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InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 25 août 2026 6 minContradictoireFond programmatiqueSantéÉconomie & entreprises

Proposition de gauche : Économies/Santé, "oui, mais pas avec les franchises" - 25/08

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Votre proposition concrète pour faire des économies sur la sécu ?

  • 1:43OuverteRéponse partielle

    Interdire le tabac et faire plus de sport résorberait les trous de la sécu ?

  • 2:00FerméeRéponse directe

    Vous voulez obliger les gens à faire du sport ?

  • 3:21RelanceRéponse directe

    La surtaxation de produits de première nécessité alimentaire ou de l'alcool ne pénalise-t-elle pas les classes populaires ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Ça marche vraiment, ces politiques de prévention ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « Exactement, parce que là, qu'est-ce que c'est les franchises ? Les franchises, c'est faire payer ceux qui sont malades. »
  • 0:51Invité politiqueChiffre
    « Si vous êtes malade chronique, là vous allez payer le maximum, c'est-à-dire maintenant probablement 140 euros par an. »
  • 1:04Invité politiqueFait
    « Ça n'a eu aucun effet. »
  • 1:10Invité politiqueFait
    « La France n'investit pas du tout assez d'argent dans la prévention. »
  • 1:31Invité politiqueFait
    « Je pense à toutes les maladies cardiovasculaires, au cancer et à la santé mentale, les trois plus gros postes de soins dépensés par l'assurance maladie. »
  • 1:47Invité politiqueFait
    « Le tabac, ça coûte très cher à la sécurité sociale. Ça coûte surtout très cher à la santé. »
  • 3:15Invité politiqueChiffre
    « Si on augmente de 10%, on arrive, c'est à peu près 750 millions d'euros, on économise 3 milliards. »
  • 3:54Invité politiqueFait
    « Les politiques de prévention, c'est plein de choses. Oui, les pubs. Oui, mais c'est aussi améliorer les pubs, c'est les campagnes de communication, c'est l'information. »
  • 4:23Invité politiqueFait
    « Tu supprimes les ascenseurs et tu supprimes les escarabins. »
  • 4:34Invité politiqueFait
    « Depuis qu'on a inventé un système qui permet, en jouant avec une appli, de pouvoir se remuscler le périnée, il y a plein de femmes qui, du coup, le font plus facilement. »
  • 5:26Invité politiqueFait
    « Si on ne le fait pas, ça nous coûtera beaucoup, beaucoup plus cher. »

Temps de parole

  • Cécile Duflot59 %
  • Présentateur19 %
  • Invité12 %
  • Présentateur 210 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, Apolline Matin, proposition de gauche, proposition de droite. Et des propositions très concrètes tous les jours, on alterne la gauche et la droite. Le mardi et le jeudi, ce sera la gauche. Bonjour Cécile Duflo. Cécile, c'est vous qui allez faire avancer le débat sur RMC pour 2027. Ce matin, votre proposition très concrète, c'est pour faire des économies sur la sécu. Le gouvernement a annoncé hier augmenter de 40% le plafond des franchises médicales. se restent à charge quand on va chez le médecin ou quand on prend des médicaments. Vous, vous êtes d'accord sur le principe qu'il faut réduire le trou de la sécu, mais pas comme ça.

Pour vous, il faut juste moins de malades.

0:42
Cécile Duflot

Exactement, parce que là, qu'est-ce que c'est les franchises ? Les franchises, c'est faire payer ceux qui sont malades. Si vous n'êtes pas du tout malade, vous ne pairez pas de franchise. En revanche, si vous êtes malade, et encore plus si vous êtes malade chronique, là vous allez payer le maximum, c'est-à-dire maintenant probablement 140 euros par an. Et ce n'est pas très juste et pas très efficace. Pourquoi ? Parce qu'au départ, on se disait, mais en faisant payer les gens, du coup, ils vont moins aller chez le médecin et on va freiner les dépenses. Ça n'a eu aucun effet. Là, les rapports sont très efficaces.

