Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 12 octobre 2022 51 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesJusticeSolidarités & familleInstitutions & élections

François Ruffin, Golshifteh Farahani et Daniel Riolo - C à vous - 12/10/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 24 %Attaque 39 %Défensif 16 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:18OuverteRéponse directe

    À qui profite le chaos ?

  • 6:42RelanceRéponse partielle

    Vous êtes d'accord avec le constat que le chaos profite au Rassemblement National ?

  • 7:20RelanceRéponse partielle

    Tout est de la faute du gouvernement ?

  • 8:09OuverteRéponse directe

    François Ruffin, vous avez décidé d'arrêter de hurler à l'Assemblée nationale ?

  • 8:50RelanceRéponse directe

    Pourquoi avoir changé de stratégie à l'Assemblée ?

  • 10:02OuverteRéponse directe

    Face à la stratégie de blocage à l'Assemblée nationale, le fait d'envisager l'utilisation du 49.3, vous vous dites aussi que c'est le gouvernement qui passe en force ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:51PrésentateurChiffre
    « Un tiers des stations en panne encore aujourd'hui »
  • 11:23Invité politiqueChiffre
    « C'est un cadeau, il y a déjà eu 42 milliards de cadeaux qui leur étaient destinés »
  • 11:53Invité politiqueFait
    « Il n'y a aucun progrès de ce côté-là »
  • 12:07Invité politiqueChiffre
    « J'ai pas vu 3 000 créations de postes ? »
  • 13:40Invité politiqueChiffre
    « On est passé de 3% à 6,5% »
  • 14:59Invité politiqueChiffre
    « Cet amendement, il est chiffré par Bruno Le Maire lui-même à 200 millions d'euros »
  • 15:15Invité politiqueChiffre
    « Les bénéfices de Total sur 6 mois et de seulement Total, c'est 10 milliards d'euros »
  • 17:15Invité politiqueChiffre
    « Pour un tiers des Français, on ne sent rien à la crise »
  • 17:21Invité politiqueChiffre
    « 25% des Français qui se restreignent aujourd'hui sur la quantité dans leur assiette »
  • 17:28Invité politiqueChiffre
    « Vous avez 40% des Français qui sont à découvert tous les mois »
  • 21:56Invité politiqueChiffre
    « Roosevelt avait fait sa taxe à 80% sur les revenus »
  • 38:31Locuteur 2Fait
    « La mairie de Strasbourg a répondu à toutes ces critiques et c'est justifié »

Temps de parole

  • Présentateur84 %
  • Locuteur 24 %
  • Locuteur 92 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir, bienvenue dans C'est à vous, très heureuse de vous retrouver. On est ensemble en direct jusqu'à 20h55 avec toute l'équipe. Et comme on est mercredi, on est 6 ce soir. Salut à tous les 6. Bonsoir, Abel. Émilie, votre choix de l'actu du jour. Les jeunes iraniennes qui, après avoir coupé leurs cheveux sur les réseaux sociaux, les montrent fièrement dans la rue. Elles l'ont encore fait aujourd'hui, 27e jour de manifestation en Iran, 27e jour de répression. On en parle avec l'actrice iranienne Dolchifte Farhani qui suit minute par minute ce qui se passe dans son pays, dont elle est bannie depuis 2008. Elle qui avait osé à l'époque se présenter sur un tapis rouge.

Les cheveux lâchaient son pays à l'époque. Vraiment, on en avait très, très violemment blâmée. Elle sera dans un instant sur notre plateau. Mohamed, votre story ce soir.

0:45
Locuteur 2

Fini la vente de raclette, de champagne et même de pop-corn et même de crucifix au marché de Noël de Strasbourg. C'est une décision de la mairie de Strasbourg.

0:54
Présentateur

On a donné la parole au bonjour. Et je peux vous dire que ça divise, là-bas. Oui, ça fait débat. Patrick, votre édito. Je vais parler du chaos, du désordre ou de la chienlit, comme dit Retailleau ou Pascal Praud. Et je vais tenter de me demander, de répondre à la question, à qui ça profite ? À qui ça profite le chaos devant les dépôts et les raffineries françaises et à l'Assemblée nationale. Absolument. On va parler de ce qui s'est passé, notamment cette nuit. On en parle avec le député apparenté, France Insoumise, François Ruffin, qui est ce soir notre invité. Bonsoir. Merci de votre présence. Mathieu, dans le 5 sur 5. Dès qu'il éternue, ça fait la lune des journaux.

On va parler de Kylian Mbappé. La presse espagnole affirme qu'il pourrait partir, qu'il voudrait, pardon, partir au mois de janvier.

1:37
Invité

On va en parler avec Daniel Riolo, éditorialiste RMC Sport.

1:39
Présentateur

Qui a deux, trois choses à dire sur le sujet ?

1:41
Invité

Je pense, sinon on ne l'aurait pas invité.

1:44
Locuteur 5

Bon, merci.

1:47
Présentateur

Pierre, un œil intéressant, sinon il n'y en aurait pas ce soir. Je vous emmène au théâtre ce soir, deux des plus belles salles privées parisiennes, la Pépinière Opéra et la Porte Saint-Martin Paris sur le Rire. C'est très réussi, je vous en parle tout à l'heure. Et puis Sandrine Sarroche est là, comme tous les mercredis, avec une chanson, une chronique enchantée en chanson. Absolument, je vais apprendre à Serge Lama, à siphonner les réservoirs. Serge Lama, qui est notre invité ce soir, à l'occasion de son 24e et dernier album, ce sont ses adieux.

Il nous parle de cet album, qui est un album de chansons d'amour, lui qui a toujours chanté l'amour, et depuis Je suis malade, en 1973, son premier grand succès. Et puis Louis Garrel sera également là. Son film innocent est absolument irrésistible. On est ravis d'en parler ce soir, au tour d'un dîner préparé par Julia. C'est Dave Jean, qui est toujours aux côtés de Bertrand Chamorra. Vous le supportez encore, Julia, Bertrand ?

2:41
Locuteur 2

Ça va, entre niçois...

2:43
Présentateur

C'était un petit ça va. Non, non, c'était un gros ça va, je vous donnerai 10 euros après. Oui, Babette, vous le disiez, nous recevons Serge Lama. En tant que niçoise, je pensais que Julia nous préparait une salade. Mais non, elle a préféré un autre plat, c'est ça ?

2:59
Locuteur 2

C'est ça, l'automne arrivant, une petite crème de courge de Nice, oeuf parfait, petit oeuf de truite pour accompagner.

3:07
Présentateur

Eh bien, il n'y a plus qu'à. Merci beaucoup, Julia, bonne émission. Merci, Julia, merci à tous les deux. A tout à l'heure, tout de suite l'édito de Patrick Cohen. Une question ce soir, Patrick, à qui profite le chaos ?

Rapide tableau de la situation, un mot d'ordre de grève lancé avant toute discussion, un dialogue social nul, 15 jours d'arrêt sans aucun contact entre direction et syndicats grévistes, des conséquences désastreuses pour des millions de Français exaspérés et empêchés par le manque de carburant, un tiers des stations en panne encore aujourd'hui, des salariés grévistes réquisitionnés au besoin par la force publique, par un gouvernement qui a minimisé le problème jusque-là, le numéro 1 de la CGT Chimie qui prévient en cas de réquisition, ce sera la guerre, un groupe pétrolier assis sur un tas d'or, épargné par la majorité de toute taxe sur les super-profits réclamés par la gauche et qui, au deuxième jour de grève, annonce le versement d'un accompte sur dividende exceptionnel de 2,6 milliards d'euros.

Et sur le plan politique, une marche contre la vie chère dimanche prochain à Paris que son principal inspirateur Jean-Luc Mélenchon compare à un épisode de la Révolution, une députée écolo Sandrine Rousseau qui souhaite la grève générale, un gouvernement qui s'apprête à engager sa responsabilité sur son projet de budget, des médias qui présentent cette alinéa 3 article 49 comme un passage en force, ce qui à mes yeux est discutable, un projet à venir de réforme des retraites, d'allongement de la durée du travail dont l'impopularité n'est plus à démontrer, et ne l'oublions pas, une guerre en Europe meurtrière et menaçante, violence et désordre à tous les étages.

