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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 9 juin 2025 26 min

Fête de la victoire du RN, dissolution et navire humanitaire arrêté par Israël... Le 8h30 franceinfo de Philippe Ballard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Philippe Ballard, le Madeleine voilier humanitaire avec à son bord la militante Greta Thunberg, l'eurodéputé Rima Hassan a été interceptée cette nuit au large de Gaza. Jean-Luc Mélenchon dénonce une arrestation illégale. Est-ce que vous dites qu'il faut ce matin que les autorités israéliennes redonnent la liberté, relâchent l'équipage du bateau ?

0:31
Philippe Ballard

Écoutez, Rima Hassan a participé il y a quelques mois à une manifestation, c'était en Jordanie, pour soutenir le Hamas. Alors vouloir rentrer à Gaza quand on participe à une manifestation pour soutenir le Hamas, qui s'est livré au plus grand pogrom depuis la fin de la deuxième guerre mondiale à Gaza, pardon, mais enfin je pense, j'estime, alors moi je suis souverainiste et patriote, je ne vais pas me mêler des histoires israéliennes, mais quand même la moindre des choses... Mais c'est une parlementaire française.

Mais c'est de la provocation, et elle a l'habitude, mais comme d'autres, Mme Obono, Daniel Obono, députée LFI à l'Assemblée nationale, qui le lendemain, je vais juste finir ma phrase quand même, le 7 octobre, refuse de dire que le Hamas est un mouvement terroriste, donc ils sont dans cet écosystème.

1:11
Présentateur

Mais donc c'est normal potentiellement qu'elle puisse se faire interpeller par les autorités israéliennes, à vos yeux, alors qu'elle est parlementaire.

1:17
Philippe Ballard

D'accord, elle se sert de son mandat parlementaire pour faire de la provocation, et puis Greta Thunberg, à priori j'avais cru comprendre qu'elle s'occupait de l'écologie, bon voilà, des pandas qui ont trop chaud l'été, des pingouins qui ont trop froid l'hiver, je ne sais pas ce qu'elle vient faire à Gaza.

1:30
Invité

Elle est pro-palestinienne, comme Rima Hassan.

1:33
Philippe Ballard

Attendez, nous on est pour une solution à deux états, il ne faut pas confondre... Vous êtes pro-palestinien également ? Non, on n'est pas pro-palestinien, on est pour une solution à deux états, mais on n'est pas pour Hamas, oui c'est clair, on condamne le Hamas.

1:45
Invité

Juste pour préciser sur ce bateau, il y avait de l'aide humanitaire, vous convenez qu'il faut ravitailler Gaza ou pas ?

1:52
Philippe Ballard

Oui, mais absolument, il faut de l'aide humanitaire, à condition qu'elle ne soit pas confisquée par le Hamas. Comment on fait alors ? Parce que c'est ce qui se passe. Quand elle est distribuée, généralement ça parle d'Egypte, il y a des convois qui pénètrent dans Gaza, on sait très très bien qu'il y a une grande partie de cette aide humanitaire qui est confisquée par le Hamas. Et moi je voudrais vraiment saluer les Gazaouis qui ont le courage, je pense que les médias n'en parlent pas assez, mais qui commencent à se révolter, à manifester dans les rues de Gaza contre le Hamas. Vous vous rendez compte quel courage il faut avoir quand même ?

2:31
Présentateur

Et on sait d'ailleurs effectivement que le Hamas est assez impopulaire dans l'enclave. de la population palestine, les Gazaouis, comme bouclier humain. Simplement, Philippe Ballard, est-ce qu'il faut qu'Israël facilite l'envoi d'aide humanitaire à Gaza ?

2:45
Philippe Ballard

Mais ce n'est pas une histoire de facilité ou pas, il faut qu'elle soit distribuée à la population civile.

2:56
Invité

Sur accord du gouvernement israélien, ce qui n'est pas le cas.

2:59
Philippe Ballard

Mais non, mais encore une fois, on sait que le Hamas confisque une partie de cette aide humanitaire.

3:02
Invité

Donc le gouvernement israélien n'y est pour rien selon vous ?

3:05
Philippe Ballard

Le gouvernement israélien, il se protège, si vous voulez. L'Israël, c'est quand même notre premier bouclier contre l'islamisme.

