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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 23 janvier 2026 37 minContradictoireMixteBudget & impôtsInstitutions & élections

Elections municipales : qu’attendez-vous de votre maire ?

Source d'origine 4 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 8 %Défensif 3 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 34:14Locuteur non identifiéFait
    « Effectivement, 40% de retraités aujourd'hui. »
  • 34:29Locuteur non identifiéFait
    « En 1977, élection municipale, 40% des maires étaient agriculteurs. »
  • 34:42Locuteur non identifiéChiffre
    « On est passé de 40% à 11% aujourd'hui des maires agriculteurs. »

Temps de parole

  • Présentateur27 %
  • Locuteur non identifié19 %
  • Locuteur non identifié 217 %
  • Invité17 %
  • Auditeur5 %
  • Auditeur 24 %
  • Auditeur 33 %
  • Auditeur 43 %
  • Auditeur 53 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Je vous fais ce soir le portrait robot d'un homme ou d'une femme doté de vrais pouvoirs, peut-être de super pouvoirs, à vous de nous dire comment vous voyez les choses. Faire la police, construire des maisons, faire disparaître les déchets, empêcher les inondations, vous déclarer officiellement marié au nom de la loi, créer des places en crèche, rénover l'école, transformer un double sens en sens unique, y ajouter un ralentisseur, draguer les entreprises pour qu'elles s'implantent ici et pas à côté, faire de l'œil aux touristes pour qu'ils visitent le coin, chouchouter des médecins pour qu'ils préfèrent cette commune pour installer leur cabinet.

Oui, on parle du ou de la maire à qui on demande beaucoup sans qu'il ne soit non plus tout puissant. Un maire peut-il tout faire, tout changer, tout régler dans sa commune ? C'est élu de proximité, à portée de baffes et d'encouragement aussi. Son action est directement visible par des gens qu'il va croiser tous les matins et qui n'ont pas tous les mêmes priorités. Il peut donc faire la police, il détient les cordons de la bourse, il prend des arrêtés qui font la loi en quelque sorte localement. On dit souvent que les Français aiment leur maire, sont satisfaits de son action. Cela signifie que ses pouvoirs sont utilisés et de bonne façon le plus souvent.

Ça met la pression aussi pour ceux qui arrivent, car oui, on vote dans un mois et demi, on va élire ou réélire. Mais sur quels critères, sur quelles promesses ? C'est ce qui nous intéresse ce soir. Qu'attendez-vous de votre maire ? On ne va pas faire la campagne des 35 000 communes de France, mais en 40 minutes, on a déjà de quoi bâtir un joli programme.

1:28
Auditeur

Le téléphone sonne, 0145 24 7000. Bonsoir Armel. Oui, bonsoir. Merci de prendre mon appel.

1:37
Présentateur

Et merci de nous avoir appelés sur France Inter, on vous écoute.

1:39
Auditeur

Moi, je voulais réagir sur la question de l'isolement des personnes que vous avez évoquées tout à l'heure dans le journal de 18h, avec l'étude de la Fondation de France, puisque effectivement, les gens qui sont de plus en plus isolés ou seuls n'ont plus qu'une référence, un seul recours quand ils sont en détresse, et c'est le maire. Donc, les maires ont effectivement beaucoup de responsabilités, beaucoup de sollicitations aussi de ce fait-là, d'autant plus. Et je pense qu'il faut qu'ils sachent, ceux qui sont potentiellement candidats, qu'ils ne sont pas seuls pour y faire face.

Même dans les petites communes, avec des petites mairies et peu de personnel, ils peuvent se tourner vers des associations, notamment, pour les aider à faire face à leurs prérogatives et à leurs devoirs. Et en l'occurrence, en matière de logement, puisque les gens appellent beaucoup pour le logement indigne, ou pour les problèmes avec les rapports locatifs entre bailleurs et propriétaires, ils peuvent notamment faire appel à la deal de l'Oise. Je dis de l'Oise parce que j'en suis la directrice. Parce que vous êtes du côté de Beauvais. C'est le cas dans tous les départements.

2:54
Présentateur

Et justement, j'allais vous dire, vous parlez de ce sujet, vous mettez ce sujet de l'isolement sur la table, autour de la question des maires, parce que ça entre en résonance avec ce que vous vivez au quotidien.

3:03
Auditeur

Exactement, oui, la détresse des gens est toujours plus croissante, toujours plus palpable. Et quand tu trouves enfin une oreille et une main pour les aider, c'est toujours important. Donc les maires sont vraiment le premier relais vers l'aide et l'amélioration de sa situation. Donc c'est important de le vérifier au quotidien. C'est pour ça aussi que je pense que les maires, on en est souvent satisfaits parce que finalement, ils résolvent beaucoup de problèmes.

3:35
Présentateur

Eh oui, ils savent un peu tout faire, il et elle. Merci beaucoup, Armelle, de nous avoir appelés et de commencer ce téléphone sonne. Pour vous répondre, nos trois invités que je vais vous présenter tout de suite. Fabrice Ruel, d'abord, bonsoir. Bonsoir, vous êtes maire sortant d'hiver gauche de Langeais, c'est en Indre-et-Loire, 4300 habitants. Et il se trouve que vous êtes la tête de liste de la seule liste déclarée à ce stade à l'élection municipale de cette commune de Langeais. Ce n'est pas encore fini, le dépôt des listes, c'est jusqu'au 26 février. Je salue Jean-Louis Sanchez, bonsoir.

