Eric Meyer (SUD-Rail) : "C'est à la direction de la SNCF d'assurer l'organisation du service, pas aux grévistes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteRéponse directe
Bonjour.
- 0:20OuverteRéponse directe
Pourtant, la direction hier annonçait un taux de grévistes de 33,9% moins que le 22 mars dernier, Eric Meyer.
- 0:42OuverteRéponse directe
Elle annonce moins de grévistes, mais moins de trains. Chacun en tirera les conséquences qu'il souhaite.
- 0:58OuverteRéponse directe
Il y a donc aussi une bataille des chiffres.
- 1:19OuverteRéponse directe
Certains TGV hier qui roulaient sont partis à vide quasiment. Ils n'étaient pas annoncés. La faute à qui, Eric Meyer ? La direction encore ?
- 1:26RelanceRéponse directe
Ce n'est pas aux grévistes d'organiser le service. C'est à la direction d'organiser le service avec les salariés non grévistes.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueFait
« TGV sur 7, un train régional sur 5, trafic très perturbé. »
- 0:20Invité politiqueChiffre
« la direction hier annonçait un taux de grévistes de 33,9% moins que le 22 mars dernier, Eric Meyer. »
- 0:58Invité politiqueChiffre
« 77% chez les conducteurs, 69% chez les contrôleurs, ce serait sous-évalué pour les agents au sol ? »
- 1:26PrésentateurFait
« Ce n'est pas aux grévistes d'organiser le service. C'est à la direction d'organiser le service avec les salariés non grévistes. »
- 1:52PrésentateurFait
« Parce que nous, déjà, il y a eu la volonté de laisser la conduite du mouvement aux salariés grévistes. »
- 2:04PrésentateurFait
« Et il y a aussi la volonté de pouvoir être en réaction face à un gouvernement où, on le voit bien, du jour au lendemain, la stratégie et le calendrier changent rapidement, ordonnance par ordonnance, vote solennel au début avril, fin avril. »
- 3:37PrésentateurFait
« Il a fallu attendre le début de la grève hier, pour enfin recevoir un courrier d'Elisabeth Borne pour nous annoncer l'ouverture de table ronde de négociations avec l'ensemble des syndicats, chose qui était demandée depuis un mois. »
- 4:29PrésentateurFait
« Alors, non, parce que les conditions dans lesquelles sont faites l'ouverture à la concurrence, on est vraiment dans le sens d'un démantèlement du service public. »
- 4:38PrésentateurFait
« On peut regarder partout ailleurs, quand l'ouverture à la concurrence s'est faite, les opérateurs privés ont dû investir dans le matériel, dans la formation des agents, dans la maintenance du réseau. »
- 4:52PrésentateurFait
« ce n'est pas du tout les mêmes, on va donner le bien public aux opérateurs privés, c'est-à-dire on va leur transférer le matériel, les ateliers de maintenance, les salariés, afin qu'ils puissent aller concourir pour toucher des subventions publiques. »
- 6:00PrésentateurFait
« Alors nous, ce qu'on attend, c'est des vrais débats sur le fond. »
- 6:12PrésentateurFait
« Le vrai débat sur le fond, c'est quelle politique des transports on veut, quelle politique de continuité territoriale on veut, quelle politique d'aménagement durable on veut. »
- 6:57PrésentateurChiffre
« Les sondages réalisés par les différents médias montraient il y a quelques semaines près de 75% des gens qui ne comprenaient pas le mouvement cheminot, et les derniers sondages en date montraient qu'on avait quasiment un usager citoyen sur deux qui soutenait le mouvement des cheminots. »
Temps de parole
- Présentateur67 %
- Eric Meyer33 %
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France Inter, Hélène Roussel, le 5-7.
Il est 6h22, bonjour Eric Meyer.
Bonjour.
Vous êtes le secrétaire fédéral de Sudra et deuxième jour de grève contre la réforme à la SNCF avec des prévisions de trafic qui sont peu ou prou les mêmes qu'hier. TGV sur 7, un train régional sur 5, trafic très perturbé. Donc pourtant, la direction hier annonçait un taux de grévistes de 33,9% moins que le 22 mars dernier, Eric Meyer.
Oui, oui. Nous, on ne veut pas rentrer dans la gare des chiffres avec la direction. Elle annonce moins de grévistes, mais moins de trains. Je veux dire, voilà, chacun en tirera les conséquences qu'il souhaite. Voilà, nous, on pense qu'aujourd'hui, la direction, elle manipule les chiffres. Nous, les chiffres qui nous remontent aujourd'hui des établissements en direct nous font état plutôt d'un taux de grévistes qui dépasse les 60%.
77% chez les conducteurs, 69% chez les contrôleurs, ce serait sous-évalué pour les agents au sol ?
Ah oui, oui. Oui, clairement. Nous, on a en établissement des chiffres qui dépassent souvent les 70-80% de grévistes.
Il y a donc aussi une bataille des chiffres. Certains TGV hier qui roulaient sont partis à vide quasiment. Ils n'étaient pas annoncés. La faute à qui, Eric Meyer ? La direction encore ?
Ce n'est pas aux grévistes d'organiser le service. C'est à la direction d'organiser le service avec les salariés non grévistes.
Donc, il y a une volonté là d'empirer la situation ?
Non, il n'y a pas de volonté d'empirer la situation. Il y a sans doute un petit peu d'incompétence.
Eric Meyer, Sudrail n'a pas suivi la même méthode de grève que les autres syndicats de jours de grève, 3 jours travaillés. Chez vous, c'est une grève illimitée, reconductible toutes les 24 heures. Pourquoi ? Vous pouvez nous expliquer ?
