[PODCAST] Carburants, alimentation... Ce pays qui se serre la ceinture
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse partielle
C'est un sujet de préoccupation pour de nombreux Français, l'augmentation du coût de la vie.
- 1:34OuverteRéponse directe
Quelles sont les conséquences sur les prix des carburants en France dans les semaines qui suivent ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Quelles conséquences elle avait eues sur les prix en France ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Et dans l'ensemble, aujourd'hui, on n'a pas retrouvé les prix d'avant 2022 ?
- 3:22OuverteRéponse partielle
Comment l'inflation grève le budget des ménages français ?
- 4:24OuverteRéponse partielle
Tu parles notamment avec une jeune femme, Sarah, qui n'a pas pu s'acheter de serviettes hygiéniques pendant plusieurs mois.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21PrésentateurChiffre
« 2,40 euros le litre en moyenne, le gazole le dimanche 20 septembre selon l'AFP »
- 0:26PrésentateurChiffre
« 2,17 euros le sans-plomb 95 E10 »
- 1:49InvitéChiffre
« plus 15 à plus 30 centimes le litre dès les deux premières semaines qui suivent le déclenchement du conflit et la fermeture du détroit »
- 2:16InvitéChiffre
« en 2022 et 2023, les prix ont flambé entre 20 et 25% »
- 2:58InvitéChiffre
« l'inflation s'est assagie, en ce moment, elle est plutôt aux alentours de 2,4% »
- 3:04InvitéChiffre
« globalement, les prix restent 20 à 25% supérieurs à ce qu'ils étaient en 2022 »
- 9:48InvitéChiffre
« pour 2,2 millions de Français, c'est environ un mois de salaire par an qui sont exclusivement consacrés aux carburants »
- 10:50InvitéChiffre
« ce carburant, il clignote à peu près à 0,85 € du litre en moyenne sur l'année écoulée »
- 11:43InvitéChiffre
« il faut compter entre 750 et disons 1 100, 1 200 € selon le modèle de son véhicule »
- 11:53InvitéChiffre
« une économie qui tourne autour de 750, 850 € par an »
- 13:00InvitéChiffre
« les prix ont grimpé de 13% en juillet par rapport à l'an dernier pour les tomates, les courgettes, les aubergines »
- 13:10InvitéChiffre
« les hausses de prix parfois atteignent jusqu'à 50%, par exemple pour la batavia »
- 14:11InvitéChiffre
« la France est 20% plus chère que l'Allemagne par exemple »
- 14:33InvitéChiffre
« la Commission européenne estime que ces pratiques commerciales coûtent aux Français chaque année environ 14 milliards d'euros »
- 14:43InvitéChiffre
« une amende record à Mont-de-laise international qui produit notamment des gâteaux comme les petits lus, les princes, etc. Une amende de 337 millions d'euros »
- 16:06InvitéChiffre
« le volume d'achat dans son magasin a baissé de 1,5% »
- 16:22InvitéFait
« les paniers anti-inflation qui sont 150 produits qui sont vendus à prix coûtant et ces produits se vendent comme des petits pains »
Temps de parole
- Présentateur27 %
- Invité26 %
- Invité 224 %
- Invité 320 %
≈ 3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour,
c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
C
'est un sujet de préoccupation pour de nombreux Français, l'augmentation du coût de la vie. En cause, notamment le prix des carburants, essence et gazole qui n'ont jamais été aussi chers, 2,40
euros
le litre en moyenne, le gazole le dimanche 20 septembre selon l'AFP, 2,17 euros le sans-plomb 95 E10. Mais il n'y a pas que les carburants qui ont augmenté la plupart des produits de consommation courante n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant le début de la guerre en Ukraine en 2022. Comment l'inflation grève le budget des ménages français, on fait le point dans Codesources aujourd'hui avec trois journalistes du Parisien, Odile Plichon et Gwenaëlle Bourdon en charge de la consommation et de la distribution et Mathieu Pelloli qui suit l'actualité de l'automobile.
C'est l'ensemble du Moyen-Orient qui s'est embrasé ce matin, à l'image de cette explosion impressionnante à Manama. Ali Khamenei, le guide suprême iranien, est mort.
C
'est Donald Trump qui l'a annoncé il y a quelques minutes.
On a choisi de commencer ce récit le 28 février 2026. Ce jour-là, les Etats-Unis et Israël lancent une guerre contre l'Iran. En représailles, Téhéran ferme le détroit d'Ormuz par lequel passe près d'un quart du pétrole mondial. Mathieu, quelles sont les conséquences sur les prix des carburants en France dans les semaines qui suivent ?
