Aspartame, une pétition réclame son interdiction : on vous en parle ! - C à Vous
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
un peu pour le cancer de la prostate. Tous les cancers liés à l'obésité, il y aurait un risque accru pour des personnes qui consomment de l'aspartame quotidiennement. Il vaudrait mieux interdire ce produit lié à un risque possible de cancer plutôt que de continuer à reporter ça sur le consommateur. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Pr B.Hansel.
Il y a des gens qui consomment de l'aspartame en se disant qu'ils font un geste santé. Là, on leur dit que c'est peut-être dangereux pour leur santé. Qu'est-ce qu'il faut leur dire? - Pr B.Hansel: Cette communication a un intérêt et un risque.
L'intérêt, c'est de rappeler qu'il y a beaucoup de produits, de substances qui sont utilisés, notamment dans l'industrie agroalimentaire et pour lesquels on manque de données pour dire si c'est bon ou pas. - A.-E.Lemoine: Là, on n'est pas sûrs que ce n'est pas bon. - Pr B.Hansel: L'aspartame a été classé dans la catégorie cancérigène possible.
Il faut faire attention à ce que ça veut dire. Ca ne veut pas dire qu'on est presque sûrs, mais pas tout à fait, que c'est dangereux. Ca veut dire qu'en l'état actuel des connaissances...
Il y en a, des connaissances. On ne peut pas être sûrs que ce soit totalement anodin. Il faut poursuivre les études. - A.-E.Lemoine: Une personne qui pèse 68 kg, il faudrait qu'elle consomme 12 canettes de soda light par jour pour être au-delà du seuil recommandé.
Il faudrait peut-être revoir ces seuils. - Pr B.Hansel: L'intérêt de cette communication, c'est de rappeler que l'aspartame, comme les autres édulcorants...
Je les mets tous au même niveau. Ce ne sont pas des produits de santé. On ne prend pas de l'aspartame, de la stevia ou de l'érythritol pour maigrir ou pour se protéger de la maladie.
On prend ces produits quand on doit vraiment manger sucré et qu'on veut substituer le sucre. C'est probablement moins dangereux. Le message, ce n'est pas de faire peur.
Je suis contre les messages alarmistes. Un jour, c'est le thon, un autre, l'aspartame, l'érythritol, le glyphosate, la viande, les nitrites...
Ce qui nous manque aujourd'hui, c'est de rassurer les consommateurs avec une information fiable, nuancée. On manque beaucoup de nuance. Ce que dit le CIRC, ce n'est pas que c'est probablement cancérogène.
Il dit qu'il faut continuer les études et limiter la consommation. Les études françaises disent qu'il faut limiter la consommation d'aliments ultratransformés. 30 % de nos apports caloriques sont sous forme d'aliments ultratransformés.
Les produits à base d'aspartame en font partie. Plutôt que de faire peur tous les jours avec une nouvelle information...
On ne sait plus qui nous parle. Un jour, c'est une association, l'autre, un expert, l'autre, un scientifique...
Il faut revenir à un message bienveillant et positif pour enlever cette charge mentale nutritionnelle. Aujourd'hui, on a une pollution nutritionnelle. On a sans arrêt des informations.
On ne sait plus quoi faire. Ce matin, le chauffeur de taxi que j'ai pris pour aller chez vos confrères a entendu l'information. Il me dit: "J'ai la trouille.
J'arrête le Coca sucré." Excusez-moi pour la publicité. "Le Coca Zéro et je vais reprendre le coca sucré".
Il m'a dit: "Il y a 2 mois, j'ai entendu dire que le thon était dangereux à cause du mercure. Il n'y en a plus chez moi." Résultat des courses: il n'y en a plus chez moi.
Il faut retravailler la communication. Je pense qu'on a du boulot pour lever cette charge mentale nutritionnelle, apprendre aux gens à manger l'esprit léger, mais pas n'importe quoi. - E.Tran Nguyen: Vous conseillez le faux sucre à un soda ou un gâteau avec du vrai sucre? - Pr B.Hansel: Oui.
Mais l'idée, c'est de se réhabituer à boire de l'eau. Il y a 2 ans, je buvais encore 1,5 l de soda zéro par jour. Je me suis dit qu'il y avait un problème.
J'ai décidé d'arrêter et j'ai eu, moi-même, médecin, cette réaction, quand je me suis trouvé face à des jus. C'est la même chose, jus sucrés ou sodas. Je me suis dit que c'était peut-être moins dangereux de prendre...
Moi-même, j'ai cette 1re réaction. Il faut mettre de la raison là-dessus. Les boissons sucrées en consommation excessive, c'est dangereux. - E.Tran Nguyen: Certaines personnes se retrouvent dépendantes au sucre.
Ce n'est pas officiellement dit que le sucre est une dépendance, mais A.Roy est venue nous raconter sa dépendance au sucre. Ca l'a conduite à l'obésité. - A.Roy: C'était une prison.
J'ai toqué à plein de portes. J'ai essayé le rééquilibrage alimentaire, l'alimentation intuitive, toutes sortes de trucs. Ce qui m'a sauvé la peau, c'était de me dire que ma consommation de produits sucrés était délirante et que j'allais arrêter ça, mais je ne savais pas si ça allait marcher. - E.Tran Nguyen: La dépendance au sucre, c'est un fléau que vous mesurez dans vos services? - Pr B.Hansel: Beaucoup de personnes se disent accros au sucre.
Il y a un débat entre experts pour savoir s'il y a une addiction au sucre ou pas. - E.Tran Nguyen: G.Darmanin fait comme ça. - A.-E.Lemoine: Scientifiquement prouvé.
Pas juste au doigt mouillé, monsieur le ministre. - Pr B.Hansel: Il y a une minorité de personnes qui ont un souci important, un trouble alimentaire avec le sucre.
Mettons ces personnes de côté...
Enfin...
Il faut consulter, pour ces personnes. La majorité d'entre nous a une appétence pour le sucre. Le corps est fait pour ça.
Notre système de récompense est fait pour emmagasiner du sucre. Que peut-on faire? C'est un travail qui n'est pas un travail de restriction, pas un travail d'interdiction.
La charge mentale nutritionnelle, il n'y a rien de pire. - E.Tran Nguyen: On n'interdit pas les bonbons aux enfants? - Pr B.Hansel: Dès que vous interdisez, vous déclenchez des réactions qui peuvent être pires que ce que vous faisiez au départ.
Ca ne veut pas dire qu'il faut manger des bonbons, qu'il faut donner des biscuits au goûter, qu'il faut rajouter du sucre toute la journée dans ce qu'on mange. Ca veut dire qu'on fait un travail. On est des humains, pas des ordinateurs.
On ne peut pas nous programmer en disant: "Tu manges moins de mercure, moins d'aspartame, plus de tels fruits et plus de légumes." Quand vous touchez un caillou, quand vous le déplacez, vous pouvez déclencher une avalanche de réactions. Si on enlève tel ou tel produit, il faut bien se demander par quoi le remplacer.
Il y a plein de méthodes où on s'occupe de soi, où on va un peu se déshabituer du sucre, de certains éléments ultratransformés et on va mieux très vite, psychologiquement et physiquement. - A.-E.Lemoine: Je présente votre livre, préfacé par P.Hermé.
Laurent Lafon