Nicolas Bay : "L’UE est un terrain de jeu sur lequel les autres puissances peuvent faire ce qu’elles veulent"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse directe
Pourquoi avez-vous échoué à constituer le premier groupe du Parlement Européen ?
- 1:50RelanceRéponse partielle
Comment expliquez-vous que les Polonais et les Hongrois ne rejoignent pas votre groupe ?
- 2:40RelanceÉludée
Vous ne regrettez pas l'absence d'union entre vous ?
- 3:50OuverteRéponse partielle
Combien d'alliances locales espérez-vous avec les Républicains ?
- 5:15RelanceRéponse directe
Vos alliés vous reprochent de ne pas être assez libérale économiquement.
- 6:24RelanceRéponse directe
Faut-il faire un pas vers une vision plus libérale de l'économie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Invité politiqueChiffre
« On en a aujourd'hui 73. On en aura 76 au lendemain du Brexit. »
- 7:55Invité politiqueChiffre
« On a 450 000 personnes qui rentrent chaque année sur le territoire français. »
- 8:01Invité politiqueChiffre
« Et c'est d'autant moins possible quand on a 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres. »
- 8:30Invité politiqueFait
« L'immigration économique, en réalité, c'est des gens qui viennent non seulement sans contrat de travail pour 95% d'entre eux, mais sans perspective d'obtenir un contrat de travail en France. »
- 12:42Invité politiqueChiffre
« Nicolas Sarkozy avait fait 29% des voix en 2009, deux ans après son élection. »
- 16:54Invité politiqueFait
« On envoie de l'argent dont une bonne partie reste entre les mains des intermédiaires. Peu de cet argent arrive à destination finale. »
- 20:47Invité politiqueFait
« Le président socialiste du Parlement européen à l'époque, Martin Schulz, a fait une dénonciation mensongère à Christiane Taubira, ministre socialiste de la justice. »
Temps de parole
- Nicolas Bay72 %
- Invité13 %
- Présentateur11 %
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Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 un eurodéputé du Rassemblement National. Vos questions amis auditeurs, questions réactions 01-45-24-7000, réseaux sociaux et applications mobiles de France Inter. Bonjour Nicolas B. Bonjour. Vous revenez de Bruxelles, du Parlement Européen, où l'international nationaliste que vous appelez de vos vœux pendant les Européennes n'a pas pu être constitué. Vous espériez pouvoir constituer le premier groupe du Parlement Européen. Pour finir, vous n'êtes membre que du cinquième en volume. Alors expliquez-nous ce qui s'est passé. Pourquoi avez-vous échoué ?
Non, d'abord, on n'a pas échoué. On avait indiqué qu'on serait un des principaux groupes du Parlement Européen et ce sera le cas. Ce sera le cas au lendemain du Brexit. Nous serons le quatrième plus gros groupe du Parlement Européen. Nous avions un groupe avant qui était de 36 députés. On en a aujourd'hui 73. On en aura 76 au lendemain du Brexit. Nous avons donc une force politique très importante dans l'hémicycle. Et puis l'élément nouveau, c'est que le bloc majoritaire PPE et socialiste, qui autrefois avait une majorité absolue en siège, n'a plus cette majorité en siège.
Et donc ça va placer des groupes de taille intermédiaire comme le nôtre dans une position souvent arbitrale sur un certain nombre de sujets. Donc on aura d'autant plus de poids, d'influence dans l'hémicycle, dans cette mandature. Et puis nous construisons cette Europe des nations. Alors c'est vrai, vous avez raison, il y a les Polonais, les Hongrois qui ne sont pas dans notre groupe. Mais ça ne nous empêchera pas de voter ensemble. Parce que la réalité au Parlement Européen, elle est un peu différente de ce qui se passe à l'Assemblée Nationale. Vous avez un certain nombre de votes qui parfois divisent à l'intérieur des groupes.