Immédiatement, les cours mondiaux du pétrole brut et des produits raffinés, donc l'essence et le gazole, répercutent en fait cette disparition de près d'un quart de
l
'approvisionnement mondial. Et en France, à la pompe, les prix augmentent instantanément à peu près plus 15 à plus 30 centimes le litre dès les deux premières semaines qui suivent le déclenchement du conflit et la fermeture du détroit.
Cette nouvelle guerre intervient après une première offensive lancée par Israël et les Etats-Unis sur l'Iran en 2025. Il y avait eu aussi la guerre, l'invasion lancée par Vladimir Poutine contre l'Ukraine en février 2022. Au deal, cette guerre lancée par la Russie, quelles conséquences elle avait eues sur les prix en France ?
On assiste d'emblée à une flambée des prix alimentaires, c'est ce qu'on a appelé l'hyperinflation, puisqu'en 2022 et 2023, les prix ont flambé entre 20 et 25%.
Au mois d'avril 2026, au deal, tu fais un bilan de l'inflation et tu constates que la consommation de certains produits alimentaires est en baisse en France.
Oui, la viande notamment. La viande de bœuf, par exemple, est considérée comme trop chère par beaucoup de Français. Ils se rabattent sur le porc ou sur le poulet. Le poisson également est également boudé par un certain nombre de consommateurs. Et puis, il y a un rayon dont on a moins parlé, mais qui a beaucoup souffert, c'est l'alcool. Les vins, les champagnes, les spiritueux souffrent beaucoup depuis.
Et dans l'ensemble, aujourd'hui, on n'a pas retrouvé les prix d'avant 2022 ?
Non, parce que même si l'inflation s'est assagie, en ce moment, elle est plutôt aux alentours de 2,4%, globalement, les prix restent 20 à 25% supérieurs à ce qu'ils étaient en 2022.
Et ça se voit notamment sur certains produits.
Beaucoup de Français ont renoncé à acheter des tablettes de chocolat qui coûtent entre 2,5 et 3 euros la tablette, ce qui est considéré comme très cher par beaucoup de gens. Il y a un autre produit qui est impacté, c'est le café. Alors là, il n
'y a
pas une baisse de la consommation, mais il y
a
un report vers des cafés moins chers qu'avant.
Gwenaëlle, à cette période, donc fin avril 2026, tu racontes dans Le Parisien que beaucoup de Français tirent sur la corde. Beaucoup limitent déjà leur trajet en voiture.
Oui, alors je vais faire un reportage aux portes d'un magasin Lidl à Montreuil, en région parisienne. Et j'y croise notamment Mohamed, qui est comptable, père de trois enfants. Et Mohamed a une voiture électrique et sa femme, elle, a sa propre voiture à essence, qu'elle n'utilise désormais que pour se rendre au travail. Et Mohamed explique que le couple songe même à vendre cette voiture parce qu'elle est devenue une source de dépenses trop importante.
Il
y a d'autres signes discrets qui montrent que les consommateurs commencent à souffrir sérieusement de cette flambée des prix du carburant. Par exemple, chez Coopérative U, on note que la fréquentation est assez dynamique dans les magasins de proximité, bien plus que dans les hypermarchés. Et on peut supposer que c'est parce que les Français peuvent se rendre plus facilement dans ces magasins de proximité que dans les grands formats pour lesquels il faut nécessairement prendre sa voiture.
Odile, il y a un an de ça, déjà en avril 2025, tu avais fait dans Le Parisien un dossier au sujet de la précarité hygiénique. En clair, des hommes et des femmes qui n'ont pas assez d'argent pour s'acheter des produits de base d'hygiène. Tu parles notamment avec une jeune femme, Sarah, qui n'a pas pu s'acheter de serviettes hygiéniques pendant plusieurs mois.
Oui, Sarah, c'est une auxiliaire de vie dans une crèche qui gagne à peu près 1200 euros par mois. Elle raconte que pour remplacer les serviettes hygiéniques, elle ne peut plus se payer. Elle prend en fait des serviettes en tissu qu'elle plie en quatre et qu'elle nettoie une fois par mois avec de l'eau de Javel. Elle me raconte aussi tous les petits trucs qu'elle utilise pour ne pas dépenser trop et notamment quand son shampoing arrive en fin de course, elle met de l'eau dedans et elle le transforme en savon.
