Les drones ukrainiens provoquent le chaos dans les aéroports russes
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- 7:00Sébastien GobertChiffre
« En 2024, l'aviation civile russe a connu une année noire avec au moins six accidents mortels. »
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Depuis le début de l'année 2025, pas moins de 489 restrictions ont été imposées au trafic aérien russe dans 43 aéroport. Et ça que ce soit des annulations ou des retards de vol. Et pendant le seul mois de juillet, il ne s'est presque pas passé un jour sans que au moins un aéroport ne doivent interrompre son trafic.
La stratégie ukrainienne de perturbation de l'espace aérien russe porte ses fruits et elle pourrait encore s'amplifier à travers des cyberattaques à grande échelle comme celle qui a touché la compagnie nationale russe Aéroflotte il y a quelques jours, ce qui a encore perturbé le trafic et qui a pu causer des dommages allant jusqu'à 50 millions de dollars. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette vidéo où l'on observe les effets de cette stratégie ukrainienne que j'avais déjà mis en perspective dans une vidéo à la fin mai. Bon, vous le voyez, mon environnement d'enregistrement, il change beaucoup ces jours-ci.
C'est à cause des voyages de la saison. Et d'ailleurs, je pense qu'il va falloir que je fasse une petite pause de 8 jours après cette vidéo, évidemment en fonction des besoins de l'actualité. En tout cas, aujourd'hui, il me semble important de revenir sur les perturbations du trafic aérien parce que comme je le relevais donc dans cette vidéo de début mai, l'Ukraine était en difficulté sur tous les fronts et sa campagne de frappe dans la profondeur sur des cibles énergétiques, industrielles et bien sûr militaires russes n'avait pas réussi à contrecarrer l'effort de guerre du Krémelin. et près de 3 mois après, c'est toujours le cas parce que en effet on peut frapper autant de raffineries et autant d'usine que l'on veut mais l'immensité géographique de la Russie fait que c'est vraiment difficile de gripper les circuits industriels et énergétiques du pays.
Alors que la perturbation de l'espace aérien, ça a des effets vraiment concrets, notamment puisque ça touche la partie occidentale du pays, dans laquelle se concentre l'essentiel des activités économiques du pays et dans laquelle vivent les trois/4 des russes au moins. Et donc ça a des impacts économiques, ça a des impacts politiques et ça a des impacts psychologiques assez importants. Donc comme je l'ai dit, on parle de 489 restrictions imposées au trafic aérien depuis le début de l'année, que ce soit des retards ou des annulations de vol.
Et quasiment tous les jours pendant le mois de juillet, au moins un aéroport a dû fermer temporairement. L'impact macroéconomique, il n'est pas vraiment chiffré par les autorités, en tout cas pas pour l'instant. Mais il est clair puisque pour les compagnies aériennes, c'est une perte sèche, d'autant plus qu'elles ne sont plus couvertes par des compagnies d'assurance internationale comme c'était le cas avant 2022 et ça c'est à cause des sanctions internationales.
Pour les aéroports, c'est pareil, ce sont des pertes sèches. Et pour les dizaines de milliers de voyageurs qui viennent pour la plupart des grandes métropoles de Moscou et de Saint-Pétersbourg, c'est aussi évidemment une perte sèche que l'on souhaite prendre l'avion pour le travail ou pour les vacances. Et c'est aussi la concrétisation de la guerre pour des populations qui ont soit décidé de faire abstraction de l'invasion que mène leur pays en Ukraine ou qui en ont été protégés par le Kremelin au niveau informationnel, économique ou au niveau de la mobilisation militaire.
Et là, à travers cette perturbation du trafic aérien, ces populations se retrouvent confrontées aux dommages collatéraux de l'invasion de l'Ukraine. Pour Kiev, c'est une stratégie consciente et assumée. Les unités qui gèrent les drones de longue portée prévoient explicitement leurs itinéraires pour que des drones qui aillent cibler des cibles diverses à travers la Russie passent dans un périmètre suffisamment étroit autour des aéroports pour que les contrôleurs aériens se mettent en état d'urgence.
Et ça, comme je le disais dans ma vidéo précédente, il n'y a pas forcément besoin de centaines de drones. En fait, il en faut un ou quelques-uns qui tournoi autour d'un aéroport pendant quelques minutes ou quelques heures pour que les aéroports déclenchent des mesures de précaution. Ces problèmes, ils n'affectent pas seulement les vols commerciaux, mais aussi les jets privés et donc l'élite.