Vous êtes expert en sciences politiques et sociales, fondateur de l'Observatoire de la décentralisation et de l'action sociale, et auteur du livre Maire, le dernier rempart, c'est aux éditions de l'Armatan. Et puis, bonsoir à vous, Martial Foucault. Bonsoir. Politologue, professeur à Sciences Po, ancien directeur du Cevipof. Deux études du Cevipof autour de ces élections municipales auxquelles on va faire référence. Et puis, vous avez un livre qui sort dans quelques jours, 6 février, le casse-tête démocratique, l'avenir des communes françaises aux éditions de l'Aube. Cossigny avec Éric Quérouche. Vous êtes en duplex chez nos confrères d'ici Limousin, que je remercie.

Car grâce à eux, on peut vous entendre ce soir, Martial Foucault. Jean-Louis Sanchez, vous vouliez réagir à cette première interpellation d'Armel, qui nous a donc appelés, qui interpelle sur le côté. Le maire, on l'appelle pour tout et n'importe quoi. Et notamment pour cette question de l'isolement. Le maire, il est au contact et dans l'action sur cette question du lien social.

4:56
Locuteur non identifié

Oui, c'est vraiment une question, je dirais, qui est tombée tout à fait au moment opportun. Puisque vous aviez présenté le maire avec toutes ses facettes d'intervention sur la vie matérielle des gens. Et vous avez peut-être délaissé un peu le côté qui, pour moi, est probablement le rôle le plus important du maire. Celui de créer de la cohésion sociale sur son territoire, d'éviter effectivement ce fractionnement de la société qu'on voit partout. Mais pas simplement, si vous voulez, pour corriger l'isolement des personnes en difficulté. Et le problème est de plus en plus aigu. Et pas ça par exemple. Le lien social est disloqué. Les liens entre générations sont aujourd'hui aussi en danger.

Non, il a une tâche encore plus importante que celle de combattre l'isolement. C'est de créer effectivement des événements qui permettent de redonner du sens au collectif. Qui permettent de redonner du sens à la collectivité. Et c'est vrai que j'ai écrit ce livre...

6:02
Présentateur

C'est un peu un capitaine d'équipe de foot, là, comme vous le décrivez, le maire.

6:05
Locuteur non identifié

Bah, écoutez, au-delà de cela, d'abord, il faut qu'il soit lui-même inattaquable. Je pense qu'un maire qui peut vraiment jouer pleinement son rôle doit donner une image, si vous voulez, sur le plan de la moralité favorable. Mais ensuite, il est bien sûr un capitaine. Et vous savez, il crée des choses dont on ne parle pas, malheureusement, suffisamment dans nos radios et dans nos télévisions. C'est par exemple des événements qui permettent à un village de faire des travaux pendant toute une journée, d'être ensemble. Ça s'appelle les journées citoyennes. Il y en a 3000 en France. Et de donner ainsi un sentiment d'orgueil aux populations et surtout de redonner du lien social.

Et donc, quand on parle des maires, il faut cesser de parler des maires simplement comme des prestataires de services.

6:56
Présentateur

Oui, c'est ça. C'est-à-dire qu'au-delà de cette liste que j'ai faite, effectivement, il s'occupe de l'état civil, du périscolaire, de la voirie, des permis de construire, de la solidarité et des espaces verts. Ça, c'est les attributions, les compétences classiques. Absolument. Mais il y a tout le reste qu'on ne voit pas forcément. Et je voudrais interroger justement le maire qui est avec nous ce soir, Fabrice Ruel, donc maire sortant et candidat à sa propre succession à Langeais, en Indre-et-Loire.

Est-ce que vous vous reconnaissez dans cette interpellation d'Armel à l'instant, notre auditrice, qui nous disait « Le maire, c'est aussi la première porte à laquelle on frappe quand on a une détresse, c'est-à-dire de toutes sortes. L'isolement et aussi une galère, un problème de voisinage, toutes sortes choses. »

7:32
Invité

Et oui, complètement, effectivement, la question d'Armel est une question centrale aujourd'hui sur nos habitants. C'est l'isolement de nos personnes âgées, mais pas qu'eux. Vous savez, l'isolement, ça peut commencer très tôt. Et donc oui, effectivement, le maire a cette responsabilité. Alors on peut l'inscrire avec des urgences sur les plans canicules, où là on a des fichiers, etc. Mais c'est vraiment au global. L'isolement aujourd'hui d'habitants de nos communes, nous les maires, on les voit au jour le jour et en permanence. Parce qu'effectivement, comme le disait l'autre personne, le maire aujourd'hui, c'est un capitaine, un chef d'équipe.

Mais c'est aussi celui qui est en première ligne face aux habitants et qui les rencontre tous les jours et qui ne peut pas se cacher. Donc effectivement, tout ce qu'il voit, il doit le traiter pour le bien de sa population. Et oui, l'isolement aujourd'hui est traité. Et moi, par exemple, j'ai un centre social d'activité sociale. Et donc, une adjointe déléguée à ce service-là qui fait un travail remarquable et qui donc prend en note et donc reconforte les personnes en isolement. Mais aussi sur tout ce qui est logement, qui aujourd'hui aussi crée cet isolement fort.

