François Bayrou - "2027/Marine Le Pen : la France aura le débat auquel elle a droit"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, [musique] l'invité politique, Jacques Terdose, il est 8h17 et je suis très heureux d'accueillir François Bairou dans le studio de Sud Radio. Pourquoi ? Et bien parce que François Bairrou, vous avez décidé de réserver votre parole à Sud Radio après la folle journée que nous avons connu hier.
Marine Le Pen contre vents et Maré a décidé de se présenter à la présidentielle. Certes, elle est condamnée pénalement, mais pas empêchée juridiquement. D'abord, bonjour monsieur Baou et merci de de de d'avoir accepté notre invitation.
Tout simplement, quelle est votre réaction à cette journée d'hier ? Bon, c'était une journée comme il y en a souvent dans la politique française. D'ailleurs, dans la politique du monde, c'est une journée un peu folle.
Hm. Euh absolument euh euh frappante par le suspense comme [grognement] euh mais pour ma part, au fond de moi, h euh je trouve que tout ça euh il faut en faire du bien. Je pense que tout ça c'est ça doit être bien.
Pourquoi ? Premièrement, parce que le jugement euh vous le voyez bien, recherchait un certain équilibre. C'est-à-dire à la fois la confirmation de de la reconnaissance d'un certain nombre d'airmments.
Hm hm. Et puis deuxièmement, le respect du principe de ne pas porter atteinte au droit de l'électeur de choisir son candidat et son président. Vous vous étiez vous vous étiez dit pardon troublé après le jugement justement pour ces deux raisons que vous venez d'évoquer.
Cette fois-ci, vous n'êtes plus troublé. Non. Et vous voyez bien que ce que j'avais exprimé, j'ai été premier ministre.
C'était donc j'avais faisé les mots euh j'avais je j'avais affirmé ce trouble à propos de l'exécution provisoire. Tout à fait. Parce qu'il y a un principe de droit que je considère comme intangible, c'est qu'il faut toujours avoir un recours devant un jugement.
Euh et donc euh et sur le fond, parce que c'est ça qui m'intéresse, la France va pouvoir avoir le débat auquel elle a droit. Le débat de l'élection présidentielle, c'est un débat pour que le pays euh saisisse et choisisse le destin qui doit être le sien. Si ça n'avait pas été le cas, il y aurait eu des polémiques incessantes et là il y aura des polémiques parce que c'est le lot de la politique française.
Mais euh au moins l'électeur, le citoyen va voir devant lui se former le débat par lequel il doit choisir son avenir. On craignait justement, hein, c'est ce que vous disiez, on craignait le pouvoir des juges après le premier jugement. Le fait que les juges quelque part s'imissent et s'invite dans un débat politique, c'est un peu le sens de ce que vous aviez dit.
Est-ce que vous pensez que les magistrats quelque part l'ont compris, qu'il faut désormais laisser le peuple décider et que quelque part ils étaient allés trop loin. Vous avez parlé de correction après ce premier jugement. Euh, j'en ai pas parlé mais à l'instant vous dites non mais à l'instant vous dites il y a une forme d'équilibre qui a été trouvé.
Pardon, correction, c'est peut-être pas le bon terme, mais d'équilibre d'équilibre ne changeront pas les mots, ils sont très importants dans ces affaires. Et donc il y a la recherche d'un équilibre et vous le voyez bien cet équilibre, il va être d'ailleurs enrichi par le par le pourvoi en cassation dans lequel est recherché la question de fond sur est-ce qu'il est normal qu'un assistant parlementaire fasse ou pas de la politique nationale. Alors, je rappelle que le Modem a fait l'objet d'une enquête sur les faits présumés, des faits qui sont similaires et en même temps [raclement de gorge] et en même temps beaucoup moins euh important, beaucoup moins fort.
