Jean-Philippe Tanguy : "Marine Le Pen est déterminée à prouver son innocence !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 13 %Attaque 66 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10ComplaisanteRéponse directe
Jean-Philippe Tanguy, notre invité, merci d'avoir accepté notre invitation, député de la Somme, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale.
- 1:40OuverteRéponse partielle
Réaction ce soir de Marine Le Pen sur l'annonce de la Cour d'appel de Paris.
- 1:52OuverteRéponse partielle
Vous estimez que la Cour d'appel de Paris remet en question le jugement des magistrats ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que la solution passe par une nouvelle loi qui interdirait l'exécution provisoire ?
- 4:22RelanceRéponse directe
On va revenir sur le détail du jugement, mais pour rebondir sur ce que disait Roselyne, vous dites, oui, il faut faire évoluer la loi. Et dans quel sens ?
- 5:22FerméeRéponse directe
Parce que je le rappelle, Éric Chioti a fait une proposition cet après-midi. Dans le cas du sanitaire parlementaire, il fait la proposition suivante, de supprimer purement et simplement l'exécution provisoire pour les personnes qui sont condamnées à des peines d'inégibilité. Est-ce que vous allez voter cette proposition de loi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31PrésentateurFait
« la Cour d'appel de Paris a donc envisage un procès en appel en 2026 avec une décision rendue à l'été 2026, donc bien avant l'élection présidentielle comme vous le souhaitiez. »
- 1:46InvitéFait
« Elle dit dans laquelle je veux voir le trouble qu'a créé le jugement, c'est-à-dire quelle grille de lecture vous faites ? »
- 2:00InvitéFait
« Qu'elle le remette en question, non, mais qu'elle tienne compte de l'émoi que ça a provoqué au-delà du Rassemblement National, oui. »
- 2:35InvitéFait
« Beaucoup de juristes, beaucoup de personnalités politiques, même s'expriment sur ce jugement en disant qu'il interpelle sur la transgression de l'État de droit, qui pour nous est évidente, sur les droits de la défense, sur la criminalisation de la stratégie de défense, sur le refus des droits à faire appel. »
- 4:01InvitéFait
« Parce que là, c'est une interprétation où ça ne s'applique pas à Marine Le Pen. »
- 4:10InvitéFait
« Marine Le Pen n'est plus députée européenne, elle n'est plus présidente de parti, donc par définition, on ne peut pas continuer ce qu'on lui reproche. »
- 4:39InvitéFait
« Soit il faut la clarifier pour la limiter strictement aux gens qui mettent en danger d'autres personnes ou qui peuvent, par exemple, détourner des fonds en direct. »
- 4:57InvitéFait
« Ça n'existe nulle part ailleurs. »
- 5:16InvitéChiffre
« 9 000 décisions. »
- 7:22InvitéFait
« Elle estime qu'elle est parfaitement innocente des faits qui lui sont reprochés avec nos autres amis qui sont mis en cause. »
- 7:31InvitéFait
« le fait que Marine Le Pen, jusqu'au bout, ait affirmé, ait fait valoir son innocence, pose problème et serait une preuve de volonté de récidive. »
- 9:23InvitéFait
« Et le problème, c'est qu'on peut comprendre la définition de Marine Le Pen, sauf que ce n'était pas celle du Parlement européen. »
- 10:56InvitéFait
« C'est une exécution provisoire de l'inéligibilité, elle ne peut pas se présenter. »
- 12:42InvitéChiffre
« Jordan Bardella a battu sèchement la candidate que soutenait M. Ramos, Mme Ayer, aux élections européennes, avec un rapport de 1 à 2 en nombre de voix. »
- 12:50InvitéChiffre
« Il a fait 37% sur sa candidature comme chef de la famille politique pour devenir Premier ministre aux élections législatives. »
- 17:03InvitéFait
« Voilà qu'un carteron de procureurs et de juges prétend sortir du droit pour exercer la vendetta du système. »
- 20:12InvitéFait
« Un paragraphe expliquant que le fait que Marine Le Pen puisse être candidate, avec cette condamnation en premier ressort, voire, et c'est cité comme ça, élue présidente de la République, constituerait un trouble à l'ordre public. »
- 21:03InvitéFait
« Un paragraphe expliquant que les faits sont particulièrement graves parce que nous sommes des opposants à l'Union européenne. »
- 22:06InvitéChiffre
« Le syndicat de la magistrature, qui représente plus d'un tiers des magistrats en France... »
- 26:49InvitéFait
« J'ai une conception telle que Montesquieu l'avait voulu du juge qui est la bouche de la loi. »
- 28:38InvitéFait
« Le conseil de la magistrature dit « Ah bah, circulez, il n'y a rien à voir. Il ne s'est rien passé. » »
- 30:15InvitéFait
« il y a une procédure pour en nullité compte tenu de la partialité de la procureure. »
- 31:27InvitéFait
« Ils n'en ont rien à cirer. »
- 31:55InvitéFait
« Oui, non, ça c'était une proposition qui a été faite, je crois, par un peu les réseaux sociaux mais qui n'avait pas... En tout cas, on n'a pas discuté en réunion. »
- 32:13InvitéFait
« De mobilisation, pacifique. C'est ce qu'a dit Jordan Bardella. »
- 32:55InvitéFait
« Non, la rue n'est pas un recours juridique. »
- 33:02InvitéFait
« La manifestation démocratique encadrée sans violence, pacifique, était une expression constitutionnellement garantie d'expression d'une opinion politique. »
- 33:33InvitéFait
« on avait parlé de programmation plurielle de l'énergie qui engage la France pour 10, 20, 30 ans. »
- 33:41InvitéChiffre
« C'est un sujet à 300 milliards d'euros et Marine Le Pen ne va pas valider un gaspillage de 300 milliards d'euros pour son mandat. »
- 34:33InvitéFait
« Donc, tout ça n'a rien à voir. »
- 34:40InvitéFait
« que le Kremlin se fasse plaisir à critiquer la démocratie française comme un effet bon rang alors que le Kremlin n'a aucune leçon de démocratie à donner. »
- 35:25InvitéFait
« un vrai besoin de s'exprimer. Ce qui est d'ailleurs en démocratie est aussi normal et c'est aussi le rôle du Rassemblement National en tant que parti politique comme le sont les syndicats et les forces de gauche de donner une expression publique et démocratique à un sentiment populaire. »
Temps de parole
- Invité59 %
- Présentateur19 %
- Invité 27 %
- Invité 37 %
- Invité 46 %
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Jean-Philippe Tanguy, notre invité, merci d'avoir accepté notre invitation, député de la Somme, président délégué du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Beaucoup de choses à dire, on entendra votre réaction sur ce qu'a pu dire Richard Ramos il y a un instant, mais d'abord j'aimerais revenir sur cette annonce importante. Aujourd'hui, la justice qui accélère le tempo, la Cour d'appel de Paris a donc envisage un procès en appel en 2026 avec une décision rendue à l'été 2026, donc bien avant l'élection présidentielle comme vous le souhaitiez. L'ERN bénéficie-t-il d'un traitement de faveur ? Écoutez le premier président de la Cour de cassation.
