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interviewFrance Culture· 24 août 2025 43 min

"BLOQUONS TOUT !" le 10 septembre : la colère peut-elle rassembler un pays ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Tout c'est le mot d'ordre qui circule depuis la mi-juillet sur les réseaux sociaux. Un appel à bloqué le pays le 10 septembre au moyen de cortège ou de boycott. Échauffé par le plan d'austérité du gouvernement Baou, une partie de nos concitoyens veut réactiver un mouvement populaire du type des gilets jaunes pour redresser la barre, renverser la table ou mettre à bas le système.

Quoi qu'il en soit, ces mouvements comme d'autres mobilisations en ligne ont pour très commun. une colère qui semble le meilleur moyen de fédérer par-delà les sensibilités politiques, religieuses ou les ancrages territoriaux et sociaux et une colère qui traduit un sentiment partagé d'insatisfaction vis-à-vis de l'offre politique. Alors, peut-elle avoir un contenu positif où cette colère n'est-elle que refus ?

Est-elle une porte ouverte vers la violence et l'anarchie ou un pas vers l'émancipation ? On en discute en compagnie de trois invités. François Boulot, bonsoir.

Bonsoir. Ancien avocat, on peut vous considérer comme l'un des portes-paroles du mouvement des gilets jaunes. À vos côtés, Ellisabeth Gafroid.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes doctorante en sciences politiques à sciences pour Bordeaux.

Vous avez coécrit les gauches et les gilets jaunes dans Nouveau Peuples, Nouvelle gauche aux éditions Amsterdam, Institut la Boessie. C'était en 2025. Enfin, à distance avec nous, Paola Seda.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes maîtresse de conférence en sciences de l'information et de la communication à l'université de Lille.

Merci à tous les trois d'avoir accepté notre invitation. [Musique] Nous n'avons pas les mêmes vies mais nous avons les mêmes besoins. Aujourd'hui, beaucoup ne vivent plus, ils survivent.

Un français sur 6 vis sous le seuil de pauvreté. Et quand ils descendent dans la rue pour appeler à l'aide, quelle est la réponse de l'État ? Pendant que nous saignons pour essayer de survivre, eux se moquent de nous depuis leur tour d'ivoir en continuant de détruire la France.

Malgré les scandales à répétition, eux restent toujours impunis. Notre problème, ce n'est pas l'autre. Notre problème c'est eux les puissants, ceux qui profitent, ceux qui possède, ce qui influence, ce qui divisent, ce qui décide pour nous, sans nous.

Et si nous regardez enfin dans la même direction, nous n'avons pas besoin d'avoir les mêmes idées car nous avons un intérêt commun au-delà de survivre. Vive ! le septembre ensemble ensemble le clip bloquons tout bloquons tout pardon le clip d'indignons-nous ce collectif on peut retrouver en longueur cette vidéo sur le site du mouvement commençons par rassembler un peu nos informations.

François Boulot, est-ce que vous pouvez nous expliquer la généalogie de cet appel au blocage du pays le 10 septembre ? De quand date-t-il ? Quels sont les collectifs à l'origine ?

Moi surtout ce qui m'a frappé sur la naissance du mouvement parce que on voyait une situation politique qui était un peu apathique, on était un peu dans l'inertie et le point commun qui m'a frappé avec les gilets jaunes surtout c'est pourquoi le mouvement est né. En fait, il y a eu l'étincelle. L'étincelle, ça a été effectivement le plan budgétaire qui a été annoncé par François Baou et au moment des gilets jaunes, c'était la taxe sur le carburant.

Et le point commun qui m'a sauté aux yeux, c'est qu'à chaque fois l'étincelle c'est quoi ? C'est quand il y a des mesures symboliques. Donc il est dont il est très clair qu'on va faire payer plutôt les gens ordinaire la classe moyenne et ces gens-là se disent "Mais c'est pas possible, c'est toujours les mêmes qui payent." Et c'est ça en fait qui qui à mon avis à chaque fois déclenche un un sursaut.

Et avec toujours la même réflexion, les gens se disent "Mais bon sang, où va l'argent ? Où va l'argent de nos impôts ? C'est quand même pas possible.

On est l'un des pays les plus taxés au monde et c'est vrai, la France est l'un des pays les plus taxés au monde mais les services publics en contrepartie sont en train de s'effondrer. Ce qui était vrai il y a 6 ans est encore plus vrai aujourd'hui. On parle des hôpitaux, des écoles, de la justice, de la police, des pompiers.

Donc le point de départ c'est le plan d'austérité de Français Baou. Oui, bien sûr. Et ça, on l'observe sur les réseaux.

On voit des collectifs, on avait vu de Nicolas Kipet qui existe avant ça, qui est une un site où les classes moyennes jugent qu'elle paye trop d'impôts pour des parasites en haut ou en bas. On peut le dire comme ça. Quel collectif vous avez pu observer ?

Effectivement, on voit bien que à la manière des gilets jaunes, encore une fois, c'est ce que je vois vraiment les les points communs qui qui sautent aux yeux, on a des gens qui sont plutôt droite et on a des gens qui sont plutôt de gauche avec des mots d'ordre à chaque fois qui sont plutôt à droite, un mouvement poujadiste, je dirais antitax et vraiment en a bol d'être tondu comme des moutons et puis à gauche, bon les revendications plus classiques qu'on a l'habitude d'entendre sur un discours sur les inégalités et cetera. Mais tout ça s'inscrit évidemment dans un problème de fond qui est une politique qui sur les 40 dernières années et bah a produit les résultats qu'on voit. C'est des comptes public qui sont euh euh très euh qui sont dans le rouge et je dirais que ce qui est important c'est que effectivement c'est la colère là qui est mobilisatrice parce que les gens se révoltent contre un discours du gouvernement et de Macron général qui consiste à dire il faut faire des économies, il y a pas d'alternative.

