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interviewLCI — L'événement du dimanche· 15 décembre 2024 53 min

L'Événement du Dimanche LCI du dimanche 15 décembre 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bienvenue dans l'événement du dimanche, ravie de vous retrouver. Bonjour David. Bonjour Marie. Et bonjour Fabien Roussel.

0:12
Invité

Bonjour. Et bonjour à celles et ceux qui nous regardent.

0:14
Présentateur

Secrétaire nationale du Parti communiste, merci d'avoir accepté notre invitation ce dimanche. La France a un nouveau Premier ministre en la personne de François Bayrou. Des compromis sont-ils envisageables ? Des discussions sont-elles possibles ? Quel avenir pour le nouveau Front populaire ? Une heure d'entretien au cours duquel Arlette Chabot nous rejoint droit. Mais d'abord David, la situation à Mayotte.

0:34
Fabien Roussel

Oui, bonjour Fabien Roussel. Nous allons essayer de dénouer l'inextricable situation politique. Il y a des consultations à venir demain, après-demain avec le Premier ministre. Mais effectivement, d'abord et avant tout, je voulais avoir votre sentiment. J'imagine que vous avez, vous commencez ce dimanche par une pensée pour nos compatriotes de Mayotte.

0:54
Invité

Bien sûr. Et je pense d'autant plus à eux que mon fils était enseignant au collège à Pamandzi sur Petite Terre il y a encore quelques mois. Puisque sa maman est originaire de là-bas, partie de la famille, de mon ex-famille est là-bas. Et nous n'avons plus de nouvelles. Les liaisons sont coupées. Les maisons en dur ont vu leurs toits, leurs fenêtres partir, s'envoler. Et donc vous imaginez ce qu'il est des bidonvilles qui existent malheureusement encore sur cette terre, ce département français. J'espère que le ministre de l'Intérieur, qui est en route pour Mayotte, et c'est une bonne chose, ira là-bas avec des moyens supplémentaires de sécurité.

1:44
Présentateur

Parce qu'ils ne sont pas suffisants, selon vous ?

1:46
Invité

Non, je n'ai pas dit ça. C'est que face à une telle catastrophe, je discutais avec le sénateur Saïd Omar Wali il y a quelques minutes là, justement qui est lui aussi en liaison avec des personnes de sa famille sur place. Les moyens, ils existent, mais face à une telle catastrophe, il n'y en a pas eu depuis 1934 de mémoire de Mahoré. Et donc il y a besoin de moyens supplémentaires tout simplement, parce qu'il y a beaucoup de dégâts. Là, nous allons découvrir malheureusement des morts.

2:15
Fabien Roussel

Je rappelle que le bilan à ce stade est de 14 personnes décédées. À mon avis, ça sera pire.

2:21
Invité

Et dans une île où la pauvreté est endémique, énorme, forte, eh bien il faut porter secours à toutes celles et ceux qui aujourd'hui en ont besoin et sans distinction.

2:34
Fabien Roussel

Et donc il y a une urgence véritable. Je voudrais simplement préciser, Fabien Roussel, que le ministre de l'Intérieur a déjà ordonné le départ de 250 personnels supplémentaires, vous avez vu, de la sécurité civile, des pompiers, qui sont en route pour aller prêter assistance. Et j'ajoute aussi que les personnels de la société civile avaient anticipé quand même l'arrivée de ce cyclone et il y avait déjà 110 personnels sur place.

2:58
Invité

Et je pense aussi aux habitants de la Grande Comore, ceux de Moëli et d'Anjouan, qui sont deux îles qui sont à côté de Mayotte et où le cyclone malheureusement a aussi frappé. Et là-bas, la situation est encore pire qu'à Mayotte parce qu'il n'y a pas les mêmes infrastructures. Et j'espère que le gouvernement proposera aussi son aide à ces habitants de la Grande Comore parce qu'ils vont aussi en avoir besoin.

3:26
Présentateur

Je vous disais, je vous relançais en vous disant finalement, vous ne trouvez pas qu'il n'y a pas eu assez d'anticipation. Vous me dites, non, je ne dis pas ça. Un dit ça, Jean-Luc Mélenchon, dans un tweet sur ses réseaux sociaux il y a quelques heures, il dit le pouvoir méprisant et incapable, occupé par son nombril, n'a rien prévu ni organisé. Réponse de la députée de Mayotte, notamment Estelle Youssoufa, qui parle de politique aérie méprisable. Est-ce que ce type de réaction, ce type de polémique est-elle à la hauteur quand on est en train de vivre ce que l'on vit sur cette île et vraisemblablement de très nombreuses victimes encore à découvrir au fil des heures ?

4:02
Invité

D'abord, je ne vais pas rentrer dans une polémique. Je découvre ces échanges de tweets. Je pense que l'heure aujourd'hui, l'urgence est à la mobilisation des moyens, à faire en sorte que l'on aille porter secours. Je pense que sur place, quelle que soit notre couleur politique, tout le monde sera sur le pont pour aider, etc. Il sera temps, après, de savoir est-ce que l'on aurait pu faire mieux, est-ce que l'on aurait pu anticiper. Je peux dire une chose, c'est que dans les différents budgets de ces dernières années, les moyens d'évoluer aux institutions publiques, notamment météo, ont fortement baissé. Ils ont perdu beaucoup d'emplois et ça, c'est un sujet.

Ça, c'est un sujet parce qu'avec le réchauffement climatique et les catastrophes qui vont de toute façon être de plus en plus nombreuses, on a besoin de renforcer beaucoup plus les moyens de l'État dans ces différentes institutions qui, notamment, travaillent sur les prévisions météorologiques. Malheureusement, ces moyens diminuent. On verra le moment venu. En tout cas, aujourd'hui, je ne rentre pas dans les politiques, dans les polémiques, c'est l'urgence, y mettre les moyens, être aux côtés des populations, de Mayotte, des îles, des Comores juste à côté. Soyons solidaires et travaillons ensemble et dans le même sens.

5:14
Présentateur

Fabien Roussel, à cette heure de l'émission, accueillons Arlette Chabot, éditorialiste politique LCI qui va nous rejoindre pour évoquer, effectivement, cette situation politique à 48 heures après la nomination de François Béroux à Matignon. Bonjour Arlette.

5:29
Fabien Roussel

Bonjour. Bonjour Arlette et bienvenue à vous. Fabien Roussel, vous disiez à l'instant au sujet de Mayotte, je vous cite, « Travaillons ensemble ». Travailler ensemble, c'est aussi le défi qui se pose à vous pour le pays en général. Le nouveau Premier ministre, François Béroux, va commencer demain à recevoir les leaders parlementaires de tous les groupes, en commençant par celui du Rassemblement national.

J'avais d'abord, avant que nous entrions dans le détail de toutes ces discussions cruciales qui vont animer la vie politique dans les prochains jours, une question plus générale à vous poser, Fabien Roussel, parce que, est-ce qu'il ne faut pas, au fond, que nous autres Français changions d'approche quand une discussion commence pour aller chercher un compromis avec pour objectif de gouverner le pays ? Est-ce qu'il ne faudrait peut-être pas que les uns et les autres renoncent à arriver avec des lignes rouges ? On entend ce terme depuis maintenant des semaines.

ce sont, allez, 150 lignes rouges, 200 lignes rouges si on les additionne toutes et elles sont toutes contradictoires les unes avec les autres. Vous demandez, la gauche, un changement de méthode de gouvernement. Les oppositions ne doivent-elles pas, elles aussi, changer de méthode ?

