Gabriel Attal : la vaccination obligatoire des soignants est "une sérieuse possibilité"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le porte-parole du gouvernement dans le grand entretien du 7-9. Question, réaction, 01-45-24-7000, passé autrement par les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Gabrielle Attal. Bonjour. Et merci d'être à notre micro, on pensait être sorti du tunnel, on pensait que les jours plus tranquilles, plus normaux étaient enfin arrivés, mais les mauvaises nouvelles s'accumulent. Le variant Delta se propage à grande vitesse dans le pays au moment même où le rythme de vaccination faiblit. Alors question cash pour commencer, est-ce qu'on doit se préparer sur le plan épidémique, Gabrielle Attal, à un été pourri ?
On va tout faire pour l'éviter, mais il y a des motifs d'inquiétude. Depuis plusieurs semaines, la situation s'est très nettement améliorée dans notre pays, grâce aux efforts des Français, grâce au déploiement de la vaccination. On a un taux d'incidence, un nombre de contaminations qui a beaucoup chuté et qui a chuté très rapidement. On a aujourd'hui un taux d'incidence qui est autour de 20, ce qui est très bas quand on se souvient les niveaux qu'on a atteints à un moment. Mais ce qu'on constate, c'est que depuis un peu moins d'une semaine, la tendance semble s'être inversée et que l'épidémie regagne du terrain. Alors ça se fait lentement, progressivement.
Il y a une part de cette situation qui est attendue parce que plus vous atteignez un niveau faible de contamination, moins ça baisse vite. Par ailleurs, on a tour ouvert, donc forcément qu'il y a un petit tassement, là aussi ça peut être attendu. Mais ce qu'on constate dans le même temps, c'est que le variant Delta, qui est particulièrement contagieux, particulièrement inquiétant, gagne du terrain très rapidement. Il double presque chaque semaine. On est aujourd'hui à plus de 30% des contaminations qui sont liées au variant Delta. Et on a des exemples autour de nous qui montrent que cette situation peut être les prémices d'un redémarrage de l'épidémie qui peut se faire très rapidement.
On est dans la situation de la Grande-Bretagne il y a un mois. Aujourd'hui, c'est vrai qu'au Royaume-Uni, ça réexplose. Est-ce que vous comparez à la situation à la Grande-Bretagne il y a un mois, par exemple ?
Quand on regarde la Grande-Bretagne il y a un mois, un mois et demi, ils étaient autour de 2500-3000 contaminations par jour, qui est le niveau qu'on connaît aujourd'hui. Il y avait un redémarrage assez léger au départ, qui est ce qu'on observe aujourd'hui. Une part du variant Delta qui était plus importante, et puis c'est parti d'un coup. Mais regardez ce qui se passe aussi en Catalogne, à Barcelone. Il y a une explosion des cas depuis maintenant plusieurs jours. On voit aussi une situation au Portugal, qui a dû prendre des mesures, à Moscou, en Russie. Donc il y a cette inquiétude. Mais il n'y a pas de fatalité, c'est ça le message qu'il faut passer.
Non mais quand il dit, Olivier Véran, il peut y avoir une quatrième vague dès fin juillet. Fin juillet, c'est dans deux semaines, trois semaines. C'est un scénario qui est sur la table ?
Oui, c'est une possibilité. Dès lors qu'on observe, et qu'on a observé au Royaume-Uni, une explosion qui s'est faite très rapidement, après des premiers signes avant-coureurs. Et qu'on peut considérer que ces signes, on les voit aujourd'hui dans notre pays, c'est une possibilité. Mais à nouveau, il n'y a pas de fatalité. Et on a une carte maîtresse pour empêcher qu'une nouvelle vague défère sur notre hôpital. C'est la vaccination. Il y a un signe, entre guillemets, d'espoir, on espère. C'est que quand on regarde ce qui se passe, notamment au Royaume-Uni, il y a une explosion des contaminations. Mais on n'observe pas la même explosion des cas graves hospitalisés.
Et ça, on peut espérer que c'est grâce à la vaccination qui s'est déployée massivement au Royaume-Uni. Et donc, il faut continuer à se faire vacciner.
Avant d'y venir en détail à la vaccination, un mot sur cette hypothétique quatrième vague fin juillet. Si elle arrive à cette date-là, ça veut dire quoi, Gabriel Attal ? Reconfinement, jauge à nouveau plus stricte, remettre le masque en extérieur ? Quels sont les scénarios ?