Or, il y a un conflit politique qui est en train de se jouer fondamentalement dans le pays à mon sens, c'est qu'il y a une alternative, c'est de faire payer les plus privilégiés. On a vu qu'il y avait la taxe Zucman euh qui euh qui avait été rejetée par le Sénat mais qui m'a permettait à elle seule de rapporter 20 milliards d'euros. Et en fait, c'est ça, je crois, c'est un débat mais il est il est il est peu probable que tout le monde et tous les membres de ces collectifs soient d'accord avec la taxe duman.

En tout cas, on comprend que point de départ le plan budgétaire de France au Baou, Paola Séda, je me tourne vers vous qui êtes spécialiste des mobilisations en ligne. Euh est-ce que vous avez identifié deux mouvements principaux ? Nous, on a repéré les essentiels et indignons-nous dont on a passé un extrait sonore.

Est-ce que vous voyez une constellation de mouvement en ligne que vous pourriez peut-être caractériser à l'origine d'un moment un appel commun bloqu septembre ? Alors c'est que la les le les le contexte était un contexte un peu des somnolances estivales de cadres militants traditionnels. Donc c'est un peu l'espace public numérique qui a permis euh l'expression euh de la colère, du mécontentement autour de l'annonce du budget Baerou.

Donc, il y a cette étincelle euh qui va provoquer des débats en ligne et euh une mobilisation en fait numérique. Euh j'ai ni pas la la dimension très chaotique du mouvement pour l'instant euh voire conflictuel. En fait, il y a eu des incursions initiales de l'extrême droite qui avait amené à la fermature la fermeture d'un première d'un premier canal télégramit concentré les les débats autour autour du budget et en tout cas l'appel à la mobilisation.

En ce moment, il y a les groupes euh indignons-nous, bloquons tout euh qui semblerait mais en fait avec beaucoup de de des d'hésitation hein, je l'ai dit parce que c'est un mouvement qui est en train de se faire. Donc, il faudra vraiment l'observer attentivement. Mais en tout cas, il concentre euh à peu près sur son canal général 10000 membres.

Il y a des vifs débats politiques dessus. Euh c'est un euh c'est un mouvement qui n'est pas homogène hein bien évidemment euh mais qui semble avoir en tout cas euh choisi en tout cas la pour la partie indignon nous euh d'avoir choisi un versant plus euh plus progressiste. en tout cas avoir renoncé à la cristallisation autour du débat de l'immigration qui était extrêmement conflictuel et donc euh la concentration plutôt sur des revendications, des défenses, des services publics, des redistributions des richesses, des justices fiscales et des justices sociales.

Donc ça c'est ce que je peux observer dans les salons jusqu'à présent. Mais euh j'avoue que euh il y a un véritable labyrinthe en fait en ligne des groupes d'action euh euh qui s'organise et qui s'est structurent y compris au niveau local. Donc il faut pas oublier qu'il y a aussi la dimension euh des l'organisation sur le territoires, sur les villes.

Il y a plusieurs assemblées générales qui ont eu lié euh dont les compte-rendus sont relayés relayés en ligne. Donc il faudra vraiment attendre et suivre pour bien comprendre en fait l'orientation on va dire politique globale du mouvement. Et pour vous, le principal groupe qui se dégage pour l'instant, c'est celui euh indignons-nous Ellisabeth Gafois, je me tourne vers vous.

Euh est-ce qu'on sait ce qui est prévu enfin précisément euh en terme d'action concrète ce fameux jour de blocage de 10 septembre ? Alors, c'est difficile de savoir ce qui va arriver. Effectivement ce que j'ai remarqué en en regardant un peu les différents sites internet et les différentes boucles télégram et et François, il y a deux lignes qui semblent se dégager qui semblent avoir chacune deux stratégies distinctes ou du moins chacune une appétence particulière pour certains modes d'action.

Donc il me semble que voilà le le le réseau qui semble se structurer autour de indignons-nous verse plutôt dans des modalités d'action. assez classique du mouvement social, euh des manifestations, des blocages. En tout cas, l'idée serait de je pense construire un rapport de force dans l'espace public.

Euh peut-être en évitant simplement de tomber dans l'écueil de ce qui est souvent désigné comme la manifestation inefficace, saucisse, mergise des syndicats. Voilà. Et de l'autre côté donc, on a les essentiels qui eux se distinguent par un rapport, je dirais, assez particulier aux modalités d'action.

Donc on voit que ils appellent à des modalités de boycott assez individuell. Donc ne pas utiliser sa carte bleue, euh ne pas faire du paiement sans contact, même parfois certains appellent plutôt à carrément rester chez soi et ne rien faire. se confiner, il est très étonnant ou on pensait qu'un pays était traumatisé par le confinement en fait.

Et euh voilà donc des des modalités de de confinement très euh individuelles, mais aussi et ça c'est quelque chose qui m'a euh particulièrement frapper quand j'ai été regardé leur site internet, il donnent des conseils pour organiser des rassemblements dans l'espace public mais sans passer pour des manifestants. Donc ça traduit une forme d'aversion pour certaines modalités d'action qui à mon avis sont plutôt associé à la gauche ou du moins à des des mouvements perturbateurs qui gênent en fait dans l'espace public. Oui.

Il parle d'espace de discussion et de coordination dans les quartiers, dans les villages pas dans des faits de cortège ou de de il s'agit pas de cesser le travail pour eux. Non et surtout à mon avis de il ne plutôt organiser des piqueniques dans des parcs, ce genre de choses, mais ne surtout pas déranger ses concitoyens qui travaillent. Voilà, donc ça traduit à mon avis une orientation un peu comment on pourrait dire droitière, peut-être plus conservatrice de cette cette branche là du mouvement.

Moi ce qui m'a amusé c'était le choix de la date. J'ai cru d'abord que c'était le 10 août mais non évidemment c'est le 10 septembre et donc j'ai regardé c'est la Saint-Ignèse et il y a un dicton qui m'a fait rire. On dit à la Saint-Inèse travail sans cesse que j'ai trouvé un peu ironique pour un jour de grève.