6:42
Invité

Mais posez cette question au président de la République, au chef de la majorité, au président du groupe EPR, Gabriel Attal. Ce sont eux qui ont mis des lignes rouges, c'est le président de la République qui met une ligne rouge en disant, je ne veux pas que la gauche gouverne. Moi, mes lignes, elles sont bleu, blanc, rouge. C'est l'intérêt de la France d'abord, et l'intérêt du peuple. Et nous avons toujours défendu la souveraineté du peuple, la légitimité du peuple. Or, cette légitimité, elle s'exerce à travers ses représentants. Et quand même, les Français ont voté à deux reprises dernièrement, aux élections européennes, aux élections législatives, ils ont envoyé des signaux.

Je crois qu'on peut tous dire qu'ils ont demandé à ce qu'il y ait un changement de politique. Ils ont demandé à ce qu'il y ait de l'alternance. Ils ont aussi dit au deuxième tour des élections législatives qu'ils ne voulaient pas de l'extrême droite. Bien, je pense qu'on pourrait à un minimum entendre ça, cette nécessité de changement de politique, de changement de cap. Et c'est tout ce que nous, nous demandons. Et changement de cap, changement de politique, ça peut se construire avec d'autres.

Et nous disons, nous, et je ne suis pas le seul à le dire, au sein de la gauche et des écologistes, c'est que si personne ne peut crier victoire en disant nous sommes les premiers, nous pouvons dire en tout cas que notre coalition est celle qui aujourd'hui est arrivée en tête avec 193 députés. Ça ne fait pas une majorité absolue, ça ne fait pas une majorité relative, mais ça fait quand même un nombre de députés avec qui on pourrait un tant soit peu travailler. Vous voyez comment je parle avec modestie et humilité.

8:23
Présentateur

Et on verra l'état de votre coalition à laquelle vous faites référence.

8:27
Invité

Le problème, il est plutôt du côté du président de la République qui n'a pas entendu le message des urnes, qui n'entend pas la motion de censure qui a été votée contre le gouvernement Barnier. C'est extrêmement grave ce qui s'est passé.

8:42
Fabien Roussel

Fabien Roussel. Et donc ça devrait l'alerter quand même. Fabien Roussel. Sans refaire le film. Il est important ce film de l'avoir en mémoire. Mais là, nous sommes face à une réalité immédiate, une urgence en réalité, une urgence. Vous dites, il faut être capable d'aller chercher des compromis. Mais par exemple, quand le Parti Socialiste dit d'entrée de jeu, s'il y a une loi immigration, ce sera la censure. Ça, c'est ce qu'a dit Olivier Faure encore ce matin. Ça s'appelle une ligne rouge. Et de l'autre côté, vous avez les LR, dont la coalition a besoin, qui dit, au contraire, nous, s'il n'y a pas de loi immigration, nous ne serons pas à bord. Comment pouvez-vous ne pas vous entendre ?

Sur le sujet de l'immigration, par exemple, vous, Fabien Roussel, vous avez une voix singulière. Dire, s'il y a une loi immigration, il y a censure. Qu'en pensez-vous ?

9:30
Invité

Je pense d'abord que les têtes de nos concitoyens, aujourd'hui, c'est de savoir ce qu'il y a dans le frigo, comment on va payer les factures, comment on va passer les fêtes de Noël. On ne peut pas mettre le sujet de l'immigration sous le tapis. Attendez. Vous avez posé une question, elle fait au moins une minute. Si je ne peux pas faire 30 secondes de réponse, je vais avoir du mal. Ce n'est pas vrai. On sortira les chronos. Mais allez-y. Je pense, je peux me tromper, mais je pense que les Français ont d'abord dans leur tête leur principale préoccupation aujourd'hui. Elles sont liées à leur pouvoir d'achat, à la vie chère, aux inquiétudes du lendemain.

Et je pense qu'en plus de cette question du pouvoir d'achat, la question qui va revenir en tête, en priorité numéro un, c'est celle de l'emploi. Et notamment à travers ces centaines de milliers de salariés qui ont peur ou qui sont aujourd'hui menacés dans leur emploi, dans l'industrie, ou qui risquent de le perdre demain parce que la conjoncture est mauvaise. Et ça, c'est terrible parce que cette question, elle était éloignée des préoccupations. Elle revient. Il y a 300 000 emplois menacés dans l'industrie, 150 000 dans le bâtiment, 186 000 dans les associations, me disent les principaux responsables des grandes associations de notre pays.

Vous imaginez ce que ça veut dire pour toutes ces personnes et 100 000 dans les services publics, dans les collectivités, si un budget d'austérité leur est une nouvelle fondée à poser ? La question de l'emploi va revenir en tête. Alors moi, je pense d'abord à eux. Quelle réponse on leur apporte pour garantir leur pouvoir d'achat, leur pouvoir d'achat, qu'il n'y ait pas de ponction supplémentaire sur leur pouvoir d'achat, voire qu'il y ait des factures qui baissent, et comment on fait pour leur garantir leur emploi, le maintien dans l'emploi, la sécurité de l'emploi ?

11:15
Présentateur

Mais donc sur la loi immigration, pour répondre à la question de David,

11:17
Invité

vous dites quoi ? Vous dites non ?

11:19
Présentateur

Vous dites loi immigration remise sur le devant de la scène, c'est censé l'immédiat ?

11:24
Invité

Je vais vous faire une réponse de Normand, je suis désolé, pourtant je suis un ch'ti, mais je pense que ce n'est pas la priorité du moment, et je pense que la question sociale est plutôt la priorité à traiter, premièrement.

Et s'il y avait une loi immigration qui venait demain, et c'est le choix du gouvernement qui le fera, nous avons nous une priorité là-dedans, je pense, et ça va d'ailleurs être la journée internationale des migrants le 18 décembre, je pense à ces travailleurs, ces travailleuses, qui sont aujourd'hui dans notre pays, qui travaillent, qui sont sans papier, qui payent des impôts, qui payent des cotisations, et qui n'ont toujours pas de régularisation, mille fois promise, jamais obtenue. Il y a des chefs d'entreprise qui se battent à leur côté auprès des préfectures pour obtenir leur régularisation.

Ils sont dans le bâtiment, ils sont dans le sanitaire, ils sont dans l'aide aux personnes âgées, ils sont indispensables aujourd'hui, et ils sont sans droit. Eh bien, nous nous battrons, nous nous battrons, et je revendiquerai auprès du Premier ministre qu'il concède cela, et qu'il permette à ces travailleurs, et ces travailleuses sans-papiers, d'avoir le droit d'exister dans notre pays. Il y a de la régularisation de tous les sans-papiers qui ont un emploi ?

Je vous parle, dans un premier temps, ce que nous demandons, ce que moi j'ai défendu, ce que nous demandons, dans un premier temps, ce que demande d'ailleurs la CGT, la CFDT, qui travaille sur ces questions-là, c'est la régularisation des travailleurs et des travailleuses. C'est une priorité, parce que, vous savez que dans les préfectures, au ministère de l'Intérieur, régulièrement, il y a des rencontres, les syndicats viennent avec ces dossiers, très concrets, avec le nombre de mois, d'années travaillées, leur situation, etc. Ces rencontres n'ont plus lieu en ce moment. Tout est à l'arrêt. C'est terrible.

On parle d'hommes et de femmes qui sont dans notre pays depuis des années, qui ont des enfants, qui vont à l'école, et qui se retrouvent sans droit. Certaines qui vivent encore à l'hôtel, alors qu'elles ont des salaires, 1500, 1600, 1700 euros, ils cumulent les emplois, ils cumulent les heures de ménage, ils travaillent dans des métiers les plus difficiles, sous-payés. Il y a même parfois de la traite d'êtres humains, parce qu'il n'y a pas de régularisation. Alors, gros sujet qui fait l'objet du nid rouge, on revient, c'est toujours le même, la réforme des retraites.