8:43
Présentateur

Et alors, juste pour qu'on aille au bout de la logique sur cette question de l'isolement, qu'est-ce que vous faites très concrètement pour ces personnes qui viennent vous voir ou qu'on vous signale comme étant totalement isolées, monsieur le maire ?

8:52
Invité

Eh bien alors, on a un réseau de personnes bénévoles qui peuvent contacter et qui peuvent accompagner certaines personnes. On a monté un réseau de transports solidaires qui permet à des personnes de pouvoir se déplacer, rencontrer d'autres personnes, faire les courses, les biens utiles de base. Mais aussi se rencontrer, aller rencontrer d'autres personnes, aller jouer aux cartes. Et puis nous, la commune, on essaye quand même de mettre et on met en place, pour les plus de 65 ans, une galette des anciens, un repas des anciens qui est très très suivi. Et ça leur permet de se retrouver à un moment, un moment partagé d'échange avec aussi mon équipe municipale.

Parce qu'on parle souvent du maire, mais le maire est à la fois isolé mais accompagné. En tout cas, une représentativité sur toute la commune de son équipe municipale.

9:35
Présentateur

Fabrice Ruel, et avant d'entendre Martial Foucault sur ce sujet, on va retourner au standard. Parce que Jean-Louis Sanchez nous parlait de journée citoyenne et de toutes ces initiatives qui peuvent être mises en place. Ça va peut-être rejoindre la question ou la remarque de Patrice. Bonsoir Patrice.

9:48
Auditeur

Oui, bonsoir.

9:48
Présentateur

Vous nous appelez de la Meuse et on vous écoute.

9:51
Auditeur

Tout à fait. Écoutez, moi je suis comme empreneur pour qu'un maire, un futur maire, soit à l'écoute enfin des citoyens. Et soit, propose de la démocratie participative. Je vais être concret. Dans la Meuse, vous avez un petit village qui s'appelle Menille-la-Orgne. Où, depuis un certain temps, le maire a eu l'intelligence de proposer aux citoyens de se prononcer sur des propositions faites par le conseil municipal. Où les citoyens eux-mêmes peuvent aussi proposer certaines choses. Et par exemple, il y a eu de longs débats sur l'installation d'éoliennes. Et c'est accepté grâce à un accord mutuel avec les citoyens et le conseil municipal.

Ce qui est vraiment formidable au niveau de la participation citoyenne. Le deuxième exemple, j'attends enfin que les maires aussi prennent leurs responsabilités. C'est-à-dire, leur premier devoir, c'est celui du discernement. C'est-à-dire que lorsque vous avez un projet qui est présenté, le maire fasse la part des choses qui sont proposées pour ou contre un projet. Ce qui n'a jamais été fait, nous en Meuse, de la part de nombreux maires, lorsqu'il s'est agi d'implanter le laboratoire de bureaux de déchets nucléaires, où les maires, systématiquement, sont venues lécher les bottes de l'Andra qui proposait le projet et n'ont jamais voulu recevoir...

11:09
Présentateur

Qui est l'agence stationnelle des déchets radioactifs.

11:11
Auditeur

Voilà. Ils n'ont jamais voulu recevoir de façon, j'ai dit bien, équitable, les gens qui sont opposés à ce projet et qui ont beaucoup de choses à dire et qui n'ont jamais été entendus.

11:21
Présentateur

C'est intéressant ce que vous nous dites, Patrice, sur cette participation citoyenne, sur la participation aux grandes questions locales, qui sont des questions éminemment politiques. Martial Foucault, je ne vous ai pas encore donné la parole. Vous avez fait plusieurs études pour le Cévi-Pof, pour l'Association des maires de France. Comment vous recevez ? Parce que c'est vrai que, moi, spontanément, j'imaginais que ce soir, on allait parler des ralentisseurs, qu'on allait parler du toit de l'école qui fuit ou des espaces verts qui sont plus ou moins bien assez entretenus.

Et finalement, on se rend compte que, en tout cas, les auditeurs qui nous appellent ce soir et nos experts avec nous, nous parlent avant tout de politique, de débats extrêmement forts. Est-ce que ça rejoint aussi des choses que vous avez relevées dans vos études au Cévi-Pof ?

12:00
Locuteur non identifié

Oui, écoutez, en entendant le dernier auditeur évoquer ce sujet, comment les maires parviennent à construire, finalement, un projet politique pour la communauté qu'ils représentent, ça soulève tous les enjeux, les sujets que vous avez évoqués précédemment.

Parce qu'il y a une forme de paradoxe, alors, moi, je parle de casse-tête démocratique, c'est-à-dire qu'on a à la fois une grande partie de la population qui apprécie aujourd'hui l'action des maires, ils ont confiance dans les maires, et ça a été évoqué tout à l'heure essentiellement pour des raisons à la fois d'exemplarité, de capacité à respecter les promesses, d'ailleurs davantage qu'un sujet de proximité, et en même temps, on voit bien que les maires sont aussi exposés à une difficulté qui est, ils sont élus par le suffrage universel, direct, et une fois élus, ils ont tendance à vouloir déplier ce pourquoi ils ont été élus.

Et au cours d'une mandature, plusieurs sujets viennent à l'agenda des municipalités, et ils doivent apporter des réponses. Et pour apporter des réponses, qui ne sont pas nécessairement celles qui ont été évoquées le temps d'une campagne municipale, ils doivent trouver des instruments donnant une légitimité démocratique à leur action. Et ce sujet de la démocratie participative, je dirais qu'on a quelques expérimentations qui donnent des résultats très positifs, et puis aussi des maires qui parfois se cassent un petit peu la tête pour trouver une manière d'engager davantage les citoyens, parce que dans des exercices de démocratie participative ou délibérative...

