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interviewBLAST (sur YouTube)· 21 novembre 2023 26 min

RSA : E. MACRON DÉCLARE LA GUERRE AUX PAUVRES

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

c'est une des réformes les plus hostiles à l'égard des pauvres depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir la réforme du RSA dite la réforme plein emploi qui vient d'être définitivement adopté à l'Assemblée nationale l'objectif de ce texte bah c'est d'obtenir un taux de chômage à 5 % d'ici 2027 ce nouveau contrat permettra de proposer un accompagnement intensif et personnalisé il s'agit ni de travail gratuit ni de bénévolent obligatoire à contrecourant de l'idée de solidarité il faut faire beaucoup moins pour l'assister professionnel permanent qui lui ne fait aucun effort à contrecourant même de notre propre constitution cette réforme conditionne une prestation sociale le RSA pour beaucoup un mince filet de sécurité pour éviter de sombrer dans la pauvreté la plus extrême à des heures d'activité obligatoires la majorité propose entre autes 15 heur d'activité hebdomadaire obligatoire pour amener les bénéficiaires vers l'emploi il y aura dans cette réforme l'obligation de consacrer 15 à 20h par semaine pour une activité permettant d'aller vers l'insertion professionnelle dans quel contexte intellectuel cette réforme sans crritel sommes-nous devenus allergiques au travail ça vient stigmatiser justement et renforcer cette image des faéant sur leur canapé et ça c'est inacceptable ne parlez pas de travail vous ne connaissez pas pourquoi marque-t-elle un tournant majeur dans l'approche politique de la pauvreté quelles sont les potentielles conséquences de cette loi quand ils vont se retrouver suspendu de cette allocation qui est le minimum vital qu'est-ce qui va se passer ils vont aller où ces gens ils vont aller gonfler les rangs des Banques Alimentaires que vont-ils dir surtout comment pourrions-nous faire autrement c'est à toutes ces questions qu'on va essayer de répondre dans cette nouvelle émission économique pour [Musique] blest avant d'aller plus loin faisons un petit rappel de ce qu'est le RSA exactement et de son histoire dans quel contexte cette prestation a-t-elle été créée et quelle a été son évolution [Musique] récente le RSA est né pour lutter contre la pauvreté malgré le système de protection sociale mis en place après la Seconde Guerre mondiale à la fin des 30 glorieuse de nouvelles formes de pauvreté sont apparu en France qu'il a fallu palier dans un contexte de chômage de masse c'est le gouvernement de Michel Rocard qui met en place le RMI le revenu minimum d'insertion en 1988 pour créer un rempart face à la pauvreté l'espoir c'est aussi permettre à ceux qui sont les plus durement frappés que notre société laisse partir à la que la marginalitéavoirit Françis écrit alors l'important c'est qu'un moyen de vivre ou plutôt de survivre soit garanti à ceux qui n'ont rien c'est la condition de leur réinsertion sociale à l'époque les députés votent à l'unanimité pour le texte al ch r le revenu minimum d'insertion est vé à l'unanimité il a consensus tout le monde est d'accord pour voter le texte y compris le RPR mais 3 mois après son lancement le dispositif compte déjà beaucoup plus de bénéficiire que prévu soit 200000 personnes à ce moment le RMI constitue une petite révolution puisque pour la première fois l'État reconnaît la nécessité de créer un filet de sécurité pour tous ceux qui ne rentrent pas dans les mécanismes d'indemnisation du chômage ou du minimum vieillesse par exemple pendant deux décennies le nombre de bénéficiaires ne cessera de croître il est arrivé au RMI une catastrophe c'est que le chômage a continué à augmenter à ce moment-là le RMI au lieu d'être le traitement d'un flux permanent renouvelé mais mais stable en quantité de chômeurs il est le traitement d'un stock de gens en constante augmentation en 2009 c'est un tournant les emplois précaires et à temps partiel se multiplient et les personnes qui travaillent mais sont en situation de pauvreté sont de plus en plus nombreuses il y a à ce moment 170000 à locataire du RMI et ce chiffre ne baisse pas même lorsqu'il y a une période