Pour revenir au ces revendications des essentiels, vous avez commencé à le dire appel au boycott, pas utiliser sa sa carte bleue, ne plus acheter dans les grandes surfaces qui profitent des baisses de cotisation des aides publics tout en pressurant les salariés Carrefour, Rochon, Amazon. Ça aussi c'est assez nouveau. François Boulot, on se retrouve avec le supermarché qui est devenu un espace politique.

Ça, on l'avait déjà vu avec les gilets jaunes, mais c'est quelque chose qui qui grandit. Globalement, on observe un nouveau partage entre l'individuel et le collectif peut-être dans ces nouvelles mobilisations. Ouais, je crois qu' à travers effectivement les mots d'ordre là de boycott, des grandes surfaces en fait des grands, c'est les grands contre les petits et c'était déjà le cas au moment des gilets jaunes.

Ce qui avait reçu vraiment écho dans les revendications, c'était de dire mais nous on veut que la politique elle serve les intérêts des 99 %. On veut bien nous qu'il y ait des aides pour les gens ordinaires, la classe moyenne, pour les PME, les petites et moyennes entreprises, mais arrêtons de donner de l'argent, des aides aux plus grandes entreprises, aux plus privilégiés. Et ça c'est un discours qui me semble-t-il faisait consensus déjà entre ceux qui étaient plutôt de gauche et ceux qui étaient plutôt de droite.

Et je crois qu'on retrouve en fait ça là actuellement dans dans le mouvement et et c'est pour ça que là il y a un conflit politique à trancher et qu'en définitive ce conflit c'est est-ce qu'on fait payer les gens ordinaires ou est-ce que ben on fait payer les les plus privilégiés. Et le problème est celui de la légitimité euh actuellement d'un gouvernement qui en fait est la 3e est issue de la 3e force politique à l'Assemblée. Je rappelle que quand même l'année dernière, il y a eu des élections législatives et que euh le camp Macron et ses alliés est arrivé 3e.

Donc en fait, il n'a pas contrairement en fait au moment des gilets jaunes, à ce moment-là, il y avait un conflit de légitimité entre la légitimité des urnes qui était Macron avec sa majorité, la majorité absolue l'Assemblée nationale et la légitimité de la rue ou de l'opinion publique puisque le mouvement était majoritairement soutenu par l'opinion publique. Là, ce mouvement-là, on sait pas quelle sera son ampleur. Est-ce que ce sera plus ou moins, on en sait rien.

Mais en revanche, ce qu'on peut dire, c'est que bah il aurait peut-être certainement la légitimité de la rue, de l'opinion publique, mais surtout il il a la légitimité des urnes en ce que il est légitime à dire vous monsieur Bairrou, le gouvernement Bairou n'avez pas légitimité pour conduire pour ce budget puisque en réalité c'est que par un jeu institutionnel et en quelque sorte la complicité si je peux dire entre le Parti socialiste et le Rassemblement national enfin la complicité avec le le gouvernement en place de ces deux partis qui n'ont pas voté la censure et en En fait, le gouvernement actuellement, il tient quand même parce que le Parti socialiste et leur Assemblée nationale jusqu'alors n'a pas voulu voter la censure. Donc on comprend que pour vous le clivage les grands contre les petits, c'est plutôt ça que le clivage gauche- droite. Enfin, c'est venu remplacer un peu le clivage gauche- droite et qu'on vit une période spécialement propice enfin du fait de ce conflit de légitimité que vous décrivez dans le rapport entre la rue et les urnes.

Paola Seda du point de vue du choix des réseaux sociaux, il y a une évolution par rapport aux gilets jaunes qu'on peut observer. Ce n'est plus Facebook le lieu de rassemblement de ce mouvement. Alors il y a il y a plusieurs points de convergence avec la mobilisation des gilets jaunes qui a été un mouvement en tout cas très important et qui a marqué certainement la l'histoire en fait des luttes des luttes en France.

Euh déjà on voit que la la mobilisation est partie en ligne. Donc c'est plus Facebook parce que évidemment les les usages d'internet évoluent. Euh et euh de plus en plus les outils de messageries instantanées comme Telegram, euh comme Signal, comme WhatsApp euh prennent un peu la forme du réseau social.

Et donc sur Telegram par exemple, on a aussi euh la possibilité de suivre des groupes affinitaires, de suivre l'actualité d'une façon qui est un peu différente par rapport à la consommation en fait et à des médias des médias traditionnels. Et donc cette idée de du groupe affinitaire et du public en fait qui est rassemblé autour d'une cause et aussi permise par les les outils des messagers instantanés. Donc on voit en en primuté de ces outils qui est pas nouvelle hein, qui était déjà présente dans d'autres mouvements sociaux euh qui différents, mais euh mais qui utilisent les mêmes répertoires comme par exemple les soulèvements de la terre qui font euh un usage assez euh assez important euh dans la coordination des actions collectives, des télégrammes et des signals notamment et qui en fait semblent avoir cette capacité désormais à segmenter les publics, à sélectionner différentes plateformes dans une logique vraiment multipl plateforme pour pouvoir à la fois sensibiliser, centraliser l'information, la diffuser d'une façon vraiment capillaire au sein de différents public en ligne et en même temps utiliser ces outils comme euh une forme organisationnelle véritable euh donc pour euh coordonner des actions sur l'espace physique, mais aussi pour monter des groupes de travail en fait, des véritables projets, hein, si vous regardez euh sur tout euh toute la sphère Euh indigne-nous, il y a une multitude des petits projets qui se mettent en place sur les visuels, sur les revendications, sur les actions, sur les formations de désobéissance civiles.