13:29
Présentateur

Il faut mobiliser quand même.

13:30
Locuteur non identifié

Il faut mobiliser, et puis surtout il faut garantir que le plus grand nombre dans sa diversité puisse trouver un écho à ce que le maire veut mettre sur pied. Et la vraie difficulté, c'est finalement de retrouver les mêmes personnes avec des profils sociologiques bien typés qui participent à ces exercices. Donc je dirais que peut-être que la vérité se trouve un peu entre les deux modèles. Une démocratie qui ne peut pas être simplement électorale, c'est un rendez-vous tous les six ans, et entre ces deux échéances, il ne se passe rien. Le maire dit c'est moi qui ai été élu, je décide de tout.

Et une démocratie participative sur lesquelles la construction du consensus politique n'est pas donnée à tous les acteurs. Donc je dirais que beaucoup de maires aussi apprennent en marchant au gré des difficultés. Vous parliez de l'isolement, effectivement, dans les campagnes municipales que l'on observe aujourd'hui, on voit très très peu de programmes sur des sujets d'isolement. On va davantage trouver les sujets du vieillissement de la population, les capacités et l'offre médicale pour le troisième, le quatrième âge.

Et en fait, il faut donner de la cohérence au tout politique pour précisément, je crois que ça a été évoqué tout à l'heure par Jean-Louis Sanchez, pour créer de la cohésion qui est pour moi le fondement même de cette communauté locale qui arrive à tenir.

14:47
Présentateur

Je retiens, et Jean-Louis Sanchez, je vous vois effectivement opiner du chef, je retiens que, effectivement, la défiance, on le dit souvent, mais envers les politiques, elle est forte, elle est beaucoup moins forte au niveau local et les maires, par cette façon de vivifier la démocratie locale, participent à une forme de débat apaisé au niveau local, Jean-Louis Sanchez ?

15:05
Locuteur non identifié

Absolument, si vous voulez, ce qui est très différent entre les acteurs politiques nationaux et les acteurs politiques locaux, c'est que les acteurs politiques nationaux ne voient pas le résultat de leur décision. Un maire local, lorsqu'il prend une décision, il va voir ce que cela produit, la réaction des habitants, et puis il a la durée, ça c'est un phénomène très important. Un maire est élu six ans, mais généralement, avec l'intention d'y faire au moins deux mandats, c'est-à-dire d'autres ans. Et on peut ainsi construire des politiques.

Alors, tout le problème, bien évidemment, est de les construire en très forte collaboration avec les populations et les mécanismes, je dirais, de participation sont aujourd'hui assez inégaux. Il ne faut pas idéaliser la démocratie participative. Mais je voudrais vraiment insister sur un point important, c'est que le maire est vraiment, en France aujourd'hui, le seul acteur qui renoue avec les valeurs républicaines concernant justement la politique. La politique, c'est précieux pour bâtir effectivement, je dirais, un avenir pour nos enfants.

Et au niveau national, avec notamment la politique du non-cumul des mandats, on a coupé les parlementaires de cette réalité locale qui imprègne la fonction de maire.

16:31
Présentateur

Oui, donc depuis 2017, je rappelle, on ne peut plus être chef d'un exécutif local, donc maire, et député. Et donc, on a mis fin à l'histoire des députés maires qu'on voyait beaucoup.

16:41
Locuteur non identifié

Et oui, et c'est bien dommage parce que, au fond, les grands parlementaires ont été des grands maires. Vous pouvez en citer à droite, à gauche, Maignerie, vous pouvez citer Borloo, vous pouvez citer Braouzeg, vous pouvez citer des gens qui, du fait de leur fonction de maire, devenaient d'excellents parlementaires. Et surtout, éviter ensuite de charger les municipalités de normes d'empêchement d'agir alors que la population attend beaucoup des maires. Et très honnêtement, je crois que si nous avons encore une démocratie en France enviable, c'est grâce au travail des maires.

17:18
Présentateur

Et on va rappeler, vous le précisez, ils sont 35 000 et il y a 500 000 conseillers municipaux en France. C'est vrai que ça commence à faire beaucoup de monde qui s'engage dans cette démocratie locale. On va retourner au standard, rejoindre Dominique qui nous appelle de Haute-Corse. Bonsoir Dominique.

17:32
Auditeur

Bonsoir France Inter, bonsoir à vos invités. Le maire doit avoir une vision bien évidemment de sa commune et celle de la France mais aussi élargir son champ de vision puisque nous sommes des Européens. Et si vous permettez, je pense à l'agriculture, cette filière qui a été un peu abandonnée et justement la PAC, la politique agricole commune n'a pas toujours peut-être distribué les cartes, si vous permettez l'expression, d'une façon assez équitable puisque vous le savez, l'agriculture a des problèmes. On a des problèmes avec les agriculteurs en France mais aussi en Europe.

18:09
Présentateur

Et donc vous diriez que le maire a son rôle à jouer dans cette redistribution des cartes dans l'agriculture. Qu'est-ce que vous appelez la redistribution des cartes ? C'est la modernisation ? C'est un tournant écologique ?

