Débat Gaz de Schiste Delphine Batho vs Laurence Parisot BFMTV chez JJ Bourdin 05-06-13
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Bonjour, merci d'être avec nous toutes les deux pour débattre autour des gaz et pétrole de schiste. Alors avant, pour poser le débat, je vais avancer quelques éléments pour permettre aux auditeurs et aux téléspectateurs de mieux comprendre les enjeux et les dangers potentiels liés à l'exploitation de ces gaz et pétrole de schiste. Gaz et pétrole de schiste qui sont piégés sous terre, dans de la roche imperméable, bien en dessous des nappes phréatiques, à 1500, 2000 ou 3000 mètres de profondeur.
Il est nécessaire de fracturer cette roche. Comment fissurer ou fracturer la roche ? Eh bien actuellement, on ne le peut qu'en injectant de l'eau, beaucoup d'eau à haute pression.
Avec l'eau, sont injectés du sable qui va s'insinuer dans les micro-fractures, des lubrifiants qui permettent au sable de mieux pénétrer dans les micro-fractures, des biocides qui sont des produits chimiques désinfectants, mais aussi des détergents. La fracturation hydraulique est maîtrisée, affirment les compagnies qui exploitent les gisements dans plusieurs pays du monde. Les dégâts sur les sources d'eau potable, les rejets de gaz dans l'atmosphère et la multiplication des puits en surface, sans parler des noria de poids lourds qui circulent, détruisent notre environnement et sont un danger pour notre santé, affirment les opposants à l'exploitation.
Alors, d'un côté, notre indépendance énergétique, la réindustrialisation de la France dépend en partie de l'exploitation de ses gaz et pétrole, c'est ce que vous dites, Laurence Parizeau. De l'autre, tout n'est pas sacrifiable au marché, au profit. La France est le premier pays touristique du monde.
Nous devons être la nation de l'excellence environnementale, répond Delphine Bateau. Et je vais commencer avec Delphine Bateau et avec Laurence Parizeau. Première question toute simple, la fracturation hydraulique est interdite en France depuis 2011.
Faut-il assouplir la loi, Delphine Bateau ? Non. Mais d'abord, je voudrais remercier Laurence Parizeau d'avoir accepté ce débat.
Je voudrais vous remercier, Jean-Jacques Bourdin, de l'organiser. Et je voudrais poser à Laurence Parizeau une première question, puisque, comme vous venez de le rappeler, la loi qui interdit la fracturation hydraulique a été votée par la France en juillet 2011. Et à ce moment-là, je n'ai pas trouvé trace de déclaration du MEDEF.
Et à cette époque, vous souteniez le gouvernement de Nicolas Sarkozy, dont vous disiez que son bilan était extraordinaire. Et vous n'aviez pas spécialement pris position sur cette question. Et lorsque nous, avec François Hollande, nous avons confirmé cette décision d'interdiction de la fracturation hydraulique, tout d'un coup, c'est devenu une sorte de sujet majeur au milieu de tous les sujets, comme une sorte de poule aux œufs d'or, vous amenant à prendre des positions que vous n'aviez pas exprimées par le passé.
Donc, c'est ma première question. Qu'est-ce qui explique ce changement de position ? Il n'y a aucun changement.
Et je crois, justement, qu'il faut tout faire pour éviter de transformer ce débat si important en un débat qui serait politique. C'est le malheur de la loi de 2011. Cette loi de juin 2011, qui interdit non seulement l'exploitation, mais l'exploration, donc qui, de facto, interdit la recherche, a été une loi électoraliste.
Juin 2011, nous commençons déjà à préparer la campagne pour l'élection présidentielle, et c'est pour ça qu'elle a été votée, à la fois par la majorité, qui était à droite à l'époque, et par l'opposition, qui était l'opposition de gauche à l'époque. Mais, contrairement à ce que vous dites, nous, nous sommes élevés contre cette loi, même assez fortement. Peut-être que ça n'a pas été entendu.