Alors, le Parti Socialiste, Olivier Faure, dit, bah, on peut mettre un pause, et puis, on fait une grande conférence de financement. Puis après, on verra, et peut-être, l'abrogation, évidemment, de la réforme, parce qu'elle sera caduque, il y aura un autre système. Vous, vous n'êtes pas hostile non plus à la mise sur pause, à une conférence sociale. François Bayrou, il a critiqué la réforme de la retraite, telle qu'elle a été présentée par les précédents gouvernements. Et il dit, elle a été mal préparée, mal expliquée. S'il la met en pause, vous dites, Banco, on n'exige pas l'abrogation préalable, et on accepte la discussion.

D'abord, je reviens sur, pour nous, ce qui est essentiel, c'est le respect du peuple et de ce qu'il dit. Et il s'est exprimé dans les urnes. Et les Français, très majoritairement, 80% des Français, 90% des salariés, demandent l'abrogation de cette réforme des retraites. Nous continuons de la demander. Et nous continuons de nous battre pour obtenir l'abrogation de la réforme des retraites. Comment on l'a fait ? Comment on arrive à aller dans ce sens ? Ça fera partie des discussions avec le Premier ministre, avec le gouvernement.

Et donc, lui, qui veut réconcilier les Français, rendant hommage à Henri IV, eh bien, qu'il réconcilie les Français et pas seulement avec la poule au pot façon Henri IV, mais qu'il le fasse aussi en revenant sur une réforme qui est rejetée par nos concitoyens. Et qu'il trouve les moyens de le faire. C'est la raison pour laquelle, dans trouver les moyens d'abroger cette réforme de retraite, trouver une forme de chemin, de voie de passage, c'est de donner une direction aux organisations syndicales, aux patronats, de se mettre autour de la table et de trouver les moyens. Moi, c'est ce que je demande.

Que toutes celles et ceux qui devraient partir en retraite, qui auraient dû partir en retraite sans cette réforme, puissent le faire. Voilà. Qu'ils puissent le faire, qu'on libère. et donc ça veut dire, ça veut dire, de mémoire, c'est 142 trimestres ou 148, c'est 42 annuités, c'est partir à 62 ans et pas à 64 ans. C'est leur permettre de partir maintenant. Ce sont des dizaines de milliers de personnes, je vois leur visage et j'imagine les reportages que vous pourriez faire, ça y est, une conférence sociale vient de décider que ceux qui auraient dû partir l'année dernière puissent partir, on les libère, ils rentrent chez eux avec une pension, non rabotée.

On retient ce que vous dites, il y a une voie de passage, effectivement, s'il y a conférence sociale, conférence de financement, comme on veut, c'est possible, il n'y a pas de préalable. La voie de passage et la conférence sociale n'a de sens que si le gouvernement donne une direction. Parce que s'il les met juste autour de la table en disant, entendez-vous, ça ne va pas marcher. Donc il faut que le gouvernement soit prêt. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut que le gouvernement soit prêt d'accepter de voter les recettes correspondantes qui s'élèvent à 3 milliards d'euros. En plus, ça coûtera en 2030, mais là, pour aujourd'hui, demain, c'est 3 milliards d'euros.

C'est le coût de la taxe sur l'électricité que le précédent gouvernement avait réussi à faire sauter. Donc nous pouvons le budgéter. Sur vos précédentes crises de parole,

16:55
Présentateur

vous disiez aussi, si on reste bloqué sur l'abrogation, on n'avancera pas. Des propos qui vous ont été vertement reprochés par certains dans votre parti qui font une lettre ouverte ces dernières heures qui vous disent « Il est temps que tu passes le relais, vous tutoyant vous, Fabien Roussel, qu'est-ce que vous leur répondez ? »

17:15
Invité

Je fais la différence entre eux et d'autres parce que ceux-là, ce sont ce que l'on appelle nos mésopposants, historiques.

17:24
Présentateur

Vous en avez aussi.

17:26
Invité

Hier, comme tout le monde, nous sommes un parti démocratique et hier, nous avons tenu une conférence nationale pour justement définir notre ligne de route, notre calendrier de travail.

17:39
Présentateur

Ils vous accusent de reniement.

17:39
Invité

Oui, mais laissez-moi finir. Cette résolution, justement, qui nous donne une feuille de route pour les mois qui viennent, a été votée à 79%. Bien. Donc, il y a toujours 20%. J'ai un stock d'opposants qui est là. Vous leur dites

17:53
Présentateur

de passer votre chemin ?

17:53
Invité

Non. On continue de débattre. Et d'ailleurs, parmi ceux qui ont signé, parmi ceux qui me demandent de passer le relais en me tutoyant, je ne les connais pas. Il y en a une grande partie, plus de la majorité, ne sont même pas membres du Parti communiste français. Donc, ce n'est pas difficile à faire ce genre de pétition. On ne se tutoie plus chez les communistes ? Non, mais ceux-là, je ne les connais pas. Il y a même des noms loufoques qui n'existent pas. Bref. Bon. Ce n'est pas le sujet. Passons là-dessus. Le sujet, pour moi, il y a d'abord notre combat, c'est d'obtenir l'abrogation de la réforme des retraites. Et nous voulons créer toutes les conditions pour cela. C'est clair.

Ensuite, ne faisons pas du mot et de la sémantique un objet de combat. L'objectif, c'est qu'il y ait des gens qui puissent partir en retraite maintenant. Ceux qui devaient partir, qu'ils puissent le faire. C'est clair. Et que le gouvernement accepte de voter dans une loi de financement de la sécurité sociale rectificative, qu'il accepte de voter les moyens pour qu'ils puissent partir en retraite. Et si le Parti communiste français, avec d'autres, d'autres forces de gauche ou le Modem ou d'autres, contribue à cela, eh bien, pour nous, ce sera une victoire. Et il n'y a pas de petite victoire.

Et si moi, demain, il y a des dizaines de milliers d'ouvriers qui partent parce qu'ils sont cassés par le travail, ce sera une victoire. et je serai heureux de l'avoir obtenu ou d'y avoir contribué modestement.

19:15
Fabien Roussel

Alors, continuons la liste des sujets importants sur lesquels il va falloir discuter entre différentes forces politiques adversaires. Le budget. Bien sûr. Très important. Donc, alors, premier point, ne pouvez-vous pas trouver un terrain d'entente avec les forces du Modem sur la partie fiscale ? Bien sûr. Et d'ailleurs, je me suis fait ressortir

19:35
Invité

les débats budgétaires qu'il y a eu. Et je rappelle que les 193 députés du nouveau Front Populaire, unis, d'un seul élan, ont mené une bataille au Parlement. À ce moment-là,

19:48
Présentateur

vous étiez unis, oui.

19:49
Invité

Mais on l'est toujours sur les questions fiscales. Je peux vous dire qu'il ne manquera pas une voix, il ne manquera pas une voix parmi ces 193 députés pour défendre la taxe de 2% sur les milliardaires pour défendre, et là, je vais vous donner deux mesures qui ont été votées par les députés du NFP et les députés du Modem. Alors, voilà. Le relèvement de la flat tax, cet impôt minimum sur le capital et sur les dividendes. Ils étaient d'accord pour la rendre pérenne et nous pouvons l'augmenter aussi. Et la deuxième mesure, c'est le taux minimal d'imposition de 20% pour les foyers déclarant 250 000 euros de revenus par an pour une personne. Et bien, là aussi, nous avions voté convergence.

