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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 8 janvier 2026 44 min

Mercosur : les agriculteurs français dans la surenchère ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue, c'est sens public, débat chronique, reportage et expertise de nos invités. C'est ce que l'on vous propose tous les jours sur Public Sénat pour donner du sens à l'actualité.

Voici le sommaire de ce 8 janvier. Les agriculteurs sont entrés dans Paris. Combien de temps pourrait durer cette occupation menée par la coordination rurale ?

La France peut-elle obtenir encore plus de garantie de l'Union européenne avant la signature du traité du libre échange avec les pays du Merco ? Peut-on parler de surencher paysan ? On répond à toutes ces questions dans une minute et puis on reste en Amérique du Sud pour la seconde partie de notre émission pour comprendre cette série de victoires de la droite et de l'extrême droite dans le continent.

En 3 mois, le Pérou, la Bolivie et le Chili ont basculé. Le président chilien admirateur de l'ancien dictateur Pinochet a fait campagne sur la lutte contre l'immigration et la délinquence. [musique] Nous devons être très ferme contre la délinquence, le crime organisé, l'impunité et le désordre.

Mais nous devons aussi faire preuve de beaucoup de grandeur pour reconstruire la coexistence, le respect et la confiance entre nos compatriotes. Comment expliquer cette vague nationaliste populiste ? Ces pays vont-ils forcément servir de relais à Donald Trump ?

Comment ont-ils réagi à l'opération américaine au Venezuela ? Ne ratez pas notre débat sur ce thème, ce sera dans 3/4 d'heure et réagissez grâce à notre QR code. Dites-nous tiens, par exemple, si vous soutenez la mobilisation des agriculteurs, il menace de rester dans le cœur politique de Paris s'ils n'obtiennent pas gain de cause.

Fam Yael Bron Pivet chahuté par plusieurs dizaines d'agriculteurs devant les grilles du palais Bourbon. La présidente de l'Assemblée nationale recevait cet après-midi les syndicats agricoles. Arrivé très tôt ce matin dans la capitale avec leur tracteur, les agriculteurs sont venus crier leur colère.

Ça fait 2 ans qu'on crève. Ça fait 2 ans qu'on a pas de prix, qu'on a des mauvaises récoltes, qu'on est qu'on est pétri par les normes, les charges. Enfin voilà.

Et là il y en a marre. Personne nous écoute et on est en train de on est en train de mourir quoi. Des actions comme ici au pied de l'Arc de Triomphe en forme de baroute d'honneur pour dénoncer le traité de libre échange avec les pays du Mercosour.

Malgré l'opposition de la France, sa ratification devrait être validée par un vote des 27 demain à Bruxelles. C'est pas Macron tout seul qui va empêcher de signer le Mercosour, hein. Il nous a fumé déjà depuis 2 ans.

Il va continuer à nous fumer encore aujourd'hui et ça créera une concurrence encore plus déloyale et ça et ça crèvera encore plus d'agriculteurs. C'est pour ça que dès aujourd'hui, il faut trouver des solutions pour que les agriculteurs assurent leurs revenus. Des manifestations à Paris, mais aussi des blocages d'autoroute et de dépôts pétroliers comme ici à côté de Bordeaux.

La porte-parole du gouvernement condamne ses actions. Le gouvernement ne cautionne pas les blocages. Encore une fois, ce qui se passe ce matin est illégal et que donc nous ne le laisserons pas faire.

Je dis ensuite qu' un certain nombre de mesures ont déjà été mises sur la table. des gages tels que l'allègement des droits de douane sur les engrais ou encore l'interdiction de l'importation de certains pesticides. Mais pour les syndicats, le compte n'y est pas.

La présidente de la Commission européenne, Oursoua Van Derlen, devrait quant à elle se rendre au Paraguay lundi pour y ratifier l'accord de libre échange avec le Mercosour. Et on se demande si les agriculteurs français sont dans la surenchère. Je vous présente mes invités tout de suite.

Vincent Louau, bonsoir. Bienvenue. Vous êtes sénateur horizon de l'indré Loire et agriculteur.

Annesophie Alciif, bonsoir et bienvenue. Chef économiste de BDO France, enseignante en économie à l'université paren Panthéon Sorbonne. Éric Albert, bonsoir et bienvenue.

Vous êtes journaliste au service économie du monde et Jonathan Boucher Pettersen. Bonsoir Jonathan, éditoriste politique à libération et éditoriste pour sens public. Alors, on va longuement parler du fond de cet accord avec les pays sud-américains du du Mercosur qui est rejeté par les par les manifestants et par beaucoup d'agriculteurs en France.

Peut-être sur la méthode, on va commencer là-dessus si vous voulez bien, monsieur le sénateur. Est-ce que vous soutenez ce coup de force des agriculteurs de la coordination rurale ? Alors, vous savez euh moi j'ai pour habitude d'écouter toutes les forces syndicales.

Euh là, on a une une opération de la coordination rurale qui se passe plutôt bien, qui ils nous ont pas forcément habitué à ça tout le temps. Donc là, faut reconnaître que dans le calme et un peu d'organisation, ils arrivent à à monter sur Paris. Euh, ils ont un soutien du de mon côté agriculteur parce que malheureusement je l'ai déjà dit, on l'a beaucoup dit au Sénat.

En fait, la ferme France est en train de décrocher déjà depuis de nombreuses années. Donc le Mercosur n'est que en fait la goutte d'eau qui fait déborder le vase d'un mal-être qui est déjà ancré depuis de nombreuses années. Donc oui, je soutiens euh après même si le gouvernement dit des opérations illégales, il y a eu une dizaine d'interpellations en Île-de- France ce matin.

Oui. Après, le gouvernement, on je pense qu'il a il a vraiment peur parce que il se dit "Qu'est-ce qui se passe ? On va me refaire les gilets jaunes en bis.

Euh, il y a il y a une peur qui est un peu complètement disproportionnée. On va mobiliser 15000 20000 policiers et gendarmes sur toute la France pour empêcher la remontée des tracteurs. Vous avez plus de camions bleus dans les champs que de tracteurs.

Et il faut rappeler, il y a 300 tracteurs qui sont 400 tracteurs qui sont aujourd'hui à Paris. Donc 400 tracteurs, c'est un conducteur dedans. Euh et un conducteur en passager, ça fait ça fait peu de personnes.

Donc euh on a un peu essayé de bloquer cette contestation. Le gouvernement s'est réveillé un dimanche, on l'a bien vu, courrier aux agriculteurs un dimanche, le lendemain de réveillon quasiment. On sent quand même qu'il y a une pression très forte et les agriculteurs l'ont bien compris et ils ont compris qu'il fallait fallait appuyer parce que en ce moment ça frétillait, vous savez, c'est comme à la pêche.

