais aussi répondre à l'urgence de l'inflation et des conséquences sur la vie quotidienne des Français.

Le tout dans un contexte économique obscurci par l'actualité internationale. Jean Castex, lui, ça c'est sûr, tourne les talons. Visiblement heureux de céder sa place à l'un des postes les plus exposés de la République. Elisabeth Borne dans l'enfer de Matignon. C'est encore une question pour quelques minutes seulement. Et c'est le titre de cette émission avec nous ce soir. Pour en parler, Yves Tréhard, vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Je rappelle Une certaine idée de la France, l'ouvrage que vous avez dirigé aux éditions du Rocher. Nathalie Sincré qui est avec nous ce soir. Vous êtes éditorialiste politique à France Télévision.

Je rappelle la sortie en poche de votre livre sur Georges Clemenceau. Je vous aiderai à vivre, vous m'aiderez à mourir. Swazie Kemener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne. Elle a une de Marianne cette semaine. On dit que la France est fracturée, c'est pire. Enfin, Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. En direct, donc ça se joue en ce moment. Elisabeth Borne est à l'Elysée avec le président de la République. Il n'y aura pas de surprise.

Ce sera sans doute dans quelques minutes Elisabeth Borne qui sera donc nommée par le président au poste de Matignon.

1:47
Élisabeth Borne

Et oui, on revient au point de départ parce qu'en fait c'était le nom qui était le plus cité depuis la pré-présidentielle. C'est quelqu'un qui est connu du président de la République avec qui il a travaillé puisqu'elle a été ministre à plusieurs reprises depuis le début. Elle a occupé plusieurs ministères, ministère des transports, ministère de l'écologie, ministère du travail. Et alors ce qui était... Elle a une expérience ministérielle importante puisque avant d'être ministre, elle a beaucoup travaillé dans les cabinets. Les cabinets de gauche plutôt. Jack Lang, Lionel Jospin, Ségolène Royal également. Elle a été préfète de région.

Et alors ce qui est intéressant c'est qu'on la présente volontiers dans l'équilibre parce que ça c'est important. Droite-gauche comme une ministre plutôt, on va dire, de l'aile gauche du gouvernement. Or, elle a défendu des réformes qui, si on doit les qualifier, sont plutôt de droite. Elle vient de la gauche. Et elle vient de la gauche. Elle n'a jamais été au Parti Socialiste mais elle vient de la gauche. Or, elle a défendu deux réformes importantes. La réforme de la SNCF, ouverture de la SNCF à la concurrence. Et puis le fait qu'on embauche hors statut maintenant à la SNCF.

Et puis la deuxième réforme, c'est la réforme de l'assurance chômage qui est beaucoup moins favorable qu'elle ne l'était jusqu'à présent. Donc c'est un personnage, je dirais, qui a tout à fait le profil, qui coche toutes les cases. C'est une femme plutôt sociale, qui a plutôt réussi évidemment dans son exercice ministériel et qui évidemment ne fera à mon avis pas d'ombre au président de la République. Donc c'est un peu un casse-texte, si vous voulez, au féminin. Ah oui ? Oui, je pense que c'est un peu ça.

3:19
Présentateur

L'ancrage local au moins quand même.

3:20
Élisabeth Borne

L'ancrage local au moins. Alors il faut qu'elle soit élue parce qu'elle se présente à la députation. Et évidemment, si elle est à l'échec, ça serait une mini-révolution parce qu'il serait obligé de revoir tous ses plans.

3:31
Locuteur 7

Nathalie Saint-Cricq ? C'est une femme quand même, on ne va pas passer ça sous silence. Ah ben non ? Je sais, mais on va assister. Il l'a dit. La dernière fois, c'était il y a 30 ans. Effectivement, elle est à droite compatible. De gauche, je ne sais pas si le grand public s'en rendra compte parce qu'on dit nous de gauche parce qu'on dit qu'elle appartient au micro-parti, territoire de progrès. Mais je ne suis pas sûre que ce soit extrêmement difficile.

3:50
Présentateur

C'est plutôt son histoire, c'est ce que rappelle les frères.

3:52
Locuteur 7

Son histoire, effectivement. Mais je ne suis pas sûre que ça frappe les électeurs. Et surtout, elle s'entend bien avec les syndicats, ce qui pourrait être de bonne augure pour la négociation sur les retraites. Et c'est une espèce de bête de travail. Elle est connue par tous ses collaborateurs pour les épuiser puisqu'elle travaille tout le temps, ce qui est quand même plutôt positif. Elle est jugée par certains un peu techno. Et certes, elle s'entend très bien avec Emmanuel Macron, mais elle s'entend encore mieux avec Alexis Colère, ce qui, dans la période actuelle, est un élément extrêmement important. Qui est le secrétaire général de l'Égypte.

Et qui, manifestement, dans les derniers jours, s'est dit qu'il fallait quelqu'un d'extrêmement compétent. Elle est polytechnicienne pour des choses. Donc c'est quelqu'un de solide.

4:25
Présentateur

Qu'est-ce qui s'est passé, pardon, Nathalie Saint-Cricq ? Ça fait combien ? Ça fait à peu près combien de jours qu'on attend le Premier ministre ? Ça fait trois semaines. Trois semaines, 22 jours. Trois semaines, 22 jours, vous avez compté. Tout ça pour revenir à celle qui faisait figure de favorite au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron. Que s'est-il passé pendant cette période-là ? Est-ce que c'est un choix par défaut ?

4:46
Locuteur 7

On ne peut pas exactement dire que c'est un choix par défaut puisque ce choix avait été fait au début. Mais il semble que dans les derniers jours, d'abord qu'Emmanuel Macron se soit donné le temps, mais ça c'est toujours ce qu'il fait, et que les journalistes soient exaspérés ou que les gens attendent, considèrent que c'est totalement secondaire, étant persuadés également que les Français ne sont pas totalement accroits à se dire « mais qui aimait être Premier ministre pendant trois semaines ? ».

Après, il y a eu une certaine forme d'enjeu d'occupation du terrain médiatique, c'est-à-dire que comme Jean-Luc Mélenchon l'a beaucoup occupé et que quand même législative approche, il fallait bien avoir une équipe et donner aux Français l'impression qu'on allait se remettre au travail. C'est-à-dire qu'on ne peut pas à la fois dire l'inflation, les retraites, le pouvoir d'achat, tout ça c'est des choses extrêmement urgentes et avoir une espèce de gouvernement dont on savait qu'ils étaient dans l'attente.

Alors si on dit un peu par défaut, c'est qu'effectivement et de façon très très très prononcée, on nous parlait depuis trois jours de la candidature de Catherine Vautrin, et manifestement pendant le week-end, il y a eu une levée de bouclier de François Barron.

5:39
Présentateur

Catherine Vautrin, donc élue de terrain.

5:40
Locuteur 7

Alors élue de terrain, une femme de 61 ans, c'est le même âge qu'Elisabeth Borne, chiraquienne au début, certes un peu fibre sociale, mais pas plus que ça. Elle a soutenu Sarkozy pendant la primaire et un certain nombre de marcheurs ont dit, certes elle coche la case élue de terrain, mais elle ne coche pas les autres parce que l'écologie, on ne sait pas très bien pourquoi, et ils ont eu peur, certains, que finalement il y ait une rébellion dans la majorité et qu'un premier ministre de droite, un deuxième premier ministre de droite, un troisième premier ministre de droite, ça commençait à faire, et il y a eu aussi une révolte.

Dernier point, enfin manifestement le fait qu'elle ait participé à la manif contre le mariage pour tous et qu'elle se soit exprimée clairement, n'a pas été quelque chose qui a joué en sa faveur. Dernier point, dans la technostructure étatique, qui est assez importante sur Emmanuel Macron, on a considéré qu'elle ne ferait peut-être pas le poids face à un certain nombre de ministres plus capés, plus expérimentés, donc on a eu cette espèce de retournement qui, d'après nos informations, remonte à 24 heures.

6:40
Présentateur

Vous avez même des informations sur Zé Kemener sur ce changement de pied dans la dernière ligne droite.

6:46
Locuteur 4

Ce qui est sûr, c'est qu'Emmanuel Macron voulait une prise, comme toujours. Édouard Philippe, c'était une prise avant les législatives de 2017. Jean Castex, c'était une prise aussi en 2020 parce que, même si ce n'était pas vraiment, on l'a qualifié un peu hâtivement au départ d'ancien sarcosiste, c'était quand même quelqu'un qui n'était pas autour de lui, qui n'avait pas dit qu'il était en marche, etc. D'ailleurs, il n'a jamais pris sa carte, mais donc il y avait une prise. Et donc il y avait l'idée d'aller chercher quelqu'un de l'extérieur.

Même si Elisabeth Borne s'imposait pour toutes les raisons qui ont été expliquées, il y avait quand même le souci de dire, regardez, je peux encore attirer du monde auprès de moi. Et des personnalités comme Catherine Vautrin, alors Catherine Vautrin avait indiqué qu'elle allait voter pour Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle, elle l'avait dit au mois de février d'ailleurs. Quand on relisait tout ce qu'elle avait pu dire depuis le mois de février, on voyait bien qu'elle était candidate finalement en expliquant qu'il n'y avait pas assez d'écologie chez les LR, etc. Qu'elle pouvait envisager qu'il fallait une fibre écolo en tout cas.

Mais là, le problème en fait d'Elisabeth Borne, alors il y a toutes ces qualités, mais le souci c'est qu'il faut un chef, ça a été dit, pour la majorité. Et là, on a tellement attendu, le président a tellement attendu, que là, les élections législatives se rapprochent. Les investitures ont été faites sans Elisabeth Borne, c'est quelqu'un qui a un poids dans la technostructure, mais qui n'a pas un poids politique. C'est-à-dire qu'on ne sait pas, Elisabeth Borne, quels sont les arbitrages qu'elle a gagnés. Elle a été un bon petit soldat, elle a bien fait ce qu'Emmanuel Macron lui avait demandé. On n'a pas connaissance d'un rapport de force violent.

