UN CAP CLAIR ? ON REFAIT LE PARCOURS DE GLUCKSMANN
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Bonjour et bienvenue dans C'était pas mieux avant, votre émission sur laquelle on revient sur des événements et des personnalités marquants de l'histoire politique de la France et du monde. Et aujourd'hui, on va s'intéresser à une personnalité, encore un mec, je sais, mais en même temps, c'est difficile de passer à côté depuis sa merveilleuse prestation sur LCI, Raphaël Gluxman. C'est vraiment marrant parce que Raphaël Gluxman a beau être chouchoé par toute une partie du système médiatique, quand on parle de lui en ce moment, c'est soit pour dire qu'il a des super sondages, wou 13 % incroyables, soit pour de mauvaises raisons.
Il a d'abord été quasiment le seul à gauche à militer pour le maintien de François Bairrou comme premier ministre au nom de la nécessité de trouver un accord de non censure sans jamais vraiment préciser ce qu'il voulait mettre dans cet accord. Puis pendant qu'une partie de la gauche annonçait sa primaire, lui il était avec Hollande des casneu en train de discuter de social démocratie. Cette photo ne quittera jamais votre esprit et vous entra jusqu'à la fin de vos jours.
Et dernièrement, c'est carrément pour parler de son passage chez LCI dans un cadre d'émission qui avait été parfaitement défini pour lui avec d'abord des interventions de vrais français pour prouver que c'était un honnête citoyen proche du peuple et ensuite un débat avec le monstre Zemour pour montrer que c'était le héros de la démocratie. et il a réussi à foirer les deux. Je vais pas vous passer d'extrait, contrairement à d'autres parce que parce que c'est douloureux à regarder.
Franchement, j'ai pas envie de vous infliger ça. Malgré tout, Gluxman est assez difficile à ignorer en ce moment et malgré tout, ces sondages sont relativement favorables dans le contexte actuel. Mais pourquoi ?
Bon, pas tellement parce qu'il pèse lourd politiquement. Sont partis à moins de 10 députés en incluant les députés européens. Quasiment aucun élu local.
C'est un des plus petits à gauche en nombre de militants. Pas tellement parce que c'est un excellent orateur non plus. On a déjà vu ce que ça donnait.
Il faut un cap clair. On va pas refaire la NUPEST là hein. Il y a eu une inversion des rapports de force.
Mais peut-être aussi parce que Gluxman, c'est quelqu'un qui est extrêmement bien intégré dans l'écosystème médiatique et que ses réseaux se sont activés afin qu'on parle de lui tout le temps. [musique] Ça n'a échappé à personne. Raphaël Gluxman est le fils du philosophe André Gluxman, mais aussi le petitfils de la philosophe Jeanette Colombelle.
C'est quelqu'un qui est issu d'un milieu aisé et intellectuel. On dit qu'il a reçu une éducation intellectuelle et littéraire. Et les articles sur le sujet, assez agéographique, on va pas se mentir, le décrivent comme un genre de petit génie qui lisait du malot avant même de savoir parler.
Ah mais attention, nous dit son éditeur Guillaume, c'est pas un bourgeois. Bon, certes, il est né dans une famille d'intellectuels riches et célèbres en plein cœur de Paris. Puis il a fait science peau.
Puis il a été propulsé dans le monde médiatique par son papa avant d'épouser une ministre geéorgienne puis une journaliste star en seconde noce. Mais à part ça, c'est pas un bourgeois. Bon, disons-le, oui, Gluxman est plutôt issu de la bourgeoisie.
Mais d'ailleurs lui-même ne s'en cache pas. Il a déjà déclaré à plusieurs reprises dans des bouquins ou des interviews qu'il faisait partie de l'élite, qu'il était né du bon côté de la barrière et qu'il avait eu la chance de ne pas morfler dans sa vie. Bon, on va pas se mentir, ça sonne un peu.
Nous sommes issus d'une famille qui n'a jamais souffert. Nous sommes issus d'une famille qu'on ne peut plus souffrir. Nous sommes issu d'une famille qui n'a jamais souffert.
Mais c'est déjà ça. Un autre élément qui revient beaucoup dans son parcours, c'est qu'il est surtout engagé sur des questions de politique internationale. C'est assez logique quand on sait que son père recevait régulièrement des réfugiés politiques venant d'un peu partout.
