Déclaration d'Emmanuel Macron après une matinée auprès d'auxiliaires de vie à domicile à Toulon.
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- 2:00E. MacronChiffre
« Nous avons aujourd'hui dans notre pays 800 000 personnes dont l'âge justifie une aide à domicile telle qu'identifiée. »
- 2:30E. MacronChiffre
« On a un peu plus de 300 000 personnes en situation de handicap qui ont également besoin d'aide. »
- 3:00E. MacronChiffre
« Nous avons un peu plus de 320 000 professionnels de l'aide à domicile. »
- 10:00E. MacronPromesse
« À partir d'octobre, on a justement la reconnaissance du rôle des aidants avec ce congé aidants qui sera pleinement mis en place. »
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-E. Macron : Voilà, bonjour à toutes et tous. Je veux remercier l'ensemble des associations qui ont été avec nous, ce matin et l'ensemble des élus.
Merci, monsieur le maire pour votre accueil, et remercier également le président du conseil départemental, du conseil régional et l'ensemble de nos parlementaires. Je suis là avec les 2 ministres en cette journée pour marquer plusieurs annonces. La première, c'est et nous l'avons évoqué pour tous les métiers justement de l'aide à domicile.
Je veux rappeler la réalité de notre pays. Et on l'a réévoqué tout à l'heure en étant accueilli par une dame qui justement bénéficie de ces services -et en particulier de ceux du CCAS. Nous avons aujourd'hui dans notre pays 800 000 personnes dont l'âge justifie une aide à domicile telle qu'identifiée.
Il y en a sans doute plus encore dans notre territoire qu'on n'a pas encore repérées, mais on en a un peu plus de 800 000 qui en raison de leur âge ont besoin d'être aidées à domicile, qui touchent l'APA. Cette aide qui est dispensée par les départements et qui a besoin par des associations, par justement des centres communaux d'aide sociale, par différents acteurs d'être aidées. Et on a un peu plus de 300 000 personnes en situation de handicap qui ont également besoin d'aide.
Donc on a un peu plus d'1,1 million de nos concitoyens qui ont besoin de cette aide à domicile. Pour y faire face, nous avons un peu plus de 320 000 professionnels de l'aide à domicile. Alors en plus de tout cela, il y a des bénévoles qui jouent aussi un rôle important et il y a les aidants, c'est-à-dire bien souvent les familles, les proches, qui ajoutent leur aide, leur rôle indispensable.
Et aujourd'hui pour moi l'objectif était pour ce 1,1 million de personnes en situation de grande fragilité, d'abord d'envoyer un message de solidarité de la nation. Nous savons l'importance de ces aides à domicile et nous continuerons de vous accompagner pour que vous puissiez rester à la maison le plus longtemps possible, avoir la vie la plus normale possible, parce que c'est au coeur de notre objectif d'avoir ce qu'on appelle une nation inclusive qui permet à chacune et chacun de vivre épanoui chez soi. Et je veux, à l'adresse justement de tous nos concitoyens qui sont en situation de fragilité, de dépendance, qu'elle soit liée au grand âge ou à un handicap ou à un accident de la vie, redire l'importance dans cette période d'être vigilant.
Nous sommes encore en période de Covid-19 et donc il importe de continuer à respecter les gestes barrières, de porter le masque, de se laver régulièrement les mains au gel hydroalcoolique, de faire attention y compris lorsque les enfants ou les petits-enfants viennent visiter, parce que le virus tourne encore dans notre pays. Mais pour que la vie la plus normale soit possible, il est important que les métiers justement du soin soient pleinement reconnus. Et je veux ici aujourd'hui rendre hommage à ces 320 000 professionnels du soin à domicile que ce soit des aides à domicile, que ce soit des infirmiers, infirmières à domicile, qu'ils soient soignants, accompagnants.
On parle d'une kyrielle de métiers très différents. Ils sont celles et ceux qui permettent de vivre chez soi et qui permettent à ces personnes âgées ou en situation d'handicap justement de résister. Et ils ont dans la période que nous venons de vivre, dans cette période du Covid joué un rôle essentiel.
Je dis "ils" et je devrais dire "elles", car on parle de métiers qui à 97% sont féminins. Et la plupart du temps donc ces femmes ont permis avec beaucoup de courage une organisation méthodique. On l'a encore vu tout à l'heure : des précautions prises, mais d'apporter le repas à domicile, d'apporter les soins y compris pendant la période du Covid.
Ces femmes et ces hommes ont été les oubliés de la prime Covid et c'est pourquoi aujourd'hui, je veux officialiser la décision qui a été prise de reconnaître pleinement le rôle qui a été celui de justement toutes les aides à domicile, de tous ces services d'aide à domicile durant la période du Covid. Le ministre a pu mobiliser avec l'ensemble de ses services le ministre des Solidarités et de la Santé, le Premier ministre lui-même, des financements à hauteur de 80 millions d'euros pour que nous puissions redéployer justement cet argent. Et les départements se sont aussi pleinement mobilisés, ils sont des payeurs importants et mobiliseront 80 millions d'euros de leur côté.
Et je veux au-delà de votre personne, M. le président du département remercier aussi le président Bussereau qui, à la tête des départements de France, a fait un très gros travail avec le chef du gouvernement, le ministre des Solidarités et de la Santé, la ministre déléguée à l'Autonomie sur ce sujet pour trouver justement un accord. Et donc nous aurons avec ces 160 millions d'euros la possibilité d'apporter la prime Covid aux justement personnels de soins, d'aide, d'accompagnement à domicile.
