"Le monde numérique est devenu un monstre numérique", alerte Alexandre Basquin au Sénat
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Madame la présidente, madame la ministre, monsieur le ministre, monsieur le président de la commission, madame la rapporteur, mes chers collègues, depuis 1 an, 11 familles françaises ont assigné TikTok en justice accusant à raison l'application d'exposer les enfants à de nombreuses vidéos qui font la promotion du suicide, de l'automutilation ou encore des troubles alimentaires. Et malheureusement, des jeunes filles en sont mortes. Marie, Emma, Charlise, Pénélope, Lilou, je ne les connaissais pas mais permettez-moi d'avoir une forte pensée pour elle en ce moment.
C'est dire l'ampleur du sujet, c'est dire aussi l'ampleur de notre responsabilité collective face à un monde numérique devenu monstre numérique. Alors, nous saluons cette proposition de loi et nous la voterons à l'unanimité. Car oui, en matière d'exposition aux écrans et aux réseaux sociaux, il est nécessaire de miser sur la formation des professionnels de santé et de l'enseignement comme sur la prévention auprès des familles et ce sans culpabilisation aucune et en oubliant jamais de pointer du doigt la responsabilité des plateformes.
Car on le constate tous autour de nous, les ravages de l'utilisation des réseaux sociaux et des agents conversationnels ne cessent de se multiplier. Une étude publiée en octobre montre qu'un usage excessif des réseaux sociaux est associé à 600000 cas de dépression supplémentaire chez les jeunes français. 600000.
Comment peut-il en être autrement ? Comment peut-il en être autrement quand ces plateformes sont prêtes à tout pour capter notre attention devenue une marchandise précieuse, négociable, monétisable dans le plus grand des mépris et de manière insupportable à l'image de TikTok dont l'algorithme toxique pousse les messages les plus radicaux et les plus choquants. YouTube, MTA, Snapchat X ne sont pas en reste tout comme les agents conversationnels chat GPT en tête dont l'ussage et massif chez les jeunes notamment comme soutien émotionnel.
Alors, rappelons-le et ne l'oublions jamais, mes chers collègues, derrière les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle générative ne se trouve qu'une poignée de multimilliardaires dont le seul but est d'engranger toujours plus de profit en exploitant nos données personnelles et en monétisant notre attention. et nos enfants sont malheureusement devenus pour eux une cible privilégiée. Alors tout cela est dénoncé actuellement par le président de la République dans son Tour de France sur le thème de la démocratie et des réseaux sociaux et c'est tant mieux.
Mais pourtant, c'est ce même président qui a reçu avec faste les dirigeants de la tech. C'est ce même président qui n'a pas donné suite aux recommandations émises par la commission chargée d'évaluer l'impact des écrans sur les enfants qu'il avait pourtant lui-même nommé. C'est ce même président qui a inauguré en mai dernier les bureaux parisiens de Snapchat.
On ne peut plus se satisfaire du double d'orgage et des contradiction. Alors oui, cette PPL va dans le bon sens, même si elle traite plus des conséquences que des causes, mais il me me semble important d'aller encore plus loin pour la sécurité de nos enfants. Et je salue d'ailleurs le gouvernement australien qui a eu ce courage fort d'interdire les réseaux sociaux au moins de 16 ans.
Car la puissance publique doit s'emparer plus que jamais du numérique et casser ce narratif pernicieux imposé par les géant de la tech qui nous raconte que leur avancée technologique serait fort forcément source de bien-être social. Je ne le crois pas du tout. C'est un récit digne du meilleur des mondes d'Uxley dans lequel les citoyens sont incités à consommer une drogue qui les aiderait à lutter contre les mots de la vie en société et avec les réseaux sociaux tels que nous les connaissons aujourd'hui, on en est vraiment pas loin.
Alors, je l'ose le dire. J'ose le dire, pardon. Je suis un peu à contre-courant.
Je n'ai pas de réseaux sociaux, je ne les utilise pas et je porte une vision critique sur ces outils. Et je pense, sans donner de leçons aucune, qu'il nous faut arrêter cette machine infernale qui déshumanise et que bien loin de ces outils technologiques. Et si on veut de véritables alternatives aux écrans, il faut avoir le courage de remettre de l'humain et du sens dans les services publics, dans toutes les structures collectives et notamment celles qui interviennent auprès des enfants et des adolescents.
Là, je pense, devrait être notre trajectoire. collective. Je vous remercie.
Alexandre Basquin