Donc il y a vraiment cette espèce de modalité d'organisation par projet qui passe par les outils numériques. Mais en tout cas, je voulais juste réagir par rapport au débat qui a été démarré tout à l'heure sur un peu les euh, on va dire les contournements de des répertoires des répertoires de luttes classiques comme la grève ou la manifestation. Je pense qu'il faut aussi prendre en compte euh les contextes en fait social vraiment d'individualisation des pratiques de communication qui euh qui se situe plutôt sur les temps longs, mais aussi euh les difficultés en fait à organiser la grève.

On l'a vu aussi dans dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites qui a été massive en terme de participation en manifestation des rues mais qui a été très faible du point de vue de l'organisation de la grève. Donc je pense que ce type de mouvement là, ces nouveaux mouvements essayent aussi de contourner ces difficultés et de chercher des nouvelles solutions, des nouveaux répertoires dans les blocage, dans les boycottes mais qui sont beaucoup plus individualisés. Donc, j'ai réjoint en fait la collègue sur ces points.

Oui, c'est très intéressant ce que vous me dites. C'està-dire que du point de vue de la stratégie sur les réseaux sociaux, il y a une stratégie multicanale et ça ça offre de la visibilité au maximum et en même temps, on a des boucles ou des plus petits groupes, ce qui permet et de s'organiser et peut-être un peu de de se cacher, je sais pas dans quelle mesure la il y a une tactique antirépression qui qui est mise en œuvre. Et enfin, je je retiens aussiite ce que nous av dit, Pao Séda puis je vais faire réagir nos invités en studio sur ça.

Cette question de la fin de la grève. Euh un mot dessus Eisabeth Godfroid puis on va essayer de d'avancer sur la question du contenu politique de ces revendications. Est-ce que en fait la grève est un mode d'action terminé d'un point de vue d'un mouvement social ?

Euh terminé, je ne sais pas. Ce qui est sûr, c'est que je pense que la précédente expérience de mobilisation contre la réforme des retraites de 2023 a créé des déceptions et que ça ne m'étonnerait pas qu'on retrouve là dans cette mobilisation beaucoup de personnes qui ont été déçues qui ont vu que la grève perlée ne ne fonctionnait pas et qui cherchent des modalités alternatives de blocage. Et alors sur le si on en vient un peu au contenu politique donc euh il y a pas de revendication très claire, il y a une réaction au plan d'austérité de François Baou.

Vous avez commencé à décrire Ellisabeth Gaefroid à travers les répertoires d'action mobilisés par les deux grands groupes. Donc indignons-nous et les essentiels de lignes politiques, l'une plutôt au tendance gauche, l'une l'autre plutôt à droite. Est-ce que euh brutalement, si je vous pose la question comme ça, bloqué le 10 septembre comme le fait l'appel, c'est c'est de gauche ou de droite, on peut le dire ou au contraire, c'est vraiment être appartisan voir refuser le clivage l'objectif.

Alors peut-être un premier point, c'est sur l'usage de ces catégories de gauche et de droite. C'est vrai qu'on a tendance à vouloir les appliquer aux mouvements sociaux, mais à priori, c'est plutôt des catégories qui sont valides pour la politique institutionnelle et le parlement. Voilà.

Donc c'est vrai que en tant que que spécialiste des mouvements sociaux, on n' pas forcément recours à ces catégories-là. Euh même si elles peuvent euh aider à décrire les affinités euh des participants. Euh on peut parler de mobilisation progressiste, conservatrice, même si pour aller rapidement, on peut parler de gauche et de droite et et on voit bien à quoi ça fait euh euh référence.

Euh mais non, je ne pense pas que pour l'instant on puisse dire que se rendre à la mobilisation du 10 septembre, ça veut dire qu'on est de gauche et de droite. De la même manière que quand les gens euh ont commencé à se mobiliser dans les cadres des gilets jaunes. Euh ça ne ça n'était pas forcément lié à une affinité, une orientation politique marquée et unique.

Et pourtant, quand on regarde les sites de ces deux mouvements, et alors euh euh je je poursuis ce fil des répertoires d'action, ce qui m'a frappé en les regardant, c'est quand même qu'il y a un très fort contraste entre les deux, un contraste graphique mais aussi de ton. Euh indignons-nous, c'est des grands bandeaux noirs, une liste de chaînes Telégram, c'est un site assez peué avec des codes graphiques qui renvoient plutôt à à des collectifs d'extrême gauche. À l'inverse, quand on regarde les essentiels, on est sur un site très très bien équipé, des tons bleu blanc, rouge.

Il y a un logo qui est vraiment mais presque le même que celui du MP avec un arbre cerclé et il y a un récit commun, rédigé, une proposition vraiment très formulée quoi. Et je sais pas si c'est très bien dit ce que François Boulot vous avez observé ces mêmes tensions entre la gauche et la droite et c'est quand même le fait qu'on a deux mouvements un peu différents qui vont ou non converger le 10 septembre mais c'est ça qui est un peu mystérieux quand même. Euh oui mais en fait c'était tout aussi mystérieux pendant le mouvement des G.

Désolé j'y fais tout le temps référence. Non pas que je crois que ce soit les mêmes mouvements, pas du tout, mais c'est just que dans l'essence effectivement je je vois des caractéristiques communes. Donc je je parle de ce que je connais.

Estce que ce qui quand même a fonctionné dans le mouvement des gilets jaunes et ce qui pourrait fonctionner ou non pour le 10 septembre. En fait, les gens ils ont envie de s'aller sur leur colère effectivement. C'est pour ça le titre de l'émission est particulièrement bien choisi.

C'est que les gens s'allissent sur la colère pour dire stop et après ils essayent je dirais la la multiplication des moyens d'action qu'on voit fleurir et après je dirais la la réalité décidera. euh si ça prend et si ça prend par quel moyen. Mais la la la l'hétérogénéité des des moyens d'action qui sont proposés dit à mon avis effectivement que les gens cherchent désespérément comment se faire entendre, comment pouvoir mener leur rapport de force et s'agissant de la grève à mon avis ils ont pas forcément totalement abandonné mais ce qui est certain que les syndicats sont à leurs yeux largement discrédités notamment parce qu'effectivement je rejoins les les deux intervenantes de l'émission c'est que le mouvement contre la réforme de traite il y a 2 ans, bah il a échoué.