Parce que nous, déjà, il y a eu la volonté de laisser la conduite du mouvement aux salariés grévistes. Donc, de ne pas enfermer les salariés dans une stratégie, de leur laisser la possibilité de conduire le mouvement. Et il y a aussi la volonté de pouvoir être en réaction face à un gouvernement où, on le voit bien, du jour au lendemain, la stratégie et le calendrier changent rapidement, ordonnance par ordonnance, vote solennel au début avril, fin avril.
C'est un préavis qui couvre, c'est ça ? C'est-à-dire que vous faites grève en même temps que les autres syndicats. Mais si jamais il y a besoin, les salariés peuvent être couverts par le préavis pour faire grève demain ou après-demain, s'il y a besoin.
Voilà, oui, on a eu une date de départ commune qui était hier. Et notre préavis, oui, permet de couvrir l'ensemble des dates au cas où il se passe quelque chose. Et toujours, avec le fond, de laisser les salariés conduire leur mouvement.
Éric Meyer, pour être clair, s'il ne se passe rien de plus d'ici demain, le syndicat Sud Rail, il n'y aura pas de grévistes demain ?
C'est les assemblées générales qui se réunissent ce matin, qui décideront si, au vu des déclarations d'hier, au vu des événements d'hier et d'aujourd'hui, ils reconduisent leur mouvement ou s'ils décident de faire une pause et de reprendre dimanche prochain.
Le gouvernement l'a redit hier, il compte tenir bon. Et vous ?
Eh bien, nous aussi. Voilà, on a les déclarations d'Edouard Philippe hier. Voilà, nous, tout ce qu'on a à dire, ça fait un mois, je veux dire, qu'on est reçu gentiment au ministère des Transports qu'on nous fait des réunions d'information. Il a fallu attendre le début de la grève hier, pour enfin recevoir un courrier d'Elisabeth Borne pour nous annoncer l'ouverture de table ronde de négociations avec l'ensemble des syndicats, chose qui était demandée depuis un mois. Donc voilà, on se demande qui réellement cherche le rapport de force dans les deux camps.
Alors, sur l'ouverture à la concurrence, autre annoncière, un pas d'ordonnance a promis la ministre des Transports et les conditions dans lesquelles les salariés passeront d'une entreprise ferroviaire à l'autre. Elle assure que les salariés SNCF garderont leur régime spécial de retraite et la garantie de l'emploi. Ce sont des garanties quelque part, tout ça, ça ne vous rassure pas, Éric Meyer ?
Alors, non, parce que les conditions dans lesquelles sont faites l'ouverture à la concurrence, on est vraiment dans le sens d'un démantèlement du service public. On peut regarder partout ailleurs, quand l'ouverture à la concurrence s'est faite, les opérateurs privés ont dû investir dans le matériel, dans la formation des agents, dans la maintenance du réseau.
Les conditions dans lesquelles vont être réalisées l'ouverture à la concurrence, dans lesquelles le gouvernement souhaite réaliser l'ouverture à la concurrence, ce n'est pas du tout les mêmes, on va donner le bien public aux opérateurs privés, c'est-à-dire on va leur transférer le matériel, les ateliers de maintenance, les salariés, afin qu'ils puissent aller concourir pour toucher des subventions publiques. Donc voilà, nous on trouve ça un petit peu fort de café, qu'on donne le bien public aux opérateurs privés pour aller engranger des subventions publiques, pour aller faire des bénéfices avec de l'argent public, on trouve ça un petit peu...
Pourtant le Premier ministre l'a répété encore hier à l'Assemblée, il n'est pas question de privatisation, ce n'est pas l'objectif, dit-il.
Ah non mais dans le cadre de l'ouverture à la concurrence, on ne parle pas du statut juridique de l'entreprise, on parle du principe même. Je veux dire, le principe posé par le gouvernement Macron, c'est de prendre le bien public, de le donner aux opérateurs privés, afin qu'avec ce bien public, ils puissent aller encaisser des subventions publiques.
Alors qu'est-ce qu'il faut, Eric Meyer, pour que le gouvernement... Qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce que le gouvernement doit faire pour que vous leviez la grève ? Qu'est-ce que vous attendez concrètement ?
Alors nous, ce qu'on attend, c'est des vrais débats sur le fond. On a eu aujourd'hui un écran de fumée sur les acquis des cheminots, qui ont empêché d'avoir un vrai débat sur le fond. Le vrai débat sur le fond, c'est quelle politique des transports on veut, quelle politique de continuité territoriale on veut, quelle politique d'aménagement durable on veut, parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui, tout va être transféré aux régions, qu'on va avoir une vraie fracture territoriale au bout du compte, qu'on va avoir l'augmentation du prix du billet pour les usagers, une qualité de service moindre, et tout ça sans aucun débat.
Il y a une autre bataille à remporter, celle de l'opinion publique, et que ce sera ma dernière question, les usagers premiers impactés, vous avez l'impression d'être compris ?
On a l'impression qu'au fur et à mesure des semaines qui passent, on a un soutien de l'opinion publique qui grandit. Les sondages réalisés par les différents médias montraient il y a quelques semaines près de 75% des gens qui ne comprenaient pas le mouvement cheminot, et les derniers sondages en date montraient qu'on avait quasiment un usager citoyen sur deux qui soutenait le mouvement des cheminots.
L'enjeu, donc, le service public, on l'a entendu. Éric Meyer, secrétaire fédéral de Sudra, et dans le 5-7 de France-Saint-Air, pour ce deuxième jour de grève à la SNCF. Au revoir, merci Éric Meyer d'avoir été avec nous. Sous-titrage ST' 501