Marseille : le discours du Président Emmanuel Macron à l’hôpital d’instruction des armées Laveran.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je suis très heureux d'être parmi vous dans cet hôpital qui, je le sais aussi, a eu à traverser des moments difficiles et a vécu des drames. Et donc j'ai eu une pensée pour vous tous et pour les familles. Et je le fais à un moment donné où plusieurs des officiers généraux, à la fois à la tête de cet hôpital, mais de la région, auront à changer de fonction pour les remercier pour leur engagement et l'action menée à votre tête. Vous pouvez être fiers de l'action qui est conduite ici à l'hôpital et j'y reviendrai. Et je voudrais saisir cette occasion pour, évidemment, parler de la santé de manière plus large et puis revenir sur l'activité de l'hôpital également.
En effet, l'hôpital Lavrand a cette spécificité de soigner nos militaires. Je viens de le voir avec plusieurs de nos légionnaires en rééducation. Mais de soigner aussi pour une bonne partie les Marseillaises et les Marseillais et tous nos compatriotes plus largement de ce bassin de vie et donc de travailler en étroite coopération avec l'assistance publique hôpitaux de Marseille, la PHM. Et je remercie son directeur général comme le directeur général de l'ARS d'être à nos côtés. Alors, avec Marseille en grand, nous avons d'abord voulu soutenir fortement la PHM et la santé à Marseille.
La PHM joue un rôle absolument majeur dans l'organisation de l'offre de soins, dans la lutte que nous menons sans relâche contre les inégalités de santé et en matière aussi de recherche clinique et de recherche. Et ce modèle français, nous y tenons ô combien avec le ministre. Et je salue aussi la présence du doyen à nos côtés. Et donc, premier engagement pris d'ordre structurel, c'est la rénovation en profondeur des locaux qui, dans l'état actuel, ne correspondait plus aux conditions d'accueil et de travail que les patients comme les professionnels sont en droit d'attendre.
Le besoin de la PHM n'est plus à démontrer et l'Etat a ainsi apporté un soutien considérable à ce projet pour un montant de 239 millions d'euros. Et je veux saluer aussi la spécificité du modèle marseillais où les collectivités locales et la ville, la métropole, le département, la région sont là autour de la table, apportent un soutien à hauteur de 130 millions d'euros avec un très beau partenariat avec tous les acteurs du territoire, l'ensemble des collectivités dans cet engagement. Et donc, au total, collectivités et Etats, c'est un financement de 369 millions d'euros dont a pu bénéficier la PHM.
Pour autant, cet investissement étant fait, ajouté à l'ensemble des mesures qui figurent aussi dans le Ségur et ce qui a pu être décidé, les réformes conduites sous l'autorité du ministre, il est clair que le contexte que nous connaissons, les coûts qui augmentent, l'accélération des besoins nous ont conduit à revoir les choses et c'est pourquoi j'ai décidé d'octroyer une aide supplémentaire de 240 millions d'euros à la PHM. Au total, l'Etat investira 479 millions d'euros pour le projet de modernisation de la PHM, soit un doublement de l'effort financier de l'Etat en 3 ans.
C'est un financement à hauteur de 83% du montant total qui sera assumé par l'Etat, ce qui est un niveau exceptionnel sous le contrôle du directeur général de la PHM. Il n'y a qu'outre-mer qu'on a ce type d'effort avec ces montants. Monsieur le ministre, vous me confirmez. Donc tout ça pour dire que Marseille-en-Grand, c'est une fois encore un investissement inédit qui doit passer par une série de rénovations très concrètes.
Ces nouvelles aides permettront le démarrage et la 1re phase des travaux pour la reconstruction du SAMU avec une livraison prévue fin 2025 et les autres opérations pourront également démarrer et concerneront les aménagements de conception en 2026, le bâtiment parents-enfants dont la livraison est prévue fin 2028, et la Timone et le site Nord en 2030. Et les élus qui sont là, je pense, se souviennent comme moi de la visite que nous avions effectuée ensemble sur ces sites. Et je veux vraiment à nouveau remercier les collectivités qui s'y engagent à nos côtés.
Donc vous le voyez, nous continuons d'avancer, de moderniser, d'accompagner, parce que la situation de la PHM était critique, avec en particulier un niveau d'endettement qui était très important. Et c'est aussi pour ça que nous accompagnons, je veux le dire ici avec beaucoup de force, c'est la réorganisation qui est faite de la PHM et qui est absolument indispensable, parce que tout ça est aussi le fruit d'une situation qui s'était enquistée, qui était un sous-investissement chronique, une mauvaise tarification qui touche, il faut bien le dire aussi, l'activité de plusieurs de ces centres, et une organisation qui devait être améliorée.