3:10
Présentateur

Pardon, Philippe Ballard, soyons quand même très précis. Aujourd'hui, une bonne partie de Gaza, il y a l'armée israélienne qui intervient. Et c'est l'armée israélienne aussi, dit-elle, pour se protéger, qui dit, voilà, on limite l'aide humanitaire. Vous avez employé le mot, l'armée israélienne protège son territoire. Mais il n'y a pas un hiatus quand même entre, vous dites, il faut de l'aide humanitaire et en même temps...

3:33
Philippe Ballard

Encore une fois, il faut être très clair, l'aide humanitaire doit être distribuée à la population civile à Gaza. Il n'y a pas débat là-dessus. Mais il faudrait faire en sorte que le Hamas n'en confisque pas une très grande partie et se serve de la population gazarouie comme bouclier humain.

3:48
Invité

Sauf que l'ONU parle d'un risque de famine aujourd'hui. Comment rétablir cette situation ?

3:52
Philippe Ballard

C'est l'ONU, d'accord ? Et donc ? On sait très bien qu'il se trouve à l'ONU, toutes les résolutions qui sont adoptées à l'ONU, qui visitent l'État d'Israël. Donc, est-ce que c'est un critère ? On peut se poser la question. Encore une fois, vous... Il n'y a pas de risque de famine à Gaza, selon vous ? Écoutez, moi, je ne suis pas sur place, mais effectivement, si l'aide humanitaire n'arrive pas, il peut y avoir aussi un risque de famine. Mais la population civile n'a pas à souffrir. Et la population civile qui se révolte, encore une fois, j'insiste, mais c'est très important contre l'Hamas. Il faudrait peut-être en tenir compte et aider cette population civile à se libérer du joug du Hamas.

4:29
Présentateur

Justement, Marine Le Pen disait, à la fin du mois de mai, qu'il faut aller au bout de la guerre menée contre le Hamas. Qu'est-ce que ça veut dire ?

4:35
Philippe Ballard

Ça veut dire qu'il faut éradiquer le Hamas, tout simplement. Le durablement, c'est les combattants du Hamas. Occuper durablement Gaza, peut-être ? Non, mais c'est un mouvement terroriste, qui a tué 1700 israéliens, qui détient toujours des otages d'ailleurs à Gaza israélien, on appelle à leur libération. On a l'impression que c'est une armée comme ça. Non, c'est un mouvement terroriste. Personne ne dit ça, Philippe Ballard, simplement. Si, si, si, pardon, il y en a qui le disent. En l'occurrence, ce n'est pas ce que nous vous parliez.

5:06
Présentateur

Ce qu'on essaie de comprendre, c'est quelle est votre position ? Est-ce que, par exemple, le Rassemblement National dit peut-être qu'il faut une occupation durable de Gaza ? Une occupation par l'armée israélienne ?

5:17
Philippe Ballard

Encore une fois, on est souverainiste, donc on va laisser la population israélienne. Nous, on cautionne pas forcément le jusqu'au-boutisme de M. Netanyahou, mais on va laisser les Israéliens décider par eux-mêmes. Mais une chose est sûre, il faut, oui, éradiquer le Hamas, qui est un mouvement terroriste.

5:33
Invité

Donc vous ne soutenez pas, vous venez de le dire, le jusqu'au-boutisme de Netanyahou. Est-ce qu'il faut des sanctions contre Israël ?

5:39
Philippe Ballard

Ben non, enfin, pourquoi ?

5:41
Invité

Parce que, justement, le gouvernement israélien...

5:44
Philippe Ballard

Quand on dit en ligne des armes à Israël, on sait que c'est faux, d'ailleurs. C'est quelques pourcentages des armes qui arrivent en Israël qui sont produites en France.

5:52
Présentateur

C'est un faux débat. Sur la question de la reconnaissance d'un État palestinien, vous disiez vous-même que vous êtes pour la solution à deux États. Donc on imagine que vous soutenez l'initiative d'Emmanuel Macron ? Non, mais enfin, les initiatives d'Emmanuel Macron, enfin, France... Il n'est pas le seul à la porter.

6:07
Philippe Ballard

Oui, oui, non, mais je peux vous parler plus tôt. Marine Le Pen est montée à la tribune de l'Assemblée nationale. De mémoire, c'était au mois d'octobre dernier. Elle a rappelé la position du Rassemblement national, où il y a deux États. Mais est-ce qu'on peut le faire maintenant ? Vous allez négocier... Alors, on va être concret. Vous êtes dans une pièce, il y a d'un côté les Israéliens, puis vous mettez qui de l'autre côté de la table ? Le Hamas ? Ben non, sûrement pas, c'est pas possible. Donc quel interlocuteur pour Israël, et même la communauté internationale ?

