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interviewBFMTV· 12 juillet 2025 13 min

14-Juillet, finale de Coupe du monde des clubs... L'interview en intégralité de Laurent Nuñez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Laurent Nuñez

Laurent Nunes, le 14 juillet, traditionnellement, vous mobilisez des dispositifs policiers conséquents. Quelles seront donc les forces que vous allez mobiliser la soirée du 13 juillet, la soirée du 14 juillet ? Est-ce que c'est un week-end à haut risque ? Est-ce qu'à 24 heures du coup d'envoi de ces deux événements, vous dites qu'on est dans le scénario du pire ?

0:16
Présentateur

Non, on n'est pas dans le scénario du pire, évidemment non. On mobilise 11 500 effectifs au total sur les deux jours. Attention, sur les deux jours, j'entends dire 11 500 ici ou là sur Paris.

0:24
Laurent Nuñez

Le soir du 13 juillet et le soir du 14, sur les deux jours.

0:26
Présentateur

Et pour toute l'agglomération parisienne qui relève de ma zone de compétence. C'est-à-dire Paris et les trois départements de petite couronne. Non, ce n'est pas le scénario du pire. On a l'habitude de gérer les grands événements. On a l'habitude de gérer les 14 juillet. Il y a trois séquences en fait, il y a trois temps. Il y a d'abord le 14 juillet quand même, il faut le rappeler. Il y a un défilé qui va se tenir et c'est le retour sur les Champs-Elysées. Donc c'est heureux. L'an passé, il s'était tenu à Venu-Foche pour cause des Jeux Olympiques.

Donc il y a le défilé le matin qui accueille énormément de publics avec un libre accès sur la partie haute des Champs et puis de nombreux invités sur la partie basse où il y a la tribune officielle. Donc un dispositif de protection, elle permet de protection. Toutes les personnes qui voudront se rendre au défilé seront fouillées, feront l'objet de contrôle. Le soir du 14 juillet, et c'est une autre séquence, un autre temps des festivités, il y a un concert qui se tient sur le champ de Mars et puis surtout il y a le spectacle pyrotechnique, le soir à 23h.

On attend 60 000 personnes sur le champ de Mars et sans doute beaucoup de personnes sur la place du Trocadéro, d'où le feu d'artifice est visible et il est visible dans de nombreux points parisiens. Donc on aura beaucoup de monde sur l'espace public. Ça c'est le temps du 14 juillet. Il y a les violences urbaines évidemment qui nous inquiètent. Traditionnellement, il y a toujours quelques tensions dans les quartiers avec des prises à partie des forces de l'ordre, des jets de projectiles, des jets de mortiers sur nos effectifs. Et donc on aura un dispositif très dense partout sur Paris et dans l'agglomération parisienne. Et puis cette année, il y a un troisième temps qui s'est invité.

C'est la finale de la Coupe du Monde des clubs que dispute le Paris Saint-Germain le 13 juillet contre Chelsea à New York et il pourrait y avoir, en cas de victoire du PSG, ce que tout le monde souhaite évidemment, il pourrait y avoir des rassemblements festifs qui pourraient se tenir dans la capitale. Il faudra évidemment qu'on soit extrêmement vigilants. En tout cas, ils n'auront pas lieu sur les Champs-Elysées.

2:23
Laurent Nuñez

Oui, c'est-à-dire que moi par exemple, si je veux aller sur les Champs-Elysées après le match et célébrer la victoire avec une troupe d'amis, je ne peux absolument pas me rendre sur les Champs-Elysées.

2:31
Présentateur

Ce sera dispersion totale par les forces de l'ordre. Les instructions sont claires et fermes, on disperse. On ne peut pas avoir de rassemblement sur les Champs-Elysées. Le lendemain, il y a le défilé. Toutes les installations sont en place depuis plusieurs jours maintenant. Et évidemment, le 13 juillet au soir, tout sera en place. C'est-à-dire les tribunes, les barrières et les militaires qui vont défiler, les membres des forces armées arrivent très tôt, le dimanche matin. Donc voilà, ça n'est pas possible. Il faut que le message que je passe, il est clair, il est ferme. À partir de 19h d'ailleurs, les commerces ferment à partir de 19h. Et on ne peut pas accéder au site en métro.

Donc voilà, il ne sera pas possible de célébrer la victoire éventuelle du Paris Saint-Germain sur les Champs-Elysées. Et d'ailleurs, j'interdis toutes les fanzones dans la capitale. Il n'y a pas de fanzone dans la capitale.