Il n'y a pas eu un seul communiqué du MEDEF. Et pourtant, si, je pense que vous pouvez retrouver...
Je vais vous dire tout de suite, on ne va pas débattre autour des intentions politiques des uns ou des autres. Mais surtout, il faut qu'il y ait un débat économique, technique et environnemental. Je suis d'accord, c'est ce qui m'intéresse.
Est-ce que vous allez assouplir la loi ? Vous dites non. Est-ce qu'il faut assouplir la loi ?
Vous dites oui. Bien sûr. Il faut, évidemment, permettre la recherche.
Il faut au moins que nous soyons en mesure d'évaluer les ressources dont nous disposons, en gaz et huile de schiste, connaître les caractéristiques des gisements. Et ce qui veut dire aussi connaître leur compétitivité. Est-ce que ce serait rentable ou pas de les exploiter ?
Et c'est un grand dommage de ne pas pouvoir le faire. Nous sommes le seul pays qui a interdit l'exploration par la loi. D'autres pays européens...
La Bulgarie vient de s'y mettre. Non, non. Certains pays mettent en place des moratoires.
Mais l'interdiction de la recherche par la loi...
Non, non. C'est plus compliqué que ça aussi au Québec. C'est transitoire.
Nous, c'est définitif. C'est ad vitam aeternam. Nous nous empêchons de considérer une ressource qui pourrait tout changer sur la situation économique de notre pays.
Et ce qu'il ne faut pas interdire, mais ça, moi aussi, à mon tour, je vous remercie, ce qu'il ne faut surtout pas interdire, c'est le débat. Il faut sortir des manipulations. Il faut sortir des contre-vérités.
Il reste des inconnus sur technique et économique. Il y a des choses qu'on ne connaît pas encore très bien. Et notamment...
Qu'on ne maîtrise pas ? Non. Écoutez, la maîtrise...
Est-ce que, depuis que les États-Unis exploitent les gaz de schiste, est-ce que vous avez entendu parler d'une seule catastrophe écologique ? Oui, bien sûr. Non.
Bien sûr que si. Mais racontez, c'est une catastrophe qui a été documentée, liée à...
Bien sûr. Avec plusieurs articles scientifiques. Il y a eu des séismes de plus de 5 sur l'échelle de Reichster.
Dans plusieurs États américains, il y a des pollutions, des nappes phréatiques. Non. Il y a bien sûr que si.
Mais attendez, vous avez toujours des pollutions de nappes phréatiques, pas forcément liées à l'exploitation du gaz de schiste. Vous pouvez très bien, dans d'autres activités industrielles ou humaines, provoquer des pollutions de nappes phréatiques. Aujourd'hui, je pense, si on peut peut-être en revenir...
Qu'il y ait eu des erreurs parce qu'il y a une canalisation qui n'est pas assez étanche ou qu'il y ait eu quelque chose qui n'a pas été fait conformément aux principes géologiques élémentaires, ce sont des choses qui peuvent arriver. Mais la technique en elle-même, si elle est correctement mise en place, peut faire une exploitation sans risque. Nous verrons si l'exemple américain est transposable en Europe ou pas.
C'est l'une des grandes questions. Mais Delphine Bateau, allez-y. D'abord, c'est bien la technique en elle-même qui pose problème.
Fracturation hydraulique, je le rappelle. Ensuite, la loi de 2011 n'est pas une loi d'opportunité politique. C'est une loi qui est, en quelque sorte, une conquête démocratique.
Puisque cette loi a été prise sous la poussée et l'exigence de la révolte d'un certain nombre de citoyens, d'un certain nombre de territoires qui ont découvert que le gouvernement, à l'époque c'était Jean-Louis Borloo, avait délivré des permis d'exploration de gaz de schiste sur plusieurs territoires en France. Et ces permis ont d'ailleurs été abrogés par la loi. Parce qu'il y a eu une mobilisation sans précédent dans ces territoires.