Nous avons voté ensemble. Et bien, allons dans ce sens-là. Et travaillons à des majorités au Parlement en s'appuyant sur les 193 députés de gauche et écologie. C'est pour ça que je dis, je demande à ce que le président de la République accepte qu'il y ait un gouvernement qui regarde à gauche. Au lieu de regarder à l'extrême droite. Sinon, il va attraper un torticolis à faire de regarder à l'extrême droite. Il faut savoir un petit peu se détendre et regarder à gauche. c'est le sens dans lequel les gens ont voté aux dernières élections.

21:01
Fabien Roussel

C'est toujours plus facile en France de se mettre d'accord sur les impôts. Donc là, il y a des points de convergence effectivement pour augmenter les impôts. On peut augmenter les recettes. Mais, voilà. Oui, mais nos forces politiques ont toujours plus de facilité à tomber d'accord pour augmenter nos impôts. Mais on ne parle pas des impôts des Français. Plutôt que de... Attendez, je peux finir la question. Fabien Roussel, il faut finir la question. Il faut finir la question. Pas les impôts des Français. On parle des impôts des plus riches. D'accord, ils sont aussi français. Oui, d'accord, mais c'est les plus riches. Les Français font la différence.

21:28
Invité

Les plus riches, parfois... Vous êtes peut-être concernés, ça vous embête peut-être.

21:31
Fabien Roussel

Les plus riches, quand ils restent sur notre territoire, ils peuvent aussi participer à la vie économique. Tout à fait. Bon, donc mieux vaut aussi peut-être parfois qu'ils restent plutôt qu'ils s'en aillent. On peut peut-être se tomber d'accord. Mais ça, c'est un débat. Mais on ne parle pas de tous les Français. Oui, mais d'accord, mais ils sont aussi français. Sur les dépenses, parce que c'est facile de tomber d'accord sur les impôts, mais sur la baisse des dépenses publiques. Premier point, est-ce que vous, au NFP, vous partagez l'idée qu'il faut baisser la dépense publique déjà sur le principe ? Alors, je vais vous donner une ligne rouge. Ah bah voilà. Une de plus.

21:59
Invité

Pourtant, j'avais dit qu'il n'y en aurait pas. Une de plus. Mais dans les lignes bleu, blanc, rouge que je défends, il y en a quand même une rouge qui est celle de mon parti qui défend le monde du travail. C'est que s'il y a une hausse d'impôts ou de taxes sur les salariés, sur les travailleurs, ce sera miette. Non. Donc vous voyez, augmenter les impôts, les taxes, les factures, le pouvoir d'achat, les factures, le pouvoir d'achat, des travailleurs, des salariés, des retraités, non. Hors de question. C'est fini ça. On a assez payé. C'est fini. Et en revanche, pour aller chercher des recettes nouvelles, augmenter les impôts du capital, des dividendes des plus grandes fortunes, oui.

Je vous parle des dépenses publiques. Vous me répondez à les dépenses. Alors les dépenses. Non mais c'est parce que je veux aller jusqu'au bout et rectifier votre propos. Alors les dépenses. La deuxième chose, les dépenses. Il y a des économies à faire dans les dépenses publiques. Où ça ? Pourtant nous on dit attention la dépense publique elle est utile pour nos communes, nos services publics, etc.

Mais quand l'État décide de verser 200 milliards d'euros aux entreprises dont les plus grands groupes se servent le plus et que ces mêmes grands groupes utilisent cet argent public pour délocaliser leur entreprise à l'étranger comme le fait Michelin, comme le fait Sanofi, comme le fait ArcelorMittal, comme... Eh ben c'est terminé ça. Là c'est terminé. Ça c'est pas de la dépense publiée. Vous rigolez ou quoi ? C'est l'un court des comptes qui le dit. 200 milliards d'euros de crédit d'impôt, d'aide,

23:24
Fabien Roussel

de subvention, etc. Donc c'est encore sur les impôts. C'est-à-dire que c'est moins de crédit d'impôt pour les entreprises. Moi je vous parle de la dépense publique de l'État, des collectivités locales. Mais c'est un trou dans le budget de l'État. Vous rigolez ou quoi ? La sécurité sociale... Non mais...

23:36
Invité

Non mais les 200 milliards d'euros qui partent pour les entreprises, c'est bien... C'est 200 milliards d'euros qui manquent dans le budget de l'État. C'est de la recette en moins. Oui mais... C'est pas de la dépense en moins. Si on arrête de leur donner des sous sans contrepartie et sans critères, eh bien on va faire rentrer des sous

23:57
Fabien Roussel

peut-être qu'idéologiquement vous considérez qu'au contraire il faut augmenter la dépense publique. Je pense qu'il faut

24:02
Invité

augmenter la dépense publique en direction de nos collectivités, en direction de nos services publics. Nous avons besoin de plus de médecins, d'infirmières, lutter contre les déserts médicaux qui est une grande priorité, un grand sujet de préoccupation pour nos concitoyens. Lutter contre les déserts médicaux et rapidement former des infirmières, des aides-soignants, ouvrir des hôpitaux, ouvrir des urgences qui ferment partout. Il faut le faire et ça va nécessiter de la dépense publique. Mais un constat, c'est un constat, il va falloir donner des moyens à nos communes.

Il va falloir embaucher des profs, des AESH, des adultes pour s'occuper de nos enfants en situation de handicap qui aujourd'hui se retrouvent sans solution.

24:47
Fabien Roussel

Juste, les gens avec qui vous allez devoir discuter considèrent qu'au contraire il faut baisser la dépense publique.

24:50
Invité

Mais les besoins ils sont immenses.

24:52
Fabien Roussel

Mais là c'est un point

24:52
Présentateur

de désaccord total. Avec les chiffres, pardonnez-moi Fabien Roussel, juste sur la dette. Plus de 3200 milliards de dettes, des intérêts de la dette qui courent aussi à hauteur de près de 70 milliards d'euros cette année. Inquiétude sur les marchés, une note de la France dégradée, Arlette Chabot, un point sur les entreprises.

25:08
Invité

Oui, il y a deux éléments. Il y a à la fois la note effectivement d'une agence de notation, la note France dégradée. Puis quand vous parlez des entreprises et de revenir effectivement sur des allégements de charges, par exemple, ça correspond à une inquiétude qui est exprimée par des chefs d'entreprise qui disent en gros qu'on est dans une période d'incertitude incroyable. Donc on n'investit pas. Les PME, il y a une PME sur deux qui dit tout est stoppé, on ne sait pas où on va.

Donc la stabilité politique, les changements de pied, les demandes qui paraissent contradictoires, aggravent la situation sociale que vous décriviez tout à l'heure et pèsent au risque de peser à la fois sur l'emploi et les salaires. C'est pour ça qu'il faut sortir assez vite de cette situation et pas s'embarquer dans des discussions interminables, non ? Ah oui, je suis d'accord avec vous, oui. Oui, ça fait six mois que ça dure les discussions interminables depuis la dissolution. Donc il faut avancer.

Et quand je vois que l'Europe, la France est prise en étau entre d'un côté les pays d'Asie où il y a une partie de nos usines qui continue de délocaliser et les Etats-Unis et l'Amérique latine avec le Mercosur qui eux aussi investissent beaucoup ou ils investissent beaucoup et où nos usines délocalisent aussi. Eh bien, la France, l'Europe doit être plus armée pour pouvoir relocaliser son industrie, investir dans les services publics, répondre aux besoins de la population. Alors oui, on a besoin d'un choc d'investissement. On a besoin de libérer de l'argent, de faire en sorte que cet argent coûte moins cher pour investir. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.

