Face à Face : Philippe Rio - 30/08
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Philippe Riau Bonjour Merci d'avoir accepté mon invitation ce matin Vous êtes le maire de Grigny Maire depuis 2014, c'est la ville où vous avez grandi Vous avez été élue meilleure maire du monde Ça c'était en 2020 Grigny c'est donc cette commune de l'Essonne en région parisienne Qui est la ville la plus pauvre de France D'après l'Observatoire des inégalités 27 571 habitants Les grands ensembles parmi les plus sensibles La Grande Borne, Grigny 2 En 2017 vous faisiez partie de ces maires Qui avaient lancé l'appel de Grigny L'appel qui venait de vous La France est fragmentée La République a quitté certains territoires Mais pour qu'elle revienne il faut trois choses La police, la justice, l'éducation Vous face à Emmanuel Macron aujourd'hui Vous lui diriez quoi pour cette fameuse Politique Initiative politique majeure La même chose que nous lui disons Depuis 2017 C'est à dire que dans les villes populaires Mais dans tout le pays Il y a des forces remarquables Il y a une jeunesse qui demande Qu'à vivre pleinement la République Mais la République est absente Sur bien des domaines Et qu'on a besoin d'égalité dans ce pays Donc c'est ça Qu'on va continuer à redire Et que nous souhaitons Porter extrêmement fort Avec d'autres élus locaux Au cœur de ces enjeux-là Et c'est la raison pour laquelle j'ai voulu vous donner la parole ce matin Parce qu'il y a cette réunion Avec tous les chefs de parti Parce que le moment est grave A dit Emmanuel Macron Qu'il veut désormais des initiatives globales Qu'il demande aux partis De mettre sur la table leurs priorités Sauf que moi je voudrais comprendre aussi Vu de Grigny Vu de là où vous êtes Sur les questions d'éducation Sur les questions de pauvreté Sur les questions de trafic de drogue Vous êtes à la croisée De toutes ces problématiques Dont on parle aujourd'hui En cette semaine de rentrée On va commencer par l'éducation Parce que c'est dans une semaine La rentrée Une proposition qu'Emmanuel Macron a mise sur la table La semaine dernière Faire une rentrée plus tôt Pour les élèves en difficulté Est-ce que vous, Vu de Grigny Vous vous dites que c'est une bonne idée ?
Pourquoi pas Mais fondamentalement Allons au cœur du sujet 12 millions d'heures D'enseignements en collège Qui ne sont pas assurés Par absentéisme Et faute de professeurs Un rapport qui est tombé Le 6 juillet dernier De la défenseur des droits Claire Hédon 18 000 lycéens Sans affectation Dans notre pays 20 000 enfants Souffrant de handicaps Qui n'ont pas de solution Éducative dans notre pays Sans compter les profs absents Et les postes vacants Et les postes supprimés Il y a un enjeu éducatif Qui est majeur Aujourd'hui notre école Elle accélère les inégalités Dans notre pays Et vous le constatez ?
Je le constate Grigny C'est 46% D'enfants Qui sortent du système scolaire Sans diplôme C'est-à-dire que La promesse républicaine Ne peut pas exister Lorsqu'il y a des fractures Aussi importantes Mais vous avez des profs Chez vous ? Ou est-ce que Particulièrement chez vous Vous en avez moins ?
Ça fait partie des sujets Sur lesquels on va être Extrêmement attentif Notamment au niveau du collège Pour savoir s'il manque pas Les trois premiers mois de l'année Le prof d'espagnol Qui empêche D'apprendre cette langue vivante Sur la question de la pauvreté Je le disais Grigny c'est la ville La plus pauvre de France Vous dites La priorité c'est de réduire Les inégalités Si vous aviez Vous aussi Emmanuel Macron Face à vous tout à l'heure Vous l'avez d'ailleurs eu Face à vous il y a peu de temps Puisque vous faisiez partie des maires Qu'il avait reçu à l'Elysée Juste après les émeutes On va y revenir On est pile deux mois Après ces émeutes Sur ces questions de réduction Des inégalités Ça passe par quoi pour vous ?
