Pieyre-Alexandre Anglade - Le Barbier du matin du 30/08/23
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Alexandre Anglade, bonjour et bienvenue député Renaissance des Français de l'étranger, en l'occurrence le Bénélux essentiellement. Un mot de ce qui se passe en ce moment au Gabon, un putsch militaire, bon évidemment c'est très confus dans le pays, ça donne l'impression d'une série de dominos en Afrique et la France semble impuissante.
Il y a une grande, très grande instabilité au Sahel maintenant depuis de nombreuses années où on voit désormais une forme d'épidémie de putsch se poursuivre. Il faut laisser faire ou il faut jouer la fermeté ? Je pense qu'il faut toujours être du côté des autorités démocratiquement élues, du côté de l'ordre constitutionnel, surtout quand ce sont des militaires qui viennent à renverser un président démocratiquement élu.
Là je pense au président Bazoum au Niger qui a le courage de se maintenir, qui refuse de démissionner, qui est littéralement prise en otage dans le palais présidentiel avec en parallèle de ça des tentatives de pression et de déstabilisation vis-à-vis de la présence de la France dans le pays qui est venu à la demande des autorités de ce même pays. Et donc il faut être extrêmement vigilant parce que ce qui se passe aujourd'hui dans ces différents pays africains, ça a d'abord des conséquences pour les habitants de ces pays qui rompent des alliances qui leur sont utiles. Regardez ce qui se passe au Niger, c'est toute l'aide internationale qui n'est plus apportée.
Et donc ça va avoir des conséquences malheureusement pour les populations civiles. Et puis aussi pour la stabilité de la région et donc pour notre propre sécurité et la stabilité de l'Europe aussi.
Alors l'événement aujourd'hui c'est à Saint-Denis, c'est le rendez-vous entre le président de la République et tous les partis représentés au Parlement avec trois thèmes au menu, comment faire face aux grands défis internationaux, on vient d'en parler, comment regagner en efficacité pour l'action publique et comment assurer la cohésion de la nation. Est-ce qu'il ne va pas sortir de cette réunion un torrent de généralité ?
Je ne crois pas. Moi je crois que c'est une initiative qui d'abord est inédite. C'est la première fois qu'un président de la République rassemble autour d'une même table à huis clos les chefs de partis avec une forme de sincérité et d'honnêteté dans la démarche qui est celle du président de la République et de pouvoir trouver des solutions pour le pays dans un temps qui est un temps exceptionnel. Les désordres internationaux nous venons de les évoquer. Les émeutes qu'on a déjà oubliées pour certains mais qui ont profondément bouleversé le pays et qui dit quand même quelque chose d'une forme de décivilisation qui existe dans la société.
Un manque d'efficacité de l'action publique qui est de plus en plus criante pour beaucoup de nos concitoyens dans l'école, à l'hôpital, ailleurs. Et donc il y a la nécessité de mettre tout le monde autour de la table dans un contexte de majorité relative à l'Assemblée nationale. Et je crois que le président de la République a la volonté de pouvoir faire aboutir à la suite de ce tour de table des propositions concrètes, des projets de loi ou des référendums pour mettre en œuvre de nouvelles dispositions.
L'ambiance est quand même un peu tendue avant cette réunion. Par exemple le dîner pourrait être boycotté par la France Insoumise et d'autres. Le représentant de la France Insoumise, Manuel Bompard, dit que c'est le dernier soubresaut d'une Macronie à bout de souffle, qui ne sait plus de quoi inventer.
Oui, je trouve qu'il y a de la part de la France Insoumise beaucoup d'excès, comme d'habitude. Manuel Bompard, s'il était responsable, il devrait venir à cette invitation sans a priori. Quand on est responsable d'une grande famille politique, puisque c'est ce qu'il revendique, il devrait venir à la table du président de la République et avancer ses propositions, et ne pas lancer des invectives avant même que cette réunion ait pu avoir lieu. J'ai entendu qu'ils voulaient boycotter le dîner. Je pense qu'ils n'ont pas compris quel était l'agenda. Au moment du dîner, il ne s'agit pas de dîner pour dîner.