L'association que tu cites dans ton dossier, l'AGS, Agir pour grandir en synergie, explique que beaucoup de gens sont concernés par ce problème.
Oui, elle pointe le fait que la précarité hygiénique devient un vrai sujet. Il y
a
un baromètre qu'on cite dans cette enquête qui montre que 9% des gens se brossent les dents sans dentifrice, 15% nettoient leur maison sans produits d'entretien et la plupart des consommateurs réduisent leurs achats au minimum. Par exemple, ils achètent une lessive mais ils n'achètent pas l'assouplissant. Surtout, ils changent de magasin, ils quittent les grandes surfaces et ils se dirigent dans des magasins comme Action qui devient le magasin préféré des Français.
Action, la chaîne néerlandaise de supermarché Hard Discount, présente en France depuis 2012. Cet été, Odile, le 16 août, tu parles des restaurateurs qui font pour beaucoup d'entre eux une mauvaise saison. Et tu donnes l'exemple de la famille de Camille qui a renoncé à aller au restaurant pour fêter le diplôme de l'un de ses enfants.
Camille, elle est ravie parce que son fils a eu un BTS. Elle veut le fêter avec lui au restaurant. Le problème, c'est que c'est la canicule. La plupart des restaurants qui ont une climatisation sont pris. Ceux qui restent sont hors de prix et donc elle renonce. Elle explique aux membres de sa famille qu'elle leur propose de faire une expérience en créant chacun sa propre pizza. Elle raconte qu'ils se sont bien amusés. qu'en fait, si c'était à refaire, elle le referait parce que ça leur a coûté deux fois moins cher.
Gwenaëlle, de ton côté, tu as travaillé sur les tickets restaurants, cet avantage social en partie financé par l'employeur. Tickets restaurants qui sont de plus en plus souvent utilisés différemment.
Oui, alors ce qu'il faut rappeler, c'est que jusqu'en 2022, on ne pouvait utiliser ces titres restaurants en grande surface, en supermarché, que pour acheter ce qu'on appelle des produits immédiatement consommables. Des sandwiches, des plats préparés, des salades sous vide. Et en fait, à partir de 2022, l'usage de ces titres restaurants est élargi à tout type de produits alimentaires, à l'exception de l'alcool, des confiseries ou de la nourriture pour animaux. Et à l'époque, cette mesure, c'était précisément un coup de pouce pour les consommateurs qui subissaient alors l'hyperinflation. Fin 2022, c'est à peu près 22% des titres restaurants qui sont utilisés en grande surface.
Et on est passé à plus de 32% fin 2025.
Et tu parles avec plusieurs Français qui font ce choix de payer leurs courses avec les titres restaurants.
Oui, c'est le cas par exemple de Sabine qui est vendeuse dans un grand magasin en province. Elle gagne un peu plus du SMIC. Elle explique qu'il y a trois ans encore, elle pouvait aller de temps en temps déjeuner au restaurant le midi au moment de sa pause déjeuner. Maintenant, elle ne le fait plus. Elle fait ses courses. Elle prépare sa gamelle à l'avance et elle fait ainsi des économies sur son repas du midi.
Odile, autre tendance constatée pendant l'été, beaucoup de Français ne partent plus en vacances ou partent moins loin.
Oui, les loisirs en général, c'est sûrement le poste qui est le plus impacté par la baisse du pouvoir d'achat. Alors, il y a quelques poches de résistance comme les concerts, comme le cinéma, mais globalement les loisirs sont impactés et les vacances aussi. Il y a un Français sur deux qui ne part pas en vacances et parmi ceux qui partent, les derniers chiffres montrent que la baisse du budget est de 150 euros, ce qui veut dire concrètement que soit ils partent moins loin, soit ils partent moins longtemps, soit ils vont davantage dans leur famille.
Mathieu, pendant l'été, les prix à la pompe ont encore augmenté et dans l'ensemble, les Français ont moins pris leur voiture.
Les automobilistes se sont adaptés et donc une des adaptations les plus faciles, les plus mécaniques,
c
'est de moins prendre sa voiture, donc consommer moins de carburant, aller moins souvent à la pompe faire le plein ou d'ailleurs ne pas faire le plein mais mettre un peu d'essence. Cette estimation de la baisse de carburant,
elle
est chiffrée autour de 5 à 6% de volume en moins depuis le début de l'année par rapport à l'année précédente, ce qui veut dire aussi quand on fait moins le plein, qu
'on
se déplace moins, qu'on consomme moins, qu'on va moins au centre commercial,
on
va moins au cinéma,
on
va moins au restaurant, on va moins dans tous les lieux où on pouvait se rendre avec sa voiture pour parfois consommer. Donc, ce chiffre est quand même très parlant et c'est la première fois depuis plusieurs dizaines d'années qu'il est aussi important en volume.