de croissance économique alors dans le débat politique l'expression cancer de la cistana apparaît on parle de plus en plus des personnes qui ne voudrai pas travailler ou qui se reposeraient volontairement sur les autres l'idée s'impose dans le débat public que ceux qui travaillent gagneraient parfois moins que ceux qui ne travaillent pas pour Nicolas Sarkozi qui prône le travailler plus pour gagner plus forcément cette situation doit être résolu et vite alors il transforme le RMI en RSA en France ce 1er juin marque la fin de 20 ans de RMI remplacé aujourd'hui par le RSA le revenu de solidarité active déjà expérimenté dans plusieurs département le dispositif est maintenant généralisé à l'ensemble de la France pour les Rmistes pas de changement en revanche les travailleurs au revenus les plus bas pourront cumuler salaire et allocation Sophie Rolland le nombre de personnes pouvant toucher les prestations s'élargit alors pour bénéficier du revenu de solidarité active depuis il faut donc avoir peu ou pas de ressources avoir plus de 25 ans sauf quelques exceptions être français ou citoyen européens ou avoir un titre de séjour depuis plus de 5 ans et on le voit très clairement sur ce graphique le nombre de bénéficiaires a continué à augmenter que ce soit avant ou après cette réforme du RSA mais la réforme de 2009 a constitué un tournant idéologique dans sa perception car le RSA a alors remplacé la location par an isolé et plusieurs aides forfaitaires comme la prime de retour à l'emploi les travailleurs pauvres soit ceux touchant moins de 880 € par mois pouvaient désormais toucher le RSA eux aussi l'objectif c'était et c'est toujours d'inciter au travail cette prestation a changé la philosophie puisqu'il ne s'agit plus simplement d'un filet de sécurité pour lutter contre la pauvreté mais d'une prestation censé favoriser la réinsertion professionnelle qui est censée lutter contre la pauvreté si cette idée a existé dès la naissance du RMI qui comprenait déjà le mot insertion elle a fortement été accentuée par cette réforme début 2000 20 22 la Cour des comptes a sorti un rapport sur le RSA il affirme qu'un bénéficiaire sur 6 touche le RSA depuis plus de 10 ans et parmi les groupe d'allocatair qui ont été suivis sur 7 ans seulement 34 % d'entre eux sont sortis du dispositif et ont aujourd'hui un emploi bref ce que nous dis ce document c'est que toucher le RSA c'est un rempart efficace contre la grande pauvreté mais ça ne favorise pas l'insertion professionnelle donc la promesse de Nicolas Sarkozi n'est pas remplie et la logique d'Emmanuel Macron et du gouvernement c'est de changer cet état de fait avec une nouvelle réforme et c'est comme ça que la semaine dernière le projet de loi pour le plein emploi a été définitivement adopté par le Parlement le parti Renaissance soutenu par la droite a fait passer le texte après qu'il ait été validé par le Sénat officiellement l'objectif c'est d'arriver à un taux de chômage à 5 % d'ici à 2027 et de mieux accompagner les personnes éloignées de l'emploi quoi idée c'est de mieux coordonner les acteurs du service public de l'emploi réorganiser en réseau autour d'un pôle emploi qui sera rebaptisé France travail mais la mesure phare consiste à transformer les conditions d'accès au RSA les bénéficiaires touchent aujourd'hui maximum 608 € par personne et par mois ce qui les place d'entré sous le seuil de pauvreté et ne permet pas de répondre à tous les besoins primaires particulièrement en période d'inflation on est tout le temps en danger on est en danger d'être mis à la porte parce qu'on peut pas payer le loyer on est en danger de pas avoir assez à manger on est en danger de si jamais mais le moindre truc qui casse la machine à laver le four ou un ordinateur le téléphone c'est c'est un stress incroyable pour essayer de remplacer ça on doit attendre le montant ne change donc pas avec cette nouvelle loi mais 15 he d'activité hebdomadaire au minimum seront désormais obligatoires pour les bénéficiaires même si certains pourront en être totalement exemptés en cas de problème de santé par exemple ou de situation familiale particulière le gouvernement l'assure il ne s'agira pas de de travail gratuit mais