8:14
Présentateur

Vous êtes en train d'expliquer qu'elle n'est pas en position, même en raison du calendrier, d'être la chef de la majorité.

8:19
Locuteur 4

Ça va être très compliqué, on va le dire parce qu'elle est première ministre, mais quelque part, elle arrive dans une position assez difficile de ce point de vue-là. On voit bien comment les choses ont été gérées, c'est Richard Ferrand qui a fait les investitures, et ensuite Emmanuel Macron qui a coché les noms un par un, mais le message qui est envoyé est net, on a une super collaboratrice à Matignon.

8:40
Présentateur

En tout cas, c'est intéressant ce que vous rappeliez sur cette volonté de transgresser. On a connu Emmanuel Macron effectivement dans le premier mandat où il avait effectivement voulu décrocher, faire des coups. On avait imaginé qu'il y aurait la transgression dans son projet, puis finalement, il est resté au final dans une forme de continuité. Là encore, il montre que ce n'est pas exactement les mêmes logiciels qu'il active pour ce deuxième mandat. Il avait dit nouveau mandat, nouveau président, et pour le coup, nouvelle méthode aussi. Oui, nouvelle méthode, mais on reste dans une forme de continuité.

On s'appuie sur des gens compétents, on s'appuie sur des gens qu'on connaît, expérimentés, il n'y a pas de surprise. Mais on ne cherche plus la transgression. On ne cherche plus la transgression, on cherche plutôt à rassurer. On est en période de crise. Pour les Français, on a quand même une période de crise autour de la question du pouvoir d'achat évidemment, de l'inflation.

Moi, ce qui me frappe surtout au-delà de tout ce qui a déjà été bien dit, c'est que finalement, on a une évolution des profils de Premier ministre et qui sont de moins en moins des politiques au sens fort, entier, plein du terme, qu'on avait, sans remonter à l'époque d'un Chirac, mais jusqu'à Nicolas Sarkozy, je crois que c'est là que la bascule a commencé à se faire, jusqu'à avant Nicolas Sarkozy, on avait des premiers ministres qui avaient une autorité politique, soit parce qu'ils étaient dans le serail politique depuis longtemps, soit parce que c'était des grands élus, soit parce qu'ils tenaient un parti politique, ou en tous les cas, ils jouaient un rôle considérable.

C'était déjà moins le cas avec Jean Castex, élu, certes, mais des territoires. Ce n'était pas un poids lourd, on va dire, de la vie politique. Et c'est encore plus le cas, je trouve, aujourd'hui avec Elisabeth Borne. Donc on est sur un profil plus de compétences, plus de continuité par rapport à des réformes qui vont être compliquées à mettre en place. Elle coche toutes les cases de rééquilibrage politique, mais ce n'est pas un poids politique majeur, et encore moins nouveau qu'on nomme Premier ministre. – Écologiste aussi ? – Bien sûr, et je crois que c'est important, dans la sensibilité et dans les enjeux.

Moi, je suis persuadé, j'ai souvent dit que Emmanuel Macron avait intérêt à rééquilibrer plutôt de ce côté-là de l'échec qui est, à envoyer des signes, on est à la veille des législatives, et donc à envoyer des signes sur cette question écologique. Et vous savez, le poids politique ou qui va mener la bataille des législatives, – C'est Emmanuel Macron. – Je dis écologiste parce qu'il faut peut-être juste rappeler que quand elle était quand même au cabinet, on l'a dit un peu rapidement, elle a été au cabinet de Ségolène Royal lorsqu'elle était ministre de l'environnement.

10:57
Élisabeth Borne

– Et elle a été ministre de la transition écologique, elle-même.

11:00
Présentateur

– Rapidement ?

11:00
Élisabeth Borne

– Rapidement.

11:01
Présentateur

– Après le départ de François de Ruy, c'était ça, un peu dans l'urgence. – Ces dossiers, ces sujets… – En fait, c'est la femme de confiance d'Emmanuel Macron, non ? – C'est la femme solide, expérimentée, qui maîtrise les sujets clés, une bonne partie des sujets clés qui vont arriver. Et ce n'est pas un poids lourd politique, mais Emmanuel Macron n'en a pas besoin, je crois que c'est lui qui va mener… – Et loyal, et loyal.

On va poursuivre cette discussion, en tout cas Elisabeth Borne est donc nommée première ministre, en tout cas en ce moment même, après la démission de Jean Castex, elle est à l'Elysée, le président s'était engagé, c'est vrai, à nommer une femme, et il l'a fait, le ministre du Travail, la ministre du Travail prend donc du galon et succède à Jean Castex. Cette polytechnicienne de 61 ans n'a pas le profil d'élu de terrain, vous l'avez dit, mais a su s'imposer comme un pilier du gouvernement en conduisant les réformes parfois difficiles. Théo Manval et Nicolas Baudry-Dasson. – La question lui avait été posée dès le lendemain de la présidentielle.

Elisabeth Borne sera-t-elle bientôt, madame la première ministre ?

11:59
Locuteur 3

– Je crois que ce n'est pas le sujet, vous savez, je pense que ce qui est important, c'est d'entendre le message des Français, leurs inquiétudes sur le pouvoir d'achat, leurs attentes sur l'écologie, et je n'ai pas de doute qu'Emmanuel Macron trouvera l'équipe pour mener ce projet.

12:11
Présentateur

– Et ce devrait donc être elle à la tête de cette équipe, une fidèle du président qui répond à tous ses critères. Un visage connu des Français, passé par la société civile, ancienne patronne de la RATP, une techno, surtout marquée à gauche,

12:27
Locuteur 7

avec une carrière politique débutée auprès de Lionel Jospin, à Matignon déjà, en 97.

12:33
Présentateur

Directrice de cabinet plus tard de Ségolène Royal au ministère de l'Environnement, sa nomination doit aussi envoyer un signe à l'électorat écolo, avant les législatives.

12:42
Locuteur 3

– On a baissé deux fois plus vite les émissions de gaz à effet de serre dans ce quinquennat qu'au cours de tous les autres quinquennats. On a investi massivement dans les transports propres, le transport ferroviaire, le vélo, on a mis 30 milliards d'euros dans la transition écologique, dans le plan de relance, on n'a jamais autant investi dans la transition écologique.

13:00
Présentateur

– Ministre sans discontinuer depuis 2017, Elisabeth Borne, ce serait aussi un engagement qu'avait pris le président, nommé une femme à Matignon. Un souhait partagé par 74% des Français, 30 ans après le passage d'Edith Cresson, qui se désolait hier de la comparaison avec nos voisins, allemands ou britanniques, qui ont depuis longtemps déjà connu des dirigeantes.

13:23
Locuteur 5

– Le fait qu'il n'y ait qu'en France que la question se pose est à mes yeux scandaleux. Ce n'est pas le pays qui est machiste, c'est sa classe politique.

13:32
Présentateur

– Elisabeth Borne pourrait donc être ce soir la deuxième femme à entrer à Matignon, sans pour autant être une réelle surprise. À gauche, les noms d'Audrey Azoulay ou Marisol Touraine, deux anciennes ministres de François Hollande, ont circulé. Tout comme à droite, ceux de la sénatrice Valérie Létard, et surtout, de Catherine Vautrin. Cette ancienne ministre de Jacques Chirac, aujourd'hui présidente de la métropole de Reims, présentée comme femme de territoire, mais son opposition au mariage pour tous en 2013 a suscité l'affronte ces derniers jours d'une partie des marcheurs.

14:05
Locuteur 1

– Ce n'est pas du tout le signal qu'on devrait envoyer. Elle n'est ni de gauche, ni écolo. On ne peut pas vanter le progrès social, renommer notre parti Renaissance et nommer à Matignon quelqu'un qui avait voté contre le mariage pour tous.

14:20
Présentateur

– Elisabeth Borne, un choix alors plus raccord,

14:23
Locuteur 1

très proche aussi du secrétaire général de l'Élysée, Alexis Collère, bras droit d'Emmanuel Macron. Une proximité gage de sécurité, c'est l'une des leçons du passé pour l'entourage du président. – J'ai vécu, comme vous,

14:37
Élisabeth Borne

le malaise si profond qui a duré pendant des années entre un président de la République de premier plan et un premier ministre de premier plan, mais il ne s'entendait pas, c'était Mitterrand et Rocard. Et ça a provoqué quelque chose de très déstabilisateur dans le pays. Donc moi, je me fie à cette grande proximité qui doit exister.

15:00
Présentateur

– C'est en tout cas la fin d'une époque, celle de Jean Castex qui s'en va, pas mécontent, tout sourire même au moment de faire ses cartons dans la presse ce matin. Mais pour l'opposition, c'est comme si rien n'avait changé. Un coup stratégique de plus dénonce la France insoumise dans la campagne des législatives. – On est dans un moment où pour Macron, il y a encore une élection à venir. Et donc, qu'est-ce qui se passe ? C'est que le loup doit se faire mouton. Le loup, Macron, il doit montrer patte blanche à la porte de la bergerie, il doit se mettre du miel dans la voie pour dire « Regardez comme je vais faire de l'écologie, regardez comme je vais faire du social ».

Mais en fait, une fois qu'il sera élu, qu'il aura la majorité à l'Assemblée, le loup redeviendra un loup. – Elisabeth Borne devrait prendre ses fonctions dans les minutes qui viennent à Matignon, avant l'annonce d'un gouvernement au complet attendu d'ici mercredi. – Cette question face au machisme de la classe politique, une femme peut-elle faire sa place à Matignon ? Je vais poser cette question à qui ?

15:54
Élisabeth Borne

– Alors, il faut le dire, la France a beaucoup de retard par rapport à beaucoup de pays occidentaux et notamment aux pays du nord de l'Europe qui ont une pratique extrêmement fréquente des femmes au plus haut niveau. Je rappelle que l'histoire de l'Allemagne a été marquée par le passage d'Angela Merkel, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, mais elle a été un des chanceliers de l'histoire de l'Allemagne qui a eu la plus grande longévité. L'histoire de la Grande-Bretagne a été marquée par Margaret Thatcher. Ce sont des femmes qui ont fait des réformes très importantes, même si Angela Merkel a hérité de Gerhard Schröder.