3:14
Laurent Nuñez

Aucune fanzone.

3:14
Présentateur

Et les débits de boissons ou les restaurants et autres sont invités évidemment à ne pas utiliser l'espace public au moment de la télédiffusion de la finale. C'est-à-dire tourner la télévision côté rue pour qu'on ait une expansion sur l'espace public. Tout ça sera interdit, contrôlé et verbalisé évidemment. Voilà, on réagira, comme l'ont appelé d'ailleurs, pour ce qui me concerne, comme m'a appelé à le faire le ministre des Etats, ministre de l'Intérieur. On réagira avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de fermeté. Et j'entends avec satisfaction que du côté de la justice, la réponse pénale sera très ferme.

3:50
Laurent Nuñez

Le fait que la finale de foot, Coupe du Monde des Clubs, se joue aux Etats-Unis, qu'on voit un peu moins de monde quand même sur cet événement dans les bars, qu'on soit en pleine période de vacances scolaires. Est-ce que ce sont des paramètres que vous prenez en compte, où vous avez envisagé tous les cas de figure ? C'est-à-dire que vous avez envisagé le même dispositif que pour la Ligue des Champions. On était à 5400, on en a été loin.

4:10
Présentateur

Ce n'est pas le même dispositif par définition. D'abord, l'engouement qu'il y a eu autour de cette Coupe du Monde des Clubs est bien moindre que pour la Ligue des Champions. Il n'y a eu aucun rassemblement festif à chacune des victoires du Paris Saint-Germain et qui, on peut le dire, ont été très nombreuses sur cette Coupe du Monde. Donc voilà, mais nous, on se prépare à ce qu'il y ait des célébrations ici ou là sur l'espace public. En tout cas, ce ne sera pas sur les champs et de toute façon, ce ne sera pas sur les champs et dans le périmètre environnant des champs. L'interdiction des rassemblements porte sur les champs, dans le périmètre environnant et aux abords du Parc des Princes.

4:41
Laurent Nuñez

Je voulais vous faire écouter ce que disait Laure Becquio, la procureure de Paris, hier concernant ce long week-end qui arrive. Écoutons la procureure de Paris.

4:52
Locuteur non identifié

À l'heure actuelle, il n'y a pas d'inquiétude majeure sur le cumul de ces deux événements, l'éventuelle victoire du PSG, et puis évidemment la fête nationale qui devra être préservée dans ce qu'elle devra, encore une fois, avoir de festif.

5:07
Laurent Nuñez

– Laurent Nunez, vous dites pareil que Laure Becquio, aucun élément d'inquiétude majeure en termes d'ordre public ?

5:12
Présentateur

– Non, il n'y a pas. D'abord, Mme Becquio, elle est alimentée par mes effectifs. Ce sont mes policiers qui donnent un certain nombre d'informations. C'est normal parce qu'on travaille avec la procureure de Paris avant les événements. On présente nos dispositifs de sécurité pour qu'elle puisse, elle, de son côté, adapter son dispositif judiciaire en prévision des nombreuses interpellations que nous ferons ou pas en fonction de l'événement.

5:34
Laurent Nuñez

– Mais elle a rappelé la fermeté.

5:35
Présentateur

– Évidemment, elle a rappelé la fermeté et je m'en réjouis. Et donc, nous informons, Mme la procureure de Paris, comme c'est fait d'ailleurs par les préfets de département, pour les départements de Petite-Courne, nous informons les procureurs des dispositifs afin qu'ils puissent adapter leurs dispositifs judiciaires. Après, celui qui parle des risques en matière de troubles à l'ordre public, c'est le préfet de police. C'est moi qui suis compétent. Donc, ce que je peux vous dire, c'est que, évidemment, pour l'instant, on n'a pas connaissance de rassemblement, on n'a pas connaissance de risque, mais nous, on se prépare quand même toujours à ce qu'il y ait des troubles à l'ordre public.

C'est mon métier. – Au pire. – Et, évidemment, pouvoir intervenir, les prévenir, les réprimer et les empêcher.

6:08
Laurent Nuñez

– Combien d'opérations de contrôle ces dernières heures, ces derniers jours ? Est-ce qu'il y a déjà eu des interpellations ou des saisies importantes ?

6:13
Présentateur

– Alors, les opérations de contrôle avant des événements, des festivités comme celle du 14 juillet, mais c'est vrai aussi pour le 31 décembre, on lance de nombreux contrôles, effectivement, des contrôles de parties communes, des contrôles de halles d'immeubles, de manière à pouvoir appréhender des mortiers, des mortiers d'artifices, qui sont souvent utilisés ces soirs-là comme des projectiles contre les policiers. Et on a lancé énormément, à la demande du ministre d'État, ministre de l'Intérieur, on a lancé énormément de contrôles.