Oui, mais d'ailleurs on se posera la question de peut-être quelques arrières-pensées politiques. Ce sera l'un des thèmes qu'on va aborder à l'instant. Le président de la coordination rurale appelle, je le cite, à libérer les tracteurs pour qu'on puisse rentrer.

Donc là, il y a une sorte de bras de fer aussi sémantique avec le gouvernement. Dès qu'on parle d'agriculture, j'ai l'impression que notre imaginaire collectif, il se il se met en route. Sopie Alciif, est-ce que ça complique l'action de ce gouvernement mais aussi des précédents d'une certaine façon ?

Oui, complètement. Après, il faut rappeler quand même les faits, hein, les traités commerciaux avec l'Union européenne, notamment suisse. Là, celui-ci, ça fait plus de 15 ans que c'est négocié.

Donc, on se réveille pas un matin en disant "Oh là là, un accord, je vais aller signer du jour au lendemain." Et pendant ces 15 ans, c'est pas la commission qui dit aux États vous devez faire telle ou telle chose. Pendant ces 15 ans, vous avez des réunions où chaque ministre du commerce extérieur ou de l'agriculture est invité qui représente tous les Étatsmembres et donc ce sont les États-membres qui négocient pendant toutes ces années le traité.

Donc, il faut être très clair là-dessus sur la méthode. Donc, c'est pas quelque chose qui arrive de nul part. D'accord.

Mais on y reviendra en longueur sur le traité, mais sur cette image de l'agriculture française, est-ce qu'elle est-ce qu'elle est décalée par rapport à la réalité ? Alors, les surtout décalé par rapport à nos partenaires européens parce que là aussi, c'est vrai que notamment les pays nordiques hein, ont eu des débats sur l'agriculture depuis très longtemps et ont fait souvent un choix de d'agriculture intensive et de dire bah voilà, on va aller dans certains secteurs qui sont très rentables à l'export et on laisse tomber totalement le reste. Nous en France et je pense que c'est quelque chose qui est positif, on a décidé de rester très diversifié avec à mon sens, mais là vous êtes agriculteur, vous le savez que moi, une absence de plan et de vision à long terme en disant voilà, est-ce qu'on est sur le céréal ? qu'est-ce qu'on se met là-dessus ?

Qu'est-ce qu'on fait et cetera ? Il y a il y a très peu. Et donc, j'appelle ça cette politique de sous-poudrage.

On ne fait pas que dans l'agriculture, on le fait dans d'autres domaines où on n pas de vision à l'onclair sur quel type d'agriculture on veut. Et donc c'est vrai que dès qu'il y a ces accords, on se dit "ça y est, c'est le grand capital, c'est la fin de nos prairies, la fin de nos vaches et c'est fini alors que c'est faux." Bon, on y reviendra en détail, on entendra les arguments des uns des uns et des autres.

Je parlais de la réaction du gouvernement, la porte-parole. Mode Bron disait ce matin, c'était sur France info. Elle disait donc action illégale, nous ne laisserons pas faire.

La situation qu'on voit depuis cette nuit, depuis ce matin, n'est pas acceptable. Et donc sur l'appel à manifesté devant l'Assemblée nationale comme sur les tracteurs qui sont en ce moment même sur la place de l'Étoile à l'Arcumphe, je n'ai qu'une chose à dire, tout ça est illégal. Nous ne laissons pas faire et nous ne laisserons pas faire. bloquer partiellement la 13 comme c'est le cas ce matin ou tenter de venir devant l'Assemblée nationale avec toute la symbolique que ça induit.

Euh c'est encore une fois euh euh illégal et donc je le je le redis, le ministre de l'intérieur ne laissera pas faire. Et Éric Albert, il y a toujours la question de de du curseur de la répression. Euh le gouvernement peut-il prendre le risque d'envoyer les CRS charger les agriculteurs ?

Ce qui a enfin ce qui est étonnant, moi j'ai passé 26 ans à l'étranger, je suis rentré en France il y a 18 mois. c'est à quel point effectivement le la puissance symbolique des agriculteurs en France est dominante. C'est quelques centaines de personnes.

On parle déjà d'un débordement de possibles crise politique. On parle d'un accord de libre échange. L'économie c'est pas l'agriculture.

L'économie c'est beaucoup plus gros que ça. L'agriculture c'est un petit morceau. Les secteurs qui vont en bénéficier c'est l'automobile, c'est la chimie, c'est la pharmacie.

Le la colère des agriculteurs est certainement réelle. mais c'est tout petit par rapport à ce qui est en discussion et donc on est dans un eff dans un imaginaire de l'agriculteur qui est au centre de l'identité française peut-être économiquement il ne pe malheureusement pas très lourd et donc s'il y a un problème économique vis-à-vis de l'agriculteur c'est un problème à résoudre avec la politique agricole et pas un problème à résoudre avec le mercure. Alors on va écouter quand même l'un des représentants de la coordination rurale. pointe hein, on l'a dit sur ces manifestations.

Euh syndicat réputé proche de l'extrême droite, on va écouter le présent du syndicat en Lotte et Garogne, il s'appelle José Perz. Il est évidemment très remonté contre cet accord avec les pays du Mercosur. On se rend bien compte que ce gouvernement il n'a aucun pouvoir et le gouvernement de toute façon qu'il le veuille ou qui le veuille pas il passera parce que la France elle est pas légitime et ça passe et ça passera malheureusement et ça créera une concurrence encore plus déloyale et ça tu et ça crèvera encore plus d'agriculteurs.

C'est pour ça que dès aujourd'hui, il faut trouver des solutions pour que les agriculteurs assurent leurs revenus et qu'on arrive à compenser mais mais toutes ces ces contraintes supplémentaires qui vont venir nous peser sur les épaules. Alors, je ne sous-estime pas et loin de là euh la misère de beaucoup d'agriculteurs, les difficultés qui traversent depuis euh euh des années, le sentiment d'abandon de certains euh on pe on pourrait parler aussi de de des de des dépressions, des suicides, enfin je sous-estime pas tout ça, mais est-ce qu'il y a aussi un petit coup politique Vincent Lou avec un syndicat, la coordination rurale proche de l'extrême droite à 2 mois à peine des des élections du premier tour des municipales ? Non, aujourd'hui je vous aurais dit oui.

Oui. Parce que je vous aurais dit parce que je me rappelais je me rappelle la temporalité de l'an dernier. L'an dernier, on était avant les élections des chambres d'agriculture.

Donc oui, il y avait clairement un coût politique de se promener avec un bidon d'essence euh sur euh certains certains positionnements très politiques de la coordination rurale. J'ai envie de vous dire, il y a pas de lien avec les les vous savez les agriculteurs sont aussi nombreux à la campagne que dans le que dans le poids de l'économie. Donc il reste agriculteur agriculteurs par commune.