En France, on a un exemple d'une femme première ministre qui a été brocardée, j'en ai un souvenir très précis, pendant dix mois, parce qu'elle n'a duré que dix mois à son poste, elle a été brocardée de façon odieuse, avec un machisme. Quand on dit qu'aujourd'hui, il y a encore du machisme dans la politique, à l'époque, c'était monnaie courante, je dirais, et donc la France, là-dessus, a beaucoup de retard. D'ailleurs, il suffit de regarder le personnel politique en France, au niveau des élus parlementaires, il y a encore un déséquilibre qui est très, très impressionnant. Bon, alors évidemment, ce qui compte, ce n'est pas uniquement le genre, c'est la qualité, ce qu'on a à dire.

17:10
Présentateur

Vous avez raison, mais malgré tout, on sait bien que c'est un fait. Tout à l'heure, Nathalie Saint-Cricq s'arrêtait, et elle avait bien raison de dire, ce n'est pas rien, en fait. Ah non, ce n'est pas rien. Voilà, ce n'est pas rien, et ça a été la volonté affichée du président de la République. Et pardonnez-moi, je me tourne juste vers Brice Tintoury, c'est la volonté aussi des Français, dans les sondages. Oui, alors les choses ont évolué depuis 20 ans.

Moi, je me souviens d'études qualitatives qu'on pouvait faire il y a une vingtaine d'années, où en réalité, les Français avaient une conception de la politique qui restait très axée sur la politique, c'est l'économie, c'est la guerre, et ça, c'est masculin. Et les femmes, pour les affaires sociales, oui, mais il fallait quand même que ça reste comme ça. Ça a évolué. Et ça a évolué parce qu'il y a eu des changements importants qu'on n'a pas assez, je crois, soulignés, des femmes ministres de la Défense. Mine de rien, c'était contre ce type de stéréotypes. Alors, ça a pris beaucoup de temps.

Je pense qu'il y a encore quelques résistances qui peuvent exister dans certains milieux, mais progressivement, Christine Lagarde, ministre de l'Économie, Florence Parly, ministre des Armées, de la Défense, tout cela a contribué quand même à casser cette conception de la politique qui était très centrée autour de la guerre, l'économie, c'est ça le principal, et ça, c'est pour les hommes. On peut citer cette phrase de François Giroux, ne nous privons pas. La femme sera vraiment l'égale de l'homme,

18:19
Locuteur 7

le jour à un poste important, on désignera une femme incompétente. Il faut dire qu'à l'époque d'Edith Cresson, moi je m'en souviens très bien aussi, les attaques étaient, d'abord, ce n'est pas la même génération, les attaques étaient notamment physiques. C'est-à-dire que je me souviens d'un 49-3, où elle avait été obligée de se lever la nuit. Elle n'était pas coiffée bien, elle s'est réveillée la nuit. Sa voix, le discours d'investiture a été un cauchemar, parce qu'elle avait la voix qui passait mal.

18:41
Présentateur

On l'a vue il n'y a pas longtemps avec le discours de Valérie Pécresse.

18:44
Locuteur 7

Absolument, et on l'a taxée également une partie de la droite, qui l'ont appelée la Pompadour, en considérant qu'elle avait eu des relations avec François Mitterrand, ce qui n'est pas faux, mais en attaquant un truc qui, aujourd'hui, serait absolument impossible. Et Dieu merci ! C'est-à-dire qu'il y aura une suspension d'indemnité parlementaire à toute personne qui dirait ce genre de choses.

18:59
Élisabeth Borne

Je vous donnerai une petite anecdote. En 1976, à la mort de Malraux, c'est François Giroux, précisément, qui doit faire le discours, puisqu'elle est ministre de la Culture, et on lui retire le discours. C'est Raymond Barre, Premier ministre, qui va faire le discours. Parce que ça ne peut pas être une femme, il faut qu'il y ait un pouvoir qui porte.

19:17
Présentateur

Mais même dans les deux exemples qu'a donné Yves Tréhard de femmes à l'étranger, Angela Merkel, c'est Margaret Thatcher, qui ont exercé des fonctions plus qu'éminentes, ce sont des femmes fortes, ce sont des femmes qui, dans les... Elles sont puissantes, comme dirait notre consoeur Léa Salamé. Mais dans les stéréotypes, parce que ce sont des stéréotypes, il faut bien le dire, elles rentraient dans ces stéréotypes de la force qui était plutôt associée au masculin pendant longtemps. Et d'ailleurs, dans tous les portraits que nous lisons ces derniers jours sur Elisabeth Borne, il y a cette idée que c'est une femme forte, une femme d'autorité, une femme de caractère.

Et en général, quand on tire sur la pelote, on a tout un tas de qualificatifs désagréables pour dire qu'elle est dure, qu'elle est brutale, etc. Donc là, effectivement, dans le langage même qui va être utilisé dans le débat politique, on peut voir rapidement des relents de misogynie qui vont revenir assez vite, sans doute.

20:07
Locuteur 4

– Oui, mais la différence, c'est qu'on va scruter ça de très près, parce que l'époque a changé, effectivement, il y a eu un basculement. Là, on va dire qu'elle est polytechnicienne, ce n'est pas rien d'être… – C'est pas rien, c'est un peu… – Il y en a assez peu, finalement, de polytechniciennes dans la vie politique française. Il y a qui ? Il y a Fabienne Keller, il y avait Nathalie Cossus-Comorizet. Elles sont assez rares à avoir cette capacité, justement, analytique et mathématique. C'est important dans la façon de penser. C'est une ancienne préfète, donc elle a manifesté de son autorité. Donc, tout ça joue pour elle dans son parcours. – On n'a aucun doute sur son autorité, en réalité ?

– Non, on n'a pas de doute sur son autorité. La question, c'est l'autorité à quel endroit ? C'est-à-dire, l'autorité vis-à-vis de l'administration, on sait que ça va fonctionner. Elle sait comment Matignon fonctionne. D'ailleurs, elle le disait elle-même en privé, il y a quelques mois, j'ai pu l'entendre dire. Finalement, je suis à cet endroit-là, au ministère du Travail, mais je pourrais être un peu ailleurs. Je vous rappelle que j'ai travaillé pour Lionel Jospin. Donc, le message était clair, il y a déjà quelques mois. Elle s'envisageait déjà à Matignon. Et à la soirée, d'ailleurs, de victoire d'Emmanuel Macron, elle était là, elle rayonnait au milieu des autres ministres.

On voyait bien que les autres pensaient qu'il se passait quelque chose. Après, il y a effectivement les 22 jours qui se sont déroulés. Non, la question, ça va être vraiment le mur de l'Assemblée. On sait que c'est très difficile, même pour les hommes, de tenir les députés. Voilà, c'est pas la même chose de répondre à une question au gouvernement quand les ministres se levaient, on a préparé sa question, tout est prêt, que de répondre au feu de l'opposition. Or, là, on est quand même dans un moment où on verra bien ce que donnent les législatives, mais il est possible que ce soit le rassemblement de la gauche, qui soit la première force d'opposition.

Donc, sur les questions sociales, sur la réforme des retraites, sur toutes ces réformes qu'elle va devoir porter, elle aura une opposition très forte et une opposition bruyante. Et il faudra répondre pied à pied et il faudra faire de la politique, il ne faudra pas être cassant. Parce que quand on... Autant, c'est souvent ce que disent d'ailleurs les ministres, c'est-à-dire que quand on les regarde à la télévision, on entend uniquement leurs réponses au micro, mais quand on est face à l'Assemblée, il y a les colibés, il y a les remarques désagréables, il y a tout ce bruit. Donc, il faut...

C'est une expérience à acquérir, même si elle a déjà été ministre pendant tout le quinquennat, mais c'est là qu'on va voir si la transformation se fait.

22:22
Présentateur

Ça, c'est la forme et ça va être très important dans les premiers jours, il ne faut pas se tromper. Sur le fond, j'allais dire, que pense Elisabeth Borne ? Vous nous avez expliqué depuis le début de l'émission que c'est un bon petit soldage. Je ne sais plus lequel d'entre vous à utiliser cette expression-là, exécutante, impeccable, une très belle machine intellectuelle. Est-ce que c'est une femme de conviction ? Est-ce qu'il y a des sujets sur lesquels elle a pu, à un moment donné, gagner des arbitrages, marquer sa volonté ?

22:46
Élisabeth Borne

Un mot qui la résume complètement, c'est une technocrate. C'est-à-dire qu'elle connaît parfaitement les dossiers et elle sait où il faut agir. La réforme de la SNCF, quand même, qui était une réforme qui n'était pas simple du tout, elle savait précisément où est-ce qu'il fallait placer le curseur. Pareil pour l'assurance maladie. Sa force, c'est un peu la force, d'ailleurs, qu'il fait pour Emmanuel Macron également. C'est la connaissance parfaite du dossier et de savoir où sont les faiblesses et où sont les forces.

23:14
Présentateur

Ça ne répond pas à la question sur les convictions.

23:16
Élisabeth Borne

Si, les convictions, elle a ces convictions-là. Je pense qu'elle a des convictions qui sont des convictions de centre-gauche, sociales, néanmoins, mais avec la nécessité de réformer la machine française. Le mot technocrate, il est en tous les cas pour les Français connoté

23:33
Présentateur

un peu négativement. Oui, mais je pense que c'est plus une compétence sur certains dossiers qu'elle, effectivement, elle avale. C'est une grosse bosseuse et elle maîtrise bien ces dossiers. Après, la question que vous posez, ça va être un des enjeux, moi, je crois. Parce que les Français vont apprendre à la découvrir et une fois qu'on a dit qu'elle est probablement compétente sur beaucoup de sujets, ça ne suffit pas. Ils vont vouloir savoir quelles sont ses valeurs, quelles sont ses convictions, quels sont ses moteurs, quels sont, au contraire, parce qu'elles détestent. C'est important. C'est ça, la politique aussi. Et là, il y a un mystère.