Et à ce titre, la feuille de route que j'ai donnée en début d'année doit être déclinée, avec plus de flexibilité sur le terrain, retrouver le sens, justement, au niveau du service, revoir l'organisation de temps de travail, avoir plus de souplesse et d'agilité. Et c'est aussi pour ça que j'ai demandé au ministre de la Santé de parachever ses efforts avec un calendrier précis. Et pour ce qui est de la PHM, d'avoir aussi la contractualisation d'un plan de soutien financier par lequel l'Etat apportera de nouvelles aides en accompagnant, justement, ces changements d'organisation.
Je veux saluer aussi les efforts qui ont été faits et le déploiement de ce que j'avais annoncé au moment de Marseille-en-Grand, puisque la PHM est aux côtés des quartiers Nord et déploie, on l'évoquait hier, d'ailleurs, tous ensemble, mais une maison de santé directe qui est pilotée par la PHM qui a commencé à jouer et qui va jouer de manière croissante un rôle très important aux côtés de la médecine libérale pour déployer, en quelque sorte, un pivot de l'hôpital et compléter l'offre de soins dans les quartiers les plus en difficulté pour parachever le « aller vers », comme on dit, des populations qui sont les plus précaires, les plus en difficulté, améliorer la prévention et l'organisation de notre offre de soins.
Mais dans ce contexte-là, le rôle que vous jouez est évidemment essentiel. Votre hôpital a un rôle clé dans le cadre de nos OPEX. Beaucoup d'entre vous sont projetés, je vous en remercie, dans nos territoires d'outre-mer comme sur les territoires aussi d'opération. Vous l'avez été dans zone sahélo-saharienne ces dernières années et ailleurs. Et vous continuerez de le faire. Et pour accueillir nos militaires les plus gravement blessés après des prises en charge sur le terrain par vous-même ou vos confrères.
Dans le cadre de la loi de programmation militaire, des scénarios qui ont été pilotés par la direction, aussi des exercices auxquels plusieurs d'entre vous ont pu contribuer d'une guerre de haute intensité qui peut revenir, il est clair que votre hôpital jouera un rôle clé en cas de guerre de haute intensité pour pouvoir accueillir plus de militaires en opération qui seraient frappés par des blessures très graves. Et donc, dans ce contexte-là, nous voulons réenvisager le dimensionnement, et c'est le fruit du travail de toutes les équipes que je salue et de nos services de santé des armées, nous voulons redimensionner l'hôpital.
Et puis, l'hôpital s'inscrit complètement dans l'offre de soins de Marseille avec un rôle clé en complémentarité avec la PHM et, là aussi, doit faire face à un besoin croissant. C'est pourquoi nous allons construire un nouvel hôpital militaire. L'hôpital d'instruction des armées Lavrance et 60 ans d'activité qui ont permis de faire tout ce que vous portez, qui ont contribué en particulier dans ces arrondissements et dans les quartiers nord à beaucoup avancer. Mais l'actuel hôpital militaire, par endroit, ne répond plus aux normes et standards de soins ou de sécurité. Il ne permet pas les évolutions nécessaires pour répondre à terme.
Sa rénovation est très difficile, voire impossible, à certains égards. Elle serait trop chère. Elle perturberait l'offre de soins. Elle n'est pas tout à fait adaptée aux projections qui ont été pensées. Et face, justement, à cette programmation et aux enjeux stratégiques du service de santé des armées, il faut un nouvel hôpital d'instruction des armées repensé. C'est pourquoi, dans le prolongement de mes annonces sur Marseille en grand, je suis venu ici vous annoncer ma décision de construire un nouvel hôpital militaire. Cet hôpital de nouvelle génération devra répondre aux besoins que nos armées auront pour les décennies à venir. Il sera un concentrateur et un incubateur de compétences.
Il sera un véritable outil de défense en pleine autonomie pour pouvoir mieux nous engager au combat et mieux recevoir nos blessés, conjuguant sciences médicales, spécificités militaires. Cet établissement sera encore plus agile, plus modulaire, adaptable aux différentes situations sanitaires du temps de paix comme du temps de crise. Et ici, à Marseille, en cohérence avec l'hôpital Saint-Anne de Toulon, qui lui est complémentaire, et je saluais aussi toutes les équipes de Saint-Anne qui font un travail remarquable, l'hôpital militaire assuré assurera le soutien santé de la communauté de défense de la première zone militaire de France.
Ici, nous avons 34% des effectifs du ministère des Armées et ils sont activement engagés en opération, directement ou indirectement, et donc nous garderons ici un soutien santé robuste garantissant dans la durée le soutien médical de tous les types d'opérations militaires.
Chirurgie de guerre, prise en charge des blessés physiques et psychiques, de la phase initiale, alors la réhabilitation, les risques radiologiques, infectieux, les risques nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques, la gestion de la crise et la prise en charge des afflux massifs sont tous les pôles d'excellence et d'expertise incontournables qui sont d'ores et déjà portés mais qui seront complétés et seront confiés à ce nouvel hôpital.
