Ian Brossat : « Tout peut encore changer si les quartiers populaires vont voter ce dimanche »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Yann Brossat. Bonjour. On va revenir sur toutes ces actualités avec vous, mais d'abord on va regarder ce qu'il fait la une en région.
Et évidemment, sans surprise, on parle beaucoup des élections municipales à J-4 du deuxième tour. On va parler évidemment de toutes ces alliances, mais déjà si on doit tirer un premier bilan de ce premier tour, vous diriez quoi ? C'est les Insoumis qui sortent grands vainqueurs de ce premier tour des élections municipales ?
Je pense que c'est plus contrasté. Après ce sont des élections municipales donc par définition ça renvoie à des situations locales. En tout cas ce que je vois c'est Et que dans ma ville, Paris, où beaucoup avaient enterré la gauche et expliquaient que la victoire de la droite était inéluctable, que Mme Dati était superstar, nous sommes arrivés 13 points devant avec Emmanuel Grégoire.
Et donc ça montre que dans un certain nombre de territoires, la gauche résiste bien et tant mieux. Vous connaissez par cœur toutes ces...
Voilà, les implantations, les histoires de récits aussi médiatiques depuis dimanche. C'est quand même les Insoumis qui sont devant et qui revendiquent la victoire. Est-ce que vous leur accordez cette victoire ?
Je pense que toutes les tant mieux parce que c'est la démocratie qui a parlé et par ailleurs, c'est ce que je souhaitais. En l'occurrence, la gauche arrive en tête à Lyon comme à Paris et donc ce que je souhaite surtout, c'est que ce soit confirmé ce dimanche. Donc vous ne donnez pas le point aux Insoumis mais peut-être sur la stratégie simplement des Insoumis, la stratégie de la conflictualisation.
On a beaucoup parlé des Insoumis ces dernières semaines. Est-ce que vous reconnaissez cette stratégie qui était souvent décriée peut être la bonne ? Je ne suis pas un analyste politique, je suis un responsable.
Oui. Oui. Il dit que je suis un élu.
Et donc moi, je ne suis pas là pour commenter des situations. Je suis là pour faire en sorte qu'on ait des majorités de gauche dans un maximum de territoires et notamment dans ma ville, Paris. Donc no comments sur la stratégie de l'Insoumis.
Je n'ai pas de commentaire particulier à faire, ce qui est sûr, puisque vous avez absolument envie que je le fasse. C'est que lorsqu'une formation politique est au cœur des débats en bien comme en mal, ça lui nuit mais ça lui profite aussi et d'une certaine manière quand on concentre tout le débat politique autour de la question des insoumis, qu'on les met au cœur du débat, évidemment que ça a un certain nombre de conséquences électorales. – Vous savez quoi ?
On va encore parler des insoumis. Puisqu'à Paris, on connaît donc le casting définitif. Ça sera sans Sarah Knafo, mais donc avec avec Sophia Chikirou, la candidate insoumise, qui a organisé un meeting hier.
On va l'écouter et puis je vous donne la parole. Le candidat du Parti Socialiste, M. Grégoire !
Donc quelle leçon vient-il me donner de l'opposition à Rachida Dati. La première opposante à Rachida Dati dans cette élection de deuxième tour, c'est Sophia Shikiru. Personne d'autre ne s'opposera plus et C'est mieux que moi à la droite.
Personne n'en est capable. Sophia Chiquio qui maintient donc sa liste, vous le regrettez ? Je pense qu'elle aurait dû se désister, de même que M.
De Logu l'a fait à Il faut voir ce que nous avons face à nous. On le sait, depuis hier, Mme Dati est soutenue par toute l'extrême droite. Elle est désormais la candidate de l'extrême droite, la candidate soutenue par la fachosphère, la candidate soutenue par Sarah Knafo, la candidate soutenue par Sarah Knafo, la candidate soutenue par Jordan Bardella.
