L'invité de Bourdin Direct : Bruno Le Maire - 13/12
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Jean-Jacques Bourdin. Bruno Le Maire, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Ministre de l'économie, des finances et de la relance, nous serions au pic de cette cinquième vague du Covid. Aucune mesure supplémentaire de restriction ne sera prise avant les fêtes. En tout cas, je ne le souhaite pas. Il faut tout faire pour l'éviter. Bien. Quoi qu'il arrive, vous ne reviendrez pas sur le quoi qu'il en coûte.
Non, le quoi qu'il en coûte correspond à une période où il fallait protéger massivement les salariés et les entreprises. Nous sommes sortis du quoi qu'il en coûte, je l'ai dit, début septembre. Nous poursuivons notre stratégie qui est de protéger maintenant, filière par filière, au cas par cas, les entreprises et les salariés qui en ont le plus besoin. Mais nous ne reviendrons pas sur le quoi qu'il en coûte.
Alors, filière par filière, au cas par cas, il y a des secteurs qui souffrent à nouveau l'événementiel. Par exemple, le tourisme qui sont déjà touchés. Qu'allez-vous faire ?
D'abord, il y a des entreprises qui sont fermées. Je pense aux discothèques. Elles ont évidemment droit à une protection particulière. Exonération totale de charges. Prise en charge de l'activité partielle. Protection contre les coûts fixes. L'intégralité des coûts fixes des discothèques seront pris en charge. Rémunération des gérants de discothèques compris. Et je mettrai en place cette semaine, à la Direction Générale des Finances Publiques, une équipe dédiée spécifiquement aux gérants de discothèques. Pour que l'aide puisse arriver vite, je suis parfaitement conscience que l'aide coût fixe, parfois, elle met du temps à arriver.
Il y aura une équipe dédiée pour que les aides arrivent rapidement.
Donc, première annonce concernant les discothèques.
Vous prenez en charge... On prend en charge tous les coûts fixes. Tous les coûts fixes. Salaire des gérants compris. Et nous mettrai en place une équipe dédiée pour que ça aille vite. Je sais que parfois, les versements sont un peu plus longs avec ce dispositif. Bien, l'événementiel, le tourisme ? L'événementiel, tourisme, hôtellerie, café, restauration. Je sais qu'il y a certains secteurs où les chiffres deviennent un petit peu moins bons. Beaucoup d'annulations ? Beaucoup d'annulations. Donc, il y a une préoccupation qui est parfaitement légitime. Là aussi, une réponse appropriée, ciblée, efficace qui va passer par la prise en charge de l'activité partielle.
Elle sera prolongée jusqu'à la fin du mois de janvier, au moins, en fonction évidemment de la situation sanitaire. Alors que ça devait s'arrêter au 31 décembre ? Alors que ça devait s'arrêter au 31 décembre. C'est la prise en charge à 100% de l'activité partielle pour tous ces secteurs avec une évolution très importante que nous avons voulu mettre en place avec Elisabeth Borne. Cette activité partielle couverte à 100% pour les salariés de ces secteurs, elle sera déclenchée non plus à partir de 80% de perte de chiffre d'affaires, mais à partir de 65%. Donc, nous baissons le seuil pour qu'un restaurant, il fallait attendre de perdre 80% de son chiffre pour avoir accès à ce dispositif.
Nous avons estimé avec Elisabeth Borne que c'était trop restrictif, pas assez protecteur. Donc, nous baissons le seuil d'accès de 80% à 65% de perte de chiffre d'affaires.
Le remboursement des PGE,
à nouveau repoussé ou pas ? Les entreprises qui le souhaitent ont la possibilité de reprendre un prêt garanti par l'État et par ailleurs, nous avons fait en sorte que chaque entreprise qui a une difficulté puisse avoir droit à une médiation au niveau départemental et pour être très concret, ne se retrouve pas seul face à son conseiller bancaire. Je sais à quel point pour une TPE, pour une PME, pour un petit restaurateur, pour un bar, être seul face à son conseiller bancaire, c'est parfois être dans une situation compliquée.
