Congrès LR : la surprise Éric Ciotti, avec Aurélie Herbemont et Roland Cayrol- C à Vous - 02/12/2021
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« Xavier Bertrand est le premier candidat qui s'était autodégradé de candidat à la présidentielle à candidat à la candidature. »
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« Une trentaine de sondages de suite dans lesquels il est largement en tête. »
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« La Fédération des Alpes-Maritimes, celle de Ciotti, a gonflé de 160 %, je crois. »
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« Heureux, cher Éric, de voir nos idées si largement partagées par les militants LR. »
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On recueille les avis d'Aurélie Herbemont, grande reporter politique à RTL et de Roland Kérol, politologue. Tout ça pour ça, Xavier Bertrand, c'est lui le grand battu de cette primaire, de ce congrès à l'air. Ah mais oui, Xavier Bertrand, il a joué son destin à qui tout double et il a perdu. C'est vrai, Patrick le rappelait au départ, il ne voulait pas aller dans ce congrès. En fait, rien ne s'est passé comme Xavier Bertrand l'espérait. Ça fait plus de deux ans qu'il est en campagne, vraiment quasi permanente. Effectivement, il avait de l'avance dans les sondages, mais pas une avance écrasante par rapport aux autres.
Donc, les militants, qui beaucoup lui en voulaient d'avoir quitté le parti en 2017, après l'élection de Laurent Wauquiez, ben là, ils lui ont fait payer. Donc oui, c'est vrai que c'est le grand perdant, il finit quatrième. C'est assez tragique la politique. C'était celui qui avait le plus envie, effectivement, celui qui était le plus préparé. Et puis les militants lui ont dit non. Mais il faut dire qu'il y a eu des allers-retours ces dernières semaines. C'était non, non, je parle directement au français. Il faut quand même noter que Xavier Bertrand est le premier candidat qui s'était autodégradé de candidat à la présidentielle à candidat à la candidature. Ce qui est assez rare quand même.
Il s'est donc dévalué en quelque sorte. Voilà, il est rentré dans un match. Il n'avait pas le choix, en fait. Parce que s'il avait été le candidat naturel aux yeux des Français dans les sondages, il n'y aurait sans doute pas eu ce vote. Il n'y aurait peut-être même pas eu besoin d'un vote. Sauf que comme il n'a jamais tué le match, il a été obligé de s'enfermer, de s'enferrailler dans ce congrès. Et ce soir, il a perdu. Il a dit qu'il ne regrettait pas. Il a dit je ne regrette vraiment pas d'avoir présenté ma candidature à ce congrès. On ne le croit pas.
Non, non, bien sûr que non. En politique, on fait comme ça. Il a plongé dans le piège qui lui était tendu. Il était, moi je pense qu'il avait plié le match dans les sondages. Une trentaine de sondages de suite dans lesquels il est largement en tête.
C'est celui que les Français voyaient le mieux.
Non seulement chez les électeurs, mais chez les électeurs de droite. De droite et du centre. Cherchez-moi, c'est où c'est Pécresse ? Ah non, il n'y en a pas. Il n'y en a pas. Il avait plié le match. Et le président du parti avait dit si les sondages sont clairs, ce sera les sondages. Les sondages étaient clairs, mais le président du parti ne voulait pas. de Xavier Bertrand, un peu à l'image des militants. Pas parce qu'il avait quitté le parti, mais parce qu'il ne voulait pas de Bertrand, de la personnalité de Xavier Bertrand. Donc après avoir essayé toutes les formules possibles, il est arrivé, l'appareil du parti, à ce piège. Viens dans le congrès, fermé et tu vas perdre.
Et ça s'est exactement passé comme ça.
Fermé mais ouvert aux adhésions, ce qui a sans doute, évidemment, conduit au résultat de ce soir.
C'est pour aller dans votre sens, Patrick, c'est les pires pratiques partisanes. Vous pouvez vous rassurer jusqu'à 15 jours avant.
Donc décidément, c'est une mauvaise formule, ça, la primaire LR. C'est une formule détestable.
On avait enfin trouvé avec les primaires... Alors évidemment, les appareils n'aiment pas les primaires, parce que les électeurs font ce qu'ils veulent. Bien sûr, les partis sont dépossédés de leur pouvoir. Voilà, voilà. Mais les gens, ils vont, ça marche, ça donne une légitimité et ça permet aux médias de faire leur boulot. Là, tout se déroule de façon feutrée. On ne sait pas qui a pris sa carte, qui vous a envoyé là. Il y en a même 9000 qui n'avaient pas le téléphone, c'est pour ça qu'ils n'ont pas pu voter. Enfin bon...
La Fédération des Alpes-Maritimes, celle de Ciotti, a gonflé de 160 %, je crois. A gonflé, mais c'est dépassé par la Fédération de Paris, qui n'avait plus la place de numéro 1 depuis quelques années. Et une bataille dans un mouchoir. Bataille dans un mouchoir. Un scrutin lilliputien, dit Patrick, est illisible réellement. On ne peut en tirer aucune conclusion, si ce n'est qu'il y a quand même un prisme très à droite des adhérents LR.