Mme Dati, je le dis et je le redis, c'est la candidate soutenue par toute l'extrême droite. Toute l'extrême droite aujourd'hui se réconcilie autour de la candidature de Mme Dati. C'est ça que nous avons face à nous.
Est-ce que nous voulons demain que Paris soit dirigée par une maire qui devra son élection à l'extrême droite ? Quand on est confronté à un danger tel que celui-là, bien sûr qu'on a l'obligation de faire barrage. Et donc je le dis aux électrices et aux électeurs, quel qu'était leur vote de premier tour ?
Si vous ne voulez pas que Paris soit dirigée par une maire qui devra son élection au soutien de l'extrême droite, le seul bulletin de vote qui permet de l'éviter, c'est Emmanuel Grégoire. On peut avoir des divergences à gauche, on peut avoir des différences d'appréciation mais de fait nous avons fait 38%, Sophia Chikirou a fait 11 % et donc le seul bulletin de vote qui empêchera la victoire de Mme Dati, c 'est Emmanuel Grégoire. Mais est-ce que vous avez fait suffisamment pression sur les insoumis pour que Sophia Chikirou se retire ?
On sait que dans d'autres communes il y a eu des pressions très fortes sur les socialistes. Est-ce que là en l'occurrence à Paris vous avez été suffisamment actifs là-dessus ? Moi je pense qu'à un moment donné chacun est placé face à ses responsabilités.
Et je n'ai même plus envie de revenir sur le feuilleton qui a fait que nous en arrivons à cette situation -là aujourd la balle elle est dans le corps. Est-ce que vous reconnaissez ça peut vous coûter l'élection ? Est-ce que le maintien de Sofia Chico peut vous coûter l'élection ?
Par définition une élection c'est un risque et donc oui il y a un risque de bascule de Paris à droite avec toutes les conséquences que ça engendrerait. Je vous le disais madame Dati est soutenue par toute l'extrême droite. Paris est une ville dans laquelle un quart de la population est née à l'étranger, une ville dans laquelle la moitié des habitants ont un ascendant qui est né à l'étranger, une ville qui a toujours résisté au racisme, à l'antisémitisme, à la xénophobie.
On l'a vu notamment aux dernières élections législatives où deux tiers des circonscriptions ont été gagnées par la gauche face au danger d'extrême droite. Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir une maire qui doit son élection au soutien de l'extrême droite. Et donc le bulletin de vote qui peut empêcher ça, c'est le bulletin de vote Emmanuel Grégoire.
Et aujourd'hui, la balle, elle est dans le camp des Parisiennes et des Parisiens. Ce sont les Parisiens qui trancheront par leur vote. Et donc je les invite vraiment à utiliser le bulletin de vote le plus efficace, c'est-à-dire Emmanuel Grégoire.
Vous dites aux insoumis, il faut voter Grégoire. Et qu'est-ce que vous dites aux électeurs de Pierre-Yves Bournazel ? Parce qu'une grande partie, une partie importante de l'élection va se jouer aussi sur Pierre-Yves Bournazel qui donc a fait fusion avec Rachid Adati qui ne sera pas sur la liste mais bon, il a fait fusion et il s'en va Qu'est-ce que vous dites aux électeurs de Bournazel ?
Qu'est-ce que vous leur promettez ? Je leur dis une chose très simple Vous avez voté pour un candidat qui a fait toute sa campagne sur la probité. Je connais bien Pierre-Yves Bournazel, on est élu du même arrondissement le 18ème ensemble depuis plus de 18 ans maintenant.
J'ai entendu ce qu'il a dit. Il a dit je ne veux pas soutenir madame Dati, il l'a dit en tout cas avant le premier tour parce qu'elle est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption et trafic d'influence parce qu'elle risque 10 ans de prison parce que si elle était élue maire de Paris elle risquerait d'être démise de ses fonctions je leur dis une chose simple ce qui qui était vrai avant le premier tour et vrai après le premier tour. Et donc, en l'occurrence, ce risque d'avoir une mère qui finisse en prison si Mme Dati était élue, ce risque-là, il existe toujours.