Donc ils vont pas faire la révolution faire gagnerme droite nous dites. Non non et puis vous savez les derniers sondages pour la présidentielle je vous rappelle quand même parce que les agriculteurs, je veux bien qu'on endosse le fait qu'on vote tous le Pen. Clairement c'est à peu près la répartition française avec un peu moins de gauche.

Il y a moins d'extrême gauche en fait mais c'est à peu près l'enjeu c'était pas de dire que tous les agriculteurs V Le Pen c'est de dire que la coordination rurale a des connexions un peu inédites dans le monde agricole dans le sudouest. Oui, dans le Sud-Ouest, dans le Sud-Ouest, dans le Sud-Ouest, clairement euh et ils en ont et ils ont testé grandeur Nature plusieurs choses euh qui sont du coup qu'il faut pas du tout soutenir parce que autant je soutiens les modérés qui sont pass qui sont montés à Paris, vous savez c'est pas le Sud-Ouest qui est monté à Paris et c'est pour ça que c'est beaucoup plus calme et qu'ils sont tout à fait un peu près normaux ici alors que dans le Sud-Ouest, ils ont eu des comportements qui ont coûté plusieurs millions d'euros et que là je soutiens pas. et le fait de d'agresser un peu la présidente de la de l'Assemblée nationale, bah moi je soutiens la présidente de l'Assemblée nationale parce que quand même elle a le courage de venir au contact alors qu'elle aurait pu rester derrière les ors de l'État et de pas descendre.

Donc vous savez, il y a un double discours où on est dans la provoque. Le gouvernement provoque un peu avec les propos de Mrégon bien sûr parce que ils ont intérêt que ça se durcisse un peu pour dire on va pouvoir resserrer les boulons un peu et puis déplacer un peu le débat. Ils ont pas intérêt à ce que les les tracteurs en question, même s' pas tant que ça continuent de bloquer le cœur de Paris qui est pas seulement le cœur politique mais c'est plus facile de répondre sur le blocage répondre sur le fond quoi d' répondre sur le fond extrêmement difficile et c'est là et c'est là toute la difficulté ou même moi le parlementaire je vous dis comment comment est-ce qu'on trouve des solutions sonnantes et tribuchantes alors qu'on sort d'un PLOA où on a quand même échoué agricole qui est quand même pas un truc qui a fait rêver avait dans les campagnes où il y avait deux trois petits points, deux trois ajustements, mais c'était surtout une vision d'ensemble de de verbiage, de souveraineté et de la loi du plomb où là clairement on rentre on rentre vraiment dans le détail de cet accord sur le mercur de ces enjeux.

Vouz rajouter un mais juste parce que je pense que c'est tout à fait vrai le fait que l'avenir de l'agriculture française se joue pas à l'ône de ce qu'il y a dans le mercur au même titre que le mercur n'est pas d'abord une question agricole. Ça je pense c'est important à rappeler alors que si on regarde l'actualité que c'est un accord agricole et voilà et en revanche je pense que ce qui s'est joué de beaucoup plus majeur c'est la les précédentes mobilisations autour du partage de la valeur et on se souvient de la difficulté pour c'estàd il y a les producteurs qui sont à l'origine de la chaîne après il y a des il y a des un certain nombre de professionnels de l'agroalimentaire qui viennent prendre cette matière la transformer on a souvent évoqué le fait que les marges étaient énormes, que pendant la période de la crise de l'inflation des efforts leur ont été demandé les négociations avec la grande distribution aussi. On a vu que Bruno Lemer qui était en première ligne à cette époque-là n'a jamais réussi à trouver la voie pour que tout le monde s'assille autour de la table et que cette valeur créée à partir de cette matière première soit mieux partagée.

Donc voilà, ça c'est des vraies questions culturelles par lesquelles on a répondu de façon un peu superficielle, un peu facile, un peu populiste sur la seule question des normes et à l'arrivée on en est là aujourd'hui. Ouais. Alors le Mercur, en préparant l'émission, j'ai alors on va pas vous donner toute la liste des pays d'Amérique du Sud concernés parce que finalement c'est presque tout ça.

Ça représente plus de 82 % du PIB de l'Amérique du Sud. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est aussi on va retourner la chaussette si je dire, c'est aussi un marché gigantesque qui potentiellement s'ouvre pour l'économie française et certains agriculteurs d'ailleurs.

Alors déjà pas que pour l'économie française, pour l'économie, on est d'accord. C'est très très important de le dire parce que le but justement de l'Union européenne, s'il y a un élément où on a une puissance, c'est sur l'aspect commercial. On a rien dans l'industrie mais on a sur le commerce.

Donc c'est vraiment très important. Et encore une fois, les gains où faut regarder de ce traiter comme les autres accords de libre échance, englobage encore en totalité pour tous les États pas que la France, tous les États est positif. Pourquoi il est positif ?

Parce qu'on va en effet exporter massivement des produits à plus forte valeur ajoutée. Vous l'avez dit, industrie, médicament, métallurgie, chimie. et on va importer des produits à plus faible valeur ajoutée.

Donc en terme de création de valeur, l'Union européenne est gagnante. L'Union européenne. Et encore une fois, on va lui dire "Ah mais nous la France, euh vous allez aux États-Unis, la Californie est leader dans la tech et nous les États-Unis." Bon bah là c'est le même principe.

Lorsque nos voisins et même si en effet les Allemands vont exporter plus d'automobiles, nous par exemple on est très bon encore dans les médicaments. Là aussi on va en profiter. Donc le but c'est d'être gagnant gagnant.

C'est pour ça qu'on a un marché unique et qu'on en fait partie. Donc ça c'est quand même quelque chose de très important. Deuxième élément, c'est l'aspect protectionniste.

Pourquoi nos partenaires européens nous regardent un petit peu bizarrement ? Bon, il y a aussi des Italiens en disant "Mais voilà, pourquoi remettre en cause cet accord ?" Ça vous a pas échappé depuis 15 ans, il y a une montée importante du protectionnisme.

Avant, on était dans le nom de tarifaire, maintenant le tarifaire depuis qu'il y a Donald Trump. On sait qu'il y a certains marchés notamment voilà chinois, c'est très compliqué ou américain maintenant. Et donc là, on se dit on a quand même un marché exactement pour avoir [rires] des débouchés pour l'industrie européenne qui nous a pas échappé ne va pas mieux.

Éc Albert, pour l'instant, c'est ça donne quoi les échanges Union européenne Amérique du Sud ? C'est pas grand-chose. Les échanges, c'est à peu près 100 milliards de de d'euros d'échange dans les deux sens.

C'est h fois moins que les échanges avec les États-Unis. Donc, il y a de la marge. C'est c'est simple, c'est loin le Brésil, l'Argentine.