6:32
Invité

Donc il faut attendre, selon vous, que...

6:33
Philippe Ballard

Que le Hamas ait disparu, oui.

6:35
Invité

Que le Hamas ait disparu, quitte à ce que la population civile de Gaza souffre jusque-là de la décision du gouvernement israélien. Mais non, c'est pas du tout ce que j'ai dit.

6:42
Philippe Ballard

Que le Hamas soit éradiqué, oui, c'est une bonne chose. Et après, écoutez, les Gazaouis qui manifestent contre le Hamas, je pense qu'ils sont assez matures pour avoir des élections et désigner leurs représentants.

6:54
Invité

On parlait du président Emmanuel Macron. Il est aujourd'hui à Nice, avec, autour de lui, une soixantaine de chefs d'État du monde entier et des scientifiques pour un sommet de l'ONU, dont on parlait aussi, sur l'océan. Il propose d'élargir la limitation de chalutage dans les aires marines protégées. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, vous, ORN ?

7:14
Philippe Ballard

Alors, moi, il y a quelques mois, j'étais au Sénégal et je parlais avec des pêcheurs sénégalais qui me disaient, nous, on ne ramène plus rien dans nos filets parce qu'au large, il y a des chalutiers usines chinois qui se livrent à une pratique avec des filets dérivants, comme on les appelle, ils raflent tout et il n'y a plus rien. Qui vont à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Oui, qui raflent tout. Donc, oui, mais il faut regarder dans la bonne direction. Moi, j'écoutais sur votre antenne tout à l'heure, il y avait un reportage dans la zone protégée au large de Bannules, dans les Pyrénées-Orientales. Et il nous parlait du mérul, du mérul, c'est un poisson.

Il disait, il y en avait quelques dizaines en 1980, maintenant, il y en a plusieurs centaines. Donc, très, très bien. Mais après, il ne faut pas non plus aller trop loin, c'est-à-dire saccager notre flotte de chalutiers en France pour après importer du poisson.

8:01
Présentateur

Puis, on pourrait peut-être parler des éoliennes offshore. Alors, Philippe Ballard, je comprends, mais en fait, vous n'avez pas répondu à la question qui est, est-ce que limité dans certaines aires, on rappelle que ce n'est pas du tout l'intégralité de l'espace maritime français qui est très important, qui est concerné par cette limitation, limiter la pêche au chalut que vous avez très bien illustré sur, effectivement, des énormes bateaux qui pêchent très profonds dans certaines aires marines protégées, est-ce que le Rassemblement national dit oui, c'est une bonne idée, il faut le faire au maximum ? Oui, si ça saccage, parce qu'on ramène tout,

8:33
Philippe Ballard

des petits poissons, des gros poissons, des poissons moyens, qui n'ont absolument pas à être pêchés. Et c'est un problème qui intéresse la France parce que la France est quand même la deuxième puissance maritime mondiale après les Etats-Unis. Mais quand on parle de ces problèmes, encore une fois, il faut aller jusqu'au bout. Par exemple, non mais les éoliennes offshore, moi j'ai écouté un autre scientifique à 7h15 sur votre antenne qui parlait des ravages causés par ces chaluts, mais il aurait pu parler aussi des éoliennes offshore parce que là, vous vous prendrez un tracteur et vous labourez le fond de l'océan. Oui d'accord, il y en a plusieurs centaines ou milliers,

9:05
Présentateur

vous saccagez le fond des océans avec les éoliennes offshore, qui en plus ne servent à rien. Même si certaines, par ailleurs, et on en a parlé sur France Info aujourd'hui, deviennent flottantes possiblement. Est-ce que l'exploitation minière des grands fonds marins, donc 4000, 5000 mètres, on en a parlé aussi ce matin sur France Info, ça, vous dites, c'est pareil, il faut être très prudent là-dessus. Oui, il faut être prudent.

9:24
Philippe Ballard

Il faut limiter. Il faut regarder les dossiers un par un, mais effectivement, il faut être prudent.

9:30
Invité

Donc ça vous inquiète quand vous voyez Donald Trump, le président américain, qui vient de signer un décret en ce sens pour pouvoir autoriser ça, ça vous inquiète ?

9:36
Philippe Ballard

Oui, mais qui n'est pas présent à Nice.

9:38
Invité

Et oui, tout à fait, pas de représentation politique.