Ce risque-là, vous ne l'avez pas avec Emmanuel Grégoire, qui est un candidat honnête qui, lui, respectera la transparence et le principe d'exemplarité. Et donc je leur dis que si leur préoccupation, c'est l'exemplarité en politique, vous avez en Emmanuel Grégoire un candidat qui, lui, vous apporte cette de garantie, ce qui n'est pas le cas de Mme Dati. Je rappelle que vous êtes évidemment sur la liste d'Emmanuel Grégoire à Paris.
On l'aura compris, il y a un débat ce soir entre M. Grégoire et Mme Dati. Est-ce que ce sera organisé sur BFM TV ?
Est-ce que Sophia Shikiru aurait dû être convié à ce débat ? Je ne suis ni commentateur, ni rédacteur en chef de BFTV. Non mais pour la démocratie, monsieur Grossard.
Sans doute, sans doute. Mais je crois qu'il y a un petit souci de respect du temps de parole puisqu'elle a eu une heure chez Duhamel l la veille. Mais enfin, bon, en tout cas, j'y suis pas à l'ARCOM non plus.
Et donc, en l'occurrence, c'est BFM qui a organisé ces débats comme ils l'entendent. Ce qui est sûr, puisque c'est une manière de me poser cette question-là, c'est que le maire de Paris, ce sera soit Emmanuel Grégoire, soit Rachid Haddati. Et désormais, les choses sont très claires.
On pense qu'on veut de Sofia Chikrou. Elle a fait 11 %, elle ne sera pas maire de Paris. Donc la question, ça n'est pas de choisir qui sera le meilleur opposant à Rachida Dati, maire de Paris ?
Parce que j'entendais l'intervention de Mme Chikuru. C'est un peu l'impression que ça donnait. Non, la question, c'est qu'il sera maire de Paris.
Et donc, ce que les électeurs trancheront dimanche prochain, c'est soit Emmanuel Grégoire, soit Mme Dati qui devrait son élection au soutien de l'extrême droite. Oui, vous dites en gros voter utile très rapidement et puis après on fera un panorama avec Rémi de tout ce qui se joue actuellement à gauche. Le bilan que vous tirez de la réforme du mode de scrutin, PLM, à Paris.
Qu'est-ce qui s'est joué ? Qu'est-ce qui se joue ? Finalement, on disait que ça allait avantager Rachid Abdi, ça n'a pas été tellement le cas au premier tour.
Vous savez pourquoi ? Parce qu'elle a été prise à son propre piège. Elle a Elle a cru qu'elle pouvait miser sur sa notoriété pour bénéficier de la personnalisation du scrutin.
La réalité, c'est qu'il y a une majorité de Parisiens qui rejettent sa candidature. Et donc c'est vrai, elle a réalisé une contre performance, y compris dans des arrondissements de droite où les électeurs ont voté massivement pour leur maire d'arrondissement de droite sortant mais n'ont pas voté pour Mme Dati parce qu'elle concentre sur sa personne un certain nombre d'éléments qui sont rejetés, notamment le fait qu'elle est poursuivie par la justice pour corruption et donc évidemment qu'un certain nombre d'électeurs se sont détournés de sa candidature. Ce que je souhaite c'est qu'il le confirme au second tour.
On aura compris Yann Brossat. Ces dernières heures on a donc assisté un multiplexe d'alliances, fusions, retraits en tout genre, un peu partout en France. A gauche si vous avez raté quelque chose heureusement Rémi est là.
Rémi on va faire un point avec vous sur tout ce qui s'est passé. On va commencer avec Marseille. À Marseille les désaccords entre PS et LFI persistent malgré le risque que la ville tombe dans les mains du RN.