On n'en est pas là, évidemment. Et on va tout faire pour l'éviter. Je vais vous dire, on a basculé dans un régime de gestion de l'épidémie qui était national, avec des restrictions nationales qui ont été levées progressivement, à un régime de gestion locale. On a adopté une loi qui permet, si on observe une explosion des contaminations, une situation inquiétante à l'échelle d'un territoire, de prendre des mesures. C'est une possibilité qui existe dans la loi.
Donc, ce n'est pas exclu que le 1er août, on reconfine partiellement certaines régions, je ne sais pas, l'Aquitaine, la Bretagne, la Corse, demain, si ça explose ?
Encore une fois, on n'en est pas là. Moi, je ne veux pas déjà donner le sentiment qu'on en est dans cette situation.
Non, mais on sent bien que le ton du gouvernement depuis 3-4 jours se durcit. Alors, est-ce que c'est que la situation est vraiment très grave ou est-ce que vous essayez de provoquer un électrochopte pour que les gens aillent se faire vacciner ? C'est ça la question.
C'est que la situation est inquiétante, voilà, et qu'il faut se faire vacciner. Mais souvenez-vous, l'été dernier, on avait vu une reprise de l'épidémie très forte dans un territoire qui était la Mayenne. On avait pris des mesures dans ce département de la Mayenne. On a vu ces dernières semaines qu'il y avait une situation plus inquiétante que dans le reste de la France, dans le département des Landes. Et donc, on a pris des mesures dans le département des Landes, voilà. Mais c'est notre responsabilité d'être transparent, de dire aux Français quelle est la situation.
Mais aussi de leur dire que ce n'est pas une fatalité, que la vaccination, elle fonctionne pour limiter les formes graves, y compris avec le variant Delta. Qu'elle fonctionne pour limiter la transmission du virus, y compris avec le variant Delta. Et que donc, toute vaccination supplémentaire, c'est une petite victoire contre le variant Delta.
Rendre la vaccination obligatoire, Gabriel Attal, pour toute la population, serait la solution ultime. Et évidemment, ça pose des problèmes d'éthique et de liberté redoutables. Pensez-vous qu'on va tout de même y venir ? Vous vous refusiez à envisager récemment encore la vaccination obligatoire des soignants, mais on est en train d'y arriver. Est-ce que le même changement de cap est envisageable pour la population générale ?
Alors, d'abord, il faut voir d'où on vient. Quand on a lancé la campagne de vaccination, il y avait des doutes sérieux. On en parlait d'ailleurs ici, quand je venais chez vous. D'abord, sur notre capacité à vacciner plusieurs dizaines de millions de personnes. Aujourd'hui, il y a 35 millions de personnes qui ont reçu une première dose. Et puis, des doutes aussi sur le fait que les Français aillent se faire vacciner. Souvenez-vous des sondages au début de la campagne de vaccination. Peu de Français avaient l'intention de se faire vacciner.
Mais là, on est sur un plafond de verre.
Aujourd'hui, l'intention vaccinale, elle n'a jamais été aussi haute. Ce qui est certain, c'est que depuis quelques semaines, il y a un tassement dans le nombre de premiers rendez-vous. Mais on a vu la semaine dernière des signaux plutôt encourageants, puisque le nombre de rendez-vous pour les premières injections est reparti légèrement à la hausse, entre 10 et 20% d'augmentation. Donc là, c'est pareil. Il n'y a pas de fatalité. Et on peut encore convaincre des Français qui ne se sont pas fait vacciner de se faire vacciner. Sur la vaccination des soignants, on a toujours dit que l'obligation était sur la table.
Dès le mois de janvier, février, on avait des déclarations très claires sur ce sujet.
C'est l'affaire, l'obligation vaccinale, pour tout le monde ? Pour tous les Français ?
Pour tous les Français. Olivier Véran l'a écarté. Maintenant, ce que je veux redire...
Il vous est arrivé d'écarter des choses que vous avez fait ensuite. Oui, c'est vrai.
Moi, je suis toujours très prudent.
On avait le patron de Sanofi à votre place, là, à 7h50, qui disait clairement, il faut y venir à l'obligation vaccinale. C'est la une du Parisien. Là, est-ce qu'il faut arriver à cette obligation vaccinale pour tout le monde ?