Euh entre 2005 et 2017, des fonds destinés à rémunérer des assistants parlementaires européens auraient servi à payer des collaborateurs travaillant en réalité pour l'UDF et le modèem à l'époque. Donc, ce sont c'est une affaire similaire, mais on a bien compris que les faits n'étaient pas identiques. Si vous voulez bien, j'ai bien entendu Marine Le Pen a dit hier soir et elle avait dit d'ailleurs depuis des mois que le et d'ailleurs je vous propose, monsieur Baou, je vous propose justement d'entendre les quelques secondes où elle compare la situation à la vôtre.
On l'écoute. Oui. Oui.
Je viens de dire que j'ai les mains propres et je encore une fois je ferai un pourvoit en cassation pour le démontrer quand commence. Je note quand même que pour les mêmes faits, monsieur Boulot, permettez-moi, pour les mêmes faits, monsieur Mélenchon a fait l'objet à bénéficier d'un non lieu et monsieur Baïou a été relaxé. C'est pas du tout les mêmes montants, madame le parfit.
C'est tout à fait les mêmes faits. Monsieur Bayon. Alors, [raclement de gorge] j'ai été relaxé comme un certain nombre de ceux qui travaillaient avec moi et quand madame Le Pen dit que ce sont les mêmes faits, ce n'est pas vrai. [raclement de gorge] C'est pas vrai pour deux raisons principales et qu'il est bon de rappeler et et évidemment de ne pas laisser courir ce genre d'affirmation.
Vous êtes là pour ça ? Euh premièrement, je n'étais pas député européen. C'est une grosse différence.
Ben, c'est une grosse différence parce que c'est en tant que député européens que les euh entre guillemets détournement quel que soit leur nature ont été faits. Je n'étais pas député européen. Et deuxièmement, [raclement de gorge] le jugement du tribunal dit en toute lettre que chez nous, il n'y avait pas de système, il y avait pas d'organisation [raclement de gorge] mise en place pour obtenir des financements supplémentaires.
Ça veut dire quoi, monsieur Bairou ? Ça veut dire qu'à l'époque, on considérait que la règle n'était pas très claire et que donc il y avait une porosité finalement entre ce que pouvait faire les les assistants parlementaires entre ce qui relève de de l'Union européenne et ce ne relève pas l'Union européenne. Pourquoi le pourvoir en cassation est utile ? qui dit que le pouvoir en cassation va dire ce qu'est la réalité de l'affectation de cette accusation de détournement pour des assistants parlementaires.
Mais je veux répéter devant vous parce que pour ne pas laisser croire ou entendre même par allion que c'était la même chose, je n'étais pas député européen et c'est en tant que député européen que Marine Le Pen poursuivi. Et deuxièmement, le tribunal écrit en toute lettre que dans notre cas, il n'y avait pas le système dont on nous avait [raclement de gorge] accusé. Je vous donne un indice pour pour aller dans ce sens-là.
Le les montants que les magistrats [grognement] euh affirment que nous aurions indument mise en cause, c'est 1,5 % de la masse salariale pendant 10 ans. Vous voyez que ça n'a absolument rien à voir avec une organisation de détournement entre guillemets parce que la Cour de cassation va pouvoir dire si détournement il y a ou pas. Alors en ce qui vous concerne, il y a l'appel de la de la relaxe qui arrivera en octobre.
C'est bien cela en septembre. En septembre euh vous partagez une histoire, on peut dire et des propositions communes avec le Rassemblement national comme notamment la la proportionnelle. Hier, on a entendu Edvich Diaz, député et porte-parole du Rassemblement national, dire que désormais le problème du RN, ça allait être le financement.
Peut-être qu'avec cette condamnation, ce sera même peut-être encore plus compliqué. Est-ce que vous réitérez aujourd'hui à ce micro le fait que c'est un problème pour le RN de ne pas avoir suffisamment de fonds pour pouvoir euh euh concourir d'une certaine façon dans la logique de ce que vous avez toujours dit ? C'està-dire que c'est au peuple de décider pas que aujourd'hui en raison des ressources considérables qui sont les siennes parce que le nombre de députés que cette formation politique a désormais lui permet des financements importants.