Oui, Benoît Payan a décidé de tourner le dos à la main tendue de Sébastien Delogu qui avait atteint un peu moins de 12 % des suffrages au premier tour à Marseille. Le socialiste considérant qu'il y avait plus à perdre qu'à gagner en s'alliant à la France insoumise, il s'est exprimé avant de déposer sa liste définitive pour le second tour. On l'écoute. responsabilités c'est pas monsieur de l'obu qui m'intéresse ce sont les marseillaises et les marseillais qu'ils aient voté lr modem lfi renaissance qu'il n'ait pas voté ils sont avant tout des marseillaises et des marseillais et je leur dit, ce qui vous rassemble est plus fort que ce qui vous divise.
Yann Brossat, Sébastien Delogus est finalement retiré hier. Mais est-ce que ce n'est pas irresponsable de refuser l'alliance, même lorsqu'on est face au RN pour Benoît Payan. Mais en l'occurrence, il avait annoncé la couleur depuis le début.
On a l'air surpris que des gens qui prennent des engagements avant le premier tour les tiennent une fois le premier tour passé. Je pense que des responsables politiques qui tiennent parole, c'est plutôt respectable. Après, on peut regretter qu'il n'y ait pas eu fusion, etc.
Mais en l'occurrence, il avait annoncé la couleur. C'est vrai que ça change de ce à quoi nous assistons à Paris avec, par exemple, autour de Pierre-Yves Bournazel, des gens qui disent jamais nous ne ferons alliance avec Madame Dati, puis qu'ils finissent le lendemain sur la même liste. J'ai vu Madame Schiappa qui avait dit jamais Madame Dati, puis aujourd'hui elle est sur la liste de Madame Dati.
En l'occurrence, Benoît Payan comme Emmanuel Grégoire, ils sont plutôt cohérents et je pense que c'est mieux d d'avoir des responsables politiques qui tiennent parole. En tout cas, pour la confiance dans la parole politique, c'est mieux. Ailleurs en France, Rémi, des accords PSLFI se mettent en place.
Oui, Olivier Faure a été clair dès la fin du premier tour. Il n'y aura aucun accord national avec la France insoumise, affirmait le premier secrétaire du PS. Alors que le secrétaire général du Parti communiste français, Fabien Roussel, indiquait hier dans les colonnes de l'Humanité que pour construire des villes apaisées, il faut des majorités apaisantes, reprochant ainsi la polarisation des débats nationaux au détriment des enjeux locaux.
Car les scores du parti de Jean-Luc Mélenchon à l'issue du premier tour de ces municipales forcent la main des socialistes au niveau local. Par exemple, à Toulouse, la liste insoumise arrive en deuxième position avec 27 ,5 % des voix. Derrière le candidat d'hiver droite Jean-Luc Moudin, talonné par la liste des socialistes et écologistes de François Briansoir à 24 ,9%, comme à Lyon, Limoges, Clermont-Ferrand, Brest, Nantes et Avignon, le parti socialiste est où les écologistes ont signé avec la France insoumise des alliances en vue de ce second tour face à l'extrême droite ainsi que la droite parfois associée avec le camp présidentiel.
Yann Brossat, dans le fond, le secrétaire national du Parti communiste, c'est ce qu'il appelle lui aussi un dans une ville comme la mienne à Paris, c'est qu'on a une candidate qui est soutenue par toute la fachosphère, Mme Dati. Quand M. Bardella monte au créneau au JT de TF1 pour dire il faut absolument voter pour Mme Dati pour chasser la gauche à Paris, très clairement...
Mais vous mettez Rachid Adatine en rang des fascistes. Je dis, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, j'utilise des mots que je choisis à dessein, elle est soutenue par toute la fachosphère, elle est soutenue par toute l'extrême droite, vous vous rendez compte quand même, ça n'a pas été suffisamment dit, qu'elle a sur sa liste, en position éligible, Max Guazzini qui tweet matin, midi et soir, enfin il a supprimé son compte Twitter parce qu'il s'est fait attraper et qu'on a vu ce qu'il écrivait. Il a écrit il y a quelques mois qu'on peut comparer les musulmans à des chiens.