On en a fait près de 300 pour l'agglomération parisienne, qui sont des contrôles de voies publiques, de véhicules, qui sont des contrôles de parties communes, des contrôles de commerce, pour ceux qui commercialisent ce type de produits, dont la vente aux particuliers est interdite entre le 11 et le 15 juillet. Et donc on a fait 260 contrôles, on a saisi près de 2000 mortiers d'artifices, et il y a eu une douzaine d'interpellations au titre de cette action contre les mortiers d'artifices. Et on a même cette année utilisé la technique de l'enquêteur sous pseudo.

7:17
Laurent Nuñez

Oui, c'est ça, il paraît que vous avez innové cette année.

7:18
Présentateur

Un certain nombre de policiers se sont fait passer pour des acheteurs, avec l'autorité évidemment du procureur, compétent puisque nous avons quatre procureurs sur l'agglomération parisienne, et notamment à Champigny-sur-Marne, il y a une très belle affaire qui a été réalisée avec ce mode opératoire, puisque une grande partie des mortiers s'écoulent en réalité sur Internet. Et donc c'est un moyen aussi de pouvoir être informé, surtout d'intervenir et de réprimer ce type de vente.

7:43
Laurent Nuñez

Et est-ce que les commerçants, les bailleurs, jouent le jeu ?

7:46
Présentateur

Alors les commerçants, pour les professionnels de la vente d'artifices, ils savent très bien qu'ils ne peuvent pas vendre à des particuliers certaines catégories d'artifices, qui sont systématiquement utilisés comme des armes par destination contre nos policiers. Très souvent, en réalité. Et puis en réalité, une partie des mortiers s'écoule au travers d'épiceries, de commerces divers et variés, qui ne sont pas des commerces spécialisés, que nous connaissons, que nous contrôlons. Et ça a été plutôt positif. Hier après-midi, nous étions à Paris avec une équipe d'un autre média, où nous avons trouvé près de 600 mortiers d'artifices dans un de ces commerces concernés.

8:28
Laurent Nuñez

Y a-t-il des mesures aussi de police administrative prises sur toute l'agglomération parisienne ? Je pense à la vente de carburant. Vous avez évoqué aussi la consommation d'alcool sur les lieux publics.

8:39
Présentateur

Absolument. Ce sont les mesures habituelles. J'ai parlé des mortiers, j'ai parlé de l'interdiction des fanzones. J'insiste. Pas de fanzones sur la voie publique.

8:46
Laurent Nuñez

Aucune.

8:47
Présentateur

Il y aura également des mesures de police administrative qui concernent l'interdiction de la vente au détail de gaz et de carburant, qui peuvent servir évidemment de combustible, et surtout le port et le transport de gaz et de carburant à titre individuel. Et évidemment, en matière d'alcool aussi, il y a des larges périmètres où la consommation d'alcool sur l'espace public est interdite. Ce sont les mesures que nous prenons habituellement, mais elles ont évidemment été reprises cette année.

9:13
Laurent Nuñez

L'arge périmètre, ça veut dire Champs-Elysées, ça veut dire Invalides, ça veut dire les lieux classiques qu'on connaît ?

9:16
Présentateur

Absolument. Il y a un communiqué de presse qui a été publié par la préfecture de police hier et qui comporte la cartographie, le champ d'application de toutes ces mesures de police administrative.

9:26
Laurent Nuñez

En amont de ces événements, pour éviter ces violences urbaines dont vous nous parlez, il y a des actions qui ont été faites sur les chantiers en cours. Qu'est-ce qui a été enlevé ? On a parlé aussi au moment de la fête de la musique de ces poubelles qui avaient été envoyées en direction des forces de l'ordre.

9:39
Présentateur

Alors, puisqu'on parle de la fête de la musique, ce que j'entendais ce matin sur votre antenne, on parlait de chaos. La Ligue des champions, oui, ça a été compliqué. Je m'en suis d'ailleurs expliqué devant l'Assemblée nationale, devant la Commission des lois.

9:51
Laurent Nuñez

Compliqué ou chaos, vous dites, pour la Ligue des champions ?