Après, je ne sais pas comment tout cela est géré. Je n'ai aucune indication sur tout ça, mais vous vous souvenez que j'avais proposé l'idée d'une banque de la démocratie à fait qui se serait euh qui aurait été mise en place pour répondre à des problèmes de cet ordre parce que il n'est pas normal que ce soit des banques privées qui décident toute seule si une formation politique ou une campagne électorale est finançable ou pas. Hm.
Et donc j'avais proposé cette idée, elle avait été reprise par le président de la République dans son programme et puis le gouvernement ne l'a de l'époque ne l'avait pas accepté et je considère que c'est un manquement. François Baou, on a tous été surpris quand même par la position de Marine Le Pen hier qui a décidé de se de se pourvoi en cassation. Tout le monde imaginait peut-être à tort qu'elle accepterait cette condamnation en appel.
Vous auriez pris la même décision ? Euh honnêtement, je je j'attendais cette décision puisqu'elle avait dit qu'avec bracelet, jamais elle ne ferait campagne. Et je comprenais très bien que avec un bracelet, vous pouvez pas faire campagne.
Tout ça n'a n'a aucun sens. Euh et donc la décision qu'elle a prise, c'est une décision parce que le calendrier euh des magistrats et des et de la Cour de cassation fait que probablement la décision sera prise tard, ce qui fait que la campagne électorale pourra avoir lieu. C'est ce qu'elle croit.
Alors, vous savez, il y a un débat terrible parmi les juristes. Personne n'est d'accord sur ce que pourrait décider la tranché. résume le débat pour que ça soit clair.
Beaucoup de juristes disent si la cour de cassation casse le jugement en question le jugement d'hier, alors ça veut dire qu'on revient au jugement antérieur, c'est-à-dire à l'inéligibilité immédiatement applicable. Et d'autres disent, plus nombreux, je crois, d'autres disent "Mais non, le jugement de la Cour d'appel infirme sur ce point le jugement du tribunal de la première instance. Est-ce qu'on peut faire campagne lorsqu'on est repris de justice ?
On entend beaucoup euh euh dans l'opposition euh de Marine Le Pen, on entend beaucoup cet argument. Oui. Je m'efforce de pas employer des mots qui soient des mots qui peuvent euh être appliqués à beaucoup dans le dans le monde politique.
On est dans un temps et d'ailleurs on rappelle queavec le pourvoi en cassation, elle sera présumée innocente officiellement. on est on est revenu euh on est un temps d'une extrême violence dans la vie politique. Euh et donc je m'efforce de pas employer des mots qui soient des mots euh de de stigmatisation, même si je suis euh comme vous le savez euh euh un adversaire déterminé du RN et des extrêmes en général.
Je veux en dire un mot, une phrase sur ce point. [raclement de gorge] Jamais dans l'histoire du monde, jamais. Euh un la prise du pouvoir par l'extrême droite ou l'extrême gauche n'a apporté du bien à un pays pour deux raisons principales.
La première, c'est que ce sont des mouvements qui divisent la société, qui jettent les uns contre les autres, qui multiplient les accusations pour que les uns soient rejetés et les autres au contraire soient glorifiés. Tout ça cet affrontement de violence est le contraire de l'intérêt du pays. Et deuxièmement euh le la politique du bouc émissaire qui consiste pour les uns à dire "On va faire payer les immigrés et l'Europe" et pour les autres à l'extrême gauche à dire "On va faire payer les riches" et en jouant avec tout un tas de de mots et de thèmes et d'allusions qui sont en réalité de l'antisémitisme. les juifs que l'on vise euh et encore récemment de manière pour moi tout à fait évidente, euh tout ça c'est faire reculer le pays.
Il n'y a qu'une manière de faire avancer le pays, c'est pourquoi j'ai écrit ce livre, de lui dire la vérité sur la situation comme elle est, de la lui expliquer alors qu'elle n'a jamais été expliquée clairement par personne. C'est le premier livre publique qui explique ce que c'est. On va y venir dans un instant.
Alerte sur la France qui vient aux éditions de l'Observatoire. On va y venir dans un instant. Le ce qui fait avancer un pays, c'est la vérité partagée.