Est-ce qu'on peut imaginer rentrée plus dégradée ou climat plus pourri ? Ah oui, on peut trouver à l'Assemblée nationale. L'ambiance est pourrie aussi à l'Assemblée nationale. Oui, dans l'hémicycle au moins, c'est un climat permanent de guerre civile, invectives, hurlements, claquements de pupitres, avec une majorité qui n'a pas la majorité. On le sait qu'il se retrouve pris en tenaille entre trois oppositions, NUPES, RN et LR, dont deux sont souvent convergentes depuis la rentrée, gauche et extrême droite. On l'a vu la nuit dernière, quand la loi de programmation budgétaire a été taillée en pièces par des votes convergents et des arguments similaires.

5:14
Locuteur 3

C'est l'article perfettard austéritaire. Vous prévoyez que les collectivités qui ne se limiteraient pas au niveau de leurs dépenses à 0,5% en dessous de l'inflation, elles seraient privées de dotations, sanctions financières.

5:27
Locuteur 6

C'est le fameux article, vous savez, du contrat de confiance. On se croirait dans une pub pour l'électroménager. Si leurs dépenses de fonctionnement évoluent, c'est parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Ils ne se lèvent pas le matin en disant, allez hop, je vais cramer les plafonds. Ils n'ont pas besoin, en revanche, qu'on leur dise, on va vous surveiller, on va vous infantiliser, on va jouer les perfouettards.

5:43
Présentateur

On pourrait multiplier les exemples de ces convergences dans cet hémicycle surchauffé. Gabriel Attal a parlé de coalition d'irresponsabilité. Et dans cette coalition, il y a une force qui se banalise, qui se fond dans le paysage, qui se notabilise. C'est le Rassemblement national, incident significatif et étonnant. Hier soir, quand une députée de la majorité s'est faite réprimander par la présidente de l'Assemblée, pourtant de la même couleur politique, pour avoir ainsi qualifié le Rassemblement national.

6:11
Locuteur 5

Décidément, difficile de masquer un ADN xénophobe, vieux de 50 ans, fêté encore.

6:20
Locuteur 2

Je me vois contrainte de prononcer un rappel à l'ordre, parce que vous avez utilisé à la tribune le mot xénophobe à l'égard d'un parti politique.

6:28
Locuteur 9

Réprimande qui a fait grincer à gauche et jusque dans les rangs de la majorité.

6:33
Présentateur

On ne peut plus donc dire à la tribune de l'Assemblée nationale que le Rassemblement national est d'inspiration xénophobe. Voilà, ma question était à qui profite ce chaos ? Vous avez ma réponse. Vous êtes d'accord avec le constat, Patrick Cohen, le chaos profite au Rassemblement national, qui se banalise ? En tout cas, présenter le pays comme étant à feu et à sang jusqu'à l'Assemblée nationale me semble quand même un petit peu excessif. Maintenant, je pense que le grand choix qu'on a à faire, et je pense qu'on va en discuter, c'est au fond, est-ce qu'on laisse faire le marché ?

Et vous l'avez dit, le marché produit aujourd'hui du chaos dans la société, parce que certains qui se gavent et d'autres qui sont rationnés, ça produit une injustice majeure dans la société. Ou bien est-ce qu'on prend des règles ? Est-ce qu'on régule la société ? Et le refus, pour l'instant, du gouvernement de réguler la société amène à du chaos, le terme me paraît excessif. Tout est de la faute du gouvernement ? En tout cas, je pense qu'il y a cette coalition d'irresponsabilité à l'Assemblée nationale, c'est le gouvernement qui le décide ? M. Cohen, ça me paraît injuste.

Quand vous avez quelqu'un comme Charles de Courson, qui n'est quand même pas connu comme étant un excessif, un extrémiste qui est sur la même position, quand vous avez le groupe Lyot, Liberté et Territoire, qui est sur la même position, enfin là, ce n'est pas du tout une coalition seulement des deux extrêmes, qui s'allirait. C'est au fond tout le monde qui était uni dans l'Assemblée contre l'idée... Pour dire qu'il fallait réguler les dépenses des collectivités locales. Oui, des dépenses des collectivités locales qui pour l'instant n'augmentent pas. Je veux dire, c'est les collectivités locales qui n'augmentent pas. Leurs dépenses sont plafonnées, oui.

Oui, mais qu'il s'agit de mettre sous la coupe réglée. Donc ça, c'était quelque chose qui a été jugé injuste par les collectivités locales elles-mêmes, qui est jugé injuste par bon nombre de centristes. C'est le sujet qui explique cette coalition. François Ruffin, je parlais aussi du climat à l'Assemblée. Ça, vous l'entendez tous les jours. Et vous-même, vous avez décidé d'arrêter de hurler. Quand vous siégez dans l'hémicycle, enfin, les hurlements et les invectifs, vous ne les avez pas inventés. Je veux dire, en l'occurrence, là, hier, ce qui se passe, c'est quand même quasiment un affrontement prêt à en venir aux mains entre Bruno Le Maire et le Rassemblement National.

C'est peut-être là qu'il fallait se dire, mais qu'est-ce qu'ils ont les macronistes ? Pourquoi ils sont en train de monter en température comme ça ? Pourquoi c'est du côté du Rassemblement National qu'il y aurait la chienlit ? Vous voyez ? Et bon, là, on établit sur ce coup-là une égalité entre les deux extrêmes. D'abord, moi, je vous dis, je ne me reconnais pas du tout comme étant extrême. Moi, je suis un modéré depuis toujours dans mes buts et dans mes moyens. Mais sur le chaos et les hurlements à l'Assemblée Nationale, vous, vous avez décidé de ne plus hurler ou de ne plus manifester votre colère et votre indignation comme vous l'avez fait pendant cinq ans, pendant le précédent mandat ?

Oui, je pense qu'il y a... Parce que ça profite au Rassemblement National ? Non, évidemment, aussi parce qu'il y a une usure de moi-même. Vous savez, il peut y avoir une certaine fatigue qui s'installe de voir passer des amendements. Maintenant, je sais que j'ai un diable en moi qui est prêt à bondir quand il perçoit quelque chose qui est de l'ordre de l'injustice. Et comme c'est la chambre d'écho de ce qui se passe dans le pays, du sentiment d'injustice, j'en ai constamment.

La semaine dernière, quand les députés macronistes viennent expliquer que c'est scandaleux parce qu'il arrive que des personnes en CDD refusent des CDI, donc on va faire une loi exprès, j'ai un petit diable qui vont dire moi, je monte au micro en disant bon, je vous assure que je vais essayer d'être calme et tout ça, mais ça fait 40 ans que dans notre pays, il y a des gens qui sont en intérim, qui sont pris 6 mois, 6 mois, 6 mois, qui sont pris 18 mois et qu'on demande de retourner à la maison pour les reprendre ensuite et ils vivent comme ça une vie de précarité et vous n'avez pris aucune mesure d'urgence là-dessus.

Donc cette espèce de deux poids, deux mesures, ils suscitent de la colère en moi que j'essaye par une alchimie de calmer, mais voilà, mais j'essaye en effet de changer moi aussi. – Et face à la stratégie de blocage à l'Assemblée nationale, le fait d'envisager l'utilisation du 49.3, vous vous dites aussi que c'est le gouvernement qui passe en force ? – C'est l'évidence. – C'est la lâcheté ? D'ailleurs c'est ce que vous aviez qualifié déjà, l'utilisation du 49.3 de lâcheté. – Vous savez, moi je ne veux pas surjouer ce qui se passe à l'Assemblée nationale, pour moi c'est pas là, c'est… – C'est pas là où ça se passe ?

– Non, c'est clairement pas là où ça se passe, vous savez, je le sais, je vous l'ai répété depuis 5 ans, je ne vais pas vous dire autre chose, qu'est-ce que c'est ? La loi elle ne se fait pas à l'Assemblée nationale, la loi elle est décidée par le président de la République, elle est fabriquée par les ministères, elle est enregistrée à l'Assemblée nationale. Nous sommes une chambre d'enregistrement, c'est ce qu'un constitutionniste appelle… – Ah là il n'a pas de majorité absolue ? – On appelle le temps de l'habillage démocratique, bah oui, du coup, n'ayant pas de majorité absolue, qu'est-ce qu'il fait ?

