Sébastien Chenu : "C'est une victoire différée" pour le Rassemblement national
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 53 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
143 députés, victoire ou défaite ?
- 1:15RelanceRéponse partielle
En quoi les a-t-on empêchés de choisir ?
- 1:36OuverteRéponse partielle
Vous lui dites merci, non, Emmanuel Macron ?
- 3:07RelanceÉludée
Mais en quoi on empêche les Français de choisir ?
- 3:17OuverteÉludée
Quand les Français votent massivement, ils choisissent, Sébastien Chulignan ?
- 3:48OuverteRéponse partielle
On a vu des candidats RN pas formés, des propos racistes, est-ce que le RN était prêt ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueChiffre
« 143 députés, c'est un nombre, c'est 70 députés de plus pour le Rassemblement National que la dernière fois. »
- 0:28Invité politiqueChiffre
« C'est le premier groupe de l'Assemblée Nationale, le reste ce sont des coalitions et c'est surtout un nombre de voix plus important que les autres. »
- 0:41Invité politiqueFait
« ça ne peut pas être une défaite, ça ne peut pas être une victoire puisque nous ne sommes pas dans la majorité ni relative ni absolue »
- 0:48Invité politiqueFait
« c'est je crois une victoire différée, comme l'a dit Marine Le Pen, qui rappelle peut-être un peu ce scrutin 1978 »
- 1:27Invité politiqueFait
« D'abord, le bel ouvrage d'Emmanuel Macron, quel beau travail que cette dissolution qui met le pays dans un état politique où trois blocs s'affrontent les uns les autres. »
- 2:03Invité politiqueFait
« On est dans un mode de scrutin qui, ce matin, nous dit qu'il n'y a pas un seul électeur qui est capable de savoir le programme politique qui va être mené pour le pays. »
- 2:28Invité politiqueFait
« Nous, on ne sera jamais d'accord pour désarmer la police comme veut le faire le nouveau Front populaire, pour l'arrêt des BAC. »
- 2:44Invité politiqueFait
« Moi, je ne remets pas ça en cause, ça ne délégitime rien, mais ça explique ce qu'on appelle les alliances de la honte »
- 2:53Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron et ses amis font réélire Louis Boyard, dont ils ont dit pique-pendre pendant toutes ces années. »
- 4:21Invité politiqueFait
« Mais je ne veux pas qu'on fasse le procès du Rassemblement National au moment où d'autres n'ont quand même pas beaucoup mieux à proposer. »
- 4:31Invité politiqueChiffre
« En 15 jours, il a fallu trouver 577 candidats. »
- 5:34Invité politiqueFait
« Des erreurs, je ne crois pas qu'il y ait eu d'erreurs stratégiques en tant que telles. »
- 5:42Invité politiquePromesse
« Quand on a dit, nous, on ne viendra gouverner que si nous avons une majorité absolue, c'est parce que nous voulons mener une politique qui soit cohérente. »
- 6:09Invité politiqueFait
« Moi, par exemple, sur ce sujet-là, j'ai probablement commis une erreur d'expression. »
- 7:54Invité politiqueFait
« Nous, nous ne contestons pas les institutions. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu75 %
- Présentateur23 %
≈ 3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, le 7-10, édition spéciale. Il est 7h47, Sonia De Villers. Votre invité ce matin est député du Nord et vice-président du Rassemblement National. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour. 143 députés, victoire ou défaite ?
Je regarde les choses. 143 députés, c'est un nombre, c'est 70 députés de plus pour le Rassemblement National que la dernière fois. C'est le premier groupe de l'Assemblée Nationale, le reste ce sont des coalitions et c'est surtout un nombre de voix plus important que les autres. Aujourd'hui, ce matin, quand nous regardons le nombre de voix que nous avons réalisées, nous faisons plus de voix par exemple que le nouveau Front Populaire.
Donc ça ne peut pas être une défaite, ça ne peut pas être une victoire puisque nous ne sommes pas dans la majorité ni relative ni absolue, mais par conséquent c'est je crois une victoire différée, comme l'a dit Marine Le Pen, qui rappelle peut-être un peu ce scrutin 1978 dans lequel la gauche a calé avant d'arriver au pouvoir en 1981 d'une façon extrêmement importante. Je pense qu'on est un peu dans ce cas de figure-là, en tous les cas c'est ce que je souhaite, et c'est comme le rappelait Marine Le Pen, une vague qui monte, qui ne s'arrête pas de monter, mais qui aujourd'hui n'a pas franchi l'obstacle.
Mais Jordan Bardella, lui, hier soir, disait « on a empêché les Français de choisir ». En quoi les a-t-on empêchés de choisir ?
Il y a deux choses qui, à mon avis, expliquent ce résultat et qu'il faut retenir. D'abord, le bel ouvrage d'Emmanuel Macron, quel beau travail que cette dissolution qui met le pays dans un état politique où trois blocs s'affrontent les uns les autres.