18:21
Auditeur

Oui, les budgets, les aides financières qu'il faut peut-être revoir, revoir cela par rapport, comme je vous le disais auparavant, cette grogne des agriculteurs puisque nous le savons en France mais aussi elle s'étend aussi à l'Europe. Et si on revient en France, donc une citation de Sully qui disait que l'élevage, le pâturage et l'élevage sont les deux mamettes de la France. Donc, faut-il revenir un peu, se rapprocher un peu de la terre si vous permettez l'expression ?

18:54
Présentateur

Comment vous vivez ? Merci beaucoup Dominique de nous avoir appelé. Comment vous vivez, Fabrice Ruel, cette interpellation de Dominique sur la question agricole ? Vous êtes maire de Langeais, on est en Indre-et-Loire, alors je ne sais pas si vous définissez comme une commune agricole mais on est entre la Loire et des grandes forêts de toute cette région des châteaux de la Loire. L'agriculture, c'est vrai qu'aujourd'hui on voit ça comme un sujet très technique, très technocratique et qui vient de tout en haut, c'est-à-dire les ministères d'un côté et puis l'Europe de l'autre. Est-ce que vous, au niveau local, l'agriculture, c'est un sujet pour vous comme maire ?

19:24
Invité

Ah oui, alors moi je suis dans une commune rurale, voilà, mais je fais partie d'une communauté de communes où on a beaucoup d'agriculteurs et de maires qui sont déjà d'ailleurs agriculteurs. Moi je crois qu'aujourd'hui, le maire est quand même le premier accompagnant de nos agriculteurs. C'est celui que vous retrouvez avec son écharpe devant le cortège. Alors après, effectivement, on parle d'Europe. Effectivement, moi je vais être clair, le pouvoir du maire de Langeais face à la PAC, voilà, elle est plutôt sur un débat national et là il faut plutôt faire remonter ça.

Donc moi ce que je peux vous dire, c'est qu'aujourd'hui, tous les maires refont remonter à leur département, à leur région, cette problématique-là de difficulté qui a été l'élevage pendant un temps, l'élevage a remarché, on a autre chose. Voilà, la difficulté aujourd'hui des agriculteurs qui font quand même nos territoires. Aujourd'hui, nos territoires sont pour les agriculteurs, l'élevage, les prairies, l'agriculture, ça peut être aussi tout ce qui est céréales, ça crée le paysage de nos communes.

Donc effectivement, je pense que tous les maires de France et de Navarre ont quand même une écoute particulière et moi je l'ai auprès des agriculteurs de nos communes parce que ce sont souvent même dans les petites communes celui qui va venir prêter le tracteur quand on a de la neige tous les 5 ans, c'est celui qui va aider parce qu'il a quelques moyens que certaines communes n'ont pas et il a une vision différente. C'est lui qui va quand même venir participer avec des animaux à venir aider dans la supérette du coin.

Je pense qu'aujourd'hui, le maire, ou en tout cas, le maire des strates de ma commune jusqu'à 10-15 000 habitants ont cette vision-là et je pense que les maires des grandes communes aussi, sauf que les maires des grandes communes ont un peu moins d'agriculteurs dans leurs communes. Mais aujourd'hui, l'agriculture est vraiment un souci de tous les jours et on travaille plutôt avec les communautés de communes sur ça, sur l'environnement, sur la loi Zane aujourd'hui qui est quand même bien faite pour protéger les agricoles. Le Zane, on rappelle,

21:13
Présentateur

c'est zéro artificialisation nette, on ne peut pas construire des parkings si on n'a pas à côté plus d'herbes ou plus de friches qui poussent à côté.

21:20
Invité

Tout à fait. Après, c'est un choix et aujourd'hui, je pense que les agriculteurs ont le soutien de tous les maires ou des trois quarts. Effectivement, après, la marche entre la mairie, le département, la région, la France et l'Europe, effectivement, après, il y a des conseillers européens qui sont là, qui sont élus aussi et qui n'ont peut-être pas la même proximité, effectivement, sur le cumul des mandats, vous en avez parlé. Effectivement, moi, je remplace un maire qui est aujourd'hui sénateur, qui n'est plus maire, mais qui a été maire pendant 15 ans.

Donc, il n'est pas détaché de la réalité quand il y a un certain temps, enfin, voilà, quand les gens ont été déjà maires et qui prennent un mandat national, ils ne sont pas déconnectés de la vie.

21:57
Présentateur

Martial Foucault, merci Fabrice Ruel. Martial Foucault, là, on parle d'agriculture, on a parlé de participation citoyenne. Je lisais les messages qu'on reçoit qui nous sont envoyés sur WhatsApp au 01-45-24-7000. Sylvie qui nous disait il faudrait vraiment que les élus étudient un peu d'urbanisme et d'architecture en début de leur mandat. Lul qui nous dit les élus ne sont pas forcément des gens toujours très qualifiés et là, en l'occurrence, Lul parle des questions purement managériales, de gérer des équipes, une direction des services, des secrétaires, etc., à tout niveau de ce que peut être une mairie.

Moi, je me demandais comment est-ce que les maires eux-mêmes, à qui on demande à peu près tout, comment est-ce qu'eux-mêmes on les aide, comment est-ce qu'on les forme et vers qui eux peuvent-ils se tourner ?