Il va passer en force avec le 49-3, je veux dire, moi c'est pas là-dessus, je vais vous dire pourquoi je vais voter contre ce budget, c'est-à-dire aller sur le fond, qui me paraît quand même plus intéressant.

On est dans un temps, pour moi, d'indécence majeure, où c'est l'une des échos de mon ami Bernard Arnault, qui dit que jamais les dividendes n'ont été aussi élevés dans notre pays, où les salaires des PDG ont doublé l'année dernière, et comme si cette injustice ne suffisait pas, dans le budget, là, on décide de supprimer la CVAE, alors c'est un nom technique, mais la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises, à hauteur de 8 milliards d'euros, qui visent le plus les multinationales. C'est un cadeau, il y a déjà eu 42 milliards de cadeaux qui leur étaient destinés, on rajoute 8 milliards de cadeaux dans un temps d'investance commune.

– Ça c'est dans la colonne recettes, mais dans la colonne dépenses, qu'est-ce qui vous défrise particulièrement ce budget ? – Je vais vous dire ce qui me défrise dans la colonne dépenses, j'allais y venir de moi-même, M. Cohen. Ce qui me défrise, c'est qu'il y avait une promesse que je trouvais intéressante dans le candidat Macron, vous savez mon attention au métier du lien. Concernant les accompagnantes d'enfants en situation de handicap, il avait dit qu'on irait vers un salaire plein. Qu'est-ce que je vois dans le budget ? Il n'y a aucun progrès de ce côté-là.

Ça veut dire que ma suppléante, Hayat, accompagnante d'enfants en situation de handicap, qui s'occupe d'enfants dyslexiques, d'enfants trisomiques, d'enfants qui sont en difficulté pour cause de handicap, elle va continuer à être payée 804 euros par mois. Et là-dessus... J'ai pas vu 3 000 créations de postes ? On crée des postes, on crée des postes qui vont être payés. 3 000, hein ? Oui, mais on crée des postes qui vont être... C'est massif, c'est le plus gros poste de... C'est pas massif. Excusez-moi, mais compte tenu des besoins du pays, M. Cohen, 3 000 postes, ça n'est pas du tout massif. Je vais continuer. 3 000 postes qui vont être payés à 804 euros par mois.

Et là-dessus, le gouvernement dit que c'est un chantier à ouvrir. C'est-à-dire que quand il s'agit de baisser de 8 milliards d'euros pour les grandes entreprises, c'est tout de suite maintenant. Quand il s'agit d'augmenter le salaire des accompagnantes d'enfants en situation de handicap, c'est à l'euro près et on verra ça plus tard. Eh bien non, je ne suis pas d'accord. Revenons à l'actualité. 23e jour de grève dans les raffineries et dans les dépôts de carburant. Ce matin, le gouvernement a donc lancé la première réquisition de salariés grévistes pour débloquer le dépôt ExxonMobil de Port-Jérôme en Seine-Maritime.

12:50
Locuteur 6

Évidemment, nous, CGT, aussitôt qu'on aura ces réquisitions,

12:53
Présentateur

on va déposer des référés via notre avocat.

12:55
Invité

Ça nous met en colère parce que c'est bafoué notre droit de grève. Nous, depuis le début, notre mouvement, il est extrêmement pacifique. On n'a fait que des blocages symboliques. On n'a rien cassé. Qu'est-ce qu'on fait du coup si on n'a même plus le droit de faire grève ? Qu'est-ce que c'est que cette république-là ?

13:07
Présentateur

Il ne fallait pas faire ces réquisitions-là. Et si on ne les fait pas, est-ce que c'est possible de laisser des millions de Français sans moyens de transport pour aller travailler ? La réquisition qu'il y a à faire et qui y a à faire depuis six mois, et je le répète avec constance, c'est sur les super-profits total. Et cette réquisition-là, elle aurait dû aller bénéficier à l'ensemble des Français. On a laissé s'installer là comme un kyste, par la volonté du laisser-faire, un kyste dans l'économie française. Vous savez, vous avez tous regardé mon petit graphique là quand on était avant le... Qu'est-ce que ça représente ce pic-là d'un seul coup ?

Ça, c'est la part du transport, donc notamment du transport maritime, CMA, CGM, et de l'énergie dans la valeur ajoutée du pays. On est passé de 3% à 6,5%. Quand on dit ça, ces 3%-là, ça représente des dizaines de milliards d'euros. Et je veux dire que c'est un problème pour moi, pour le capital lui-même. C'est un problème pour les Français, mais c'est un problème pour l'économie française aussi, que le fait qu'il y ait là des dizaines de milliards d'euros qui glissent du côté de l'énergie, ENGIE aussi, Total évidemment, CMA, CGM, et qui au fond ne vont plus aux PME, ne vont plus aux sous-traitants, ne vont plus aux salariés en général.

Moi je pense, ma volonté, je suis pour qu'il y ait de la décence pour tout le monde. Je viens pour qu'il y ait une décence commune qui soit respectée. La décence commune, elle est en haut. Il y a un plafond à rabaisser. C'est quoi ces super profits ? C'est sur la guerre en Ukraine. Est-ce que c'est moral ? Non, ce n'est pas moral. Ça ne doit pas se produire. Donc à ce moment-là, on limite les super profits en haut, évidemment. On n'a pas un PDG de chez Total qui s'augmente de 52% l'année dernière, et là, qui décide de verser un dividend exceptionnel aux actionnaires.

Et de l'autre côté, moi je suis, et je demeure favorable, à l'indexation des salaires dans l'économie française sur l'inflation. Mais là, il y a un début. La majorité a déposé un amendement qui veut instaurer une contribution exceptionnelle sur les super profits des industries pétrolières. C'est un amendement qui a été déposé, là, par la majorité. Peut-être que je le voterai. Mais enfin, dire à quel point c'est dérisoire, à quel point c'est ridicule, à quel point c'est se moquer du monde. Non, mais chiffrons-le. Cet amendement, il est chiffré par Bruno Le Maire lui-même à 200 millions d'euros. Les bénéfices de Total sur 6 mois et de seulement Total, c'est 10 milliards d'euros.

Le glissement dont on parle quand je monte mon graphique sur le doublement dans la valeur ajoutée du pays, ce sont des dizaines de milliards d'euros. Ce sont des piques sous tous ces patrons-là ? C'est comme ça que vous les appelez ? Parce que demain, vous participez à une nuit des super profits, vous allez procéder à l'élection du piques sous d'or. C'est évident que dans ce temps-là, non, non, je le redis, moi je suis pour la décence commune. C'est-à-dire que ceux qui sont en haut ne doivent pas se gaver. On est dans un temps de gavage pour les uns et de rationnement pour les autres. Le rationnement, je veux l'illustrer.

Vous savez, dans l'hémicycle, il hurle chaque fois que je prononce un nom d'un salarié, chaque fois que je viens raconter une histoire. Je ne pense pas que vous allez hurler de la même manière sur ce plateau, donc je veux en profiter. Cet après-midi... Il est plus calme que dans l'hémicycle. Oui, oui, mais cet après-midi, ça dit quelque chose d'un espèce de racisme de classe qui refuse qu'on vienne raconter l'avis des gens et qu'on amène l'avis des Français autrement que sous forme statistique ou juridique. Cet après-midi, j'ai au téléphone une pompiste de chez Total qui me raconte sa vie, simplement. Elle est payée 1300 euros.

Elle se lève à 4 heures du matin pour aller nettoyer toute seule l'intérieur et l'extérieur de la station pour faire la réception de tout, pour mettre les marchandises, les bouteilles d'alcool et ainsi de suite en place pour faire la gestion de son truc. 1300 euros. Elle ne s'en sort pas. Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle a un deuxième boulot à côté. Elle a 55 heures par semaine. Et malgré ça, elle est dans la privation. Elle est dans la privation, y compris sur le terrain de l'alimentation. Je vais aller dans les détails. Elle n'a plus, c'est plus pour elle et pour ses enfants qu'un pack de lait à la place de deux. Et le matin, il n'y a plus de Kellogg's au petit déjeuner.