Donc les échanges, c'est compliqué et de toute manière les droits de douanes aujourd'hui sont très élevés sur l'automobile qui est l'un des grands espoirs de de cet accord. C'est 35 % le droit de douan actuellement. Donc envoyer une une automobile produite en France ou en Allemagne, c'est très compliqué.

Mais il faut vraiment garder raison sur cet accord parce que la Commission européenne de ses propres calculs espère 0,05 % de croissance supplémentaire du PIB d'ici 2040. Les quotas sur l'automobile se remplacent pendant 6 ans. Pendant 6 ans, il se passera rien.

Ensuite, progressivement, les droits de douanes vont descendre. Ça va prendre 15 ans. On est vraiment sur des pays lointains, pas très riches euh et euh une mise en place très lente sur les importations de bœuf.

Il y a un quotas, ce qui est l'équivalent de 1,5 % de la consommation européenne. Donc on est vraiment sur des choses qui sont quand même assez marginales. En revanche, il y a des choses vraiment importantes au niveau géostratégique.

Il y a Donald Trump qui met au droit de douane, la Chine qui nous envoie les les excédents. C'est peut-être pas le moment de se couper de marché supplémentaire. Tiens, vous parliez de la de la viande, du bœuf.

Hélène qui nous écrit de l'alva d'Ardèche, on va importer des viandes impropres à la consommation et exporter notre bonne viande. Est-ce que c'est aussi caricature ? C'est de la caricature, on l'a entendu pendant le CTA pour 20 tonnes de viandes.

Le CTA c'est l'accord avec le Canada qui a été vraiment gagnant gagnant parce que c'est un accord qui a commencé il y a 10 ans et donc là on peut quantifier réellement ce qui s'est passé. On n'est pas dans le dans les potentialités dans la prospective. H c'est un accord gagnant gagnant qui a marché pour le Canada, il marchera pour le Mercur.

Moi j'ai soutenu C. Donc vous y êtes vous y êtes favorable à c Non mais moi j'étais le seul à soutenir en commission économique le CTA. J'ai soutenu comme j'ai pu Merure mais la vague est trop haute les gars.

On fait de la politique, on s'est pris la vague sur la figure et que quand on fait de la politique, on s'adapte aussi au contexte politique et je vais pas être le seul le seul à un moment à dire pendant une motion au Sénat, je vais voter pour le Mercur alors que j'ai tous mes paysans et que je suis agriculteur. Pourquoi ? Si c'est dans l'intérêt du pays ?

Mais c'est l'intérêt du pays. Mais quand vous avez la tête qui va Et ben oui. Non mais moi l'intérêt du pays, je l'ai ancré au corps.

Par contre quand je vois un président de la République qui s'est embourbé dans cette histoire et c'est autre chose. On parle vraiment de l'accord et de l'aspect écositif et la le portage politique par le président de la République d'un accord. Ah bah oui mais quand la tête va pas le corps peut pas bien aller.

Je suis désolé. On va y revenir sur le rôle d'Emmanuel Macron et les et les et les hésitations pour être sympa de parlementaire. Je peux vous dire que c'est un bon accord, on le sait, on l'a dit, on l'a dit, qui est inacceptable pour les agriculteurs parce que ils ont tellement le malêtre, c'est vraiment Oui.

Mais pas pour tous les agriculteurs. Les agriculteurs, écoutez, je vais vous dire une chose. Tous les agriculteurs me disent "Mais on sait très bien que vous allez signer cet accord.

Il y a que les il y a que les idiots utiles, des communiquants, de des politiques qui ont cru que les agriculteurs croyaient vraiment qu'on allait pas signer l'accord." Salon de l'agriculteur dernier, j'ai indiqué à Interbève. Interbève au courbève c'est la filière de la viande Bovine.

J'ai indiqué devant tout le conseil d'administration pendant le salon qu'on allait signer Mercossure. Écoutez c'est une position j'y allais en tant que secrétaire national de l'agriculture pour horizon. J'ai on a posé la question la salle s'est pas renversée, je me suis pas fait virer.

Ils m'ont dit bah on sait bien mais c'est que dalle. On parle de 100000 de viande alors qu'on en apporte déjà 200000 tonnes. Donc vous savez les agriculteurs au fond de leur petit cœur ils savent très bien qu'ils vont pas se faire manger par les méchants mer.

On parle du rôle d'Emmanuel Macron dans une minute mais quand même une question sur le la souveraineté alimentaire. J'entends souvent cet argument Eric Albert est-ce que vous avez un peu répondu tout à l'heure mais est-ce que cet accord met en péril notre souveraineté alimentaire ? Encore une fois vu les volumes dont on parle non.

Est-ce qu'il y a une question plus profonde à poser sur la souveraineté alimentaire alors que effectivement on s'est découvert pas souverain sur les terres rares, pas souverain sur les panneaux solaires, pas souverain sur un certain sur les puces électroniques. Peut-être qu'il faut se poser la question mais au moins au niveau européen, pas au niveau franco-français parce que ça devient ridicule et de toute manière c'est pas le mercur qui qui est le sujet de la souveraineté alimentaire. Ouais.

Question de Jean-François de Longlet l'abaye, on parle beaucoup du mercur, est-ce que la vraie question c'est pas surtout que l'agriculture française n'est plus soutenue correctement depuis des années ? Je vous allez avoir la réponse là-dessus, la la parole là-dessus, mais est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Parce que on a quand même l'impression que l'agriculture française, on parle de la politique agricole commune, ça fait frémir tous nos partenaires vu en effet l'argent que l'on a dans ce secteur.

Donc c'est sûr que nous on peut dire il y a des difficultés. Moi je crois que le grand problème comme on l'a pour l'industrie, c'est qu'on a pas de vision à long terme de quelle agriculture on veut. Et donc comme pour l'industrie, on soupre, on essaie de combler les brèches dès qu'il y a un problème, mais on sait pas quel type d'agriculture on veut.

C'est vrai que les pays nordiques par exemple, eux ont fait des choix clairs sur certains secteurs, une agriculture plus intensive et cetera. Nous, on n'a pas vraiment vraiment fait de choix et on se retrouve aujourd'hui avec une agriculture très diversifiée dans un monde qui a changé notamment en terme de demande. On sait qu'on consomme moins de viande, enfin bon voilà qu'il y a des changements qui sont importants et donc c'est sûr que bah ça a des conséquences.

Alors, vous pourrez nous faire le bilan des années Macron en matière de soutien à la ferme France dans dans un instant, mais je propose à Jonathan de nous expliquer tout de suite. il faut remonter un peu dans le dans le temps reprendre les revirements d'Emmanuel Macron sur ce dossier Mercosieux. Ouais, parce que depuis 8 ans, moins qu'on puisse dire, c'est que le président français a varié. ces attermoiements, ces revirements sont d'ailleurs symptomatiques.