22:39
Locuteur non identifié

Marcel Foucault. C'est toute la difficulté de la fonction qui dépend à la fois de la taille de la commune. Les témoignages montrent que les sujets sur lesquels les maires doivent se prononcer, agir et souvent réagir varient grandement selon la taille de la commune.

C'est vrai qu'on demande beaucoup de choses aux maires, on leur demande, vous évoquiez, d'être à la fois des employeurs parce qu'ils ont des personnels communaux qui varient selon la taille de la commune, on leur demande d'être des managers quand la commune est très grande, on leur demande aussi d'être des médiateurs parce qu'il faut savoir régler ou anticiper des conflits qui peuvent survenir et donc cette multiplicité des rôles qu'on leur demande conduit, et on le voit pendant cette campagne municipale, des maires à essayer de travailler ce que j'appellerais un peu le casting de leur liste municipale parce que je crois qu'il est illusoire d'attendre d'un maire de pouvoir disposer de toutes ces compétences mobilisées instantanément.

Donc, la question du casting, elle est cruciale et en particulier, je rappelle quand même qu'en France, sur les 35 000 communes, 24 000 d'entre elles sont des communes de moins de 1 000 habitants et donc dans ces territoires, dans ces petites communes, l'enjeu, c'est de s'entourer de personnes qui vont pouvoir être le couteau suisse pour tous les sujets, avoir quelqu'un qui va s'occuper du budget, quelqu'un qui a peut-être une expertise d'ingénierie parce qu'il y a des services techniques de la commune et au fond, le maire doit être l'ordonnateur.

Vous avez parlé tout à l'heure, vous employez l'expression de capitaine, oui, c'est l'ordonnateur, c'est lui qui doit être le facilitateur, le régulateur et au fond, c'est cette alchimie qui va permettre à le temps d'une mandature, à une municipalité de répondre, non pas à toutes les demandes parce que bien souvent, les citoyens n'ont pas une parfaite connaissance des compétences réelles dont le maire peut disposer mais de réorienter avec peut-être un peu plus d'empathie et un peu plus de temps les personnes auprès des services compétents.

24:41
Auditeur

France Inter, le téléphone son.

24:45
Présentateur

Et dans ce téléphone son à 19h47, Aurélien nous a rejoint. Bonsoir Aurélien. Bonsoir. On vous écoute.

24:52
Auditeur

Bonsoir à tous et merci pour la qualité de vos émissions.

Je voulais poursuivre finalement dans la dynamique dans laquelle vous étiez pour vous parler un peu de transition écologique parce que c'est quand même un rôle essentiel à l'heure actuelle des maires et puis des élus territoriaux que ce soit de la commune ou de l'intercommunalité donc de déployer la transition écologique sur le territoire et quand on parle de transition, ben oui, on parle d'urbanisme, on parle de mobilité, on parle d'agriculture, vous en avez parlé, on parle de la qualité de l'eau, on parle de la qualité de l'air que l'on respire, on parle de la faculté à avoir accès aux mobilités actives pour lutter contre la sédentarité, on parle de l'alimentation des enfants dans les écoles.

Bref, c'est un sujet énorme et peut-être deux petites choses là-dessus.

Un, moi, ce qui me donne vraiment de l'espoir dans l'avenir, c'est de travailler avec les collectivités parce que je vois que localement, on est capable de se mettre d'accord pour mettre en place un futur pour nos enfants très concrètement et deux, je constate quand même que malgré leur bonne volonté, en effet, il y a beaucoup d'élus qui se forment sur le terrain, enfin qui travaillent en permanence, très concrètement, y compris dans les toutes petites collectivités et il faudrait que l'État facilite la remise à disposition d'ingénierie pour qu'ils puissent justement déployer ces projets de transition écologique et de santé environnementale sur leur territoire.

26:05
Présentateur

Merci beaucoup Aurélien de nous avoir appelé. Vous étiez dans l'Isère à Saint-Égrève. Alors c'est intéressant ce que nous dit Aurélien sur le côté environnemental. Je me dis que les maires, non seulement on leur demande un petit peu tout, on les contacte pour toutes les choses du quotidien ou pas d'ailleurs, toutes les contrariétés aussi, mais il y a aussi des forces parfois contradictoires. Là Aurélien nous parle de l'environnement. Un maire, il doit aussi construire, il doit aussi se faire parfois promoteur immobilier, ce qui n'est pas toujours conciliable ou facile à concilier avec les contraintes environnementales.

Comment font les maires Jean-Louis Sanchez pour faire face à ce qui est en apparence un casse-tête ? Sachant qu'en plus, il faut penser éventuellement à la future réélection et que les décisions qu'on va prendre ne seront pas toutes populaires.

26:50
Locuteur non identifié

C'est probablement au niveau de la commune où on arrive à dépasser ces contradictions-là par le débat, par la proximité, par le dialogue. En France, on a aujourd'hui des progrès en matière justement de transformation écologique et qui sont pratiquement tous imputables au travail des acteurs municipaux. c'est dû à la possibilité effectivement d'exposer chacun des sujets avec les avantages et les inconvénients. Et j'en parlais il y a un instant, c'est aussi la durabilité. C'est-à-dire qu'un maire est en capacité de se projeter sur dix ans et de se dire bon, ce que je fais aujourd'hui rapportera effectivement dans dix ans.