C'est la grande différence par exemple avec les Etats-Unis qui décident d'injecter des milliers de milliards d'euros dans leur économie. C'est la première fois que vous célébrez les Etats-Unis. Mais écoutez, si vous me laissez aller jusqu'au bout, je vais vous surprendre jusqu'au bout. Je suis un peu étonné. Avec l'IRA, l'Inflation Reduction Act, excusez-moi, je ne suis pas fortiche en anglèche, ils investissent des milliers de milliards d'euros et notamment pour rendre le coût de l'énergie pas cher, ridiculement bas. En Chine, c'est une économie administrée et donc c'est l'Etat qui finance, comme aux Etats-Unis.

Et nous, on reste dans une économie ultra-libérale où on refuse de faire ces investissements-là. Pourquoi en France, alors que nous avons un avantage énorme avec nos centrales nucléaires, ne baisse-t-on pas drastiquement le coût de l'énergie pour justement avoir un choc de compétitivité énorme ? Deuxième chose, il faut libérer de l'argent. Quand j'entends des entreprises qui pour pouvoir investir, racheter une boîte, racheter une boîte, sont obligées d'aller sur les marchés financiers à des taux de 10 à 15 %. Ce n'est pas maintenant, c'est comme ça. Ils empruntent à 10-15 %. Le coût de l'argent, le coût du capital, il est énorme.

C'est pour ça que nous appelons-nous à une grande révolution fiscale. Moi, je prône que le secteur bancaire, les banques, la caisse des dépôts, mettent sur la table 200-300 milliards d'euros à prêter à taux zéro ou négatif sur des critères définis par l'État, critères climatiques, sociaux, industriels, et que cet argent soit à disposition des entreprises pour investir. Ayons un choc fiscal comme le font les États-Unis. Investissons et accompagnons nos entreprises. On baisse le coût de l'énergie, on baisse le coût du capital, on rend le monde économique attractif.

28:30
Fabien Roussel

Fabien Roussel, on continue la discussion dans un très court instant. Petite pause, restez avec nous. l'événement du dimanche avec Fabien Roussel sur LC.

28:47
Présentateur

Retour sur le plateau de l'événement du dimanche avec notre invité Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste. Je ne sais pas si c'est une ligne bleue, blanc ou rouge parmi ces lignes rouges justement. L'utilisation du 49-3. Quand François Bayrou a été nommé, vous avez demandé à ce que le 49-3 ne soit plus utilisé. Certains accusent le fait que ce soit un contournement tout simplement de la Constitution. c'est une arme, ça fait partie de la Constitution.

29:13
Invité

Oui, mais moi justement je ne veux pas être armé. Je veux qu'on vive dans un monde pacifique, dans une France pacifique sans arme. Et donc si on pouvait désarmer la Constitution

29:22
Présentateur

et du 49-3

29:24
Invité

et du 49-3 et de la motion de censure, je lis les deux. Parce qu'on parle de motion de censure, mais avant de parler de motion de censure, s'il y a une motion de censure, c'est parce qu'il y a un 49-3. Et donc, je suis contre l'arme atomique. Voilà, pas d'arme atomique sur le budget. Ça force à la discussion, ça force à trouver des majorités, ça force à construire des compromis dans le dialogue et à respecter le Parlement. L'un ne va pas sans l'autre.

29:49
Présentateur

Donc pas de 49-3, pas de vote

29:50
Invité

de motion de censure. Je demande, je demanderai au Premier ministre, nous demanderons, Premier ministre, et pas que moi, puisque Olivier Faure le fait, Marine Tondelier le fait, de ne pas utiliser le 49-3. Et du coup, il met en responsabilité les groupes de devoir trouver des compromis et avancer pour faire des majorités. Et ça n'enlève rien au clivage politique, puisqu'il peut y avoir des majorités gauche-droite, il peut y avoir donc des oppositions, on peut ne pas être d'accord et voter contre, mais avec une majorité qui se sera faite au Parlement et à l'Assemblée nationale.

C'est aussi une manière de respecter le vote des Français, de laisser les élus du peuple décider ensemble sans l'arme atomique nucléaire et je suis contre les armes atomiques. Le très frappant, c'est que tout à l'heure vous rappeliez qu'il y a eu des votes communs avec les députés du MoDem sur certains points. Effectivement, c'est plutôt les augmentations d'impôts que les baisses d'impôts. Vous chantiez un hymne à l'Europe tout à l'heure. C'est étonnant, vous, l'Européen. Il faut que l'Europe investisse plus. C'est un appel. Donc, finalement, François Bayreau, c'est possible de travailler avec lui. Il y a de l'espoir. La situation plus que Michel Barnier.

Vous le connaissez bien ou pas, d'ailleurs ? Moi, je connais bien François Bayreau depuis le temps qu'il fait de la politique et le peu de temps que j'en fais, mais on s'est côtoyés et rencontrés. Mais la question, elle est grave. La crise est grave. Le coût de la guerre, le coût de l'énergie en France, le coût du capital se posent comme des vrais sujets. Il faut y répondre. On ne sera pas d'accord sur tout. On va se battre. Il faut un rapport de force. Mais par exemple, quand je vois, on parle de l'Europe, que Mario Draghi lui-même propose de s'endetter plus avec un choc d'investissement pour pouvoir investir massivement, je dis, topons, allons-y.

Bien sûr, peut-être pas aux mêmes conditions que lui puisque lui le fait aux conditions du marché. Moi, je dis, faisons-le en prêtant un taux zéro négatif sur la base de critères définis démocratiquement quand ça répond aux besoins de la nation et du peuple. Mais nous avons besoin de libérer, libérer des milliers de milliards d'euros. Vous vous retrouvez avec François Bayrou sur ces sujets. J'en ai parlé avec le président de la République. Longtemps. Quand on s'est vu. De cette proposition. Parce que ça, c'est une proposition européenne. Mais avant que l'Europe se décide de s'engager là-dedans, on aura le temps de voir l'eau couler sous les ponts. Moi, je veux une solution française.

Et donc, j'invite le président de la République, j'invite François Bayrou, quand je le verrai, je lui dirai, je l'invite, à créer un fonds public en France permettant d'investir dans la baisse du coût de l'énergie, dans l'emploi et la formation pour aider nos entreprises à embaucher, à relocaliser l'activité, à les accompagner, à racheter des entreprises. Quand je vois ArcelorMittal, mais ArcelorMittal, c'est la sidérurgie française, c'est la colonne vertébrale de notre industrie. Et donc, justement... ArcelorMittal, il menace de fermer ses 60 000 emplois. C'est une famille

32:52
Présentateur

sur cinq chez moi. Donnons-en à ces consultations, justement, qui auront lieu à partir de demain. C'est important d'en parler.

32:58
Fabien Roussel

Alors, justement, Fabien Roussel, nous venons à l'instant d'obtenir la confirmation des informations de nos confrères de la tribune dimanche. Confirmation. Pardon. François Bayrou commence demain une série de consultations. Oui. Ça commence avec Marine Le Pen et Jordan Bardella demain à 9h. Il prend les groupes politiques dans l'ordre de leur puissance numérique à l'Assemblée nationale. D'abord, là-dessus, le fait que, contrairement au président de la République, François Bayrou, lui, discutera donc et invitera le Rassemblement national et LFI. Sur ce point, déjà, quel est votre sentiment ?

33:32
Invité

Quand je vous dis qu'il faut respecter le Parlement et les élus du peuple et donc construire des majorités des oppositions, ça se fera avec tout le monde. Vous ne pouvez pas exclure un groupe. Ça, ça n'existe pas dans la vraie vie. Des majorités des oppositions, une motion de censure ou pas, ça se construit avec les députés existants.