Il a comparé la victoire de Zoran Mandani lorsqu'il a été élu maire de New York, vous avez vu ça ? Aux attentats du 11 septembre, simplement parce qu'il est musulman. Voilà les candidats qu'on a sur la liste de Mme Dati.
Si Mme Dati est élue, Max Wadzini, qui donc compare les musulmans à des chiens, sera conseiller de Paris, membre de la majorité municipale de la mer. Je le Il dit « ça, oui, c'est la fachosphère. Ça, c'est une bande de racistes qui ne doit pas se retrouver au Conseil de Paris demain ».
Les différends entre le PS et LFI se poursuivent dans certaines villes, Rémi. En effet, là où la droite ou l'extrême -droite ne sont pas en bonne posture, les socialistes et la France insoumise ont décidé de se faire face dans le second tour de certaines villes de ces municipales. C'est le cas par exemple à Lille entre Arnaud Deslandes, candidat socialiste qui a réuni 26 ,2 % des voix au premier tour.
Juste devant l'Alice insoumise menée par l'awaria Hadouche qui a atteint 23 ,3 % des voix. Si le candidat écologiste Stéphane Bali a apporté son soutien aux socialistes, ces élections ont démontré la progression de l'ancrage local de la France insoumise. Yann Brossat, si on tire un panorama plus large au niveau national, est-ce qu'on peut dire que le Parti communiste aujourd'hui est plus proche du Parti socialiste que de LFI ? – Ça dépend des territoires.
Vous savez, c'est toujours très compliqué de tirer des leçons nationales d'une élection municipale. Et d'ailleurs, les alliances, elles se concluent localement. Et ça dépend de l'ambiance de campagne qu'il y a eu parfois entre les différents candidats.
Ce qui est vrai à Paris n'est pas vrai à Ce qui est vrai à Toulouse n'est pas forcément vrai à Lyon. Et donc, une fois de plus, moi, je me garderais bien de tirer de grandes leçons d'une élection qui est aussi faite de situations locales différentes. – Yann Broussa, est-ce que ce n'est pas un peu de la tambouille politicienne On a du mal parfois à lire, même nous, journalistes, d'avoir une lecture globale de ce scrutin.
Quand il y a des accords qui ne sont pas… Le Parti Socialiste ne dit pas d'accord avec LFI. Finalement, il y a des accords au niveau local. Est-ce que c'est lisible et compréhensible pour les Français aujourd'hui je pense que c'est lisible localement et c'est ce qui compte et puis bon moi je veux bien mais en l'occurrence à paris nous reproche de pas avoir fait de tambouille on nous reproche d'avoir la même liste au second tour qu'au premier on dit pourquoi est-ce que vous n'avez pas fusionner.
Donc vous voyez, on ne peut pas nous reprocher tout à la fois. En tout cas, moi, ce que je sais, c'est que dans une ville comme Paris, nous avons fait ce que nous avons dit et maintenant c'est aux électeurs de choisir. À côté de Paris, il y a la Courneuve et après 70 ans au pouvoir, les communistes contraints de vous allier avec LFI pour le second tour, et là, contre les socialistes.
Donc vous êtes avec les socialistes à Paris, contre les socialistes à la Cour d'Azur. – Mais voyez-vous, est-ce que c'est logique ? Mais quel est le sujet ?
Le sujet, c'est que localement, vous avez des orientations qui sont proposées aux électeurs, vous avez des programmes. Regardez, depuis le début de cette émission, on n'a pas dit un mot du programme que nous défendons à Paris. La question qui se pose dans une ville comme Paris, par exemple, c'est est-ce qu'on poursuit l'encadrement des loyers ou pas, qui fait économiser 1000 euros aux locataires chaque année ?
Est-ce qu'on continue à développer le logement social ? En 20 ans à Paris, nous sommes passés de 13 % de logements sociaux à 25 % aujourd'hui. Est-ce qu'on continue avec le tarif à 13 centimes d'euros pour les familles les plus modestes dans les cantines scolaires ?