9:40
Philippe Ballard

D'ailleurs, je ne sais pas si les Chinois sont présents à Nice. Le vice-président chinois est présent. Oui, d'accord, j'espère qu'il va prendre des notes.

9:45
Invité

Et sur l'absence des Américains, vous le regrettez ?

9:48
Philippe Ballard

Écoutez, oui, je ne vais pas répondre à la place des Etats-Unis. Non, mais en tant que pays organisateur... Venir à une conférence sur l'ONU, on parle des océans. Oui, ça ne peut pas nuire, en tout cas.

9:59
Invité

Vous vous sentez concerné quand à Nice, Emmanuel Macron dénonce ceux qui veulent remettre en cause la priorité dans le débat public donnée au climat ?

10:07
Philippe Ballard

Non, mais... Alors déjà, il y a une autre déclaration d'Emmanuel Macron qui est extrêmement choquante. Alors, c'est de l'anglais. Il a parlé du brainwashing. Brainwasher. Oui. Ce qui veut dire laver le cerveau. Voilà, lavage le cerveau, parce qu'il faisait référence à tous ceux qui, dans le débat, veulent introduire ce qui est dans le débat, pardon, mais une France qui est une France quasiment orange mécanique maintenant. Enfin, je ne vais pas revenir sur ce qui s'est passé il y a une semaine dans les rues de plusieurs de nos villes, quand on parle d'immigration. Mais quelle honte, ce président. Pardon, je suis un peu direct. Mais quelle honte, ce président.

Enfin, il est complètement sourd à la souffrance des Français. Est-ce qu'il dirait ça devant le papa du petit Benoît qui a été poignardé à Dax, par exemple ?

10:44
Invité

C'est ça, orange mécanique, quand vous parlez d'orange mécanique, pour bien comprendre ?

10:47
Philippe Ballard

Oui, la France, ça devient orange mécanique. Pardon, mais il y a quand même toutes les 40 secondes d'une agression gratuite en France. D'accord ? C'est quoi le rapport avec l'écologie ? Les policiers sont confrontés à un refus d'obtempérer. Vous pouvez parler des deux. Vous pouvez parler d'insécurité et d'écologie en arrière-là, non ? Oui, d'écologie. On peut parler des ZFE qui ont été retoquées à l'Assemblée nationale. Alors, on va faire la liste. Oui, oui.

11:07
Présentateur

Vous avez voté cette semaine contre les ZFE sur le... Zone à faible émission. Voilà, sur les zones à faible émission, effectivement, qui concernent un certain nombre de métropoles en France, pour la réintroduction des néonicotinoïdes, je ne me trompe pas, pour aussi, également, la limitation du zéro artificialisation nette. C'est pas facile, tous ces acronymes, le ZAN. Est-ce que, honnêtement, vous n'avez quand même pas complètement abandonné le sujet écologique ?

11:38
Philippe Ballard

Mais non, mais l'écologie, c'est pas ça. L'écologie punitive, je vais reprendre un mot de Georges Pompidou, arrêtez d'emmerder les Français. Enfin, les ZFE, mais c'était un scandale total. L'écologie sans contrainte, c'est possible. Oui, absolument. Oui, oui. C'est quoi, l'écologie sans contrainte ? Juste pour comprendre. L'écologie sans contrainte ?

11:52
Invité

C'est quoi, selon le RN ?

11:53
Philippe Ballard

Eh bien, c'est pas emmerder les Français, pour reprendre le mot de Georges Pompidou. C'est pas mettre en place des ZFE, c'est pas mettre en place les ânes. Donc, pas de coercition, c'est à la bonne volonté des Français. C'est quelque chose d'intelligible et où on ne puisse pas frauder. Mais il faut remettre aussi l'église au milieu du village, comme l'on dit, surtout en ce lundi de Pentecôte. Mais la France, c'est 0,9% des émissions de CO2 dans le monde. Et sur ces 0,9%, il y en a la moitié qui sont dues à nos importations. Alors, ce discours, il faut peut-être le tenir en Chine, c'est 33% des émissions de CO2. L'Inde, c'est 17%. Les Etats-Unis, c'est 14%.

Donc, on est les bons élèves et on veut, un petit peu comme les surtranspositions qui nous viennent de l'Union Européenne, nous, on veut être encore meilleurs que meilleurs que meilleurs.

12:32
Présentateur

Vous êtes toujours contre le DPE, le diagnostic énergétique pour les logements. C'est du grand n'importe quoi, vous êtes d'accord ? Mais pour autant, vous soutenez...