33:52
Présentateur

Mais Emmanuel Macron, mardi dernier, a fait ce choix-là. Il ne les a pas reçus.

33:55
Invité

Oui, mais c'est pas parce qu'il ne l'a pas fait qu'on est d'accord avec lui. Donc là,

34:00
Fabien Roussel

la méthode Bayrou vous convient davantage.

34:03
Invité

Les premiers ministres reçoivent tout le monde, écoutent tout le monde ce qu'il a à dire et Cécile Kuckerman et André Chassaigne, la présidente du groupe communiste au Sénat et André à l'Assemblée, iront et feront les propositions que nous avons pour répondre aux besoins du pays.

34:21
Fabien Roussel

Peut-être vous aussi puisque Jordan Bardella est invité demain matin. Donc peut-être que là, vous êtes en mode avion pendant notre émission mais vous avez peut-être reçu l'invitation.

34:28
Invité

On verra bien, on trouvera les formes. Moi, je respecte le Parlement et je respecte le fait que ce soit les parlementaires qui discutent avec le Premier ministre et trouvent des solutions parce que ce sont eux qui seront en première ligne. C'est plutôt encourageant, vous avez l'impression que François Bayrou il dit qu'il va être totalement Premier ministre, il va assumer totalement la fonction. Donc là, ça plutôt, ça vous réjouit quand même un peu là, on sent bien. Non, je ne me réjouis pas. Il ne faut pas pousser non plus. Cessez d'être affligé alors on va dire comme ça.

Mais ce que je veux dire, rappelez ce que j'ai dit quand même au début, c'est que ça reste pour nous un déni de démocratie quand même. Enfin, M. Bérou est un soutien de M. Macron depuis 2017. Il est dans son camp et avec ses députés, ils ont voté toutes les lois les pires pour le peuple. Donc quand même, il a un petit bilan dans le dos que je ne vais pas oublier du jour au lendemain. D'ailleurs, si ça peut rassurer tout le monde, nous serons dans l'opposition. nous serons un parti d'opposition. Mais les députés et sénateurs communistes, ils ont été d'ailleurs plus souvent dans l'opposition qu'au gouvernement. Ça nous est arrivé quand la gauche était là.

Mais on sait être dans l'opposition, mais on sait aussi à chaque fois arracher des victoires. Et dans le discours de conclusion que j'ai fait hier à la conférence nationale que nous avons dû, c'est ce que j'ai appelé. C'est être une force d'opposition, mais aussi être une force qui partout où elle le pourra, saura arracher des victoires. Et c'est important pour nous.

35:54
Présentateur

Vous disiez en début d'émission, vous appelez le nouveau Premier ministre François Béryot à regarder plus à gauche. Le nom de Bruno Retailleau revient très régulièrement pour rester à l'intérieur. Gérard Larcher, le Président du Sénat dans un entretien à la Tribune dimanche, dit qu'il faut de la continuité dans l'action publique et qu'il faut conserver Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur. Est-ce que ce serait un signal de trop pour vous ? Est-ce que Bruno Retailleau, ministre des missionnaires, doit quitter ses fonctions et doit être remplacé ?

36:21
Invité

C'est sûr que si, déjà, déjà, on a la nomination encore d'un membre du camp macroniste avec M. Béroud et si, en plus, on conserve M. Retailleau qui est de chez les Républicains, c'est encore une fois deux forces politiques qui ont été largement battues les deux plus petits groupes qui vont diriger la France. Excusez-moi, c'est quand même pas le meilleur signal que l'on peut renvoyer aux Français.

36:51
Fabien Roussel

Soyons clairs. Est-ce que Retailleau égale censure ?

36:56
Invité

Nous ne raisonnons pas comme ça. Non, mais voilà, c'est intéressant de vous entendre. On raisonne, nous, en fonction, à chaque fois, de ce qu'on a dans l'assiette. Voilà. C'est-à-dire, qu'est-ce que François Béroud va mettre dans son discours de politique générale ? Il n'y a pas de doucas à dominer. qu'est-ce qu'il va y avoir ? Disons que quand on garde M. Retailleau comme ministre de l'Intérieur, ça n'envoie pas un bon signal.

37:18
Présentateur

Il a cité François Mitterrand lors de la passation de pouvoir. Vous y voyez un signal ?

37:22
Invité

Je vous le confirme. Oui. Mais, en tout cas, c'est pour nous, ce n'est clairement pas un bon signal. Mais, encore une fois, on juge en fonction de ce qu'il y a dans le discours. Et j'appelle le Premier ministre à proposer un vote de confiance à l'issue de son discours parce que c'est nécessaire que chacun puisse se déterminer. Il va y avoir à peu près un mois puisque la reprise c'est mi-janvier. Et donc, utilisons ce mois, qu'il utilise ce mois pour discuter regarder ce qu'il pourrait faire en sorte qu'à gauche ou une partie de la gauche on puisse éviter Arlette Chabot juste opposer et de voter

38:04
Fabien Roussel

contre tout. Arlette Chabot, juste pointer quand même l'appel de Fabien Roussel à François Bayrou d'organiser, de déclencher un vote de confiance après son discours de politique général. A vous Arlette.

38:14
Invité

Oui, alors ça c'est important et on verra s'il y a censure ou qui la votera. Exactement. Simplement quand même, les personnalités, bon, il faut envoyer des signaux. Alors les signaux c'est attirer effectivement peut-être des personnalités de gauche ou qui ont exercé des responsabilités dans des gouvernements de gauche ces dernières années. Est-ce que c'est rassurant parce que généralement dans d'autres on dit ah ben non c'est du débauchage, ça n'a aucune valeur. Donc des anciens ministres qui ont travaillé ou siégi dans des gouvernements de François Hollande, ça donne une tonalité. On entend les noms

38:44
Fabien Roussel

François Ripsamène, Pierre Moscovici. Voilà, par exemple, Pierre Moscovici est en fonction.

38:50
Invité

Donc ça c'est symbolique ou bien vous dites non ça ils se foutent de nous ? Franchement, je vais vous dire madame Chabot, les noms, je m'en moque. Je m'en moque au final. Ce qui compte c'est ce qu'il faut. Je pense, je pense là maintenant aux salariés des fonderies de Bretagne. Bien sûr. Je pense à ceux d'Arcelor. Mais est-ce qu'on n'a le droit de pas vous croire ? Est-ce qu'on n'a le droit de pas vous croire ? Ce que je veux dire, c'est qu'il y a des réponses urgentes à apporter aux Français. Ils ne vont pas regarder qui l'a fait et comment c'est fait et par où c'est venu.

Mais est-ce que ces salariés qui vont passer les pires fêtes de Noël, on leur envoie un signal avant pour les rassurer ? Mais en même temps, le problème c'est que la composition de gouvernement, de la composition peut dépendre de la stabilité et la stabilité ce sont les entreprises et les emplois. C'est ça, tout est lié en fait. Oui, mais les faiseurs de roi aujourd'hui, ce n'est pas Retailleau, Bérou et compagnie. Les faiseurs de roi, c'est les marchés financiers, c'est Renault, c'est Peugeot, c'est M. Mittal. Et donc, est-ce qu'on va décider... C'est pour ça qu'il veut de la stabilité, pas de la censure.

Est-ce qu'on va avoir une fois pour toutes un gouvernement qui aura le courage de leur tenir tête et de dire hors de question de dépecer l'industrie de notre pays ? Vous n'avez pas le droit de licencier quand vous faites des bénéfices. de notre pays à notre industrie. Regardez le texte de loi que nous déposons avec mon collègue Yannick Monnet à l'Assemblée nationale visant à interdire les licenciements boursiers dits abusifs avec ces entreprises, ces grands groupes qui versent des milliards d'euros de bénéfices qui ont touché de l'argent public et qui, comme ça, sans aucune entrave, peuvent fermer des usines et les délocaliser en Pologne ou ailleurs.

