Barellla : la liste des potentielles victimes s’allonge - 07/06
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et au total ce soir, nous arrivons donc au moins à neuf procédures au total qui visent Jérôme Barrella. Vous allez nous les récapituler, Maïva Lamy. Bonsoir à vous. Bonsoir Anne. Oui, tout à fait. La première remonte à 2017. Une maman dépose plainte pour des attouchements sexuels sur sa fille de 17 ans. La jeune fille à l'époque dit être consentante. Il y aura donc un classement sans suite. Ensuite, en 2021, Jérôme Barrella est licencié d'un lycée dans lequel il travaillait, cette fois-ci pour des comportements inappropriés avec une mineure. En 2022, à Béthune, une enfant de 10 ans, cette fois-ci dit que Jérôme Barrella l'a violée pendant des vacances. La maman de cet enfant porte plainte.
Il y aura là aussi un classement sans suite. Mais on le précise dans cette affaire, la procédure va être réexaminée. Puis il y aura la plainte des parents de Rosa pour une autre plainte pour viol sur mineure de 10 ans. Pour des faits commis entre septembre 2024 et août 2025. Et dans cette affaire, un examen médico-légal atteste de lésions compatibles avec le récit de cet enfant. Et bien sûr, par la suite, l'affaire Liana. La semaine dernière, on le rappelle, Jérôme Barrella a été mis en examen et placé en détention provisoire. Et ensuite, Maëva, il y a eu une accélération depuis son incarcération dans l'affaire Liana avec quatre nouvelles procédures, selon nos informations.
C'est ça, exactement. Parce que là, on parlait vraiment des plaintes de ces dernières années. Mais cette semaine, ça s'est accéléré avec trois plaintes et un signalement de l'aide sociale à l'enfance. D'abord, mercredi, c'est le père d'une petite fille placée en foyer qui a porté plainte. L'enfant a en fait confié à son éducatrice que Jérôme Barrella lui avait fait des caresses et des gestes inappropriés lors d'un week-end. Dans cette affaire, un signalement de l'aide sociale à l'enfance avait également été émis pour des attouchements. Et puis, ça c'était mercredi, jeudi soir, une nouvelle plainte pour viol est déposée par une maman.
En fait, cette maman, elle avait déjà déposé plainte contre X en avril 2026 parce qu'elle n'avait pas l'identité de l'agresseur présumée. Mais en voyant le lieu d'habitation de Jérôme Barrella, elle a en fait fait le rapprochement. Elle a montré sa photo à sa fille et c'est sa fille qui a reconnu son regard. Donc, mercredi, jeudi soir. Et puis, cette dernière plainte, vendredi, c'est Patrice, le père d'une jeune fille victime d'attouchement en novembre dernier lors d'une soirée pyjama. Donc, ce papa qui a également porté plainte vendredi, il a en fait été alerté par les assistantes scolaires à qui sa fille s'était livré lors de la cellule d'écoute. – Merci Maéva.
Laurent, on a un meurtrier présumé actuellement placé en détention provisoire. Il y a beaucoup de zones d'ombre.
– Oui, il n'y a que des zones d'ombre.
– Il n'y a que ça. Suspect qui, après avoir contesté les faits, après avoir changé de version, refuse de parler. Est-ce que là, c'est un classique ?
– C'est difficile de dire oui ou non. Mais il passe des mois, enfin des semaines, à préparer l'opération, ce qui est une opération, le rapte de la petite Liana. Parce qu'on le sait, les parents lui avaient interdit à la petite fille de voir ce monsieur, les parents étaient… il l'amenait dégoûté.
– Oui, on parle beaucoup de prédation depuis le début de cette semaine.
– Il y a une prédation, parce que les pédocriminels sont des manipulateurs, des grands manipulateurs. non seulement ils vont persuader les enfants de surtout pas en parler. C'est ça leur but initial. Donc là, il l'a convaincu de la suivre. Ensuite, on ne sait rien de ce qui s'est passé pendant ces deux heures. Le vendredi, entre 15h et 17h, on ne sait rien.
– Entre 15h30, le moment où elle monte dans sa voiture à peu près 17h.
– Voilà, on sait qu'il organise des recherches. Il y a une maman qui a témoigné, disant qu'il avait toqué à son carreau en disant « Il y en a disparu, il faut qu'on la retrouve ». Il est arrêté le lendemain parce que des gens ont repéré la petite fille, l'enfant, dans sa voiture. Il commence par dire, alors on ne connaît pas bien les détails de ces 48 heures de garde à vue, mais il commence par dire qu'il n'y est pour rien et qu'il l'a simplement déposé à la piscine. Et puis après, plus rien. Alors plus rien devant la juge dans son interrogatoire, ça c'est assez fréquent. Mais en réalité, il y avait quand même un enjeu à ce que la petite fille, on ne savait pas où elle était.
Elle pouvait être vivante quelque part. Donc bon, il a décidé de se taire. Alors maintenant, c'est différent parce qu'il y a toujours une course contre la montre des enquêteurs dans ce moment-là. On va essayer de retrouver, si c'est un corps, en l'occurrence c'est un corps malheureusement, le plus vite possible. Parce que vous savez, Maëlys, souvenez-vous de Le Landais et Maëlys, on la retrouve six mois plus tard, on retrouve presque rien, on retrouve des os, on ne saura rien de ce qui s'est passé entre Le Landais et Maëlys. Là, l'autopsie, les expertises médicales vont pouvoir dire quelque chose, vont pouvoir nous faire comprendre ce qui s'est passé. Parce qu'il ne faut rien attendre.
Ce qui est classique, qui pourrait vous répondre à votre question, Anne, c'est qu'il ne dira rien. En général, ils sont emmurés.
Il faudra un électrochoc tel la...