12:39
Philippe Ballard

J'ai écouté les reportages sur votre antenne. Enfin, vous prenez deux, trois structures, entreprises qui viennent faire un DPE. Il n'y en a pas un qui va vous dire la même chose.

12:45
Présentateur

Pour autant, vous soutenez aujourd'hui, on le découvre un petit peu, MaPrimeRénov' qui, justement, permet d'améliorer ce DPE.

12:52
Philippe Ballard

Mais en soi, c'est une bonne idée, MaPrimeRénov', mais sauf que... Enfin, ce n'est même pas nous qui le disons, c'est le gouvernement qui reconnaît qu'ils ont inventé une usine à gaz qu'ils n'arrivent plus à maîtriser et en plus qui permet des dizaines de millions d'euros de fraude. Donc, faisons un mécanisme beaucoup plus simple. Donc, ce que je comprends, c'est que vous êtes d'accord pour la remettre à plat, comme l'évoque le gouvernement ? Oui, l'idée est bonne, mais il faut tout revoir de fond en compte. Mais ça, c'est vraiment à l'image de ce que fait ce gouvernement.

13:18
Présentateur

C'est une grosse bouillie. Oui, Philippe Ballard, vous restez avec nous. On se retrouve juste après le Filinfo, 8h46, et c'est Maureen Suignard.

13:28
Invité

Passer des paroles aux actes, le Sommet mondial sur les océans ouvre à Nice aujourd'hui avec une soixantaine de chefs d'État et de gouvernement. Plusieurs pays doivent profiter de ce sommet pour annoncer la création de nouvelles aires marines protégées. La communauté internationale s'est fixée un objectif de 30% de protection en 2030 contre 8% aujourd'hui. La France Insoumise appelle à un rassemblement ce soir à Paris. Le bateau humanitaire sur lequel se trouvait son eurodéputé Rima Hassan a été intercepté par l'armée israélienne. Le voilier se dirigeait vers la bande de Gaza. L'État hébreu assure que les passagers, ses militants, vont retourner dans leur pays.

Le spéléologue qui était bloqué dans une grotte en Isère a été transporté à l'hôpital. Il a pu être extrait ce matin de la cavité à Saint-Pierre-de-Chartreuse. L'homme de 25 ans a été blessé au bras par une chute de pierre. Sanofi accélère la livraison mondiale de Befortus pour éviter les pénuries et pour que les professionnels de santé s'organisent plusieurs mois à l'avance. Le traitement permet d'éviter les formes graves de bronchiolite chez les bébés. Plus de la moitié des nouveaux-nés français ont reçu le traitement cet hiver. France Info Et nous sommes avec Philippe Ballard sur France Info, député Rassemblement National de l'Oise, porte-parole du RN. C'était il y a un an pile.

Aujourd'hui, vous arriviez en tête des élections européennes, le RN. Mais surtout Emmanuel Macron a décidé de dissoudre dans la foulée l'Assemblée Nationale. Pourtant, vous organisez au RN aujourd'hui une fête de la victoire. C'est quand même une victoire en demi-teinte, non ?

15:04
Philippe Ballard

Alors, on parle dissolution et puis l'élection européenne, c'était le même jour. Effectivement, c'était le 9 juin et on se souvient très bien à 21h. Et pour tout vous dire dans mes souvenirs, moi j'étais assis à votre place parce que j'étais en débat sur France Info pour parler des élections européennes. Et là, vous avez retransmis Emmanuel Macron qui nous annonçait la dissolution. Donc, la fête qui aura lieu dans l'Oise avec Victor Orban notamment.

15:25
Invité

On va y revenir.

15:27
Philippe Ballard

D'accord, Mathéo, vous me parlez de la dissolution.

15:29
Invité

En fait, je vous parle de cette fête de la victoire parce que finalement, c'est une fête de la victoire d'un jour qui n'est pas forcément une victoire puisqu'il y a eu ces élections européennes et derrière la dissolution.

15:38
Philippe Ballard

Si vous regardez le score au premier tour des élections législatives, c'est quand même une victoire pour nous parce qu'on fait 37% des voix. On est loin devant le... 32. 33% pardon, oui, des voix. On est largement en tête. On connaît la suite de l'histoire. Le nouveau Front populaire où les macronistes se désistent pour les mélenchonistes et les mélenchonistes se désistent pour les macronistes. Puis à 20h01, le 7 juillet, au soir du deuxième tour, il se tape sur la figure et ça donne la situation que nous avons à l'heure actuelle. Un pays complètement bloqué. Enfin, je peux vous dire, à l'Assemblée nationale, on travaille, mais on met le frein à main. Enfin, il n'y a plus rien qui sort.