La grande différence entre la France et les Etats-Unis, c'est qu'aux Etats-Unis, et c'est ce qui explique ce qui s'est passé aux Etats-Unis, le propriétaire du sol est le propriétaire du sous-sol. En France, on ne peut pas acheter les gens. Ça n'a rien à voir.
Le propriétaire du sous-sol en France, c'est l'Etat. Le propriétaire du sous-sol en France, c'est l'Etat. Et c'est un point extrêmement important.
C'est ce qui explique le développement. Mais ce n'est pas ça qui permet de justifier si c'est pertinent ou pas. Allez, finissez Delphine Bateau, ensuite Laurence Pariseau.
Il faut avoir les yeux grands ouverts sur ce qui se passe aux Etats-Unis. La réalité, c'est que le coût de sortie du gaz de schiste aux Etats-Unis ne prend pas en compte les dégâts environnementaux qui sont absolument considérables. Il y a 200 000 forages, c'est 5 000 trajets de camions par forage, c'est 3 milliards de mètres cubes d'eau polluée.
L'eau polluée est ensuite stockée dans les sous-sols ou aux grands terres contenant des produits chimiques. Il y a des remontées de métaux lourds, du mercure, du camion. On peut en parler pendant des heures.
Vous refaites Gazland, le fameux chiffre de la même façon. Je dis la réalité de ce qui se passe. Vous ne voulez aucune industrie en France ?
Ce n'est pas ça le choix. Dans toute industrie, vous avez des transports de camions. Dans toute industrie, vous avez des utilisations de produits chimiques.
Ce que vous êtes en train de décrire, c'est qu'on arrête tout. Je ne suis pas d'accord avec vous. Vous voyez de la même façon qu'un certain nombre de pays pratiquent un dumping social en ne respectant pas un certain nombre de règles fondamentales de protection sociale ou par exemple en ayant recours au travail des enfants.
Et ensuite, ça exerce une concurrence déloyale. De la même façon, en quelque sorte, les Etats-Unis ont inventé le dumping environnemental. C'est-à-dire que le coût de production, le prix du gaz aujourd'hui aux Etats-Unis n'intègre pas le coût des dégâts environnementaux qui seront supportés par les générations futures.
C'est ça la réalité. Et ce modèle-là, Laurence Parizeau, n'est pas reproductible en France. Notre modèle n'est pas le même et ce n'est ni possible ni souhaitable.
Quand vous expliquez tout ça...
Le territoire n'est pas le même, Laurence Parizeau. Bien sûr, mais on va revenir sur la question de la superficie qui est utilisée et physiquement comment ça se passe. Mais quand vous expliquez ça, vous donnez le sentiment qu'on peut faire fonctionner notre économie et utiliser des ressources uniquement avec l'air, le soleil.
C'est un peu ce qui est sous-jacent à votre discours. Mais aussi le nucléaire. Et le nucléaire, mais enfin, que vous voulez réduire.
Oui, réduire, mais pas supprimer. Est-ce que vous voulez dire, dans votre explication, que, par exemple, les 2000 puits de pétrole qui existent dans le bassin parisien, il faudrait les fermer ? Ils n'utilisent pas de fracturation hydraulique.
Ils n'utilisent pas de fracturation hydraulique. Le problème, c'est la fracturation hydraulique. Alors, on rentre dans le sujet.
Très bien. Le problème, c'est la fracturation hydraulique. Alors, expliquons quelle est la fracturation hydraulique.
Vous l'avez expliqué rapidement tout à l'heure, Jean-Jacques Bourdin, mais c'est une injection d'eau très forte. Très bien. Des quantités d'eau.
Des quantités d'eau assez fortes. 30 000 m3 par forage. Pendant combien de temps ?
Pendant un an, un an et demi, vu que la rentabilité des forages s'est fondre très vite. L'équivalent de la consommation annuelle aux Etats-Unis est de 3 millions de personnes. Oh, écoutez.