Puisque le 28 juillet, c'est l'avion de Dimitri Pescov, le porte-parole du Kremelin, qui s'est retrouvé cloué au sol pendant plusieurs heures alors qu'il voulait se rendre de Moscou à Saint-Pétersbourg. Et le même jour, les autorités ont dû annoncer l'annulation de la parade de leur force maritime qui était prévue à Saint-Pétersbourg le lendemain. Et donc même très au nord de cette partie occidentale de la Russie, la guerre se fait sentir et elle perturbe la vie publique.
Sur le long terme, l'impact peut être absolument désastreux pour un pays comme la Russie au niveau de l'organisation du pays qui est très centralisée autour de Moscou et des liens que la capitale doit entretenir avec des régions très éloignées. Alors pour l'instant, les autorités n'ont pris aucune décision vis-à-vis de la fermeture d'une partie de l'espace aérien ou du déplacement d'un certain nombre de vols d'aéroport, par exemple de Moscou vers d'aéroport de Saint-Pétersbourg. Et dans un acte de défiance assez évident, elles ont même annoncé la réouverture de l'aéroport de Gellenjik qui est lui sur la côte de la mer Noire et qui n'était plus opérationnel depuis 2022.
Mais si les Ukrainiens parviennent à maintenir le rythme de leurs attaques, les autorités pourraient bien être contraintes à prendre des mesures. Et ça, ça serait pour continuer à ménager sa population évidemment par souci économique mais aussi par souci de sécurité. Sachant que le secteur de l'aviation civile dans la Fédération de Russie qui était autrefois assez prestigieux et bien il va très mal en ce moment à cause de l'impact des sanctions internationales qui évidemment n'empêche pas les avions de décoller ou d'atterrir mais qui par contre pose un certain nombre de problèmes en terme d'approvisionnement de pièces détachées et en terme de maintenance.
En 2024, l'aviation civile russe a connu une année noire avec au moins six accidents mortels et en 2025, on a eu le premier accident il y a une semaine à peine avec le crash d'un Antonov dans l'Extrême Orient Russe qui a causé la mort de 48 personnes. Ça, comme je l'ai dit, c'est plutôt le résultat de problèmes techniques imputés mais pas seulement aux sanctions internationales, mais dans le cas qui nous préoccupe, si les autorités continue de faire décoller et atterrir des vols commerciaux chargés de plusieurs centaines de passagers dans des zones qui sont constamment parcourues par des drones, elles encourent le risque que à un moment donné un de ces appareils se fasse heurter en vol. Si ça arrive, les Ukrainiens seront bien sûr tenus responsables d'une tragédie de l'aviation civile et à juste titre, mais ça ne sera quand même qu'une réaction de légitime défense face à l'invasion de leur pays par la Russie.
Et donc dans cette affaire, les Ukrainiens n'ont pas grand-chose à perdre et d'ailleurs on dirait qu'ils ont bien l'intention de redoubler leurs efforts puisque ces derniers jours, en plus des raides habituels de drone, une cyberattaque massive a ciblé la compagnie nationale Aéroflotte en endommageant au moins 7000 serveurs. Et en conséquence, 59 vols ont été annulés à partir de Moscou ce lundi et 53 ce mardi. Et selon la direction de la compagnie, les dommages pourraient s'élever à 50 millions de dollars et il faudrait jusqu'à 12 mois, jusqu'à 1 an pour restaurer la totalité des serveurs.
Évidemment, les Ukrainiens ne peuvent pas mener ce genre de cyberattaque tous les jours, mais en menant cette stratégie consciente de perturber l'espace aérien russe, il semble qu'ils aient trouvé une arme redoutable pour nuire à l'économie russe, pour discréditer les capacités de défense de ces autorités et pour peser sur le moral de la population, même si évidemment il est encore trop tôt pour en apprécier les conséquences puisque soit cela peut pousser la population à exiger du Krémelin une fin de la guerre, soit ça peut au contraire faire consolider la population derrière la politique menée par ses dirigeants ou alors et c'est aussi tout à fait possible quelque chose de plus qui va juste glisser sur les Russes et ça n'aura aucun impact visible sur la poursuite de la guerre. On suivra ça évidemment dans les jours, dans les semaines qui viennent. En tout cas, pour l'heure, merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout.
Jeile et je vous retrouve très vite.