Sincèrement, je crois que les Français ne le savent pas très bien et que nous-mêmes, pour la plus grande partie, on ne serait pas un personnage qui est connu. Il y a une compétence, mais il n'y a pas encore le personnage. Il y avait le personnage avec Castex. Il est venu très vite. Très vite, mais quand il a été nommé, est-ce qu'on ne le connaissait pas ? Non, on ne le connaissait pas, mais très vite, quand Castex a été nommé, c'était l'homme des territoires, c'était l'homme avec un accent, c'était quelqu'un qui savait écouter, il incarnait ça. Elisabeth Castex ? Elisabeth Castex, non. Elisabeth Bonn, elle incarne cette forme de compétence. Je suis un peu fatiguée.

Je ne comprends pas pourquoi vous êtes fatiguée. Il y a eu quelques élections récemment. Mais elle n'a pas encore cette dimension-là aux yeux des Français. Elle reste quelqu'un qui est peu connu en réalité. Et qui était assez discrément dans le reportage. Vous avez bien connu des Français. Vous disiez, pas totalement encore. Dans les baromètres de popularité, de notoriété, elle est même mesurée ? Non, elle n'est pas toujours mesurée. Il y a un enjeu pour elle de notoriété et de visibilité. Et puis, d'incarnation, c'est-à-dire de construction progressive d'une image qui ne doit pas être artificielle, mais simplement, il faut qu'elle révèle maintenant quelles sont ses valeurs, ses convictions.

Ou pas. Est-ce qu'on ne serait pas au bout de la volonté d'Emmanuel Macron justement de faire de Matignon, du poste de Premier ministre, un vrai poste de collaborateur, c'est-à-dire sans visibilité, sans lumière, sans aspérité ? Oui, mais malgré tout, il faut que vous ayez quand même un certain nombre de valeurs qui transparaissent. D'accord. Bien sûr que ça, c'est la volonté probable d'Emmanuel Macron, mais vous ne pouvez pas être aux yeux des Français qu'un simple exécutant sans aspérité, sans épaisseur.

25:37
Locuteur 7

Accessoirement, il faut être un peu aimé. Du moins, pas détesté. Non, mais bon, on sait bien, le problème qu'avait pu avoir Alain Juppé, qui avait été extrêmement mal perçu et qui, indépendamment des réformes qu'il voulait faire, était quelqu'un qui n'était pas connu. On ne la connaît pas pour l'instant. J'imagine que dans les 20 heures, dans les journaux, dans les magazines, on va avoir des portraits. On apprendra qu'elle est plus pays de la nation, qu'elle n'a pas forcément eu une enfance, comme on dit, avec une cuillère en argent. Elle a perdu son père très jeune. Elle a perdu son père très jeune. On sait que c'est quelqu'un qui a dû travailler, à qui tout n'a pas été donné.

Donc, sans donner dans le pathos à la façon de Marine Le Pen à la fin de son meeting ou celle de Valérie Pécresse à la fin du Zénith, il y aura un certain nombre d'éléments qui seront dévoilés sur elle. On apprendra accessoirement qu'elle est extrêmement attachée à la formation des jeunes, qu'elle s'est aussi battue pour qu'il puisse y avoir une garantie jeune, c'est-à-dire que les jeunes ne le soient pas et que c'est un de ces combats. Donc, apprenons-la. Et puis, elle va parler, je pense, tout à l'heure. Et puis, elle aura l'occasion de dévoiler les choses. Sans pour autant, ce n'est pas du tout le genre, c'est quelqu'un de pudique et de quelqu'un de...

26:34
Présentateur

Elle est dans la vie, vous la connaissez les uns les autres, vous l'avez déjà croisée, elle est dans la vie comme elle est dans l'exercice de ses responsabilités.

26:41
Locuteur 7

Oui, mais avec plus d'humour qu'on pourrait croire. Et plus de temps en temps de... Ce n'est pas non plus un pitre, mais elle peut apparaître abrupte, ce qui d'ailleurs est un truc qu'on dit d'une femme et qu'on dit rarement d'un homme, parce qu'un homme, c'est simplement que c'est quelqu'un qui est décidé, qui a du caractère, mais elle sait aussi, elle n'est pas simplement un monstre de boulot comme on va nous la dire.

27:01
Élisabeth Borne

Elle saura se révéler. Ce qui va être intéressant, c'est que ça va être l'agenda, comment elle va appréhender son agenda. A priori, on va en parler tout à l'heure, mais l'agenda qui se présente, c'est un agenda qui est fait pour elle.

27:13
Présentateur

D'abord, les élections législatives.

27:14
Élisabeth Borne

Les élections législatives, qui est fait pour elle. Mais il faut... D'abord, il faut qu'elle réussisse...

27:18
Présentateur

C'est pour ça que si on prend... On va continuer sur la... Je vous coupe, pardon, mais...

27:22
Élisabeth Borne

Elle est candidate dans le Calvado, donc, dans une des circonscriptions de Lisieux, où elle a d'ailleurs des attaches familiales, parce que sa mère est originaire de là. Son grand-père a été maire d'une localité de cette petite... Enfin, de cette région. Et il faut absolument... Si elle perd cette élection, c'est une circonscription qui est plutôt, d'ailleurs, généralement favorable à la droite. Si elle perd cette élection... Alors là, c'est une tragédie pour Emmanuel Macron parce que ça met tout son château de cartes, si je puis dire, par terre.

27:54
Présentateur

Elle ne pourra pas rester en fonction. Ah ben non,

27:55
Élisabeth Borne

elle ne peut pas rester en fonction du tout.

27:57
Présentateur

Mais... Pourquoi je vous pose la question de son agenda ? Parce qu'il y en a un qui s'invite dans son agenda. Il s'appelle Jean-Luc Mélenchon. Il a déjà tweeté. Grande tension avant la nomination de mon prédécesseur. Alors, il faudra qu'il change la formule. Sera-t-il de droite ou bien de droite ? Personne ne veut le job. C'est un CDD. Son premier sujet, ça va être l'opposition politique de la campagne législative, non ?

28:17
Élisabeth Borne

Oui, parce que son agenda va être un agenda social. Ça va être le pouvoir d'achat, ça va être tout ça. Et il va falloir qu'elle montre de l'empathie, là. Il va falloir qu'elle montre son savoir-faire. Moi, elle me fait penser, toute proportion gardée, parce que raison, comparaison, mais pas raison, mais à Raymond Barre quand il est arrivé en 1976. Parce que... Avec un président de la République, centriste d'ailleurs. Il était inconnu du grand public. Il était réputé et il était précédé d'une réputation de meilleur économiste français, souvenez-vous, de France. Et il est arrivé avec quelques recettes qui étaient des recettes plutôt assez rudes. Et il a quand même duré 5 ans. 76, 81.

Il a réussi à se faire aimer des Français, même si c'était un peu un professeur qui était un peu rigide par moments. Mais elle me fait penser à cela. Elle me fait penser à cela. Donc, on va voir ce que ça donne. C'est la fonction, souvent qui fait l'homme

29:12
Présentateur

ou la femme. M. Stinturier. On disait à l'instant qu'il fallait qu'elle montre de l'empathie, etc. Je crois qu'elle va aussi devoir montrer très vite et que ce sera une de ses facettes de la pugnacité. Et que Jean-Luc Mélenchon va l'aider en cela. Parce que c'est d'abord un combat politique qu'elle va affronter. C'est ça. On n'est pas encore dans les réformes, on est dans le combat politique. Et du coup, le combat, il se joue entre la France insoumise et la Macronie. Et c'est une occasion pour elle. C'est une occasion justement de démentir un peu tout ce qu'on a dit sur le fait que ce n'est pas une politique, que ce n'est pas spontanément celle qui est la chef de la majorité.

Et je pense que les dimensions qu'elle a de serrage de boulons, si je puis dire, dans la sphère plus classique des réformes, elle peut les avoir aussi dans un combat politique. Et que Jean-Luc Mélenchon trouvera peut-être matière à une belle confrontation. À ferrailler. Tout à fait. Ce n'est pas forcément elle qu'on envoyait sur les matinales, sur les plateaux télé pour porter un message politique, pour porter la réplique quand il fallait y aller. Ce n'était pas forcément son genre d'exercice.

30:10
Locuteur 7

Elle n'aimait pas spécialement ça. Je crois que vous en avez fait l'expérience également au cas de vérité. Non, elle était très technique. C'est-à-dire qu'en gros, elle était tellement formatée pour ne pas risquer le pas de côté ou dire des choses qui auraient pu gêner. C'est-à-dire que c'est une des rares qui n'a pas fait beaucoup de bourdes dans son exercice ministériel. Elle faisait attention, elle se méfiait. Et c'est pour ça que je pense que c'est quelqu'un d'assez... Ce n'est pas quelqu'un qui arrive et qui veut faire du bruit. Il y en a. Elle veut faire. Pour ce gouvernement. Elle veut faire des rares. Mais elle n'est pas quelqu'un à courir après les caméras.

30:41
Présentateur

Est-ce qu'elle a des soutiens ? Est-ce qu'elle a un réseau politique ? Est-ce qu'elle a des camarades de jeu au gouvernement qui font partie désormais de ses proches ?

30:50
Locuteur 4

Alors, elle est à territoire de progrès. Donc, il y a eu un groupe qui s'est créé au sein de la majorité depuis le début du quinquennat. Donc, c'est des affinités. En fait, c'est des gens qui se revendiquent plutôt de la gauche. Donc, il y a Olivier Dussopt, Emmanuel Vargon, etc. Mais elles n'ont jamais réussi à faire un groupe politique comme il y a pu en avoir sous d'autres quinquennats. On est quand même dans des électrons libres qui sont venus chercher par une... Le ciment. En fait, leur ciment, c'est Emmanuel Macron avant d'être un ciment d'amitié ou de groupe. Après, ce n'est pas quelqu'un du tout qui est décrié au sein du gouvernement actuel. Ce qui va être très intéressant de voir.