En attendant, vous lui dites merci, non, Emmanuel Macron ? Non, j'ai peu de raisons de dire merci. Vous multipliez vos moyens financiers, vous multipliez vos équipes, vous multipliez vos temps de parole.
Ce n'est pas très intéressant vu l'état du pays, si vous voulez. Oui, mais ça va vous aider pour la suite. Non, mais écoutez, vu ce que fait Emmanuel Macron du pays, je n'ai pas du tout envie de lui dire merci. Et je ne suis pas persuadé quand on voit cette carte politique qui est grand monde, qui a envie de lui dire merci ce matin. Il y a deux explications. La première, c'est le mode de scrutin. On est dans un mode de scrutin qui, ce matin, nous dit qu'il n'y a pas un seul électeur qui est capable de savoir le programme politique qui va être mené pour le pays. Il n'y a pas d'électeur qui peut vous dire, bon, ben voilà, il y aura quelque chose sur la retraite et dans quel sens ça ira.
Il y aura quelque chose, c'est impossible à dire, puisque ce sont des coalitions qu'il faudrait mener pour que des sujets puissent avancer. Et ces sujets ne pourraient être que les plus petits dénominateurs communs. C'est-à-dire que nous, on ne sera jamais d'accord pour désarmer la police comme veut le faire le nouveau Front populaire, pour l'arrêt des BAC. J'imagine que Renaissance ne sera pas d'accord sur la réforme des retraites. Donc, on voit bien que ça ne pourrait se trouver que sur des petits sujets. Et puis, il y a eu les alliances qui existent dans notre système politique.
Moi, je ne remets pas ça en cause, ça ne délégitime rien, mais ça explique ce qu'on appelle les alliances de la honte, qui font qu'Emmanuel Macron fait élire, et ses amis font élire un fichet S, par exemple, que Emmanuel Macron et ses amis font réélire Louis Boyard, dont ils ont dit pique-pendre pendant toutes ces années. Donc, on voit bien que ce système politique fait d'alliances et qui nous a, nous, empêché, évidemment, de pouvoir gagner. Mais il est aussi l'explication...
Mais en quoi on empêche les Français de choisir ? Quand les Français vont massivement aux urnes, quand les Français votent massivement, ils choisissent, Sébastien Chulignan ?
Non, ils choisissent des candidats, mais à la fin, ils ne choisissent pas un programme, ils ne choisissent pas une politique. Et c'est là où il y a quelque chose qui est vicié dans notre système politique, et qui, je pense, doit nous interroger collectivement. Est-ce que c'est normal qu'après des élections, il n'y ait aucun électeur qui soit capable de dire ce qui va se passer en termes de programme et de réalisation pour le pays ? C'est assez inédit, d'ailleurs, parce que je pense que ce manque de clarté, qui résulte, encore une fois, d'un système politique et d'alliances totalement contre nature, amène à ce résultat trouble.
On a vu dans les médias, Sébastien Chulignan, des dizaines de candidats du Rassemblement National manifestement pas formés à répondre à des questions relativement simples. On a repéré des candidats ayant tenu des propos racistes, homophobes, antisémites. On a repéré des candidats condamnés pour violence. Il y a même des candidats qu'on n'a jamais repérés dans leur circonscription. Est-ce que le Rassemblement National était prêt pour cette élection ?
Il y a d'autres choses. À la France Insoumise, au Nouveau Front Populaire, il y avait des candidats aux propos antisémites, homophobes.
Est-ce que le Rassemblement National était prêt ?
Je vais répondre à cette question. Mais je ne veux pas qu'on fasse le procès du Rassemblement National au moment où d'autres n'ont quand même pas beaucoup mieux à proposer. En 15 jours, il a fallu trouver 577 candidats. Les candidats qui n'étaient évidemment pas à leur place seront évidemment débranchés. Ils le sont tout de suite lorsqu'il y a un problème. Mais c'est vrai qu'il y avait des circonscriptions dans lesquelles le choix n'était pas le bon. Elles étaient en réalité souvent d'ailleurs des circonscriptions qui n'étaient pas à notre portée. Je le dis aussi puisque les députés qui arrivent aujourd'hui à l'Assemblée Nationale ne me semblent poser aucun problème.
Mais en 15 jours, il a fallu trouver...
Est-ce que ça signifie que le Rassemblement National, qu'on dit en général s'être professionnalisé, ne l'est pas en dehors des quelques grands cadres qui viennent régulièrement dans les médias nationaux ?
Non, mais on peut encore faire mieux. Bien sûr, moi je pense qu'aujourd'hui largement, vous le voyez, nos 88 députés sortants et aujourd'hui les 130 députés entrants sont des gens tout à fait capables, professionnels et qui ne posent aucun problème. Il y a eu des candidats qui ont posé problème, on les a débranchés. Ce qui n'est pas le cas, je le dis, de la France Insoumise. Ces candidats problématiques, eux, ils ont été soutenus, investis et même parfois, ils étaient un élément de liberté.
