Etats généraux de l'alimentation : de telles initiatives "sont absolument nécessaires", estime Stéphane Le Foll
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:41OuverteRéponse directe
Votre sentiment sur la crise qui secoue l'armée française et la démission du général Pierre Devillé ?
- 2:29RelanceRéponse partielle
Institutionnelle, vous pensez ?
- 2:59ComplaisanteRéponse directe
Emmanuel Macron s'est justifié hier sur ses choix et ses mots.
- 4:16OuverteRéponse partielle
Sur le fond, est-ce que diminuer de 850 millions d'euros le budget de la défense est justifié ?
- 5:18RelanceRéponse directe
Sur le fond, vous qui êtes socialiste, est-ce que diminuer de 850 millions d'euros le budget de la défense est moins pire que toucher au budget de la Justice ?
- 8:56OuverteRéponse directe
Les états généraux de l'alimentation s'ouvrent aujourd'hui. Est-ce une bonne idée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55Invité politiqueFait
« Le politique, dans les choix budgétaires qui sont faits, c'est de la responsabilité du politique. »
- 1:21Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron a manqué de respect. »
- 2:10Invité politiqueFait
« Je ne suis pas un lapin de la première semaine ou je ne sais pas quoi. »
- 5:50Invité politiqueChiffre
« 31 milliards. »
- 16:41Invité politiquePromesse
« Il faut qu'il y ait un vote, cette fois-ci. »
Temps de parole
- Stéphane Le Foll68 %
- Présentateur13 %
- Invité9 %
- Présentateur 26 %
- Invité 23 %
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France Info, 8h33, l'émission politique avec vous Nicolas Taillard. Le 8h30 politique de France Info, bienvenue à tous. Bonjour Jannick Halimi, journaliste au Parisien. Notre invité ce matin, ancien ministre de l'Agriculture, ancien porte-parole du gouvernement, aujourd'hui député de la Sarbe. Bonjour Stéphane Le Foll. Bonjour. Les états généraux de l'alimentation s'ouvrent dans quelques minutes, maintenant avant 9h à Bercy. On en parlera évidemment largement, impossible de ne pas évoquer ce matin, pour commencer la crise qui secoue l'armée française, sa relation avec le président de la République, la démission hier du général Pierre Devillé. Votre sentiment ?
Mon sentiment c'est qu'il y a là deux manières d'approcher les choses. La première c'est de rappeler quand même que le politique, dans les choix budgétaires qui sont faits, c'est de la responsabilité du politique. C'est un système démocratique. C'est, dans une démocratie et dans une république, un principe qu'il faut rappeler. Deuxième principe, c'est qu'on peut exercer l'autorité, mais il faut le faire avec le respect qui est dû aux fonctions. Un chef d'état-major des armées, c'est pas un personnage qui n'a pas d'importance. Emmanuel Macron a manqué de respect.
Il y a dans l'expression qui a été utilisée, en particulier à la veille du 14 juillet au ministère des armées et de la défense, quelque chose qui met là le rapport dans une situation qui devient extrêmement conflictuelle. Rappeler l'autorité et rappeler que c'est au politique de décider les choix budgétaires, ça me semble tout à fait légitime.
Après, quand on est avec un chef d'état-major des armées, qui s'était exprimé d'ailleurs dans le cadre d'une commission de la défense à huis clos, alors je ne sais pas après comment ça a fuité, on ne va même pas chercher à comprendre, parce que dans tout ça, il y aura toujours des choses qui nous surprendront, enfin toujours est-il ses sorties, mais il le faisait en tant que chef d'état-major en disant 850 millions, pour moi c'est trop, on ne va pas y arriver. Bon, et alors il aurait dit, je ne suis pas un lapin de la première semaine ou je ne sais pas quoi. Très bien. C'est six semaines normalement.
De six semaines, oui c'est ça, j'étais première semaine, je réduis encore les durées pour le lapin. Mais je comprends dans ce moment que ça crée quand même un problème institutionnel, il faut faire attention. Donc l'autorité de toi s'exercie...
Institutionnelle carrément, vous pensez ?
Institutionnelle, je ne crois pas, puisqu'on a un nouveau général. C'est fort comme mot. Il y a un problème, oui mais c'est un problème dans l'exercice de la fonction, je l'ai dit, on doit rappeler l'autorité, c'est l'autorité politique qui a la main sur l'autorité militaire, et en même temps, il y a un respect, parce qu'on est avec le chef d'état-major des armées. Et comme on est en guerre, il faut le rappeler, sentinelle à l'intérieur et opération extérieure, bon, il y a quand même des choses sur lesquelles il faut...