Non, mais attendez. La quantité...
Non, non, mais je ne veux pas intervenir. Ce sont des chiffres qui sont incontestables. Moi, je vais vous donner des chiffres aussi.
La quantité d'eau que vous avez évoquée, c'est ce qui est injectée au moment du forage. Ça dure 4 semaines. Il faut expliquer à tout le monde que cette opération-là ne dure que 4 semaines.
Et le déric que vous avez peur de voir au bout de votre jardin, qui est assez haut, effectivement, n'est installé que pendant 4 semaines. Vous n'en mettriez un, vous, de déric, au bord de votre jardin ? Ça ne dure que 4 semaines.
Oh, Laurence ? Eh bien, je vais vous dire, si cela permet de relancer l'économie de la France, et si vous me permettez de vous expliquer jusqu'au bout ce qui va se passer au bout de mon jardin, je vais vous dire que, oui, ça ne me gênerait pas. Vous avez un déric pendant 4 semaines.
Ensuite, vous enlevez ce déric. C'est fini. Reste pendant plusieurs mois, le temps ou plusieurs années, ça peut dépendre, le temps de l'exploitation même, un puits avec une tête de puits dont vous connaissez la hauteur, Jean-Jacques Bourdin ? 2 mètres maximum.
C'est même moins inférieur à 2 mètres dans la plupart des cas. Et ceci sur une superficie équivalente à un terrain de football. Très bien.
Donc, physiquement, et je comprends tout à fait le désagrément que cela peut représenter, ou l'inquiétude que ça peut...
Le problème, Laurence Parisot, est-ce qu'il ne faut pas en installer des dizaines et des centaines et des milliers les uns à côté des autres ? Non, non, non, pas forcément. On n'en sait rien, justement.
C'est sûr qu'on le sait, on le sait pertinemment. Non, non, Madame la Ministre. Tant que nous n'avons pas fait des premières recherches, des premières explorations, pour savoir les caractéristiques, et même si c'est rentable, nous ne pouvons pas savoir.
S'il en faut, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Je finis sur la fracturation et sur la quantité d'eau. Donc, je vous ai dit, ça ne dure que 4 semaines.
De l'eau, du sable. Très bien, de l'eau, du sable. Très bien, vous injectez du sable dans la terre.
Des lubrifiants, des biocides. Est-ce que vous savez que toutes ces eaux-là, elles peuvent être complètement retraitées ? Et grâce à quel type d'entreprise ?
Ce n'est pas le cas. 70% de recyclage. 70% de retraitement et de recyclage.
Très bien. Ensuite, quelles sont les autres caractéristiques physiques qu'il faut connaître sur le sujet ? On a très peur des nappes phréatiques.
Évidemment, si vous faites un forage juste en dessous de la nappe phréatique, ça, c'est très dangereux. Personne, il n'y a aucun ingénieur qui vous recommanderait ça. Il faut être à une certaine distance.
Mais ce sont des choses qui sont maîtrisées. que vous êtes en train de dire...
Attendez, je finis juste une chose. Si vous aviez introduit le débat de la même façon, dans les années 50, quand on a commencé à se poser des questions sur l'exploitation du gaz de lac, on aurait décidé de ne pas exploiter le gaz de lac. Il faut savoir...
Ce n'est pas la même technique, hein, Laurence ? Non, ce n'est pas du tout de la fracturation hydraulique. Vous avez raison.
Mais, attendez, c'était d'autres problèmes à tel point que les Américains eux-mêmes...
Non, laissez-moi finir. Que les Américains eux-mêmes disaient aux ingénieurs français, vous n'y arriverez jamais. Ce gaz est trop toxique et c'est dangereux.