Ce qui fait reculer le pays, c'est la division, l'affrontement et la politique du BMIS. Une dernière question sur l'épisode Ren et puis ensuite on va aborder d'autres sujets et notamment tout ce que tout ce dont vous parlez dans ce livre parce que c'est évidemment ce qui intéresse et c'est l'avenir du pays qui est en qui est en jeu. Et une dernière question, est-ce que vous pensez que l'opinion pardonnera cette condamnation à Marine Le Pen de 3 ans de prison ou et et que la et que la poussée Rassemblement national finalement est trop forte et que les gens se disent en terme éthique et en terme moral et bien tant pis, elle est condamné mais on veut que ce soit elle parce que c'est trop vous votre formulation laisse entendre que c'est joué à l'avance que le [raclement de gorge] pays a choisi.
Moi je ne crois pas ça. Je pense que le pays, je regarde les dynamiques. Comme vous le disiez à l'instant, il y a deux dynamiques qui se font face, LFI et et RN.
Le pays est à la veille du plus grand choix qu'il est eu à prononcer depuis très longtemps. Et ce grand choix touche à son avenir et singulièrement à l'avenir des plus jeunes. Que je j'ai écrit ce livre pour éviter ce que j'appelle la guerre des générations et [raclement de gorge] pour expliquer que si on veut pas la guerre des générations, il faut l'alliance des générations.
Il faut que tout le pays dans son ensemble décide de prendre les décisions nécessaires pour que les jeunes aient enfin une place et que le pays lui-même retrouve son équilibre et on en est très loin. Et donc c'est c'est cette orientation qui est la seule qui permette au pays d'avancer. François Baïou qui est avec nous, invité exceptionnel de Sud Radio ce matin et je montre à l'antenne en même temps sur YouTube votre la couverture de votre livre François Baïou alerte sur la France qui vient.
On va y venir dans un instant monsieur le premier ministre puisque effectivement vous abordez des questions qui sont les questions majeures. La pauvreté, la dette, enfin tout ce qui évidemment sera absolument au cœur et doit être au cœur du débat sur la prochaine présidentielle. Et puis on vous demandera parce que vous peut-être pas encore très bien exprimé au sujet de la présidentielle 202, quelle est votre vision ?
Quels sont ceux vers qui vous pourriez aller ou quels sont les arguments qui pourraient vous faire soutenir l'un ou l'autre des candidats ? Il est 8h32, on est sur Sud Radio. Monsieur Baot est avec nous.
À tout de suite. [musique] Le grand matin Sud Radio 7h10h, Jacques Cardos 8h35, François Baou est l'invité exceptionnel de Sud Radio ce matin. On parlait évidemment de la décision de Marine Le Pen de se lancer dans la course à la présidentielle malgré les événements judiciaires d'hier.
On aborde maintenant un deuxième thème avec vous, monsieur Bairou. Euh votre livre, Alerte sur la France qui vient est un livre qui euh puise, j'imagine, dans votre expérience toute récente de Matignon, votre constat. Euh vous avez eu des mots précis et constants, notamment sur la dette française.
On va y venir. Mais euh sur Sud Radio, on entend beaucoup d'auditeurs qui nous appellent au sujet euh des prix du carburant. Et je lis page 195 dans votre livre Alerte sur les générations futures.
Vous y faisiez allusion à l'instant. Vous dites euh voilà, on a un manque de moyens public, manque de moyens privés, manque de moyens pour l'État, manque de moyens pour les particulier. Vous dressez un constat qui est quand même terrible et vous terminez ce chapitre, ce petit paragraphe par c'est c'est c'est certain la France s'appauvrit.
Ben ça se lit tous les jours. Il y a des chiffres nationaux et internationaux qui montrent ça. Et vous citez juste après effectivement le le le le point de vue en en PIB par habitant.
Oui. Euh c'est très Si j'ai essayé de prendre un pays de comparaison H h et j'ai pris un pays qui n'est pas la puissante Allemagne dont on pourrait discuter d'ailleurs la crise qui vient aujourd'hui, j'ai pris un pays euh qui de qui de ce point de vue-là n'a pas l'assise [raclement de gorge][toux] et j'ai pris les Pays-Bas. Écoutez bien, si l'on prend le produit intérieur des Pays-Bas et qu'on essaie de l'estimer pour chacun des habitants et ce chiffre qui s'appelle le produit intérieur par habitant, celui des Pays-Bas est supérieur à celui de la France de 30 %.