Des tensions qui existent entre d'un côté ces ambitions européennes, les exigences climatiques, la réalité des contraintes politique notamment, on l'a beaucoup évoqué la pression des agriculteurs. En fait, à la base, il faut le rappeler quand même Emmanuel Macron, il était favorable, très clairement favorable à cet accord de de libre échange comme d'une manière générale d'ailleurs à tous les grands accords commerciaux de l'Union européenne. Alors, à condition, d'ailleurs comment dire autre chose, que ceci soit équilibré et exigeant sur le plan environnemental.

C'est une formulation suffisamment floue pour pour avancer. Mais alors si on cherche des dates, quand change-t-il d'avis ? Bah la première Volteface, elle intervient en 2019, donc 2 ans après son son élection dans un contexte un peu particulier au mois de juin.

Donc il juge encore que l'accord était bon à ce stade. Il y avait encore des choses à négocier, mais il était plutôt favorable. Et puis de tout d'un coup depuis le G7 de Biaritz, il annonce qu'il s'oppose désormais à l'accord UE Mercosour en l'État.

Et pour justifier cette évolution, la façade c'est le bras de fer avec Jair Bolsonaro sur fond d'incendie en Amazonnie, sur fond de mensonge climatique du président brésilien. mais déjà avec une grogne et une colère qui monte dans le monde agricole. Et cette rupture en fait, elle est elle vient se heurter d'une certaine manière au 2 ans de crise Covid qui permettent de mettre un peu tout ça sous le tapis et tout ça revient en fait en 2023.

Donc s'est mis en sommeil pendant 2 ans. Macron maintient sa ligne mais 2023 alors là il y a un pas en avant, deux pas en arrière, on s'y perd. Bah oui, parce que d'un côté Macron a vu le calendrier s'accélérer avec le retour de Loula, la volonté de donc Loula, la tête du du Brésil, la volonté de la présidente de la Commission européenne Sula Van Derlen soutenue par l'Allemagne, soutenue par l'Espagne de conclure l'accord sans tarder.

Le timing s'accélère, euh il considère, comme ça a été rappelé que le mercur c'est d'abord un levier stratégique face à la Chine et aux tensions commerciales avec les États-Unis. Et de l'autre quand même, c'est ce feuilleton français mais qui est pas à prendre à la légère quand on est à l'Élysée et qui a beaucoup de raisons, c'est la pression et la colère des agriculteur. Macron il s'est retrouvé pris en étu il a multiplié les signaux contradictoires.

Il a pas assumé de vendre ce qui était l'intérêt de la France et l'intérêt plus large au-delà des seules questions agricoles. Et sur la scène européenne, en fait, il a pas obtenu grand-chose tout en mettant régulièrement le feu au poutre sur la scène nationale. Puis alors, il y a une dernière prise de parole importante. on est à la COP au au Brésil, donc c'est mi-décembre.

Euh, il laisse entendre que les clauses de sauvegarde obtenues, bah finalement ça rend l'abtion possible. Oui, on a le sentiment voilà qui finit par réatterrir en disant voilà cette période a été profitable, utile, mais dans la seconde, c'est tellement éruptif et c'est devenu tellement un totem qui rétropédale dans la seconde devant la colère que ces mots ont généré. Et on se souvient de la dernière séquence qui s'est jouée en décembre dernier.

Il y a eu cette espèce de tentative un peu désespérée du couple notamment franco-italien de dire "On a obtenu un rép, on a obtenu encore une petite fenêtre pour pour négocier." C'est ce moment où Emmanuel Macron essaie de coaliser une minorité de blocage. Donc voilà, ça ça négocie un petit peu.

Il y a de dernières avancées qui sont annoncées par la Commission européenne ces derniers temps et l'Italie qui lâche la France. la minorité de blocage qui explose. Bref, la France a perdu son bras de fer.

Macron se retrouve dans une situation où en fait il est forcément perdant aujourd'hui sur le plan politique. S'il soutient l'accord, il met le feu au monde agricole et expose même le gouvernement à une mention de censure. pour rappeler qu'à l'assemblée l'ensemble des groupes parlementaires ont voté même si c'était tout à fait symbolique contre le Mercosur et si l'accord est ratifié contre l'is de la France puisque ça reste la position officielle ou à minima une abstention une abstention mais qui serait voilà perçue comme un comme un vote contre sa faiblesse sur la scène européenne apparaîtrait d'autant plus patente qu'elle fiasco.

H effectivement vous dites le même mot à sans lou je l'ai dit hier he c'est un naufrage. Le monde l'a écrit he Mercoûure, le mauvais paris diplomatique de la France et et la chute est est dramatique. Faute d'avoir eu le courage de regarder cette réalité en face et tenter d'expliquer clairement au français le pays est sur le point de perte sur les deux tableaux.

Isolé sur le plan diplomatique et affaibli sur la scène européenne. Il pourra difficilement éviter une crise agricole au pire moment pour un président en bout de course, un gouvernement sans majorité et des partis prêts à instrumentaliser la détresse agricole. On en a parlé tout à l'heure.

Donc j'ai envie de dire encore une fois on n'a pas eu de courage, la parole politique s'abîme. Mais pardon, vous êtes membre du parti Horizon, il y a eu un Premier ministre qui a créé ce parti dans dans les 8 ans au pouvoir de Il y a Oui, mais il y a eu des il y a eu le Covid, il y a eu beaucoup de choses qui sont qui sont qui se sont mises. Il y a d'autres urgences pour un gouvernement.

Vous savez, gouverner c'est on dit c'est prévoir mais c'est aussi c'est gérer les crises. Prévoir la stratégie, on voit sur l'agriculture ce que ça donne, on prévoit pas grand-chose. On n pas de stratégie sur l'énergie.

On a on on on a dans la panade sur sur la vraie vision de l'État. Donc aujourd'hui, on a un monde agricole en bout de souffle. Oui, c'est un gros budget la politique agricole commune dans le projet européen qui diminue tout le temps parce qu'on est commencé très haut et on finit maintenant à 35 %. 7 8 milliards pour la France.

Euh bon le problème c'est que ça a jamais été revalorisé depuis 1992. Donc vous avez perdu 45 % 50 % de la valeur. Ce que ce que les agriculteurs touchient en aide direct en 1992.

Ils ont la moitié du pouvoir d'achat aujourd'hui et si vous rajoutez cette moitié, il y a plus de problème dans la dans la France agricole. Donc on a ils ont un sentiment d'abandon, de surtransposition, tout un tas de problèmes sur l'eau, sur le loup, sur l'ours où on trouve pas de solution. Donc à un moment euh la la salle surbif et et Mercure n'est qu'une excuse euh pour quelque chose qui est qui est vraiment un mal-être massif de la de la de la profession agricole.

