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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 13 mars 2026 7 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTransports

Guerre au Moyen-Orient : "Les prises de commande ont baissé de 20 %" dans les agences de voyages, selon Laurent Abitbol

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35InvitéFait
    « Les Etats-Unis et Israël contre l'Iran et contre le Hezbollah au Liban. »
  • 0:47InvitéChiffre
    « Les prises de commandes ont baissé de 20% depuis qu'un jour. »
  • 3:26InvitéChiffre
    « Depuis 15 jours, la hausse est de 3,4%. »
  • 3:37InvitéChiffre
    « Les départs clients annulés, c'est pour nous presque 300-400 millions d'euros. »
  • 4:29InvitéPromesse
    « Oui, quand l'avion augmente, ça augmente. »
  • 5:49InvitéChiffre
    « Les professionnels estiment, de façon globale, les pertes du secteur à 515 millions d'euros par jour à cause de cette guerre au Moyen-Orient. »
  • 6:02InvitéChiffre
    « Mon métier à moi, c'est, à mon avis, quelque chose comme 100 millions par jour. »

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Invité 229 %

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0:00
Invité

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, 6-9.

0:08
Présentateur

Et votre invité Marion Lourdes ce matin est présidente du directoire de Selectour et président d'Avas Voyages.

0:14
Invité

Bonjour Laurent Habitbol. Bonjour. Vous êtes un grand acteur du secteur du tourisme qui est touché lui aussi par la guerre actuelle au Moyen-Orient. Les Etats-Unis et Israël contre l'Iran et contre le Hezbollah au Liban. Une guerre qui dure depuis presque deux semaines maintenant. Il faut préciser que les Émirats sont touchés également. Avec quelles conséquences tout ça sur le tourisme, Laurent Habitbol ? Une grande tendance d'abord. Alors déjà, oui, on a une baisse des réservations. La baisse est exactement pour la France. Moi je parle de 2200 agences de voyage. A peu près la moitié du parc français est de 20%. C'est-à-dire les prises de commandes ont baissé de 20% depuis qu'un jour.

Ce qui n'est pas dramatique. Au global ou sur ces destinations-là ? Au global. Mais ce ne sont pas les destinations qui sont touchées. Parce que le monde est grand. C'est pour aller dans ces destinations lointaines, on passe à 50% par Doha, par Dubaï, etc. Donc ces compagnies aériennes comme Émirail, comme Qatar, sont de grands acteurs pour les touristes français qui partent à l'étranger. Donc évidemment quand on part en Thaïlande, quand on part à Tokyo, on passe souvent par ces acteurs-là. C'est pour ça qu'on est touchés. Alors je vais revenir peut-être en premier lieu sur la question du rapatriement. Parce que c'était votre première question au départ en tant que professionnel du tourisme.

Est-ce qu'il est terminé ? Oui. Alors l'avantage, nous nous sommes agents de voyage. Nous avons 5000 agents de voyage français. Nous s'occupons des conciergeries. Donc on s'occupe des clients. Ce ne sont pas des sites internet. Et il y en avait 9700 qui étaient bloqués. Nous il nous en reste vraiment, si je dis 20 ou 30, ça serait le maximum. Donc Seyto Havas a rapatrié tous ses clients. Ça c'est clair. Par tous nos collègues de voyage qui sont partout en France, qui gèrent du matin au soir. Et je pense que c'est fini. On a l'habitude des crises. Ce n'est pas la première fois. Et ça vous a coûté quelque chose ? Oui, évidemment. Ça coûte des rapatriements.

Avec nos collègues tour opérateur, on a mis des avions en place. On a mis sur d'autres compagnies. Oui, ça coûte de l'argent. Pour Seyto Havas, ça a coûté 2 ou 3 millions d'euros. Alors, il y a les voyages qui étaient prévus et qui n'auront pas lieu. Vous observez des annulations ? Alors, ce n'est pas des annulations, c'est que les gens veulent partir. Mais s'il n'y a pas de l'avion pour partir, on ne part pas. Air France a un vol par jour sur Bangkok. Les compagnies du Golfe, c'est 15 vols par jour. Donc évidemment qu'il n'y a pas assez de place pour tout le monde. Donc on reporte les vacances des Français. Et ça concerne quel pays alors là ? L'Asie. L'Asie.

Ce n'est pas tellement Doha ou bien Douba qui se touchait, parce qu'il y a quelques touristes, mais ce n'est pas énorme. C'est surtout l'après. On fait ce qu'à Doha, pour aller à Bangkok, à Singapour, à Tokyo, aux Baldives. C'est le problème au Seychelles. Ce sont les problèmes dont on reporte ces voyages. Si les vols sont annulés, mais Emirates a repris presque 80% de ses vols. Malgré tout ça, les avions d'Emirates volent. Sur 250 avions, on a presque 190 en l'air. Donc ça repart quand même. Quand on dit qu'il y a des blocages à ce niveau-là, c'est valable pour le secteur du tourisme et pour les voyages d'affaires ? Alors, l'affaire n'a pas eu de baisse.