Et donc entre septembre et décembre, parce qu'il y a une instruction qui est à faire au niveau départemental, les dossiers seront instruits pour qu'avant Noël, toutes ces primes Covid soient payées. Mais au-delà de cela, ce que j'ai entendu de vos discours ce matin, ce que vous nous avez dit, ce que les ministres d'ailleurs ont très bien dit par leurs échanges aussi avec les professionnels comme les familles, c'est qu'il y a un besoin de reconnaissance des professionnels du soin à domicile. Et il y a un besoin de reconnaissance du travail fait, du sens qu'il porte.
Pour que nous soyons vraiment une nation inclusive, nous avons besoin de reconnaître pleinement ce risque dépendance, ce fameux 5e risque que vous évoquiez tout à l'heure, monsieur le maire. Ca fait 20 ans qu'on en parle dans notre pays et ce que nous avons décidé aujourd'hui de lancer pleinement au travers cette grande loi Autonomie du Laroque justement lancée par la ministre, c'est un travail qui va permettre d'apporter à toutes les personnes, personnes en situation d'handicap, personnes en situation de dépendance lié à l'âge, les solutions qui leur correspondent. Et pas simplement de leur dire : "Vous devez aller "dans tel établissement. "Parfois, vous arracher à votre domicile, "risquer de tomber aussi dans l'isolement pour d'autres, mais avoir une solution qui corresponde à vos besoins." Et donc ce chantier de l'autonomie, nous allons l'accélérer pour pouvoir d'ici à la fin de l'année le parachever.
Ca suppose un financement. Nous avons commencé à en poser les jalons. Nos parlementaires ont voté des textes importants il y a quelques semaines sur ce sujet pour justement le financer.
Ca suppose une gouvernance nationale. On l'a dit tout à l'heure, un cadre, mais aussi une déclinaison locale pour que les choses soient appliquées ensuite avec souplesse, région par région, département par département, avec des partenariats qui conviennent. Et ça suppose une reconnaissance des métiers, et ce qui est clé, c'est qu'au-delà des 320 000 professionnels qu'il y a aujourd'hui et qui oeuvrent au quotidien, nous puissions mieux reconnaître les métiers, mieux valoriser les carrières, mieux rémunérer, bâtir l'attractivité de ces filières, parce qu'on a aujourd'hui, vous l'avez dit pour le département, mais c'est vrai partout en France, des postes qui ne sont pas pourvus parce que ce sont des métiers difficiles, parce que les rémunérations ne sont pas au rendez-vous, et donc alors même qu'il y a des besoins, on n'arrive pas à recruter.
Donc je souhaite que les associations, les collectivités territoriales, les structures qui aujourd'hui doivent embaucher puissent embaucher parce qu'on aura répondu. Il y a un très gros travail qui a été fait. Un rapport qui a été rendu par la ministre El Khomri il y a plusieurs mois sur justement l'attractivité de ces métiers et de ses carrières.
Et nous devons savoir y répondre. Sens, reconnaissance, financement, gouvernance, attractivité de ces métiers, c'est ce qui sera au coeur de cette grande loi Autonomie que nous allons bâtir tous ensemble, parce que c'est votre expertise qui sera nécessaire et c'est l'expertise et la connaissance des territoires qui sera aussi nécessaire pour y répondre et apporter une solution à chacun. Enfin, au delà des professionnels, de ces 320 000 professionnels auxquels nous allons apporter une réponse concrète avec la prime du Covid, mais aussi une réponse plus pérenne avec cette grande loi Autonomie, je souhaite qu'on reconnaisse aussi le rôle des bénévoles.
Vous l'avez porté, monsieur, avec beaucoup de justesse. L'engagement de toute une partie de la société qui en complément va apporter du temps, de la générosité, et le rôle des familles et des aidants. Et là aussi à partir d'octobre, on a justement la reconnaissance du rôle des aidants avec ce congé aidants qui sera pleinement mis en place.
On doit faire beaucoup plus dans le cadre de ce projet Autonomie : permettre de reconnaître le rôle des aidants, de développer partout des maisons de répit, parce qu'aujourd'hui on a beaucoup de familles qui lorsqu'elles ont un enfant en situation d'handicap, un enfant qui devient adulte qu'il faut continuer d'accompagner, un parent qui devient dépendant en raison de l'âge voient leur vie complètement bouleversé, les carrières parfois arrêtées ou bousculées. Et il faut savoir aussi reconnaître cet engagement de leur part. Tout ce dont on parle, je l'ai dit, ce sont des chiffres, des dispositifs.
C'est de l'humanité, c'est la fraternité qu'il y a au coeur justement de notre République. Et c'est aussi ce qui raccroche à la vie des millions de nos concitoyens. On a encore touché pleinement du doigt tout à l'heure le sourire attendu, les heures de passage sont connues.
La bienveillance, le temps pris, c'est ce qui raccroche à la vie tant et tant de nos concitoyens, ce qui redonne du sens à leur existence. Et donc pour cela je veux aussi remercier toutes celles et ceux qui sont engagés dans ce métier, ces métiers du soin de l'aide à domicile et de l'accompagnement. Nous en avons infiniment besoin.
Voilà. Voilà ce que je voulais vous dire. En remerciant les professionnels qui ont été avec nous aujourd'hui et qui ont tant donné durant cette période du Covid et en remerciant tous nos élus qui sont aussi engagés, parce que c'est le tissu de la nation dont on parle.
C'est ce qui nous tient tous ensemble. Et ce sont des engagements de vie pour certaines et certains, je le sais. Merci beaucoup.
Merci. Bon courage. Et les ministres vont répondre aussi à toutes les questions au-delà de cela et préciser tout ce que j'ai pu dire.
Merci. Merci, mesdames, messieurs. Merci beaucoup.
Emmanuel Macron