Alors, on sait bien que c'est Emmanuel Macron qui fait les investitures et qui va évidemment choisir les ministres. Mais ça va être intéressant de voir si elle a pu pousser quelle est sa marge de manœuvre. C'est-à-dire que dans l'architecture qui a été décrite par Emmanuel Macron c'est lors de son meeting à Marseille, il a expliqué qu'il fallait un Premier ministre qui allait s'occuper de la planification écologique. Et puis qu'il y avait deux autres ministres à ses côtés. Planification énergétique et planification écologique territoriale. Donc, on va regarder précisément qui sont ces personnes-là. Est-ce que c'est des gens avec qui elle a des affinités ?

Est-ce que c'est des gens qui discutent directement avec le président de la République ? C'est sur l'attelage. Quand on va avoir ce triumviral-là, on va avoir vraiment une idée de ces marges de manœuvre. Pour l'instant, c'est quand même un peu... Vous souriez, Utrea, parce que ça fait très techno.

32:11
Élisabeth Borne

Oui, tout ça est très techno et parce que ça ne va pas être une partie de plaisir pour le président de la République. On sait ce qu'il veut. C'est-à-dire qu'il veut finalement placer une partie de l'écologie sous la tutelle de Bercy et une autre partie de l'écologie sous la tutelle d'un ministre de l'écologie. Et vous avez une troisième tutelle qui va être la tutelle du Premier ministre. Bon courage.

32:30
Présentateur

En tout cas, sur le bureau de la nouvelle Première ministre, il y a une liste d'urgence et au sommet de la liste, plusieurs bombes à retardement. La réforme des retraites, bien sûr, mais aussi une réponse apportée aux 4,8 points d'inflation. Le sujet n'est pas « Faut-il aider les Français les plus modestes ? » Mais le débat se focalise sur une autre question. Comment les aider ? Marie-Laurent avec Théoman Valle et Pierre Derne.

32:50
Locuteur 5

Ce devait être la mère des réformes, mais la rue et la pandémie en ont décidé autrement. Après des mois de mobilisation à l'hiver 2020, la réforme des retraites n'a finalement pas eu lieu, échec majeur du premier quinquennat. Qu'à cela ne tienne,

33:11
Locuteur 3

ce sera pour le second et la grogne n'a pas disparu.

33:15
Locuteur 9

La retraite 60-50, non ! Ceux qui sont dans les bureaux, oui, mais pas ceux qui travaillent, les maçons, la plomberie, tout ce que vous voulez, travaillent dur, non !

33:26
Locuteur 3

Le président maintient son cap et annonce pour cet été une grande conférence sociale réunissant les syndicats.

33:32
Locuteur 5

Fixer le bon tempo, tout un art, selon Jean-Pierre Raffarin, lui aussi avait dû se frotter à la réforme des retraites dès son arrivée à Matignon.

33:42
Élisabeth Borne

Moi, en ce qui me concerne la réforme des retraites, j'ai une rencontre avec la CFDT dès le printemps pour programmer la réforme des retraites l'année prochaine.

33:50
Présentateur

Je négocie le calendrier avec les partenaires sociaux. Ça, c'était un point sans doute clé de la réussite de cette réforme des retraites.

33:57
Locuteur 3

Il fallait aligner la cotisation et la durée des fonctionnaires sur celle du privé. Donc, ce n'était pas simple.

34:03
Élisabeth Borne

Et donc, j'avais ça à faire. Au fond, ma feuille de route me dévorait un peu. Donc, je ne m'interrogeais pas. Et ça, c'est assez la psychologie de Matignon.

34:14
Présentateur

Il y a un moment où il faut y aller, il faut y aller.

34:17
Locuteur 3

Recul de l'âge légal de départ à 64,

34:20
Locuteur 5

voire 65 ans, suppression des régimes spéciaux pour les nouveaux entrants et hausse du minimum de pension à 1 100 euros. Les discussions promettent d'être difficiles tant l'inflation est galopante et joue sur les nerfs des Français.

34:33
Locuteur 2

Il y a un problème de pouvoir d'achat, de pouvoir de vivre et de sens dans notre pays extrêmement important. Mettre la question de la réforme des retraites cet automne sur la table, alors qu'on sait qu'on aura encore un problème de coût de l'énergie, on ne sait pas dans quelle situation internationale on sera et qu'il faut s'inscrire dans un partage des richesses autre et un autre modèle de développement. Mettre ça sur la table à l'automne, c'est explosif.

34:58
Locuteur 3

S'il s'engage à réindexer les pensions de retraite sur l'inflation au 1er juillet, Emmanuel Macron n'envisage pas d'indexer les salaires et poursuit sa logique.

35:09
Locuteur 5

La prime Macron pourrait être triplée pour atteindre 6 000 euros et les aides ciblées aux ménages sous forme de chèques seront privilégiées. Une loi d'urgence

35:19
Locuteur 3

sur le pouvoir d'achat a été annoncée mais le patronat met en garde l'exécutif.

35:27
Locuteur 5

Le prix du beurre

35:27
Présentateur

a augmenté de 42%.

35:28
Locuteur 2

Ce n'est pas possible que ça dure. Donc, il ne faut pas surréagir, il ne peut pas imprimer, des billets éternellement. On l'a fait pendant la crise du Covid et il fallait le faire. Donc, nous, on n'est pas pour qu'on continue à faire du quoi qu'il en coûte. Encore une fois, des mesures ciblées, pourquoi pas, pour les gens qui ont vraiment besoin, je vous dis, je prends l'exemple des gens qui prennent leur voiture pour aller travailler, mais pas du quoi qu'il en coûte généralisé.

35:53
Locuteur 3

Sans surprise,

35:54
Locuteur 5

le leader de la France insoumise n'est pas du tout du même avis. Face au problème du pouvoir d'achat, à l'approche des élections législatives, il fait même monter les enchères.

36:04
Locuteur 1

Le point d'indice des fonctionnaires, il faut l'augmenter. Est-ce dans le plan de M. Macron ? Il dit que, mais il ne le fait pas. Deuxième élément, c'est les salaires, à commencer par le salaire minimum. Nous avions prévu d'augmenter de 15% au niveau du SMIC. Puisque le SMIC est à 1300, nous passerons donc à 1500.

36:20
Locuteur 5

Emmanuel Macron a promis aux fonctionnaires le dégel de leur point d'indice avant l'été, sans préciser de combien serait

36:27
Locuteur 3

la hausse. La CFDT réclame au moins 3%, la CGT 10%. Pour chaque point supplémentaire, il en coûtera 2 milliards d'euros à l'État.

36:39
Présentateur

Et c'est donc officiel, Elisabeth Borne est donc nommée à Matignon. Cette question, Elisabeth Borne à Matignon, c'est le retour des grèves et des manifestations ? Nathalie Saint-Cricq.

36:48
Locuteur 7

On peut considérer que ce n'est pas elle qui a déclenché, elle a géré un certain nombre de choses, notamment la réforme de l'assurance chômage qui n'a pas déclenché de grèves dans le pays. On ne sait pas le calendrier d'Emmanuel Macron, à savoir si les retraites ne sont pas exactement faites dans la période estivale qui, elle, devrait être consacrée à un certain nombre de mesures en faveur du pouvoir d'achat. Après, ce qui est plutôt bon signe, c'est qu'elle s'entende bien avec les syndicats. Vous allez me répondre que j'encaisse que c'était le cas également.

Après, le problème, c'est la marge de manœuvre qui est là par rapport à ce que veut Emmanuel Macron, par rapport à ce qu'Alexis Kolaire a décidé. Mais je ne pense pas qu'il y ait d'automaticité. Ce n'est pas Elisabeth Borne, vous voyez, c'est la volonté de Macron de faire tout de suite, d'attendre un peu, de faire comme il avait dit, plus de négociations, plus de concertations ou alors de dire maintenant on y va quoi qu'il en coûte et quoi qu'il arrive.

37:35
Présentateur

Sur les réformes envisagées, évidemment, on sait qu'elle a été choisie pour mener la réforme de la SNCF, vous l'avez dit tout à l'heure, la réforme de l'assurance chômage. Elle a dit dans une interview récemment, on l'a vu, qu'elle était favorable à la réforme des retraites et qu'il fallait la faire. Il y a assez peu suspense sur les enjeux de son calendrier la rentrée.

37:53
Élisabeth Borne

Surtout que le contour de la réforme des retraites, on le connaît, ils ont abandonné complètement le volet systémique, c'est-à-dire de mettre tous les régimes en un seul et maintenant, on est sur le paramétrique qui va être très compliqué à faire passer parce que la moitié des Français, grosso modo, sont contre. c'est-à-dire de faire passer le départ de l'âge à la retraite, le départ de 62 à 65 ans. Mais il ne va pas y avoir que ça parce qu'en plus de cette réforme de retraite, il va y avoir un contexte général économique qui n'était absolument pas prévu.

Un contexte tout à fait nouveau qui n'était pas du tout, je dirais, qui n'entourait pas l'élection présidentielle, qui ne va pas tellement entourer d'ailleurs l'élection législative parce qu'on va parler d'autre chose, mais qui va être à la rentrée et cet été.

38:39
Présentateur

Vous pensez à l'inflation ?

38:40
Élisabeth Borne

Ça va être l'inflation, ça va être la dette, ça va être les taux d'intérêt qui vont être très élevés, qui vont sans doute être très élevés et ça va être un contexte international qui va être compliqué à cause de la guerre, notamment en Ukraine, pour les agriculteurs, pour les constructeurs automobiles, enfin pour un tas d'industries françaises. Et donc, elle va avoir, elle a le profil pour mener tout ça, mais ça va être très compliqué. Et donc, ce qui va être intéressant, c'est de savoir qui sont les ministres qui vont l'entourer et comment le président de la République, parce que c'est lui qui décide en dernier ressort, va affronter tout cela. Pour le moment, il ne nous a rien dit.