Ça veut dire que la justice française est capable de s'adapter, qu'elle est consciente des enjeux, des décisions qu'elle rend, des enjeux, des conséquences politiques de ces décisions et donc loin d'être déconnectée, elle a tout à fait conscience que dans certaines circonstances, il faut se donner les moyens de rendre une justice dans le délai adéquat. Les chefs de la Cour d'appel de Paris ont considéré qu'ils pouvaient tenir le procès dans les délais que vous avez indiqués, ce qui est une très bonne chose.
C'est une première victoire ?
Oui, mais je pense que tout le monde ne peut que s'en féliciter, parce que si l'élection présidentielle peut se tenir pour une fois dans un climat où les affaires politico-judiciaires n'entachent pas la sincérité des débats, tout le monde pourra s'en féliciter. Vous savez, depuis que je suis majeur, je n'ai pas eu une seule élection présidentielle sans des affaires judiciaires ou d'autres venant troubler la sérénité des débats. C'est dommage, parce qu'une élection présidentielle, c'est un moment important. On doit débattre des projets, pas d'accusations, soit fausses, soit qui peuvent être vraies, mais en tout cas qui ne sont pas jugées.
On y reviendra tout à l'heure sur ces accusations. Réaction ce soir de Marine Le Pen. Elle dit aux Parisiens, c'est une très bonne nouvelle, c'est l'annonce de la Cour d'appel de Paris. Elle dit dans laquelle je veux voir le trouble qu'a créé le jugement, c'est-à-dire quelle grille de lecture vous faites ? Vous estimez que la Cour d'appel de Paris, en accélérant le tempo, se pose des questions, s'interroge, remet en question le jugement des magistrats ?
Qu'elle le remette en question, non, mais qu'elle tienne compte de l'émoi que ça a provoqué au-delà du Rassemblement National, oui. Il y a encore, j'ai lu une tribune de deux avocats au Barreau de Paris dans l'Opinion, qui ne sont pas du tout liés au Rassemblement National, qui estime que ce jugement portait de graves questions contre l'État de droit. L'ancien président de la LICRA, en nous posant historique au Rassemblement National, a pris la parole dans le point pour dire que ce jugement pose un problème.
Bref, beaucoup de juristes, beaucoup de personnalités politiques, même s'expriment sur ce jugement en disant qu'il interpelle sur la transgression de l'État de droit, qui pour nous est évidente, sur les droits de la défense, sur la criminalisation de la stratégie de défense, sur le refus des droits à faire appel.
On va y revenir en détail, allez-y.
Est-ce que vous pensez que la solution passe par une nouvelle loi qui interdirait l'exécution provisoire, ou quelqu'un qui s'adressera à tout le monde, sinon il y aurait un risque d'anticonstitutionnalité, ou est-ce que vous mettez en cause, comme le fait d'ailleurs Yves, la mauvaise justification de l'exécution provisoire qui a été prise par le trio des juges ? Parce qu'il y a deux explications possibles. Oui, vous avez raison, mais les deux ne s'annulent pas forcément. La loi, effectivement, est mauvaise, ou en tout cas elle laisse une liberté d'interprétation qui ne semble pas bonne, ou en tout cas qui provoque un émoi. Pourquoi ? À quoi sert l'exécution provisoire ?
Parce qu'il y a une raison, toujours à ça, fondamentalement. C'est des personnes qui peuvent être en fonction, qui peuvent continuer à commettre un méfait. Vous êtes un médecin qui fait une mauvaise médecine, ou même qui met les gens en danger, il faut exécuter provisoirement, même avec l'appel. Vous êtes, je ne sais pas moi, un élu, ça peut aussi arriver aux élus, évidemment, qui persécute une employée, par exemple, harcèlement sexuel. Évidemment, ce n'est pas à la victime de quitter son emploi, c'est à l'élu d'être suspendu. Donc il peut y avoir, comment dire, des justifications. Mais alors comment vous voulez la faire évoluer, la loi ? Parce que vous dites que la loi est mal écrite.
Parce que là, c'est une interprétation où ça ne s'applique pas à Marine Le Pen. Marine Le Pen n'est plus députée européenne, elle n'est plus présidente de parti, donc par définition, on ne peut pas continuer ce qu'on lui reproche. Et par ailleurs, les méfaits qui lui sont reprochés, même si on peut les contester, ne comment dire, ne mettent en danger personne et ne sont plus avérés, puisque le Parlement européen lui-même reconnaît que ce qu'on reproche à Marine Le Pen n'est plus pratiqué aujourd'hui.
On va revenir sur le détail du jugement, mais pour rebondir sur ce que disait Roselyne, vous dites, oui, il faut faire évoluer la loi. Je vous ai bien compris.
Oui, il faut faire évoluer la loi.
Et dans quel sens ? Comment vous voulez la faire évoluer la loi ? Parce qu'Éric Chioti avait une proposition de loi aujourd'hui.
Soit il faut la clarifier pour la limiter strictement aux gens qui mettent en danger d'autres personnes ou qui peuvent, par exemple, détourner des fonds en direct. Et exemple, de chefs d'entreprise qui détournent des cotisations sociales ou la TVA, effectivement, on ne peut pas les laisser continuer à détourner des fonds, par exemple. Mais on peut aussi remettre en cause ce qui est une exorbitance du droit français par rapport aux autres démocraties, c'est cette exécution provisoire. Ça n'existe, c'est ce qu'a dit le Premier ministre ce matin, ça n'existe nulle part ailleurs.
Alors, attendez, vous venez de dire un chef d'entreprise, on ne peut pas le laisser continuer à détourner des fonds.
Je vous expose ce qui est possible.
Donc, il y a une exécution provisoire dans ce cas de figure, vous dites que c'est des victimes.
Parce que je l'ai expliqué pourquoi ça a été créé. Ça n'a pas été créé juste pour contre Marine Le Pen. Il y a eu des raisonnements rationnels au début de l'institution de sa vie. 9 000 décisions. Voilà, c'est pour ça que j'essaie de ne pas être caricatural.
Non, non, bien sûr, mais c'est pour qu'on comprenne bien votre position. Parce que je le rappelle, Éric Chioti a fait une proposition cet après-midi. Dans le cas du sanitaire parlementaire, je l'explique pour les personnes qui nous rejoignent, et il fait la proposition suivante, de supprimer purement et simplement l'exécution provisoire pour les personnes qui sont condamnées à des peines d'inégilibilité. Est-ce que vous allez voter cette proposition de loi ?