C'est remplacé par du pain. On peut dire que c'est bien sur le plan nutritif. Il n'empêche que c'est une forme de rationnement. On est dans un temps. Mesurez-le. On est dans un temps où je pense qu'ici, il y a eu le sondage du Secours populaire qui est sorti la semaine dernière. Qui m'a paru tout à fait éclairant. Pour un tiers des Français, on ne sent rien à la crise. Et je pense que, je dis on parce que je me compte à l'intérieur. Pour moi, ça ne change rien à mon départ en vacances. Ça ne me change rien à mes déplacements. Ça ne change rien à tout ça. Et on a un tiers des Français, c'est 25% des Français, qui se restreignent aujourd'hui sur la quantité dans leur assiette.

Ce n'est pas seulement qu'ils changent et qu'ils ne mangent plus du bio, c'est qu'ils se restreignent sur la quantité dans leur assiette. Vous avez 40% des Français qui sont à découvert tous les mois. Vous avez la même proportion, à peu près, qui a des difficultés à payer ces factures. D'autres qui privent leurs enfants sur leurs activités. Donc, on est dans une société où on a un gavage colossal pour le haut et un rationnement pour le bas. Je viens, moi, je vous assure, je viens pour plaider l'unité de la nation.

Je viens pour plaider pour que, dans les crises successives que nous traversons, dans la crise Covid, mais aussi dans la crise démocratique qui est extrêmement profonde, et que je mesure sur mon territoire, que dans la crise, l'énergie qui est liée à la crise géopolitique en Ukraine, je plaide pour qu'il y ait une unité de la nation. Et donc une solidarité. Et donc une solidarité. Mais cette solidarité, elle n'est pas possible si on a le sentiment qu'il y a un pan du pays qui s'échappe et qui se gave en haut pendant qu'on demande aux autres de se rationner en bas. Je pense qu'il faut de la décence commune. Il faut de la décence commune.

à la fois baisser le plafond en haut et remonter le plan sujet en bas. Et que les besoins fondamentaux des Français, de tous ces Français qui tiennent le pays debout, qui ont des métiers qui sont aujourd'hui sur 800, 900 euros, 1500 euros, qui vit avec 1500 euros, je pense qu'ici on peinerait tous à vivre avec ça, et bien soit relevé. Le minimum, c'est l'indexation des salaires sur l'inflation. Dimanche, François Ruffin, vous participerez à la grande marche contre la vie chère initiée par Jean-Luc Mélenchon. « Toute la gauche ne sera pas au rendez-vous », comme Fabien Roussel qui explique ainsi, sans l'absence. Je suis aussi un député de terrain.

J'ai des comptes à rendre à ma circonscription. Et ce dimanche, je suis dans les banquets des seniors, des anciens, organisés par des maires de villages de ma commune, où je me suis engagé à aller. Et donc, je vais à leur écoute. Je vais rencontrer à peu près 1200 personnes en un dimanche. C'est tout aussi important d'être à leur écoute, de répondre à leurs sollicitations, et de jouer pleinement mon rôle d'élu de terrain. – Vous pensez qu'il a raison de privilégier le banquier des anciens ? – Je vais vous dire à quel point ça ne m'intéresse pas. Voilà, c'est tout.

Franchement, moi, vous avez vu, je suis venu pour défendre la pompiste, je suis toujours venu pour défendre l'accompagnante d'enfants en situation de l'équipable. Je ne suis pas venu pour participer à des guéguerres. Voilà, je pense que, je le dis, on a besoin de l'unité de la nation, mais on a besoin aussi de l'unité d'aller à gauche, l'unité d'un camp progressiste qui pousse ensemble pour qu'on aille vers la lumière plutôt que vers les forces obscures. – Mais on se souvient quand même de ce que Jean-Luc Mélenchon a dit pour motiver les troupes pour ce 16 octobre. Voilà, il faut faire mieux le 16 octobre que le 5 et le 6 octobre 1789.

Il y avait une espèce de volonté, une ambiance pré-révolutionnaire. C'est une bonne idée ça ? Ça participe justement pas à l'unité du pays ? – Je vous parle en toute franchise, voilà, moi. Bon, il y a bien des choses qui peuvent me gêner dans les propos de Jean-Luc Mélenchon ces derniers temps.

20:15
Locuteur 3

– Mais ça non.

20:16
Présentateur

– Ça référence à la Révolution française, je veux dire, moi je fais mien pleinement, comme le faisait Jaurès avec son histoire socialiste, la Révolution française, elle appartient à mon patrimoine. Et ces journées, alors c'est plutôt, est-ce que franchement, on doit placer notre ambition à ce niveau-là ? Aujourd'hui, je ne crois pas que le pays soit dans cette situation pré-révolutionnaire. En revanche, je pense qu'il y a la nécessité aujourd'hui d'animer. C'est ce que j'essaye de faire demain soir avec la nuit des super-profits, l'élection du PIC Soudor, c'est-à-dire animer, c'est réveiller les âmes.

Et c'est remontrer au pays qu'est-ce que ça doit être la décence commune, voilà, de se dire que non, c'est pas normal qu'il y ait un gavage en haut pendant qu'il y ait un rationnement en bas. – Patrick. – Dans ce discours sur l'unité du pays, sur la nécessaire solidarité, moi j'entends un discours de leader, pour ne pas dire un discours présidentiel. C'est quelque chose, c'est un étage, un surplomb où vous avez décidé de vous placer ? – En tout cas, je mesure la gravité de là où se trouve le pays, mais depuis la crise Covid en gros, quoi. Et je me réfère à Roosevelt, qui traverse à la fois la grande crise et qui traverse la Deuxième Guerre mondiale, en construisant quoi ?

En construisant un sentiment de justice. Parce que le pays, les États-Unis, aurait éclaté sous ces deux crises successives s'il n'y avait pas eu la construction d'une justice, qui passe aussi si on veut canaliser l'énergie du pays. Parce que moi, je pense que nous avons un grand défi à affronter par-delà tout ça, c'est le grand défi climatique. Le grand défi climatique, il exige qu'on canalise les capitaux, l'énergie, qu'on canalise la main-d'œuvre, qu'on canalise les savoir-faire en une direction, qui est quasiment une économie de guerre climatique, comme Roosevelt l'avait fait avec une économie de guerre.

Mais ça n'est possible que s'il y a un sentiment de justice, c'est pour ça que Roosevelt avait fait sa taxe à 80% sur les revenus, pour ça qu'il avait instauré des taxes importantes sur les profits, c'est-à-dire dire qu'on doit réguler l'économie. Et je pense que dans ce temps-là, je vous repose la question du départ, c'est qu'on ne doit pas être dans le laisser-faire, on ne doit pas être dans le laisser-faire l'économie, on doit être dans une régulation de l'économie. Ça ne suppose pas une nationalisation généralisée, mais on doit réguler l'économie.

Et l'espèce de laisser-faire, la chiant-lip pour moi, aujourd'hui, c'est le laisser-faire de l'économie de tous azimuts, qui fait qu'il y a certaines personnes, mais milliers et millions de personnes qui sont humiliées par ça, et d'autres qui en sortent enrichies de manière obscène. François Ruffin, vous restez avec nous. Je rappelle que votre livre, qui est sorti à la rentrée en septembre dernier, je vous écris du Front de la Somme, c'est aux éditions Les liens qui libèrent. Vous restez avec nous, parce qu'on a d'autres sujets à vous soumettre, et notamment les manifestations en Iran, qui durent depuis près d'un mois, depuis le début de cette contestation.

Et aujourd'hui encore, les Iraniens étaient appelés à manifester partout dans le pays.