La pauvreté est souvent perçue Comme un sujet économique S'en est un évidemment Mais c'est un sujet de droit Et de non droit Et donc c'est un sujet de cohésion Plus il y a de pauvreté Plus la France va continuer A se fracturer Et donc on a un enjeu majeur De cohésion sociale Et donc cet après-midi Le sujet de cohésion Qui est au cœur C'est la lutte contre la pauvreté Nous expérimentons Avec l'État d'ailleurs Un peu au forceps Mais nous y arrivons A mettre un plan local De lutte contre la pauvreté En travaillant Mais qui passe par quoi ?
Qui passe par par exemple Les petits déjeuners Dans tous les enfants de maternelle A Grigny Ont un petit déjeuner le matin A l'école Donc ils arrivent un peu plus tôt ?
Ils arrivent un peu plus tôt Il y a un travail remarquable Entre les agents communaux Les instits Qui ont utilisé ce moment-là Parce qu'un enfant Qui ne mange pas à sa faim A 10h Il arrête d'apprendre Et ça concourt A l'échec scolaire Donc tout ça Est très argumenté La cantine Je précise Que chez vous La cantine Elle est à 1€ Le repas Même un petit peu moins Pour certaines familles Mais il y a des gens Qui ne vont pas assez manger A la cantine Par exemple Parce que c'est encore trop cher Voilà Je le disais Les associés C'est encore trop cher C'est-à-dire Moins d'un euro Le repas pour l'enfant Ça veut dire que chez eux Ils mangent quoi ?
Quand vous avez trois ans
Du pain Par exemple Ou des chips Donc on a un problème De nutrition De santé publique Mais aussi De phénomènes de santé Qui sont terribles Philippe Riot Sur la question Des fournitures scolaires Vous disiez Un enfant ne peut pas apprendre S'il n'a rien dans le ventre Il ne peut pas apprendre non plus S'il n'a pas de cahier Ou de stylo Chez vous à Grigny Vous avez décidé De faire un kit C'est ça ? C'est-à-dire que Vous distribuez Les fournitures scolaires Gratuitement ?
Tradition dans les villes populaires Et particulièrement dans les mairies À la direction communiste De mettre à disposition Effectivement Des enfants et des familles On paye Les kits scolaires de rentrée Et puis on alloue à l'année Aussi aux classes Aux enseignants Une enveloppe financière Qui permet de continuer À racheter des crayons Des papiers Etc La ville de Grigny Ça coûte 250 000 euros À l'année Tout ce qui est fournitures scolaires Qu'on met à disposition Des familles Et des enseignants Pour que ce ne soit pas Un coût supporté En plus avec l'inflation Ça devient absolument insupportable Pour les familles Les transports Comment est-ce que Vous vous en sortez Sur la question des transports Comment est-ce que Vous vous accompagnez Comment est-ce que Vous les aidez A aller à l'école Sur les élèves Mais aussi pour ceux Qui vivent à Grigny Et qui parfois Doivent partir très loin Pour travailler Comment est-ce que Vous les accompagnez Aujourd'hui On parle sans arrêt Du prix de l'essence Où est-ce qu'on en est On parle même De passer à l'électrique Ils n'ont pas les moyens De passer à l'électrique Tout ça reste très théorique Du coup Quand on rentre Dans le quotidien D'une ville comme Grigny Le droit au transport Est un coma quotidien Surtout que Dans la grande banlieue On souffre D'un système de transport Qui est obsolète Qui est en rénovation Mais qui prend du temps On n'a pas eu de train Cet été Parce qu'il y avait des travaux Il y a des bus Qui ne passent plus Dans certains endroits Parce que Et je me rendrai En préfecture tout à l'heure Pour régler un petit problème De sécurité Dans un quartier Donc tout s'accumuler Vous dites petit problème Vous allez nous raconter Mais en effet Toutes ces questions-là Encore une fois Je le disais Vous êtes à la croisée Heureusement Grigny Petite ville géographique Donc on se promène Beaucoup à pied Donc on va à l'école À pied Pour les collégiens Et les autres Mais pour les lycéens Et les étudiants Effectivement Ça en a une galère Mais les choses J'espère vont s'améliorer Un tramway arrive à Grigny Donc voilà On va pouvoir être Aller sur le plateau de Saclay L'université de Saclay Une des plus grandes universités françaises Et puis rejoindre Le pôle d'Evry Mais encore faudrait-il Que si vous nous dites Que 46% des élèves de Grigny Sortent sans diplôme J'imagine qu'ils ne sont pas prêts D'aller sur le plateau de Saclay Dans les grandes universités Absolument Mais ceux qui le peuvent Et ceux qui ont envie Et ceux qui réussissent Ils doivent le faire En 20 minutes Et pas en 1h30 De transport Et ça aidera Philippe Riau Vous disiez Je vais aller à la préfecture Pour régler un petit problème de sécurité C'est quoi ce petit problème ?