Oui, oui, on la soutiendra d'ailleurs. Vous la soutiendrez ? Oui, ce qui est d'ailleurs assez troublant, c'est le nombre de personnalités politiques à l'Assemblée qui viennent nous voir en se félicitant de l'initiative de M. Chioti ou qui demandent que M. le gouvernement s'en empare à travers un projet de loi plutôt qu'une proposition de loi. Puisque là, ça viendrait du Parlement. M. Bérou semble appuyer le fait que ça vienne du Parlement. Ça pourrait venir du gouvernement avec une certaine autorité.
C'est difficile à réfléchir à l'évolution de la loi, mais ça signifie que vous dites « Oui, il faut un traitement différent pour les élus. » Non, ce n'est pas un traitement différent. Par rapport aux autres justiciables.
C'est la proposition d'Éric Chioti. Pour les élus, parce que l'inégibilité peut s'appliquer à des non-élus, à des citoyens. Oui, c'était la fin de ma phrase. Oui, c'est ça, voilà. Oui, ça peut s'appliquer à des gens qui sont non-élus. La privation des droits civiques et le fait d'être à l'éligibilité, c'est pour tout le monde, ce n'est pas que pour les élus. Mais vous introduisez quand même une différence parmi les justiciables. Et là-dessus, effectivement, le Conseil constitutionnel pourrait éthiquer là-dessus, Bruno ? Pour le moment, ils ont plutôt dit, en tout cas, ils ont mis une nuance sur la préservation de la liberté des électeurs.
Oui, à condition que ce ne soit pas uniquement les élus. Pour revenir, parce que finalement, l'enjeu, si on écoute tout ce qui a été dit depuis deux jours par les responsables du Rassemblement national, y compris Marine Le Pen, ça s'est beaucoup focalisé sur l'exécution provisoire, d'aller en appel, c'est au fond espérer seulement la suppression de l'exécution provisoire ? Non, je ne pense pas. On ne parle plus du reste. Ce n'est pas de nous le faussier, on ne parle pas du reste. Non, on ne parle plus du reste, parce que, pour être plus précis, est-ce que Marine Le Pen et ses conseils envisagent de changer de stratégie de défense, puisque celle-ci, elle a abouti à une peine assez lourde ?
Oui. Mais Marine Le Pen s'exprime dans Le Parisien ce soir et demain, par papier, elle me semble totalement déterminée à prouver son innocence. Elle estime qu'elle est parfaitement innocente des faits qui lui sont reprochés avec nos autres amis qui sont mis en cause. Donc, c'est d'ailleurs assez troublant que les juges, dans leur délibéré, indiquent que le fait que Marine Le Pen, jusqu'au bout, ait affirmé, ait fait valoir son innocence, pose problème et serait une preuve de volonté de récidive. Comme si toute personne qui s'estime innocent est donc foncièrement impotentiel coupable.
Mais précisément, quand on relit, j'explique juste les arguments de la présidente du tribunal, elle explique effectivement qu'il y a un risque de récidive par l'attitude des prévenus qui ont nié l'évidence jusque dans leur propre récit. Dix ans après la dénonciation des faits, pas un des condamnés ne reconnaît avoir violé la loi. Et donc, considérant que ce qu'ils ont fait n'est pas mal, forcément, ils peuvent le refaire. Et donc, il y a un risque de récidive. C'est la logique, c'est le raisonnement des juges concrétiques.
Ce raisonnement, excusez-moi, il est très problématique, sincèrement. Parce que s'il y avait des évidences, il n'y aurait pas de procès. S'il y a un procès, c'est parce que rien n'est évident, et en tout cas, une culpabilité n'est jamais évidente dans un état de droit. Et par ailleurs, si tous les prévenus...
Vous avez quand même des écrits dans ce procès qui sont accablants pour Marine Le Pen.
Ni vous, ni moi n'ai jamais refait un procès du mien ou de mes amis ou de mes ennemis sur un plateau de télévision. Donc ça, ça appartient au tribunal. Ce que je veux dire par là...
Non, mais ne dites pas qu'il n'y a rien. Il y a 150 pages dans ce jugement.
Il n'y a rien. Il n'y avait rien. J'ai dit qu'il n'y avait pas d'évidence. D'ailleurs, si il y a 150 pages, c'est que ce n'est pas une évidence. Parce que généralement, une évidence, vous le reconnaîtrez, il n'y a pas besoin de 150 pages pour le démontrer.
Je ne sais pas, quand on voit un échange de mail entre Valrande Saint-Just et un eurodéputé qui disent que Marine Le Pen nous demande l'équivaut à ce qu'on signe pour des emplois fictifs, je comprends les raisons de Marine, mais là, on se fait annulmer. Un autre échange entre Valrande Saint-Just et Marine Le Pen où il nous dit que nous ne sortirons que si nous faisons des économies importantes grâce au Parlement européen, ça ressemble à une évidence, non ?
Non, parce que justement, un procès, c'est fait pour contextualiser un échange.
Non, mais ça fait partie des éléments qui ont été présentés par...
M. Gilles, vous nous dites qu'elle ne va pas changer de stratégie de défense, qu'elle restera sur cette ligne, qu'elle conteste la définition d'assistant parlementaire telle que le Parlement européen l'imposait. L'entend, oui. Et qu'elle considère que l'assistant parlementaire joue un rôle politique à côté de... Et le problème, c'est qu'on peut comprendre la définition de Marine Le Pen, sauf que ce n'était pas celle du Parlement européen. Mais nous contestons, en fait, la temporalité de ce règlement et le fait que le Parlement européen ait opportunément changé d'avis. Mais ça, c'est à la tribunal d'appel. C'est les magistrats qui décideront si la défense est bonne ou pas.
Mais si vous voulez, je trouve ça un peu par... Enfin, chacun est libre de commenter, évidemment, la stratégie de défense de Marine Le Pen. Mais c'est sa stratégie. En tout cas, on ne peut pas lui reprocher... D'accord. Mais la jure, c'est rédaction de décider d'aventure. Oui, d'aventure. On est cette compréhension d'aventure. Elle ne change pas de stratégie. Qu'elle continue sur cette stratégie. Qu'elle est condamnée en appel. Et que cette condamnation est assortie, encore une fois, d'une exécution provisoire d'inigibilité. Et là, le Rassemblement National est face à une décision majeure. C'est de savoir qui désigner comme successeur. Ils peuvent continuer à désigner.