C'est la troisième partie de l'agenda qui a été fixé par le président de la République sur la question de savoir comment est-ce qu'on fait nation, comment est-ce qu'on arrive à recréer du lien entre les Françaises et les Français, comment est-ce qu'on répond aux émeutes urbaines qui se sont passées, qui disent quelque chose quand même de profond sur une cassure dans la société, cette violence débridée. Et donc moi j'espère qu'au fil de la journée, il reviendra sur ses positions.
Vous n'avez pas l'impression que ces oppositions ne veulent pas en fait que des solutions soient trouvées à tous ces problèmes. Ils attendent simplement la fin du quinquennat. Ils essayent de saboter le plus possible ce quinquennat.
Il y a certainement une part de naïveté chez votre interlocuteur du jour. Moi j'ai le sentiment que quand on est engagé en politique, on le fait avec la volonté, quel que soit son prisme et son idéologie, pour améliorer la vie des Françaises et des Français. L'intérêt général. Exactement, vous travaillez pour l'intérêt général. Et quand le président de la République, qui est le président de tous les Français, vous invite pour avancer des propositions, pour avancer des solutions avec une page blanche devant lui et donc la capacité de prendre ce que vous proposez, vous devez y aller sans a priori.
J'ai du mal à comprendre cette rhétorique qui aujourd'hui existe notamment du côté de la France insoumise, qui vise effectivement à vouloir saboter, abîmer, détruire, diviser en permanence les Françaises et les Français et le quinquennat qui est en cours.
Ce qui pourrait sortir de ce dîner, c'est d'éventuels référendums. Encore faut-il trouver les sujets. Alors, LFI veut un référendum sur les retraites. Ça je pense que c'est derrière nous, donc ils ne l'auront pas. LR et RN sont d'accord, il faut un référendum sur l'immigration. Vous, député de la majorité, vous pensez qu'on peut trouver un thème immigration à mettre en référendum ?
Il faut voir les conditions. Moi, je crois qu'il y a un texte sur l'immigration qui a été proposé par le gouvernement, qui est un texte équilibré, qui est mené par Gérald Darmanin, qui a commencé les consultations avec les différents partis politiques, qui proposent d'être plus fermes sur ceux qui n'ont rien à faire sur le territoire français, et qui dans le même temps proposent de régulariser celles et ceux qui travaillent notamment dans les métiers en tension, qui sont ceux qui font tourner le pays. Sans toucher à la Constitution. Sans toucher à la Constitution.
Moi, quand j'ai lu les propositions de LR, notamment sur la dérogation au droit européen, qui est une forme de frexit migratoire, à partir du moment où vous décidez de déroger au droit européen, vous mettez en marge du projet européen. Et moi, j'ai observé que nos amis britanniques, qui ont fait le choix de sortir de l'Union Européenne avec le Brexit, n'ont jamais connu une situation migratoire aussi tendue qu'aujourd'hui, alors même qu'ils ont quitté l'Union Européenne prétendument pour reprendre le contrôle, tel était le slogan des Brexiteurs. Donc tout cela ne me semble pas aller dans le bon sens, mais il ne faut pas avoir d'a priori.
La question migratoire est une question importante, elle doit être débattue au Parlement, et rapidement, et si des termes d'un référendum peuvent être retrouvés, pourquoi pas ? Mais il y a d'autres sujets sur lesquels on peut mener des référendums. Je pense par exemple à la réforme des institutions, la réforme constitutionnelle que nous avons portée en 2018, qui a été empêchée par les oppositions à l'État sur la réduction des nombres de parlementaires, sur l'organisation territoriale. Avec plus de décentralisation ? Avec plus de décentralisation. Tout ça, ça peut passer par référendum. Et puis un dernier point, Christophe Barbier, que je l'en termine par là, aussi sur le vivre ensemble.