C'est les syndicats qui étaient euh à la manœuvre du mouvement social. Ils avaient le soutien de 70 % de la population. C'était 90 % des actifs et il y a une défaite.

Et ce que je peux dire, parce que c'est ce qui tournait à l'époque chez les gilets jaunes, c'est que ils en pouvaient plus des stratégies syndicales qui consistent à faire une journée de greffe par mois. Hein et c'est-à-dire que je pense que euh personne ne serait contre dans le mou dans le mouvement qui est en train de se créer que les syndicats se joignent à la partie. Il s'agit pas qu'ils ont pré la direction.

Voilà. Mais simplement bah si vous voulez vous joindre, c'est un appel à la grève générale limitée, c'està dire on y va une bonne fois pour toutes et sinon bah sinon ça sert à rien de venir et de faire la même stratégie qui a déjà causé la défaite il y a 2 ans. J'ai une question un peu naïve Paola Seda.

Est-ce que des sites internet bon comme je l'ai dit celui des essentiels notamment est assez élaboré ? Est-ce que ça nécessite des financements ? Est-ce qu'il faut imaginer des financeurs derrière ces mouvements ou absolument pas ?

C'est quelque chose qu'on peut faire de manière un peu artisanale ? Alors, on pourrait on pourrait envisager des des financières, hein. Mais ce que ce qu'on peut remarquer, je trouve et qu'on voyait aussi dans les mouvements des des gilets jaunes, c'est une certaine créativité en fait de ce mouvement et une certaine maîtrise de l'outil.

C'est-à-dire qu'il y a quand même à travers les outils les outils numériques, on peut réaliser des visuels à bakou qui sont assez efficaces et on peut avoir une stratégie en fait assez professionnelle y compris euh voilà dans le cadre du mouvement social assez professionnel pour diffuser l'information militante d'une façon d'une façon très efficace comme je le disais à travers les différentes plateformes et vraiment en segmentant et en adaptant les contenus différents différents publics et surtout en fait en créant des des sollicitant des plateformes qui aussi segmentent les niveaux d'engagement, c'est-à-dire on peut avoir un engagement très faible partageant simplement du continu militant dans nos propres réseaux euh privés euh et personnel, mais on peut avoir en forme d'engagement beaucoup plus forte. Donc il y a aussi cette façon en ligne d'optimiser les niveaux d'engagement et les les différents types de tâches militantes, de travail militant euh dans le cadre de ces mouvements qui mobilisent beaucoup les répertoires en fait d'information et de communication et pour lesquels la visibilité numérique c'est-à-dire la médiatisation des actions euh est quelque chose qui est prise en charge d'une façon autonome, hein. des mouvements qui euh formulent aussi une critique assez sévère vis-à-vis des médias traditionnels.

Et donc le répertoire médiatique consiste aussi à pouvoir maîtriser en fait la représentation médiatique du mouvement et la publicisation du mouvement euh d'une façon d'une façon qui est autonome euh par rapport à à la question du répertoire de la grève. Oui, il est il est il est je ne pense pas qu'il soit qu'il soit complètement complètement abandonné, mais il y a vraiment une forte une forte déception, une forte difficulté à organiser la grève qui ne vient pas forcément euh on va dire des organisations syndicales mais qui vient aussi d'une et ça il faut pas l'oublier d'un processus en tout cas de démantellement des collectifs de travail d'individualisation de des carrières euh qui vient aussi de nouveaux modes de management enfin et de la faible syndicalisation aussi globalement. dans les entreprises en France.

Donc ça, on comprend bien que la grève est perdue en efficacité. Donc j'entends dans ce que vous dites Paul Acar, c'est très intéressant que différentes plateformes aussi différents modes d'engagement et profondeur d'engagement et qu'il y a évidemment dans les réseaux sociaux critiques des médias qu'il nous faut prendre en compte. Je vous propose d'écouter les réactions politiques à cet appel au blocage du 10 septembre.

Le 10 septembre, nous participons et nous appelons tous ceux qui sont en colère à la fois contre la politique budgétaire injuste et dangereuse de ce gouvernement, qui sont en colère contre l'autoritarisme de ce gouvernement, qui sont en colère contre l'inaction écologique de ce gouvernement à participer aux différentes actions qui auront lieu autour du 10 septembre. Les modes d'action seront décidés par le mouvement lui-même. Et donc moi, j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent à participer à un mouvement de censure populaire parce qu'il faut arrêter la politique d'Emmanuel Macron d'urgence.

Nous, par principe, on ne s'improvise pas, comment dire instigateur de manifestation. Par contre, oui, moi je comprends la détresse de ces Français. Vous savez, moi dans ma circonscription en Gironde, je reçois chaque semaine des personnes qui viennent me voir parce qu'elles n'arrivent plus à joindre euh les debouts.

Et ce sont des personnes qui travaillent, vous voyez, ce ne sont pas des assistés, ce sont des gens courageux et donc forcément, moi je comprends ces français qui exaspérés ne trouvent pas d'autres solution que de repartir dans la rue. Je participerai à ma place, c'est-à-dire en arrière-plan, puisque c'est un mouvement citoyen, mais j'y participerai bien sûr. en arrière-plan, c'est un soutien, ça n'est pas une récupération.

Et par ailleurs, là je j'alerte sur le fait que la souffrance dans le pays augmente d'une manière tout à fait significative. Et puis il y a vraiment des gens qui ne savent pas de quoi demain sera fait. Il y a il y a des gens qui sont en mode survie permanent.

Ça c'est pas possible. Donc moi je trouve que ce ce mouvement c'est un mouvement quelque part de de révolte pour vivre bien. Mathilde Panot de la France insoumise Edvich Gaz député Rassemblement national et Sandrine Rousseau d'Europe écologie les verts.