Pour la course à l'Élysée, est-ce que ce successeur, c'est Marine Le Pen qui le désigne ? Ou est-ce que là, vous avez le voie au chapitre ? Il y a un parti politique que Louis Hallou l'a très bien expliqué ce matin. D'ailleurs, lui-même s'y est soumis. Il a perdu l'élection face à Jordan Bardella de manière loyale. Donc, il pourrait y avoir une espèce de primaire, entre vous ? Non, ce n'est pas une primaire, c'est les statuts du parti. Il y aura un congrès et le congrès choisira le candidat. C'est-à-dire même Marine Le Pen qui désignera son succès. Ah non, mais même Marine Le Pen se soumettra au vote de ce congrès. Alors, c'est pas formel, évidemment, en l'occurrence. D'accord.
Mais tout est prévu. De toute façon, elle pourra, même s'il y avait une exécution provisoire, elle pourrait être candidate à la présidence de... Mais si, elle serait toujours considérée comme innocente. Non, non, non, non, non, non, non, parce que si... C'est une exécution provisoire de l'inéligibilité, elle ne peut pas se présenter. Elle est inéligible.
Alors, attendez, parce que c'est important sur le calendrier.
C'est sans doute un sujet d'actualité pour les deux prochaines années, parce que ce que dit Mme Bachelot n'est pas forcément faux. On peut très bien imaginer déposer ça sans signature et que c'est le Conseil constitutionnel qui doit décider si l'inéligibilité est valable. C'est pas si clair, Mme Bachelot, je suis désolée, elle a soulevé un point, en tout cas, que moi j'ai soulevé au sein des instances.
Alors, attendez, Jean-Claude Bachelot, on va se projeter un petit peu. On va essayer d'imaginer les différents scénarios possibles, parce qu'effectivement, ce procès en appel, décision à l'été 2026. Que se passera-t-il si la Cour d'appel confirme la condamnation, l'inéligibilité avec exécution immédiate ?
– Il y a la cassation, mais c'est Marine qui décidera des suites qu'elle veut donner par rapport à ce qui s'est passé.
– Mais là, ce soir, quand on voit sa réaction… – Ah bah là, ce soir, je pense que Marine, elle est déterminée à l'église. – Alors justement, on va voir sa réaction ce soir dans le Parisien.
– Et ce qui me fait très plaisir.
– Mais alors justement, on voit sa réaction ce soir dans le Parisien, où elle dit qu'il n'y a pas de plan B, pas question d'envisager un autre plan. Pourquoi il n'est pas question d'envisager un autre plan ?
– Il dit quand même avant même d'être allé au bout du plan.
– Mais on avait Richard Ramos tout à l'heure qui nous disait, « Oui, mais le plan B, c'est le plan T ».
– Oui, j'ai eu peur qu'il parle de moi parce que…
– Alors il ne parlait pas de vous, pourquoi vous seriez le plan B ?
– Mais non, pas du tout. – Bah non, je veux dire qu'il s'appelle sans B !
– Non, non, mais bon, je ne sais pas, tout est envisageable, le Rassemblement national.
– Et comme M. Ramos est très taquin, y compris à l'Assemblée…
– Non, mais est-ce que c'est aussi la réflexion que vous avez au sein du Rassemblement national en vous disant, ben voilà, en fait, Jordan Bardella, il n'aura jamais les épaules et on va se planter si on part avec lui. Donc on ne veut pas envisager cette possibilité-là.
– M. Ramos, c'est un adversaire politique, spirituel, certes, mais c'est un adversaire politique. Jordan Bardella a battu sèchement la candidate que soutenait M. Ramos, Mme Ayer, aux élections européennes, avec un rapport de 1 à 2 en nombre de voix. Il a fait 37% sur sa candidature comme chef de la famille politique pour devenir Premier ministre aux élections législatives. Il a réussi, avec Marine Le Pen, à convaincre Éric Ciotti de nous soutenir. C'est un très bon candidat qui a fait ses preuves, qui est très populaire.
Alors je sais qu'un certain nombre de nos adversaires essaient de faire croire que les Français votent pour Jordan Bardella parce qu'il fait des vidéos sur les réseaux sociaux. Non, c'est parce que Jordan Bardella est un surdoué de la politique, qui a un charisme, une capacité à convaincre.
– Il aurait les épaules pour endosser une campagne présidentielle, là en 2027, si Marine Le Pen était empêchée.
– Mais il est évident que vu l'importance de la charge de présidence de la République, évidemment Jordan Bardella doit se préparer et doit travailler, mais nous tous, nous devons travailler pour l'épauler. Et Marine Le Pen reconnaît très régulièrement et pour…
– Elle dit c'est un atout considérable, mais pas tout de suite.
– Et pour travailler avec elle au quotidien, Marine Le Pen travaille énormément. – Je n'ai pas compris tout à l'heure, vous avez dit si Mme Le Pen est empêchée par la justice, vous vous réunissez en congrès et c'est le congrès qui décide du candidat. – À toute façon, même que ce soit empêché ou pas, il y a un congrès d'investiture du candidat. – J'entends bien, mais la question c'est, s'il est empêché, si elle est empêchée, il y a un congrès et c'est ce congrès qui décide du candidat. Ou c'est Mme Le Pen qui désigne son suppléant. C'est les deux. – Oui, Marine Le Pen peut indiquer sa préférence, évidemment. Mais bon, on ne se met pas dans cet état d'esprit.
– Vous n'aurez pas beaucoup de mois. – Oui, mais attendez, Jean-Philippe, vous n'aurez pas beaucoup de mois pour vous retrouver.
Vous n'allez avoir que quelques mois.
– Pour que j'explique la tradition de ma famille politique, il y a toujours eu un congrès d'investiture du candidat. Sauf qu'avant, le président, le président, puis la présidente du parti, était le candidat naturel de la famille politique. Là, pour la première fois, le président n'est pas le candidat naturel, puisque c'est Marine Le Pen la candidate naturelle. Et donc, si malheureusement, l'innocence de Marine Le Pen n'était pas avérée, prouvée, il y aurait évidemment une solution. – Oui, d'accord, mais ça vous laissera très peu de temps. – Mais ça, ce n'est pas grave, parce que pour le coup, Jordan procède de Marine comme le fils procède du père. Donc, c'est assez naturel.
– Donc, vous avez le candidat naturel. Voilà, vous l'avez déjà. – Comment ? – Non, mais vous l'avez, du coup.
– Mais vous pourriez dire quoi, c'est de la mère. – Non, mais je voulais qu'on comprenne la référence. – Non, on l'a compris. – Mais ce que je voulais dire, ce que je veux dire aussi, la particularité quand même de Marine Le Pen, par rapport au reste du personnel politique français, c'est peut-être que d'ailleurs, parce que justement, c'est une femme, à l'avoir prévu, quoi qu'il arrive, que ses idées lui survivent à sa carrière politique.