Est-ce qu'on continue à défendre les associations de quartier ? Tout cela, Mme Dati veut le détruire. C'est ça la réalité.
C'est ça qu'on tranche localement. Vous n'avez pas envie de parler d'autre chose que Paris. Parce que je pense que ce qui intéresse les gens à l échelle locale, ce sont les enjeux liés aux élections municipales.
C'est est-ce que mon gamin aura le goûter gratuit comme nous le proposons avec Emmanuel Grégoire dans nos écoles ? Vous étiez sans doute pas né moi non plus mais le C'est-à-dire que vous ne contrôlez plus vos troupes au niveau local ? Chacun fait un petit peu.
Moi je suis élu depuis 2008 à Paris, on a toujours conclu les accords localement avec nos partenaires, c'est jamais un responsable national du Parti communiste ou du Parti socialiste qui nous a dit vous allez signer un accord avec tel partenaire, ça ne s'est jamais passé comme ça. On a travaillé et d'ailleurs dans l'ordre, on a toujours travaillé d'abord sur le programme et ensuite on a conclu les accords électoraux, on a toujours fait comme ça et on a raison de le faire parce que c'est l'intérêt des habitants sur place. Mais une fois de plus, on tranche sur des orientations municipales, sur des propositions, sur des programmes et c'est ça qui doit être le cœur de nos interrogations.
Je souhaite d'ailleurs que le débat qui aura lieu ce soir entre Emmanuel Grégoire et Mme Dati soit un débat qui portera sur le fond comme j'ai essayé de le faire à l'instant. Et on parle aussi beaucoup de débats sur public, sénal et municipal. C'est évidemment sur notre chaîne.
On va rejoindre tout de suite Tam Tranuil qui se trouve à Montpellier. Tam, bonjour. Vous êtes dans les starting blocks.
Vous animez un débat aujourd'hui entre les candidats à la mairie. Racontez-nous, présentez-nous le casting. Écoutez, ici à Montpellier, on est passés de 13 candidats au premier tour à une triangulaire au deuxième tour où la gauche estime qu'elle n'a pas besoin de partir rassemblée pour l'emporter.
En lice reste donc actuellement le maire sortant, Michael Delafosse, socialiste qui est à la tête d'une liste d'union de la gauche. Il est arrivé en tête dimanche dernier avec plus de 33 % des voix. Il est suivi par Nathalie Oziol, la députée Insoumise, qui a obtenu un score de 15 % des voix qui illustrent la poussée de la France insoumise partout en France.
Vous venez d'en parler. La France insoumise n'était pas présente il y a 6 ans, au 2e tour. Le troisième homme de cette élection, c'est le milliardaire Moed Altrad, milliardaire dont l'entreprise a un rayonnement international qui est ici également à la tête du club de rugby de Montpellier, le Montpellier-Héros Rugby et qui est donc l'outsider local, le troisième homme de cette élection. – Est-ce que vous êtes prête, Tam ?
Parce que je crois que c'est 22h30 le débat, vous êtes prête, vous êtes dans les starting blocks ? – Ah oui, je suis à fond, vous imaginez bien Le débat, en tout cas, il est diffusé effectivement ce soir. Il sera enregistré cet après-midi dans les conditions du direct avec ces trois candidats dont je viens de vous parler, avec notamment la présence de Mohed qui n'était pas acquise depuis le début et dont la prise de parole en débat est assez rare.
Ce sera l'occasion pour mes confrères, consœurs de France 3, Yann Gonon et d'Issé Hérault-Claire Moutarde et moi même de les interroger à la fois sur les enjeux politiques de ce scrutin. Je viens de vous en parler à l'instant, alors qu'il y a ici une guerre des gauches qui ne ressemble pas à la dynamique d'Union PS et des filles que l'on voit dans un certain nombre d'autres villes ici en France. On va aussi parler d'enjeux locaux lors de ce débat, on va parler de mobilité, de sécurité, de gestion des déchets puis on va aussi parler un petit peu de l'avenir, de cette ville, cette métropole extrêmement attractive et cela n'est pas posé sans poser un certain nombre de défis notamment en matière d'urbanisme mais aussi de vivre ensemble.