Ce nouvel hôpital s'inscrira dans la continuité de la base aérienne d'Istre par laquelle les flux aériens pourraient conduire à la prise en charge de blessés français mais également alliés et ce nouvel hôpital aura aussi pour fonction de participer au soutien hospitalier du flanc sud de l'Alliance atlantique et vous le voyez, c'est une inscription dans l'offre de soins de Marseille, c'est une inscription dans l'offre de soins militaires de toute la zone mais aussi dans les plans d'urgence qui sont pensés pour notre pays et au sein de notre alliance.
Cet hôpital est militaire mais fidèle à l'histoire de Lavran et il sera ouvert à l'ensemble de la population qui pourra s'y faire soigner et non seulement nous allons construire un hôpital nouveau qui correspondra aux besoins des armées mais je veux aussi qu'il contribue à répondre encore mieux aux besoins de santé de la population. C'est donc près des quartiers nord de Marseille que nous le construirons sur le camp de Sainte-Marthe. Comme Lavran, il comprendra un service d'urgence sera ouvert 24 heures sur 24.
Comme Lavran, il appartiendra au groupement hospitalier de territoire des hôpitaux de Provence et s'intégrera dans le projet régional de santé comme nous l'évoquions tout à l'heure avec plusieurs d'entre vous et avec la présidente de l'association des usagers. Il s'intégrera dans l'offre de santé marseillaise avec une offre médico-chirurgicale adaptée à la patientèle des quartiers nord et des zones de périphérie, notamment les urgences, les soins critiques, l'infectiologie. Et pour ce qui concerne l'aspect militaire, il comprendra différents pôles de compétences comme le suivi des blessés, les aptitudes, l'innovation, la formation et la simulation.
Sainte-Marthe, nous en sommes convaincus et nous l'avons évoqué avec les élus, est le bon endroit. En périphérie du 14e arrondissement, accessible par la route comme par les transports en commun, routiers et ferroviaires, ce projet permettra de prendre en compte les évolutions des normes pratiques et médicales. Il intégrera les normes environnementales avec un coût de possession et une empreinte carbone maîtrisées et il tiendra compte des attentes du voisinage en matière d'intégration dans le paysage. L'acceptabilité pour les riverains sera recherchée parce que nous voulons que cet hôpital s'intègre dans l'âme du quartier.
Le nouvel hôpital sera attractif pour la patientèle qui bénéficiera d'une offre du meilleur standard, intégrant les innovations en santé et il sera aussi un puissant levier de motivation pour les personnels du service de santé des armées, en particulier ces soignants, grâce à la dynamique apportée par le projet et les meilleures conditions d'exercice de leur mission. Cet investissement massif de l'ordre de 300 millions d'euros va faire naître une nouvelle offre de soins au début de la prochaine décennie sans désorganiser l'activité du site actuel. C'est, comme je vous le disais, l'une des raisons du choix d'un autre site.
Cet hôpital neuf permettra de diminuer les coûts de maintien de l'infrastructure actuelle et de générer des gains d'exploitation. Le projet d'un nouvel hôpital militaire sur le camp de Sainte-Marthe complète mes engagements pour Marseille-en-Grand. C'est aussi pourquoi j'ai demandé au ministre des Armées, avec l'appui du préfet, des autorités sanitaires locales et tout particulièrement des collectivités territoriales, de s'engager dans ce projet qui répondra aux besoins que j'ai présentées. La loi de programmation militaire porte évidemment les crédits et au bon rythme de cet investissement, mais ce succès ne pourra être que collectif.
Les armées ont à cet égard besoin de l'aide de l'ensemble des acteurs pour que cette réalisation, qui représente assurément un des investissements programmés les plus élevés des prochaines années pour la ville, soit un plein succès. C'est un investissement à la hauteur de l'ambition auxquelles nous croyons. Et c'est un investissement, et je terminerai par là, qui, je crois, est à la hauteur du mariage profond de nos armées avec Marseille. Nos sapeurs, nos pieds, notre brigade marins à Marseille est parfaitement intégrée. La BSPM joue un rôle essentiel. Elle l'a joué en crise Covid, elle continue de le jouer au quotidien.
Le service de santé des armées joue ce rôle essentiel pour Marseille et toute la région. Mais nos armées, en général, jouent un rôle absolument fondamental au-delà de leur fonction pour la ville. Et mon général, au moment où vous êtes appelé à une nouvelle vie, je voulais vous remercier d'avoir véritablement veillé à ce que l'ensemble de nos armées puisse pleinement rayonner à cet égard. Et vous avez ici bien fait, avec l'ensemble des officiers généraux, tous les militaires et tous les personnels civils du ministère des Arrées, de l'ensemble aussi des contractuels pour qu'il en soit ainsi. Et c'est aussi pourquoi cet investissement et ce choix est à mes yeux si important.
Voilà, mesdames et messieurs, ce que je voulais partager avec vous aujourd'hui. Ce choix qui vient récompenser aussi plus de 60 ans d'engagement et qui vient ouvrir une période nouvelle et plus ambitieuse encore. Vive la République et vive la France. Merci.
Applaudissements
Emmanuel Macron