Et ça, je pense que c'est quand même remarquable, parce qu'elle le dit souvent, et je sais que je le dis qu'elle déjeunait avec elle, qu'elle le sait, plus nombreuses choses que le dit à tous les journalistes avec qui elle peut voir, c'est « moi, je peux passer sous un bus demain ». Ce qui est une évidence, une forme de modestie par rapport au fait qu'on est tous le très haut. – Oui, c'est vrai, mais il y a quand même peu de femmes ou d'hommes politiques qui ont prévu, comment dire, au maximum de leur influence, d'avoir quelqu'un à côté d'eux qui fait plus, voire plus de popularité, au moins autant, et qui a quand même une vraie force. – Oui, c'est vrai.
Et en même temps, après sa défaite en 2022, elle avait laissé entendre dans un premier temps qu'elle ne ferait pas une quatrième candidature, et on voit qu'elle a changé d'avis, et que, comme les autres, elle a voulu rester. – C'est la dépression de la défaite, et puis on marche sur son cheval. – Oui, non, elle a vu une vraie dépression de la défaite en 2017, pas en 2022, en tous les cas, pas de la même manière. – Mais c'est vrai que d'avoir… – Si tu avais vu Chirac en 1988… – D'accord, et 88… – Oui, qu'il n'est même pas tant qu'un ministre. – Mais c'est vrai que, d'abord, c'est une vraie liberté politique, à la fois pour tous nos électeurs, mais pour Marine Le Pen aussi.
C'est-à-dire qu'elle est en capacité de prendre des décisions, non pas juste parce que c'est la seule qui peut remporter l'élection, mais parce qu'elle est totalement libre de choisir si, oui ou non, elle veut être accordée à la présidentielle, parce qu'elle sait qu'il y a une suite, et qu'il y a une permanence de ses idées.
– Elle est déterminée à ne pas lâcher, elle le redit ce soir, dans Le Parisien, elle utilisera toutes les voies de recours possibles, le RN qui a lancé la riposte depuis 24 heures, et vous le premier, avec cette diatribe contre les juges, cet après-midi à l'Assemblée nationale.
– Voilà qu'un carteron de procureurs et de juges prétend sortir du droit pour exercer la vendetta du système.
– Vous les maintenez, ces mots, ce soir, maintenant que la justice va dans votre sens ?
– Ah oui, vous savez, il se trouve que j'avais une petite carrière politique avant de soutenir Marine Le Pen, et j'ai toujours été un vif combattant contre le gouvernement des juges.
– Mais c'est quoi, c'est qui le système ?
– Le système, c'est le détournement de l'intérêt général par des gens qui l'utilisent pour l'intérêt particulier. – Mais c'est qui ? – La stratégie de la cravate, c'est terminé ? – Ah mais moi, je n'ai pas changé d'avis. Alors là, vous pouvez retrouver beaucoup d'éléments. D'ailleurs, je fais aussi l'objet, y compris des, comment dire, des territorialistes, contre le fait que, oui, je suis de la tradition populiste.
– Mais attendez, quand vous parlez de vendetta du système, Jean-Philippe Tanguy, vous dites, ils sont prêts à sortir du droit pour exercer la vendetta d'un système. Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous dites quoi, que les juges y sont téléguidés ?
– Pas les juges, mais en tout cas, il y a une juge qui a admis, reconnue d'ailleurs, sans que ça semble lui poser un problème moral, être rentrée en justice, si je peux dire, en tout cas, être devenue juge, parce qu'elle avait un autre métier avant, parce qu'elle était inspirée par Eva Jolie. – Non mais la magistrate ? – Mais ça ne fait pas une juge rouge, ça ne fait pas, ça ne fait rien. – Ah bah moi, je ne suis pas du tout admiratif d'Eva Jolie. – C'est peut-être ses qualités en tant que professionnel. – Moi non, mais Eva Jolie a toujours été une juge politisée. – Il y a des avocats qui sont devenus avocats, parce qu'ils admiraient Tixi Vignancourt, ils ne parlaient pas nécessairement…
– Et oui, d'accord, mais les avocats n'ont pas dans leurs mains le destin des gens… – Ah si, bon, moi, c'est pas eux qui décident d'envoyer en prison. – Jean-Philippe Tanguy, finalement, mais ce n'est pas tellement les juges qui sont coupables, pardon, je dis un terme qui n'est pas adéquat, mais c'est plutôt la loi qui a été, qui pourrait être jugée comme mal faite. Les juges, finalement, ils ont adopté, enfin, ils ont appliqué, pardon, la loi qui avait été votée par un Parlement démocratiquement élu, et qui n'avait pas d'ailleurs, à l'époque où la loi a été votée, suscité la moindre opposition, et même vous, vous n'imaginiez pas dans le programme, votre programme législatif de l'abroger.
On a vu ensuite l'impact de cela, qui n'avait pas été imaginé par beaucoup. Donc, finalement, c'est difficile pour un parlementaire de reprocher au juge d'appliquer une loi, alors qu'il en est à l'origine. Peut-être pas vous, mais enfin, les parlementaires de l'époque. – Votre famille politique défendait l'inégibilité à vie, à une époque. – C'était dans le programme présidentiel de Marianne Leclerc. – C'est pas l'inégibilité à vie, là. – Ah non, mais je... – C'est deux sujets différents. Non, mais il y a deux choses. Déjà, dans le jugement écrit qu'on a pu consulter, très tardivement, puisque les journalistes l'avaient hier soir, dont on l'a reçu ce matin. Mais ça, c'était la vie parisienne.
– Il fallait rester jusqu'au bout du jugement.
– Non, mais c'est pas pareil que de l'avoir écrit. – Oui, enfin bon, elle est quand même partie avant la fin. – Prendre 150 notes, 150 pages de notes, c'est quand même pas facile. – 154 pages. – Mais blague à part, deux éléments très politiques qui, à mes yeux, n'ont rien à faire dans un jugement de la République et prouvent que le jugement est politisé. Et un paragraphe expliquant que le fait que Marine Le Pen puisse être candidate, avec cette condamnation en premier ressort, voire, et c'est cité comme ça, élue présidente de la République, constituerait un trouble à l'ordre public.
– Alors attendez, je donne la phrase précise. Le tribunal a pris en considération, outre le risque de récidive, le trouble majeur à l'ordre public, en l'espèce, le fait que soit candidate à l'élection présidentielle une personne déjà condamnée en première instance. Donc traduction, si pas d'exécution provisoire, ça veut dire qu'elle pourrait être élue présidente de la République et ne pas être condamnée parce qu'elle bénéficierait de l'immunité présidentielle et donc ça pourrait constituer un trouble à l'ordre public.