Emmanuel Macron, Stéphane Le Folle s'est justifié hier sur son choix et sur ses mots.
Je suis derrière nos soldats, je veux leur dire, derrière les troupes, leurs familles, et l'état est pleinement engagé. Je pense que les armées peuvent être très fiers du chef d'état-major qui a été nommé ce matin en conseil des ministres, général Le Cointre, qui est un héros militaire, et il aura non pas un budget à défendre, parce que ça n'est pas le rôle du chef d'état-major, c'est le rôle de la ministre des armées. Il aura des troupes à conduire, des opérations à mener, une stratégie, des capacités à défendre, et à proposer au chef des armées qu'est le président de la République.
Il a raison, Emmanuel Macron s'était à la ministre de la Défense, de monter au créneau, plus que...
En tout cas, il a raison sur un point, le général Le Cointre, c'est vrai qu'il succède, et un grand soldat aussi. Là-dessus, il y a consensus. Oui, il y a consensus, autant qu'on se le dise clairement. Ensuite, le rappel de le ministre de la Défense et de Budget, le chef d'état-major, c'est la mise en œuvre des opérations. C'est vrai qu'on est dans un débat tout à fait légitime, ça, ça se rappelle. Il n'y a pas de discussion là-dessus. Je dis simplement que ce qui s'est passé en dernière semaine, c'est quand même... C'est une maladresse, c'est une faute politique. C'est quoi ? Non, c'est une manière d'exercer une autorité, je l'ai dit.
Moi, je pense qu'il faut exercer l'autorité, mais en même temps, il faut le faire avec le respect qui est dû aux fonctions. On est dans une institution, au travers des armées, qui a un rôle très important. Bon, voilà, c'est tout. Très bien. Cette page est passée, il y a un nouveau général et un nouveau chef d'état-major, et c'est vrai que M. Le Cointre a, de ce côté-là aussi...
Vous estimez que c'est une crise politique, véritablement, ou que les choses vont passer avec l'été ?
Non, c'est un sujet de tension majeure.
Une crise politique, peut-être pas ?
Non, crise politique, on va toujours... Chaque fois qu'il y a un sujet, on va évoquer la question de la crise. Il y a suffisamment de crises aujourd'hui pour éviter d'en rajouter à chaque fois qu'il y a un sujet d'actualité. Mais il y a des choses à dire. Je répète, l'autorité s'exerce en respect des fonctions. Est-ce que ça dit des choses du style Macron ? Mais du style Macron, du président de la République, il a lui-même... Attendez, ça dit quelque chose. On a l'air de découvrir ce que Emmanuel Macron a dit, de la manière dont il entendait exercer sa fonction. Bon, donc on ne découvre rien. Il tient ses promesses. Voilà, on est dans le concret.
Sur le fond, Stéphane Le Foll, vous qui êtes socialiste, vous l'êtes toujours, n'est-ce pas ?
Oui, je suis depuis quelques années, oui.
C'est bien. Sur le fond, est-ce que diminuer de 850 millions d'euros, un budget qui fait peu ou prou entre 30 et 35 milliards d'euros, finalement, ce n'est pas moins pire, on va dire, que diminuer et toucher au budget, par exemple, du ministère de la Justice, qui fait moins de 9 milliards d'euros ?
La question qui... Enfin, d'abord, le budget n'a cessé d'augmenter, compte tenu du terrorisme et compte tenu des opérations qui sont conduites.
Le budget de la défense.
De la défense. 31 milliards.
Grâce à M. Le Drian et à François Hollande.
Oui, rappelons quand même François Hollande de temps en temps. Bien sûr. Moi, je reste un loyal et fidèle. Et à Jean-Yves Le Drian, qui est maintenant ministre du gouvernement d'Edouard Philippe, très bien. Mais je rappelle quand même le président de la République. Et en particulier dans les choix et les arbitrages qu'il y avait à faire. Parce que déjà, à l'époque, ces questions étaient posées. Bien sûr. On se souvient. Chaque fois, c'était... On n'en a pas assez. Il y avait quelques fuites bien organisées pour faire monter un peu la tension. Et le président de la République arbitrait. Il a toujours arbitré en faveur d'un budget qui a été rehaussé.
Et même d'effectifs qui ont été rehaussés, eux aussi, à hauteur de 10 000 soldats en 2016. Après les attentats. Après les attentats. Oui, mais parce qu'on était face aux attentats. Bien sûr.
Mais sur les autres budgets, par rapport aux autres budgets.