En tout cas, il faut convaincre très largement les Français de se faire vacciner, premièrement. Et deuxièmement, on peut aussi imaginer des incitations. Inciter les Français à se faire vacciner davantage, en utilisant notamment le pass sanitaire. C'est ce qu'a proposé le Premier ministre comme piste. On en discute ces jours-ci avec les groupes politiques et les formations politiques. Ça veut dire quoi ? Engager avec le pass sanitaire ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, vous avez un pass sanitaire qui est demandé pour un certain nombre d'activités qui sont limitées, aux très grands rassemblements, aux discothèques, aux voyages, qui permettent soit de se faire vacciner, soit de réaliser un test.
Un test qui est aujourd'hui pris en charge par la Sécurité sociale. On peut imaginer que le périmètre du pass sanitaire puisse évoluer, qu'il puisse concerner davantage d'activités. Et qu'à un moment donné, la question de la gratuité des tests, ou de leur prise en charge par la Sécurité sociale, se pose. Ce qui peut être une incitation à se faire vacciner davantage. Tout ça est en débat. On va échanger avec l'ensemble des formations politiques, les associations d'élus, dans les jours qui viennent, pour prendre les bonnes décisions.
Juste que je comprenne, ça veut dire, par exemple, le pass sanitaire exigé pour entrer au cinéma, ou dans des lieux où, aujourd'hui, il ne l'est pas.
Ou des rassemblements moins importants, avec moins de monde que ce qui est prévu aujourd'hui. À nouveau, il n'y a rien qui a été décidé sur ce sujet-là. Mais vous y allez. Ça fait partie des discussions qu'on a avec les formations politiques. Ce qu'il faut, c'est qu'on se vaccine massivement, encore une fois, parce que c'est la carte maîtresse, c'est notre chance d'éviter une quatrième vague sur notre hôpital.
Bien sûr qu'il faut obliger les soignants à se faire vacciner, vient de déclarer Alain Fischer, le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, à l'instant, chez nos confrères d'info. Bien sûr qu'il faut obliger les soignants à se faire vacciner, dit-il. Bien sûr, allez-vous forcer les soignants, il en reste 30% qui ne sont pas vaccinés, à se faire vacciner ?
C'est une sérieuse possibilité. Le Premier ministre l'a dit, on échange avec les formations politiques. Moi, je ne veux pas préempter les discussions qu'on a avec eux. Si on les consulte, c'est précisément pour tenir compte de ce qu'ils nous disent. Mais on constate quand même qu'il y a un certain consensus qui se dessine autour de cette idée, chez les formations politiques, mais aussi chez les scientifiques et chez les Français, quand on regarde les études d'opinion et les sondages. Mais pourquoi cette question se pose ? Parce qu'on a observé certaines situations où l'épidémie repartait notamment dans des EHPAD parce que certains soignants n'étaient pas vaccinés.
Et on sait que des résidents, même s'ils sont vaccinés, parce qu'ils sont très fragiles, ils peuvent être contaminés, voire développer une forme grave quand même. Et donc, c'est une responsabilité. La vaccination obligatoire des soignants n'aurait rien de très nouveau. Il y a aujourd'hui des vaccins qui sont obligatoires pour les soignants. Sur la diphtérie, sur le tétanos, sur la polymyélite. Voilà, et donc, ça serait rajouter une obligation vaccinale. Et vous allez passer par un projet de loi pour le faire ? Alors, si on va vers cette vaccination obligatoire pour les soignants, il faut effectivement passer par la loi pour rajouter le vaccin Covid au vaccin obligatoire.
et donc, il faudra qu'un projet de loi soit présenté.
Mais quand, là, tout de suite, parce que ce que nous disait Jean-François Desfraissy la semaine dernière, c'est qu'il ne faut pas attendre septembre, en fait. Il faut que la première piqûre obligatoire soit faite là, dès juillet.
S'il est décidé de le faire, il est possible que le texte soit présenté avant l'été. Enfin, avant l'été, au sens, avant la fin de la session parlementaire, c'est-à-dire la fin juillet.
Fin juillet, obligation des soignants.
Après, il peut y avoir une mesure adoptée et une obligation qui rentre en vigueur un peu plus tard. Il faut aussi laisser le temps aux personnes qui ne sont pas vaccinées de le faire si elles devaient être concernées par une obligation.