Et il faut savoir, et ça, c'est un point clé, que le gaz de lac est largement à l'origine des 30 glorieuses. Alors, est-ce qu'on veut, oui ou non, baisser les coûts de production dans notre pays, réindustrialiser, se donner les moyens de recréer la croissance et donc de faire baisser le chômage ? Vous voulez arrêter de baisser le coût du travail ?
Alors, appelez-vous au coût de l'énergie. Alors, d'abord, le débat, il n'est pas seulement pour ou contre le gaz de schiste. Il est pour ou contre la croissance verte.
Et ce n'est pas et la croissance verte et le gaz de schiste. Mais ça ne peut pas être que la croissance verte. S'il y a un choix à faire.
Ça ne peut pas être exclusif. Et donc, moi aussi, je veux lutter contre le chômage. Nous avons pris des engagements très forts avec le président de la République sur l'inversion de la courbe du chômage.
La façon dont nous allons le faire, c'est en investissement puissamment sur les économies d'énergie, sur le développement des énergies renouvelables. Il est là, le levier de compétitivité pour la France. C'est-à-dire que les investissements consacrés au gaz de schiste ne seront pas consacrés au...
Votre raisonnement, c'est parfaitement raisonnable. Nous sommes la France au quatrième rang mondial sur la croissance verte. Vous savez, qui est...
Qui est, qui est, Jean-Jacques Bourdin, qui est le premier investisseur dans l'énergie solaire ? Si je peux...
Vous savez, si je...
C'est total. Non, non, mais je...
Mais on est d'accord, monsieur. Non, mais je peux...
Si je peux parler plus de 20 secondes sans que vous l'interrompre, je ne serai pas démarrer. Allez-y, allez-y, allez-y, allez-y. Je serai peut-être exprimé.
Allez-y, Delphine Bateau, allez-y, allez-y. Les investissements aux Etats-Unis dans les énergies renouvelables ont diminué de 37% avec l'essor des gaz de schiste. Les investissements mondialement avec ce qui est en train de se passer du fait des gaz de schiste sur les énergies renouvelables ont diminué de 11%.
Donc, ce n'est pas et l'un et l'autre. Ah non, je suis d'accord. Il y a un choix à faire.
Eh bien, moi, je fais les deux. Les gaz de schiste et énergie renouvelable. Ce n'est pas vrai.
Les énergies renouvelables ne peuvent être que subventionnées par l'État qui n'a plus d'argent. L'argent public est rare. Justement.
L'investissement même privé est rare. Il faut faire des choix et on ne peut pas se disperser. Ça, c'est la première chose.
L'énergie renouvelable ne tient pas toute seule. Vous le savez très bien. Mais parce que vous ne vous permettez pas les choses renouvelables.
Vous parlez des pétales aux changes. Delphine de Bouteau, finissez. La deuxième chose, c'est par rapport au raisonnement qui est tenu par Laurence Parizeau sur la fracturation hydraulique.
Ça me fait penser à, vous savez, ce qui s'est passé sur le tabac. C'est-à-dire que quand les dangers de la cigarette sont apparus et l'impact sur la santé, l'industrie du tabac a inventé la cigarette light. Et pendant tout un temps, on a fait croire aux gens que la cigarette light, c'était moins dangereux pour la santé que la cigarette tout court.
Et puis, il y a eu un certain nombre d'études scientifiques qui ont montré que la cigarette light, ça faisait aussi du cancer du poumon. Ça avait les mêmes dégâts sur la santé. Et donc, l'Union européenne et les États-Unis ont interdit la cigarette light.
Eh bien, la fracturation hydraulique light, Laurence Parizeau, c'est la même chose. Ça n'existe pas. Je ne parle pas de fracturation hydraulique light.
Ici, c'est le raisonnement que vous avez tenu. On peut maîtriser les risques à peu près. On sait à peu près retraiter une partie de l'eau, mais pas la totalité.
Je suis très déçue. C'est ça le raisonnement. Je suis très déçue parce qu'il y a quelque chose qui n'est pas honnête.