Et puis des convergences qui existent avec des députés et des partis qui sont dans d'autres groupes. Donc ça ne nous empêchera pas de peser lourdement. Quand on fait la totalité de ceux qui défendent une vision de la souveraineté nationale, l'attachement à la souveraineté, la diminution des pouvoirs de la Commission Européenne, et bien c'est près de 200 députés dans l'hémicycle de Strasbourg.
Mais comment vous expliquez que malgré tous vos appels du pied, en direction des Polonais, en direction de Viktor Orban et des Hongrois, vous n'arriviez pas à les convaincre de venir rejoindre votre groupe ? Pourquoi ? Comment vous expliquez que d'une certaine manière, pour ces gens-là, vous n'êtes toujours pas fréquentable ?
Non, ce n'est pas du tout la raison. La vraie raison, elle est d'une autre nature. Ça tient à des traditions politiques, à des situations politiques et géopolitiques, à des spécificités nationales. Il y en a qui voudraient faire croire que l'Union Européenne, c'est un super État. D'autres voudraient réduire ça à un supermarché. Nous, nous savons que ce sont des réalités nationales. Et ces réalités nationales font que, voilà, tel parti se trouve historiquement dans une autre famille politique. Encore une fois, on se retrouvera sur les votes. Quand il faudra combattre les quotas obligatoires de migrants, on se retrouvera avec les Hongrois du Fides.
Quand il faudra protéger les frontières extérieures et rétablir quand c'est nécessaire des frontières nationales, on votera aussi avec les problèmes. Donc, c'est pas parce qu'on n'est pas...
Mais vous ne regrettez pas ça, vous ne regrettez pas qu'il y ait... Vous espériez construire ça, Marine Le Pen l'avait dit pendant la campagne. Elle espérait une grande internationale nationaliste. Et finalement, on voit un groupe qui arrive quatrième ou cinquième, avant, après Brexit, et pas d'union entre vous.
On va continuer ce travail. Vous savez, l'union est un combat. Et cet élargissement de notre groupe, notre force politique, ça se poursuivra dans les mois et dans les années qui viennent. C'est aussi... Il faut... C'est pas forcément au début de la mandature que se constituent de manière définitive les groupes politiques. Voilà, moi, je suis convaincu qu'il y a des... Il y a une telle hétéroclicité, par exemple, du PPE, qu'aujourd'hui, vous avez d'un côté Orban, qui défend une position exactement opposée à d'autres partis qui siègent dans ce groupe. Donc, ils ne pourront pas durablement travailler ensemble. Nous, on construit cette Europe des Nations. On a des partis au pouvoir.
On a un poids numérique et politique qui est beaucoup plus important que par le passé. Mais c'est... Nous allons poursuivre, amplifier cette dynamique pour une Europe des Nations. Ça se fera tout au long de la mandature.
Alors, autre question d'alliance, Nicolas B. Cette fois-ci, en France, vous tendez la main aux Républicains. Pour les municipales, pour l'instant, la réponse qu'ils vous font, c'est non, non et non. Alors, partons de la base. Combien d'alliances espérez-vous conclure, du coup, au niveau local ?
Ce serait un peu compliqué de faire un pronostic chiffré aujourd'hui, alors qu'on est encore à 9 mois des Nations municipales. Une précision d'abord. On n'a pas tendu la main aux partis Les Républicains. On tend la main aux cadres, aux élus, aux électeurs, bien sûr, qui aujourd'hui voit que les Républicains ne sont plus en capacité de peser sur la scène politique. Le grand enseignement des élections européennes, outre la victoire du Rassemblement National, outre le fait que Emmanuel Macron a échoué dans son objectif de nous empêcher d'arriver en tête, c'est l'effacement progressif des Républicains. On a assisté en 2017 au quasi-effacement du Parti Socialiste.
Les Républicains, aujourd'hui, sont à leur tour très affaiblis. Ça correspond à une donnée historique, c'est-à-dire que ceux qui ont dominé la vie politique française, qui ont échoué, qui ont trahi les Français quand ils étaient aux affaires, eh bien, aujourd'hui, sont mis de côté par nos compatriotes avec un nouveau clivage qui émerge, les mondialistes, le bloc mondialiste, représenté par Emmanuel Macron, qui a agrégé, c'est vrai, des anciens du Parti Socialiste ou des Républicains, et nous qui constituons, aujourd'hui, la seule vraie force d'opposition susceptible d'être une alternative politique.