Toujours dans l'ensemble des questions autour de l'épidémie, je donne la parole à Nathalie au Standard. Bonjour. Beaucoup d'auditeurs aujourd'hui, Application Standard. On va vous faire dialoguer avec eux. Bonjour, Nathalie.
Bonjour, je vous appelle parce que je voulais savoir s'il allait y avoir une politique commune au sein de l'Europe. Pour la bonne raison, c'est qu'il y a des frontières à l'étranger qui ne sont pas ouvertes, je pense notamment aux Etats-Unis. Moi, je suis vaccinée. Je suis orthophoniste, donc soignante. J'ai eu ma deuxième dose en février. Mon mari et ma fille qui sont aux Etats-Unis sont vaccinés aussi. Sauf que, vu ce qui se passe en Europe, M. Biden, je le comprends, n'ouvre pas ses frontières. Et du coup, je n'ai pas vu mon mari et ma fille depuis des mois, et eux non plus.
Merci, Nathalie, pour cette question qui revient souvent. On l'a posée il y a quelques jours à Roland Lescure, député des Français de l'étranger. À quel moment les ressortissants européens pourront-ils se rendre à nouveau aux Etats-Unis ? Gabriel Attal.
D'abord, oui, c'est une situation très difficile pour des familles ou des couples qui sont séparés depuis de longs mois, qui ne peuvent pas se retrouver, effectivement, parce qu'il y a des mesures de protection aux frontières.
Normalement, c'est la réciprocité qui joue.
On a des discussions en cours avec les Etats-Unis. Je ne peux malheureusement pas vous dire quand la possibilité sera donnée de voyager. Mais on fait tout pour que ce soit possible rapidement.
Roland Lescure disait dans les semaines qui viennent, il espérait les jours qui viennent. Oui, on espère.
Je n'ai pas de dernières informations sur l'état des discussions. Mais en tout cas, vraiment, Madame, soyez assurés qu'on fait tout ce qui est possible pour que ce soit possible au plus rapidement. et nos discussions diplomatiques vont dans ce sens.
Benjamin est au standard, toujours sur la vaccination. Bonjour et bienvenue. Bonjour.
Pourquoi ne pas avoir étendu à tous les fonctionnaires qui sont en contact avec du public la vaccination obligatoire ?
Merci pour cette question, Gabriel Attal.
Aujourd'hui, la question qui est posée, on en parlait, c'est celle des soignants parce qu'ils sont au contact d'un public qui est extrêmement fragile et parce qu'il y a déjà des obligations de vaccination pour eux. À ce stade, il n'est pas prévu de l'étendre à d'autres publics. Mais encore une fois, si on se replonge au début de la campagne de vaccination, il y avait peu de Français qui voulaient se faire vacciner. Et on a évolué aujourd'hui. Et moi, je veux m'adresser aux auditeurs qui, peut-être, hésitent encore.
Parmi les 35 millions de Français qui ont déjà reçu leur première injection, je peux vous dire qu'il n'y a pas que des vaccinés, il n'y a pas que des convaincus par la vaccination. Il y a des personnes qui ont hésité, qui ont douté, parfois pendant plusieurs semaines, parfois pendant plusieurs mois et qui, finalement, y ont été. Parce que se vacciner, c'est se protéger soi-même, mais c'est aussi un geste civique pour protéger les autres.
Oui, mais la vaccination obligatoire pour toutes les personnes qui sont en contact avec le public. La question de notre auditeur, Ségolène Royal, ce matin, a dit qu'elle était favorable à ça. C'est-à-dire, pas seulement le rendre obligatoire pour les soignants, mais pour tous ceux qui sont, notamment dans la fonction publique,
au contact du public. Ce que je vous dis, c'est qu'à ce stade, ce qui est regardé, c'est la vaccination obligatoire pour les soignants. Mais pourquoi ? Parce qu'ils sont au contact d'un public qui est particulièrement fragile, notamment dans les EHPAD. Bernard, à Bordeaux.
Bonjour, bienvenue. Oui, bonjour, M. Desmourins.
Bonjour, on vous écoute.
Alors, donc, ma question est à M. le porte-parole du gouvernement. Les pays comme la Pologne, l'Angleterre, ont ouvert très rapidement leurs frontières il y a déjà quelques mois. Et on se rend compte qu'il y a quelques semaines que les retombées sont là. Les retombées négatives sont là. C'est-à-dire que le Covid revient en force dans ces pays-là. La France le savait. Comment se fait-il qu'on n'a pas tiré ces leçons-là et on a voulu aussi faire comme ces pays en ouvrant les frontières et desserrer les taux, c'est-à-dire le déconfinement ?