Le pays est bloqué.

16:11
Présentateur

Donc, ce qui serait bien, c'est qu'on procède à une nouvelle dissolution à la rentrée. Philippe Ballard, quand vous recevez, comme aujourd'hui dans le Loiret, effectivement, des figures de l'extrême droite européenne, est-ce que vous recevez plutôt l'ERN ? Peut-être est-ce une indication de qui vous vous inspirez, de membres du gouvernement Mélanie qui ont procédé à un certain nombre de régularisations d'immigrés pour le travail ? Ou est-ce que c'est la référence, c'est Victor Orban qui interdit, par exemple, la Gay Pride à Budapest ?

16:44
Philippe Ballard

Mais non, mais on a Salvini, Orban, le groupe Patriote au Parlement européen. Il sera là, Victor Orban, d'ailleurs ? Oui, oui, oui. 85 pays, 85 députés, pardon, et 14 pays. Et on a le droit d'avoir des différences. C'est marqué, d'ailleurs, dans la salle de réunion des Patriotes. Ce n'est pas parce qu'on est 14 pays. Non, mais on n'a pas besoin. C'est comme nous, avec nos alliés siotistes. On a des alliés, mais on n'a pas forcément des clones, si vous voulez. Donc, voilà, il y a une grande fête populaire cet après-midi. On attend beaucoup de monde pour célébrer ce score hystérique. Et surtout, qui ne fait que croître.

Parce que si vous prenez les élections législatives au Portugal, Chega, qui est un de nos alliés, est maintenant la deuxième force politique. Quand vous regardez l'élection présidentielle en Pologne, c'est un souverainiste qui l'emporte. En Roumanie, ce n'est pas passé loin. Donc, nos idées ne cessent de progresser depuis un an.

17:34
Présentateur

Est-ce que vous auriez à nous donner une réalisation qu'a fait votre groupe au Parlement européen ? Ah ben, il y en a beaucoup.

17:38
Philippe Ballard

L'année écoulée ? Oui, oui, tout à fait. On se bat contre le Green Deal. Et donc, il n'en passe plus. C'est les coups de butoir. Quand on parle de souveraineté agricole, souveraineté industrielle, c'est quand même grâce à nos élus au Parlement européen. Parce que nous, on veut la retrouver. Nous, on est contre les accords comme le type Mercosur. Pas les seuls. Non, on n'est pas les seuls. Mais n'empêche que c'est nous qui travaillons le plus. Même les macronistes en sont contre. Sauver la filière automobile. Oui, ça, c'est un combat qui est mené par... Mais l'interdiction des véhicules thermiques en 2035 est toujours là.

Vous voyez, je pense que vous êtes assez fin observateur pour remarquer quand même que la Commission européenne commence à freiner des cas de fer. La Commission européenne commence à freiner des cas de fer, c'est exact.

18:18
Invité

Cette extrême droite, elle se structure très concrètement ? Vous avez des exemples ? Est-ce que c'est une preuve que justement, il se passe quelque chose de structurant ?

18:28
Philippe Ballard

Alors, déjà, ce n'est pas un mouvement d'extrême droite. On s'appelle les patriotes. Ce sont des souverainistes. Ce sont des patriotes qui se regroupent.

18:36
Présentateur

Personne n'est d'extrême droite dans ce groupe ?

18:37
Philippe Ballard

Non, mais on n'est pas d'extrême droite. Parce que vous dites qu'il y a des divergences.

18:42
Présentateur

Il y a des partis très conservateurs.

18:44
Philippe Ballard

Si vous voulez, on va faire très simple. Un parti d'extrême droite, il refuse le suffrage universel et le résultat des urnes. Alors, citez-moi un seul exemple, un seul moment, un seul instant, où le Rassemblement national, où nos alliés refusent le résultat des urnes.

19:00
Invité

Et réduire les droits des LGBT comme le fait Victor Orban, ce n'est pas d'extrême droite ?

19:04
Philippe Ballard

Non, mais on peut avoir des divergences de vue, encore une fois. Ça, c'est une divergence de vue.

19:07
Invité

C'est une simple divergence de vue.

19:09
Philippe Ballard

On n'est pas obligé d'être tous alignés sur les mêmes points de vue.

19:12
Invité

Qualifier les binationaux de traîtres à la nation, pareil, c'est une divergence ?