Nous tendons la main à ces électeurs des Républicains parce qu'ils sont nombreux à être d'accord avec nous sur l'essentiel. Et c'est particulièrement facile, je pense, de mettre en œuvre des convergences à l'échelle municipale.
Pas vraiment sur l'essentiel économiquement. La députée Emmanuelle Ménard, qui est une de vos alliées, qui était à ce micro il y a quelques semaines, disait que Marine Le Pen doit faire davantage un pas vers la droite, si vous voulez prendre les électeurs. Elle disait qu'elle doit être plus clairement libérale, par exemple, puisque Marine Le Pen tient toujours. Et en cela, vous avez des divergences, même vous, par rapport à elle.
Non, non, je crois qu'il peut y avoir des sensibilités différentes. Mais je crois qu'il faut s'entendre sur les mots. Quand on parle de libéralisme, ça veut tout et rien dire. Moi, je suis attaché à la liberté, et Marine Le Pen aussi, à la liberté du marché, c'est-à-dire à la possibilité de mener une activité, une initiative économique, et de ne pas être bridé en permanence par des charges, des contraintes, des normes, des impôts, comme c'est le cas en France. Mais nous sommes contre l'ultralibéralisme, c'est-à-dire la dérégulation totale, la suppression...
Citez-moi un homme politique qui est pour l'ultralibéralisme.
Emmanuel Macron, il est pour les accords de libre-échange. Et au Parlement européen, on en parlait à l'instant, les Républicains, ils votent tous les accords de libre-échange. C'est-à-dire l'abaissement total des tarifs douaniers qui aboutit à faire fabriquer à l'autre bout du monde des produits qui arrivent en France et en Europe de manière générale, ce qui a tué hier notre industrie, ce qui tuera demain notre agriculture.
Mais l'idée qu'il faille faire un pas, comme le dit Emmanuel Ménard, vers ces sujets-là, vers cette façon-là de considérer l'économie, pour vous, c'est non ?
Non, il ne s'agit pas de ça. Il s'agit simplement d'être clair sur le projet que nous portons pour la France. On veut la liberté d'entreprendre, bien sûr, l'abaissement de la fiscalité, aussi bien d'ailleurs sur les ménages pour améliorer le pouvoir d'achat que sur les entreprises pour donner de l'oxygène à notre économie, et surtout sur les TPE, PME, qui aujourd'hui payent beaucoup plus d'impôts que les grands groupes du CAC 40. Mais nous sommes évidemment hostiles à l'idée qu'il faut tout déréguler et que le marché lui-même s'autorégulerait ensuite.
Tout ça, ce sont des inepties, ce sont des utopies qui ont montré à quel point elles étaient dangereuses et qui ont terriblement fragilisé notre économie. Les grands ensembles aujourd'hui, les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, sont capables de protéger leur économie. Le drame aujourd'hui de l'Union Européenne, c'est qu'en réalité, elle est un espace totalement ouvert, à une sorte de terrain de jeu sur lequel les autres puissances peuvent faire ce qu'elles veulent.
Christophe Castaner veut un grand débat sur l'immigration à la rentrée au Parlement. Il n'exclut pas de débattre des quotas, c'est une bonne nouvelle ?
Oui, mais c'est très insuffisant. En réalité, beaucoup de Français sont pour des quotas quand on leur en parle parce qu'ils perçoivent cela comme une baisse de l'immigration. Or, ce que les Français attendent massivement, pas seulement les électeurs du Rassemblement National, c'est une baisse très importante de l'immigration qui aujourd'hui atteint... On a dépassé le seuil de saturation depuis longtemps et aujourd'hui, entre l'immigration légale, l'immigration clandestine, les demandeurs d'asile dont beaucoup ne sont pas éligibles au droit d'asile... Vous mélangez tout ? Non, ce n'est pas ça. C'est qu'on a 450 000 personnes qui rentrent chaque année sur le territoire français.