Alors les électrochocs, même au procès, souvent on est très déçus. Je parle souvent de contrôle maître, mais on est souvent déçus. Mais parce qu'en réalité, ils sont emmurés dans ce qui s'est passé, dans le silence, dans ces moments qu'ils gardent pour eux. Le Landais a toujours gardé tout ça pour lui. Et la plupart des... Donc il ne faut pas attendre que ce soit lui, tout d'un coup, qui vienne raconter ce qui s'est passé. En revanche, le travail des enquêteurs en ce moment est de reconstituer ce qui a pu se passer avant, ce qui a pu se passer pendant, avec la voiture, savoir... Ils vont interroger ses proches, etc. Et puis ils vont faire parler son téléphone, ses ordinateurs.
Il y a mille et une choses...
Le GPS de sa voiture, on dit que dans la 3008 en tracite, il y a un GPS, on va forcément...
On va essayer de comprendre où il est allé avant, est-ce qu'il est allé repérer, puis ce qui s'est passé. Et ça, on finira par le savoir, Anne.
Bruno Pommard, il y a une sérialité des faits, le mot revient assez souvent inquiétante, les dégâts qu'a fait un seul homme. On a des témoignages depuis 2017, peut-être qu'il y en a même, Thilu, avant, on ne sait pas. Il va falloir aussi faire l'entourage complet de la petite Liana, c'est-à-dire qu'on va interroger les amis de sa fille, son terrain de chasse, comme on disait, ses autres enfants qui ont gravité autour de cet homme.
– Oui, oui, évidemment, il y a un travail d'environnement qui sera fait, mais ce qui est affolant, c'est 8 ans, ce prédateur a sévi pendant 8 ans.
– Avec une gradation.
– Une gradation, évidemment, et on voit la co-responsabilité de tous les partenaires, je ne sais pas comment on les appelle, de l'État, de l'école, en passant par la gendarmerie et en passant par la justice. On peut espérer que la justice ne va pas craindre grand-chose, évidemment, comme toujours, parce qu'ils ne sont jamais sanctionnés. on pense que ceux qui vont le plus morfler, ça va être sûrement les gendarmes et sûrement l'éducation nationale, puisque ça démarre au niveau de l'éducation nationale, de l'école, tout ça. Bon, et on arrive à la fin avec une justice qui est, comme d'habitude, M. Ruffer dit, la justice est merveilleuse, elle est fantastique.
– C'est vrai qu'on vous dit que ça démarre au niveau de l'éducation nationale, dans son cas, il avait été agent d'entretien dans un lycée et avait eu une relation avec une mineure de 17 ans, visiblement. – Bien sûr, il y a des gens qui ont pu être à l'écoute.
– Alors ça, la mineure de 17 ans, c'est en 2017. C'est la maman qui vient dire, écoutez, ce monsieur de 32 ans, il a des relations avec ma fille de 17 ans, moi, je ne trouve pas ça bien. Alors, elle a entendu, elle dit que c'est consentu. En revanche, il y a le proviseur du lycée de Lactour, où il est agent d'entretien, qui en 2021 dit, écoutez, il a des relations inappropriées avec les élèves, on ne sait pas exactement lesquelles, mais qui a décidé de le mettre à la porte.
– C'est ça, il a été renvoyé à part ça.
– C'est même pas courant. – Malheureusement, le proviseur n'a pas fait un article 40. C'est cet article obligé à signaler à une autorité ou au procureur. – C'est là où ça fait peur. – Donc en fait, ce n'est pas venu s'inscrire dans le fichier. – Ce qui est inquiétant, c'est pour les Français. Parce que les Français, pour eux, c'est toute la chaîne qui a failli. Des adultes, je parle, éducation nationale, gendarmerie, ils font un travail formidable souvent, affaires qui n'auraient pas dû tomber dans une BT, plutôt dans une brigade de recherche, mais bon.
– Alors, une BT, brigade territoriale.
– Oui, une brigade de recherche qui est beaucoup plus compétente pour ce type de choses, qui, à mon avis, dans l'enquête, déterminera pourquoi ce ne sont pas eux. Et ensuite, maintenant, la justice. Voilà, parce que, tranquille. Et quand disait M. Roffer que la justice est sanctionnée, l'inspection générale de la justice, je n'ai jamais vu un rapport de quoi que ce soit. J'en ai vu sur l'IGPN et sur l'IGGN, évidemment, des policiers sanctionnés à tour de bras. Je n'ai jamais vu beaucoup de magistrats sanctionnés ou déplacés, comme on l'a vu avec Outreau et le juge de Birgau. Bon, on l'a juste déplacé, tout va bien. Effectivement, il n'y avait pas beaucoup de dégâts.
Vous voyez un petit peu où on en est au niveau de la justice. Donc, il y a un véritable travail à faire. Et Gérald Darmanin a raison d'être très en colère sur ce qui se passe, parce que c'est, je veux dire, inadmissible. Et le ressenti que j'ai, parce que j'étais maire d'une petite commune pas loin, donc j'ai beaucoup d'amis, ils annoncent après tout le monde, et la justice en particulier.
Et il faut un travail de réforme totale.
Ah ben oui, bien sûr, bien sûr. C'est ce que dit aussi Gérald Darmanin qui reçoit demain les procureurs généraux. Et il y a des moyens, 10 milliards, un peu plus de 10 milliards de moyens. Alors, on met plus de pognon, mais il y a toujours de... Bon, je veux bien entendre tout ce qu'on veut, mais encore une fois, il y a une réforme totale à faire.
Merci, merci à tous les cinq de m'avoir accompagné pour revivre ce moment hommage consacré à l'IANA, mais aussi pour avoir des pistes de réflexion sur ce qu'il faudrait faire. Merci encore.