23:02
Locuteur 5

Oui, une scène qui peut nous paraître complètement anodine, à nous, regardez, trois jeunes femmes qui en écoutent une autre, jouer du violon dans la rue. En Iran, pourtant, les premières, on freine la loi aux yeux de tous,

23:13
Présentateur

en découvrant leurs cheveux, en face, la musicienne, bien que voilée, brave elle aussi à l'interdit, en jouant de la musique en pleine rue. Une scène qui contient donc tout ce que peut représenter la révolte, la désobéissance civile et le courage des femmes qui s'expriment en ce moment en Iran. Elles en ont fait preuve aujourd'hui encore, en rejoignant la manifestation nationale, voilà la main. Elles osent montrer leurs cheveux aujourd'hui, elles ont commencé par les couper. Rappelez-vous, ces vidéos sur les réseaux sociaux, où l'on voit ces Iraniens brandir des ciseaux comme une arme de revendication

23:58
Locuteur 5

pour dénoncer la mort de Masha Amini, 22 ans, tué par les autorités pour avoir mal porté son voile, geste qui avait fait le tour du monde, devenu un symbole. En France, il y a d'ailleurs quelques jours, des artistes, des chanteuses, des actrices, se sont à leur tour filmées en se coupant une mèche de cheveux

24:13
Présentateur

pour les soutenir. Mais l'une des premières à avoir allumé la mèche de cette révolte, si j'ose dire, à avoir subi le poids de la République islamique d'Iran, c'est une actrice, justement, en 2008. Golshifte Farhani déambule sur le tapis rouge, sublime, en robe de soirée, épaules dénudées, cheveux courts, lâchés, pour présenter « Mensonge d'État », un film de Ridley Scott. Elle peut être fière, elle est à 24 ans la première iranienne à s'inscrire dans un générique de film américain. Mais savait-elle qu'elle lancerait là une bombe atomique ? Dès son retour, son passeport est confisqué et la voilà bannie par la profession dans son pays.

24:48
Locuteur 5

Elle qui disait pourtant ce soir-là que le Moyen-Orient, c'est beau, c'est sombre, c'est compliqué.

24:52
Présentateur

Bonsoir, Golshifte Farhani. Bonsoir. Merci de votre présence ce soir. Vous qui vivez en exil depuis 15 ans désormais et qui n'avez jamais parlé politique. Depuis justement cette apparition bras nus et cheveux lâchés à New York, vous aviez 24 ans. A l'époque, enlever son voile, c'était impensable. Quand vous voyez ces jeunes femmes, ces jeunes filles iraniennes, braver le pouvoir, défier tous les interdits, tête nue, doigt d'honneur, slogan provocateur au péril de leur vie, vous êtes impressionnée par leur courage ? Surprenant, c'est surprenant. Je suis impressionnée, je suis fière. Elle me donne beaucoup de leçons sur moi-même.

J'ai réalisé à quel point on était poireux, on était traumatisés par la guerre, par la post-révolution, par tout ça. On a réussi à faire tout ce qu'on avait envie de faire, mais dans les sous-sols. On dirait que nous, on était les graines dans les sous-sols. Et cette génération-là, ils sont connu plantes qui sont en train de sortir de ces sous-sols, en demandant de vivre en dehors de ces sous-sols. Oui, sans avoir peur de mourir pour leur idéal de liberté. C'est une génération qui est à des années-lumière de la vôtre de ce que vous avez vécu. Vous avez grandi en Iran en détestant être une femme, Goldshifté ? Bon, détestant, c'est peut-être un grand mot, mais oui.

En fait, j'ai pensé que d'être une femme, c'est vraiment quelque chose qui... C'est un obstacle qui va m'arrêter de faire tout ce que j'avais envie de faire, de faire du vélo, d'être libre dans la rue, d'être invisible un peu. Parce qu'à chaque fois que j'étais dans la rue, les gens sifflaient. C'était toujours quelque chose dans la rue, comme une fille. Et moi, j'avais envie d'être invisible. J'avais envie de faire du vélo. Et oui, j'ai abandonné. J'ai rasé ma tête à l'âge de 14 ans, justement, pour mon premier film. Après, à l'âge de 16 ans, où j'avais deux identités. Mon prénom était Amir. La nuit, je jouais le basketball dans la rue avec les garçons, avec des potes.

Et la journée, à l'école, avec le foulard, les mêmes garçons de potes de soirée sifflaient pour moi. Ils ne savaient pas que je suis Amir de la soirée. Vous avez tué votre féminité pour pouvoir être libre en Iran à cette époque-là. On a senti la mort avant de comprendre la vie, dites-vous. Cette génération-là, elle est si traumatisée que beaucoup de femmes n'ont pas fait d'enfants. Notre génération, oui, c'est vrai. C'est pour ça qu'il y a beaucoup de publicité de la part du gouvernement. Faites les enfants, faites les enfants. On a besoin des enfants parce que notre génération a nous née dans les années 80. On n'a pas d'enfants. On n'y croit pas, on a l'avenir.

On dirait qu'on pense que le sol va s'ouvrir et va nous avaler à un moment donné. Mais voilà, cette génération-là, dans les années 90 et 2000, ils ne sont pas comme nous. Cette contestation, vous la suivez minute par minute, nuit et jour, entre fascination, sidération et angoisse, au point d'avoir parfois perdu le sommeil et l'appétit, tellement vous suiviez cette actualité, l'histoire en train de se faire en direct, en quelque sorte. Oui, ça, c'est vraiment difficile parce que normalement, je n'ai pas ma tête dans le social media. Elle est là et à chaque fois, j'ai deux heures que je ne suis pas dedans. Il y a quelque chose qui s'est passé. Il y a une ville qui s'est exposée.

Il y a quelqu'un qui est mort. En plus, je sens une responsabilité parce que je me sens comme un pont. Un pont, pas seulement pour traduire les mots, mais traduire les subtilités culturelles. Alors, quand je regarde les chiffres sur Instagram, les chiffres sont beaucoup plus grands que la population d'Iran. Ça veut dire qu'il y a beaucoup d'autres mondes en Occident qui regardent ces postes-là. Et vous n'hésitez pas sur vos réseaux sociaux à interpeller la vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, Oprah Winfrey, Michelle Obama. Vous ne comprenez pas leur silence. Vous ne comprenez pas non plus pourquoi l'Europe et la France ne se mobilisent pas autant pour l'Iran que pour l'Ukraine.

Vous dites qu'il faudrait arrêter de commercer avec l'Iran, arrêter d'acheter son pétrole, ne pas investir dans leur bain de sang. Oui, de toute façon, l'Ukraine, c'est voisin. On pense toujours plus aux voisins qui sont plus près que les gens plus loin. Si on va encore plus loin, on y pense un peu moins. Et ça, c'est naturel. Mais en même temps, j'ai l'impression que toutes les catastrophes qui se passent dans le monde au Moyen-Orient, c'est beaucoup plus banalisé, normalisé. C'est normal. Mais là, c'est pour ça que je dis les noms de Michelle Obama, Oprah, qui justement, hier soir, ils ont finalement mis un truc. Pour moi, c'est... Elles ont réagi, alors.

Bien sûr, c'est tard, c'est 27 jours, 26 jours après. Mais ce qui m'étonne, c'est que les hommes, ils sont venus en premier rang. Les hommes, Roger Waters, Daily Show, c'est les hommes qu'on a vu sur le mouvement MeToo. Les hommes, ils n'étaient pas si présents que c'était un peu ambigu, leur position. Mais là, vous voyez, dans ce mouvement-là, les hommes sont là. Même dans les rues, ils mordent pour les femmes. Et ça, c'est vraiment historique. Justement, il y a un homme qui est sorti de sa réserve, de son silence. C'est le rédiateur Ashgar Faradhi. Le 16 septembre, il a publié un message de soutien à Abaza Amidi.

30:15
Locuteur 5

Et quelques jours plus tard, il s'est exprimé publiquement pour soutenir les manifestations.

30:20
François Ruffin

I saw them closely, these nights. Most of them are very young, 17 years old, 20 years old. I saw outrage and hope in their faces and in the way they marched in the streets. I deeply respect them. I deeply respect their struggle for freedom and the right to choose their own destiny, despite all the brutality they are subjected to. I am proud of my country is powerful women. And I sincerely hope that through their efforts, they reach their goals.

30:55
Locuteur 5

Je devine votre émotion, mais aussi votre colère, quand vous le regardez, là,

30:59
Présentateur

souvenir les manifestants. Vous l'attendiez pourtant, cette réaction ? Les manifestants ou Faradhi ? De celle de Faradhi. Écoutez, l'histoire de Faradhi, c'est très compliqué. Comme toutes les choses qu'on ne sait pas sur l'Iran, parce qu'il y a beaucoup de subtilités culturelles. Il y a beaucoup de choses qu'on ne peut pas comprendre sur les artistes en Iran. Il est quelqu'un avec beaucoup de pouvoir, quelqu'un qui gagne deux Oscars. Il a beaucoup de pouvoir, beaucoup de poids. Quand, dans cette situation, il y a une personne qui ne parle pas, ou il parle pour Palestine, il ne parle pas pour Jafar Panahi, qui est son compatriote en prison. Là, maintenant, six ans, il est en prison.