Oui il nous arrive d'avoir Des problèmes d'insécurité Sur les transports Sur les bus Et actuellement On a un système Des travailleurs Des chauffeurs de bus Qui refusent de traverser Le quartier de la Grande Borne Et qui pénalisent donc Les familles Qui vont travailler Notamment les femmes Le matin Que nous avons reçu Depuis cet été Donc voilà On a de manière sporadique Des soucis de sécurité Sur des lignes de transport A Grigny comme ailleurs Et donc on doit résoudre Et faire entendre raison A celles et ceux Qui dégradent Il y a plein de choses Dans ce que vous venez de dire Sur le fait que c'est surtout Les femmes qui travaillent le matin On va y revenir Sur les questions de sécurité Quand vous dites Ils pénalisent Mais en même temps Vous ne pouvez pas forcer Les chauffeurs de bus A accepter de traverser Des quartiers S'ils ont peur pour leur vie Absolument Qu'est-ce qu'on fait alors ?
C'est quoi la solution ? Qu'est-ce que vous allez nous dire ? Mobilisation des parents Les parents sont mobilisés Pour dire à tout le monde Eh oh stop C'est fini Pour dire à leurs enfants ?
Pour dire à leurs enfants Pour dire à la poignée A la poignée Des jeunes qui commettent ça De dire stop Vous pénalisez Les familles Qui travaillent Et qui veulent faire Que leurs enfants réussissent Parce que je ne connais pas Une famille Qui ne veut pas Que leurs enfants réussissent Que ce soit à l'école Ou dans la vie Et donc il y a des gens Qui sont mobilisés Comme durant les émeutes Les parents ont joué Un rôle déterminant Pour retenir les enfants Pour aller dans la rue Pendant les périodes Extrêmement difficiles Que nous avons connues Donc les parents Sont mobilisés Ils sont mobilisés Là ils vont être Parents d'élèves Et ils vont être mobilisés Pour que leurs enfants réussissent Quand vous dites les parents Les pères Les pères On a surtout entendu les mères Absolument Les mères ont un rôle Déterminant Mais moi je vois des pères Se mobiliser J'ai vu des pères sortir Pendant les périodes des meutes J'ai vu des pères m'interpeller Dimanche dernier Pour que le bus revienne En disant Mais il faut qu'on fasse quelque chose C'est pas possible C'est notre bus à nous On a C'est à nous La question de l'autorité On a l'impression On a l'impression On a l'impression que c'est Le nouveau mot de la rentrée Que c'est à toutes les sauces Que le ministre de l'Intérieur Que l'ancien président Que le ministre de l'Éducation Désormais C'était un peu comme un gros mot Et aujourd'hui on dit Il faut rétablir l'autorité Est-ce que c'est un gros mot Est-ce qu'il faut de l'autorité Et ça passe par quoi ?