Ils auront droit, dans tous les départements, à une médiation, via ce que nous avons mis en place par département, de façon à discuter avec un représentant de l'État pour que la discussion soit équilibrée et qu'on puisse trouver, au cas par cas, des étalements des prêts garantis par l'État.
Bien, regardons les chiffres de l'année, Bruno Le Maire. La croissance, on termine à combien ?
Écoutez, on va rester à la prévision officielle de 6,25%. Je pense que nous ferons mieux. Mieux, 6,50 ? Nous ferons mieux. Ce qui est une excellente nouvelle et ce qui prouve d'ailleurs, contrairement à ce que tous les déclinistes de tous bords racontent matin, midi et soir, parce qu'ils ne croient pas dans la France, que les Français ont été capables de résister à la crise et de se relancer avec une force de caractère exceptionnelle. Bon, 6,50, 6,75. On verra. On verra. La dette, la dette. La dette, on sera aux alentours de 115%.
On sait que nous avons payé le prix de la crise, mais nous savons aussi qu'il a été moins coûteux pour les finances publiques de protéger les salariés des entreprises que de laisser faire parce qu'on aurait eu à rembourser le chômage et nous aurions eu une crise sociale qui aurait été beaucoup plus coûteuse pour les finances publiques aussi. Je le dis à tous ceux qui nous disent vous avez trop dépensé.
Mais vous entendez l'opposition, Valérie Pécresse et d'autres dire,
mais attention, arrêtons avec cette dette. Je vais vous le dire avec beaucoup de vérité et les sincérités. Je regrette ces postures politiques de campagne parce que la réalité, c'est que les troupes de Valérie Pécresse votaient en responsabilité ces mesures de soutien pour la crise parce qu'elles savaient dans le fond d'elles-mêmes que protéger les salariés, protéger les compétences, protéger nos TP ou nos PME, c'était la bonne décision. Et je salue le courage qu'ils ont eu de voter les décisions du gouvernement parce que c'était des bonnes décisions de protéger notre économie pendant la crise.
Mais pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas l'honnêteté intellectuelle et l'honnêteté morale de le reconnaître aujourd'hui ? Pourquoi est-ce que plus largement nous n'arrivons pas à faire grandir la vie politique française pour qu'elle soit enfin adulte et qu'on arrête avec ses enfantillages, ses fausses oppositions et qu'on soit capable de reconnaître quand quelqu'un fait quelque chose de bien ? Valérie Pécresse a fait une très bonne réforme des universités quand on a été ministre des universités. Je n'ai aucun mal à le reconnaître mais que les républicains aujourd'hui reconnaissent que cette protection des entreprises était la bonne décision pendant la crise.
Mais vous, vous serez d'accord avec eux, il faut baisser la dépense publique. Je suis bien sûr. Alors comment va-t-on faire pour baisser cette dépense publique ? Et comment va-t-on faire pour rembourser notre dette ?
Je viens de vous dire que nous avons une stratégie qui est simple et lisible. Nous avons protégé pendant la crise. Ça nous a permis d'éviter un naufrage économique et un naufrage en termes de finances publiques. Nous allons maintenant passer au cas par cas et le quoi qu'il en coûte est fini. Et nous allons engager dans les mois qui viennent une politique de réduction de la dette publique qui va passer d'abord par de la croissance parce que c'est bien la croissance qui permet en premier lieu de rembourser la dette par des réformes de structure, l'assurance chômage.
Là aussi, les républicains pourraient reconnaître que nous avons eu le courage de réformer l'assurance chômage, les retraites comme l'annonçait le président de la République et enfin une règle d'or dont je parlerai avec Christian Lindner, le ministre des Finances allemand dans quelques instants ce soir en lui disant, voilà, nous nous sommes favorables à une dépense qui soit calibrée sur 5 ans et non pas sur 1 an pour mieux maîtriser la dépense publique. Les 3% ?
Les fameux 3% ? Les fameux 3% ? C'est-à-dire que les fameux 3% seraient lissés ? C'est-à-dire qu'on pourrait dépasser les 3% ? Expliquez-moi quel est le mécanisme que vous allez proposer ?