On est quand même dans un deuxième mandat où, à part la réforme des retraites, on ne sait pas grand-chose.

39:21
Présentateur

On sait qu'il y a un paquet à l'été sur le pouvoir d'achat. Alors,

39:25
Élisabeth Borne

il y a plusieurs paquets. Il y a un paquet bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité. Vous allez avoir une aide de 18 centimes sur le pétrole, enfin, les carburants. Vous allez avoir une révision des minimas sociaux, une révision des pensions de retraite.

39:41
Présentateur

Un dégel du point d'indice.

39:42
Élisabeth Borne

Un dégel du point d'indice des fonctionnaires. Donc, il y aura un paquet, j'ai envie de dire cadeau, mais qui n'est pas si cadeau que ça puisque l'inflation, ça y est, est à 4,8% en France. Elle est à 5,7% déjà en Europe.

39:53
Présentateur

Avec le gouverneur de la Banque de France, M. Villeroy de Gallo, qui disait qu'il presse le gouvernement de renoncer à des baisses d'impôts parce que nous n'avons pas les moyens de les financer. Et puis cet autre élément...

40:02
Élisabeth Borne

Suppression de la taxe audiovisuelle.

40:05
Présentateur

Exactement. Et par ailleurs, vous parliez de la dette, juste cette information, la charge de la dette a remonté de 15% en 2021 et devrait encore s'alourdir. Et toutes les dépenses que vous avez annoncées là, c'était 20 milliards. Voilà pour les chiffres. C'est un tirier sur le contexte international et le contexte économique qui peut éventuellement changer les plans d'Emmanuel Macron et d'Elisabeth Borne. Oui et non. Moi, je pense que le contexte, évidemment, est beaucoup plus sombre qu'il y a encore quelques mois sur la croissance, sur ce qui vient d'être dit.

Mais il me semble que la nomination d'Elisabeth Borne, c'est justement la nomination de quelqu'un qui va maintenir un certain nombre de mécanismes de protection. Ça, c'est Emmanuel Macron qui le décide pour mieux faire les réformes. Et le fait qu'elles soient issues des gens de territoires et progrès, d'une sensibilité de gauche, c'est, me semble-t-il, ce qui va être mis en avant pour justement réaliser ces réformes. Si on avait été dans un contexte de pure protection et dans un quinquennat qui serait ouvert en non-réforme, je pense qu'on n'aurait pas mis ce profil-là comme Premier ministre. Le territoire de progrès qui a été fondé, on le rappelle, par Jean-Yves Le Drian, ministre de gauche.

On ne sait pas s'il va rester au Quai d'Orsay en pleine guerre en Ukraine, naturellement. Certains trouveraient ça assez logique qu'ils puissent passer encore quelques mois pour gérer cette crise. Est-ce que c'est un tournant de gauche, Nathalie Saint-Cricq ? Parce que les gens qui nous regardent se disent, il y a eu Édouard Philippe, il y a eu Jean Castex qui étaient des personnalités issues des rangs de la droite. Voici donc Elisabeth Borne qui a un parcours dans les cabinets plutôt à gauche.

41:33
Locuteur 7

Est-ce que c'est un tournant de gauche ? Un tournant de gauche, ça serait peut-être excessif. Disons que ce n'est pas un nouveau tournant de droite. C'est-à-dire qu'il y aura probablement une sorte d'équilibre. Et pour ajouter à ce que disait Brice, il y a notamment le volet pénibilité dans la réforme des retraites à laquelle elle va s'atteler alors que c'est un dossier extrêmement compliqué mais pour mettre en avant aussi en disant que ce n'est pas 65 ans pour tout le monde quel que soit le travail qu'on ait pu faire. Tournant de gauche, non, mais probablement. Mais on va voir la tonalité de son discours.

On va y compris voir au moment de la passation, même si c'est toujours un discours court, s'il y a quelque chose qui est signalé, qui est envoyé à l'opinion. De gauche, non, mais probablement une légère pause dans les réformes de droite et dans la façon de les mener.

42:12
Présentateur

Est-ce que ça complique la campagne de Jean-Luc Mélenchon qui fait pour l'instant figure de premier opposant pour les législatives ? Est-ce que ça sera plus difficile pour Jean-Luc Mélenchon de ferrailler, comme le disait tout à l'heure, avec Brice Tinturier qu'avec Jean Castex s'il avait resté ou un autre profil ?

42:28
Locuteur 4

La difficulté pour Jean-Luc Mélenchon c'est qu'Elisabeth Borne elle est insaisissable pour l'instant. C'est-à-dire qu'elle est au gouvernement depuis déjà 5 ans. Il n'y a pas un élément qui permet de dire « haro » quand on se place du point de vue de Jean-Luc Mélenchon « haro » sur Elisabeth Borne. Il peut se poser la question effectivement des réformes qu'elle a incarnées mais ça c'est le macronisme, ce n'est pas Elisabeth Borne en elle-même.

Donc il va falloir qu'il trouve des points saillants et on voit bien alors effectivement je suis tout à fait d'accord avec vous, ce n'est pas un tournant de gauche en revanche on voit bien qu'on va chercher des symboles, des petits symboles c'est-à-dire par exemple dans le ciblage vous parliez tout à l'heure Yves Tréhard du paquet pouvoir d'achat il va bien sûr y avoir la question de les 18 centimes par exemple sur le carburant très précisément pour l'instant c'est pour tout le monde qu'on ait un SUV qu'on paye énormément d'impôts etc. ou bien alors qu'on soit plus démuni et qu'on soit obligé de faire des allers-retours quotidiens pour aller travailler avec un véhicule diesel etc.

Et donc là la question ça va être est-ce que c'est ciblé ? Est-ce que la marque finalement ça va être dans les détails et dans la précision de la mise en œuvre de la méthode aussi puisque c'est ça c'est la promesse d'Emmanuel Macron qui dit je suis un président nouveau alors pour l'instant on n'a pas un premier ministre vraiment nouveau puisque c'est quelqu'un qui vient de son équipe gouvernementale mais est-ce qu'il y a une façon de fonctionner nouvelle ?

Et surtout on se souvient que le début du premier quinquennat avait été marqué par les APL 5 euros de réduction sur les APL pour tout le monde ça avait été perçu comme très injuste donc là la question c'est est-ce que la première mesure pouvoir d'achat c'est une mesure juste et on se souvient que les mesures qui sont prises là dans ce moment-là qui est un moment dangereux politiquement ça peut être dévastateur souvenez-vous de Jean-Louis Borloo c'était pas une mesure il avait annoncé la TVA sociale on calcule une centaine à peu près enfin certains ont dit que ça avait fait perdre 100 députés peut-être un peu moins mais là la question c'est le moment où il faut vraiment surveiller sa parole

44:14
Présentateur

et la bataille politique elle a déjà commencé la première réaction justement de Jean-Luc Mélenchon qui considère que c'est une des figures les plus dures de la maltraitance sociale voilà ce que dit Jean-Luc Mélenchon sans doute en référence vous l'aviez dit dès le début de cette émission et très rare aux réformes qu'elle a menées qui étaient à la fois la réforme de la SNCF et la réforme de l'assurance chômage voilà en tout cas le premier angle d'attaque de Jean-Luc Mélenchon deuxième réaction celle de Marine Le Pen qui est aussi naturellement en campagne en nommant Elisabeth Borne Emmanuel Macron continue sa politique de mépris déconstruction de l'état donc déconstruction de l'état est-ce que c'est parce que ça veut dire que c'est une figure

44:50
Élisabeth Borne

non mais ce sont des discours il faut voir d'où il parle ce sont quand même deux leaders populistes deux leaders qui sont chacun à un côté de l'échiquier politique droite radicale oui nationaliste et gauche radicale et donc ils ont un vocabulaire qui est un vocabulaire extrêmement violent j'ai envie de dire alors avec un premier ministre une première ministre il faut s'habituer une première ministre qui représente un axe central qui est quand même somme toute assez fort et dont on dit que normalement il devrait avoir la majorité absolue à l'Assemblée nationale à l'issue des élections législatives parce que personne ne croit trop à ce que nous raconte Jean-Luc Mélenchon Jean-Luc Mélenchon donc évidemment si vous me permettez l'expression ils cognent comme des sourds et ils vont cogner comme des sourds

45:42
Présentateur

et avec cet angle là puisque Marine Le Pen qui vient de poursuivre sa réaction explique qu'elle parle de saccage social lorsqu'elle parle d'Elisabeth Borne donc ça va être vraiment l'enjeu de cette campagne délégislative de la dépeindre comme une femme de gauche issue des rangs de la gauche mais qui a mené des réformes dures Nathalie Saint-Cricq C'est pour ça qu'on a mis une femme ? C'est-à-dire ?

46:02
Locuteur 7

Comme Premier ministre vu l'ampleur des tâches épouvantables qu'elle va avoir à faire et de la campagne à mener il va falloir effectivement qu'elle rentre dans les détails et qu'elle essaie de ce qui était déjà la stratégie d'Emmanuel Macron avant la présidentielle et depuis c'est-à-dire qu'elle démonte point par point les promesses électorales de Jean-Luc Mélenchon le SMIC à 1500 euros qui a pris 100 euros depuis 3 jours et un certain nombre de choses non finançables mais sans avoir donné l'impression d'être trop technocrate et de ne pas comprendre il va jouer la souffrance des gens l'humanité des gens qui ne peuvent pas finir le mois ce qui est vrai pour certains et il va la renvoyer dans une espèce de maîtresse d'école très dure qui dit attention la dette attention les impôts à elle de le déjouer enfin d'essayer de le déjouer

46:41
Présentateur

En tout cas ils étaient eux les visages du renouvellement s'en souvient issus de la société civile des profils différents les pieds dans la vraie vie comme on dit finalement à La République En Marche une quarantaine de députés a décidé de ne pas se représenter Magali Lacroze avec Constance Meillère et Pierre Durne Il y a 5 ans la grande aventure commençait ici pour une ancienne infirmière élue députée La République En Marche du Gard Quel type de courrier qu'il y a dedans ? Les courriers de la circo De la circo ? Oui Et tu n'as pas une grosse poubelle ?

