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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 9 septembre 2016 9 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Marine Le Pen entre en campagne - les questions SMS #cdanslair

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteÉludée

    Un de vos invités voyait plus d'avenir à Marion Maréchal-Le Pen qu'à Marine Le Pen. Vous êtes d'accord ?

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Marine Le Pen est-elle la leader incontestée du Front national ?

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Si elle est au second tour avec un score moyen, quel impact sur les législatives ?

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Quelle est la tranche d'âge la plus favorable au vote Front national ?

  • 2:02OuverteRéponse directe

    Si le FN gagnait en 2017, qui composerait son gouvernement ? Qui serait Premier ministre ?

  • 2:49OuverteRéponse directe

    Un gouvernement de droite pourrait-il nommer Marine Le Pen ministre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14PrésentateurFait
    « Marine Le Pen est la leader incontestée du Front national. »
  • 3:14InvitéFait
    « Ce que l'on sait du Brexit, pour l'instant, n'est pas si catastrophique pour le Royaume-Uni. »
  • 4:13InvitéFait
    « Nous, en tant qu'institut de sondage, ce qu'on a fait, c'est qu'au bout d'un an d'élections, on est allé interroger des échantillons dans ces villes. »
  • 8:00PrésentateurFait
    « Le discours économique qui consiste à dire « on sort de l'euro et tout ira bien par un coup de baguette magique », personne n'y croit. »

Temps de parole

  • Invité28 %
  • Invité 223 %
  • Invité 318 %
  • Invité 418 %
  • Présentateur13 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Invité

— Béatrice Fouchard, la première question est pour vous. Un de vos invités dans une précédente émission voyait plus d'avenir à Marion Maréchal-Le Pen qu'à Marine Le Pen. Vous êtes d'accord avec ça ?

0:14
Présentateur

— Écoutez, pour l'année prochaine, chaque chose en son temps. Pour l'année prochaine, Marine Le Pen est la leader incontestée du Front national. Qu'est-ce qui se passe si elle est au second tour, mais que le score est moyen et que derrière... Il compte beaucoup sur les élections législatives, peut-être même plus sur les législatives que sur l'élection présidentielle. Avoir beaucoup de députés, faire un groupe à l'Assemblée nationale, peser ensuite pendant 5 ans dans la vie politique. Si ces résultats-là étaient très moyens, on va dire, il n'est pas impossible qu'il y ait un problème interne.

0:42
Invité

— Question suivante. Elle est pour vous, Jérôme Fourquet de l'IFOP. Quelle est la tranche d'âge la plus favorable au vote Front national ? — Alors c'est de manière récurrente les 35-49 ans. Alors pourquoi ça ? Alors on peut y voir un parallèle générationnel avec Marine Le Pen. Bon, c'est une explication, mais elle est un peu courte, je pense. L'autre explication, c'est la tranche d'âge qui concentre le plus d'actifs. Quand on est à moins de 35 ans, notamment dans les enquêtes 18-24 ans, on a encore pas mal d'étudiants. Plus de 49 ans, 50 ans et plus, on va commencer à avoir des retraités ou des pré-retraités. Donc le cœur de la France active est situé entre 35 et 49 ans.

Ce sont aussi des publics qui ont un certain nombre de fragilités ou difficultés à gérer, c'est-à-dire meneurs de front de carrière. On est encore loin de la retraite. Souvent des enfants à charge. Souvent aussi parfois des emprunts immobiliers. Et donc cette fameuse France qui se lève tôt. Donc c'est cette France-là qui vote le plus majoritairement et de manière assez récurrente pour le Front national. On pourrait ajouter aussi que sur les plus âgés, l'idée de rupture fait peur. Et donc les 35-49 ans ne sont pas là-dedans. Et sur les plus jeunes, on a d'autres problématiques, même s'il est assez élevé également sur les moins de 35 ans. Un peu de politique fiction.

Si le FN gagnait en 2017, qui composerait son gouvernement ? Pascal Perrineau, vous avez vu. Qui serait Premier ministre ? Alors, Marine Le Pen, c'est le président qui décide sous la Ve République de son Premier ministre. Si elle gagne, il faudra qu'il y ait une coalition. Aucun parti n'a réussi à gagner à lui tout seul l'élection présidentielle. Même le général de Gaulle était dans un système de coalition. Donc Marine Le Pen, si on se place dans la politique fiction que vous me présentez, Marine Le Pen aura besoin d'alliés. Et à ce moment-là, ben voilà, on récompense en général au gouvernement et peut-être au poste de Premier ministre, celui ou celle qui s'est alliée avec lui.

Qui aurait appelé à voter pour elle. Encore une question de politique fiction. Un gouvernement de droite pourrait-il nommer Marine Le Pen ministre ? Béatrice Houchard.

2:59
Présentateur

Si c'était la semaine prochaine ou demain matin, non.

3:02
Invité

Oui. Ça paraît improbable.

3:04
Présentateur

Oui.

3:04
Invité

Ça paraît improbable. Une question sur l'Europe. Marine Le Pen, peut-elle prôner pour la France une sortie de la zone euro et de l'UE avec ce que l'on sait du Brexit ? Gaël Broustier. Ce que l'on sait du Brexit, pour l'instant, n'est pas si catastrophique pour le Royaume-Uni. Mais au-delà, il y a un paradoxe en fait chez les Le Penistes. C'est-à-dire qu'il y a d'abord la fixation de Florian Philippot sur la question de l'euro qui est un peu un truc monomaniaque et un peu curieux. Mais après, l'hostilité à l'UE des électeurs du Front National n'a jamais été leur première motivation dans le vote Front National.