Alors, par rapport aux autres budgets, qu'est-ce qui est en cause là ? C'est ce qu'on appelle les opérations extérieures, qui sont toujours un coût important. Et là, ce qui a été dit, c'est que les 850 millions d'euros, en fait, c'est prendre en charge sur le budget, tel qu'il a été prévu, de la totalité des opérations extérieures. Alors qu'avant, sous le quinquennat de François Hollande, il y avait des arbitrages qui faisaient que l'ensemble des ministères prenaient en charge le surcoût des opérations extérieures. C'était ça, la règle. Là, la règle a changé. Alors, on peut dire, eh bien, c'est mieux parce que c'est plus transparent.
Et on peut dire aussi, oui, mais si on la change comme ça en cours de route, eh bien, on met en difficulté la capacité opérationnelle de l'armée. C'est ce qu'a dû dire le chef d'état-major précédent. Voilà la question. Elle est toute simple. Elle est là.
Elle est là. Vous aussi, vous êtes là. Et vous restez, Stéphane Le Sol, juste après l'info, 8h40. C'est Léo Chapuis. Emmanuel Macron est attendu de pied ferme par les militaires en pleine crise avec l'armée. Le président se rend ce matin sur la base aérienne d'Istre. Opération réconciliation au lendemain de la démission du chef d'état-major des armées, le général de Villiers, qui contestait les coupes budgétaires. L'actualité, c'est aussi l'affaire Grégory et le testament du juge Lambert. Plusieurs lettres envoyées à ses proches avant son suicide sont dévoilées. Et le juge Lambert, très critiqué à l'époque, brisé par cette affaire, il évoque une machine à broyer.
Il n'a pas supporté les derniers rebondissements. Ses obsèques ont lieu ce matin dans la Sarthe. Et puis sur le Tour de France, c'est la lutte finale entre tous les prétendants au maillot jaune. Dernière étape dans les Alpes, arrivée au sommet du col de l'Isoar. C'est le slovenne Primoz Roglic qui s'est imposé hier en solitaire à Cerchevalier. Le député de la Sarthe, Stéphane Le Folle, est l'invité de France Info. Vous étiez ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Folle, vous connaissez bien ce monde-là.
Les crises qui vont avec des états généraux de l'alimentation s'ouvrent aujourd'hui pour réunir tous les acteurs de la chaîne, justement les distributeurs, les producteurs, comme tient celui que l'on entendait hier soir au journal de France 2, qui est producteur d'abricots.
On peut espérer avoir un peu aux alentours de 40 centimes le kilo. C'est peu ? C'est très peu parce que mon coût de production, c'est-à-dire quand je paye les gens pour cueillir, tous les traitements, la main d'oeuf pour tailler, etc., etc., c'est aux alentours de 60 centimes.
Producteur de fruits, producteur de lait, qui connaissent une crise profonde pour certains depuis 1000 jours, disent-ils, c'est une bonne idée ces états généraux ? Ça peut changer des choses ? Écoutez-moi, j'avais à plusieurs reprises organisé des tables rondes,
qui m'avaient d'ailleurs été reproché, en disant c'est tout ce que vous avez à faire. Par qui ? A l'époque, par le syndicat majoritaire, je me rappelle très bien.
L'EFNOSA ?
Et puis à l'Assemblée nationale, par l'opposition de l'époque. J'ai essayé de trouver là le moyen de développer des stratégies contractuelles entre la production, la transformation et la grande distribution. Il n'y a pas un débat entre la production et la grande distribution.
Avec les industriels ?
Oui, il faut que tout le monde soit là. Parce que j'entends ça tout le temps. Pendant 5 ans, je n'ai pas arrêté de défendre une ligne contractualisation avec l'ensemble de la filière. On a toujours cette tendance à oublier. Moi, il y a des grandes entreprises laitières aujourd'hui, vous n'avez pas leurs chiffres et leurs résultats. La loi Sapin a obligé et a augmenté les sanctions financières pour ceux qui ne publiaient pas leurs chiffres. C'est quand même bizarre.
Ça prouve que la contractualisation n'a pas marché.
Et non, on a essayé, elle a progressé, elle doit continuer à progresser.
Il faut sortir de la culture du conflit, dit le ministre de l'Agriculture, votre successeur. Il a raison.
Il faut que les industriels sortent de cette culture. La première réunion que j'ai faite, c'était une grande table ronde, ça le suis dit, je m'en rappellerai. Tout le début de la réunion, pleine crise du port en particulier, j'ai même pas eu le temps d'ouvrir la réunion, que c'était déjà entre des conflits majeurs. C'est ce que je leur avais dit.
Vous n'avez pas su vous imposer, monsieur Le Foll ? J'ai pas su.