d'un accompagnement beaucoup plus fort qu'aujourd'hui et on reviendra un petit peu plus tard dans cette vidéo sur la nature de cette activité mais le point clé est celui-ci si les allocataires n'effectuent pas ces activités leur allocation sera tout simplement suspendu et restera potentiellement récupérable en cas de remobilisation dans les 3 mois sinon c'est terminé et ce concept est décrié par de nombreux spécialistes de la pauvreté contrairement à ce que laisse penser certains débats le RSA est déjà soumis à certaines conditions il existe déjà des contrôles et des sanctions dans le cas où les bénéficiaires ne respecteraient pas les démarches d'insertion professionnelle ou sociale certains départements sont même aller encore plus loin et avant cette loi depuis 2016 si vous habitez dans le Ain par exemple il vous faut effectuer 7 he de bénévola par semaine si vous voulez toucher le RSA il y a passé un mois et demi à arpenter les rues de Tan et vieux tan pour recenser les commerces les artisans et les locaux vacants pour le compte de l'association des enseignes du pays turdolaire un travail mais un travail que Patrice a effectué en bénévole dans le cadre de son RSA ces contraintes ont déjà été évaluées dans une longue étude très complète sur le sujet pour la Revue économique en 2022 conclusion les contrôles des bénéficiaires du RSA ne sont pas très efficaces on comprend que si beaucoup d'alocataire seraient heureux d'avoir un meilleur accompagnement les menacés ou les sanctionner ne les poussent pas davantage vers la réinsertion professionnelle c'est également la conclusion d'une note de la Caisse nationale des allocations familiales remise à Jérôme Gedge co-président de la mission d'évaluation à ce sujet de l'Assemblée nationale la knaf sur le mois de juin 2022 explique que sur ce seul mois 31500 personnes appartenant à un foyer bénéficiaire du RSA faisait l'objet d'une sanction pour non respect des obligations du contrat d'engagement réciproque dans un peu plus de 40 % des cas le versement du RSA a été suspendu et dans 60 % des cas la laallocation a été réduite dans sa note la gnaf explique que la sanction semble avoir un impact sur le droit au RSA à moyen terme 4 mois après la proportion de personnes qui vivent dans un foyer ne bénéficiant plus d'un droit au RSA croit sensiblement passant de 1 % en juin 2022 à 47 % en octobre 2022 comme le souligne cet article des décodeurs du monde il est difficile de savoir très exactement avec une fiabilité totale si le nombre de bénéficiaires baisse parce qu'ils ont trouvé du travail ou ou s'ils se sont découragés mais les chercheurs estiment plus vraisemblable que ces contrôles découragent les allocataires et accroissent le nonreours selon l'économiste spécialiste de cette question rémi logal a priori la grande majorité de ces personnes a de véritables difficulté à retourner vers le marché du travail les sanctions sont plutôt un signal de méfiance de l'institution envers leur situation qui les conduit à sortir du dispositif qu'un marchpied vers un retour à l'emploi de manière générale les études d'effectuer sur les contraintes exercées auprès des bénéficiaires de minimas sociaux montre que ce n'est pas efficace et c'est pas moi qui le dis mais Esther Duflot pr Nobel d'économie depuis maintenant plusieurs années les systèmes de les les réactions des des des pauvres justement des bénéficiaires au système de protection social ont été étudiés que ce soit dans les pays riches ou dans les pays pauvres et universellement ce qu'on trouve dans tous les contextes et qu'on peut avoir des systèmes de protection sociale très généreux inconditionnel et ça ne décourage pas les gens de travailler il y a eu toute une série de de systèmes qui sont répandus dans les pays à revenus moyen et pauvrees qui sont des des systèmes de de transfert sociaux conditionnel mais pas conditionnel à travailler c'est conditionnel à envoyer ses enfants à l'école ou à la santé il se trouve que tous ces programmes ont été testés dans des évaluation aléatoire parce que Ben le je crois par par espèce de mimétisme parce que le premier au Mexique a eu une évaluation aléatoire avec un groupe traitement et un groupe de