Question de Katia qui nous écrit de Cimp. Comment peut peut-on à la fois protéger les petites exploitations tout en restant dans le jeu économique mondial ? C'est cette absence de choix en fait dont vous nous parliez tout à l'heure de Sophie.

Oui, complètement. C'est un peu l'idée du du traité commercial, c'est de dire bon voilà, on est un gros bloc l'Union européenne et c'est aussi grâce à ça qu'on reste un peu dans la course. Si on l'avait pas, on serait complètement exclu.

Et donc forcément le but c'est d'avoir un calcul sur en terme global est-ce qu'on est gagnant ou pas. Et donc vous l'avez dit, quand vous regardez en terme global, on est plutôt gagnant, on le dit, on va exporter des produits à plus forte valeur ajoutée et aussi d'une manière diplomatique. Et après, normalement, dans l'accord, on a des éléments de compensation pour en effet dans certains secteurs qui peuvent être touchés et bien essayer de compenser pour avoir moins moins d'impact.

Et est-ce que on est gagnant, alors là, je vais pardon être un peu franco-français, mais est-ce que on est gagnant aussi pour l'agriculture dans cette dans cet accord ou est-ce que c'est le sacrifié le secteur sacrifié de l'accord ? Les chiffres globaux de la Commission européenne pour 2040, c'est que l'agriculture européenne dans son total hyper européenne hyper. D'accord.

Donc c'est c'est très clair. Mais au total l'industrie européenne, il gagne nettement plus et donc l'un dans l'autre voilà c'est jugé positif. Mais oui, c'est négatif pour les ailvers de bœuf. pas beaucoup on l' dit quot mais oui c'est négatif pour un certain nombre d'agriculteur c'est positif pour pour les exportateurs de vin c'est positif pour tous ceux qui ont des appellations contrôlées des fromages par exemple qui peuvent spiritu voilà que ce sera reconnu par les pays du mercure mais l'un dans l'autre oui l'agriculture il perd donc en principe sur un accord comme ça il faut compenser effectivement les agriculteur ou alors justement on va on va en parler de de ces compensations c'est vers Bruxelles que les regards se tournent on va voir ce que Ursula Vanerl a annoncé c'est Stéphan du gayet qui nous explique tout ça.

Bonsoir Stéphane. Pour arracher une signature de la France mais aussi de l'Italie, la Commission européenne a donc fait des concessions et la première d'entre elles Thomas, elle est financière. OursA van Derleyen, la présidente de la commission a répondu aux demandes de l'Italie notamment sur la future politique agricole commune qui court de 2028 à 2034 alors que son montant total sur la période actuelle était de 387 milliards d'euros.

Il devait baisser. La commission prévoit donc en réponse de débloquer 45 milliards d'euros de façon anticipée dès 2028. De quoi réjouir l'Italie et Georgia Méloni qui votera pour l'accord avec le Mercosur.

Alors il y a d'autres concessions qui ont été réalisées plutôt en direction de la France cette fois. Oui, l'arrêté du gouvernement français qui interdit. L'importation de certains produits traités avec des pesticides bannis en Europe a été publié mercredi.

L'utilisation de ces substances est considérée par les agriculteurs comme de la concurrence desloyales puisque ne peuvent pas les utiliser. La commission s'est donc engagée dans la foulée de la décision française à interdire trois des cinq produits interdits donc par le gouvernement le Cornuit. vous les voyez qui s'affiche des pesticides qu'on retrouve notamment dans les mangues ou les papailles et la commission va également baisser les droits de douane sur les engrais azotés.

Oui, une mesure qui a un but. Limiter les prix de ces engrais, c'est d'ailleurs une des raisons, une des motifs de la colère des agriculteurs. Alors, pourquoi ces prix augmentent-ils ? et bien notamment parce que ces fertilisants sont concernés par la taxe carbone européenne aux frontières qui entre en vigueur cette année.

L'autre concession annoncée par la commission, c'est donc la sortie de ces engrais de cette taxe carbone. Mais c'est encore un loi d'être fait. encore le vote des Étatsmembres et le vote du Parlement européen et puis on va rester au conditionnel parce que l'Union européenne pourrait durcir les clauses de sauvegarde.

Oui, ça fait partie des des pistes qui ont été évoquées mercredi hein par les ministres de l'agriculture, des États membres de l'Union européenne. Ces clauses de sauvegarde sont imaginées pour prévenir toute déstabilisation du marché par l'importation de produits du Mercosure. On parle ici par exemple du bœuf, du sucre, du poulet ou encore de l'éthanol.

Il a déjà d'ailleurs déjà eu un accord he là-dessus pour l'établissement de quotas de produits latino-américains détaxés. Les États aimeraient en plus que la commission puisse intervenir pour rétablir des droits de douane dans deux cas. Le premier si les volumes d'importation de ces produits augmentent de plus de 8 % ou encore si les prix de ces importations baissent de plus de 8 %.

Tout ça est calculé sur une moyenne de 3 ans. La France aimerait d'ailleurs baisser ses seuils à 5 % et même si cette mesure he venait être à être ajoutée, rien ne dit que les États du Mercosour la respecteraient parce qu'elle arrive très tardivement. Oui, effectivement, alors que ça fait des années, voire des dizaines d'années qu'on qu'on négocie.

Merci Stéphane. 45 milliards d'euros en plus quand même. Ça suffit pas.

Non mais déjà c'est Mélanie a fait un bon coup sur ce couplà. Elle a soutenu les Français, elle voulait une augmentation du budget de la PAC. Elle a mis dans dans la NGO la négociation, elle a eu cette augmentation de budget et après elle a ravalé sa signature.

Euh tout ça c'était bien orchestré, ça a arrangé tout le monde. Mais elle a fait un coup politique très fort. On croit que c'est la France qui a eu les 45 milliards en plus de c'est elle a joué très finement.

Mais il y en aura aussi un peu pour la France pour les mais sûr parce que c'est 45 milliards. Déjà c'est pas sonant et tribuchant parce qu'on parle pas du premier pilier, on parle du pilier qui est fongible avec le premier pilier. Donc ça sera vraiment une décision, c'est un peu technique mais ce que je veux dire c'est que c'est pas aussi simple que ça.

C'est pas aussi simple que ça déjà préserver le budget à minima et la ministre de l'agriculture au moins je la remercie de l'avoir dit parce que un minima euros constant c'est une bonne chose parce que je vous ai dit he on a perdu 50 % de la valeur. Donc on va arrêter un peu l'hémorragie surtout dans un contexte où la concurrence est énorme. Les Américains changent le le les flux commerciaux. les Chinois se retrouvent à être très agressifs pour se déverser en Europe et c'est une réalité et c'est valable pour tout.

