Les Instatoons envahissent les réseaux sociaux - La chronique de Manon Mariani
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Temps de parole
- Présentateur100 %
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l'heure de la veille sanitaire. Manon, aujourd'hui, vous nous parlez de dessins qui envahissent Instagram ? Oui, c'est ce que certains médias ont surnommé les Instatoons, contradiction d'Instagram et de cartoons. Des milliers de personnes publient maintenant des illustrations sur leur compte. Elles sont majoritairement dessinées par des femmes qui racontent leur quotidien en quelques cases de BD, voire en mini-films d'animation. La bonne personne ne te fera jamais ressentir qu'il est difficile de t'aimer et de te chérir. Là, par exemple, vous entendez une vidéo signée Mayada Hoff, 400 000 abonnés sur Instagram.
Il est tenu par l'illustratrice française Mayada Gargoury qui a déjà publié plusieurs bandes dessinées. Et sur son compte, elle partage des dessins avec une voix-off derrière qui parle de la place des femmes aujourd'hui, spécifiquement dans l'amour et dans le dating. Il y en a d'autres comme Lucie Macaroni qui parle de sujets beaucoup plus sérieux, comme l'IVG ou le rapport au corps. C'est elle qui a illustré les deux bandes dessinées de notre chère Marie de Breuer. L'une déculpabiliser les femmes sur leur sexualité et leur rapport au corps. Et l'autre parlait de la grossophobie ordinaire. Je pourrais en citer plein d'autres. Margot Motin qui parle de la vie d'adulte en tant que femme.
Matou qui parle de l'obligation des femmes à être des super-women. Mademoiselle Caroline, très engagée sur les violences sexuelles dans ses dessins. En fait, il y en a pour tous les goûts. Elles ont tout leur style. Et Instagram est devenu leur lieu d'expression pour aborder des sujets concernants pour les femmes, toujours de façon engagée et féministe. Mais pourquoi l'illustration Bléotin ? Parce que ça permet de mettre des mots sur des expériences que beaucoup vivent sans forcément pouvoir les nommer.
La charge mentale, l'avortement, l'attachement anxieux, les violences sexuelles ou encore les troubles du comportement alimentaire ont largement circulé sur les réseaux grâce à ces créatrices, à ces illustratrices. Et puis le dessin permet de la créativité, de raconter des histoires différemment. Il peut y avoir simplement des planches de BD, mais aussi des animations, des chansons qui illustrent un texte. Alors qu'Instagram et TikTok sont maintenant envahis de contenu où des personnes se filment face caméra en train de raconter leur vie, j'ai envie de dire, ça change.
Et puis les dessins permettent aussi une plus grande liberté sur les réseaux qui ont quand même des règles très strictes concernant leur politique d'utilisation. Par exemple, montrer son corps pour dénoncer la grossophobie, peut-être vite considéré comme un contenu problématique, alors que si c'est du dessin, ça passe. Pareil pour l'allaitement, les créatrices qui montrent un sein pour parler de maternité ont raconté avoir des contenus supprimés, voire invisibilisés. En dessin, pareil, c'est moins risqué.
Instagram a longtemps été un réseau connu pour être une plateforme où montent une version idéalisée de sa vie, mais le succès de ces illustratrices raconte une autre histoire, car derrière les photos parfaites, beaucoup de femmes cherchent aussi et surtout des récits dans lesquels elles se reconnaissent. qui ont plus de