Les gens payent des franchises, mais quand ils sont malades, ils se soignent quand même. En revanche, ce qu'on sait, c'est que la France n'investit pas du tout assez d'argent dans la prévention. Parce que qu'est-ce qui nous coûte très cher en matière de soins ? Les maladies chroniques. Et les maladies chroniques, qui vont sans doute même exploser, c'est celles sur lesquelles la prévention est le plus efficace. Vous pensez à quoi ? Je pense à toutes les maladies cardiovasculaires, au cancer et à la santé mentale, les trois plus gros postes de soins dépensés par l'assurance maladie.

1:34
Présentateur

Alors, j'ai Estelle Denis qui, à l'instant, parce que vous le savez, sur RMC, on se parle tout le temps, toute la journée. Estelle me met un texto, elle me dit, interdire le tabac et faire plus de sport, voilà ce qui résorberait les trous de la sécu. Vous êtes d'accord, Cécile ?

1:44
Cécile Duflot

Alors, c'est un peu brutal, effectivement, de le dire comme ça. Mais ce qui est sûr, c'est que le tabac, ça coûte très cher à la sécurité sociale. Ça coûte surtout très cher à la santé. Et évidemment, faire plus de sport, ça, c'est un vrai sujet. La sédentarité, c'est-à-dire le fait de ne pas bouger, y compris de ne pas marcher.

2:00
Présentateur

Mais est-ce que vous voulez obliger les gens à faire du sport, s'assurer qu'ils en font ?

2:03
Cécile Duflot

Le principe d'une politique de prévention, c'est ne pas obliger, c'est d'inciter. Il y a plein de moyens de le faire. C'est tout ce qu'il faut faire du sport. Eh bien, pas forcément, parce qu'on ne sait pas forcément à quel moment le faire, ce qui est rapport, ce qui est efficace. Et dans l'histoire, les politiques de prévention, c'est ça qui a fait guérir les gens.

2:17
Invité

On a quand même un problème. C'est que quand on regarde l'efficacité de ces politiques de prévention, si on prend tout ce qui est vaccination, dépistage, c'est à peu près effet à 5 ans. Si vous regardez tabac, alcool, activité physique, obésité, c'est le premier résultat à 10 ans. Et si vous regardez tout ce qui est vieillissement, perte d'autonomie, etc., c'est 20 ans. Or, on a... Alors, moi, je ne conteste pas du tout l'efficacité de tout ça à moyen long terme. Sauf que la réalité, c'est qu'on a une urgence. C'est que les dépenses sociales, elles explosent, que le déficit est hors de contrôle. Qu'est-ce qu'on fait, grosso modo, pour les 5 ans, 7 ans qui viennent ?

2:46
Cécile Duflot

En fait, Emmanuel, c'est exactement le sujet. C'est-à-dire que comme on a le nez sur le guidon, on se dit tout de suite, là, maintenant, il faut faire des économies. Sauf qu'en fait, si on laisse la pente couler, les maladies chroniques vont exploser. Et donc, sur d'autres sujets, c'est la même chose. Mais si on n'investit pas maintenant, et ce n'est pas des sommes considérables, parce que quand ça rapporte 1% des dépenses de santé à 5 ans, c'est ça que dit l'OCDE, si on augmente de 10% le budget de prévention, il faut savoir que nous, notre budget de prévention, c'est un tiers de moins que les autres pays de l'OCDE.

Si on augmente de 10%, on arrive, c'est à peu près 750 millions d'euros, on économise 3 milliards. C'est très rentable.