contrôle et depuis tout on copia on fait un groupe traitement un groupe contrôle au début et donc on peut comparer les les effets sur la l'offre de travail est-ce que les gens travaillent plus travaillent moins et on ne trouve aucune différence entre ceux qui bénéficient et ceux qui bénéficie pas et tout ça pourquoi pour un peu d'économie chaque année le financement du RSA coûte environ 12 milliards d'euros à l'État français la France consacre 33,3 % de son produit intérieur brut à la protection sociale soit 834 milliards d'euros par an or le montant moyen du RSA av voisine les 7000 € par an et par ménage bénéficiaire ce qui en fait l'une des aides publiques les moins coûteuses par rapport à son impact social ces 12 milliards d'euros ne représentent pas une dépense majeure surtout si on prend en compte le fait que plus du tiers des personnes qui pourraient obtenir cette aide ne la demandent même pas et que rien que la fraude aux cotisations sociales s'élève elle à environ 10 milliards d'euros par an selon l'ifapp enfin d'un point de vue très pratique ça risque d'être compliqué pour beaucoup de personnes d'effectuer ses tâches ses activités il y en a qui s'occupent de proches en situation de dépendance qui s'occupent de leur propre enfants ou qui n'ont tout simplement aucun moyen de transport par exemple ces personnes perdront donc leur allocation alors qu'elles ne sont tout simplement pas en capacité d'effectuer cette activité et ça ça pourrait augmenter significativement la pauvreté au Royaume-Uni une réforme qui avait également pour but d'inciter au travail un peu sur le même créneau idéologique a eu des conséquences catastrophiques que détaille très bien cet article du Monde la réforme du crédit universelle devait rendre le système d'aide plus efficace et en même temps inciter les bénéficiaires à prè férer le travail aux allocations ou à travailler davantage d'heur c'est-à-dire exactement la même logique que cette réforme du RSA seulement l'article explique que ce nouvel outil a aggravé les problèmes d'un précariat florissant ces millions de Britanniques qui n'arrivent simplement pas à joindre les debouts même s'ils ont un emploi le crédit universel a notamment entraîné des dettes des arriérés de loyer et conduit des dizaines de milliers de personnes aux Banques Alimentaires conclusion cette réforme censée simplifier le système d'aide et inciter au travail a simplement fait basculer une partie de la population dans la précarité et fragiliser des millions de Britanniques un phénomène qui bien que notre réforme soit différente par plusieurs aspects pourrait bien se reproduire en France comme l'explique Clément victorovic sur France Info en conditionnant le RSA à des heures d'activité cette réforme ne se contente pas de subvertir le sens même que nous donnons au mot solidarité elle a toutes les chance de provoquer l'effet inverse de les faire rechercher plonger encore plus d'individus dans la plus grande précarité de plus c'est une logique particulière qu'épouse le gouvernement avec cette réforme celle de l'individualisation de la responsabilité on revoit un régime de sanction on renforce un régime de sanction à l'encontre de personnes qu'on considère comme responsable de leur situation c'estàdire qu'il y a il y a vraiment une logique de dire c'est vous les coupables du chômage en fait enfin vous êtes les responsables du chômage aujourd'hui enfin c'est c'est une logique de responsabilisation d'individualisation de la responsabilité sur les personnes euh et où sont les dispositifs de pénalité pour les entreprises qui ont des discriminations à l'embauche par exemple pareil quand on parlef c'est assz éloquent quand même d'avoir retiré le terme de réciproque dans le contrat d'engagement un contrat d'engagementqué Paris la réciprocité c'est d'une certaine manière quand l'État les institutions ne sont pas à la mesure du devoir d' de leur devoir et d'accompagner les personnes est-ce qu'il y a des pénalités qui s'appliquent non il y a pas de pénalité prendre le contexte politique dans lequel s'inscrit cette réforme je vous conseille vivement la lecture de cet article passionnant d'alternative économique écrit par mimonet sociologue