Voilà, un riche programme pour ce soir. Effectivement je suis prête mais j'ai encore une bonne partie de la journée pour préparer. Oui, on vous souhaite un très bon débat et on vous regardera bien évidemment donc à 22h30.
Merci beaucoup, à tout à l – Alors Yann Brossard, vous êtes OK pour parler d'autre chose que Paris ? – Peut-être. – Non, le Havre c'est important, le Havre c'est intéressant, le Havre.
On a vu qu'Edouard Philippe était arrivé très largement en tête dans la ville avec un score de 43%, il sera donc opposé aux communistes Jean-Paul Lecoq. Et d'enfinement, qui appelle un large rassemblement pour faire battre votre candidat. Est-ce que c'est râpé pour vous dans cette ville du Havre ?
Non, je pense que tout dépend de la mobilisation. J'ai regardé les résultats. D'abord, je suis heureux que Jean-Paul Lecoq soit au second tour, qu'il soit arrivé en deuxième position.
Et donc, très clairement, les Havreys et les Avrais devront trancher entre lui et Edouard Philippe. J'ai regardé les choses dans le détail. La réalité, c'est que vous avez un différentiel de participation entre les quartiers populaires et les autres quartiers du Havre, avec un vote, une mobilisation électorale très inférieure dans les quartiers populaires.
Donc tout peut encore changer si les quartiers populaires se mobilisent pour faire en sorte que Jean-Paul Lecoq soit maire du Havre et puisse battre Édouard Philippe. C'est ça l'enjeu, c'est un enjeu de mobilisation. Nous avons d'ailleurs exactement le même enjeu à Paris.
Vous savez, pendant la campagne municipale, on nous a beaucoup dit « Madame Dati, elle fait des scores formidables dans les quartiers populaires ». Vous savez, dans les quartiers populaires, elle fait zéro. Quand vous regardez la carte électorale de Paris, « Madame Dati », c'est l'ouest parisien.
Et donc là aussi, on a un enjeu de mobilisation. électorale. Il faut que les quartiers populaires aillent voter.
Vous savez, les géants qui ont beaucoup d'argent votent toujours. Il faut que les quartiers populaires sortent et aillent voter massivement. C'est le cas au Havre.
Ça doit être le cas à Paris pour faire barrage à la droite et à l'extrême-droite. Ces gens votent plus insoumis aujourd'hui ? C'est un peu ça la stratégie insoumise d'aujourd'hui ?
Oui, mais ça ne se passe pas exactement comme ça quand vous regardez la réalité électorale. À Paris, c C'est dans l'Est parisien que la gauche fait ses meilleurs scores, y compris la liste d'Emmanuel Grégoire. Donc si vous ne voulez pas avoir d'hati à Paris, il faut se mobiliser, il faut se mobiliser nombreux et il ne faut pas laisser les autres décider à votre place.
C'est une leçon universelle à tirer des élections municipales. Pour le coup, ça c'est une leçon qu'on peut tirer partout. Au Havre, le troisième homme, c'est le siotiste Franck Keller, 15 ,3 % des suffrages au premier tour.
Le RN faisait 7%. 7 % en 2020, 6 ans plus tard, c 'est plus du double. Ça vous inquiète cette progression du RN un peu partout en France à l'occasion de ces municipales ?
Bien sûr que ça m'inquiète. Comment vous l'expliquez ? Ça m'inquiète beaucoup, sans doute parce que bon nombre de classes populaires ne se sentent pas suffisamment représentés par la gauche.