3:21
Présentateur

C'est pas seulement l'État qui paye, ce sont les gens qui vont payer. C'est par exemple la malbouffe, le tabac, l'alcool, parce que c'est bien beau de rendre le tabac responsable, mais l'alcool, c'est responsable d'énormément de maladies aussi. Si vous commencez à surtaxer, par exemple, l'alcool, si vous commencez à surtaxer des produits de première nécessité alimentaire, vous allez avoir un problème économique de base. Mais j'ai pas dit le contraire. Mais juste que si vous le généralisez, vous allez créer une double peine.

Dans un pays où les salaires sont très bas, les premiers qui vont casquer, c'est les classes populaires, parce que c'est les premiers qui vont être impactés dans leur budget.

3:49
Cécile Duflot

En fait, le sujet, c'est justement pas seulement de taxer. Les politiques de prévention, c'est plein de choses. Oui, les pubs. Oui, mais c'est aussi améliorer les pubs, c'est les campagnes de communication, c'est l'information, c'est le fait, par exemple, d'avoir des cours de cuisine à l'école. Ça marche vraiment, Cécile ? Bien sûr que ça marche.

4:03
Présentateur

J'ai l'impression que c'est ma vie à recevoir des alertes sur le fait qu'il faut que je fasse du sport. Et chaque année, je me dis, allez, je vais m'y mettre, mais bon.

4:09
Cécile Duflot

Alors, c'est pas forcément justement une alerte pour dire qu'il faut faire du sport. Peut-être qu'il faut expliquer que si on prend l'escalier plus que l'escalator... Mais je le sais. Oui, mais comment on fait pour que vous ayez envie de le faire ? Il y a plein de méthodes. On en parlait toutes les deux. Je vais vous donner un exemple. Tu supprimes les ascenseurs et tu supprimes les escarabins. Un truc très utile et qui va parler à toutes les femmes quasiment, c'est se remuscler le périnée, notamment après l'accouchement. Tout le monde sait que les séances de kiné, franchement, c'est le truc sur lequel on n'a pas envie.

Depuis qu'on a inventé un système qui permet, en jouant avec une appli, de pouvoir se remuscler le périnée, il y a plein de femmes qui, du coup, le font plus facilement.

4:42
Invité

Mais Cécile, la réalité, c'est que ça marche très bien dans les pays où les médecins généralistes sont impliqués dans les processus de prévention parce que c'est à eux qu'on fait confiance et c'est eux qu'on écoute. Or, en France, ils n'ont pas le temps de le faire.

4:54
Cécile Duflot

C'est pour ça que je dis qu'une politique de prévention, ce n'est pas juste une campagne de pub, ce n'est pas juste de dire aux gens ce qu'il faut faire et ce n'est pas seulement la taxation. C'est aussi un changement de logique. On est beaucoup plus dans une logique du soin aujourd'hui où on finance des médicaments, ce qui n'est pas forcément la bonne solution. Et donc, évidemment que ça implique aussi la manière de travailler entre l'ensemble des professionnels de santé, les médecins, mais aussi tous les paramédicaux, mais aussi les infirmières, mais aussi les kinés, tous ceux qui prennent en charge la santé et plus largement l'ensemble de la société, c'est une culture collective.

Mais ce qu'il faut dire, c'est que si on ne le fait pas, ça nous coûtera beaucoup, beaucoup plus cher. C'est ça qu'il faut dire, c'est que les maladies chroniques, elles vont nous coûter plus cher et qu'à un moment, on n'arrivera plus à augmenter les franchises et surtout, quand on augmente beaucoup, beaucoup les franchises, il y a des gens qui vont moins soigner. Quand on se soigne moins, on est plus malade et au final, ça coûte plus cher. On repart effectivement dans plus de malades,

5:41
Présentateur

plus de coûts. Donc on inverse la logique. Merci Cécile Duflo, vous l'aurez compris, tous les matins, la proposition concrète, de droite ou de gauche, on alterne. Et vous l'avez aussi compris, Arthur Chevalier, Emmanuel Lechypre, l'historien et l'économiste sont avec moi, à nos côtés. Merci d'avoir regardé cette vidéo !