Il en faut Il faut qu'elle soit bienveillante Et juste Vous savez l'autorité Ça doit faire 20-30 ans Qu'on dit Il faut de l'autorité Il faut de l'autorité J'ai entendu même Un ancien président de la République Dire On a une crise d'autorité Sauter sur sa chaise Comme un cabri En disant Il faut de l'autorité Il faut de l'autorité Il faut de l'autorité J'ai l'impression Que ça fait 20 ans Que j'entends ça Et force est de constater Qu'on a toujours un malaise Dans notre pays Sur cette question-là Mais sur la manière Dont on vit ensemble Et la manière Dont on arrête De stigmatiser les uns Les uns Et les unes Le fait qu'on oppose Des territoires ruraux Au territoire urbain Voilà Il y a des stratégies Aujourd'hui Qui visent à fragmenter Ces fragilités françaises Des discours politiques Qui visent à fragmenter Or l'enjeu Notre pays Ne sera fort Que si par exemple La jeunesse des quartiers Participe pleinement A l'avenir de notre pays Donc là C'est question aussi économique C'est question de rapport au travail On va y revenir Mais vous avez dit Sur la question de l'autorité Vous avez dit Certains pères sont sortis On se souvient Au moment des émeutes Qui a eu notamment Des récits A la fois de juges D'avocats De nos confrères journalistes Qui disaient que Dans les comparutions immédiates Souvent dans la salle Ils avaient face à eux Surtout des femmes C'est à dire que Du côté des prévenus Plutôt des garçons Du côté des familles Qui étaient présentes dans la salle Surtout des femmes C'est à dire les soeurs Les petites copines Les mamans Mais assez peu les pères Quand vous entendez Emmanuel Macron Qui dans le point dit Les cadres familiaux Et éducatifs ont explosé Une immense majorité Des personnes interpellées Viennent de familles monoparentales Ou de l'aide sociale A l'enfance Qu'est-ce que vous avez A nous dire là-dessus ?
Il y a une réalité Sur le cœur du sujet Les familles monoparentales Dans nos quartiers populaires Plus de 30% des familles Sont des familles monoparentales En réalité Ces familles monoparentales C'est quasiment Des mamans solos Maman solos C'est très rarement Des papas solos Absolument Maman solos Quasi exclusivement Et en fait Si on regarde de près C'est le cœur de la pauvreté Quand à Grigny Il y a 50% de la population Qui vit sous le seuil de pauvreté Les femmes et les enfants Représentent deux tiers De cette pauvreté-là Et donc On a effectivement Un sujet Dans la famille Mais aussi hors la famille Mais vous disiez Tout à l'heure Si je vous entends bien Que les plus pénalisés Par les bus Qui ne passent plus Dans les grands roisants Ce sont les mères Absolument Qui partent tôt travailler Mais ils sont où les pères ?
Il y a des ruptures Vous savez Dans la vie Il y a des histoires Où on se marie On se marie On divorce Et puis des fois Il y a les distances Qui s'installent Si on habite dans une autre ville Si on habite loin Et bien voilà On peut être en garde partagée Bah écoutez Si si Il y a beaucoup Vous allez sur le quai De la gare à Grigny Il y a beaucoup d'hommes Qui vont aussi travailler Et il y en a qui vont travailler Très tôt Notamment dans le bâtiment Dans les travaux publics Dans la logistique Vous savez Toutes celles et tous ceux Dont on disait Pendant le Covid Qui tenaient le pays Il y a aussi des hommes Des quartiers populaires Est-ce que Ces mères notamment Ces familles monoparentales Sont aidées On se souvient Qu'il y a un certain nombre De mesures Assez concrètes Qui avaient été prises Notamment sur la question Du recouvrement des pensions familiales Est-ce que ça a quand même Un peu changé les choses Est-ce qu'il y a eu des améliorations ?
Oui mais on doit monter On doit aller Beaucoup plus Beaucoup plus Beaucoup plus fort Beaucoup plus vite Et beaucoup plus haut Sur toutes ces questions-là C'est un sujet Qu'on doit prendre à bras-le-corps Avec l'ensemble des acteurs Je pense notamment Aux travailleurs sociaux Ils sont d'ailleurs en crise Il y en a de moins en moins C'est comme les éducateurs de rue Il y en avait 11 000 auparavant Il n'y en a plus que 4 000 maintenant Donc on a besoin De reconstituer tout un tissu Qui soutient Qui accompagne Parce que c'est extrêmement important Donc oui il y a des choses Qui ont été faites Mais oui il faut faire Beaucoup plus Beaucoup plus fort Deux mois après les émeutes Quasiment jour pour jour L'une des réponses On l'a vu Ça a été des expulsions De logements sociaux Pour ceux Qui avaient été condamnés Pour avoir participé A ces émeutes Est-ce que vous estimez Que c'est juste de faire ça ?