et chercheuse au CNRS elle nous rappelle que cette idée de conditionnement des aides sociales s'inscrit dans l'histoire internationale du workfir le workfare c'est cette idée de conditionner les aides à du travail qui a été popularisé aux États-Unis par Ronald Reagan dans les années 70 c'est lui qui va commencer à mettre des mesures en place pour conditionner certaines aides de l'État fédéral et c'est Bill Clinton qui va permettre l'apogé de l'institutionnalisation de cette idée en faisant passer une loi en 1996 qui introduit le principe d'une contrepartie aux a sous forme de participation à des programmes d'activité comme des emplois subventionnés ou non ou une formation professionnelle est-ce que ça ne vous rappellerait pas quelque chose ce que nous explique M simony c'est qu'au-delà des États-Unis cette norme de l'activation des bénéficiaires de l'aide sociale va progressivement se diffuser à la fin du 20e siècle au Royaume-Uni en Australie en Allemagne en Suisse loin d'être une innovation le conditionnement du RSA vient donc plutôt tardivement mais en lien avec les évolutions plus anciennes du contrôle des chômeurs ajouté la France dans le long cortège de pays occidentaux qui ont opéré ce basculement du Welfare au workfare au cours des 30 dernières années bref vous l'aurez compris cette idée de conditionner le RSA ça ne vient pas de nulle part on peut ne pas voir cette mesure seulement comme une mesure antipauvre mais aussi une mesure de régulation du marché du travail et ça c'est Jamie Peck un géographe britannique qui l'a démontré dans son livre workfir States publié en 2001 il montre que ceux qui sont soumis à ses contreparties sont une nouvelle catégorie de travailleurs forcés ces personnes sont obligées par l'État à accepter un travail peu ou très mal payé et c'est toujours dans cet article vraiment complet sur le sujet de msimony qu'on apprend qu'un sociologue américain John Krinsky a étudié les conséquences de ces mesures de conditionnement des aides sociales et les conclusions ne sont vraiment pas reluisantes ces bénéficiaires qui exercent une activité en échange d'allocation sont en réalité devenus des travailleurs mais des travailleurs mal payés sans syndicat sans protection contre le harcelllement par exemple ils ont été utilisé pour les services municipaux ils sont des milliers dans les années 90 à nettoyer les rues de New York et en parallèle surprise le nombre de fonctionnaires municipaux lui a diminué en France on a donc une réforme qui reprend une certaine logique et débarque au milieu d'une crise des services publics c'est donc le moment de parler d'un rapport qui est sorti il y a 2 mois et que je voulais aborder sur Blast le rapport du collectif nos services publics sur l'état du service public français ce collectif transpartisan livre dans un rapport auquel on collaborer plus de 100 experts et agents de terrain un diagnostic très clair les services publics sont en train de craquer en France santé transport justice police éducation dans tous les domaines la courbe des besoins augmente vite et la courbe des dépenses progresse beaucoup moins vite résultat le rapport fait état d'un service public minimum et dégradé alors revenons RSA et à cette réforme car le gouvernement ne cesse de marteler que non ce ne sera pas du travail gratuit ce sera une activité mais quoi exactement et bien le texte de loi est plutôt flou à ce sujet aujourd'hui personne ne sait exactement à quoi vont ressembler ces activités d'accompagnement en fonction des territoires et dans les 18 départements où ce dispositif est expérimenté certains cas ressemblent tout de même beaucoup à du travail dans les allées de ce cimetière ça s'active il faut tout déblayer avant l'arrivée de l'entreprise qui va le végétaliser au total 15 jours de chantier mais les employés sont en vérité des bénéficiaire du RSA il travaille trois fois par semaine pour un total de 18 heur d'activité il y a quelques mois avant que la loi ne soit promulgué le fondateur du RSA Martin HCH sadignier du concept le travail qui serait obligatoire sans salaire la contrepartie VO ça ça c'est une régression sociale comme il y en a pas souvent c'est-à-dire que on s'est