Moi, j'invite tous les auditeurs et téléspectateurs à aller sur le site de l'Académie des sciences qui, très récemment, a organisé un débat. Vous savez avec qui ? Juste, si vous me permettez.
Mais il y avait plusieurs interlocuteurs. Avec Vincent Courtillot qui est la personne qui, avec Claude Allègre en France, nie la réalité du réchauffement climatique. Mais madame, vous avez regardé tout le débat, d'ailleurs.
C'est cohérent, d'ailleurs. Et pour le gazochiste et de dire que le réchauffement climatique n'existe pas. Donc l'Académie des sciences, en France, l'Académie des sciences, selon vous, madame la ministre, n'est pas fiable, n'est pas honnête.
J'ai trouvé...
Ne respecte pas...
Ne respecte pas les principes de la recherche scientifique. C'est ça que vous êtes en train de dire. L'Académie des sciences n'était pas...
Vous êtes contre le progrès. Non, pas du tout. La façon dont vous...
Je voudrais...
Il est 52. Je voudrais...
C'est d'avoir les yeux ouverts. Attendez, il est 53. Il nous reste 3 minutes.
C'est d'avoir les yeux ouverts sur aussi une réalité qui est celle du réchauffement climatique. Est-ce que économiquement...
Comme il reste 3 minutes, je veux aller à l'essentiel. Moi, Laurence Parizeau, je propose un New Deal écologique. Je pense que le débat qu'on a...
C'est un affrontement...
Économiquement, votre New Deal. C'est un affrontement hyper classique entre les intérêts de court terme que vous défendez parce que vous défendez des intérêts particuliers et les intérêts de long terme dont c'est aussi mon devoir de les défendre parce que je porte l'intérêt général. Et je pense que l'on a le moyen aujourd'hui de dépasser cette contradiction en faisant en France résolument le choix de l'industrie verte.
Ce secteur, il est dynamique, Laurence Parizeau. Il a créé 6,7% d'emplois. Comme si je ne le représentais pas aussi.
Eh bien, il faut y aller à fond. C'est là-dessus qu'il faut mettre le paquet. C'est comme ça qu'on va sortir de la crise.
Ce n'est pas en retournant au XIXe siècle. C'est ça, la solution. Écoutez, ce ne sont que des propos politiques.
On ne peut pas rentrer dans quelque chose de rationnel avec vous dans cette façon de vous exprimer. Premièrement, je pense que nous, nous avons beaucoup plus la vision de long terme que vous, beaucoup de politique qui est d'abord concernée par les enjeux de très court terme. Deuxièmement, il y a un enjeu d'indépendance énergétique.
Troisièmement, il y a un enjeu de prix d'achat du gaz et d'indépendance par rapport à gaz. C'est pour ça que j'ai créé le statut de gazo-intensif. Très bien.
Et d'indépendance par rapport à Gazprom. Aujourd'hui, notre gaz, vous ne voulez pas supprimer la consommation de gaz en France. Est-ce que vous savez ?
Vous ne voulez pas...
Répondez à ma question. Je vais vous répondre. Est-ce que vous voulez supprimer la consommation de gaz en France ?
Allez-y. Je vais vous répondre. Nous allons développer massivement le biogaz.
Le gaz de schiste. Les estimations qui sont faites, c'est que ça couvrirait à peine 10% de la consommation française de gaz. Et le biogaz, combien ?
Est-ce que vous pensez qu'il faut faire 5 000 forages en Ardèche, dans les Cévennes, sacrifier les paysages, alors qu'on est le premier pays touristique du monde pour avoir moins de 10% de la consommation française de gaz ? Combien le biogaz ? Le biogaz, nous allons le développer massivement avec les grandes entreprises françaises de l'énergie.
Par rapport à la masse de la consommation de gaz, ce sera au moins 20%. Vous préférez qu'on achète. Donc déjà plus que les gaz de schiste.