– Le cas échéant, elle pourrait être condamnée à l'issue de son mandat.
– Non mais c'est dans ce sens-là qu'a été mentionnée l'idée
de constituer et estimer que c'est un trouble à l'ordre public, c'est une interprétation très politique parce que les électeurs sont au courant de cette condamnation. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on en parle. Deuxième élément très perturbant, c'est la mention de nos opinions sur l'Union européenne. Un paragraphe expliquant que les faits sont particulièrement graves parce que nous sommes des opposants à l'Union européenne. Donc j'aimerais qu'on m'explique le rapport entre les faits qu'on ait une conception différente du Parlement européen et le fait qu'on devrait être condamné plus servèrement parce que nous sommes des opposants à l'Union européenne.
D'ailleurs, il faut aussi mentionner des contribuables des citoyens européens, qui a déjà une vision particulière. Moi, je ne parle pas des citoyens européens. Alors, elle est libre de considérer que ça existe, mais c'est quand même une conception politique. En tout cas, nous reprocher nos opinions sur l'Union européenne, c'est quand même surréaliste.
Mais alors, attendez, je reprends ma question tout à l'heure parce qu'il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas parce que vous parlez de vendettat d'un système. Vous n'avez pas répondu à ma question. C'est quoi ce système ? C'est-à-dire que vous parlez de la juge, vous parlez de la présidente du tribunal. Il y a d'ailleurs M. Rameau s'en parler. Mais vous dites qu'il y a un système qui est derrière.
Oui, le système dans ma famille politique, elle a une définition très claire, c'est la confiscation de l'intérêt général et des institutions qui le servent pour servir des intérêts particuliers. Ce n'est pas un système au sens d'un complot. C'est ça le sens du système dans la famille populiste et bonapartiste. Mais je veux répondre à votre question et M. Rameau s'en a parlé avant que je parte. Le syndicat de la magistrature, qui représente plus d'un tiers des magistrats en France...
Est-ce que vous savez si c'est trois juges, il faut partir du syndicat de la magistrature ?
C'est une demande récurrente du Rassemblement national de pouvoir savoir si les magistrats qui vous jugent sont syndiqués et donc des opposants politiques. Pourquoi ? Parce que contrairement à ça, ça pourrait être un syndicat qui défend les conditions de la justice, tout simplement, la bonne exercice de la justice. Non, c'est un syndicat qui a fait barrage à Marine Le Pen, candidate à la présidence de la République, à Jean-Jean Bardella, à toutes les élections, par un communiqué de presse, mais aussi à Nicolas Sarkozy. Donc, c'est un syndicat qui ne se contente pas, une fois plus, de demander des moyens pour une bonne administration de la justice.
C'est un syndicat politisé qui se revendique comme tel. Mais vous ne savez pas si c'est le cas des trois magistrats qui ont jugé... Mais c'est un problème qu'on ne puisse pas le savoir. Parce que Marine Le Pen, dans ce cas-là, évidemment, ce n'est pas une citoyenne comme une autre. Parce qu'elle est personnalité politique. Après, vous omettez de dire... Non, mais vous omettez de dire quand même une chose, Jean-Philippe Tanguy,
c'est que l'instruction a duré pendant des années.
à cette magistrate, à Mme de Pertuis. On est obligé de la protéger. C'est quand même extrêmement... Attends, je peux aller jusqu'au bout. Là, on peut critiquer la décision, on peut se poser des questions, mais vous n'avalisez pas ces menaces qui sont faites contre ces personnes. C'est absolument intolérable. Oui, j'ai dit sur l'antenne de BFM TV ce matin que c'était des voyous. Donc, les personnes qui menaçaient, mais même ne serait-ce que les insulter sur les réseaux, ça suffit, pour être caractérisés de voyous.
Mais est-ce que vous ne jetez pas de l'huile sur le feu en tirant un boulet rouge comme ça contre la justice, en parlant de tyrannie des juges, en parlant d'état de droit bafoué, en parlant de vendetta du système ?
C'est la conception que j'ai, malheureusement, des rapports dans notre pays entre une certaine vision de l'exercice du pouvoir judiciaire depuis la monarchie, avec les parlements qui déjà ont mis en grande difficulté. Vous êtes très mitterrandien. Oui, tout à fait. On pourra citer François Mitterrand qui disait, enfin, je dis la même chose que Mitterrand en l'occurrence. Et les juges, je ne pense pas... Les juges ont mis à bas la monarchie, ils mettront à bas la République. Exactement. Signé François Mitterrand. Citation du dernier conseil des ministres. C'est François Mitterrand, juste avant de partir.
Mais au-delà de ça, il y a une tradition française qui est le juge et la bouche de la loi. Depuis la Révolution française, il y a toujours une tension au sein de la République entre les juges qui voulaient gratter du pouvoir, gratter de l'influence sur le législatif, sur l'exécutif. Non, mais c'est dans ce qu'on fait parce que vous remettez en question
l'indépendance de l'autorité judiciaire.
Je ne remets pas en question l'indépendance de l'autorité judiciaire.
L'intégrité, en tout cas, de l'autorité judiciaire.
Je finis là-dessus. L'équilibre des pouvoirs, ça s'adresse aussi à la justice. Évidemment, l'exécutif doit être contrôlé. Évidemment, le législatif doit être contrôlé. Le pouvoir judiciaire n'a pas été exorbitant des deux autres. Il doit aussi être contrôlé et il doit aussi être transparent. Mais en France, la justice est très peu transparente, très peu contrôlée. Je pourrais vous citer des dizaines, malheureusement, de décisions où des juges qui ont commis de graves fautes ont connu des belles promotions. Oui, mais vous voyez, je trouve ça quand même rude d'accuser la justice. Accuser la justice, le système, comme vous le dites, ça ne peut mettre que de l'huile sur le feu.
Ça n'a peu que, déjà, un service public qui est bien malade, celui de la justice, ça ne peut que l'écraser davantage, le discréditer davantage. Et c'est comme ça qu'on arrive à une trumpisation, comme on dit, ou un affaiblissement, justement, des piliers de la République. Or, là, en l'occurrence, vous pourriez vous contenter de critiquer la décision de justice. C'est une chose de critiquer une décision de justice, c'en est une autre, de renvoyer toute la justice à critiquer toute la justice. Vous voyez, c'est tout à fait difficile. – Ben si, en vous en prenant au système, c'est toute la justice que vous avez fait.
– Vendettat du système, tyrannie des juges.
– J'ai pris ces juges-là, je n'ai pas dit qu'il y avait tous les juges. – Ah, non, en parlant de vendettat, – Là, c'était très clair, je parlais du cas d'espèce. – Et en parlant du système, parce que ça a été quand même, ça a été le vocabulaire aussi de madame Le Pen aujourd'hui.