Tout le monde demande des questions. Ça, ça m'a pris 15 ans, parce que moi, quand je suis venue présenter à propos d'Elie, il m'a complètement abandonnée. Parce que je suis sortie d'Iran, parce que je n'ai pas porté le voile, on dirait que j'ai fait quelque chose de très, très mal. Mais bien sûr... Vous reparlez de 2008, quand vous étiez sur ce tapis rouge, justement, avec vos cheveux découverts. Il ne vous a pas soutenu à ce moment-là ? Exactement. Il ne voulait même pas que je vienne à Berlin. À Berlin, il m'a complètement... Il a mis, vous voyez sur les vidéos, je suis là, et toute l'équipe sont là. Sur le tapis rouge, je n'étais pas là.

Mais bon, vous voyez même Faradis, quelqu'un comme Faradis, qui ne dit même pas le nom de son compatriote, Jafar Panahi, qui est en prison, qu'il a peur de dire son nom. Cette génération l'oblige à ouvrir sa bouche et dire quelque chose. Et ça, c'est le pouvoir de cette génération qui nous a tous poussés. Bon, bien sûr, nous, on a parlé. En Iran, on est obligés de respecter certaines règles. Mais de quel point ? De quel point on est... Alors, si tu parles de Palestine et tu ne parles pas des gens morts dans la rue il y a deux ans, il y a quelque chose qui ne va pas. Au moins, ne dit rien. Au moins, il n'y a rien. Alors, c'est pour ça, moi, je parle de ça en ce moment.

Ça vous fait espérer que le régime tombe ? Et vous dites que si le hijab tombe, le régime va tomber parce qu'il tient justement le régime sur l'oppression des femmes ? En fait, cet régime va tomber. Les êtres humains, ils vont toujours chercher la liberté. C'est comme le feu qui brûle, l'eau qui coule. Et les êtres humains, ils veulent être libres. Et tant qu'on n'a pas cette liberté, on va y arriver. C'est la question du temps. Ce n'est pas seulement... Bon, là, on dit que c'est seulement le foulard. Ce n'est pas seulement le foulard. Le foulard, c'est le drapeau du gouvernement islamique. Merci à Alinejouad. Il dit que c'est comme le mur de Berlin.

Le mur de Berlin, ce n'est pas seulement un mur comme des briques et des pierres. Il y a beaucoup de choses autour de ce mur. Mais si ce mur tombe, tout va tomber. C'est comme des cirques. Il y a un pôle au milieu de cette tente de cirque. Si ça tombe, tout va tomber avec. Le 16 novembre prochain, vous allez sortir un film avec Alex Lutz, qui s'appelle Une comédie romantique. Et forcément, la promo du film va être totalement mêlée, car on aura toujours envie de vous en parler tellement fortement. On aura envie de vous parler d'actualité. Mais dans ce film, vous jouez en même temps une femme.

On ne sait pas très bien de quel pays elle est originaire, mais elle évoque ce temps où elle avait envie de voir Paris et de voir la tour Eiffel. Ça fera un lien avec l'actualité. Oui, je crois. Pour moi, ce film-là, ça représente un peu Paris. Le Paris que j'aime, c'est mon Mars. C'est un peu cette république cosmopolite à l'intérieur de Paris. C'est Paris, mais pas Paris. Il y a beaucoup de gens qui vivent de beaucoup de nationalités. Ils vivent tous ensemble dans les bars. Tout est un peu les maisons l'un sur l'autre. Et oui, elle est forte, elle est indépendante. Elle est sans jugement. Elle l'aime. Elle est très rigolote.

34:52
Locuteur 3

Et très libre.

34:53
Présentateur

Et très moderne. Une comédie romantique, ça sort le 16 novembre au cinéma. Vous n'êtes pas retournée en Iran depuis 2008. C'est un exil qui vous hante. Goldshifte, est-ce que vous espérez pouvoir y retourner rapidement en Iran ? Qu'est-ce que je peux vous dire ? En fait, je dis toujours l'exil, c'est comme on perd un bras. Et ce bras-là, ça ne va jamais repousser. Même si je retourne en Iran, je ne vais pas regagner mon bras. Je vais être handicapée pour toujours. Mais bon, cet handicap m'a laissée aller à Paralympiques. Ça veut dire que je suis devenue quelqu'un, grâce à cette... Une athlète paralympique qui remporte des médailles.

Là, on va être les hommes handicapés qui vont retourner dans notre pays qu'on ne le connaît pas. En fait, cette génération-là, quand j'ai quitté l'Iran, ils avaient 4 ans, 5 ans. Je ne les connais pas, la façon dont elles parlent. Pour moi, c'est quelque chose que je ne connais pas. Je ne vais jamais devenir française, française avec ses cheveux noirs. Bon, ça, dans ce film-là, je suis française, en comédie romantique. Et ni iranienne. Alors, on est toujours au milieu. Mais bon, c'est la beauté d'exil aussi. Vous restez. Merci beaucoup, Goldshift et Farhani, d'être venu. Ce film-là, il est signé Thibault Séguin avec Alex Lutz. Et on en reparlera le jour de sa sortie, le 16 novembre prochain.

Vous restez avec nous ? Bien sûr. On continue à commenter l'actualité avec la story de Mohamed Bouhevci. Non, le cinéaste. Ah, pardon ! Oui, n'importe quoi, moi. Bonjour, Mohamed. Excusez-moi. Bonjour, ma bête. Dans quelques semaines, s'ouvrira donc le marché de Noël de Strasbourg. Et il y a une drôle d'idée de la part de la municipalité écologique qui a publié une liste de produits interdits sur le marché. Oui, le 25 novembre, les Strasbourgeois vont être surpris en découvrant le retour du célèbre marché de Noël. Ça y est, ça, c'est fini. Plus de donuts. On n'a pas le droit, pendant le marché de Noël, pour le goûter. Pas de reblochon aussi, c'est interdit, pour la tartiflette.

36:50
Locuteur 2

Et plus surprenant encore, pas de parapluie, même s'il ne fait pas toujours beau. Mais pourquoi ? Eh bien, pour une raison très, très simple, c'est que ces produits ont été interdits par la mairie de Strasbourg depuis la publication de la liste. Depuis quelques jours, l'opposition accuse la municipalité de faire la police du bon goût sur le marché.

37:06
Locuteur 3

On marche sur la tête. D'un côté, on nous explique qu'on ne peut pas manger, par exemple, de raclettes ou de tartiflettes qui viennent de Savoie, mais qu'il n'y a pas de souci pour manger des loukoums. On nous dit que le champagne sera aussi interdit. Je pense qu'on est tous d'accord pour dire qu'il faut promouvoir des produits de qualité, des produits qui défendent l'authenticité. Mais il faut arrêter de vouloir tout interdire, de vouloir tout réglementer. Et puis, il faut préserver l'esprit de ce marché de Noël. C'est une fête populaire. Dans cette liste d'éléments interdits, la présence d'autres produits a choqué les Strasbourgeois.

37:41
Locuteur 2

La municipalité a notamment interdit la vente de certains crucifix et aurait même pensé arrêter la vente de la croix de Jésus avant de se rétracter face au choc provoqué lors du conseil municipal au Christine Kindels-Maric, le marché de l'enfant Jésus en Alsacien créé il y a 500 ans. Certains Strasbourgeois se demandent si la municipalité EELV ne souhaite pas faire oublier les racines chrétiennes de ce lieu mythique.

38:04
Locuteur 9

Les commerçants, au micro de Louis Amart et d'Anis Recoli, ne comprennent pas ces interdictions. Bien sûr que les crucifix doivent être autorisés. Sur le marché de Noël de Carré d'Or qui se tient sur cette place ici, on a un couvent de sœurs des pays de l'Est qui trouve une clientèle. Ce sont des beaux objets et les gens sont contents. Noël, ça reste une fête chrétienne. Moi, je suis bien sûr farouchement opposé au fait d'interdire les crucifix.

38:27
Locuteur 2

La mairie de Strasbourg a répondu à toutes ces critiques et c'est justifié. Elle parle plutôt pour interdire ces produits d'écologie, de consommation de produits locaux.