On entend quand même dans ces trois voix François Boulot une même prudence. qu'il y a des gens qui sont courageux, des gens qui sont obligés de survivre et cetera, mais il y a une petite distance quand même. Oui, c'était la même distance qu'à 6 ans.

Je crois que les partis politiques étaient très prudents euh à cette époque. Il savaient pas trop ce que ça allait donner. Euh bon, aujourd'hui, il y en a qui soutiennent quand même d'ors et déjà euh parce qu'ils ont pas envie justement d'avoir le même reproche que celui qu'on leur avait fait il y a quelques temps.

Je suis pas sûr que ce soit une bonne idée parce qu'effectivement euh si les mouvements qui les gens qui sont en train de se mobiliser, de créer le cas de la mobilisation se revendiquent déjà comme un partisan, c'est précisément pour un pouvoir concer conserver la direction du mouvement. C'estàd que le mouvement puisse rester autonome de toutes les organisations traditionnelles, partis politiques et de syndicat. Et la deuxième raison évidente, c'est de pouvoir rester fort, fédérer au maximum, éviter les étiquettes pour éviter les clivages traditionnels.

Encore une fois, le but c'est de pouvoir rassembler sur la colère. On n'est peut-être pas d'accord aujourd'hui sur l'alternative politique qu'on qu'on voudrait mener dans le pays, hein, euh c'est évident. Mais en revanche, fédérons au maximum la colère pour essayer de gagner le rapport de force avec le pouvoir qui encore une fois s'est maintenu en place contre le résultat des des élections des dernières élections législatives.

Vous avez commencé à le dire euh contrairement au moment des gilets jaunes, on voit quand même que la France insoumise s'engage beaucoup plus tôt. Ellisabeth Gaudfroid, on peut réfléchir quand même à ce moment assez particulier de la colère populaire qui s'exprime donc dans cet appel du 10 septembre. C'est un sentiment mais c'est un moment politique aussi à manier avec prudence.

On n'est pas dans de l'abstention passive ni encore dans la proposition politique. Ça la France insoumise, elle l'a quand même théorisé son rapport à la colère populaire. C'est un élément de stratégie pour elle.

Euh oui. Oui, tout à fait. Ben, je pense que là la la France insoumise tire les leçons des des gilets jaunes en ayant en essayant de se positionner en amont et non pas après quelques semaines.

Euh voilà, après avoir fait une sorte d'autocritique sur le temps qu'elle avait mis peut-être à à soutenir le mouvement des des gilets jaunes au départ et je pense que enfin Jean-Luc Mélenchon avait fait cette même analyse au moment de des gilets jaunes. C'est-à-dire que ce type de mouvement citoyens horizontaux se s'inscrit dans ce qu'ils théorisent comme la révolution citoyenne. Ces mouvements qui se revendiquent du peuple peuvent faire écho au fait que il se revendique comme un populiste de gauche.

Voilà. Donc vous avez dit Jean-Luc Mélenchon, il a bien réfléchi mais il y a quand même une vraie stratégie du clivage à la France insoumise. C'est censé enfin tirer sur le e et le nous et et augmenter l'écart entre les groupes de population et leur représentation.

Ça c'est censé servir à l'émancipation du peuple à minima, la révolution où chacun y mettra les objectifs qu'il veut. Je sais pas s'il dit comment le le formuleraiit les dirigeants de la France insoumise mais il y a là la stratégie du clivage que Jean-Luc Mélenchon veut récupérer pour lui. Qu'est-ce que vous en pensez François Boulot ?

Moi je pense que il vaudrait mieux que tous les partis politiques y compris à LFI se tiennent à distance. Oui mais c'est pas le cas. Ben c'est pas le cas et à mon sens ne peut que être de nature à affaiblir le mouvement qui est en train de se créer.

Voilà ce que je pense parce que fondamentalement dès lors que le mouvement aura une coloration politique de gauche ou de droite et ben le clivage enfin le camp d'à côté ou d'en face qui aurait bien aimé participer et ben il va se dire non ben moi je reste à la maison donc ce qui serait une erreur parce que je pense que ce pouvoir a bien besoin d'un d'un mouvement contestataire et pour pour lui dire stop parce qu'encore une fois il n'a pas il a pas la légitimité des urnes pour pouvoir mener le budget qui qu'il a envie de mener les mouvements populaires Paola Seda sont donc ces mouvements de colère dont on parle, c'est c'est aussi des moments de classe. Les bourgeois politiquement ne se mettent pas en colère, c'est un peu l'apanage du peuple. Est-ce qu'à votre avis le mouvement social en ligne tel qu'on observe aujourd'hui, c'est une garantie d'horizontalité par la même un pied de nez au aux professionnels de la politique et aux élus ?

Euh pas vraiment, hein. Il faut pas il faut pas tomber dans les pièges de l'horizontalité déclarative. Moi, je je pense que les inégalités restent, hein, dans les débats en ligne, les les capitals culturels, les capital militant euh et est une arme hein pour convaincre, pour influencer.

Euh je pense que les militants ont vite investi euh ces espaces numériques, hein. Ils ont reçu euh la leçon des gilets jaunes et donc on les a vu euh mobiliser euh les militants de tout bord, hein, euh dans ces débats. Donc il y a il y a quand même des des nouvelles inégalités qui s'écréent hein autour aussi de personnes qui organisent modè euh anime ces espaces en ligne détiennent l'information.

Donc l'information et la compétence informationnelle est aussi un nouveau dispositif de pouvoir, hein. Donc je pense que on n'est pas on n'est pas à l'abri euh des nouvelles formes en tout cas d'inégalité. Et euh donc ces espaces ne sont pas complètement euh euh en fait étrangers à à des nouvelles formes de pouvoirs internes et des en tout cas de euh des réflexes euh qu'on pourrait retrouver dans les autres appareils politiques traditionnels.