C'est terrible. Est-ce que vous pouvez et c'est pas un pays où il n'y a que des génies et ça n'est pas un pays dont on puisse dire que la société est cruelle, que les gens ne sont pas soignés, qu'il y a de l'esclavage. C'est un pays à peu près tout à fait comparable au nôtre. comparable au nôtre.
Est-ce que vous imaginez la situation si chacun de ceux qui vous écoutent avait 30 % de salaire de plus ? Et si l'État avait 30 % de ressources de plus, même 15 % même 10 % de ressources en plus, nous n'aurions plus de déficit. À quoi c'est dû, monsieur Baïou ?
À notre incapacité à à résoudre les crises. Et vous l'avez dit lorsque vous étiez à Matignon, vous avez essayé d'obtenir des armes ? Je l'ai même dit depuis plus longtemps puisque j'ai fait des campagnes présidentielles sur ce sujet.
C'est dû à quoi ? Oh, c'est très simple. Il y a 50 ans que la France n'a pas voté un budget en équilibre singulièrement à partir de 81.
Euh et cette ce déficit annuel multiplié chaque année, bah c'est très simple. Lorsque vous n'avez pas assez de ressources pour payer vos dépenses, faut emprunter la différence. Oui.
Et en plus maintenant il y a la charge de la dette qui augmente. Alors vous empruntez la différence et on a eu comme ça une sédimentation comme comme au fond de la mer pendant des décennies euh pendant presque 5 décennies 4 décennies et demi au moins et on se retrouve avec une montagne de dette qui est absolument impossible à imaginer puisque c'est plus de 3500 milliards simplement. On n' jamais remboursé 1 € de la dette.
Vous entendez tous ceux qui nous écoutent ? Jamais la France doit rembourser 1 € de la dette. Quand on doit rembourser les échéances, on emprunte à nouveau le même montant plus le déficit de l'année qui vienne.
On est dans un cercle infernal. Or, depuis quelques années, quelque [raclement de gorge] chose c'est non pas produit mais révélé, c'est que même si on rembourse pas le capital, faut payer les intérêts. Voilà. et les intérêts de la dette désormais sont devenus hors de contrôle.
Alors, comment faire maintenant ? François B, je donne les chiffres simplement pour que ceux qui nous écoutent, je les ai en tête. Il y a quelques années, euh les intérêts de la dette, c'était entre 20 et 30 milliards.
Euh cette année, ça sera milliards. L'année prochaine, plus de 90. Et puis d'ici à 2030, on va monter, dit la cour des comptes, à près de 120 milliards.
Mais s'il vous plaît, donnez-nous un peu d'espoir. Comment vaon faire ? Attendez, non, non.
D'abord la vérité, c'est parce qu'on a refusé la vérité qu'on en est là. Et donc moi je euh je mon engagement c'est que la vérité soit dite. Et je dis 120 milliards dans euh 3 ans ou 4 ans.
Or le montant total de l'impôt sur le revenu que vous payez vous beaucoup que paye chacun de ceux qui nous écoutent chacun dans sa famille dans son foyer. Le montant total de l'impôt sur le revenu de tous les Français, de tous les foyers français, de tous les revenus français, c'est 90 milliards. Donc l'année prochaine, le montant total de l'impôt sur le revenu payé par ceux qui nous écoutent partout dans toutes les villes et dans tous les villages additionnés à l'échelonde nationale ne suffira pas à couvrir les intérêts de la dette.
C'est exactement une situation de surendettement et cette situation ça signifie que les investissements sont désormais impossibles. Ben en tout cas, ils vont être de plus en plus difficiles. Alors, donnez-nous un peu d'espoir quand même parce que et vous le dites à travers votre livre, ça se ça se ça se ressent que vous ne donnerez pas crédit et je précise à tous ceux qui l'auraient oublié que vous avez été quelque part faiseur de roi et que vous vous êtes à chaque fois prononcé en faveur d'un président de la République et en l'occurrence voilà tout le monde s'en souvient il y a 9 ans pour Emmanuel Macron et ça avait été absolument déterminant.