38:37
Locuteur 9

Les crucifix qui sont faits par vagues de 300 000 exemplaires qui arrivent par conteneurs comme les Boulanèges, comme les Santons, comme les Guirlandes, ne seront plus là. Par contre, si une crèche ou un symbole religieux est fait par un artisan ou est fait en local, ils seront toujours les bienvenus dans les chalets. Cette liste a été coportée par les représentants des commerçants, des artisans, des forains, questionnés comme l'ensemble de la société le fait actuellement, la provenance des produits, la qualité des produits. Et maintenant, on ne peut plus laisser ces questions sous le tapis.

39:06
Locuteur 2

Face à la colère des commerçants, la mairie de Strasbourg a annoncé que cette liste ne s'appliquerait qu'en janvier 2023 avec pour objectif de renforcer la production de produits locaux

39:16
Présentateur

comme la Munstiflette, cette fameuse tartiflette au Munster,

39:19
Locuteur 9

et non plus la tartiflette avec du reblochon ou encore le crément d'Alsace qui remplace le champagne. Bien évidemment, on est allé demander aux Strasbourgeois ce qu'ils pensaient de ce marché New Look.

39:30
Locuteur 4

Ça fait longtemps qu'on se plaint, enfin que les Alsaciens se plaignent de voir disparaître petit à petit les produits Alsaciens. Et donc c'est bien que ces produits reviennent. C'est vraiment ridicule.

39:40
Locuteur 5

Je ne sais pas à quoi la ville veut aboutir avec ce marché de Noël. Est-ce que c'est pour le faire disparaître ?

39:47
Locuteur 2

Je trouve que c'est un peu dommage parce que la plupart des plats, en particulier raclette, tartiflette, même juste les produits sucrés, je trouve que ça fait un peu partie de l'ambiance festive.

39:54
Présentateur

Pour moi, les produits Alsaciens, oui, on est au marché de Noël de Strasbourg, donc automatiquement, c'est plus logique de retrouver des produits,

40:01
Locuteur 2

même pour les touristes, ceux qui viennent d'ailleurs. Depuis plusieurs mois, François Ruffin envoie des polémiques sur des mairies écolo. Est-ce que ça ne renforce pas vos adversaires politiques, notamment l'extrême droite ?

40:10
Présentateur

Je ne pense pas que ça soit la tartiflette et la raclette qui soient au cœur de la vie politique française et qui produisent un basculement. Non, mais le sapin de Noël... Oui, oui, je pense que c'est anecdotique, mais je pense que surtout, il faut qu'on se préoccupe de comment les gens peuvent se loger dignement, se déplacer dignement, se soigner dignement, enfin voilà, et cet hiver, se chauffer dignement. Je pense que le cœur de nos préoccupations, il doit être celui-là, d'améliorer le sort des gens en général et pas de... Pas de perte de temps alors à faire ce genre d'interdiction, quoi. D'éviter les polémiques, quoi.

Je ne savais pas que je produisais un acte politique lorsque je mangeais de la raclette, quoi. Oui, oui. Apparemment, c'est. À l'Amérique, c'est-à-dire que vous vous protégez de la pluie, avec un grave. Il y a une idéologie, vous savez, on dit que la fondue, finalement, c'est le plat collectif, parce qu'on prend tous dans le même truc, et donc finalement, c'est un plat de gauche, tandis que la raclette, chacun avec son petit... Ah, c'est un délai ? Oui, donc la fondue, mais alors... C'est l'humour, hein, il n'est pas interdit non plus. Ah non, on a le droit. On va continuer à pratiquer et votre humour, et votre regard sur l'actualité avec le 5 sur 5 de Mathieu Béliard.

41:21
Invité

Bonsoir Babette, bonsoir à toutes et à tous.

41:24
Présentateur

Mathieu, le PSG a fait match nul hier soir contre Benfica en Ligue des Champions, mais ce ne sont pas les matchs qui intéressent les supporters du club en ce moment.

41:32
Invité

Non, c'est un autre débat, une autre affaire, même l'avenir de Kylian Mbappé au club. Le même Kylian Mbappé qui annonçait rester tout sourire. Regardez, c'était il y a 5 mois seulement.

41:51
Locuteur 6

Notre histoire s'écrit ici. Ici, c'est Paris.

41:57
Invité

Ici, c'est Paris, et même Emmanuel Macron, lui-même, s'était occupé de ce dossier, objectif, faire rester Kylian Mbappé en France.

42:03
Locuteur 3

Il m'a donné des conseils, on a souvent échangé,

42:07
Locuteur 2

mais bien sûr, bien sûr que voilà, aujourd'hui, aujourd'hui, quand tu es une figure nationale comme ça, tu as des droits, mais tu as des devoirs aussi. Et à ce moment-là, il ne faut pas reculer. J'ai toujours voulu avoir des responsabilités.

42:21
Locuteur 4

Ce n'est pas maintenant que j'en ai que je vais me défiler.

42:24
Présentateur

Donc, il faut assumer tout ce qu'on est, le joueur et l'homme. Donc, c'est ce que j'essaie de faire au quotidien.

42:28
Invité

Vous l'avez prévenu de votre choix ?

42:30
Présentateur

Oui, oui, oui, je l'ai prévenu. Hier, la presse espagnole a fait fuiter des états d'âme

42:35
Invité

de l'attaquant des Bleus, son insatisfaction, et même, c'est l'info, une envie de partir de Paris dès le mois de janvier prochain.

42:43
Locuteur 2

Kylian Mbappé, il veut partir du PSG coup de bluff

42:46
Présentateur

ou point de rupture entre le joueur et le club. Mbappé et PSG, veut-il vraiment déjà partir ? Kylian Mbappé qui s'estime trahi par ses dirigeants. Qu'est-ce qui se passe encore avec Kylian Mbappé ? File dans ta chambre. Kylian Mbappé partira, ne partira pas.

42:58
Locuteur 2

L'attaquant star du PSG a dit vouloir quitter le club. Kylian Mbappé pourrait quitter Paris.

43:04
Présentateur

Bonsoir Daniel Riolo. Bonsoir. Éditorialiste sportive sur RMC Sport. Bon, c'est quoi ça, un caprice de Kylian Mbappé ? Alors, évidemment, c'est la première impression qu'on va avoir parce qu'on va dire... Ils lui ont fait un pont d'or pour rester. ...batter un salaire astronomique. Il ne devrait pas se plaindre parce que tout va bien pour lui. Ça n'est qu'un joueur de foot parce que l'opinion générale, souvent, résume les choses de cette façon. Mais lui, il évolue dans un univers où les gens autour de lui sont dans cette galaxie-là. Ils sont... Donc, ils respectent les codes, en fait, c'est ça ? Exactement. Ils sont tous, aujourd'hui, devenus individualistes.

Ils pensent tous à leur carrière, principalement. Et lui, qui s'était inscrit dans un projet qu'on lui avait vendu, parce que sa première idée, c'était de partir, ils ont tout fait pour le garder. Effectivement, comme vous l'avez dit, avec un pont d'or. Plus que ça même. Puisque, au-delà même de... Il était peut-être le personnage central du projet. Il écartait presque la concurrence des deux autres stars qu'il y avait dans l'équipe. Emma et... Et Messi. Et Messi, voilà. Et d'un coup, il s'est aperçu que la fameuse révolution qu'on lui a vendue tout l'été, qu'on a vendue à tout le monde, d'ailleurs, à tous les... N'avait pas eu lieu. Le joueur du football, finalement, elle n'a pas eu lieu.

Et pire que ça, finalement, on s'est presque un petit peu moqué de lui, parce que l'équipe, la façon dont elle est construite, elle le met dans l'inconfort. Alors on lui dit, c'est toi le patron, c'est toi la vedette de l'équipe. Et puis finalement, je me retrouve à jouer là où je n'ai pas vraiment envie de jouer. On me dit, c'est toi qui va faire ci... Et finalement, ça ne se passe pas. On dit que c'est un joueur frustré, qui se sent trahi, déçu par des promesses qui n'auraient pas été tenues. Est-ce que le PSG lui a promis l'impossible ? Non, parce que le projet du PSG depuis 10 ans, c'est de gagner la Ligue des Champions. Et que lui...