Ça, c'est le moteur du vote Rassemblement national. Si on veut parler de choses sérieuses. Et donc, il faut apporter une réponse forte, républicaine, nationale, pour dire l'industrie, c'est la vie, c'est indispensable. M. Béroud peut avoir les meilleures intentions du monde, il ne reconstruira pas la France dans une France sans usine. Il ne reconstruira pas la France dans une France où il y aura 4 degrés de plus. Il ne reconstruira pas la France dans une France sans service public. Et c'est ce à quoi nous l'appelons nous. C'est d'agir fortement. Et c'est pour ça qu'il y a besoin d'un choc massif d'investissement. Je vais même vous rassurer.

On ne le fera pas en allant taxer que les riches et le capital. Ça ne suffira pas tellement les investissements sont importants à avoir. Et vous le savez bien, quand il faut baisser le coût de l'énergie, quand il faut soutenir les investissements, ce n'est pas les 10, 20, 30 milliards d'euros que l'on va aller chercher en taxant les riches qui permettront de répondre à ces besoins. C'est pour ça qu'il faut, nous on appelle ça une révolution, mais modeste, mais qu'il nous faut un choc important de l'ornière dans laquelle elle est aujourd'hui. Et donc, qu'importe les noms, qu'importe les noms, nous voulons des solutions. Et nous voulons que la France vive et reste belle, forte, et dirigée,

41:51
Fabien Roussel

prête à relever les défis. Nous voulons des solutions. Vous venez de le dire, Fabien Roussel. C'est qui, nous ? Le NFP a-t-il encore une existence ? Vous savez, cette fameuse réalité sur laquelle on se cogne. C'est celle d'une coalition que plus rien n'unit. Stratégiquement, vous êtes radicalement opposé aujourd'hui à la France insoumise. Oh, radicalement. J'ai eu des gros mots. Il demande la démission de Macron. Vous, vous dites qu'il faut qu'on discute avec Bayrou. Ça me fait rire. C'est vrai. C'est pareil. C'est tellement à 10 millions des préoccupations de nos concitoyens.

42:24
Invité

Je ne pense pas.

42:24
Fabien Roussel

Les électeurs de gauche

42:25
Invité

sont attachés à l'union de la gauche. C'est l'écume des vagues, tout ça. Ce que je peux vous dire, c'est que les 193 députés des forces de gauche et écologistes ont été élus sur la base d'un programme que les Français connaissent. Ça forme une coalition. Nous avons su ensemble défendre des propositions très concrètes pour justement augmenter les recettes du pays, ne pas toucher à nos services publics, investir dans la santé, dans l'école, etc. Et je sais, je sais, sans trop m'avancer, que ces 193 députés seront unis de la même manière pour continuer à les défendre demain. maintenant qu'il y ait des divergences, parfois des grosses divergences, très grosses. Oui, pourquoi vous les prenez

43:04
Fabien Roussel

sur des sujets sur des sujets avec dérision ? Par exemple, la divergence sur les conséquences des attentats du 7 octobre, elle n'est pas à tourner en dérision. Par exemple, la divergence sur le fait de...

43:16
Invité

C'est bien pour ça que je vous dis qu'il y a des grosses divergences. Vous pouvez avoir des grosses divergences qui fait que nous sommes différents et parfois très différents. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon

43:26
Présentateur

a prévu la gauche ? Est-ce qu'il a prévu la gauche ?

43:28
Invité

Cette divergence, d'ailleurs, nous les assumons. Je l'ai dit. Je les assume. Voilà. Et nous n'irons jamais dans la direction de la France insoumise sur tel ou tel sujet. Je l'ai dit. Mais est-ce qu'il ne faut pas rompre ? Jean-Luc Mélenchon ?

43:41
Fabien Roussel

Ne simplifierait-elle pas les discussions à venir

43:43
Invité

avec les autres forces politiques ? Je pense qu'aujourd'hui, quand nous, nous disons qu'il y a une véritable menace que l'extrême droite se renforce dans le pays, les sondages, d'ailleurs, indiquent plutôt ça, l'extrême droite grandit sur le désespoir. Je l'ai dit tout à l'heure. Et donc, il faut donner de l'espoir. Il faut donner de l'espoir. Et nous, la gauche, nous avons cette responsabilité de porter un projet d'espoir pour nos concitoyens. Et nous avons des différences. Je suis, moi, pour que les forces de gauche que nous représentons, le NFP, nous puissions exprimer cela dans des débats. C'est pour ça qu'on appelle à des états généraux pour pouvoir discuter avec nos concitoyens.

Fabien Roussel, juste, excusez-moi, un instant.

44:26
Présentateur

La question énergétique est un sujet passionnant. Vous dites que c'est l'écume des choses. Vous parlez d'écume des choses. Pardonnez-moi. Les déclarations récentes de vos alliés socialistes, Jean-Luc Mélenchon, affaiblit la gauche. Est-ce que vous pouvez continuer à travailler ensemble ? Vraiment ? Certains parlent de divorce.

44:47
Invité

Je comprends ce que dit Olivier Faure.

44:50
Présentateur

Et vous n'êtes pas d'accord avec lui ?

44:51
Invité

Moi-même, si j'ai été battu dans ma circonscription, c'est parce que j'ai fait une alliance avec les insoumis, M. Mélenchon, et que dans un territoire comme le mien, c'est rédhibitoire. Et ça fait peur. Et c'est la raison pour laquelle, si demain, je devais me représenter dans cette circonscription, je ne le ferais pas avec les insoumis, mais peut-être avec le soutien d'autres forces de gauche. Et donc la question n'est pas de dire c'est fini, on ne travaille plus ensemble, on ne parle plus ensemble.

Nous disons d'ailleurs, nous, nous appelons à ce que, pour gagner aux élections législatives, nous puissions construire partout, sur tout le territoire, dans toutes les circonscriptions, les meilleures candidatures de rassemblement avec les forces de gauche et écologiste, mais correspondant aux réalités d'un territoire. Et quand je vois que Jean-Luc Mélenchon est un sésame dans certains endroits, qu'il vote Jean-Luc Mélenchon et des candidats qu'il le représente. Mais là où il fait peur, qu'on évite de l'utiliser parce que ça ne marche pas ça.

Moi je veux une gauche qui gagne, qui donne de l'espoir, qui soit authentique, qui soit fidèle à ses valeurs et qui soit républicaine, laïque et universaliste. C'est mon combat et on se battra nous pour des candidatures portant ces valeurs-là.

46:05
Fabien Roussel

Fabien Roussel, dans le moment politique historique que nous traversons, que dites-vous à Jean-Luc Mélenchon ? Que doit faire Jean-Luc Mélenchon pour aider le pays dans le moment que nous traversons ?

46:14
Invité

Vous lui poserez la question.

46:15
Fabien Roussel

Vous, qu'avez-vous à lui dire ?

46:17
Invité

Moi, je n'ai rien à lui dire. On ne se parle plus depuis longtemps et donc ce n'est pas le sujet. Moi je parle aux Français, je cherche des solutions pour la France, pour ceux qui sont aujourd'hui menacés dans leur emploi, pour ceux qui pensent à leur pouvoir d'achat, c'est tout. Le reste après, je vous dis, on a un programme, on a des députés qui savent travailler ensemble pour défendre des mesures fiscales, un budget. D'ailleurs, on avait dit, on avait réussi à faire voter un budget NFP compatible qui répondait aux besoins du pays. Je suis certain qu'on va continuer à le défendre ensemble et c'est une bonne chose.