C'est-à-dire que, par exemple, en 1984, les 10% votent pour des listes qui, en fait, sont plutôt européistes. C'est le grand paradoxe. Il y a une évolution du Front National, chemin faisant. Et il y a un problème majeur, c'est que la société française n'aime pas trop le désordre et que s'ils n'aiment pas l'euro, ils ne sont pas forcément pour la sortie de l'euro, qui est un facteur d'incertitude pour un grand nombre de gens qui sont déjà fragilisés socialement. D'où, en fait, la tentation d'une partie du Front National, autour de Marion Maréchal, je crois, de mettre cette question légèrement de côté. Jérôme Fourquet.

Les villes qui ont basculé vers le FN aux dernières élections, s'en sortent-elles sans compromis ? Alors, écoutez, là, il faut faire un travail d'objectif. Nous, en tant qu'institut de sondage, ce qu'on a fait, c'est qu'au bout d'un an d'élections, on est allé interroger des échantillons dans ces villes. Et ce qu'on a constaté, c'est que le niveau de satisfaction de la population locale par rapport au travail de l'exécutif local, de la mairie, de la municipalité, était plus élevé que dans la moyenne des villes françaises. D'ailleurs, ça s'est sanctionné quelques mois plus tard aux élections départementales et régionales.

Dans toutes les villes, notamment du Sud, que le Front National a conquises au municipal la dernière fois, les cantons, par une logique de domino, sont tombés dans l'escarcelle du Front National. Et au régional, le Front National a considérablement amplifié ses scores dans ces villes par rapport. Donc, pour l'instant, on n'est pas du tout dans le schéma que Gaël rappelait tout à l'heure de 95, avec Orange, Vitrolles, Marignane et Toulon, où les équipes municipales frontistes, hormis Orange, où Jacques Bompard est toujours présent, mais où elles avaient beaucoup déçus. Ça s'était terminé en fiasco. Là, pour l'instant, c'est plutôt le schéma contraire. Regardez Nimbomont.

Il y a six cantons qui sont tombés dans l'escarcelle du Front, derrière, dans le bassin minier. Donc, tout ça est, pour l'instant, positif et bien validé la stratégie d'enracinement local. Béatrice, vous nous parliez à l'instant des législatives, qui seraient le véritable objectif de Marine Le Pen. Vas-y, la question suivante. Où en est le scrutin proportionnel promis par François Hollande pour les législatives ?

5:42
Présentateur

Je pense que là, il est un peu tard pour changer le mode de scrutin, étant donné qu'on est à huit mois des élections.

5:46
Invité

Ça ne sera pas pour ce coup-ci.

5:47
Présentateur

Ça ne sera pas pour ce coup-ci. Ça changerait complètement la physionomie de l'Assemblée. Oui, le Front National, avec un peu moins de 10% en 1986, proportionnel intégral départemental, si ma mémoire est bonne, avait eu 35 députés. Donc, vous imaginez, avec ses scores d'aujourd'hui. Mais bon, ça n'est pas pour l'année prochaine.

6:01
Invité

Pascal Perrineau, comment est perçu le Front National de Marine Le Pen dans les autres pays ? On parlait de l'interview à CNN. Il y a eu un voyage au Québec qui ne s'était pas très bien passé. Alors, si vous voulez, la respectabilité progresse, mais il y a encore du travail à faire. Quand on voit, par exemple, la réaction des Britanniques, la réaction des Nord-Américains, elle attire. Elle fait de temps en temps, en effet, interviewée par CNN, ce n'est pas n'importe quoi. Elle a fait la une de grands magazines du monde anglo-saxon.

Mais on voit bien encore que ce parti, à tort ou à raison, est identifié encore à l'idée de la xénophobie, du racisme et de l'antisémitisme, beaucoup pas l'étranger. C'est un parti encore qui dérange, qui fait peur. Et donc, le travail, et c'est important dans la perspective d'une présidentielle, Le travail pour rassurer, sur ce créneau du racisme, de la xénophobie, pour rassurer les partenaires étrangers, est un travail important. Des reports de voix de l'extrême gauche vers le Front National sont-ils possibles ? Gaël Brustier. Non, ça c'est le... Il y a une vieille fable selon laquelle les deux extrêmes se rejoignent, etc. En vérité, il y a une très très faible...

Jérôme Fourquet me contredira peut-être, mais je crois qu'il y a une très faible attirance de l'électeur Front de Gauche, par exemple, ou d'extrême gauche pour le Front National, pour une raison assez simple, c'est que ce sont des électeurs très politiques, qui ont une vision du monde très ferme, et qui sont donc beaucoup moins susceptibles que d'autres secteurs électoraux de pencher du côté du Front National. Après, vous avez toujours des destins. L'histoire de France est pleine de destins individuels, du type d'Oriot, passer du parti communiste au fascisme, mais ça, c'est des cas, on va dire, beaucoup plus particuliers. La dernière question, Béatrice.

La faiblesse du Front National n'est-elle pas surtout dans ses propositions économiques ?

8:00
Présentateur

Oui, en grande partie, et surtout sa crédibilité économique, c'est-à-dire que le discours économique qui consiste à dire « on sort de l'euro et tout ira bien par un coup de baguette magique », personne n'y croit. Donc, il y a un gros travail au moins de pédagogie et pour étoffer le programme économique.

8:15
Invité

Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette première émission du samedi pour C'est dans l'air. Merci à toute l'équipe qui a préparé l'émission. Lundi, vous retrouvez bien sûr Caroline Roux. Et dans un instant, la toute première, c'est la journée des nouveautés, la toute première de C'est l'Hebdo. Vous avez rendez-vous avec Anne-Élisabeth Lemoyne et toute son équipe. Ne manquez pas cette nouvelle émission. Je salue et souhaite bonne chance à Anne-Élisabeth. Très bonne soirée sur France 5.