Et ça, ça n'est pas possible. Et c'est d'autant moins possible quand on a 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres. Et donc, il faut évidemment baisser drastiquement l'immigration. Moi, je ne voudrais pas que les quotas, ça aboutisse en pratique, à maintenir 255 000 entrées légales titre de séjour. Alors, c'est quoi vos quotas ? C'est quoi vos quotas, Nicolas B ? Il faut baisser drastiquement, c'est-à-dire arrêter l'immigration familiale qui est l'essentiel aujourd'hui de l'immigration.
On sait très bien que l'immigration économique, en réalité, c'est des gens qui viennent non seulement sans contrat de travail pour 95% d'entre eux, mais sans perspective d'obtenir un contrat de travail en France... Ça veut dire l'immigration zéro, ça veut dire l'immigration zéro. Exactement.
L'immigration zéro, ça veut dire qu'on n'accueille plus d'étudiants étrangers en France.
Non, mais les étudiants, si on a un certain nombre de garanties sur le fait qu'une fois qu'ils auront fait leurs étudiants en France, ils repartiront faire profiter de leur savoir à leur pays d'origine, moi, ça ne me pose aucun problème. Et je dirais même que ça participe au rayonnement de la France sur la scène mondiale. Mais en revanche, le problème aujourd'hui, c'est que vous avez des gens qui entrent. Même illégalement, ils sont régularisés tôt ou tard. Quand ils rentrent légalement, ils sont presque automatiquement naturalisés quelques années après. Moi, je crois qu'il ne faut pas seulement arrêter l'immigration, il faut aller au-delà.
Il faut inverser la tendance, c'est-à-dire expulser ceux qui sont entrés ou se sont maintenus illégalement sur le territoire national et même ne pas renouveler automatiquement les titres de séjour. En clair, celui qui est venu en France, qui a bénéficié de la générosité de la France, qui a eu un titre de séjour, on peut parfaitement lui demander, au bout de 5 ans, au bout de 10 ans, de retourner dans son pays.
Matteo Salvini, votre allié, dit qu'il en a assez d'être seul à assumer le poids des migrants, que la France et tous les pays voisins doivent prendre leur part. Notre part, c'est combien ?
On accueille combien de personnes ? Vous répondez quoi, Matteo Salvini ? D'abord, il protège ses frontières et il a baissé drastiquement le nombre d'arrivées sur les côtes italiennes. Et ensuite, il prend au mot Angela Merkel et Emmanuel Macron, qui en Europe sont les seuls à défendre encore l'idée qu'il faut accueillir cette immigration de masse, en disant, puisque vous voulez l'immigration, prenez votre part. Mais il n'est pas, évidemment, je crois que ça ne vous a pas échappé, il n'est pas favorable globalement à l'immigration, qui vient principalement d'un type sérien. Mais j'entends bien, mais vous lui dites, on prend combien ?
Notre part, c'est quoi, la part de la France ?
Mais la France n'a pas à prendre une part de l'immigration.
Ah, donc vous lui dites non, on ne prend pas de part.
Non, mais ce n'est pas ce que dit Matteo Salvini. Matteo Salvini, il prend au mot Emmanuel Macron. Il lui dit simplement, puisque vous voulez de l'immigration, puisque vous voulez que les demandes d'asile se fassent en Europe, puisque vous voulez accueillir l'Aquarius, eh bien, assumez votre position, au lieu de tout faire supporter à l'Italie, et de manière générale au pays du Sud.
On l'entendait dans le journal de 8h, il y a un bateau humanitaire en ce moment, le Sea-Watch, qui est bloqué depuis 13 jours, avec 42 migrants secourus à bord. Il peut rester là jusqu'à Noël, a dit Matteo Salvini, qui refuse donc de le voir accosté. Vous partagez, j'imagine, sa position ?