Donc on a une tension très forte. Les produits agricoles deviennent aussi un sujet de compétition. On voit bien le blé le blé a baissé.

Vous savez pourquoi ? Parce que l'aide alimentaire américaine a été arrêtée et qu'on a remis sur le marché des millions de tonnes de céréales qui étaient avant donné gratuitement dans le restant du monde. Donc vous avez déséquilibré un marché. les pauvres n'achètent pas plus de blé, mais vous avez une un état de surproduction de quelques quelques quelques pourcentages et ça entraîne une baisse de 30 % du prix.

Et nous là où on est euh vous avez très bien dit tout à l'heure, nous notre problème d'agriculteur c'est que pour 50 60 70 % de nos productions, on est connecté les droits dans la prise dans le cours mondial. H on joue pas du tout dans un cours euréen comme le marché de l'énergie ou dans un [rires] cours français franco-français pour la paye du journaliste que vous êtes. On pourrait faire aussi la paye mondiale pour le journalisme et puis vous donner des subventions parce que c'est 1000 € vous voyez et je pense que ça vous ferait beaucoup moins rire.

Bien sûr sû nous c'est pour c'est dégradant d'une certaine façon mais c'est dégradant mais bienvenu dans le monde réel de règles de l'OMC qui nous plaisent ou qui nous plaisent pas mais qui sont des règles. On peut toujours les changer mais c'est une ambition qui est très forte dans un contexte macroéconomique qui est changeant où on sent que tout est tendu. Donc on va pas révolutionner le monde sur les clauses miroir qu'on va imposer au restant du monde.

On va respecter deux trois règles de l'OMC parce que je vous rappelle que Trump met à mal quand même beaucoup de règles dans ce monde qui est en train de vacciller. et réussir à nous récupérer la compétitivité ferme encore une fois on l'a dit il faut trouver des solutions et c'est pas facile ou un mot quand même sur ces clauses de sauvegarde il y a beaucoup d'agriculteurs qui disent qu'elles sont trop compliquées que en fait bah on réussit pas à se protéger avec ces clauses de sauvegarde. Oui.

Euh et mon sens c'est pas que pour le secteur de l'agriculture hein, c'est vraiment un une question d'énorme hein, on l'a dit, on prend un exemple. Alors, c'est pas forcément pour le mercosour, mais on voit par exemple la banane que je connais un peu qui est la banane européenne qui a baissé le plus ses pesticides et qui se retrouve en concurrence avec en effet de la banane sud-américaine où comme vous l'avez dit, il y a il y a ces accès. Donc là, il y a vraiment un vrai problème d'avoir à mon sens un marché qui est encore trop ouvert, notamment par rapport à nos partenaires.

Le but c'est pas nous on est bien ou pas, on s'en fiche, c'est par rapport à et les autres en effet aujourd'hui ne jouent plus le jeu, protègent leur marché et nous sur ces norme sur ces pesticides à mon sens et bien on devrait être voilà beaucoup plus fermé et ne pas être dans cette concurrence desloyales puisque là en effet l'agriculteur qui pas les mêmes choses, il va pas avoir les mêmes coûts de production, il a aucune chance sur ce type de sur ce type de production ou sinon faire du haut de gamme et ou des appellations et ça emène on tout moyenne gamme ça marche pas on l' C'estàd qu'on a voulu spécialiser dans le gamme et on a perdu on s'est spécialisé dans le haut de gamme, le bas de gamme, moyen de gamme. Maintenant, il est importé, il vient de partout et on est on se retrouve en 10 ans. On a bah oui, mais si on fait ça pour toute l'agriculture, le risque le risque par rapport au parce que le mammout dans la pièce s'appelle quand même l'Ukraine he dans sa capacité de production, l'Ukraine produit autant de blé que toute l'Europe réunie.

Enfin là attention, on joue pas avec les nains de jardin. Euh c'est pas le Luxembourg ou le la Belgique qui vient nous envahir. C'est c'est là attention, on est sur du massif sur des gens qui qui sont déjà détenus par des grands porteurs de capitaux avec des fermes de jusqu'à 300000 hectares.

C'est pas du tout le même schéma économique avec en plus des des fermes qui utilisent tous les produits pas autorisés en Europe. Et aujourd'hui les idiots utiles un peu du commerce européens disent "Bah c'est l'effort de guerre." Donc on fait on on ferme les yeux sur les importations.

Tous les agriculteurs me le disent. On ne supporte pas ce depoids de mesure par rapport aux normes françaises. Alors il y a aussi dans ce dossier une dimension qui est passionnante, c'est la dimension européenne de la place de l'influence de la France au niveau européen, de son isolement.

On va on va tiens écouter d'abord Georgia Mélonie. On est le 19 décembre dernier. C'est ce que vous nous décriviez tout à l'heure.

C'estàd que quand elle met la pression sur Bruxelles juste avant un report de signature qu'elle va obtenir. Écoutez, nous travaillons à reporter le sommet du Mercur, ce qui nous offre quelques semaines supplémentaires pour répondre aux demandes de nos agriculteurs et prendre les mesures de sauvegarde nécessaires pour nos produits. Nous pourrons ainsi approuver l'accord lorsque nous aurons toutes les garanties exigées par un secteur qui pourrait autrement être affecté.

Et donc décision de Bruxelles, 45 milliards de plus dans le budget de la Pâque. L'Italie décide de signer l'accord. L'Irlande en revanche maintient son vote contre par la voix du vice-premier ministre irlandais qui dit bien que l'Union européenne accepté un certain nombre de mesures supplémentaires, notre position demeure inchangée, elles sont insuffisantes.

On vote contre l'accord. On peut peut-être expliquer Éric Albert que la France et l'Irlande ça suffit pas à bloquer à bloquer la signature. C'est ça.

Il fallait il fallait plus de pays pour réussir à bloquer. C'est pas le cas. La France se retrouve complètement isolée et franchement dans une situation ridicule, il faut dénoncer quand même la les l'ensemble des partis politiques français qui ont été d'une hypocrisie complète en votant contre le Mercur, sachant pertinemment que leur vote un ne servait à rien et que deux. de toute manière les négociations arrivaient à leur terme et que le Mercosour serait voté et se retrouve et ont mis la France dans un coin tout seul complètement isolé.

Ça démontre par ailleurs que la France n'a plus de voix très forte aujourd'hui parce que on a un président qui est en bout de course euh un budget qui pas de budget d'ailleurs pour 2026 et des déficits qui qui n'issent pas de dépasser les promesses euh et aujourd'hui c'est une démonstration de plus de faiblesse de la France au sein de l'Union européenne très clairement. Bon c'est c'est clair c'est plié avec où sont la France l'accord il sera voté. Ben oui, il va être voté.