Alors, ceci étant, je partage tout à fait le point de vue de votre dernier intervenant disant qu'il faut soutenir davantage les maires dans les questions d'ingénierie écologique car ce sont effectivement des questions complexes et la plupart des petites mairies n'ont pas les outils pour pouvoir intervenir efficacement. D'autant que le droit

28:02
Présentateur

change extrêmement vite sur ces questions environnementales. Oui, alors en revanche... Et parfois ce qu'on redit, on voit sur la question des ZFE qui sont en passe d'être supprimées les zones à faibles émissions, c'est pas simple. C'est vrai,

28:12
Locuteur non identifié

mais en même temps, il faut aussi briser l'idée que les maires sont des gens extrêmement intéressés, que leur première préoccupation c'est être élu. Nous, on a fait des études quand je dirigeais l'Observatoire national de l'action sociale selon lesquelles effectivement deux tiers des maires de France s'appauvrissaient en étant maires. Il faut savoir le dire. Alors, effectivement, il y a des cas douteux, d'affairisme, d'opportunisme, etc. mais la plupart du temps, un maire a un métier. Il est obligé de laisser de côté son métier pour devenir effectivement maire et travailler d'ailleurs, je dirais, très au-delà des 35 heures dans sa fonction de maire.

Et pour les décisions d'arbitrage, on a, je crois, en France, la chance d'avoir une très grande majorité de maires qui font prévaloir l'intérêt général sur l'intérêt personnel. Et donc, on peut dire que le bilan de la décentralisation sur le plan de la qualité des réponses et ça se voit dans les villes est assez remarquable. Ce qui ne veut pas dire qu'aujourd'hui, les communes ne sont pas confrontées à de nouveaux défis et qui me paraissent, eux, extrêmement dangereux, notamment la désertification des commerces dans les centres-villes. Sujet de préoccupation majeure, effectivement. Aujourd'hui, ça devient un très gros problème.

29:27
Présentateur

Alors, je voudrais juste qu'on interroge le maire qui est avec nous, Fabrice Ruel, maire sortant de l'Ontario, de l'Angers, on parlait des métiers. Vous aviez un métier, vous avez un métier toujours aujourd'hui en étant maire de l'Angers ?

29:37
Invité

Oui, alors je partage complètement ce que vient de dire M. Sanchez. Oui, moi aujourd'hui, j'ai un métier, j'étais, voilà, aujourd'hui, je suis passé à 50% pour justement... Quel métier, dites-nous ? Je suis un énergétien, je travaille à EDF, je suis ingénieur projet EDF, voilà, et donc je suis passé à 50% et effectivement, je fais aujourd'hui peut-être 50%, 60 heures par semaine pour la mairie, c'est pas le nombre d'heures qui est...

30:06
Présentateur

Avec 8 ans à côté, ça commence à faire beaucoup d'heures, effectivement.

30:10
Invité

Voilà, et puis après, effectivement, sur le rôle du maire, sur ce qu'il doit faire, oui, moi je suis employeur de 60 personnes, effectivement, on est attendus partout. Alors moi, j'ai eu la chance de faire l'école des maires qui a été mise en place par l'association des maires d'André-Loire, qui nous a permis en une semaine d'avoir des visions un petit peu dans tous les domaines, la police du maire, la préfecture, etc. Donc ce sont quand même des aides importantes pour ça. Et puis oui, on peut parler de tout ce qui est écologie.

Aujourd'hui, oui, effectivement, le maire doit préparer sa commune à faire cette transition écologique pour deux aspects, déjà pour baisser le carbone, mais aussi financièrement. Aujourd'hui, très clairement, l'énergie coûte très très cher et si on n'investit pas pour baisser cette consommation de fonctionnement, eh bien, on va arriver à des difficultés financières importantes et donc oui, on travaille sur ces projets-là. Nous, on a mis 2 millions d'euros sur la transition écologique d'une école et je partage surtout ce qu'est l'ingénierie.

En fait, l'ingénierie, il y a des systèmes en petite ville de demain ou autre chose, mais c'est surtout le nombre de documents, de papiers, de DPE, de pré-études qu'il faut faire pour pouvoir demander quelques subventions, etc. Et on est sur un temps long et les bureaux d'études travaillent, travaillent, travaillent pour pouvoir mettre un projet qui est très très long à mettre en place. Voilà, ça je dirais qu'aujourd'hui, c'est tout ce qu'on doit produire comme papier et donc effectivement des aides parce qu'on n'est pas on n'est pas capable de tout faire, les DPE, etc.

Et donc oui, de l'aide de l'ingénierie et puis après avec des fonds parce que ça coûte très très cher et on voit aujourd'hui, on a parlé du fond vert qui était exceptionnel qui est en train de chuter, donc des difficultés non seulement pour monter les dossiers et puis après des difficultés pour venir les financer.

31:51
Présentateur

On va écouter aussi cette difficulté que vous mentionnez avec la bouche de Sonia qui nous appelle ce soir au téléphone sonne. Bonsoir Sonia.

31:58
Auditeur

Oui, bonsoir.

31:59
Présentateur

On vous écoute.

32:00
Auditeur

Oui, bonsoir et merci pour votre émission. Voilà, je suis dans une agence technique départementale, je travaille, je suis en gros au service technique de beaucoup d'élus dans ma zone rurale, des villes majoritairement dans la Nièvre à moins de 1000 habitants donc pas de service technique. Les élus, les conseils municipaux, ils essayent de retrouver ce qu'ils peuvent parce que les ressources, ils ne les ont pas forcément, ils ont déjà du mal à créer des listes, c'est très très compliqué et ils sont très très peu formés.