En tout cas, on voit que le monde politique et le monde syndical essaie de réagir, hein. Il y a aussi des des tentatives de relayer l'appel au sein des organisations syndicales de certaines union départementale comme celle du nord dans laquelle j'habite les 59. Euh donc on on va voir qu'est-ce que qu'est-ce que ça va donner.

Mais en tout cas, j'ai l'impression que euh la constitution vraiment de l'identité du sujet politique est extrêmement importante et euh d'un point de vue électoraliste entre guillemets, les partis politiques vont essayer en tout cas de euh de pouvoir canaliser euh quelque part les les mouvements euh et en même temps c'est un mouvement qui reprend pas mal hein la rhtorique antipartisane qui est aussi une rhtorique qui est propre au nouveau parti mouvement comme celui de la France insoumise et comme celui des d'Emmanuel Macron, y compris, hein. Donc c'est c'est assez paradoxal, c'est-à-dire que les mouvement refuse les organisations partisanes, tout un récupérant une rhthorique en fait populiste qui qui est aussi devenue une stratégie disctive des nouveaux des nouveaux partis mouvements et des nouvelles entreprises en fait qui sont construites autour des personnalités politiques comme celle de euh de Mélenchon ou de Macron. Quand on alors on a parlé de la stratégie de la France insoumise du côté du Rassemblement national, on est on entendait vis Diaz qui n'appelle pas à soutenir vraiment qui disent simplement comprendre puisqu'elle rencontre des gens qui ont du mal à joindre les debout dans sa permanence en Gironde.

Comment interpréter cette prudence du rassemblement national François Boulot ? Bah moi de toute façon, j'ai toujours du mal à suivre le Remblant national parce que il vote la censure sur le gouvernement Barnier mais il le fait pas pour le gouvernant Bairou. Ça c'est bizarre.

Après euh là on l'interprète, bah généralement le Ro national est peu enclin à soutenir les manifestations. Euh alors là, ils ont peut-être pas envie de effectivement de soutenir ça, mais en même temps, il voit bien qu'il y a une partie peut-être de leurs électeurs qui sont euh en train de se mobiliser, qu'en tout cas le budget Baou attaque directement une partie de son électorat. Donc je pense que c'est ça en fait hein qui qui explique que le R national a du mal à se situer et que tout simplement euh et euh il est un peu le cul entre des sèches si je peux me permettre l'expression et comment je fais pour ne pas perdre trop d'électeurs et prendre position sans qu'on me euh sans paraître trop confus.

Ellisabeth Godfroid, on a compris ce que pouvait attendre les filles de ces mouvements de colère. Que craint le RN à votre avis ? Euh bah, il me semble dans un premier temps que c'est effectivement pas tellement dans l'ADN euh du Rassemblement national euh et même du Front National avant de euh soutenir ou de participer à des mobilisations euh populaires.

Oui, par principe, nous ne sommes pas instigateurs de manifestation du Vid Diaz. Voilà, par principe, c'est pas euh dans le cas des gilets jaunes, c'est vrai qu'il y avait eu un soutien à certains mots d'ordre. Bah là, on l'a bien entendu dans l'extrait que vous avez passé. l'idée que quitte à déformer un peu ce que ce que disent les les participants, euh il y en a qui travaillent et puis d'autres qui profitent.

Donc ça le le le Rassemblement national soutient dans le principe. Euh mais ce qu'on ce qu'on voyait ce qu'on a vu au mouvement au moment des des gilets jaunes, c'est que assez rapidement, dès que le mouvement commence à déborder un peu, euh qu'il commence à y avoir de la violence, là le le Rassemblement national devient forcément très frileux. et a sans doute quand même une certaine idée de l'ordre et ne souhaite pas le le désordre dans la rue.

Et effectivement, c'est pas dans sa stratégie de de créer ces rapports de force là en dehors du du champ politique. Le parti veut représenter le peuple euh mais euh pas comme la mais pas dans la rue. Et ça c'est pas quelque chose qui évolue un peu ?

Euh bah si on compare avec euh la la France insoumise par exemple, je pense que la stratégie de la France insoumise est clairement mais comme ont pu le faire certains partis de gauche dans le passé, c'est pas nouveau, d'avoir un pied aussi euh d'entretenir des relations avec des composantes de l'espace protestataire. Et il me semble que c'est moins le cas dans le le cas du du rassemblement national. La question de l'extrême droite me semble assez complexe puisque alors on l'a dit donc on a nos deux grands mouvements indignons-nous plutôt progressistes social pas beaucoup de thèmes d'extrême droite ni sur le site ni dans les appels.

L'autre les essentiels. Je suis allé regarder ce site c'est assez étonnant. On a des éléments alors on a des codes, j'en ai dit un mot de la droite souverainiste.

Il y a des éléments plutôt conspirationnistes même qu'on pourrait rapprocher de l'extrême droite sur les francs-maçons notamment. Et puis il y a aussi et j'ai trouvé ça très déconcertant un discours religieux sur la laïcité assez proche du du catholicisme dans le lexique même. Alors j'ai j'ai j'avais j'avais noté le le site le comment dire le slogan qui est mise en avant c'est avec vous par vous pour vous.

C'est presque une reprise des paroles du prêtre de l'eucharistie par lui avec lui en lui. Puis ils disent bien, il y a une citation de l'Évangile de Matthieu pour dire il faut promouvoir l'accueil de l'étranger. Donc on est sur un mouvement que je trouve très difficile à classer euh et une critique aussi le néolibéralisme de l'Union européenne, les énergies fossiles.

Qu'est-ce que vous en pensez Ellisabeth Gaute froid ? ni de gauche ni de droite, c'est un mouvement qui dit il faut du bon sens, il faut aller chercher des solutions partout locales. Alors sur la question des essentiels, c'est vrai qu'il y a quelques éléments un peu troublants et qu'à vrai dire, je ne pourrais pas tellement expliquer comme les les références religieuses et cetera, mais c'est vrai que euh dans les mots d'ordre notamment souverainistes, en fait, ils reprennent euh des des revendications qui sont portées par euh toute une myiel de petits partis politiques souverainistes euh d'extrême droite comme les les patriotes de Floriant Philippo, euh l'UPR de François Assolin et moi c'est vrai que le leur rhtorique m'a fait euh euh m'a fait penser à Ensuite, mais il y a pas d'antiisme.