Et donc dans la perspective de la saison prochaine, vous ne donnerez pas Kitus à n'importe qui sur ce critère-là. C'est ce que vous dites. Vous dites que le critère de la dette sera pour vous fondamental, pas seulement celui-là. [raclement de gorge] Quelle est la question ?
La question c'est est-ce que entre citoyens français on est capable de se dire la vérité et de voir en effet le caractère dépassé d'un certain nombre de nos organisations ? Parce que si nous voyons cette menace qui est désormais comme une épée de Damoclè dont le fil serait tranché au-dessus de notre tête, alors on aura pas on aura plus les moyens que tous les candidats promettent d'augmentation des uns de subvention aux autres de de prise en charge dans les hôpitaux de prise en charge de bon on aura pas ça. Alors qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire qu'il faut changer l'organisation du pays. Ça veut dire que écoutez bien ce ce serait la première réforme. Ce que je vais ce que je vais vous dire.
La France dépense 20 % de plus que ses voisins pour ses dépenses publiques. Est-ce qu'on est mieux soigné, mieux éduqué ? Est-ce que les gens sont contents des services publics ?
Est-ce que le pays est plus optimiste ? À ces quatre questions, la réponse est non. On a donc une un devoir de reconstruction, de repenser.
Je l'ai proposé à la tribune de l'Assemblée nationale et les oppositions, les partis politiques se sont mis ensemble pour dire non, vous nous ne voulons pas entendre ça. L'espoir, ça consiste à penser cette cette reconstruction du pays. Et il faut le penser dans une alliance des générations parce que vous voyez bien les lorsqu'on constate le fait que la moitié de l'endettement est allé pour compléter les pensions de retraite euh c'est pasable.
C'est c'est or il y a des gens qui disent faut faire payer telle génération et telle autre. Moi, je crois qu'il faut que euh les générations plus avancées et les générations les plus jeunes soient dans une alliance indestructible pour trouver une organisation du pays qui nous permette non pas d'être aussi efficace mais d'être beaucoup plus efficace parce que nous ne sommes pas efficaces, ça marche pas, ça marche pas dans des tas de domaines et les Français le savent bien et en dépensant moins et vous voyez à quel point ça exige de de croire en l'avenir. Ça exige de penser différemment.
Ça exige de sortir des moules ou des chemins battu habituel. Justement, pour dépenser moins, certains disent et préconisent même que peut-être ce serait pas une mauvaise idée que la France soit mise sous tutelle du FMI. Est-ce qu'il faut en arriver là puisqu'on sait pas le faire de l'intérieur ?
Est-ce qu'il faut finir par espérer que des forces extérieures, en l'occurrence le FMI, puisse nous demander de faire des efforts qu'on narrive pas à décider nous-même ? euh la mise en tutelle du pays, ça serait à nos yeux et aux yeux de tous ceux qui nous entourent un drame pour la France épouvantable. Concrètement, ça voudrait dire quoi ?
Oh ben ça veut dire que vous perdez votre capacité de décision. Ce que la Grèce a fait de [raclement de gorge] la Grèce la Grèce Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal ont toutes réussi à redresser leurs finances publiques. La Grèce comme vous vous en souvenez dans cette violence imposée par le FMI, par l'Union européenne, par et donc tout cela exige que nous prenions nous-mêmes les choses en main.
Alors justement puisque et donc je ne je crois que ça serait une défaite et il faut pas accepter cette défaite. Qui qui en 2027, monsieur Baou qui serait le meilleur porteur de ce que vous appelez à savoir prendre notre destin en main ? Édouard Philippe dimanche a beaucoup parlé de la génération qui vient.