La discussion que nous allons avoir avec le ministre des Finances allemand va d'abord consister à lui dire vous avez en face de vous un gouvernement sérieux du point de vue des finances publiques. C'est le gouvernement qui a rétabli les finances publiques françaises en 2018 qui est repassé pour la première fois sous les 3% de déficit public. Donc vous avez affaire à des gens sérieux. Il le sait, nous nous connaissons bien. Nous avons protégé pendant la crise, ça nous a coûté de l'argent et nous avons maintenant une dette.
Cette dette, nous allons la rembourser et nous allons la rembourser avec les éléments que je vous indique et nous allons avoir une discussion ensemble pour savoir s'il faut que tous les États membres de la zone euro aient la même trajectoire, au même rythme, avec les mêmes exigences ou s'il faut tenir compte de la réalité de la sortie de crise où certains États ont plus de 160% de dette, l'Italie, d'autres beaucoup moins, l'Allemagne. Et donc est-ce qu'il ne serait pas plus approprié d'avoir une trajectoire de réduction de la dette, un chemin de réduction de la dette qui soit différent d'un État à l'autre ? C'est-à-dire permettre pendant 5 ans de dépasser les 3%.
Ne pas, ne jamais, ne jamais renoncer au remboursement de la dette. Il est indispensable, j'ai toujours dit, mais le faire à des rythmes différents qui tiennent compte de la réalité de la situation de chaque pays.
Vous pensez que les Allemands sont sensibles à cet argument, à ces arguments ?
Christian Lindner est un libéral. C'est un libéral. Oui, mais c'est un homme constructif que je connais bien. Le Président de la République a déjà eu des discussions avec le chancelier allemand qui a été mon homologue pendant 2 ans. Et je sais que nos amis allemands ont à cœur de construire une Europe souveraine. Et que pour avoir une Europe souveraine, il faut que chaque État rétablisse ses comptes publics en fonction de ses capacités actuelles.
L'inflation, on sera à combien à la fin de l'année ?
Je ne peux pas vous donner le chiffre aujourd'hui. C'est mon sujet de préoccupation majeure. Nous avons protégé, nous avons relancé l'emploi. Je rappelle qu'on a aujourd'hui le taux d'emploi le plus élevé depuis un demi-siècle. C'est bien la preuve qu'on peut renouer avec les troupes glorieuses d'ici quelques mois. Mais il y a un sujet, c'est comme l'économie a redémarré très vite, on a effectivement une inflation forte. Donc, ma priorité, ce sera peut-être plus de 2%. Je ne veux pas vous donner deux chiffres inexacts parce que l'INSEE les donnera d'ici quelques semaines. Donc, nous verrons en fonction des chiffres de l'INSEE. Mais au-delà des chiffres statistiques, il y a une réalité.
L'inflation pèse aujourd'hui sur le pouvoir d'achat des Français. Et ma priorité des prochaines semaines est de protéger le pouvoir d'achat des Français contre l'augmentation des prix. La moitié de cette augmentation, c'est les prix d'énergie. Nous avons pris avec Jean Castex un certain nombre de mesures qui seront rigoureusement appliquées. Gel du prix du gaz. Première décision qui nous coûte plus d'un milliard d'euros. Deuxième décision, plafonnement des prix d'électricité à 4%. Alors que si on suit les prix de marché, ce serait sans doute plus de 15%. Je rappelle qu'en Italie et en Espagne, en 2021, le prix de l'électricité a augmenté de 50%.
Il n'a pas augmenté en France parce que nous avons protégé les consommateurs, que nous avons un dispositif qui protège les consommateurs. Nous le referons en 2022. Pas d'augmentation des prix supérieure à 4%. Comment est-ce que nous le ferons ? D'abord, en baissant la taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité. Et si ça ne suffisait pas, c'est possible si les prix d'électricité flambent davantage, nous augmenterons le volume de l'accès régulé à l'énergie nucléaire historique. La fameuse arène dont nous avons parlé avec M. Zemmour dans notre débat sur France 2. Je ne suis pas sûr que beaucoup de Français aient compris.