Euh non, mais c'est vrai que si vous regardez le discours de François Solino ou de de Florian Filippo pour pour faire la comparaison, c'est pas forcément la la préférence nationale qui le mette au premier plan. Ensuite, effectivement, il y a une critique des partis politiques puisque les essentiels demandent, il me semble, la dissolution du monopole des partis. Euh donc c'est intéressant là à mon avis de bien distinguer différentes formes de critique de la représentation politique et des parti.

Euh d'un côté, on aignons nous qui demande plutôt aux députés d'agir et de déposer une motion de censure, ce que ce qu'a fait la France, enfin ce que ce qu'annonce faire la France insoumise et de l'autre ces essentiels qui veulent voilà carrément euh abolir les partis politiques, les supprimer ou du moins réduire leur puissance. Et là, c'est vrai que ça peut faire penser à une rhtorique pour le coup euh euh de droite ou d'extrême droite qui voit les partis politiques comme des diviseurs euh du corps social qui devraient être euh unis. Euh et j'ai les deux l'appel à la démission d'Emmanuel Macron.

C'est quelque chose d'assez commun. Oui. Alors moi je fais une distinction entre l'appel à la démission d'Emmanuel Macron et l'appel à la destitution.

Pour moi, c'est pas la même chose. La démission, c'est un acte de responsabilité. La destitution, elle sous-entend que euh Emmanuel Macron aurait commis un acte de trahison et qu'il faudrait que une autorité supérieure le démette de ses fonctions.

Euh autant dans euh chez les gilets jaunes, on on retrouvait, ça faisait partie des slogans d'ailleurs, la la démission d'Emmanuel Macron. Euh autant alors cette question de la destitution, on la retrouvait chez certaines composantes des gilets jaunes et qui étaiit justement plutôt d'orientation souverainiste pour le Frexit. euh avec parfois des lectures un peu complotistes de de la politique et et du monde social.

En tout cas, ce qu'on voit, c'est que parfois on est au-delà de la colère avec déjà des contenus programmatiques qui s'esquissent. Donc il faudra suivre un mot de conclusion tous les trois. Et à quoi vous vous attendez en terme de mobilisation mercredi 10 septembre, sachant que la médiatisation à laquelle on participe là en ce moment va jouer un rôle important ?

François Boulot. Ah moi je crois que si on prend un peu de recul, qu'est-ce que peut obtenir ce mouvement en fait à l'instanté ? C'est une coalition décolaires qui peut faire tomber le gouvernement Baou et peut-être paralyser l'action d'Emmanuel Macron.

Maintenant jeais pas donné le sentiment que je suis un anarchiste et que je je veux le chaos. Je dire, il faudra à un moment donné qu'on puisse dépasser nos désaccords politiques actuels qui sont profonds dans le pays et notamment j'attire l'attention des gens sur le fait que l'Union européenne de par l'euro et le marché unique européen nous contraint dans une certaine politique économique. On ne peut pas mener une politique économique véritablement alternative.

Et ce débat-là, je regrette vraiment qu'il soit très rarement mené euh dans les médias et notamment lors des des campagnes politiques. Alors, c'est peut-être le choix des parti politique, mais toujours est-il que cette question est un tabou et je pense que malheureusement, tant que ce sera un tabou, on pourra pas en sortir. En tout cas, pour le mouvement, vous voulez dire que ça va peut-être venir faire tomber le gouvernement Bairou en même temps que les les propositions de censure parlementaire.

En un mot, si c'est possible, Paola Seda, à quoi vous attendez, une mobilisation importante ou non ? Alors, c'est très difficile à prévoir, hein. Ça dépendra de l'attention médiatique sûrement.

Il y a aussi ça et puis euh j'ai j'ai l'impression qu'il il y a aussi euh quand même la la l'engagement euh de de des cadres militants euh et la et la capacité en fait de de rassembler les plus possible les organisations et de rendre la mobilisation les plus possible unitaire. Là, pour l'instant, on en est pas là. Euh donc pour vous, paradoxalement, ça va dépendre en fait de la mobilisation des cadres syndicaux et partisans.

Un dernier mot, Ellisabeth Gaute, des mouvements depuis les gilets jaune en ligne qui n'ont pas pris. Vous en avez vu un certain nombre ? Oui.

Alors, il se trouve que à peu près tous les étés, je vois passer ce type d'appel. Alors, parfois le le reste de l'année, mais singulièrement l'été. Euh et là, euh généralement, on entend jamais parler des appels à bloquer ou à ne plus consommer et cetera.

Ça, ça, ça, j'en vois souvent passer. Euh là ça prend mais voilà, je me demande s'il y a pas une petite distorsion entre la réalité numérique des personnes réellement engagé et l'ampleur médiatique que c'est en train de de prendre. En espérant que la saison estivale et son creux médiatique d'actualité ne soit pas la cause de cette attention.

Merci. Merci beaucoup à tous les trois. Paola Séda, maîtresse de conférence en sciences de l'information et de la communication à l'université de Lille.

François Boulot, ancien avocat, représentant officieux des gilets jaunes, Elisabeth Gaufroid, doctorante en sciences politiques à Sciencepo Bordeaux. [Musique] Et je remercie toute l'équipe de questions du soir qui a préparé cette émission. Jules Crétoi, Victoria Gér Valmont, Louise Cognard, Alice Chavaran et Maudich à la réalisation fan Montet à l'aide technique Ludovic.

"BLOQUONS TOUT !" le 10 septembre : la colère peut-elle rassembler un pays ? — François Bayrou · Pourquijevote