19:15
Philippe Ballard

Non, mais là, on est...

19:17
Invité

C'est comme le fait Victor Orban en Hongrie ? Non, mais on s'est expliqué. C'est quand même le grand allié de Marine Le Pen sur la scène européenne.

19:22
Philippe Ballard

On peut avoir la double nationalité en France. Ça ne pose pas de problème. Et au moment de la polémique, il y a un an, des législatives, on avait précisé ce qui n'était pas suffisamment précis dans la loi. C'est que pour des postes clés, effectivement, être, je ne sais pas moi, franco-russe ou franco-chinois, pour être nommé à la tête de la sûreté nucléaire, ça peut potentiellement, quand même, vous l'avouez, poser un problème.

19:43
Présentateur

Philippe Ballard, ceux qu'on verra aussi, les deux têtes de votre parti, seront là, évidemment, aujourd'hui. Marine Le Pen, Jordan Bardella, comment ça va entre eux ? Très bien. Ah oui ? Non, mais je...

19:58
Philippe Ballard

Oui, j'ai fait votre métier pendant des dizaines d'années. Alors, j'aurais posé les mêmes questions à votre place. Vous ne vous en faites pas, il n'y a pas de problème. Mais ça va très bien, oui. Mais vous avez essayé de trouver la petite phrase, l'attitude, qui fait que, ça y est, il y a des divergences.

20:12
Présentateur

Non, non, pas du tout. Jordan Bardella, selon Marine Le Pen, on rappelle, c'était il y a quelques jours, voilà, par exemple, ne connaissait pas bien le sujet de la Nouvelle-Calédonie. Bon, il y a eu quand même quelques petites indications qui ont pu faire dire, y compris à vos électeurs, qu'il y avait peut-être une petite divergence qui commençait à s'installer.

20:29
Philippe Ballard

C'est monté en mayonnaise. Moi, je disais à l'interview de Marine Le Pen dans le journal du dimanche hier, elle était extrêmement précise sur le dossier calédonien, qu'elle suit depuis des dizaines d'années, parce que c'est un dossier... Mais si Jordan Bardella, pardon... Alors, je ne sais pas si on peut dire... Non, mais je voudrais juste finir une phrase. Malheureusement ou heureusement, on en parle tous les dix ans, quand il y a malheureusement des événements tragiques. La grotte d'Ouvela, je m'en rappelle, j'étais journaliste à l'époque, c'était 88. Et puis après, pendant une dizaine d'années, on n'a pas reparlé de la nouvelle calédonie. Marine Le Pen suisse dossier.

21:02
Présentateur

Vous êtes conscient, Philippe Ballard, que si Jordan Bardella doit être candidat à l'élection présidentielle à la place de Marine Le Pen, c'est une difficulté s'il ne connaît pas bien le dossier néo-calédonien. Pardon, mais on a des conseillers, on n'est pas tout seul, on ne part pas à la fleur au fusil.

21:21
Philippe Ballard

Et puis oui, il connaît ce dossier calédonien. Marine Le Pen le connaît peut-être un peu mieux, sans doute un peu mieux, parce qu'elle est allée sur place à plusieurs reprises. Et puis encore une fois, c'est un dossier, franchement, la Nouvelle-Calédonie, les médias, vous en parlez quand ? On en parle beaucoup sur France Info. Oui, mais quand il y a des événements tragiques. Est-ce qu'en 2020, 2021, 2022, vous avez parlé de la Nouvelle-Calédonie ? Je ne suis pas sûr, 2019, 2018.

21:44
Présentateur

Mais ce que vous nous dites, c'est que malgré tout, Jordan Bardella pourrait être un candidat à la présidentielle crédible. Mais franchement, on le dit malheureusement depuis le 31 mars.

21:52
Invité

Mais pourquoi ne pas l'adouber, lui mettre un saillet, le lancer ?

21:56
Philippe Ballard

La candidate naturelle, c'est Marine Le Pen. Elle a été candidate en 2012, en 2017, en 2022. Pour mémoire, elle fait 17% en 2012. Elle fait 33% en 2017. Et elle fait 42% en 2022. Donc, c'est notre candidate naturelle. Mais les choses sont très claires. Si, par malheur, elle ne pouvait pas se présenter, oui, Jordan Bardella, je reprends l'expression qu'a eu Louis Alliot dans une émission politique dominicale, où il disait, mais Jordan Bardella a déjà été tête de liste deux fois des élections européennes. Une élection européenne, c'est une mini-présidentielle. Et il a fait le job, quand même. On est tous d'accord. Donc, oui, il pourrait être candidat si c'est le scénario qui se présentait.