L'arène, c'est le volume d'électricité qui est vendu à un tarif de 42 euros le mégawatt au lieu de 200 euros le mégawatt-heure aujourd'hui qui permet ensuite d'avoir pour les consommateurs un prix d'électricité moins cher. Ce volume est de 100 terawatts heure. Il pourrait ne pas suffire. Nous augmenterons à 150 terawatts heure le volume de l'accès régulier à l'énergie nucléaire historique à 42 euros le mégawatt-heure pour que les Français soient garantis que les prix d'électricité n'augmentent pas de plus de 4%. Les promesses du Premier ministre seront rigoureusement tenues. Le pouvoir d'achat,
on en parle, hausse du taux du livret A ou pas ? Oui. Il y aura une hausse ? Le taux du livret A
augmentera en janvier. Il augmentera en janvier. Vous en prenez l'engagement ce matin. Il va passer à quoi ? 0,75 ? Protéger les Français contre l'augmentation des prix, je le dis, c'est ma priorité absolue aujourd'hui parce que je suis lucide sur l'inflation. Mais c'est une politique qui doit reposer sur plusieurs outils. Protection contre l'augmentation des prix d'énergie, 50% de l'augmentation de l'inflation, c'est cela. Protection contre l'augmentation des prix de consommation courante, une grande distribution. Et également, augmentation des rémunérations pour que les gens ne perdent pas d'argent sur les comptes dans lesquels ils ont placé leurs économies.
Le gouverneur de la Banque de France a déjà indiqué qu'il y aurait, suivant la formule, une augmentation du taux du livret A si on suit la formule technique qui a été mise en place. Je ne vais pas la décrire parce qu'elle est absolument incompréhensible. J'aurais du mal à vous l'expliquer ce matin à 8h30. Il y aura une augmentation du taux du livret A en janvier. 0,75 ? Je ne peux pas vous donner le chiffre. Le gouverneur de la Banque de France fera une proposition. Je prends l'engagement ce matin que le taux du livret A augmentera en janvier pour les millions de Français qui ont un compte livret A.
Bien, les augmentations de salaire, le SMIC, bon, pas de hausse du SMIC, il n'y aura pas de hausse, pas de coup de pouce. Je rappelle juste, Jean-Jacques Bourdin,
que nous sommes le seul pays développé où le SMIC est indexé sur l'inflation. Là aussi, c'est une protection. C'est-à-dire, quand il y a une forte hausse des prix, le SMIC augmente automatiquement parce que la formule ajuste automatiquement le niveau du SMIC. Il a augmenté 36 euros bruts en octobre. Ce n'est pas le cas dans les autres pays. Ça fait partie de notre modèle social auquel je suis très attaché. Nous avons un SMIC qui augmente lorsque les prix augmentent.
Alors, chèque inflation, chèque énergie, prime Macron, ça, ce sont des mesures pouvoir d'achat. D'ailleurs, le chèque inflation,
premier versement aujourd'hui. Premier versement aujourd'hui pour 775 000 étudiants, via les Crousses. Versement le 15 décembre pour tous les agriculteurs et tous les indépendants. Et versement de ce chèque de 100 euros à partir du 20 décembre pour une grande majorité de salariés. Là aussi, c'est une protection contre l'inflation et une protection du pouvoir d'achat des Français.
Et pas d'augmentation du point d'indice des fonctionnaires,
Bruno Le Maire. Non, mais nous avons toutes ces mesures. Les fonctionnaires bénéficieront eux aussi. Ce sera en janvier pour des raisons techniques de la prime inflation à 100 euros. Mais vous voyez bien que le dispositif que nous déployons, il montre deux choses. Un, nous anticipons. Nous anticipons cette augmentation des prix. et deux, nous le faisons avec une batterie de mesures qui permettent de protéger la croissance et qui ne pèsent pas sur la croissance du pays.
Oui, mais pendant ce temps-là, 10% des Français sont obligés d'aller dans une association pour recevoir un colis alimentaire. 10%, ça fait 6 millions, plus de 6 millions de Français qui sont obligés d'aller dans ces centres, dans ces associations. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous n'avez pas tout réussi ? Bien sûr. Bruno Le Maire. Ça veut dire quoi ? Jean-Jacques Bourdin ? Je lisais ce que disait, pardon, je vous coupe, l'historien Michel Vinocq, les historiens, vous en avez appris un, oui, jeudi soir. Je vais lui faire beaucoup d'honneur de le qualifier d'historien. Bon, d'accord.