Alors, on peut toujours... Voilà, vous avez pas su vous imposer. Non, non, je pose une question.
Quel conseil donneriez-vous au gouvernement aujourd'hui pour qu'il y ait une vraie culture de contractualisation qui s'instaure ?
Eh bien, on a mis en place des méthodes. On a donné aussi des outils de contractualisation. On a même été jusqu'à inventer des systèmes de défiscalisation pour qu'une filière puisse mettre de l'argent en commun lorsqu'il y avait un contrat, pour que lorsque les prix sont élevés, eh bien, il y ait une compensation pour l'industriel, parce que ça les coûte cher, et lorsque les prix sont bas, il y a une compensation pour les producteurs, parce que c'est eux qui perdent. Tout ça, c'est disponible. Est-ce que c'est des mondes qui peuvent se parler ? Eh bien, c'est des mondes qui se parlent de temps en temps. C'est des mondes qu'on réunit, et ça va être le cas aujourd'hui.
Et vous saluez donc ces initiatives ?
Oui, oui, moi, je ne veux pas critiquer ces initiatives. Elles sont absolument nécessaires. Mais après, les acteurs économiques, ils sont aussi responsables de la manière dont ensuite l'économie fonctionne. On peut faire des lois, on peut faire des réunions, mais si derrière, il n'y a pas un suivi, et s'il n'y a pas une volonté de s'organiser, ça ne peut pas marcher. Bien sûr, des fruits et légumes, vieille histoire où il faut, j'ai lancé des marques, viande de France, fruits et légumes de France, pour essayer d'organiser les choses, pour que le consommateur ait lui-même la capacité de pouvoir détecter l'origine.
On a l'impression que c'était en vain. Vous avez l'air de...
Non, ça a progressé. Regardez, vous avez tous... Qu'est-ce qui coince ? Parce que quand le responsable, le président de la mutualité sociale agricole, j'ai les chiffres sous les yeux, nous dit, aujourd'hui, le revenu des agriculteurs n'a jamais été aussi bas, 354 euros par mois.
Oui, oui, alors ça, c'est des revenus. En 2016. Ça, c'est la phrase de la MSA, on met 354 euros. Bon. Quel est le problème ? Prenons le cas du lait. On pourra faire de la contractualisation. On a l'origine française du lait. Combien on produit de litres de lait en France ? Question. Beaucoup trop. 26 milliards. Combien produit l'Allemagne de litres de lait ? 37 milliards. Ah bon ? Oui, je vous le dis au passage. Donc, on est sur des milliards de litres. Quand vous produisez des milliards de litres, il faut que ce que vous produisez trouve un débouché. Une grande partie des litres qui avaient été produits, il y avait cette tentation de considérer que le marché chinois allait être un débouché.
Le jour où le marché chinois a été un tout petit peu moins, comment dirais-je, accueillant que ce qui était prévu, il y a des milliards, des millions de litres qui étaient en trop. Dès qu'il y a des millions de litres en trop à l'échelle européenne, vous avez une loi en économie qui est toute bête, trop de marchandises fait baisser le prix. Donc, quoi qu'il arrive, s'il n'y a pas une meilleure organisation, et je l'ai fait, j'ai fait pour la première fois, moi, baisser la production de lait à l'échelle européenne, eh bien, s'il n'y a pas un peu de maîtrise, vous aurez des effets de marché qui sont colossaux. Les gens ne se rendent pas compte. L'Europe, justement.
Stéphane Le Folle, justement, est-ce que l'agriculture française peut faire l'économie du problème européen et peut-être avec, comme certains partis le préconisent, par exemple le Front National, mettre en place des barrières protectionnistes intelligentes, sélectives, mais enfin, il faut que faire l'économie d'un débat sur l'Europe.
Oui, mais alors, ce n'est pas d'économie sur un débat sur l'Europe, c'est un débat sur faut-il revenir à des frontières. C'est ce que vous dites.
Effectivement, c'est la question que posent certains partis. C'est ce que dit le Front National.
Très bien. Sur les 26 milliards de litres, combien on en exporte ? En dehors de nos frontières. 6 à 7 milliards de litres. Donc, si on n'exporte plus 6 à 7 milliards, parce qu'une fois qu'on met des frontières, c'est toujours l'idée qu'on se protège des autres, mais les autres... On ne peut plus sortir. Oui.
D'accord, mais ce n'est pas la solution. Vraiment pas. Parce qu'il y a de plus en plus d'agriculteurs qui ont voté le Front National pour ces raisons-là.