Est-ce qu'il faut absolument continuer à engraisser les machets et les passeurs ? Est-ce qu'il faut accepter cette immigration clandestine, dont on voit bien qu'elle est sciemment organisée, y compris avec des ONG complices, qui récupèrent les bateaux de migrants dès qu'ils ont quitté les eaux territoriales libyennes, pour ensuite sécuriser leurs traversées jusqu'en Europe ? Et avec Frontex, qui malheureusement est l'agence européenne chargée des frontières extérieures, qui en pratique contribue à ce dispositif de sécurisation des traversées, et ensuite tout le monde arrive sur les côtes européennes, et grâce à Schengen, peut circuler librement sur le continent européen.
Donc qu'ils restent en haute mer ? Non, ce n'est pas ça, il faut les ramener vers leur port de départ. Donc ils retournent en Libye ? Oui, en Libye, si on n'applique le droit de la mer, c'est les ports les plus proches, c'est Sfax ou Tunis, qui sont des pays où ils peuvent parfaitement débarquer. Il faut négocier avec ces pays-là, faire en sorte que les demandes d'asile, qui sont une petite proportion, et ceux qui sont éligibles aux droits d'asile, c'est une proportion très marginale de cette immigration, et bien que les demandes se fassent sur le continent africain.
Si on applique le droit de la mer, on les accueille, nous ? Non, pas du tout. S'ils s'approchent des côtes.
Le port le plus proche, quand ils quittent les autres territoriales lydiennes, c'est les ports tunisiens, ce n'est pas les ports italiens.
Et s'ils sont proches des ports italiens, on doit les accueillir, c'est ça le droit de la mer.
On sécurise leurs traversées, on les ramène dans leur pays d'origine.
Puisque vous parlez d'Emmanuel Macron, deux sondages publiés hier donnent sa cote de popularité nettement hausse au mois de juin, plus 5 points, plus 6 points, et retrouvent son niveau de popularité de l'été 2018, c'est-à-dire avant les gilets jaunes. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Que les Français lui donnent une seconde chance ?
Non, je ne crois pas. Je crois surtout que c'est un phénomène de yo-yo. Un coup il baisse, un coup il monte. On voit qu'il est quand même à un niveau très bas pour un président de la République. Et on voit d'ailleurs qu'aux élections européennes, son parti qui pourtant fédérait à la fois la République en marche, la République en marche, le modem, l'AGI, etc. Tout ça, ça fait seulement 23% en tout.
Il n'est qu'à 200 000 voix du Rassemblement national.
J'entends, mais il est président de la République.
Vous avez fait 23, il a fait 22, ce n'est pas non plus...
Oui, il est président de la République, il avait fait 65% au deuxième tour de la présidentielle il y a deux ans.
Oui, mais toutes les élections européennes sanctionnent systématiquement, vous le savez, le président du pouvoir.
Ça n'est pas exact. Nicolas Sarkozy avait fait 29% des voix en 2009, deux ans après son élection. Donc ce n'est pas systématique. Mais aujourd'hui, Emmanuel Macron, je pense, a assez vrai encore un socle électoral qui n'est pas négligeable, mais il a la défiance des deux tiers ou des trois quarts des Français sur l'ensemble de la politique qu'il mène. Et on voit aujourd'hui qu'il est totalement indifférent et sourd à la colère très profonde qui s'exprime. On l'a vu avec Édouard Philippe qui dit, de toute façon, les résultats des Européens ne changent rien. Les Français envoient un message très fort, placent le Rassemblement national en tête, et le gouvernement n'en tient aucun compte.
Il accélère au contraire les politiques qu'il mène et qui font souffrir les Français.
Encore une question avant de rejoindre les auditeurs de France Inter au standard. Question sur cette autre réforme qui sera présentée à l'automne, celle ouvrant la PMA à toutes les femmes. Est-ce que le Rassemblement national s'y opposera en bloc ? Ou chacun sera-t-il libre de son choix et selon sa conscience ?