Je ne me suis pas fait Une religion sur ce sujet-là Je suis désolé Je réfléchis Je regarde C'est un fait nouveau Quand vous voyez Il y a eu des images Même qui ont été diffusées Par des préfets de police Qui ont voulu mettre en scène Ces expulsions de logements sociaux Pour des jeunes notamment Qui avaient été eux-mêmes condamnés Mais qui étaient expulsés Avec tous les habitants du logement C'est-à-dire avec les frères et sœurs Avec la maman Avec peut-être la frère et la sœur Qui jouent un cadre éducatif Ça a été le cas dans le Val d'Oise À côté de chez vous Qui sont dans des parcours Y compris de réussite scolaire Et dont on vient déstabiliser complètement Donc regardons ce qui se passe C'est sûr Ça pénalise Je voudrais bien savoir Où ils sont maintenant S'ils ne sont pas dans un autre logement social Et effectivement On a eu une mise en scène Extrêmement puissante Donc voilà Moi je regarde Mais vous n'avez pas d'avis Comment on peut ne pas avoir d'avis là-dessus ?
Vous n'êtes pas quelqu'un Qui n'a pas d'avis ? Je regarde C'est nouveau Ça arrive Vous savez ma vie aujourd'hui C'est la rentrée scolaire J'étais hier Je faisais le tour Oui mais Philippe Rio Là pour le coup Je suis un peu étonné Parce qu'à l'habitude Vous dites les choses assez franchement Est-ce que vous avez la trouille De dire que vous êtes Plutôt finalement favorable A ces expulsions Ou est-ce qu'au contraire Qu'est-ce que vous redoutez En disant ce que vous en pensez ?
Alors Je vais le prononcer autrement Le locataire Il a des droits Et des devoirs Depuis très longtemps Un certain nombre de devoirs Ne sont pas respectés Par quelques locataires Qui pourrissent la vie Dans le voisinage Dans la cage d'escalier Et il ne s'est rien passé Pendant 10, 20, 30 piges Pardon 30 ans Et aujourd'hui On utilise Quelque chose Qui est clair et net C'est-à-dire un contrat Qui existe entre Un bailleur Et son locataire Pour intervenir Et pour mettre en scène Donc je ne suis pas dupe De la mise en scène Vous n'êtes pas d'accord ?
Je ne suis pas dupe De la mise en scène Je dis qu'on avait Cet outil qui était à disposition Depuis des années Et rien n'a été fait Et aujourd'hui Parce qu'il y a ça On agit Donc je ne suis pas dupe Du moment politique Dans lequel nous sommes Et je dis que ça pénalise Fortement Des parents Qui se mobilisent Et qui peuvent être en échec Avec leur enfant Un parmi des fois Deux ou trois ou quatre Et que je m'interroge fortement Sur l'impact Pour celles et ceux Qui réussissent Dans la famille Et qui se trouvent Et qui ont essayé Par exemple De faire en sorte Qu'ils aillent dans le droit chemin Pour autant Vous vous dites C'est quand même Un outil qui existe Et vous n'êtes pas Totalement contre Enfin je vous sens Il existe depuis longtemps Il n'a pas été utilisé Oui Le moment La mise en scène Ça vous l'interroge Voilà Sur les questions Des trafics de drogue Est-ce que Vous avez le sentiment Quand même Qu'il y a quelques avancées Ou est-ce que là encore A Grigny comme ailleurs Comme on voit à Nîmes Comme on voit partout Ça explose Oui ça explose Vous savez Ce genre d'économie Illégale et illicite Prospère sur le terreau De quoi ?
De la pauvreté Une mafia elle existe Pourquoi ? Quel est le terreau ? C'est la pauvreté Quand l'Etat n'est plus là Quand la République n'est plus là Et à partir du moment Où la République recule D'autres choses Et d'un point de vue économique Aujourd'hui C'est quoi les quartiers populaires Ou les points de deal ? C'est des supérettes D'un système extraordinaire Avec des producteurs Des grossistes Des gros distributeurs Et la supérette En pied d'immeuble Bah écoutez C'est tout le système Qu'il faut atteindre Qu'il faut atteindre Est-ce qu'il faut atteindre Le consommateur ?
On a l'impression Que c'est la nouvelle cible Du gouvernement Qui dit Du gouvernement Et d'ailleurs Des partis d'opposition Je recevais Éric Ciotti hier Qui lui veut carrément Multiplier par 5 les amendes C'est-à-dire Il dit Si on tape le consommateur Il n'y aura plus de consommateurs Qui achèteront Et donc il n'y aura plus Ça fait 20 ans Ça fait 20 ans Qu'on ne fait plus de prévention Sur la consommation Des drogues en France Quelle stratégie ?