Donc,
d'une certaine façon, on atteint un objectif de la transition écologique. C'est amusant à constater, on pourrait dire, sauf que, en fait, c'est une baisse de volume qui est subie, elle se fait contrainte et forcée et il ne faut pas oublier non plus qu'il y
a
beaucoup de métiers dans lesquels les gens ont absolument besoin de leur voiture, les infirmiers libéraux, les auxiliaires de vie, les artisans, etc. Et donc, tous ces gens-là, contraints de moins mettre de carburant, se retrouvent en grande difficulté.
Mathieu, toujours pendant ce mois de septembre, une étude de l'INSEE, l'Institut national de la statistique, souligne le poids de la facture des carburants sur les ménages des Français.
Oui, effectivement. Et donc, il y
a
un chiffre qui est facile à retenir et qui est conséquent puisque l'INSEE, à
ce
moment-là, estime que pour 2,2 millions de Français, c'est environ un mois de salaire par an qui sont exclusivement consacrés aux carburants.
Toi, Mathieu, tu fais des articles racontant comment les automobilistes français s'adaptent à ces prix très élevés de carburant. D'abord, les voitures électriques attirent de plus en plus.
Oui. Pour la première fois, véritablement, les chiffres de vente de voitures électriques neuves décollent. On arrive à un petit peu moins d'une voiture sur deux. On tourne autour de 40%. Et on assiste en plus au même phénomène sur le marché de l'occasion. Il y a véritablement un engouement pour la motorisation électrique qui permet de s'affranchir du carburant et de payer son électricité à un tarif qui, aujourd'hui, est quand même bien plus abordable que celui du carburant à la pompe.
Il y a aussi un carburant qui fait de plus en plus parler de lui. C'est le superéthanol. D'abord, rappelle-nous l'essentiel à savoir là-dessus. C'est quoi ? Combien c'est vendu au litre ? Et comment on peut l'utiliser ?
Alors, le superéthanol E85, c'est ce qu'on appelle un biocarburant. Donc, il est majoritairement constitué de bioéthanol. Donc, le bioéthanol, c'est grosso modo un alcool qui est lié à la fermentation de la betterave et d'un certain nombre comme ça de résidus des matières premières agricoles. Et effectivement, ce carburant, il clignote à peu près à 0,85 € du litre en moyenne sur l'année écoulée. Donc, c'est extrêmement incitatif pour les automobilistes qui vont faire ce choix. Ce qu'il y a, c'est qu'il y
a
deux solutions pour pouvoir rouler au superéthanol. Soit il faut avoir ce qu'on appelle une voiture native superéthanol.
C
'est-à-dire que dès le début, quand on était chez le concessionnaire, on a pris un moteur qui autorise ce type de carburant. Et il
y a
une deuxième option qui, là, est beaucoup plus simple à mettre en place et qui intéresse beaucoup de monde quand on voit les tarifs actuels. C'est de passer par un boîtier qui va permettre au moteur de rouler avec ce type de carburant qui est vendu beaucoup moins cher. Donc, on appelle ça un boîtier de conversion. Et ces boîtiers sont homologués, c'est-à-dire que les constructeurs s'engagent à ce que l'installation d'un boîtier sur les voitures ne soit pas conflictuelle avec la motorisation existante et donc puisse permettre sans dommage l'usage de ce carburant.
Et d'un mot, ces boîtiers, c'est aux alentours de 1 000 € et ça peut être assez vite rentabilisé ?
Oui, il faut compter entre 750 et disons 1 100, 1 200 € selon le modèle de son véhicule. Et pour faire simple, si on regarde aujourd'hui les tarifs qui sont ceux pratiqués à la station service, on le rembourse en moins d'un an puisque le lobby du bioéthanol, on va dire, promet une économie qui tourne autour de 750, 850 € par an.