Donc, pourquoi, merci Bernard, avoir déconfiné aussi vite alors que d'autres pays auraient pu nous engager à plus de prudence ? Gabriel Attal vous répond.
Non, alors, la France, elle a un cadre de restriction à ses frontières qui est parmi les plus fermes en Europe. Et très tôt. Et d'ailleurs, quand on regarde la reprise de l'épidémie liée au variant Delta dans certains pays européens, je pense au Portugal ou à l'Espagne, c'est des pays qui, pour le coup, avaient assoupli le cadre de leurs frontières, notamment avec le Royaume-Uni, beaucoup plus tôt que nous. Et nous, on a gardé ce cadre-là. Ça nous a parfois été reproché. On a aujourd'hui une classification des pays par risque avec certains pays pour lesquels il est impossible de rejoindre la France sauf dans de très rares cas. Mais par exemple, le Portugal.
Et quand vous rejoignez la France, vous devez rester isolé chez vous, c'est contrôlé par la police et vous avez des verbalisations de 1 000 euros si vous ne respectez pas votre isolement. Donc ça, c'est un cadre extrêmement ferme que tout le monde n'a pas.
Mais par exemple, le Portugal ou l'Espagne, certaines régions, est-ce qu'il faut interdire aux gens qui viennent du Portugal et d'Espagne de rentrer en France ?
Aujourd'hui, vous avez un pass sanitaire pour se déplacer dans les pays européens et vous devez attester que vous êtes protégé ou que vous avez un test négatif. Donc vous avez cette protection-là. Le variant Delta, par ailleurs, il circule partout. Mais encore une fois, on a un cadre qui est parmi les plus restrictifs en Europe et on a pris des mesures parmi les pays les plus tôt en Europe.
Il reste quelques minutes. On va vous poser quelques questions d'actualité en dehors du Covid. La réforme des retraites, d'abord Emmanuel Macron reçoit les partenaires sociaux demain à l'Elysée. Sur la réforme des retraites, Laurent Berger a redit que relever l'âge de départ était politiquement dingue, socialement explosif. Geoffroy Roux de Bézieux du Medave dit qu'il faut un capital politique pour mener une telle réforme et que vous ne l'avez pas. Vous allez le faire ou pas ?
Il y a une décision à prendre, des arbitrages à prendre, globalement, sur les réformes qu'on va porter dans les dix prochains mois, c'est-à-dire d'ici à la fin du quinquennat. C'est ça les réflexions qui sont en cours.
Mais quand est-ce qu'il va prendre la décision Emmanuel Macron ? Parce que c'est vrai qu'il y a un flou qui est entretenu par vos déclarations aux uns et aux autres. Certains qui disent oui, il va y avoir la réforme des retraites demain matin à 64 ans, etc. Il y a un flou. Mais il y a un débat Est-ce que vous pouvez nous dire que ce matin, que d'ici le 14 juillet, on saura s'il y aura ou pas une réforme des retraites avant la présidentielle ? Ou il peut attendre la fin de l'été pour s'exprimer le président de la République ?
Ce que je peux vous dire, c'est que le président de la République s'exprimera probablement d'ici au 14 juillet. Et qu'il s'exprimera sur le cap pour notre pays d'ici à la fin du quinquennat dans les dix prochains mois. Notre pays a un tournant. On est sortis de la troisième vague. L'économie redémarre. La relance est là. La France est en train de s'imposer comme la locomotive de la reprise au niveau mondial. Ça fait deux ans de suite que le cabinet Erstein-Jung dit qu'on est le pays le plus attractif pour les investissements étrangers. Il y a eu au premier trimestre 90 000 créations d'emplois nets. Il y a des projets industriels qui s'installent dans notre pays.
Le climat des affaires n'a jamais été aussi bon depuis 2007 avant la crise financière. L'INSEE prévoit une croissance supérieure à nos prévisions, c'est-à-dire de 6 % en 2021. Voilà, il y a un terreau extrêmement fertile pour le redécollage et c'est en train de redécoller. La consommation est extrêmement forte. Voilà, et donc la question c'est une fois qu'on a ce constat-là, quelles sont les réformes qu'il faut porter d'ici à la fin du quinquennat pour amplifier encore cette reprise ?