Est-ce qu'il faut par exemple généraliser le SNU ?
Ça peut être une des questions. Et la fin de vie, c'est une conscience pour chacun, un cas de conscience ?
Ça peut aussi faire partie des sujets qui peuvent être posés à un référendum. En tout cas, il n'y a rien qui est aujourd'hui décidé, tout est sur la table. On verra ce que les uns et les autres ont à dire, et ce que le président de la République en retient, et ce qu'il proposera à l'issue de tout cela.
Et s'il propose un préférendum, comme on dit, alors ça serait quoi ? Ça serait sur un thème, trois ou quatre options différentes, et les Français choisiraient l'option qui leur convient le mieux.
Oui, parce que vous savez ce qu'on dit lorsqu'on parle d'un référendum. En général, celles et ceux qui sont interrogés ne répondent pas forcément à la question, mais plutôt contre celui ou celle qui a posé la question. Donc un préférendum, c'est ce qui a été avancé notamment par le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, avec la possibilité de cocher, de répondre à plusieurs questions, ce qui permet de se recentrer sur l'objet plutôt que sur celui qui émet la question.
La baïa sera interdite à l'école, Gabriel Attal, le ministre de l'Education, l'a dit. L'opinion l'approuve, les sondages sont clairs. Mais est-ce le bon moment pour poser ce problème ?
Je crois, parce que c'était même une demande très forte de la part des directeurs d'établissements scolaires, des personnels éducatifs, parce qu'on voit bien qu'il y avait une offensive d'une partie de milieux intégristes, communautaires, qui encourageait certaines jeunes filles à porter la baïa comme une forme de revendication religieuse. Quand vous portez la baïa, la baïa qui en soi n'est pas un vêtement religieux, mais qui est une forme, qui est un signe d'appartenance religieuse, et bien cela était une manière de tester la République et une manière de la défier.
Et donc je crois que la consigne qui a été donnée par le ministre de l'Education nationale est une bonne mesure, parce que les personnels éducatifs, pédagogiques, les directeurs d'établissements avaient de plus en plus de mal à trancher.
La France insoumise attaquera au Conseil d'État le texte circulaire ou note de service. Ça sera juridiquement compliqué.
Oui, mais vous savez, la France insoumise n'est pas à son premier coup d'éclat. À chaque fois sur ces sujets-là, ils se font les porte-parole des intégristes, des communautaires et de l'islam politique. Et nous devrions, quand on est républicain, on ne devrait pas pouvoir tolérer à l'école le port de signes religieux ostensibles et la baïa en fait partie.
Le modèle communautaire, vous le voyez en Belgique. Ils ont fait de grandes concessions en revendication de l'islam et notamment de l'islam politique. Le bilan ?
Le bilan dans tous les pays où le communautarisme est laissé vivre et poussé à l'excès n'est pas bon. On voit que des quartiers entiers se replient, que des jeunes filles sont parfois déscolarisées, que certaines vont couvertes de la tête aux pieds avec des vêtements religieux. Ce n'est pas le modèle de laïcité. A la française telle que nous le concevons, la laïcité, c'est une liberté. Ça doit permettre aux uns et aux autres de s'émanciper. Ça protège aussi du prosétyisme religieux à l'école. Et donc ce modèle-là, ce n'est pas le modèle français et nous n'en voulons pas pour nos enfants.
La rentrée est encore marquée pour les Français par l'inflation, par le manque d'argent. Il nous l'illustrait tout à l'heure. Bruno Le Maire va recevoir les distributeurs, les industriels. Les prix ne baissent pas dans l'hygiène, dans l'alimentaire. Qu'est-ce qu'on peut faire ?
D'abord, c'est effectivement maintenant depuis plusieurs mois que les Françaises et les Français, même un an, un peu plus d'un an, que les Françaises et les Français vivent une inflation extrêmement brutale. Il devait y avoir un septembre vert,
on ne le voit pas.