Nous avons une position claire du Rassemblement national sur cette question. Et nous sommes évidemment opposés à ce qui est une véritable dérive. On présente la PMA pour toutes comme, en réalité, un progrès. Mais pour moi, c'est une régression absolument majeure, absolument considérable. C'est-à-dire qu'on va créer de toutes pièces des situations où les enfants sont privés de leur père, privés de leur père à leur côté, et même privés de la possibilité de connaître un jour l'identité de leur père. Que les épreuves ou les accidents de la vie conduisent à ce qu'un enfant soit privé de son père, ou parfois de sa mère, ou même parfois dramatiquement des deux, c'est une chose.
Mais qu'on crée cette situation de toutes pièces, ça me semble absolument dramatique et très inquiétant. C'est une dérive par rapport à ce qui constitue nos valeurs de civilisation.
Vous allez descendre dans la rue ? Vous allez descendre dans la manif pour tous ?
Comme toujours, on mènera le combat politique. On le mènera dans les médias, on le mènera dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. On le mènera aussi, si c'est nécessaire, sur le terrain et dans la rue. Nous sommes opposés à ce qui revient finalement à instaurer en France une sorte de droit à l'enfant. Or, ce qui ne nous préoccupe, nous, au Rassemblement national, c'est avant tout de défendre les droits de l'enfant.
Allez, on file au standard. Bonjour, Pierre. Oui, bonjour. Bienvenue à l'antenne d'Inter. On vous écoute.
Oui, merci. Voilà, je voulais poser la question à M. B. par rapport à ce qu'il vient d'évoquer sur l'immigration. Dans 20 ans, les pays de l'Inde et d'Afrique subsaharienne seront en train de mourir par manque d'eau. Ces conséquences se sont dues essentiellement à notre vie à nous, les Européens. Qu'est-ce qu'il fera de toutes ces centaines de millions de personnes ? Est-ce qu'il les fera mourir à la frontière ?
Merci, Pierre, pour cette question. Esteban, sur l'application France Inter, vous demande, sur le même thème, comment comptez-vous résoudre le problème, entre guillemets, des réfugiés climatiques qui arrivent par milliers à nos frontières ? Arriveront par centaines de milliers dans quelques années. Sont-ils des réfugiés comme les autres ? Réponse à Esteban et à Pierre. Nicolas B.
Oui, je vous réponds. Je ne crois pas du tout qu'il faille culpabiliser les Européens. Ce n'est pas à cause des Européens ou des modes de vie des Européens qu'on a aujourd'hui une situation très critique dans certains pays d'Afrique. En revanche, moi, ce qui m'inquiète beaucoup, c'est que la France et, d'une manière générale, les pays européens ces dernières décennies ont totalement perdu pied en Afrique, alors que nous avions des liens très forts avec les pays africains.
On doit, là-bas, moi j'ai beaucoup travaillé sur ces sujets au Parlement européen, notamment dans le cadre de l'Assemblée parlementaire paritaire avec les pays de la zone Afrique-Aribe-Pacifique, nous devons développer les infrastructures en Afrique et ne pas laisser, par exemple, les Chinois prendre les parts de marché aujourd'hui sans avoir une vision de développement complet de l'économie africaine. Là, la question, c'est sur les réfugiés climatiques, c'est quelque chose de très particulier. Non, mais pour éviter qu'il y ait des réfugiés climatiques, il faut créer des conditions du développement économique en Afrique.
Pour avoir les conditions du développement économique en Afrique, il faut développer les infrastructures. Les routes, l'électricité, les télécommunications, et nous pouvons avoir un rôle moteur. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ? On envoie de l'argent dont une bonne partie reste entre les mains des intermédiaires. Peu de cet argent arrive à destination finale. Et surtout, on ne conditionne pas les aides économiques vers les pays africains, on ne conditionne pas la maîtrise réelle des flux migratoires. Donc, il faut avoir un vrai partenariat avec les pays africains, ne pas avoir de complexe.