22:33
Invité

La dissolution, un an après, donc ? Vous en faites quel bilan au RN ?

22:37
Philippe Ballard

Chez nous, ou ce qui se passe en France ? Parce que là, je peux avoir deux réponses. Ce qui se passe à l'Assemblée nationale, le pays est complètement bloqué. Eh bien, je vous répondrai avec ce sondage qui est sorti hier, sondage Elab, où 42% des Français disent ça a profité au RN. Pourquoi ? Mais parce qu'on est la seule, la seule, il peut être crédible pour gouverner le pays à l'avenir.

22:58
Présentateur

Ça vous profite sans doute dans les sondages. À l'Assemblée nationale, c'est évidemment un petit peu plus compliqué que ça. Est-ce que vous vous dites que si jamais ça devait encore bloquer, il faudrait qu'Emmanuel Macron refasse une dissolution ? Oui, oui, oui. Ce serait une bonne idée ? Bah oui.

23:10
Philippe Ballard

Mais là, le pays est bloqué. Pour aboutir à la victoire du Rassemblement national et porter Jordan Bardella à Matin, il n'est pas garanti. Et vous n'êtes pas tout d'accord ? C'est sûr que quand on participe à une élection, on n'a aucune garantie. Mais les Français ont très très bien compris, un, qu'on était la seule hypothèse crédible, et deux, que le Front Républicain, les Français sont matures, sont intelligents. On ne va pas leur refaire le coup deux fois.

23:37
Invité

Est-ce que vous êtes prêt ? Vous seriez prêt demain au cas de dissolution ? Est-ce que vous avez les candidats qu'il faut ? Parce que vous êtes en train de rechercher aussi des candidats solides, puisque ça vous a coûté cher lors des dernières législatives anticipées.

23:48
Philippe Ballard

C'est quasiment bouclé. La CNI, la Commission nationale d'investiture, travaille d'arrache-pied depuis des mois pour avoir, ils ont quasiment terminé, des candidats dans toutes les circonscriptions, au cas où il y ait une dissolution à l'automne prochain.

24:02
Présentateur

S'il y a dissolution bien avant, ou plutôt avant, souvent, il peut y avoir censure du gouvernement. Vous n'arrêtez pas, vous n'avez pas arrêté pendant cette interview, d'avoir des critiques très fortes contre le gouvernement. Pourquoi vous ne le faites pas tomber ?

24:17
Philippe Ballard

Mais non, mais une censure, on n'a pas la censure convulsive comme LFI, qui en a déposé une. Il n'y a pas de raison pour l'instant de faire tomber le gouvernement. Il y a les retraites qui pourraient revenir sur le devant de la scène, puis il y a surtout le budget. Chaque mois perdu par la France, mais on va le payer très très cher. Enfin, il faut juste, on ne va pas se noyer sous les chiffres, on a 3300 milliards de dettes, on va emprunter 325 milliards d'euros sur les marchés financiers, et puis surtout, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que bientôt, dans un ou deux ans, le premier poste budgétaire, dans le budget français donc, ce sera le remboursement de la dette.

C'est les intérêts, ce n'est même pas le capital. Il n'y a plus de marge de manœuvre. Voilà où nous a mené la Macronie, puis tous ceux qui l'ont précédé.

24:54
Invité

Donc là, vous nous dites, Philippe Ballard, que vous voterez la motion de censure qui tomberait sur le budget.

24:59
Philippe Ballard

Eh bien, écoutez, si ça va... Non, mais rien n'est exclu. Enfin, Marine Le Pen l'a rappelé dans le... On pourrait voter... Son expression hier dans le journal du dimanche, c'était, on pourrait voter huit fois la censure par jour, si vous voulez. Mais pourquoi vous ne le faites pas ? Ah oui, c'est ça. Vous voulez la dissolution, mais vous ne voulez pas voter la censure. Une censure, c'est quelque chose de sérieux. Ce n'est pas comme LFI qui, tous les jours, veut déposer une motion de censure. Mais si c'est à faire, si ça va dans l'intérêt de la France et des Français, on n'aura pas la main qui tremble.

25:21
Présentateur

Merci à vous, Philippe Ballard, député Rassemblement National de l'Oise, porte-parole du RN, d'avoir été l'invité du 8.30 France Info. Merci, Victoria Coussin. À suivre sur France Info, les informés.