Un mot encore sur les retraites. Est-ce que l'hypothèse de relever l'âge de départ à la retraite à 64 ans d'ici la fin du quinquennat est oui ou non sur la table ?
Bien sûr, c'est sur la table, oui, une réforme des retraites, mais la réforme des retraites...
Avec ce paramètre-là à 64 ans.
C'est sur la table de relever à 64 ans l'âge de départ à la retraite avant la présidentielle ?
Ce qui est sur la table, c'est de faire une réforme des retraites en intégrant notamment le fait qu'il faut travailler plus longtemps. Voilà ce qui est sur la table. Après, il y a des questions de modalités et il y a une question de calendrier. Pour nous, la question n'est pas de savoir s'il faut faire une réforme des retraites, mais quand il faut la faire. Voilà. Ce que je veux dire, c'est que tous les pays dans le monde sont en train de se lancer dans une bataille, une course de la modernisation parce qu'ils veulent capter les nouveaux investissements, les nouveaux talents, être là où ça rebondit le plus vite et le plus fort.
Et si la France se met sur pause parce qu'il y a une élection présidentielle pendant 10 mois, on va perdre du temps dans cette course-là.
On comprend ce matin que vous allez la faire. Si je traduis vos propos.
Ce que vous devez comprendre de mes propos si je m'exprime comme je le souhaite, c'est que s'il y a une chose qui est exclue, c'est de se mettre sur pause pendant 10 mois. Et que non seulement on va poursuivre les réformes mais on va les amplifier. Mais aussi des réformes pour accroître la relance, pour renforcer encore de notre compétitivité, pour tenir compte de la situation des jeunes. Voilà, c'est ça nos grandes priorités. Et la question des retraites se pose et là-dessus, il y a une décision qui sera prise prochainement.
L'association, dans l'actualité également ce week-end, Alter Mondialiste attaque à pain en noir samedi des vitrines de la Samaritaine, le grand magasin du géant du luxe LVMH qui a rouvert au cœur de Paris pour dénoncer l'enrichissement indécent des milliardaires pendant la crise sanitaire. Voilà le slogan. Condamnez-vous cette attaque, Gabriel Attal ?
Oui. La seule chose qu'ils attaquent c'est l'emploi. Il y a la Samaritaine qui rouvre 3000 emplois qui sont créés. Il y a des investissements qui sont faits. Je veux bien qu'on combatte le capitalisme mais à un moment il ne faut quand même pas jouer contre son camp. Il y a des bonnes nouvelles pour notre économie, pour les Français avec des milliers d'emplois qui sont créés. Il y a une activité qui redémarre qui peut en plus être utile dans une logique de tourisme et de consommation dans notre pays. Pourquoi aller s'attaquer à ça ? C'est par ailleurs s'attaquer aussi à un patrimoine qui a été rénové et dégradé, un patrimoine qui appartient à la culture de notre pays.
Je ne comprends pas ce genre de...
Encore une question d'actu. Vous ne comprenez pas et vous condamnez, on entend. Une longue perquisition a été effectuée jeudi dernier dans les locaux du ministère de la Justice. perquisition visant Éric Dupond-Moretti soupçonné d'un possible conflit d'intérêts et lui a reproché d'avoir usé de ses fonctions de ministre de la Justice pour intervenir dans des dossiers dans lesquels il était partie prenante quand il était avocat. S'il est mis en examen, doit-il démissionner ?
D'abord, Éric Dupond-Moretti s'est exprimé et il a indiqué qu'il avait toujours suivi les recommandations de ses services. Il n'est pas allé contre ce que lui recommandait ses services. Il a toujours suivi les recommandations de ses services dans des affaires, des situations qui avaient été engagées par sa prédécesseur. Voilà. Et donc, il est évidemment à la disposition de la Justice et c'est normal que la Justice fasse son travail. Les ministres sont des citoyens comme les autres. Il y a eu une perquisition qui a été menée. Tous les documents qui étaient demandés ont été remis.
S'il est mis en examen, il doit démissionner ?
Enfin, à ma connaissance, il n'est pas mis en examen. Moi, je ne veux pas me mettre dans cette optique-là. Et donc, voilà.