Je dirais plutôt de révisionniste que d'historien.
Bon, révisionniste. Michel Vinocq rappelle ce que disait Aristote, la stabilité de la démocratie dépend d'un moindre écart entre les riches et les pauvres. Or, l'écart se creuse.
Mais je suis totalement d'accord avec ce que dit Michel Vinocq. Pas d'accord avec le fait que l'écart se creuse. L'écart ne se creuse pas en France.
Entre les plus riches et les moins riches.
Les inégalités n'ont pas augmenté significativement en France pendant la crise alors qu'elles auraient dû exploser. C'est bien la preuve que nous allons me protéger. Mais Jean-Jacques Baudin, tant qu'il y aura 9 millions de pauvres dans notre pays, 9 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, tant qu'il y aura des personnes qui n'auront pas d'autre choix que d'aller dans les banques alimentaires ou au resto du cœur, je ne serais pas satisfait. Vous parlez à quelqu'un qui, lorsqu'il était ministre de l'agriculture, a livré un combat pendant un mois pour maintenir l'aide alimentaire d'urgence qui finançait les restos du cœur et que la Commission européenne voulait supprimer.
Ça a été un de mes grands combats en 2009 et 2010. Donc jamais, je ne m'avouerai satisfait tant qu'il y aura 9 millions de nos compatriotes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Un mot sur la ville de Paris. Compte tenu de son endettement, est-ce qu'elle pourrait être mise sous tutelle ?
Nous verrons les décisions que prendra Anne Hidalgo. C'est Olivier Dussopt qui suit ce dossier. J'en ai d'autres au niveau national qui m'occupent largement.
Bien. Bruno Le Maire, l'embauche, beaucoup d'entreprises n'arrivent pas à trouver de personnel. Que faire ? Que faire contre ça ? Peut-être proposer des salaires plus hauts ? Pourquoi ? Il y a des réponses
de court terme et des réponses de long terme. Tout cela montre une chose une fois encore très simple. Notre pays est en train d'opérer un redressement économique spectaculaire. Deux fois plus d'usines ouvertes en 2021 que d'usines fermées. Des emplois industriels qui se recréent. Un taux d'emploi qui est le plus élevé depuis un demi-siècle. Je voudrais que chaque Français comprenne, même si sa vie est difficile, même s'il y a du mal à boucler les fins de mois, que nous sommes dans la bonne direction. Et s'agissant des secteurs qui sont aujourd'hui sous tension, la seule solution, c'est renforcer l'attractivité des métiers.
Le premier métier qui a du mal à recruter, c'est nos amis restaurateurs. C'est les bars, c'est les hôtels. Ils en ont parfaitement conscience. Ils sont lucides. Je les ai vus, je les vois quasiment chaque semaine. J'étais à un de leurs congrès à Strasbourg il y a quelques jours. C'est une affaire de salaire et je souhaite que les négociations salariales dans l'hôtellerie et la restauration puissent déboucher rapidement avec des augmentations significatives de salaire. Mais c'est aussi la priorité du métier. Le patronat proposait 10%. Au moins 10%. Mais c'est ça la solution.
Plus l'attractivité du métier faut tenir compte de l'attente d'un jeune de 20 ans qui dit légitimement moi je ne suis pas prêt à sacrifier toutes mes soirées, je ne suis pas prêt à sacrifier tous mes week-ends et surtout la pause entre le déjeuner et le soir où je ne peux pas rentrer chez moi c'est compliqué à gérer pour ma vie personnelle. Qu'est-ce que vous me proposez ? Il faut répondre à tous ces problèmes d'attractivité. Il faut simplement tenir compte de la vie des gens. C'est ce qui permet de rendre un métier plus attractif.
Pénurie aussi de matières premières et vous allez réunir je crois à Bercy toutes les personnes concernées. Quelles décisions prendre ? Alors nous allons Oui, vous avez beaucoup d'industries dans le public
qui sont confrontés à des difficultés.