Il a aussi pas mal voyagé quand il était gamin. Puis il a bossé en Algérie avant de revenir en France. Et en tant que journaliste, parce qu'il a été journaliste avant d'être politicien, il a réalisé plusieurs reportages dans lesquels il dénonçait notamment le génocide des au Rwanda et traitait de la révolution orange en Ukraine.
Toutefois, peut-être si justement parce qu'étant issu d'une certaine élite sociale, il n'a jamais été confronté au problèmes de coup de la vie, de manque d'accès au service public ou tout simplement au manque de représentativité politique. Il a pas vraiment relié à cette période ses convictions somme toutes plutôt humanistes sur le plan international avec quelque chose de comparable au niveau national. Et c'est comme ça que ces premiers engagements politiques se sont largement faits à droite.
C'était notamment un soutien néolibéral de Nicolas SarkoZi dans les années 2000. Quand on parle des droits de l'homme, par exemple la visite de Kaddafi qui a fait un grand scandale, c'est pas la première fois que la France reçoit un dictateur. C'est pas la première fois que la France honore un dictateur.
Et c'est pourtant la une des premières fois où cela fait à ce point scandale. Et ce qui est intéressant, c'est que dans le rapport des Français à Sarkozi, il y a une forme de désacralisation permanente. C'estàd qu'on ne respecte pas Sarkozy comme on respectait François Mitterran.
Et ça à mon avis c'est le sign son côté iconoclast quoi. Donc du coup si j'ai bien compris quand SarkoZi invite Kaddafi à l'Élysée, c'est bien parce que tout le monde trouve ça scandaleux alors qu'avant non. Et c'est la preuve que SarkoZi a réussi à faire changer les mentalités sur la fonction président.
Ouais, non, j'ai pas compris. En fait, c'est en tout cas dans ce contexte journalistique qu'il se rend en Geéorgie en 2008 alors que le pays est envahi par la Russie de Poutine. lui et Omar Wamman alors journaliste pour France Culture ont la surprise de se faire renvoyer par un général russe les qualifiants de et les invitant à rentrer baiser leurs citation car ici ce n'est pas l'Europe c'est la Russie et c'est selon lui cette altercation qu'il a poussé à partir en Europe de l'Est pour devenir le conseiller spécial du président geéorgien libéral Michael Sakatzvili Gluxman et Sakilie se sont rencontrés en Ukraine et sont rapidement devenus proches et Gluxman devient carrément son conseiller spécial présent avec le président en permanence.
Et ce qui est marrant avec les articles qui parlent de cette partie de la vie de Gluxman, c'est que le fameux sacad Julie, il est généralement présenté comme un genre de libéral sympa qui a ouvert son pays sur l'Europe et sur le monde alors que bon, il a quand même pas mal viré autoritaire. Après son arrivée au pouvoir à la suite d'une révolution en Geéorgie, Sakatvili y a mené une politique néolibérale. Il a dynamité le service public, supprimé la progressivité de l'impôt, laissé le réseau électrique à l'abandon.
Et il a certes lutté contre la corruption, mais il a surtout remplacé la corruption de l'ancien pouvoir par celle de son propre clan. On peut lui reconnaître toutefois d'avoir fait baisser la pauvreté en Geéorgie et d'avoir voulu éloigner le pays de l'impérialisme russe. Mais la population le lui a bien rendu puisqu'il a été viré du pouvoir après la répression des manifestations contre lui en 2007.
Des tentatives de musellèlement de l'opposition et de modification de la Constitution pour se maintenir, une réélection entachée de fraude en 2008 et de nombreuses accusations de corruption et de détournement de fond qui l'ont poussé à fuir le pays après son mandat. Et c'est précisément après 2008 que Gluxman s'est engagé auprès de sa catchevili dont il pouvait difficilement ne pas être au courant. Ce qu'il avait motivé à l'époque de son propre aveu, c'était l'orientation pro-européenne et antirusse de savili.
Alors que la Geéorgie avait été envahie par la Russie en 2008 et pour Gluxman semblait suffire. D'autant qu'on l'a vu mais Gluxman est alors plutôt néolibéral. Donc tout porte à croire que les réformes de Sakvili, il y étaient tout à fait favorables.
