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interviewSUDRADIO· 6 juillet 2026 4 min

Françoise Degois : "Marine Le Pen définitivement inéligible en 2027 ?"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Invité politique

C'est l'heure de l'édito avec vous, Françoise Degoy. Bonjour, soyons libres. Bonjour mon cher Jacques. Soyons libres avec le jugement que tout le monde attend. Demain, Marine Le Pen sera-t-elle condamnée aussi lourdement qu'en première instance ? Ou bien sera-t-elle en mesure de se présenter ?

0:17
Présentateur

Oui, alors Jacques, c'est la question cruciale, celle qui peut tout changer dans cette présidentielle à venir. Rappelons d'abord sa condamnation, c'est le plus important. Le 31 mars 2025, elle est condamnée à 4 ans de prison dont 2 fermes aménageables sous bracelet électronique et 5 ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires du FN. La décision est certainement déjà rédigée, la décision de demain. Et ni vous ni moi ne savons ce qu'elle contient, hormis la petite phrase de Gérald Darmanin qui laissait sous-entendre il y a quelques semaines qu'elle pourrait être favorable à la leader du RN.

Mais vous voyez Jacques, j'ai écouté attentivement Marine Le Pen samedi à Liévin pour leur dernière apparition avec Jordan Bardella avant cette décision qui va rebattre les cartes.

1:04
Invité politique

Et qu'est-ce qui vous a frappé précisément ?

1:06
Présentateur

Eh bien ce qui m'a frappé c'est le ton et l'attitude de Marine Le Pen qui a d'abord cité le chant des partisans, « Si tu tombes, un ami se relève à sa place », cette série de photos aussi qui a envahi les réseaux sociaux où on la voit embrasser Jordan Bardella quasiment comme une mère embrasse son enfant comme si elle se préparait à un passage de témoin. Il y avait quelque chose de cela ce week-end, quelque chose de combatif mais de mélancolique. Et puis il y a surtout ces déclarations très tranchées sur le port d'un bracelet électronique chez notre ami Darius Rochebin sur LCI mercredi dernier. « Je ne serai pas candidate si j'ai un bracelet électronique.

Je ne peux pas dépendre d'un magistrat pour aller faire un meeting à Romoranta. » Voilà les données simples, Jacques, et précises. Il faudrait donc que les magistrats réduisent l'inégibilité de 5 ans à 2 ans et surtout qu'ils ne prononcent pas de peine de prison ferme.

1:57
Invité politique

Et c'est là que cela vous paraît complexe, Françoise.

2:00
Présentateur

Oui, écoutez, je ne suis pas juriste mais le dossier de Marine Le Pen est très lourd et contrairement à François Bayrou qui avait été relaxé en tant que patron de son parti mais pas directement partie prenante, Marine Le Pen était dans la délégation européenne du FN à l'époque, donc directement impliquée. C'est pour ça que c'est aussi lourd. La question est la suivante. Comment des magistrats pourront fonder une décision plus clémente, surtout dans ces proportions ? Passer de 5 ans à 2 ans, cela peut s'entendre. Mais éliminer la peine de prison ferme, ça veut dire détricoter totalement le jugement de première instance.

On peut entendre l'argument politique qui veut que la justice ne peut et ne doit pas empêcher la personnalité en tête des sondages de concourir à la présidentielle. Mais comment justifie-t-on sur le plan purement juridique une telle décision ? D'autant que dans son réquisitoire, lors du procès en appel, le procureur avait requis 5 ans d'inéligibilité et 1 an de prison ferme. Tout sera donc scruté minutieusement demain à partir de 14h, car Marine Le Pen n'est pas la seule à attendre son jugement. Je le rappelle, Louis Alliot, le maire de Perpignan, s'il était condamné en appel, pourrait quitter immédiatement son maman de maire.

En tout cas, demain après-midi, les cartes de la présidentielle seront rebattues. Soit Marine Le Pen est condamnée et la campagne de Jordan Bardella peut enfin commencer, soit elle peut concurrir et ce sera un coup de massue. Je pèse mes mots, on en parlera demain pour ses adversaires qui considèrent tous d'Emmanuel Macron au Parti Socialiste, des macronistes aux Républicains, que c'est la plus coriace des adversaires, bien plus que Jordan Bardella.

3:31
Invité politique

Françoise Degoua, retrouvée en podcast sur sudradio.fr. Soyez libre, la cour d'appel qui rendra donc sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires. Françoise vient de nous le préciser demain aux alentours de 14h. Dans un instant, le grand rendez-vous politique de la matinée sur Sud Radio. Prisia Thévenot, Ensemble pour la République. Elle est soutien de Gabrielle Attal dans la course à la présidentielle. Elle sera dans ce studio. Il s'agit du match du bloc central qui est lancé après le meeting d'Edouard Philippe hier et les attaques des deux côtés qui fusent. A tout de suite. Il est 8h16. Soyez les bienvenus sur l'antenne de Sud Radio. Bonne matinée à tous.