Est-ce que ça vous touche ? Non, mais euh le je fais la différence entre les discours et euh la capacité d'une femme ou d'un homme à faire vibrer le plus profond du pays. Euh pour l'instant, je ne vois pas qui peut faire ça, mais il va se passer beaucoup de choses dans les attendez avant de vous prononcer.
Je vous rappelle la candidature d'Emmanuel Macron, c'est novembre. Oui. Euh, vous vous souvenez de la situation qui était celle du Dominique Stroscan qui était celle de Alain [raclement de gorge] Jupé qui est un homme que j'estime beaucoup.
Vous voulez dire que c'est toujours beaucoup de revirement dans une campagne qui vaut mieux attendre. Ils étaient tous en tête. Non, il faut chercher qui a la capacité de regarder la réalité en face.
Pour l'instant c'est qui qui serait le plus en adéquation avec cette réalité ? Je je ne je ne fais pasabri je ne fais pas euh d'engagement sur les personnes. Je regarde ce qui va se passer.
D'autres figures vont apparaître. Je le crois. François Hollande, je ne veux pas dire que je l'espère.
Je le crois. François Hollande, c'est ce qu'on dit. C'est ce qu'on mure.
Pas les mots, pas les noms que vous évoquez. Il y en aura d'autres, je le crois. D'autres d'autres vont arriver.
Et pour moi, il y a deux critères. Le premier de ces critères, c'est est-ce que celui-là a le courage de dire la vérité comme elle est ? Deuxièmement, est-ce qu'il a l'imagination, la capacité de création, de créativité euh pour dire on va faire différemment, on va organiser le pays différemment et on va euh souder les forces pour avancer.
Pour l'instant euh dans l'offre politique comme vous dites vous les journalistes, je ne vois pas de réponse à cette question mais elle va venir la réponse d'ici à l'automne. L'élection présidentielle ça se joue quand ? Ça se joue entre novembre et février.
Je vous rappelle que l'alliance que j'ai faite avec Emmanuel Macron, c'est 22 février et ça a changé comme je crois c'est profondément le cours de la campagne éite vu dans les dans les sondages cours de la campagne électorale des prises de conscience de cet ordre. Il y aura des trahisons, il y en a beaucoup. Il y a de un monde politique qui est spécialiste dans les trahisons.
En gros, ce que vous êtes en train de nous dire, monsieur Bairou, ce matin au micro de Sud Radio, c'est qu'il y aura un troisème homme qu'on ne le connaît pas que vous pensez à quelqu'un, vous pensez à quelqu'un en particulier. Je je comprenez-moi, je suis pas là pour faire la campagne. Non, non, il s'agit pas de ça, mais il s'agit de faire comprendre aux auditeurs que une campagne une campagne présidentielle, il peut se passer plein de choses.
Un moment donné, vous allez vous prononcer. C'est c'est pas que peut se passer plein de choses, c'est qu' va se passer et qu'il faut qu'il se passe plein de choses parce que pour l'instant on en est grosso modo à des promesses pour continuer la situation comme elle est. Or, la situation comme elle est, elle n'est pas viable et tous ceux qui nous écoutent le savent puisque tous savent que ça ne marche pas, qu'on est allé au bout de cette idée, queon allait emprunter tous les ans ce qu'il fallait pour apporter à chacun ce qu'il demande et qu'au bout du compte, le pays n'est pas du tout satisfait parce que les réalités ne sont pas là. cette ce nouveau ce nouvel élan ou ce ou ce nouveau contrat qu'on doit passer avec le pays, il est à écrire et ça va s'écrire dans les mois qui viennent.
Merci infiniment monsieur Baou d'avoir été l'invité exceptionnel de Sud Radio. Merci vraiment. Et je rappelle donc alerte sur la France qui vient aux éditions de l'observatoire.
Je ne vais pas refaire et redire tout ce que vous dites. Il faut le lire ce livre. Vous nous parlez de l'État de la France aujourd'hui et vous vous projetez dans l'avenir parce que précisément vous pensez aux jeunes générations.
Il est 8h49 sur Sud Radio. Dans un instant, c'est le grand débrief. Merci encore, monsieur Baou.
Merci à vous. Bonne journée.
François Bayrou