Mais pas plus que le reste de la société française. Donc, faites attention à l'idée qui consiste à dire les agriculteurs voteraient plus pour le Front National, ils ne votent pas plus. De plus en plus. Oui, mais de plus en plus, alors qu'avant, ils votaient moins pour le Front National. Donc, ils votent comme les autres, de plus en plus. Mais regardez ce qui se passe avec le Brexit et la Grande-Bretagne. Qu'est-ce que demandent les agriculteurs britanniques aujourd'hui ? Les mêmes aides que celles qu'ils avaient avant ? Et un accès au marché européen comme avant ? Mais alors, fallait-il voter pour sortir alors ? Donc, il faut bien faire attention à ça. Il faut bien prévenir.
Et en particulier, moi, je me suis fait... Si j'avais été au sommet de Cournon de l'élevage, où le ministre, bien sûr, avec la crise de l'élevage, faisait siffler, puis j'avais eu droit à tous les commentaires sympathiques de tous les journalistes qui avaient dit « Marine Le Pen, elle, a été accueillie avec des selfies. » Bravo. Mais moi, je le rappelle. Et à l'époque, je l'avais fait. Attention.
Puisqu'on revient à la politique française, vous parlez de vote, Stéphane Le Foll, le Parti Socialiste, aujourd'hui, sa présence à l'Assemblée, son avenir. Il y a eu une première réunion de la direction collégiale en début de semaine. Ça va ?
Son avenir, d'abord, il est entre ses mains. C'est ça, le sujet ?
Il y a beaucoup trop de mains. Est-ce que ça manque de mains, aujourd'hui ? Ou est-ce qu'il y en a trop ?
Il y en a trop pour diriger, il en manque peut-être pour voter.
Oui, il y a trop de têtes, peut-être, ou pas assez.
Oui, il y a surtout un manque de cohérence. C'est-à-dire, chacun s'exprime au nom du Parti Socialiste avec des positions qui ne sont pas forcément toutes les mêmes. Et quand je dis pas forcément, vous l'avez bien compris, c'est plus que pas forcément. C'est par évidence, par structure. Chacun dit ce qu'il a à dire. Donc, il y a un moment, maintenant, si le Parti Socialiste veut prendre son destin en main, où il va falloir que les militants du Parti Socialiste finissent par voter pour savoir ce qu'on est, qu'est-ce qu'on veut, qu'est-ce qu'on veut.
Mais c'est encore une synthèse que vous préconisez. Ça passe par une synthèse que vous dites.
Je vous dis un vote. Je n'ai pas dit, mais ne me faites pas un commentaire pour dire que je vais faire une synthèse, alors que je vous dis que, justement, pour sortir de cette situation où il n'y a pas une cohérence politique, il va falloir qu'on appelle... Donc, à un moment donné, il y a une ligne. Oui, et donc, moi, je suis partisan... Ça peut être celle de Stéphane Lefeul ? Je suis partisan qu'il y ait un congrès, et que ce congrès, ça soit l'année prochaine, en début d'année 2018. Et vous proposez une ligne ? Je vous fais une annonce, ce matin. Stéphane Lefeul considère qu'il faudrait qu'il y ait un congrès avec un vote débitant en début 2018. Alors, après, vous me demandez où.
Mais attendez, quand même.
Mais vous l'avez déjà dit, en février. Donc, dites-nous où, là, ce serait vraiment une annonce.
Mais je n'ai pas dit février, moi. Je vous dis, en début d'année 2018. Est-ce qu'il y aura une motion, Lefeul ? Et avec un vote. Il faut qu'il y ait un vote, cette fois-ci. Parce que le parti socialiste doit, je l'ai dit, se réorganiser, mais retrouver une cohérence politique. C'est ça, l'enjeu. Et c'est ça qui doit être le débat qui doit nous occuper, là, dans les mois qui viennent. Alors, après, il nous occupera. Moi, je le fais avec cette volonté de ne pas laisser le parti socialiste dans la situation dans laquelle il est, d'essayer de faire en sorte qu'on lui redonne un avenir. Et ensemble, bien sûr, et collectivement. Moi, je n'ai pas de problème sur la question.
Mais je ne laisserai pas, non plus, d'autres parler à la place du parti socialiste ou faire des choix qui ne me semblent pas être ceux qui vont donner...
Et les autres, vous pensez à Benoît Hamon ?
Oui, qui sont partis, en plus, qui ne vont pas donner au parti socialiste cette dimension sociale-démocrate, européenne et écologique, qu'il faut qu'il ait. Voilà. Et ça, ça doit se construire maintenant.
Et c'est le mot de la fin. Stéphane Le Folle, ancien ministre de l'Agriculture, député de la SARC. Vous êtes invité de France Info.
Stéphane Le Foll