L'acier qui est très cher Les composants électroniques
Je vais venir à Bercy dans quelques heures Nous allons échanger avec eux Il y a des prêts industrie qui sont étalés sur 7 ans aujourd'hui Je suis prêt à prolonger ces prêts industrie sur 10 ans de façon à donner un peu d'air en termes de trésorerie à ces entreprises Ça fait partie des propositions que je ferai cet après-midi pour répondre à cette pénurie de matières premières.
Parlons un peu de politique pour terminer Bruno Le Maire Quel est l'adversaire le plus dangereux pour Emmanuel Macron ? Valérie Pécresse ? Éric Zemmour ? Marine Le Pen ?
Je pense que l'adversaire le plus dangereux c'est le fatalisme C'est pas tel ou tel adversaire C'est cette résignation collective qui nous tire vers le bas et qui nous ferait perdre le chemin de nos rêves français Mais si nous n'avons pas si nous n'avons pas d'allant
c'est votre faute peut-être C'est la faute d'Emmanuel Macron
Je pense avoir montré ce matin que je ne manque pas d'allant et que nous ne manquons pas collectivement d'allant La victoire se trouvera là La victoire se trouvera dans les perspectives que nous offrons aux français Notre capacité à les convaincre que nous sommes dans la bonne direction et que notre pays notre nation a aujourd'hui des capacités de redressement économique dans tous les domaines industriels, technologiques nos start-up qui explosent l'emploi qui est en train de redémarrer le pouvoir d'achat que nous voulons protéger que tout cela fait de la France une des grandes nations qui compte sur la scène internationale et européenne et que nous sommes je le redis dans la bonne direction C'est notre enthousiasme qui apportera la victoire et certainement pas la dénonciation des candidats alors celui-ci il est comme ça celui-là est comme ça celle-là la fait ceci Non !
C'est pas ça qui va nous faire élire Ce qui va nous faire élire c'est dire voilà nous avons pris le pouvoir avec Emmanuel Macron il y a près de 5 ans nous avons réussi un certain nombre de choses nous sommes dans la bonne voie pour que le pays soit plus fort et que chaque français vive mieux nous avons fait des erreurs et nous les reconnaissons et nous en avons tiré les leçons nous avons su imposer la France sur la scène européenne et sur la scène internationale en obtenant des résultats regardez la taxation internationale qui est un des grands succès français du quinquennat c'est un mélange d'enthousiasme et d'humilité qui nous permettra de gagner
reconnaissance des compétences oui mais pas d'élan et pas d'amour pour Emmanuel Macron
pour ce pouvoir-là pourquoi ? mais l'amour il faut d'abord le donner aux français c'est vrai que vous ne le donnez pas Emmanuel Macron ne le donne pas suffisamment aux français je pense qu'on peut toujours faire mieux pour montrer l'amour que l'on porte les français ont des doutes sur sa sincérité ?
je pense que les français ils sont fatigués par la crise ils en ont ras-le-bol ils sont équisés que c'est compliqué que chaque nouveau variant est compliqué c'est compliqué pour sa vie familiale les enfants sont touchés l'école comment est-ce qu'on fait comment est-ce qu'on s'organise tout ça à la longue est épuisant moi j'ai une famille j'ai quatre enfants je sais ce que c'est que d'avoir des enfants qui sont malades et il faut gérer les déplacements des uns et des autres l'isolement d'un de ses enfants et puis faire un test tout ça est épuisant et les français sortent épuisés de la crise mais ils sont en train de réussir quelque chose d'exceptionnel et je veux le leur dire vous êtes en train de réussir quelque chose d'exceptionnel ressortir plus fort de la crise que vous n'y étiez entré alors ne vous laissez pas gagner par les forces de division ne vous laissez pas gagner par la haine ne vous laissez pas gagner par ceux qui révisent votre histoire et qui vous mettent sous les yeux les pages les plus sombres de notre histoire au lieu de mettre les pages les plus lumineuses ne vous laissez pas gagner par l'esprit critique permanent regardez à quel point vous êtes une grande nation et continuons ensemble
Bruno Le Maire merci 8h53 RMC et BFM TV
Bruno Le Maire