Je tiens quand même à nuancer cette réalité parce que si vous comparez à d'autres pays européens, la France a beaucoup plus protégé que nos voisins européens. Il y a encore le bouclier tarifaire sur l'énergie qui permet... On n'est quand même pas au bout des boucliers. C'est vrai, mais qui a pris en charge presque un tiers de la facture d'électricité des Françaises et des Français qui les a très largement protégés. On a une inflation qui est moins importante que dans d'autres pays européens et on voit aujourd'hui que l'inflation, même si elle progresse, elle progresse moins vite. C'est-à-dire qu'on est quand même, malgré tout, sur la bonne voie.
Donc dans ce contexte-là, il faut que les distributeurs, les industriels, continuent de faire des efforts. C'est pour ça que le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, les rassemble aujourd'hui et demain à Bercy. Il y a, vous le savez, une liste de 1000 produits sur lesquels il a été demandé aux industriels et aux distributeurs de faire des efforts. On peut augmenter le nombre de produits. Il faudra dénoncer les coupables, ceux qui ne jouent pas le jeu ? Aujourd'hui, vous avez un certain nombre d'industriels qui ne jouent pas complètement le jeu. Alors certains de bonne foi parce que la situation sur les prix de l'énergie notamment est difficile. Et d'autres font des marges.
Et d'autres font des marges qui sont indues. Pour celles et ceux qui font des marges indues et excessives, il serait temps qu'ils fassent un geste pour les Français et les Français. Et s'ils ne le font pas, le ministre de l'Économie a été très clair, il y a des moyens fiscaux pour venir les taper au portefeuille et puis peut-être les dénoncer.
Est-ce qu'il ne faut pas être aussi ferme avec les collectivités locales qui augmentent beaucoup les taxes foncières en ce moment ?
Effectivement. Je crois que les Français et les Français vont à partir d'aujourd'hui ou dans les jours qu'ils viennent recevoir leurs taxes foncières pour les propriétaires. Il faut que chacun dans ce moment difficile soit capable de faire preuve de responsabilité. C'est valable pour les industriels, c'est valable pour les entreprises, c'est aussi valable pour les collectivités locales et les collectivités territoriales.
Quand le gouvernement dit on n'augmente pas les impôts, les Français disent c'est faux. Même si ce n'est pas les impôts du gouvernement. C'est une année d'élections, il y aura les Européennes à la fin de l'année, les sénatoriales en quelques semaines. Mais pour les Européennes, vous êtes intéressé, vous aimeriez mener la liste, c'est chez vous, c'est Bruxelles ?
Vous savez, d'abord, c'est une institution que je connais bien parce que j'y ai travaillé. Aujourd'hui, je préside la Commission des Affaires Européennes à l'Assemblée Nationale, ce qui m'occupe beaucoup. Je m'engagerai dans cette campagne puisque j'ai la responsabilité, Stéphane Séjourné m'a confié la responsabilité de préparer les élections européennes pour le parti. Donc, je le ferai. Les questions de liste viendront plus tard. Vous ne dites pas non ? Je dis qu'aujourd'hui, je suis député à l'Assemblée Nationale, que ça m'occupe beaucoup. C'est le seul mandat qui, aujourd'hui, m'intéresse.
Pierre-Alexandre Glade, merci, bonne journée.
Merci, Christophe Barbier. On retiendra deux idées parmi les nombreuses idées que vous nous avez soumises. Le communautarisme poussé à l'extrême n'est jamais bon. C'était pour le sociétal. Et moins et plus de marge indue afin d'amortir et de réduire l'inflation. Ça, c'était pour l'argent,
sur le SNU, le Service National Universel.
Une bonne idée, ça. Il y avait ça également. Christophe Barbier, demain, vous recevez Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. À demain, Christophe. À demain.
Pieyre-Alexandre Anglade