Et ça, c'est évidemment quelque chose qui doit nous interroger. Donc il y a besoin que la gauche donne plus d'espoir, donne plus envie. Et c'est ce qui permettra de faire reculer le rassemblement national c'est l'une des questions qui se posera dans l'optique de 2027 et des élections présidentielles si on ne veut pas que l'extrême droite gagne en france en attendant si on pouvait éviter que l'extrême droite gagne les élections municipales gagnent des communes Ce ne serait pas mal.
Alors, il y en a un qui a gagné ça dès le premier tour dans sa commune, dans son fief de Saint-Armand-les-Eaux, dans le nord. C'est Fabien Roussel, le patron de votre parti. Ça le place comme un candidat naturel pour la présidentielle dont vous venez de parler ?
D'abord, il est maire. Je suis très heureux qu'il ait été élu maire dans une ville, il faut le dire, où le Rassemblement national avait beaucoup progressé. Et il apporte là une démonstration.
C'est qu'on fait reculer le Rassemblement national quand on propose aux électrices et aux électeurs un programme qui leur redonne de l'espoir. Ce qui a été fait à l'échelle locale à Saint-Amant-les-Eaux, il faut être capable de le faire plus largement et c'est le seul chemin qui permettra de faire reculer le Rassemblement national. Est-ce que ça se traduit par une candidature à la présidentielle ?
Nous verrons bien, le Parti communiste à un congrès en juillet et ce sera l'occasion d'évoquer ces questions-là. Mais en tout cas, oui, c'est une démonstration intéressante et plus il y aura de villes comme Saint-Amant-les-Eaux dans lesquelles on a des maires qui réussissent à battre le Rassemblement national, mieux ce sera. Rendez-vous dimanche prochain.
Oui, on a compris. Mais sur la présidentielle, c'est quoi la position aujourd'hui de votre parti ? Est-ce que vous allez participer à cette primaire qu'on évoque déjà à gauche ?
On a dit depuis des mois que nous ne souhaitions pas participer à cette primaire parce que nous ne sommes pas convaincus que c'est le meilleur chemin pour y arriver. En revanche, on aura besoin d'union, on aura besoin de rassemblement pour battre la droite et l'extrême-droite. Enfin, on est entre les deux tours des élections municipales happer que nous sommes par ses campagnes.
Et il me paraît...
Non, mais pas du tout. Ce qui se joue au deuxième tour des élections municipales, c'est quelle majorité on veut à l'échelle de nos communes ? Arrêtons d'instrumentaliser les scrutins, les uns à près les autres.
Et la seule question qui me préoccupe d'ici dimanche prochain, c'est est-ce que Paris reste à gauche ou est-ce que Paris tombe dans les bras de Mme Dati soutenue par l'extrême droite ? Donc une victoire juste dimanche, ça serait quoi au niveau national ? J'ai compris que Paris, pour vous, c'était Emmanuel Grégoire, mais à l échelle nationale, une victoire de la gauche, c'est quoi ?
Des majorités de gauches progressistes dans toutes les communes où la gauche est au second tour. C'est à ça qu'on s'attèle en ce moment. Vous n'avez pas de tableau Excel chiffré pour nous dire si on remporte Paris, Marseille, Lyon, ce sera une victoire.
D'abord, ce serait très méprisant pour toutes les villes qui ne sont ni Paris, ni Marseille, ni Lyon. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on ait un maximum de victoires de gauche. Ça fera du bien aux populations qui aujourd'hui sont confrontées à la baisse du pouvoir d'achat, des difficultés au recul des services publics.
Donc, gagnons et faisons en sorte que nous puissions avoir un maximum de majorité gauche dans nos communes. Et bien sûr à ça avec Attention Dimanche, on a une édition spéciale sur Public Sénat. J'espère que vous regarderez.
Bien sûr et j'espère que vous m'inviterez surtout. – Merci beaucoup Yann Brossat, merci d'avoir été avec nous ce matin. Bon débat ce soir et donc bonne fin de campagne pour vous.
Ian Brossat