Et aujourd'hui, environ 40 % des stations service proposent ce carburant qui est donc deux fois moins cher. Beaucoup de Français s'y
sont mis. Le bioéthanol fait ses 20 ans. Depuis 20 ans, on estime que ce sont environ 420 000 automobilistes qui se sont convertis au superéthanol au 85. Parmi ces 420 000, il y en
a
à peu près 260 000 qui sont passés par le fameux boîtier de conversion et qui, assez facilement, il faut le reconnaître, trouvent du carburant près de chez eux puisque c'est un peu moins d'une station sur deux qui délivre le superéthanol.
Gwenaëlle, de ton côté, pendant l'été, tu avais travaillé sur la sécheresse dont souffrent les producteurs de fruits et légumes en France. Sécheresse qui va avoir des conséquences sur les prix dans les semaines et les mois qui viennent.
Oui, alors elle a déjà d'ailleurs eu des effets visibles en rayon dès cet été. On a beaucoup parlé des salades devenues rares et chères. C'est aussi le cas dans une moindre mesure des concombres ou des tomates. Et les chiffres de l'INSEE montrent que les prix ont grimpé de 13% en juillet par rapport à l'an dernier pour les tomates, les courgettes, les aubergines, de 8% pour ce qu'on appelle les légumes à feuilles ou à tiges, donc en l'occurrence les salades, les endives. Les hausses de prix parfois atteignent jusqu'à 50%, par exemple pour la batavia.
Mais
on peut prévoir que cette sécheresse, elle va avoir des conséquences à moyen terme avec des récoltes moins abondantes, des légumes et des fruits plus petits, sans doute vendus un peu plus cher parce qu'ils ont coûté plus cher à produire. Ça va aussi avoir des conséquences sur toute l'industrie. de la transformation alimentaire. On sait qu'en Europe, il y
a
eu des récoltes historiquement bases de pommes de terre, de maïs, de blé. Donc voilà, tout ça va avoir évidemment des conséquences au rayon alimentaire en grande surface.
Odile, il y a un sujet assez peu connu dont tu as parlé dans Le Parisien. Si on regarde au niveau européen, il y a de très grandes différences de prix pour les mêmes produits. D'abord, est-ce que tu peux nous expliquer ça ?
Oui, alors que le marché européen est censé être unique, on se rend compte que les multinationales en fait, elles fragmentent ce marché, c'est-à-dire qu'elles pratiquent des tarifs différents d'un pays à l'autre. Alors on a regardé pour certains produits très grands publics comme une bouteille de coca, des dosettes de café sans CO, pour des produits qui sortent de la même usine et on se rend compte que la France est 20% plus chère que l'Allemagne par exemple. Alors l'explication, c'est que les multinationales font des marges différentes selon les pays.
En Allemagne, où il y a beaucoup de discounters, comme elle dit Lidl, elles sont obligées de faire des petits prix et elles se rattrapent sur des pays comme la France.
La Commission européenne estime que ces pratiques commerciales coûtent aux Français chaque année environ 14 milliards d'euros. Est-ce que l'Europe prend des mesures contre ça ?
Oui, elle a commencé à infliger des amendes, notamment en 2024. Elle a infligé une amende record à Mont-de-laise international qui produit notamment des gâteaux comme les petits lus, les princes, etc. Une amende de 337 millions d'euros, ce qui a marqué les esprits. En ce moment, elle est en train de faire une enquête sur les boissons non alcoolisées et elle promet un renforcement des contrôles à partir de 2026.
Odile, le 7 septembre, dans Le Parisien, tu as fait un dossier sur la rentrée des arbitrages pour de très nombreuses familles en France qui doivent donc faire des choix, parfois difficiles. Et tu dis que la crise du pouvoir d'achat se voit très vite dès les caisses. Tu fais un reportage dans un grand super U de Noisiel en Seine-et-Marne.
Oui, il y a plein de petits détails qui sont très parlants. Par exemple, quand on parle avec les hôtesses de caisses, elles vous racontent qu'alors qu'elles ne sont pas obligées d'imprimer les tickets de caisses puisqu'on fait des économies de papier, la plupart des gens en ce moment demandent le ticket pour vérifier l'addition. Il y a également un phénomène qui est moins important que pendant les années d'hyperinflation mais qui est constaté en ce moment. C'est les gens qui laissent les produits à la caisse parce qu'ils trouvent que c'est trop cher et ils ne veulent pas payer une addition trop conséquente.
Le jour où j'y suis allé, c'était un paquet de mouchoirs par-ci, un white spirit par-là. Ce sont surtout des produits d'entretien qui sont considérés comme moins essentiels que les produits alimentaires.