Il faut débarrasser la maison donc on conserve ce qui doit encore être ce qui sera peut-être utile Annie Chapelier n'avait jamais fait de politique aujourd'hui elle ne veut plus en faire en tout cas pas à l'Assemblée Nationale

47:31
Locuteur 6

Le bilan social 2019 le ministère des armées je me demande des fois s'il y a des gens qui le lisent ce genre de choses

47:40
Présentateur

3 ans après avoir été l'un des nouveaux visages du Parlement Annie Chapelier claque la porte de La République En Marche en 2020 mais reste dans la majorité de son rôle de parlementaire elle garde un souvenir amer un rôle factice dénonce-t-elle Les textes sont portés par le gouvernement même quand ils sont portés lors de propositions de loi par les parlementaires ils sont 9 fois sur 10 écrits par le gouvernement et qui prend un prête-nom il demande à un parlementaire de porter le texte en son nom les textes eux-mêmes nous n'avons pas de prise dessus et nous notre rôle il est également factice et on nous demande simplement d'être d'accord d'appuyer dessus sur le bouton voilà quand on fait partie de la majorité on vous demande d'appuyer sur le bouton et si vous ne le faites pas vous êtes déloyale Comme Annie Chapelier une quarantaine de parlementaires venus de la société civile élue en 2017 sous l'étiquette de la REM arrête la politique nationale il ou elle était la promesse du nouveau monde le plus grand renouvellement politique de la 5ème république Jennifer de Temmerman pour quelques jours encore députée du Nord elle aussi s'en va en 2017 elle y a pourtant cru au fameux en même temps d'Emmanuel Macron et l'ERM il offrait cette possibilité là en fait de dire quand vous trouvez que quelque chose est bien dans ce que propose la droite vous le votez quand vous trouvez que quelque chose est bien dans ce que propose la gauche vous le votez aussi et on arrive à essayer

49:18
Locuteur 6

de trouver cet équilibre

49:20
Présentateur

mais voilà pour l'ancien gestionnaire de collège la ligne politique de la république en marche penchait bien plus à droite qu'à gauche un soir c'en est trop

49:29
Locuteur 9

une soirée dans un ministère

49:32
Présentateur

voilà Emmanuel Macron débarque nous fait un discours sur l'immigration c'était moi qui étais venu pour lutter contre l'ERN c'était pas possible pas possible d'entendre ça dans sa bouche à lui ah bah c'était notre nouveau virage c'est l'immigration la sécurité donc ça a été un peu dur je crois une semaine après j'ai pris rendez-vous avec Gilles Lejean à l'époque qui était à la tête du parti en lui disant moi je pense que je vais pas rester elle rejoint un autre groupe un peu au centre un peu à gauche et puis elle saute le pas carrément à gauche élue conseillère régionale du nord sur la liste de l'union des gauches l'année dernière voilà la parlementaire la tête d'un festival local sur le développement durable pour la troisième année c'est moins politisé c'est plus c'est plus la vraie vie en fait on est en contact avec des enfin un peu bizarre de dire ça mais c'est des vrais gens quoi de la solidarité et l'idée du renouvellement permanent de la classe politique continue de lui plaire moi sur le territoire j'aimerais bien qu'il y ait quelqu'un de nouveau qui a pas fait de politique avant aussi et puis bah c'est pareil c'est être en cohérence avec ce qu'on a fait en 2017 je pense que c'est aussi pour ça qu'il y a d'autres collègues qui se représentent pas non plus ils restent honnêtes avec ce qu'ils ont dit dès le départ tout simplement en 2017 Emmanuel Macron avait parié sur la société civile pour mobiliser les électeurs 5 ans plus tard ils seront 150 candidats novices en politique à tenter d'entrer à l'Assemblée Nationale sous les couleurs de renaissance il y aura peut-être des novices mais en tout cas c'est plus du tout un axe de communication à la veille de la nomination d'un nouveau gouvernement l'idée de dire on fait de la politique autrement on prend des gens

51:25
Élisabeth Borne

qui sont entre guillemets

51:27
Présentateur

dans la vraie vie tout ça c'est une

51:28
Élisabeth Borne

ça s'est assez vite dissipé tout ça vous savez il y avait une formule en 2017 nouveaux visages nouveaux usages alors les nouveaux visages ils étaient là c'est vrai il y a eu un renouvellement du personnel politique mais les nouveaux usages on ne les a pas vus donc là je crois qu'il y a énormément de députés qui se sont à l'expérience qui ont été un peu je dirais refroidis on les a entendus bah oui le pouvoir législatif n'a somme toute qu'un pouvoir relatif je dirais dans la pratique de la 5ème république et puis je pense que c'était des gens qui n'étaient pas préparés à une telle violence parce que c'est violent la politique c'est très très violent

52:08
Présentateur

Brice Saint-Turier je crois qu'il y a aussi une configuration qui est très différente de 2017 en 2017 on avait le clivage gauche droite qui existait encore Fillon 20% la droite la gauche ça existait Emmanuel Macron vient raconter une histoire aux français qui leur plaît qui est de dire la lassitude du tic tac tantôt la gauche tantôt la droite donc à ce moment-là on fait monter la société civile mais ce n'est pas le contexte de 2022 en 2022 c'est pas gauche droite la gauche et la droite ont été pulvérisés en tous les cas la gauche socialiste et la droite LR ont été pulvérisés et on a plutôt trois grands blocs donc cette montée de la société civile elle n'est plus aussi adaptée aujourd'hui qu'en 2017 même si chez les français je reste persuadé que l'idée d'avoir entre guillemets des non professionnels de la politique des gens qui exercent des vrais métiers un peu comme eux est une idée qui est toujours importante mais c'est le contexte qui a changé on n'est plus dans comment sortir du clivage gauche-droite c'est un axe de campagne on en parlait de Jean-Luc Mélenchon qui dit voilà faites entrer notamment une femme de ménage à l'Assemblée nationale et faites entrer des profils de gens qui vivent la vraie vie pour reprendre cette expression-là mais sans théoriser le dépassement du clivage gauche-droite ce qui était l'idée de 2017 en faisant monter la société civile il y avait deux idées en réalité les vrais gens les vrais français et puis le dépassement du clivage ça a pesé visiblement la volonté de ne pas être forcément dans le renouvellement avec la nomination d'Elisabeth Borne ancienne ministre du Travail qui s'installe à Matignon qui va s'installer dans quelques heures quel ministre sortant pourrait être reconduit par Elisabeth Borne est-ce que là aussi on sera dans l'idée que certains peuvent rester au fond qu'il peut y avoir une forme de continuité ?

53:42
Locuteur 4

Il y a la question qui est très importante en cette rentrée de l'économie et on sait que Bruno Le Maire à un moment il a regardé un petit peu autour l'éducation nationale etc.

mais on sait que maintenant il a demandé au président de la République de rester à Bercy on va voir si le président a accédé à sa demande ou pas mais il pense qu'effectivement vu les multiples crises dans lesquelles nous naviguons il serait utile qu'il reste et qu'il puisse prolonger son travail on verra ce que ça va donner mais c'est vrai qu'on se souvient de la fameuse phrase d'Emmanuel Macron au moment de l'affaire Benalla soyez fiers d'être des amateurs c'est totalement caduque aujourd'hui c'est fini c'est-à-dire que c'est le moment c'est le retour des professionnels de la politique ou bien alors de ceux qui ont appris pendant le quinquennat c'est un peu ça pour les députés marcheurs parce qu'il y en a une trentaine qui ne se représentent pas mais sinon en 5 ans ils ont énormément appris et puis c'est pas n'importe quel enfin c'est 5 ans avec les gilets jaunes la crise sanitaire la réforme enfin c'était l'apprentissage accéléré et pour les ministres c'est pareil c'est-à-dire qu'on a des gens qui sont en place qui ont répondu à des crises et qui sont prêts à répondre c'est ça l'idée aussi

54:41
Présentateur

Il peut dire nouveau président nouvelle méthode nouveau mandat même ministre

54:46
Locuteur 7

Il faut que ça change enfin il faut que ça change un peu il y a ceux d'abord qui l'ont déçu ou ceux dont ils considèrent qu'ils n'ont pas été ni efficaces ni solidaires en menant campagne qui ont été un peu planqués ou qui ont fait un certain nombre d'erreurs ou alors qui ont braqué un certain nombre de personnes dans leur entourage mais dans leur ministère on peut se demander ce qui va arriver à Jean-Michel Blanquer on peut se demander ce qui va arriver à Eric Dupond-Moretti on peut se le demander très sérieusement après il va y avoir des chaises musicales comme d'habitude je pense que Gabriel Attel va bouger je pense que Darmanin normalement ne devrait pas le bouger même s'il a un peu envie de bouger mais pour l'instant il restera à l'intérieur et puis il faut si enfin il faut je crois qu'il souhaite que si on reste classique avec Elisabeth Borne il y ait deux trois touches de fraîcheur ou de nouveauté ou quelque chose tout en espérant que ce ne soit pas des gadgets c'est-à-dire qu'on n'aille pas prendre 3-4 personnes venues de la société civile ou connues dans les médias pour que ça donne ce qui est une tentation de tous les présidents et tous les premiers ministres

55:48
Présentateur

c'est intéressant parce qu'en vous écoutant je me dis au fond est-ce qu'il reste un enjeu du remaniement je ne veux pas être désagréable pour les jours voilà on va commenter nous aussi les jours qui viennent avec les nouveaux visages etc mais avec cette réélection avec le profil d'Elisabeth Borne donc à Matignon est-ce qu'il reste un enjeu vraiment de curiosité sur la nomination d'une équipe gouvernementale

56:12
Élisabeth Borne

pas beaucoup beaucoup moins que par le passé et Brice l'a dit tout à l'heure d'une certaine façon alors vous allez me dire Georges Pompidou personne ne le connaissait en 62 quand il a été nommé personne ne le connaissait Raymond Barce je l'ai dit personne ne le connaissait mais bon c'est moins un enjeu aujourd'hui pourquoi ?

parce que le quinquennat a changé beaucoup de choses quand même le quinquennat fait que le président de la république a vraiment les manches retroussées c'est lui qui est au charbon et ça a changé quand même le temps politique ce qui fait que le premier ministre a plutôt tendance à être un collaborateur et sans être désobligeant ça a quand même été le cas de Fillon avec Sarkozy ça a été le cas de Jean-Marc Ayrault avec Hollande et ça a été le cas de Philippe et de Castex avec Macron donc on demande des comptes au président de la république et là les autres sont là pour exécuter le premier ministre est devenu un superintendant

57:08
Présentateur

et nous revenons maintenant à vos questions une question de Julien dans l'héros et il a raison Julien Emmanuel Macron n'avait-il pas choisi dès le départ Elisabeth Borne ?