Mais il y a un problème parce qu'on vous entend dire il faut se préoccuper des salariés dans les entreprises, il faut aider, effectivement, sauver des emplois, il faut se battre pour le pouvoir d'achat, on est là sur le terrain. Et puis à côté, vous avez un partenaire qui ne pense qu'à précipiter des échéances électorales. Donc ça pose quand même un vrai problème à la gauche. Ça pose un problème, vous avez raison, parce que nous, ce n'est pas notre priorité. Et au bout du compte, pourquoi ? Pour favoriser Marine Le Pen et avoir un second tour face à face avec Marine Le Pen ? Ce n'est pas notre priorité. Ce n'est pas votre stratégie ? Non, ce n'est pas notre stratégie, non.

Alors comment vous faites pour le contrer ? C'est les Français qui décident, c'est tout. On n'est pas d'accord, on le dit, et puis après, les Français se déterminent.

47:23
Présentateur

Vous nous évoquez les élections législatives, les Insoumis, eux aussi, une élection présidentielle, sans doute anticipée en tête. Faudra-t-il un candidat unique à gauche ? Quand on vous l'entend, on en doute.

47:35
Invité

Mais vous me parlez de présidentielle...

47:37
Présentateur

Mais parce qu'ils sont beaucoup à en parler, pardonnez-moi.

47:39
Invité

Écoutez, pour nous, nous le disons, ce n'est pas la priorité. On prendra et on fera notre choix le moment venu. Et nous l'avons dit aussi hier. Et on a des instances pour ça, pour concerter, pour discuter. C'est pour ça qu'on veut faire des états généraux et qu'on va aller débattre avec les Français. Il faut écouter ce que disent les Français. Je voudrais qu'on parte de là. Le retour au peuple. Pas mal quand même comme programme. Écouter. Et entendre ce qu'il dit. il y a une demande d'union de la gauche. Elle existe, elle est forte. Il y a une peur de l'arrivée de l'extrême droite. Elle existe, elle est forte. Tout ça, il faut l'entendre.

Et puis, il y a des mesures d'urgence que les Français attendent. Nous voulons porter ça. Concernant l'élection présidentielle, nous avons dit que quand le moment viendra, on en parlera. Mais en tout cas, nous, avec le programme que nous portons, au regard de la gravité de la crise, et quand je parle de comment on peut libérer l'argent du capital, comment on peut faire en sorte de baisser le coût de l'énergie, nous disons que nous avons un programme qui a toute légitimité à être présenté aux Français.

Et nous avons aussi des personnalités, et moi-même, j'ai été candidat à l'élection présidentielle, qui ont aussi toute vocation à porter le rassemblement des forces de gauche sur la base d'un programme qui parle à tout le monde. Et donc, je ne dis pas que nous ferons acte de candidature, que je fais acte de candidature. Je dis que le moment venu, on en parlera, mais en tout cas, on ne vaut pas moins que les autres. Voilà.

49:09
Présentateur

Et ça, vous le ferez valoir.

49:10
Invité

Et ça, je le dis, ça. Et donc, nous sommes aussi une force politique avec des élus dans les villes, dans les départements, dans les campagnes, comme dans les grandes villes. Voilà. Dans la ruralité, comme dans les banlieues. Une histoire des propositions que les gens connaissent. Et donc, au nom de cela, nous sommes une force qui compte et qui peut aussi incarner le rassemblement. Et nous le faisons dans des grandes villes, dans des villages. Et nous l'avons fait nationalement. On pourrait le refaire demain.

49:40
Fabien Roussel

Fabien Roussel, l'actualité de ce dimanche, c'est aussi, bien sûr, la visite du pape en Corse. Oui, bien sûr. Et j'aimerais bien avoir votre... Il s'est exprimé, le pape François, sur un point qui intéresse beaucoup les Français. C'est celui de la laïcité. J'aimerais bien avoir votre sentiment. François a plaidé pour une laïcité, je cite, qui ne soit pas statique et figée. La foi ne reste pas un fait privé, a dit le pape François dans sa visite en Corse. Il défend une saine laïcité. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

50:07
Invité

C'est un débat sain, S.I.N. Et j'aime bien les réflexions du pape François, notamment sur la Méditerranée, la fraternité, l'accueil des migrants. Il a un discours qu'on devrait entendre un peu plus souvent en France. En tout cas, sur des voies sécurisées pour pouvoir les accueillir dans de bonnes conditions, éviter qu'ils meurent dans la mer. Concernant la laïcité, la laïcité, pour nous, est une liberté. Celle de croire ou de ne pas croire. C'est la République française. Et cette laïcité, elle doit être vivante. Elle ne doit pas être vécue comme une contrainte. Et elle doit aussi savoir s'adapter aux évolutions du monde et de la société.

et la laïcité, c'est aussi elle qui nous protège de tout fondamentalisme, toute forme d'intégrisme et d'où qu'ils viennent. Voilà. Et donc, c'est pour nous une loi essentielle de la République dont il ne faut pas abîmer les principes parce qu'ils sont fragiles et ils participent à la cohésion de notre société, de notre République laïque, universaliste. Arrêtons d'essentialiser les Français, nos citoyens, en fonction de leur religion et de les diviser en fonction de leur religion. La laïcité doit nous protéger de cela, de permettre à chacun de vivre sa foi, de permettre à ceux qui n'en ont pas aussi, et de vivre ensemble en République. Et ça, c'est important pour nous.

51:47
Présentateur

Fabien Roussel, on arrive presque à la fin de cette émission. Je vais vous interroger sur des propos qui, de votre part, nous ont peut-être un peu interpellés. Vous parliez... Qu'est-ce que j'ai dit ? Qu'est-ce que vous avez dit ? Non, vous parliez de François et des migrants. Vous avez dit que, effectivement, vous étiez pour le fait que la France envisage une suspension des examens de demande d'asile des Syriens parce que vous craignez peut-être l'arrivée de djihadistes sortis de ces prisons. vous trouvez une mesure finalement de précaution.

52:11
Invité

D'abord, j'ai fait une erreur quand j'ai regardé l'émission parce qu'on m'interrogeait sur les terroristes, les islamistes français. D'accord. Ils ne sont pas concernés. Ils sont français. Bon, d'accord.

52:22
Présentateur

Mais ces Syriens

52:23
Invité

qui... Ils ne sont pas concernés par ça.

52:25
Présentateur

Et donc, aujourd'hui... Cette suspension qui pourrait...

52:28
Invité

Mais je n'ai pas compris pourquoi ce débat venait. Parce que le sujet, c'est quand même plutôt que les réfugiés syriens qui ont été accueillis parce qu'ils fuyaient la terreur du dictateur Sade, aujourd'hui, que l'on puisse créer les conditions qu'ils puissent rentrer chez eux, vivre en paix, en harmonie dans leur pays. Et donc, c'est plutôt dans ce sens-là que ça doit être vu. Donc, je ne vois pas pourquoi ce débat vient. La question ne doit pas se poser. En revanche, c'est vrai que venant d'un certain nombre de pays, il y a toujours une menace terroriste qui existe et qu'on doit être vigilant. Donc, ce n'est pas une question de fermeture des frontières. Mais c'est d'un contrôle avisé

53:09
Présentateur

des autorités

53:10
Invité

pour éviter que la menace terroriste ne s'amplifie dans notre pays.

53:17
Présentateur

Fabien Roussel, merci infiniment d'avoir accepté notre invitation. Merci David. Merci Marie. Merci Arlette. Merci Arlette.

53:21
Locuteur

Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette. Merci Arlette.