– Le système a lancé la bombe nucléaire.
– Voilà, la bombe nucléaire, ça a été la tyrannie des juges. – Oui. – Bon, tout ça, c'est quand même très général, alors que vous pourriez vous en prendre à cette décision qui, quand même… – Ce serait de mauvaise foi. Si on s'en prenait, M. Trayarc, à cette décision, on serait de mauvaise foi puisque nous critiquons très régulièrement l'irresponsabilité des juges sur les affaires régaliennes, sur les affaires de sécurité, sur l'immigration. – Parce qu'ils ne sont pas assez… – Parce qu'ils sont trop laxistes, disons. – Parce qu'ils sont laxistes ou qu'ils créent des normes. Ils créent des normes. Ils ont acquis…
Là où Mme Bachelet a raison, c'est que ça tombe d'hommes politiques, les ont laissés ou les ont autorisés à faire une interprétation anglo-saxonne du droit, créer des normes, une jurisprudence extensive qui n'est pas du tout la tradition française. Moi, je suis peut-être ringard sur certains critères. J'ai une conception telle que Montesquieu l'avait voulu du juge qui est la bouche de la loi. Donc, on écrit la loi et eux, ils l'appliquent. Et ils ne font pas d'interprétation. Ce n'est pas aujourd'hui, comment dire, la dynamique, si j'essaie d'être aimable, que les juges ont choisi depuis les années 70. Eux, ils ont choisi une conception…
C'est ça que je comprends puisque ça leur donne toujours plus de plus de plus tard. Non, mais là, en l'occurrence, ils ont plutôt appliqué la loi. Alors, il y a cette affaire d'exécution provisoire. Effectivement, elle est tout à fait discutable, mais il se trouve que… Elle a été votée. Elle a été votée. Ça existe. Oui, mais avec un cadre d'interprétation très large. Avec un cadre d'interprétation, évidemment. Et un peu plus, bon, une fois plus, on ne va pas revenir sur ce débat-là, mais sincèrement, il y a énormément de juristes. Même le père de l'amendement de la loi de 2016 a pris la parole pour dire qu'il avait été interprété pas comme il l'avait écrit.
Oui, il y avait un député hier soir ici qui disait qu'il avait… Bon, il regrettait que ce… Il a pratiquement dit qu'il avait fait une… Par ailleurs, voilà. Moi, une fois plus, dans notre pays, les juges ne sont jamais responsables de leurs décisions. C'est une position ancienne du Rassemblement National. Ce n'est pas une position… Qu'est-ce que vous…
Mais qui juge qu'un juge a été intègre ? Parce que là, c'est vous qui jugez ça alors que vous êtes partie prenante
dans le procès. Vous avez… Il y a un conseil supérieur de la magistrature qui ne rend jamais… Qui sanctionne jamais. Deux décisions… Non, mais… Deuxième exemple, pardon, l'affaire Sarkozy. Moi, j'étais un adversaire de M. Sarkozy avec M. Dupoignon. On a toujours été un adversaire de M. Sarkozy et de M. Fillon. M. Fillon, il y a une procédure avec des délais complètement exorbitants du droit ordinaire pendant la campagne de 2017. Il y a ensuite une enquête. La procureure du parquet national de l'époque fait un témoignage au serment où elle dit tout le monde peut consulter là encore en ligne qu'elle a eu des pressions de sa hiérarchie des pressions politiques. M.
Macron, et c'est tout à son honneur, ouvre une procédure avec le conseil supérieur de la magistrature. Le conseil de la magistrature dit « Ah bah, circulez, il n'y a rien à voir. Il ne s'est rien passé. » Et la procureure n'est pas sanctionnée pour avoir menti. Donc, il y a un moment soit la procureure avait menti sous serment, il devait y avoir des sanctions. Soit le conseil supérieur de la magistrature a étouffé l'affaire. Il ne peut pas y avoir à la fois rien et un témoignage sous serment. Je pourrais préciser le mois de suite de Boulogne-sur-Mer l'affaire Outreau ou le juge Boulogneau. Non mais d'accord. On va partir
de toutes les affaires, Jean-Philippe Tanguy. Mais là, précisément sur l'affaire du Rassemblement national, vous faites comme si la décision tombait du ciel. Mide de rien, l'instruction a duré des années. Les débats ont duré deux mois. C'est une décision privégeale. Trois juges qui ont pris cette décision. Elle n'était pas seule, la présidente du tribunal. Ils étaient trois. Et puis encore une fois, 154 pages de jugement. Donc ça a été détaillé.
Non mais nous ne sommes pas d'accord avec ce jugement, madame.
Oui, voilà. Non mais que vous ne soyez pas d'accord avec le jugement, c'est une chose. Est-ce que de là à remettre en question l'intégrité de ces juges ?
C'est en appel qu'on réglera ça, si je peux dire. Mais par exemple, dans les 150 pages, il n'y a pas un seul élément à décharge. C'est quand même assez intéressant. Marine Le Pen, d'ailleurs ça a été reconnu y compris par ses adversaires, a été présente à toutes les séances. Il y a peu de personnalités politiques de son niveau pour insister à toutes les séances. Et elle a... La parole ? Je n'ai pas dit aucun, j'ai dit peu. Elle a... Il n'y a pas un seul argument à décharge. C'est pas possible. C'est-à-dire personne n'est 100% coupable. A l'inverse, excuse-moi, personne ne peut être 100% coupable.
Et quand même, n'oublions pas, parce que c'est vrai que ça passe vite et moi aussi, parfois on oublie certaines choses, une des procureurs pendant les réquisitions a quand même dit à propos de M. Jalck, par ailleurs très élégant puisqu'il était à l'hôpital en soins intensifs, donc il n'était pas là pour se défendre, il a dit « Ah bah, je n'ai aucun élément à charge pour demander une condamnation de M. Jalck, mais ne le... Comment dire ? Quand on ne l'innocentait pas, ça me ferait trop mal. » D'ailleurs, il y a une procédure pour en nullité compte tenu de la partialité de la procureure. Oui, parce que la procureure,
c'était sur un cas bien précis.
si c'était votre procès et que la procureure disait « Ah bah oui, madame, il n'y a rien dans votre dossier, mais ça me fait trop mal de vous innocenter. » Non, mais c'était sur un seul prévenu
qu'elle a prononcé cette phrase-là. Et encore une fois, la décision n'a pas été rendue par les procureurs mais par les juges.
Encore heureux que la procureure ne fasse pas une erreur par prévenu. Mais si c'était vous, madame, je pense que vous ne réagirez pas par ailleurs. M. Tanguy, quel est l'objectif de votre manifestation au rassemblement ? C'est la question. De dimanche.
Meeting de soutien à Marine Le Pen.