Vous voulez faire des préventions Eux ils veulent pénaliser Mais oui mais il ne peut pas y avoir L'un sans l'autre Il ne peut pas y avoir De l'autorité sans justice Il ne peut pas y avoir De police sans justice Comme il ne peut pas y avoir De D'un travail sur les consommateurs Sans travailler sur Des mesures de santé publique Il y a des pays Qui ont des politiques De santé publique En matière de consommation D'addiction des drogues Qui sont assez remarquables On met de l'argent On met des moyens Parce que ça fait partie De la solution Il n'y a pas de baguette magique Il n'y a pas de baguette magique Et puis quand est-ce Qu'on s'attaque aux gourous ?
Quand est-ce qu'on s'attaque Aux passeurs ? Quand est-ce qu'on s'attaque A ces grossistes Qui organisent ? Comment se fait-il Que dans nos ports français Ça soit parfois Parce qu'on a diminué Les moyens de la douane Des passoires De produits Qui je le rappelle Viennent de l'extérieur Et on connaît D'où ils viennent On save d'où ils viennent Philippe Rio Le rapport à la police Une grande partie de la gauche Organise une manifestation Contre les violences policières Dans la deuxième quinzaine De septembre Est-ce que ça fait partie Des initiatives Que vous soutenez ?
Moi ça fait La question des violences policières Au-delà des manifestations Et autres Je travaille sur les questions De police tous les jours Avec les habitants Mais aussi avec Avec la police de proximité Qui existe On a un problème De violences policières Dans notre pays On a un problème De doctrine policière Dans notre pays Je pense que nous sommes arrivés Au bout D'un système Qui a commencé en 2003 Où on a dit Qu'il fallait de l'autorité De l'autorité De l'autorité On a même employé Des mots de Karcher Oui donc en fait C'est pas nouveau Quand on redit autorité C'est ce que je dis Depuis le début De notre rencontre Donc on dit ça Au passage On supprime 10 000 emplois de police Mais vous aviez manifesté Contre les violences policières ?
Je n'ai pas le temps D'aller manifester Tout le temps et partout Donc moi Je suis très clair Il y a des violences policières Qui sont inacceptables On doit revoir Et reconstruire Une police républicaine La question de l'IGPN Indépendante Est un sujet La question des moyens De la police Et de la justice Est un autre sujet La qualité de formation De celles et ceux Qui doivent assurer Notre protection Sur le territoire National Est aussi importante La baïa A l'école Pour ou contre ? C'est un voile Sur tous les sujets Dont on vient de parler Sur le défi Que l'on a Le défi républicain D'avoir une école Inclusive Mais qui est-ce Qui a mis ce voile ?
Je ne comprends pas Très bien votre réponse Vous êtes pour ou contre ? Est-ce que vous êtes Favorable à l'interdiction ? Je découvre ce sujet D'Abaïa Madame de Malherbe C'est un sujet Qui n'existe pas à Grigny ?
Je vous le dis franchement Je l'ai découvert Par l'art Du magicien Médiatico-politique Qui a mis ce sujet Sur la table Qui existe Dans des endroits J'ai compris 150 établissements Sur les 60 000 Il y a eu Un débat politique Il y a eu Des prises de décisions Jamais aucun professeur Ne vous a fait remonter Je vous assure Que moi Je n'ai pas été Saisi Sur cette question-là Donc pour vous En tout cas Vous n'en auriez pas fait La priorité Les lycéens sans affectation Les heures Pour nos collégiens Et les enfants Qui souffrent de handicap Qui n'ont pas de solution C'est ce que me disent Les parents aujourd'hui C'est ce que me disent Les parents Lorsqu'ils n'ont pas D'entreprise Pour l'alternance Ou l'apprentissage Aujourd'hui Moi les parents Ne me parlent que de ça Et de la rentrée Sur le pouvoir d'achat Philippe Rio Merci d'être venu Exposer aussi Votre vision de la France Depuis Grigny Dont vous êtes donc Le maire Le maire PCF De Grigny Merci à vous