Aujourd'hui, on s'est laissé déposséder par les Etats-Unis d'abord et par l'Asie ensuite, de toutes nos positions sur le continent africain, alors qu'on doit être aux côtés des pays africains pour permettre de créer les conditions de leur développement économique.
Allez, direction Angoulême, c'est Jacques qui nous attend au Standard. Bonjour et bienvenue.
Oui, bonjour. Voilà, vous utilisez beaucoup le mot national. Et que pensez-vous de cette phrase de Romain Roland, le nationalisme c'est la guerre ?
Merci Jacques pour cette question. Nicolas Bé vous répond.
Moi, je vous réponds que la nation c'est la paix. Et que la volonté de construire des empires, c'est ce qui aboutit souvent à la guerre. Et on l'a vu, y compris dans l'histoire récente de l'Europe. Donc la nation, c'est le meilleur moyen d'assurer la prospérité économique, de défendre les libertés fondamentales, d'assurer la sécurité et que les nations se respectent entre elles. Et quand on veut essayer, quand une nation veut imposer sa vision à une autre nation, c'est là qu'on déclenche des guerres.
Et aujourd'hui, l'Union Européenne, au lieu d'être un concert de nations, des nations qui respectent la souveraineté des autres et qui agissent en coopération, et bien on est en train de construire un super Etat qui crée des tensions de plus en plus fortes en Europe. Et d'une manière générale, aujourd'hui, on le voit bien, c'est Emmanuel Macron qui défend l'idée d'être en situation de conflit avec tous les pays du monde. En conflit avec Trump et les Etats-Unis, en conflit avec Poutine et la Russie, en conflit en Europe avec la Hongrie ou avec l'Italie, parce qu'ils ont des visions politiques différentes de la sienne.
Nous, nous voulons que la France garde cette voie singulière, non alignée, capable de parler avec tout le monde, capable de défendre nos intérêts, qui sont, c'est vrai, souvent différents, en situation de concurrence, de compétition avec les autres grandes puissances, mais ça, c'est normal. Mais ça ne doit pas aboutir à des situations de conflit. Or, aujourd'hui, ceux qui parlent de la paix en permanence, c'est ceux qui organisent méthodiquement des tensions de plus en plus fortes entre les nations.
Nicolas, deux questions. D'abord, je ne sais pas si vous avez entendu l'invité précédent, Frédéric Mion, le directeur de Sciences Po Paris. Il a annoncé une grande réforme de la manière des conditions d'entrée à Sciences Po. C'est fini les épreuves écrites et il vise 30% de boursiers à terme à Sciences Po. Est-ce que ça va dans le bon sens ?
D'une manière générale, que les grandes écoles soient ouvertes au plus grand nombre et notamment à ceux qui viennent de milieux plus modestes, je trouve que c'est une excellente chose. Mais il ne faut pas que ça aboutisse à une baisse du niveau, parce qu'à ce moment-là, c'est notre pays qui y perdra. Donc, c'est évidemment toujours une ligne de crête compliquée. Il faut éviter l'élitisme et l'entre-soi qui caractérisent, c'est vrai souvent, un certain nombre de grandes écoles dans notre pays. Mais il faut évidemment que ça ne se fasse pas au détaillement du niveau, de la qualité de l'enseignement et du niveau de sortie des élèves.
Supprimer l'ENA, c'est une bonne nouvelle ?
Je ne suis pas sûr que ce soit une vraie solution. En réalité, l'ENA avait été créée dans le but de supprimer le corporatisme qui caractérisait autrefois les grands corps. Si on supprime demain l'ENA, on ne va pas forcément faire disparaître ces phénomènes de corporatisme. Je pense que ce qu'il faut, c'est mettre en place les conditions pour qu'on n'ait pas des hauts fonctionnaires qui acaparent de plus en plus de pouvoirs et qu'on perd des éléments des politiques.
Allez, on repart au standard. Bonjour Thomas. Bonjour. Bienvenue, on vous écoute.