Après la chute de Sakvili, Gluxman et sa nouvelle compagne Gouaz s'enfuit en Ukraine où il participe à la révolution de Maidane qui chasse le président prorusse Victor Yanukovic du pouvoir. Cas Guladzé s'engage alors dans le gouvernement du nouveau président Petro Porochenko qui s'entoure notamment des anciens pontes des régimes de Sakajvili comme Guladz et mène à son tour une politique d'austérité néolibérale qui fait chuter sa popularité. Raphaël Gluxman est toutefois bien moins influent dans ce régime qu'il ne l'était en Geéorgie et il finit par rentrer en France à la fin des années 2010 pour s'investir dans la politique française.
En 2018, Raphaël Gluxman participe à la fondation du parti politique Place publique au côté notamment de Claire Nouvian et Thomas Porchet. À ce moment-là, la gauche est en pleine recomposition. Le Parti socialiste s'est écroulé et semble être en voie de disparition.
Les écolos sont en embuscade mais demeurent quand même faible. Les insoumis n'ont pas réussi à maintenir l'élan de 2017 et n'ont donc pas confirmé leur leadership. Et plusieurs personnes tentent à leur tour de faire un peu comme Mélenchon en créant leur mouvement disruptif de rassemblement de tout le monde qui suscite beaucoup d'engouement au début et se désintègre tout aussi rapidement.
Benoît Amont tente dès 2017 avec Génération et ça prend pas trop. Et puis Raphaël Gluxman tente à son tour en 2018 avec place publique. Initialement pensé pour mener une liste rassemblant toute ou partie des partie de gauche aux élections européennes, il finit par se contenter d'une alliance avec le Parti socialiste seulement à la faveur des départs de Thomas Porcher puis de Claire Nouvian.
À la fois pour des désaccords stratégiques et politiques, place publique devient petit à petit, à l'image d'autres comme Génération ou Nouvelle Dun, un microparti de petites personnalités gravitant autour d'autres mouvements et incapable d'exister seul. L'engagement fédéraliste pro-européen et plutôt atlantiste de Raphael Gluxman ne se dément pas pendant les européennes de 2019. Ces engagements internationaux d'une manière générale ont assez peu varié depuis ses débuts dans le journalisme.
Toutefois, sur le plan social, c'est à ce moment-là qu'on commence à le voir adopter des positions plus progressistes, laissant tomber le néolibéralisme de Sarkozy et Sakat Juli pour se rapprocher de la social-démocratie. La liste menée par Gluxman aux européennes ne prend pas pour autant et il obtient seulement 6 % des voix juste au-dessus du seuil permettant d'avoir des députés. Du fait de ce score assez faible et de l'échec de place publique à s'imposer comme une force qui compte à gauche, les années suivantes sont une relative traversée du désert.
Raphaël Gluxman se fait toutefois entendre pour dénoncer le génocide des ig, un sujet sur lequel il est très vite largement identifié. En 2022, après l'élection présidentielle, il soutient l'Union de la gauche et la création de la NUPES. Malgré ses réserves vis-à-vis de la France insoumise, il leur reprochait déjà en 2018 une porosité à la propagande du régime syrien de Bachar Elassad.
Et en vrai, au-delà de ça, c'est surtout que LFI est un parti très critique de l'Union européenne et de ses institutions. Alors que Gluxman est un fédéraliste européen et convaincu. C'est finalement l'explosion de la NUPES qui permet à Gluxman de revenir sur le devant de la scène à la faveur des élections européennes de 2024.
Je m'en souviens très bien parce que la reconduction de Gluxman comme tête de liste par le PS n'allait pas du tout de soi. Initialement, le Parti socialiste soutenait une liste commune de la NUPES avec LFI aux européennes de 2024. Une liste qui aurait probablement pu être menée par une figure des écologistes comme le souhaitaaient d'ailleurs les insoumis.
Mais face au refus des écologiste et aussi des communistes, le PS a finalement décidé de réinvestir Gluxman. À ce moment-là, les sondages prédisent trois parties de gauche, grosso modo, à égalité. Les insoumis, les écologistes et les socialistes, ayant des intentions de vote aux alentours de 10 % chacun.
Et je me souviens très bien en lisant les articles de presse de cette époque que du jour au lendemain tout le monde s'est mis à parler que de Gluxman. Le PS était alors crédité quelque part entre 9 et 10 % dans les sondages. Certes un peu plus qu'en 2019, mais ça restait un score assez faible pour un parti comme le PS.