C'est un meeting de soutien de Marine Le Pen ou c'est un meeting anti-juge ? C'est un meeting de soutien à Marine Le Pen et au fait que les Françaises et les Français doivent pouvoir choisir qui est candidate ou en tout cas de laisser à cette candidate les droits de toute citoyenne de pouvoir avoir un appel. Vous attendez combien de monde ? Je ne sais pas, mais la place Vauban est large.
Mais c'est quoi l'objectif ? C'est de mettre la pression sur la cour d'appel ?
Non, mais on peut faire une manifestation, un rassemblement politique sans faire pression sur des juges. De toute façon, les juges de la cour d'appel ne vont pas avoir une pression des manifestants du Rassemblement National ou de nos sympathisants. Ils n'en ont rien à cirer. Donc, il ne faut pas tout mélanger. Il n'y a pas de risque de dérapage ? Vous allez appeler à des manifestations régulières ? Non, parce que dans un premier temps, il avait été question de...
Ça m'avait vraiment interpellé et même choqué, mais je crois que vous êtes revenu sur cette affaire, qu'il y aurait des manifestations devant chaque tribunal, devant chaque institution judiciaire dans les départements et je trouvais que c'était totalement inapproprié. Oui, non, ça c'était une proposition qui a été faite, je crois, par un peu les réseaux sociaux mais qui n'avait pas... En tout cas, on n'a pas discuté en réunion. Ça n'a pas été validé. Non, mais même pas discuté en réunion du Rassemblement National. Moi, j'y étais... Je ne sais pas d'où ça sort. Non, au début, en fait, il y a eu un peu une... Comment dire ?
C'est une incompréhension sur le terme de manifestation de mobilisation. De mobilisation, pacifique. C'est ce qu'a dit Jordan Bardella. Oui, mais dans notre... Pareil, au Rassemblement National, c'est avant tout qu'on parle de ça, des tractages, des collages, des porte-à-porte. C'est surtout des actions de terrain parce qu'il faut être honnête...
Mais qui s'en va quoi ? Elle s'en va quoi, ces actions ?
Eh bien, échanger avec les gens, expliquer notre position, expliquer pourquoi Marine Le Pen estime qu'elle mérite un appel, qu'elle est innocente. Enfin, d'expliquer nos...
Enfin, elle a son appel et elle l'aura en 2026
Vous maintenez quand même le mécime, du coup ? Oui, mais il y a un débat politique qui se passe. La gauche nous attaque. Elle nous attaquera encore. C'est son droit, d'ailleurs. Ils ont bien le droit de l'analyse. Comment dire ? Et vous utiliserez toutes les voies de recours, y compris la rue ?
C'est ça qu'il faut comprendre. Vous utiliserez toutes les voies de recours, y compris la rue ? C'est ça qu'il faut comprendre.
Non, la rue n'est pas un recours juridique. La rue, enfin la rue, la manifestation démocratique encadrée sans violence, pacifique, était une expression constitutionnellement garantie d'expression d'une opinion politique. Est-ce que ce jugement pourrait vous encourager à censurer le gouvernement ? Non, pas du tout. Ça, c'est très clair. Et Marine l'a très réaffirmé dans cette interview. La censure, c'est l'intérêt des Français, c'est leur quotidien, c'est leurs impôts, leur pouvoir d'achat, leur sécurité. C'est pas lié au destin de Marine Le Pen. Il ne faut pas trop son intérêt, d'ailleurs, parce qu'elle ne pourrait pas se représenter.
Par contre, si la situation l'exige, par exemple, on a un énorme problème, et vous savez, vu que le Figaro, on avait parlé de programmation plurielle de l'énergie qui engage la France pour 10, 20, 30 ans. C'est par ailleurs un sujet qui me concerne. C'est un sujet à 300 milliards d'euros et Marine Le Pen ne va pas valider un gaspillage de 300 milliards d'euros pour son mandat. Est-ce que du coup,
cette situation, à contrario, ça va retenir son bras ? Non. Parce que s'il y a des solutions de l'Assemblée nationale anticipée, elle ne pourra pas se représenter.
Elle a été très claire en réunion ce matin, et je peux le dire puisqu'elle le dit dans l'interview du Parisien, s'il y a des gens qui pensent que son bras tremblera parce qu'elle a peur de son mandat, ils se trompent, ils la connaissent très mal. Et Marine Le Pen est suffisamment influente pour avoir de l'influence. Évidemment, on est très content qu'elle soit à l'Assemblée nationale, mais elle en aura autant en dehors. Si malheureusement, ça devait arriver.
Une dernière question, Jean-Philippe Tanguy. Le Kremlin, Viktor Orban et Elon Musk ont apporté leur soutien à Marine Le Pen. Vous les remerciez ?
Non, mais c'est une liste à la prévère, si vous voulez, parce que vous avez Viktor Orban qui est Premier ministre élu dans une démocratie. M. Musk, c'est un industriel très puissant, un oligarque du régime de M. Trump. Et le Kremlin, c'est un régime autoritaire. Donc, tout ça n'a rien à voir.
Ça vous met pas mal à l'aise d'avoir le soutien du porte-parole du Kremlin ?
Non, mais ça met mal à l'aise pour mon pays, effectivement, que le Kremlin se fasse plaisir à critiquer la démocratie française comme un effet bon rang alors que le Kremlin n'a aucune leçon de démocratie à donner. Bon, et je pense qu'il n'y a pas beaucoup de Français qui pensent que ça nous aide beaucoup d'avoir le soutien du Kremlin et je pense qu'au contraire, ça prouve qu'on n'a jamais eu le soutien du Kremlin. Oui, ça c'est sûr, il vaut mieux. Mon Dieu, occupez-vous de mes amis quant à mes adversaires, je m'en occupe. Ça, c'est une maxime de Bonalois qui est valable pour tout le monde. Bruno ?
Juste pour revenir quand même sur cette manifestation, c'est un one-shot ou il y en aura d'autres ? Je ne sais pas. Ça, ça, bon, je ne vais pas me baratiner, je ne sais pas. Mais en fait, ce qui est vrai aussi, c'est que nous avons eu vraiment beaucoup de sollicitations, beaucoup de demandes. Moi, j'ai bien dans mon département de la Somme, on a déjà rempli de bus, il y a un vrai besoin, un vrai besoin de s'exprimer. Ce qui est d'ailleurs en démocratie est aussi normal et c'est aussi le rôle du Rassemblement National en tant que parti politique comme le sont les syndicats et les forces de gauche de donner une expression publique et démocratique à un sentiment populaire.
Et vous attendez des personnalités étrangères pour venir soutenir la même gestation ? Oui, j'ai lu ça dans la presse. Je n'ai pas d'informations encore, je suis désolé.