Est-ce que vous avez commis des erreurs pendant cette campagne ? Est-ce que vous avez commis des erreurs ? Est-ce que vous avez des regrets ?
Des erreurs, je ne crois pas qu'il y ait eu d'erreurs stratégiques en tant que telles. On a cherché évidemment à parler de façon sincère et cohérente. Quand on a dit, nous, on ne viendra gouverner que si nous avons une majorité absolue, c'est parce que nous voulons mener une politique qui soit cohérente. Quand je vois hier l'extrême-gauche dire « revendiquer immédiatement Matignon avec 182 députés », on se demande si là, il n'y a pas un manque de sincérité.
Est-ce que vos propos et vos annonces sur les binationaux, par exemple, ne vous ont pas coûté cher et même très cher ?
En tous les cas, Marine Le Pen a dit les choses clairement. Moi, par exemple, sur ce sujet-là, j'ai probablement commis une erreur d'expression. J'avais expliqué d'ailleurs ici. J'étais venu l'expliquer. Donc ça, évidemment, des erreurs, tout le monde peut en faire, mais je ne suis pas persuadé que chez nos adversaires, il n'y ait pas eu d'erreur aussi de fait. Je crois que ce n'est pas ça. Le fond du sujet, c'est qu'effectivement, on a un mode de scrutin et des alliances contre nature qui amènent à ça.
Non, mais vous êtes victime du système ?
En tous les cas, on est victime d'un mode de scrutin puisque nous, on a toujours été en faveur de la proportionnelle.
Est-ce que ça vous arrange d'être victime du système ? Est-ce que ça vous arrange d'avoir ce discours-là à servir aux Français dans les semaines qui viennent, les mois qui viennent, voire les années qui viennent ? Est-ce que ça vous arrange d'être victime du système ?
Je n'ai pas utilisé le mot « victime » d'ailleurs. C'est vous qui l'utilisez. Mais il y a un système qui se défend, qui est capable des pires reniements, des pires renoncements. Qu'est-ce qu'il y a de commun entre un macroniste et un LFI ? Je ne sais pas trop. Mais ils sont capables de s'entendre. Et ça, probablement, c'est ce qu'il y a de pire en politique. C'est-à-dire des gens qui n'ont plus aucune conviction, mais qui veulent garder des sièges.
Alors, que doit faire Emmanuel Macron maintenant ?
C'est à lui de le décider. Le président de la République est libre. Il a décidé, presque seul, d'après ce que j'ai cru comprendre, de cette dissolution. Il sera capable de décider s'il souhaite nommer un Premier ministre d'extrême-gauche. Et ensuite, bon courage pour le vote de la confiance. Bon courage pour construire un budget. D'extrême-gauche. C'est la France insoumise ? Oui, c'est l'extrême-gauche, la France insoumise.
Qui n'est plus le premier parti de gauche. Donc, que doit faire Emmanuel Macron maintenant ?
Je ne vais pas rentrer dans les tambouilles du Front populaire, puisque j'entends depuis hier que la France insoumise dit « Nous voulons être nommés à Matignon et appliquer 100% de notre programme. » Et les socialistes disent « Non, déjà, on va regarder ça par petit morceau. »
Alors, vous n'avez pas de majorité absolue, mais vous allez néanmoins peser très lourd, vous l'avez dit, à l'Assemblée nationale. Est-ce que vous allez contester la légitimité du futur gouvernement ?
Ah non, mais nous, nous ne contestons pas les institutions. Si vous n'avez pas compris, ce n'est pas chez nous la contestation des institutions. Ça, c'est l'extrême-gauche qui conteste et qui abîme les institutions. Nous, on prend acte et on va s'opposer sans compromission. Nous, on n'est pas là pour faire des tambouilles d'arrière-cuisine, aller négocier dans le dos des Français des espèces d'alliances, comme peut-être le PS rêve d'en faire une avec Renaissance en lâchant Mélenchon. On leur laisse tout ça. Nous sommes une force d'opposition. Nous sommes la première force d'opposition devant les yeux des Français. Avec eux ?
Non, mais ça, c'est une alliance électorale devant les yeux des Français. Mais nous allons nous opposer avec les élus d'Éric Ciotti à cette politique qui, si elle était menée, je pense, ruinerait le pays.
Et comment envisagez-vous la répartition des postes à l'Assemblée nationale ? Je rappelle que vous étiez vice-président de l'Assemblée nationale sortante et que, par ailleurs, vous briguiez la présidence.
Alors là, je n'ai jamais annoncé briguer la présidence, mais en tout cas, si on m'avait demandé de le faire, je l'aurais volontiers fait. Il y a trois blocs à l'Assemblée nationale. Je pense que ces trois blocs doivent pouvoir gérer cette belle institution qu'est l'Assemblée.
Merci Sébastien Cheneur. Et merci Sonia De Villers.
Sébastien Chenu