Le patron de ce super U de Noisiel te raconte qu'il constate qu'il voit dans son magasin les changements de comportement.
Oui,
depuis la guerre en Iran, déjà lui, il constate que le volume d'achat dans son magasin a baissé de 1,5%, ce qui est énorme. Et il y a des phénomènes qu'on avait observés pendant les années d'hyperinflation qui s'accroissent. En fait, d'abord, les gens achètent vraiment de plus en plus de marques de distributeurs et puis ils n'achètent quasiment que en promotion. Dans son magasin, il y a les paniers anti-inflation qui sont 150 produits qui sont vendus à prix coûtant et ces produits se vendent comme des petits pains.
On
le disait au début de cet épisode de Code Source, actuellement,
l
'inflation s'établit à environ 2,4%. Gwenaëlle, dans ce contexte, le sujet des prix devient particulièrement sensible.
Oui, parce qu'on voit que les consommateurs font des choix de plus en plus contraints. Et en face, on a une grande distribution qui applique des promotions qui sont elles-mêmes parfois pointées du doigt parce qu'on ne les juge pas assez rémunératrices pour les producteurs et pour les fournisseurs. Et donc, effectivement, c'est un sujet qui devient très sensible, au point, par exemple, que récemment, l'enseigne coopérative U a renoncé à une promotion sur le prix de tomate parce que c'était jugé trop faible pour pouvoir ensuite payer les producteurs. Et c'est un sujet dont se sont emparés les parlementaires.
Au printemps dernier, un rapport d'enquête parlementaire s'est penché sur la formation des marges dans la grande distribution. Et il pointait alors ce qu'il appelait des pratiques abusives de la part des grandes enseignes. Et à l'automne, une proposition de loi pourrait être discutée au Parlement censée favoriser le fait que les enseignes proposent une centaine de produits sains à prix coûtant.
Et
récemment, dans l'actualité, il y a eu un autre événement qui va jouer sur le prix des carburants. Le 11 septembre,
la
prise par des rebelles yéménites pro-iraniens, les houtistes d'un détroit stratégique, le détroit de Babel-Mandeb, qui relie l'océan indien à la mer Rouge. C'est la route qui mène plus au nord au canal de Suez. Mathieu, est-ce que le gouvernement a peur d'un nouveau mouvement comme celui des Gilets jaunes en 2018 ? A l'époque, le mouvement était parti d'une colère contre l'augmentation d'une taxe sur les carburants.
Oui, le sujet est dans l'esprit de beaucoup de hauts fonctionnaires aujourd'hui. C'est un des risques et d'ailleurs, il est déjà évoqué. En tout cas, il y
a
toujours ce parallèle que certains aiment bien faire entre le prix du pain dans l'ancien régime et le prix des tarifs des carburants aujourd'hui. En tout cas, c'est un indicateur extrêmement sensible et inflammable, sans jeu de mots. Et effectivement, aujourd'hui, les tarifs très élevés, presque historiques des carburants, font peser le risque d'une révolte sociale qui d'ailleurs a déjà commencé. Il
y a
un certain nombre de professions, les pêcheurs en particulier, qui ont mené des actions pour dénoncer les tarifs élevés des produits pétroliers et les perturbations de leur activité.
Donc du coup, que fait le gouvernement là-dessus ?
Alors, le gouvernement, pour l'instant, il explique qu'il n
'a
pas de marge de manœuvre, qu'il n
'y a
pas de gras, qu'on est un État en déficit, lourdement endetté, que tout ça s'inscrit dans un contexte où les taux d'intérêt ont augmenté et donc que la charge de la dette, le service de la dette, ce qu'on paye tous les ans pour non seulement rembourser notre dette mais payer ses intérêts, a énormément augmenté et risque d'atteindre des sommets en 2026 et en 2027. Autrement dit, il n
'y a
plus d'argent, on n
'est
pas dans une logique post-Covid avec le fameux quoi qu'il en coûte. Les ministres expliquent que non, il
n
'y a pas grand-chose à faire, il va falloir faire des efforts. La seule solution qui est trouvée pour quand même proposer des options aux gens qui sont vraiment dans le pétrin, c'est une prime gros rouleur. Pour l'instant, c'est la seule chose que le gouvernement a consenti et qui est donc une aide de 100 euros pour un certain nombre de professions. Mais il n
'y
aura pas de dispositif global pour l'ensemble des automobilistes
et ça, c'est
super.
avec, chaque samedi matin, un nouvel épisode.