Mais j'ai envie de vous dire qui euh a cru euh réussir à faire marche arrière sur ce sujet-là ? Enfin, franchement pardon, mais beaucoup de beaucoup de politiques ont fait croire ça, on voulu faire croire ça au français. Oui, mais euh vous savez, à force d'écouter aussi euh la fable aussi des des clauses miroirs, on nous fait croire qu'on peut inventer des nouveaux systèmes qui sont pas opérables à l'OMC.

Donc le narratif, il est génial dans la presse en fait. On va faire des clauses de sauvegarde et des clauses miroir. Clauses de sauvegarde, ça existe déjà pour la tomate avec le Maroc inapplicable.

Euh et ne pas oublier que les clauses de sauvegarde marche dans les deux sens. Donc ça peut se retourner contre nous parce que automatiquement ils peuvent l'activer si eux aussi et les clauses miroir qui sont censés nous protéger de de produits qu' avit de pesticides. En fait, ça marche pas.

Non, ça marche pas parce que les règles de l'OMC, vous pouvez interdire les produits qui rentrent sur le marché européen si vous prouvez qu'il y a une nocivité pour le pour le consommateur. Donc c'est la ça s'appelle la les limites maximum résiduelles. Et quand on interdit en plein mois d'août euh le retour de la cétaméride, au même moment, quelques mois après, on augmente par 100 cette limite dans la noisette et dans tous les produits importés en Europe.

Les paysans, ils ont tous vu ça. Ils se sont dit "Mais en fait on nous prend pour des couillons, on est le seul pays à avoir interdit une molécule et en plus on l'importe de la Turquie avec des limites augmenter énormément." Jeattends un mot.

Non mais je pense que c'est quand on entend tout ça. Moi moi j'avoue qu'il y a plein de subtilités qui m'échappent parce qu'on est dans une technicité parfois de produit et je pense que quand on a les politiques, il y a eu un je pense un manque de responsabilité évident et en même temps il y a une un fond de sauce dans l'opinion de rejet du libre échange d'une manière générale sans trop savoir pourquoi, sans trop comprendre quels sont les enjeux, mais entre le discours de souveraineté qui est porté au sommet de l'État, de protectionnisme qui est quand même le mot à la mode dans l'Europe en disant on a été naïf, il faut se protéger, il faut se fermer. Quand on voit ce qui existe dans les différentes zones du monde où face à une guerre de plus en plus brutale, on finit par se dire on va compter sur le marché européen, on va se fermer.

Donc c'est vrai qu'il y a une hypocrisie et en même temps une difficulté à porter un autre discours sur ces questions là. C'estàd que la remise en cause du libre échange par rapport à ce qu'a promesse du libre échange, les conséquences qu'il y a eu dans plein de domaines, on évoquait l'industrie mais voilà, il y a quand même eu même au sein de l'Union européenne des espèces de concurrence déloyal les gens se braquent et finissent par se dire le le côté populiste, le côté souverainiste, le côté nationaliste, il y a bien quelque chose qui est partagé on a perdu là du coup on a bien perdu d'accord avec vous mais il y a il y a aussi des milliers des dizaines de milliers je sais pas combien des centaines de milliers de salariés qui sont dans des secteurs qui vont profiter potentiellement de cet accord et alors moi il y a quelque chose qui me frappe Sophie c'est que les lobby ils peuvent être très puissants, ils peuvent être très vocaux parfois mais alors là les secteurs de notre économie qui vont en profiter on les entend pas. Bah je pense que ça a été très bien dit vu le portage politique et que il y a eu quand même beaucoup de choses fausses qui ont été dites sur cet accord.

On voit que c'est plutôt quelque chose comme vous l'avez dit qui cristallise des problèmes de fond dans l'agriculture de fait de pas avoir de vision et cetera. Bon voilà qui transfers tout le pays et ce cet accord voilà politiquement est porté. Donc on dit "Ou là là attention tout le monde déteste cet accord.

J'ai pas commencé à dire que moi je suis gagnant, que tout va bien, mes exports passions vont augmenter et que je vais avoir plus de valeur ajoutée." Ce qui est vraiment dommage parce que encore une fois économiquement on le voit et on a de nombreux accords, on peut l'évaluer. Ces accords de libre échange sont une force.

Un le fait que l'Union l'Union européenne soit une puissance commerciale. C'est pour ça qu'on nous parle encore un petit peu. On n plus aujourd'hui un géant, une forte puissance mais on est encore invité.

Donc là aussi, on est vraiment aujourd'hui dans un jeu de puissance, dans un jeu de taille de marché, hein. On vous parle uniquement parce qu'on regarde combien vous avez d'habitants et combien de valeurs ajoutées, sinon vous êtes plus du tout dans le jeu. Et c'est juste comme ça.

C'est pas on est pour ou compte, c'est juste factuel. Et un homme politique et un homme politique, on lui demande d'avoir du courage, de dire la vérité, d'avoir un sens, un cap. Et franchement là, toute notre classe politique, elle n'a pas été à la hauteur.

Même moi, j'ai été faible en en à un moment en soutenant des motions parce qu'on va pas se retrouver tout seul. Vous savez, il faut qu'on balaye un peu devant notre porte. les agriculteurs et notre population est prêt à tout comprendre sur tout un tas de sujets qu'on considère comme trop complexes et à la fin les populistes s'en emparent, ils font monter la mayonnaise et vous voyez la mayonnaise monte très bien sur plein de sujets comme ça qui sont très euh faciles à manipuler et je pense vraiment que le début le le débat mérite vraiment mieux et le débat politique encore une fois quand la tête va bien le corps va aller mieux les populistes ça va jusqu'à Bruno Rotaillot qui je rappelle menace ce matin encore à la radio le gouvernement d'une motion de censure c'est le mercur est voté Est-ce queil y a il y a un mot que vous employeriez ?

Oh c'est très très mal dit mais bon j'ai essayé de rajouter le i nécessaire facilement. [rires] C'était on s'était raté mais c'est pas grave. C'est le mot hypocrisie dans ce dossier.

C'est une hypocrisie complète de l'intégralité de la classe politique française. L'ensemble des partis politiques a voté contre le la main sur le cœur en disant c'était une catastrophe. Mais effectivement la prochaine fois qu'il y aura une fermeture d'usine automobile, on va dire mais pourquoi n'on pas protégé les usines automobiles ? peut-être parce qu'il aurait fallu signer cet accordenir parce que c'était bon pour cette cuisine.

Donc c'est facile de se focaliser sur quelques centaines d'agriculteur mais c'est vraiment voir l'arbre à la place de la forêt. Merci beaucoup. Merci à à tous à toutes d'avoir participé à ce débat.

Évidemment Éric Albert, on vous lit avec attention dans les pages du quotidien le Monde. Merci et à bientôt sur sur Public Sénat. Yeah.