57:21
Élisabeth Borne

c'était le premier nom qui était sorti on avait dit femme on avait dit écologiste on avait dit

57:26
Présentateur

et voilà

57:28
Élisabeth Borne

c'était le premier nom

57:30
Présentateur

et pourquoi il a attendu ?

57:32
Élisabeth Borne

parce qu'il a peut-être voulu faire un petit peu de je ne sais pas il l'a maraudé

57:38
Présentateur

première ministre ou collaboratrice d'Emmanuel Macron qu'est-ce qu'il faut dire Romain dans l'Indre ? c'est une première ministre

57:45
Locuteur 4

qui va avoir un rôle de collaboratrice elle est très proche vous l'avez dit tout à l'heure Nathalie d'Alexis Collère qui pour l'instant reste selon toute vraisemblance va rester secrétaire général de l'Elysée donc c'est presque le premier ministre bis tout passe dans ses mains dans son bureau donc effectivement le profil d'Elisabeth Borne laisse penser qu'elle ne va pas avoir une très grande indépendance politique donc on sera plus sur super collaboratrice mais j'insiste sur le super collaboratrice parce que ce n'est pas non plus n'importe qui c'est quelqu'un qui a travaillé dans de nombreuses administrations qui est ministre depuis 5 ans

58:16
Présentateur

ça lui donne un atout elle connaît très très bien l'appareil d'Etat voilà et pour arriver à s'imposer on sait que si on n'a pas cette carte là dans son jeu c'est difficile

58:24
Locuteur 4

oui et c'est exactement ce que dit Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat il met en scène d'ailleurs sa dispute avec l'administration

58:31
Présentateur

peut-on réellement attendre des changements si on retrouve les mêmes à d'autres postes ?

je pense qu'on peut attendre des réformes parce qu'il ne faut pas oublier que le premier quinquennat d'Emmanuel Macron il a quand même été marqué par deux années de Covid et de mise sous cloche d'un certain nombre de réformes puis ensuite on a eu l'Ukraine en plus et l'élection et Emmanuel Macron à mon avis veut quand même laisser une trace réformatrice donc quand on dit c'est une super collaboratrice oui et je pense que c'est une super collaboratrice pour travailler justement ces réformes qui ont été différées empêchées etc donc il peut y avoir une équipe qui bouge un peu mais pas trop mais je pense que cette équipe elle sera vraiment chargée maintenant de faire des réformes que va faire Jean Castex maintenant ?

59:14
Élisabeth Borne

il ne va pas reprendre la mairie de Prague parce que d'abord il y a eu un successeur il a dit qu'il allait s'occuper de certaines tâches domestiques et notamment de sa clôture qui n'a pas été repeinte oui

59:25
Présentateur

en fait il est content de partir est-ce que c'est pardon mais est-ce que c'est un bon signal ? quelqu'un qui a exercé des responsabilités comme les siennes dans le contexte qui est celui qu'on connaît de la crise du Covid et qui met autant d'énergie à nous dire

59:39
Locuteur 7

qu'il est content de partir je ne suis pas sûre qu'il soit aussi content de partir que ça je pense qu'il a une forme de loyauté républicaine et qu'il a une pratique qu'il considère effectivement il considère que dès lors que c'est un nouveau quinquennat dès lors qu'il y a une élection il doit donner sa démission je pense que c'est pas un malade mental du pouvoir prêt à tout et n'importe quoi pour pouvoir se maintenir il dit qu'il est content pour être et vous allez voir qu'il va monter dans les sondages il va suffire qu'il parte pour que tout d'un coup les gens le trouvent absolument formidable par ailleurs il y a des problèmes de conflits d'intérêts donc il ne peut pas aller travailler n'importe où s'il avait voulu se camponner il aurait pu accepter la justice ou la santé qu'on aurait pu lui proposer on va le retrouver un de ces jours mais je ne suis pas sûre que son contentement affiché n'aille pas avec une forme de pas de mélancolie mais de je pense que si ça avait pu se passer autrement il aurait aimé rester

1:00:26
Présentateur

Jean-Baptiste Djibari un ministre ministre des transports qui va donc qui a annoncé son départ avant même la nomination d'Elisabeth Borne c'est possible de faire ça de quitter pour aller dans une start-up c'est ça ?

1:00:38
Locuteur 4

Alors il va dans une start-up qui fait des voitures à hydrogène alors on peut le faire il faut que ça passe sous les fourches collines de la haute autorité pour la transparence de la vie politique ça a été le cas avec un certain nombre de réserves mais ce qui a été très étonnant c'est que dans la communication de l'entreprise de la start-up il a été annoncé que l'ancien ministre devenait administrateur de cette start-up qui s'appelle Opium avant même que les gouvernements aient démissionné et là c'était assez léger dans la communication ça ne donne pas une bonne image je trouve du ministre Vous voulez dire un mot

1:01:10
Présentateur

sur Jean Castex ?

Oui mais très rapide je pense que c'est le premier ministre qui a été le moins transformé par Matignon de tous les premiers ministres c'est-à-dire qu'il sort de Matignon comme il y était entré avec les mêmes traits de caractère avec la même vision il a évidemment gagné en expérience en compétences mais il y a des premiers ministres qui ont été véritablement transformés la fonction les a créés tout autant qu'ils ont imprimé leurs pattes à la fonction là avec Jean Castex je crois que c'est très différent c'est quelqu'un qui d'emblée était perçu comme proche des territoires un homme d'écoute un homme de dialogue vous le prenez à la sortie je pense que sa structure d'image est assez la même et que authentiquement l'homme est globalement le même je ne suis pas sûr que François Fillon était le même à l'entrée à la sortie ou Jean-Pierre Raffarin Il n'a pas été abîmé ?

Il n'a pas été abîmé parce qu'il était déjà je crois très structuré puis comme Nathalie Saint-Cricq l'a dit non pas que les autres ne l'étaient pas mais comme Nathalie Saint-Cricq l'a dit il n'avait pas d'agenda caché il n'avait pas d'ambition cachée Une totale loyauté au président Une totale loyauté Il a fait le travail dans une période difficile dominé quand même par la crise sanitaire et il en sort peut-être avec regret mais pas transformé à mon avis Nathalie Saint-Cricq disait qu'il va être très populaire il l'est déjà ?

Il est assez populaire très populaire non ce serait excessif mais il est assez populaire les français je crois l'ont pris pour ce qu'il était c'est à dire quelqu'un d'assez proche qui disait les choses qui était authentique qui était loyal et pas non plus quelqu'un qui allait transformer leur vie

1:02:35
Élisabeth Borne

par une vie Il a été nommé pour le Covid et pour le déconfinement et il a plutôt bien réussi

1:02:39
Locuteur 7

Mais on a une propension en France à faire monter dans les sondages les gens qui partent ou les gens qui meurent Pas toujours Pas toujours

1:02:44
Présentateur

Pas toujours Pas toujours d'un spécialiste des sondages Ça peut mettre du temps ça peut mettre beaucoup de temps prenez François Hollande Nicolas Sarkozy Ils ne sont pas redevenus populaires Allez vu tous les dossiers sur la table le poste de Premier ministre ne s'avère-t-il pas dès à présent infernal ? On a titré dans l'enfer de Matignon peut-être plus que jamais

1:03:01
Élisabeth Borne

Ça a toujours été le cas

1:03:02
Locuteur 4

Mais là il y a une multiplicité de crises On sait bien que les crises internationales ça va être réglé directement tout de suite à l'Elysée notamment la crise ukrainienne mais effectivement là il y a une conjonction il y a une rentrée qui va être terrible parce qu'effectivement si on veut passer s'ils veulent passer des réformes malgré le climat malgré l'inflation il faut donner aussi des gages à la jeunesse sur le réchauffement climatique enfin contre le réchauffement climatique on a un président qui veut être un président nouveau vous mettez tout ça dans une boîte vous secouez c'est très compliqué pour le Premier ministre de trouver par quoi commencer La Première Ministre La Première Ministre

1:03:35
Présentateur

Pardon je vais m'habituer C'est pas le même enfer qu'avant parce que vos marges de manœuvre ne sont pas les mêmes qu'avant Il y en a plus ou moins ? Elles sont plus réduites Merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h30 il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETAVOU

1:03:50
Locuteur 6

Bonsoir Anne-Elisabeth Bonsoir Caroline Le suspense aura donc duré 22 jours mais il a pris fin à 18h22 précisément avec la nomination officielle d'Elisabeth Borne à Matignon la première femme depuis 30 ans son portrait avec Patrick Cohen et la réaction du président du groupe LERM à l'Assemblée Nationale Christophe Castaner est notre invité

1:04:09
Présentateur

Merci Anne-Elisabeth on se retrouve demain en direct à 17h50 avec peut-être un nouveau gouvernement Non ? Il va falloir attendre encore un peu Demain on verre Allez, belle soirée à vous