J'ai un exemple, alors moi je suis spécialiste de la voirie mais ce qui m'avait vraiment marqué, c'était une élue qui m'a dit quand elle est arrivée, elle m'a dit on ne s'imagine pas mais quand on a un décès sur la commune, c'est marquant, on n'est pas préparé à ça, on n'a pas d'aide psychologique et à fait maintenant quand j'entends les pompiers arriver, eh bien j'angoisse. Et donc en fait, on leur demande de tout connaître mais on ne leur donne pas les moyens et on les critique sans arrêt. Alors il y en a qui font certainement des erreurs, il y a des bons maires, il y a des moins bons maires mais globalement dans zone rurale, ils font ce qu'ils peuvent et ils ne sont pas vraiment aidés.

Voilà, en fait je voulais dire que ce sont beaucoup de gens qui ont beaucoup de bonne volonté et on leur demande peut-être un peu trop sans les former pour ça.

33:19
Présentateur

C'est intéressant ce que vous dites Sonia, effectivement, les 35 000 maires, les 500 000 conseillers municipaux de France, ils n'ont pas fait des études pour être maires ou conseillers municipaux. En tout cas, il y en a des études, on peut faire du droit, on peut faire de l'urbanisme, on ne peut pas tout faire à la fois. Martial Foucault, je reviens sur cette histoire des professions parce que ça contribue évidemment à la formation quand on est d'une profession ou d'une autre, on a des compétences particulières.

Vous qui avez travaillé sur ces sujets-là pour le CEVIPOF, pour l'Association des maires de France, on a déjà, il faut le dire, je crois 37% des maires aujourd'hui qui sont retraités et d'où viennent-ils les autres ? Quel est leur métier avant ou en plus d'être maire de leur commune ?

33:58
Locuteur non identifié

Alors, il y a des grandes transformations au cours des dernières décennies sur le statut socioprofessionnel de ceux qui s'engagent et qui sont élus et puis je dirais même ceux qui veulent continuer dans le temps ce mandat de maire. Donc oui, effectivement, 40% de retraités aujourd'hui, un maire sur deux comme le maire Fabrice Ruel ont une activité professionnelle en parallèle et on observe depuis 40 ans, en 1977, élection municipale, 40% des maires étaient agriculteurs. On évoquait tout à l'heure le sujet de l'agriculture et finalement, ces élus qui avaient aussi la charge de gérer, d'aménager l'espace. On est passé de 40% à 11% aujourd'hui des maires agriculteurs.

Alors, on peut se dire c'est beaucoup moins mais il ne représente, je le rappelle, que 0,3% de la population. Oui,

34:49
Présentateur

c'est ça, c'est déjà beaucoup plus que la proportion d'agriculteurs en France.

34:52
Locuteur non identifié

Mais qui correspond à une réalité aussi, je dirais, de ces artisans de l'occupation et l'aménagement de l'espace, le rapport à la terre, il est quand même fondamental pour bien comprendre la raison pour laquelle beaucoup de ces agriculteurs s'engagent dans la vie d'un conseil municipal. Nous avons également une progression très très forte des catégories socio-professionnelles, supérieures, professions libérales et intellectuelles. Aujourd'hui, 20% des maires. Et là, ça rejoint l'idée, est-ce que ce sont finalement des compétences qui sont recherchées ? Est-ce que les citoyens veulent véritablement des maires techniciens, des maires experts ?

En réalité, moi je le vois au travers des enquêtes que j'ai pu conduire, que ce n'est pas la demande des citoyens. On ne demande pas une expertise. Et pour autant, on voit bien qu'on l'entendait tout à l'heure, beaucoup de maires sont confrontés à une, je ne dirais pas une bureaucratie, mais à une comitologie, répondre à des appels, à projets. On voit bien qu'aujourd'hui, obtenir des financements pour mener... Et puis on n'a pas parlé

35:51
Présentateur

des communautés de communes qui sont un sujet dans le sujet et qui prennent une partie de ces compétences.

35:55
Locuteur non identifié

Qui prennent ces compétences, mais aussi qui viennent au service. Je rappelle, les intercommunalités, ce sont des établissements publics qui sont censés être au service des communes sur des moyens dont elles ne disposent pas réellement. Et puis j'ajoute un point sur peut-être la sociologie, un phénomène qui me marque beaucoup. On ne l'a pas évoqué, mais on a également un vieillissement de l'âge des maires. 3% des maires aujourd'hui ont moins de 40 ans. C'était 12% en 1983. Et ces sujets contribuent aussi à modifier la perception, la compréhension et l'action des maires face aux problèmes qui sont les leurs au quotidien.

36:33
Présentateur

Merci beaucoup. Merci à vous trois. Martial Foucault en direct chez nos confrères d'Issi Lémousin. Votre prochain livre qui sort le 6 février, Le casse-tête démocratique, l'avenir des communes françaises avec Éric Quérouche aux éditions de l'eau. Merci à vous, Jean-Louis Sanchez. Votre livre, Mère, le dernier rempart paru chez L'Armatan. Et merci à vous, M. le maire de Langey, Fabrice Ruel, cette commune d'Indre-et-Loire. Merci d'avoir fait. Le téléphone sonne, c'est fini pour ce soir. Sous-titrage ST' 501