On est, alors là, quand je dis le tourisme est moins 20%, l'affaire, on est même à plus 4%. Donc l'affaire, depuis 15 jours, n'a pas été touchée. J'ai vu le chiffre d'hier. Depuis 15 jours, la hausse est de 3,4%. Donc non, l'affaire n'a pas été touchée. Là, c'est pareil. C'est quelque chose qui pourrait coûter, puisqu'il y a des voyages qui n'ont pas lieu. Est-ce que vous avez estimé le coût de cette opération-là ? Ah oui, les départs clients annulés, c'est pour nous presque 300-400 millions d'euros. Mais attention, on a un métier très résilient. Quand ça repart, ça repart très fort. Si la fin de la guerre, c'est en 15 jours, 3 semaines, tout va être reporté. Les gens adorent voyager.

Et depuis le Covid, le voyage est pris au terre par rapport à un achat matériel. Les gens préfèrent l'expérience d'un voyage qu'acheter une voiture, une télévision, une chose comme ça. Donc il est vrai que dès qu'on est un peu bloqué, après, c'est énorme. Après le Covid, 22, 23, 24, 25, les meilleures années de tourisme depuis le début du tourisme. Donc on entend que vous essayez, en tout cas, de garder votre optimisme. Il y a la hausse des prix du pétrole aussi qui a des conséquences, forcément. Par exemple, Air France et KLM qui augmentent leur prix sur les vols longs courriers, plus 50 euros sur un aller-retour. Est-ce que de votre côté, les tarifs augmentent ?

Oui, quand l'avion augmente, ça augmente. Il faut savoir quand même que les compagnies sont raisonnables, parce que 50 euros, ça ne serait pas le coût réel d'un pétrole. Le pétrole d'avion a doublé. Donc s'il devait augmenter un biais d'avion sur Los Angeles, ça ne serait pas 50 euros, ça serait plutôt 200 euros. Mais les compagnies ont été raisonnables, donc les hausses sont très maîtrisées. Et chez vous, les hausses représentent quoi ? Pas énormes. Les mêmes hausses que les compagnies aériennes, de 10, 20, 30 euros. La Tunisie, c'est 10 euros. Vous allez à New York, 50 euros. Vous allez, par exemple, à l'île Maurice avec Corsair ou Air France, c'est 60 euros. Donc ce n'est pas énorme.

Ce n'est pas énorme, c'est maîtrisé. Pour l'instant. On parlait tout à l'heure, Laurent Habitbol, de ces voyages qui sont annulés parce que Emirates, parce que l'instabilité. Mais cette hausse du pétrole et la hausse des prix, elle va aussi dissuader forcément des nouveaux clients. Est-ce que les réservations, de ce point de vue-là, sont en baisse ? Oui, on a une baisse de 20% des réservations. Pour l'instant, ce n'est pas ça le problème. Le client, pour 20 ou 30 euros, il part quand même. Le problème, c'est que, est-ce qu'on a l'avion pour le faire partir ? Donc, il faut vite que cette guerre s'arrête pour que toutes les compagnies reprennent du service.

Parce que les compagnies européennes seulement n'ont pas assez de place pour partir toutes les gens d'Europe. On a besoin de ces vols-là via, parce qu'ils ont des capacités énormes, des A380 de 500 places. On a besoin de ces capacités. Et puis, parce que quand il y a la concurrence, les prix sont moins chers aussi. Les professionnels estiment, de façon globale, les pertes du secteur à 515 millions d'euros par jour à cause de cette guerre au Moyen-Orient. Ça vous semble réaliste, crédible comme chiffre ? Qu'est-ce qu'on appelle le tourisme ? Le tourisme total. Mon métier à moi, c'est, à mon avis, quelque chose comme 100 millions par jour. Qui est perdu. Oui, qui est perdu.

100 millions de prise de commande. Mais je vous l'ai dit, on va rattraper. Par expérience, on va avoir un peu de mal pendant 15 jours, un mois. Et dès que c'est fini, on va faire le double trip du chiffre d'affaires. Donc, vraiment, l'envie des Français, c'est de partir. Ils adorent les vacances. Quel beau médicament pour la vie des vacances. Et en attendant, est-ce que c'est compensé par des voyages ailleurs ? Oui, pas tout quand même. Pas tout. Alors, peut-être, on a fait une baisse de 40%. On a compensé 20%. Les gens vont plus à la Mérique du Sud, l'Afrique, l'Afrique du Nord, l'Europe. Vous savez, la Mérique du Nord était déjà sinistrée. Un peu à la Mérique du Nord était sinistrée.

Le Canada marchait bien. En effet Trump ? Oui. On a eu une baisse avant la crise de 30% déjà. Sur l'effet Trump. Le Canada marchait fort. L'Amérique du Sud marchait fort. L'Afrique marchait fort. Le Maroc-Unie n'a pas été touché. L'Égypte n'a pas été touché. L'Europe ? La France ? Alors, nous, la France marche toujours. Mais on ne vend pas trop en France nous-mêmes, les gens étrangers. Mais disons que l'Europe va marcher. Tous les pays d'Europe vont marcher. L'Afrique du Nord aussi va marcher. Donc, vous nous dites finalement, rien de grave, si ça ne dure pas ? Pour l'instant, rien de grave. Le moins de 1% qui va être qu'au Covid, on a eu moins de 100%.

Donc, moins de 1%, on est presque content. Et ça repart très vite. Et on espère que ça s'arrête rapidement, économiquement. Après le reste, ça n'a pas de problème. Laurent Habitbol, président de Selectour et d'Avas. Merci de nous avoir répondu ce matin sur France Inter.