9:52
Présentateur

On a eu un certain nombre de maintiens de l'ordre à faire qui a été du maintien de l'ordre dur pour éviter de nombreux pillages. Et sur les champs, c'est ce qui s'est passé. Malheureusement, modulo l'affaire de ce magasin de vente de chaussures. Mais j'entendais qu'on parlait du chaos de la fête de la musique. Mais il faut qu'on arrête un peu de raconter n'importe quoi. La fête de la musique, il y avait 2 millions de personnes dans les rues de Paris. On a eu deux incidents sur Châtelet-Léal qui ont été largement diffusés par les médias, notamment sur la rue de Rivoli à 2h du matin et puis après 5h du matin sur Châtelet-Léal. Nous sommes intervenus, nous avons contenu ces troubles.

Il n'y a pas eu un seul pillage ce soir-là. Donc quand on parle de chaos, il faut faire attention, les mots ont un sens.

10:32
Laurent Nuñez

Vous dites chaos oui pour le 31 mai ? Je ne parle pas de chaos pour la Ligue des champions non plus.

10:35
Présentateur

Vous dites que ça a été compliqué, je l'ai reconnu. Je m'en suis expliqué devant une commission parlementaire.

10:40
Laurent Nuñez

Mais ça a été beaucoup moins compliqué pour la fête de la musique.

10:42
Présentateur

Et pour la fête de la musique, qu'on ne me parle pas de chaos. Au bout d'un moment, ça suffit. On a des policiers, des gendarmes dans ce pays qui font un travail qui est remarquable. Il y avait 2 millions de personnes dans les rues de Paris. C'était évidemment très compliqué. Voilà. Et il n'y a eu, il n'y a pas eu énormément d'incidents. Oui, je regrette évidemment ce phénomène des piqûres qu'il y a eu évidemment, qui relève aussi pour partie un peu de la rumeur. Mais c'est une réalité. On a eu une vingtaine de...

11:07
Laurent Nuñez

Il y en a eu quand même. Il y a une part de rumeurs. Certains disent qu'il y a une part de rumeurs. Il y en a eu beaucoup. Où vous situez les curseurs sur ces piqûres ?

11:14
Présentateur

La réalité doit toujours l'emporter. La réalité doit toujours l'emporter.

11:16
Laurent Nuñez

Vous avez le chiffre de piqûres ou pas ?

11:19
Présentateur

Nous, on en a une vingtaine. Moi, j'en ai une vingtaine. Donc, qu'on ne parle pas de chaos de la fête de la musique. On a géré 2 millions de personnes dans les rues. Il y a eu 2 incidents où les forces de l'ordre ont répondu présents. Je vous dis ça pourquoi ? Parce que je vous dis, si demain, le 13 juillet ou le 14 juillet, il devait y avoir les mêmes événements, vous allez aussi avoir des images de policiers et de gendarmes qui sont à l'action, qui sont à la manœuvre et qui vont impacter des groupes de délinquants. Des groupes de délinquants. Voilà. Et donc, évidemment, ce ne sont... Peut-être que pour certains médias, ce sont des scènes chaotiques.

Mais nous, quand nous les regardons, ce sont des scènes de travail pour nous. On évite des pillages. On évite des agressions violentes. On évite des prises à partie des forces de l'ordre.

11:59
Laurent Nuñez

Et juste une dernière question. Vous confirmez, comme l'a annoncé la mairie de Paris, la force mobile présente en renfort au niveau des Halles et des Berges de Seine ?

12:05
Présentateur

Oui, je vous la confirme, tout à fait. Oui, oui, on a un dispositif de sécurisation qui sera positionné sur tous les endroits où il y a des grands rassemblements de personnes. Sur Chachelet-Léa, nous avons une force mobile en plus, des effectifs locaux. Il y en aura aussi sur les quais de Seine. Voilà. Toute la soirée, il y aura un maillage territorial important. Et s'il devait y avoir des incidents, la réponse sera extrêmement ferme. Et des forces de l'ordre qui interviennent pour réprimer, pour contenir des violences, moi, je n'appelle pas ça le chaos. Voilà, on fait notre job. On fait notre job. Voilà.

Après, la question qui se pose, c'est de savoir pourquoi des soirs comme celui de la fête de la musique ou de la célébration de la victoire du Paris Saint-Germain, Ligue des champions, pourquoi des jeunes en arrivent à venir, à vouloir tout payer, etc. C'est peut-être plutôt cette question qu'il faut se poser plutôt que d'interroger en permanence la robustesse des dispositifs policiers. Croyez-moi, nos dispositifs, ils sont robustes et ils ont fait leur preuve.

12:55
Laurent Nuñez

Merci Laurent Lunès. Merci d'être venu sur le plateau du live week-end.

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