Mais vous préférez qu'on continue à acheter, qu'on soit dépendant de la Russie. C'est ça que vous voulez dire. Vous ne voulez pas que notre industrie pétrochimique en France survive, parce que c'est son arrêt de mort que vous êtes en train de signer.
Totalement. C'est totalement caricatural. Mais donc, moins que ce que vous dites, vous.
Non, il y a un sujet de compétitivité lié à l'énergie, ça c'est vrai. Il faut conquérir une autonomie énergétique plus forte, ça c'est vrai. Et on n'est pas obligé de sacrifier l'environnement pour ça, Laurence Parizeau.
Il y a des technologies nouvelles qui sont non polluantes. On peut faire du gaz aujourd'hui avec les déchets agricoles. On peut recycler les déchets organiques des ménages.
C'est une logique politique avec de l'ironie, il faut de plus, alors que ce n'est pas ça qui permet de comprendre le débat. Parce que ça passe très très vite, malheureusement, mais c'est comme ça. C'est fou, il faut la refaire, celle-là. 25 minutes.
Oui, on est d'accord. Alors, vous avez 1 minute 30. Pour défendre votre point de vue, Edelfin Bateau terminera.
Allez. La question de l'exploration, avant même l'exploitation du gaz de schiste, c'est une question qui correspond à se demander est-ce qu'on veut ou pas continuer avec le progrès dans notre pays. Est-ce qu'on a confiance en la science ou pas ?
C'est le 1er sujet. Le 2e sujet, c'est dans l'évolution du mix énergétique, dans la lutte contre le réchauffement climatique. Nous sommes tout à fait d'accord à donner une part beaucoup plus grande aux énergies renouvelables.
Simplement, on ne peut pas, compte tenu de l'état des finances publiques, continuer à subventionner ces énergies renouvelables comme nous le faisons. Et en plus, vous savez très bien qu'elles ont une limite, c'est qu'elles sont instables. Donc moi, ce que je propose, très clairement, c'est au contraire qu'il y ait une espèce de partenariat entre l'exploitation du gaz de schiste et le développement des énergies renouvelables.
L'un permettra le financement de l'autre, d'une part, et les gaz de schiste également permettront la stabilité de l'énergie renouvelable, ce qui n'existe pas si vous êtes dans le pur éolien ou le pur solaire. Bien. Delphine Bateau ?
D'abord, moi, je crois en la science. Je crois au progrès humain. Et je veux que notre pays reprenne la marche en avant du progrès et se modernise profondément.
Je fais un choix positif. Je ne fais pas seulement le choix du refus des gaz de schiste. Je fais le choix positif de dire la voie de l'avenir et de la modernisation pour la France, c'est de prendre résolument le train de la compétition mondiale sur la croissance verte.
Cela veut dire que nous devons investir dans les énergies du futur qui n'ont pas tous les inconvénients de ces productions. Cela veut dire, par rapport à la question que vous posez sur la question de la compétitivité économique, que le modèle français n'a pas à copier le modèle américain, que le modèle français énergétique, c'est celui d'une complémentarité entre le nucléaire qui nous apporte une énergie à un prix relativement compétitif et le développement des énergies renouvelables. C'est-à-dire que c'est un modèle décarboné qui fait de la lutte contre le réchauffement climatique et donc aussi des enjeux pour ne supprimer pas la consommation du gaz en France.
Et c'est comme ça. Vous préférez le gaz que le gaz chine. On va créer des entreprises et qu'on va apporter des solutions au problème de la compétitivité de la France.
C'était trop court mais c'est toujours comme ça. C'est toujours trop court, vous savez. Merci d'être venu nous voir.
J'espère qu'on a un peu éclairé les auditeurs et les téléspectateurs. Je sais que les débats vont se poursuivre autour du gaz de schiste. Merci Delphine Bateau.
Merci Laurence Parizeau d'être venue nous voir toutes les deux ce matin. Il est 8h58 RMC BFM TV.
Delphine Batho