Merci. Bonjour à tous. Ma question à Nicolas Baie, c'est le Front National a traversé le scandale des emplois fictifs concernant les assistants parlementaires des anciens députés européens. Est-ce que vous ne craignez pas qu'il y aura un copier-coller avec les nouveaux ?
Merci Thomas pour cette question. Nicolas Baie vous répond.
Non mais d'abord, je ne crains rien du tout. On a respecté les règles dans le passé et on les respectera dans le futur. Et il nous a été fait un très mauvais procès. Le président socialiste du Parlement européen à l'époque, Martin Schulz, a fait une dénonciation mensongère à Christiane Taubira, ministre socialiste de la justice, qui a enclenché une procédure contre nous.
Nous nous battrons à toutes les étapes de la procédure, y compris s'il y a un procès ensuite, pour montrer que nous n'avons enfreint aucune règle, que nos assistants parlementaires ont travaillé au service des députés, et que le travail d'un député ne se cantonne pas à ce qui se passe dans l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg ou à Bruxelles.
Et pourtant, Nicolas Bey, quand on lit les révélations du Monde d'il y a quelques jours, qui a révélé des échanges de SMS entre certains assistants parlementaires, de vos assistants parlementaires, et des membres de la direction du Rassemblement national, on peut s'interroger, je vous en cite quelques-uns, ce SMS envoyé par l'assistant parlementaire de Florian Philippot à l'époque, je le cite, Et plus manifeste encore, « Un eurodéputé qui envoie un mail à Valéron de Saint-Just, ce que Marine nous demande équivaut qu'on signe pour des emplois fictifs, je comprends les raisons de Marine, mais on va se faire allumer, car on regardera, c'est sûr, nos utilisations à la loupe, réponse de Valéron de Saint-Just, je crois bien que Marine sait tout cela.
»
Nicolas Bey, je crois que là on prend isolément des propos par SMS ou par mail de personnes qui n'ont pas la connaissance générale du dossier, et s'inquiètent de telle ou telle disposition, ça ne traduit en aucune manière la preuve qu'il y aurait eu une infraction pénale. Ça veut dire peut-être qu'au début de la mandature précédente, il y a eu une période où, dans la période d'embauche des collaborateurs parlementaires, il y a peut-être eu une période de flottement, mais il n'y a pas eu d'infraction ni de volonté de commettre une infraction, c'est deux choses totalement différentes.
Je n'ai jamais rédigé une note européenne pour Florian Philippot.
Vous savez, un assistant parlementaire, il peut faire plein d'autres choses que des notes européennes, il peut faire des contacts avec les acteurs économiques, il peut faire des contacts avec les médias, il peut s'occuper de réserver les billets de train ou d'avion de son parlementaire. Voilà, l'activité parlementaire, elle est assez variée. Et donc, c'est qu'un collaborateur s'inquiète parce qu'il n'a pas fait une note sur un sujet strictement européen pendant un mois ou pendant deux mois. Ce n'est pas pour ça qu'il n'a pas fait son travail.
Ça continue comme ça, Nicolas Bé, sur ce type d'emploi aujourd'hui ?
Le profil d'emploi du temps ? Mais vous savez, les députés européens du Rassemblement National, nous sommes 22, on est en train de recruter, pour ceux qui sont anciens comme moi, on a déjà des collaborateurs, ils travaillent au quotidien, à nos côtés, pour le travail parlementaire, c'est-à-dire pour la mission qui nous a été confiée par les électeurs.
Donc ça a changé ? Les pratiques ont changé ?
Je dis simplement qu'on a toujours respecté la loi et qu'on a une différence d'appréciation, notamment, c'est vrai, avec l'administration à l'époque du Parlement européen, qui voudrait que les députés et leurs assistants soient des fonctionnaires de l'Union Européenne, coupés des électeurs, coupés de leur pays d'élection, et qui, en réalité, ne font pas un travail parlementaire complet. Un travail parlementaire complet, ça ne consiste pas simplement à déposer un amendement dans l'hémicycle.
Nicolas Bé, merci. Merci. Eurodéputé du Rassemblement National, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
Nicolas Bay