Alors on peut dire, l'argent, bien sûr, il ne joue pas pour le SMIC, on est bien d'accord. Mais il y avait également dans son idée de gagner la Ligue des Champions. Et quand il a vu l'équipe et le mercato qui a été fait, il s'est dit, on ne la gagnera pas. Donc on m'a menti. Et Luis Campos, qui est venu, qui est un proche, le nouveau directeur sportif, qui est un proche de Kylian Mbappé, l'a dit sur RMC dans l'émission de Jérôme Bretagne. On a raté le mercato, ce qui d'ailleurs a beaucoup froissé les dirigeants Qatari. Donc finalement, c'est comme s'ils avaient admis qu'ils n'avaient pas l'équipe pour gagner la Ligue des Champions.

Donc le projet dont il était censé être l'élément moteur est tombé à l'eau. Alors, il s'est engagé pour trois ans en grande pompe, on l'a raconté. Ça ne veut pas dire forcément qu'il va rester jusqu'en 2025, mais un départ en janvier, c'est quand même franchement improbable. Oui, parce qu'on n'imagine pas un club cet hiver arriver. Alors après, cette année, ça va être très particulier, parce qu'avec la Coupe du Monde, qui est en plein milieu de la saison, il est possible qu'on ait comme un nouveau début de saison en plein hiver. Néanmoins, envisager qu'un club puisse arriver, mettre 200 millions sur la table pour dire « on le recrute », ça paraît compliqué.

Mais attention, parce qu'avec ce qui vient de sortir aujourd'hui, les révélations de Mediapart, c'est un élément de plus pour lui dans l'idée qu'il est en train de se construire, que le club l'a trahi. Il faut expliquer les révélations de Mediapart. Mediapart affirme que le PSG a demandé à une agence de créer des faux comptes sur les réseaux sociaux, comptes qui ont mené des campagnes contre plusieurs médias, contre plusieurs personnalités, et notamment Kylian Mbappé, lorsqu'il évoquait un départ du club, le PSG a rapidement démenti. C'est sérieux, ce dossier de Mediapart ?

Ah, ça me semble très très sérieux, d'autant que dès que ce dossier est sorti, j'ai été un petit peu choqué, parce que finalement j'ai également compris que j'avais très probablement été victime de ces... Alors je ne sais pas comment on appelle ça, des faux comptes, des raids numériques... Vous-même ? Ah oui, oui, quand j'ai vu mon compte Twitter sauter cet été, parce que je critiquais la politique sportive du Paris Saint-Germain, là, sur le coup, je ne savais pas que moi ce genre de choses existaient, on en a beaucoup entendu parler en Espagne, parce que le FC Barcelone, le président, a été notamment, ça a participé à son éviction.

Le Real Madrid également procède de ce genre d'activité, où en gros on veut faire taire les journalistes en lançant des raids numériques sur eux. Et c'est vrai que le nombre d'insultes me visant à augmenter, augmenter, augmenter, à chaque fois que j'attaquais le PSG. Quand d'un coup, j'ai fait probablement l'erreur de répondre, immédiatement le signalement massif qui s'est opéré pour m'exclure, d'un coup mon compte avec 600 000 followers a sauté d'un coup, sans avertissement, sans rien. Là, aujourd'hui, quand j'ai lu le dossier, et j'ai vu que d'autres médias avaient été également touchés, là, j'ai commencé à me dire, très probablement, il doit y avoir un lien.

Mais pour en revenir à Mbappé, parce que finalement, mon regard intéresse peu... Parce que là, ils auraient voulu casser son image ? À qui ? À Mbappé, pourquoi le PSG aurait... En tout cas, c'est troublant, parce qu'à chaque fois, en fait, on cherche à influencer les opinions. C'est quand même incroyable, oui. Ça se passe en politique, ça se passe maintenant. Exactement, c'est des choses que... C'est de la propagande, de la manipulation qu'on dénonce en politique. Que le grand public découvre peut-être de plus en plus. C'est quelque chose dont on parle peu, finalement, mais je le redis dans le football.

En tout cas, en Espagne, le président d'une institution comme le FC Barcelone, ça a participé à son éviction, parce qu'il avait également fait la même chose, jeté des raies numériques sur des journalistes. On a même dit qu'il avait investi 1,3 million dans des agences pour discréditer des commentateurs et des éditorialistes. Donc là, le dossier, moi, je le trouve vraiment très sérieux. Je les félicite pour leur travail. Et Mbappé, qui cherche en plus, peut-être pas des bonnes raisons, mais en tout cas, assurément, ça va alimenter son envie de partir.

Et quand vous me demandiez, est-ce qu'il peut partir, a priori, sportivement, économiquement, ça paraît étonnant qu'il puisse partir en janvier. Après, la Coupe du Monde sera passée, comme je le disais, saison particulière. Envisager un bras de fer de Mbappé avec son club, moi, maintenant, je ne l'exclus pas.

48:52
Invité

Un dernier mot sur ce dossier Mbappé, c'est simplement l'humoriste Jamel Debbouze qui était ce matin sur France Inter et qui lance un appel de supporters.

49:01
Présentateur

Écoute-moi, Kylian, il ne faut absolument pas que tu quittes le PSG parce que, un, c'est ton club de cœur, tu es né là et tu vas finir là. On a besoin d'une ligue des champions, cousin. On ne peut pas faire autrement. Tu ne peux pas arriver à ne pas nous donner une ligue des champions. Un commentaire, François Ruffin ? D'une part, j'ai été victime, moi aussi, c'est LVMH et Bernard Reneau qui ont commandé des articles sur mon compte, de faux journalistes. Donc, c'était documenté aussi. Et surtout, moi, je suis favorable à ce qu'on en finisse avec l'Arré-Bossman. Là, on est dans une folie des clubs qui peuvent se permettre d'acheter.

En gros, c'est comment on régule aussi le marché du football. C'est à vous une autre discussion. C'est les mots-là qui les inspirent. Leur inspiration, c'est le gouvernement islamique. Avec les comptes et tout ça. Un dernier mot, mais il faut en parler d'un tout autre sujet, mais qui concerne le monde du foot, Daniel. Ces nouvelles révélations de Radio France sur le comportement de Noël Legret, président de la Fédération française de foot, des accusations de harcèlement. Je vous propose d'écouter Géraldine Allot de la cellule investigation de Radio France. Elle était interrogée par Camille Schmitt et Audrey Payas.

50:01
Locuteur 1

Sonia, c'est un prénom d'emprunt, dit qu'elle recevait des invitations insistantes à venir dîner de la part du président Legret. Elle raconte que quand elle voulait faire le point sur ses dossiers avec lui, il n'était jamais disponible en journée, c'était toujours le soir. D'après elle, il lui aurait dit qu'il aimerait la ramener chez lui et que, ne vous inquiétez pas, s'il se passe quelque chose, personne n'en saura rien. Estelle, dans l'enquête, là encore, c'est un prénom d'emprunt, dit qu'en 2016, elle devait faire un déplacement professionnel avec Noël Legret. Il lui demande, d'après elle, de se mettre en jupe pour le voyage et que le jour du voyage, dans l'avion, il est à côté d'elle.

Il lui aurait mis la main sur la cuisse. Elle aurait dit, président, on ne va pas commencer le voyage comme ça. Une fois arrivé sur place, il lui demande de venir dans sa chambre d'hôtel pour mettre un VPN sur son iPad et elle, elle aurait dit, non, non, mais descendez, je vais vous installer le VPN, mais descendez dans le lobby de l'hôtel.

50:53
Invité

Simplement, avec toutes ces affaires, avec toutes ces discussions, est-ce que Noël Legret peut rester en poste à la tête de la FED ?

50:59
Présentateur

Je pense que la ministre des Sports doit faire au plus vite. L'audit est commandé. Je ne crois pas qu'il faille attendre l'après-Coupe du Monde où un éventuel succès des Bleus pourrait l'épargner. Je pense qu'il faut agir très vite. Je suis très content que Radio France se soit également mis sur le dossier. Nous, on l'a fait depuis longtemps. SoFoot l'a fait. Radio France, aujourd'hui, je pense qu'au niveau des éléments, là, ça devient accablant. Et je demande, je lui ai déjà demandé à la ministre des Sports, elle ne peut pas laisser cet homme-là en place. C'est impossible.

François Ruffin, Golshifteh Farahani et Daniel Riolo - C à vous - 12/10/2022 — François Ruffin · Pourquijevote