Et pourtant, tout d'un coup, on a vu fleurir un peu partout des articles élogieux parlant d'une dynamique gluxmane, d'un gluxman qui avait le vent en poupe, d'un gluxman qui allait redresser la social-démocratie. Pour moi en fait, c'était choquant parce que c'était la première fois que j'assistais en direct à une création médiatique quand une figure politique est créé en partie de toute pièce par plusieurs médias influents alors qu'elle ne se détachait pas particulièrement du lot. à la base, poussé par ce vent dans son dos, Gluxman grimpe péniblement dans les sondages, passant lentement de 10 à 11 puis à 12 pour finir à la porte des 14 %, mais sans pour autant réussir à rafler la deuxème place au Macroniste.
Une dynamique réelle mais finalement assez poussive vu le boulevard qu'avait Gluglu. En face de lui, la tête de liste écologiste Marie Toussin était inexistante dans un contexte de baclash anti-écolo à l'échelle européenne. La tête de liste macroniste Valérie Aer est pas vraiment mieux. celle des communistes Léon des Fontaines n'en parlons même pas et d'ailleurs on n'en parlait même pas et au final il y avait que Manon Aubri celle des insoumis qui surnageait vraiment mais elle était sur une ligne assez différente largement axée sur la question de Gaza.
Gluxman a d'ailleurs été assez étonnant sur le sujet lui qui avait dénoncé le génocide de Rwanda dans sa jeunesse puis le génocide desigours pendant son premier mandat européen. On aurait pu s'attendre à ce qu'il considère les actions de l'armée israélienne à Gaza comme telle. surtout maintenant que les instances internationales considèrent que l'appellation de génocide est valide.
Pour autant, encore aujourd'hui, il refuse de considérer ce qui se passe à Gaza comme un génocide. Alors, il est pas pro Netaniaahu non plus, faut pas déconner. Il a pris position pour incesser le feu et pour la reconnaissance d'un état palestinien.
Mais dans le même temps, ces votes au Parlement européen sont parfois allés dans le sens inverse. La MU politique de Raphaël Gluxman est en revanche plutôt confirmé par cette élection. Désormais assez loin de l'idéologie néolibérale qu'il a quand même longtemps défendu, il tient désormais des positions social-démocrates un peu plus franches et ces prises de position au Parlement européen se sont effectivement faites en faveur de la relance économique, de la lutte contre l'ubérisation de la société et pour du protectionnisme économique à échelle européenne.
Toutefois, même avec cette ligne, l'électorat que Gluxman a attiré aux européennes, ça restait un électorat assez modéré. Une part de votes utiles déjà, mais aussi pas mal d'anciens macronistes qui cherchaient un nouveau poulin. Après les européennes, Raphael Gluxman a été complètement éclipsé par la dissolution de l'Assemblée nationale et ce sont des figures nationales de la gauche comme Marine Tondelier, Manuel Bonpard ou encore Olivier Fort qui ont repris la main et se sont imposés comme les principales figures médiatiques de gauche de la séquence.
On aurait ainsi pu penser que Gluxman repartirait dans les abyis du Parlement européen, mais c'est pas ce qui s'est produit parce que depuis son retour en France, Gluxman s'est créé beaucoup de connexions dans toute une partie du système médiatique. Accessoirement, alors qu'il était initialement proche d'Olivier Fort, il s'est rapproché après les européennes de la galaxie hollandiste. D'où cette fameuse photo de l'enfer.
Et depuis et bah c'est difficile de savoir exactement ce qu'il défend au-delà de sa pomme à l'Élysée. Le programme de place publique dévoilé en septembre et rédigé sous le patronage de l'économiste très engagé à gauche, Aurore Laluc, est un programme social-démocrate volontariste qui parle de financement du service public, de relance économique, d'impôts redistributifs et même un peu de 6e République. Mais à côté de ça, ses principaux soutiens sont des gens comme François Hollande, Bernard Casneuve, Sachalier et Aurélien Rousseau. des types qui n'ont jamais soutenu de telles idées par le passé et qui pour certains ont été les compagnons de route d'Emmanuel Macron pendant tout son premier quinquena et même une bonne partie du deuxè.
Difficile de savoir où ce grand écart va mener Gluxman, même si aux dernières nouvelles, on peut penser que c'est dans un mur. C'est la fin de cet épisode de C'était pas mieux avant. Si vous l'avez apprécié, vous pouvez vous abonner à la chaîne du média et pourquoi pas le soutenir financièrement.
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François Bayrou