Sur des questions plus politiques, la République En Marche a réuni au niveau national 7% des voix au second tour des régionales. Gérald Darmanin estime que votre camp gagnerait à l'humilité. Il estime aussi qu'il faut revoir le fonctionnement du parti présidentiel. Il faut moins de visio et plus de bistro, dit-il. Moins de numérique est plus de réel. Vous êtes d'accord ?
D'abord, l'humilité, je pense qu'elle concerne tout le monde. Il y a des élections régionales, départementales qui se sont tenues. Il y a des sortants qui ont été reconduits dans un contexte de très faible participation. Les Français qui sont allés voter au régional, ils ont répondu à la question « Est-ce que vous considérez que votre président de région a bien fait le boulot ou pas ? » S'ils considéraient que oui, ils ont voté pour lui. S'ils considéraient que non, ils ont voté pour des formations politiques qui étaient déjà représentées au conseil régional. Ce qui n'était pas notre cas. On n'existait pas aux dernières élections régionales.
Maintenant, on peut toujours s'interroger, on peut toujours se demander comment mieux faire. Évidemment, on est un jeune parti politique. Moi, j'observe juste qu'il est de bon ton de taper sur la République en marche.
C'est Gérald Darmanin qui le fait.
Qui sont quand même des dizaines de milliers de militants, de personnes qui donnent de leur temps sur le terrain pour aller faire campagne. Et moi, je veux aussi défendre... C'est les ministres de l'Intérieur
qui tapent sur la République en marche, ce n'est pas vos opposants.
Oui, et je réponds et je dis qu'on a des gens qui se sont engagés en politique parfois pour la première fois et qui s'engagent en donnant leur temps dans un contexte extraordinairement difficile pour un nouveau parti politique. Dans un contexte en plus de crise sanitaire, on ne peut pas dire qu'il y a eu la possibilité de faire de vraies campagnes. Personne ne se complaît dans les visios. Il y a une situation sanitaire qui a fait qu'on n'a pas eu de vraies campagnes. Ça vous émerve ? Non, je pense que c'est toujours important de défendre ce en quoi on croit. Mais encore une fois, on peut toujours s'améliorer, c'est certain.
Et si je ne me trompe pas, La République En Marche, c'est quand même une formation politique qui a permis à Emmanuel Macron d'être élu président de La République face à d'autres candidats qui étaient soutenus par des personnes qui aujourd'hui critiquent La République En Marche.
Stanislas Guérini peut-il rester à la tête du parti après l'échec des régionales ?
Bien sûr. D'ailleurs, son mandat court jusqu'au mois de décembre. Encore une fois, vous savez, il va y avoir un nouveau bureau exécutif qui va être élu et il faut toujours se poser les bonnes questions. Voilà. Et c'est ce qu'on va faire.
On parle de vous pour reprendre la tête du parti ?
Vous savez, on parle souvent de plein de choses dans la presse. Moi, je lis ça aussi avec un peu de distance. Moi, je suis porte-parole du gouvernement.
Il va y avoir un référendum rapidement. Il va y avoir un référendum sur l'écologie. Vous allez le faire avant la fin de l'année ? On aimerait le faire. Parce que le Sénat doit se prononcer aujourd'hui ?
Oui. Et ce que je comprends, c'est que le Sénat va nous empêcher de le faire. Et moi, je le regrette. Ce que je constate, vous savez, c'est que chez les Républicains, ils parlent assez peu d'environnement et d'écologie. Pourquoi ? Parce qu'il y a une ligne climato-sceptique très forte. Vous savez, il y a quelques mois, il y a un député LR à l'Assemblée nationale aux questions au gouvernement qui s'exprimait au nom de son groupe et qui a parlé de prétendu réchauffement climatique.
À chaque fois qu'on présente des mesures en faveur de l'environnement, bonus-malus sur les gros SUV, limitation de l'avion, etc., vous avez les Républicains qui votent contre et la majorité sénatoriale qui votent contre. Et donc, il y a cet engagement de la Convention citoyenne pour le climat de mettre la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité dans notre Constitution. On veut le faire, on veut le proposer par référendum aux Français. Le Sénat nous a bloqués une première fois. On a fait un pas vers eux en faisant évoluer notre texte. On attendait qu'ils puissent faire un pas vers nous aussi. À l'évidence, ce n'est pas ce qu'ils vont faire.
Moi, je regrette que le Sénat empêche les Français de se prononcer sur cette question fondamentale.
Eh bien, merci, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement d'avoir été à notre micro ce matin sur Inter.
Gabriel Attal