Ça, c'est clair qu'il y a un prisme très à droite. Il n'y avait qu'à regarder les quatre débats. On aurait dit qu'on était dans un débat, dans une primaire, avec Zemmour et Marine Le Pen. C'était tous les thèmes de l'extrême droite qui ont été en permanence remués et approuvés. Donc on savait bien qu'il y avait quelque chose dans ce sens-là. Tropisme, Ciotti en bénéficie. Il en bénéficie, mais il a 665 voix d'avance sur Valérie Pécresse. Le deuxième tour est évidemment décisif. Et au deuxième tour, elle va gagner. Donc il aura montré ses muscles.
Sans aucun doute, parce qu'elle a le soutien des trois autres perdants.
Après, vous me reprocherez, comme Xavier Bertrand, de dire des trucs sur lesquels je reviens.
Vous allez devoir vous retirer définitivement de l'avis médiatique, Roland Quirole.
Je n'ai pas de province, qu'est-ce que je fais ?
Vous ne pouvez pas vous retirer dans les Hauts-de-France. Non, mais Valérie Pécresse va gagner, sauf si ils font un truc de déglingo, les adhérents. Exactement, oui, parce que c'est vrai que là, vous avez effectivement deux candidats très différents. Je pense qu'Éric Ciotti, au fond de lui, lui-même ne s'imagine pas président de la République. Il ne s'imagine pas ou commence à y croire ? Il commence à y croire. Mais c'est-à-dire que c'était un petit peu le scénario que beaucoup d'élus à droite redoutaient ces derniers jours. Si jamais les militants votent pour Éric Ciotti, on va finir à 6% à la présidentielle. Donc là, on l'a vu très rapidement.
Alors plus rapidement, pour Xavier Bertrand et Philippe Juvin, Michel Barnier un petit peu plus tard, ils ont décidé de soutenir Valérie Pécresse. D'ailleurs, c'est assez rare que tous les candidats soutiennent un seul candidat pour le second tour. La primaire de 2016, c'était un autre contexte. Mais François Fillon allait gagner. Et il y avait quand même Nathalie Cossius-Comorizet qui était allée soutenir Alain Juppé. Et là, on a quand même les trois autres candidats qui disent « Si on veut avoir une chance de faire un score dans la présidentielle, il vaut mieux aller chez Valérie Pécresse. » Mais le cœur d'un militant est parfois insondable. Clairement, la prime à fidélité a fonctionné.
Et puis il y a sans doute des militants très fidèles qui ont voté pour Michel Barnier, qui ne vont pas forcément tous se reporter sur Valérie Pécresse. Parce que c'est la ligne un peu Wauquiez qui l'a emportée. La revanche de la ligne Wauquiez, c'est ce que dit Marine Le Pen. Elle a une bonne analyse de la situation. La base militante reste très à droite, restait très fidèle à l'ancien président du parti qui était Laurent Wauquiez. Il y avait beaucoup de soutien de Laurent Wauquiez qui sont allés chez Michel Barnier. Et je pense que chez les militants, c'est potentiellement chez Michel Barnier que Valérie Pécresse peut aller, que Éric Ciotti peut aller chercher éventuellement.
Laurent Wauquiez qui sera nommé Premier ministre si Éric Ciotti arrive à l'Élysée. Et il l'a dit, c'est le seul d'ailleurs à avoir dit quel sera son Premier ministre, ce sera Laurent Wauquiez. Donc je ne sais pas s'il se voit président ou pas, mais en tout cas il a déjà une idée de son gouvernement et de son Premier ministre. Mais le Wauquiez l'a part Mercier. Non, non. Et où nous retaillons ministre de l'Intérieur ? Il a déjà un gouvernement, donc il a déjà un gouvernement à l'Élysée. S'il a un soutien quand même Éric Ciotti ? Celui d'Éric Zemmour, avec ce fameux tweet tombé à 16h. Heureux, cher Éric, de voir nos idées si largement partagées par les militants LR.
C'est un soutien ou c'est un boulet ? Je crois que c'est une première surtout. On n'a jamais vu un candidat déclaré se féliciter ouvertement du succès d'un concurrent. C'est un piège aussi alors peut-être.
En tout cas, ça dit bien que Zemmour ne pense pas du tout que Ciotti sera candidat pour les LR.
Ah oui, c'est ça. Mais en même temps, c'est un appel du pied aux électeurs de LR, puisque si jamais Valérie Pécresse devait l'emporter, peut-être que des électeurs... Un raccrochement serait possible entre Ciotti et Zemmour ? Alors ça, je ne pense pas. Je pense qu'Éric Ciotti se voit plutôt comme un rempart que comme une passerelle. C'est-à-dire qu'Éric Ciotti a un peu la position aujourd'hui chez LR de... Moi, je suis encore chez LR, donc je peux retenir les électeurs qui voudraient tenter d'aller chez Éric Zemmour. Je pense qu'ils se voient plus comme un empêcheur de partir plutôt que comme une passerelle.
Mais bon, après, la politique, il peut se passer beaucoup de choses dans les mois qui viennent.
Et puis, ce n'est pas possible parce qu'on fait une primaire fermée avec engagement que ce sera tout derrière celui qui sera élu. À la rigueur, vous ne pouvez pas faire campagne. Mais aller carrément faire campagne pour l'adversaire, ce n'est pas joie.
Ça, c'est déjà vu dans d'autres cas de figure. La primaire socialiste de la dernière fois, Manuel Valls avait fini par soutenir Emmanuel Macron.
Et bien, ça n'arrivera pas.
Mais là, je ne pense pas. Parce que la droite, c'est qu'elle a énormément à perdre. Elle joue sa survie à la présidentielle la prochaine fois.