battu Sarkozy l'avait compris Hollande l'avait compris pour que les allocataires du RSA quand ils reprennent du travail toute heure de travail mérite salaire est en face une fiche de salaire les droits sociaux qui vont avec et euh et et le revenu d'un salaire le système français de protection sociale repose sur un principe fondamental qui est inscrit dans notre Constitution tout être humain qui en raison de son âge de son état physique ou mental de la situation économique se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence la Défenseur des droits clair et donc c'est d'ailleurs opposé depuis le début à cette loi ce texte marque un renversement de ce qu'est notre droit constitutionnel ce n'est pas un acte de charité ou la reconnaissance d'un mérite individuel c'est un devoir de solidarité qui pèse sur la nation et qui est inconditionnelle cette réforme renforce l'inconscient collectif qui dit en gros que si les personnes sont dans cette situation c'est qu'elles ont raté quelque chose dans leur vie qu'elles l'ont bien cherché mais c'est l'État qui a failli qui a manqué au respect de ses obligations c'est la société qui a failli à aider ces personnes si cette réforme est passée dans le plus grand des calmes si elle est même populaire chez une partie des Français c'est parce que le discours évoquant un assistana s'est imposé ces dernières années dans l'espace médiatique et politique l'idée selon laquelle les gens qui ne travaille pas choisissent cette situation tout ce qui va dans le sens de pousser les gens à à quitter un assistana don la majorité j'allais dire ils sont malgré eux mais dans une minorité aussi par moment a tendance à la trouver pas si inconfortable que ça va dans le bon sens dans le même temps monsieur le Premier ministre nous apprenons que les dépenses d'assistan et notamment l'aide médicale d'État qui permet à des étrangers en situation irrégulière d'accéder à notre système de santé gratuitement ont-elles expos'il vous plaît et cet acharnement à imposé cette parole sur le prétendu assistana porte ses fruits une enquête du créoc publiée en 2018 montre qu'une grande majorité de Français souscrit à l'idée selon laquelle les caisses d'allocation familiales ne contrôlent pas suffisamment les situations des allocataires ils étaient plus de 80 % en 2018 à partager ce sentiment contre 64 % 20 ans plus tôt on va donc directement finir avec ce cliché la fraude sociale n'est pas la norme mais l'exception et c'est la Cour des comptes qu'il dit dans un rapport publié en 2020 selon elle le montant cumulé des aides indu représenterait 3,2 % des prestation sociale pour comprendre comment faire face à l'extrême pauvreté il est absolument indispensable de sortir de ces discours le problème principal comme nous l'avons déjà expliqué dans de nombreuses émissions à blast c'est plutôt la progression de l'extrême pauvreté en France et le non recours au RSA est un obstacle à la lutte contre cette extrême pauvreté selon l'adresse 34 % des ayants droit n'auraient pas recours à cette prestation ce qui est colossal les causes sont multifactorielles ça peut être dû à un manque d'information sur le sujet à un refus de dépendre du net social ou à des démarches administratives complexes ou trop longues 35 % de personnes éligibles au RSA ne le demande pas et ces personnesl il faut a ne demandent pas parce que parce qu'écoutez R remplissez un dossier de demande de RSA vous allez comprendre pourquoi il ne le demande pas 10 pages à 4 extrêmement intrusive sur votre vie privée avec des termes invraisemblables mais vraiment des termes invraisemblables auxquels nous-mêmes nous ne saurions pas répondre donc franchement pourquoi il ne le demande pasil pourtant il est indispensable en tant que société que nous nous assurions que ceux qui sont dans le besoin touchent l'aide à laquelle ils ont droit pour répondre aux promesses de fraternité qui sont les nôtres mais aussi car les coûts sociaux et économiques de la pauvreté sont bien supérieurs au coût du RSA et forcer les plus pauvres à être en activité ne semble pas vraiment être la solution en revanche investir dans l'accompagnement tout en empêchant ces personnes de sombrer dans l'extrême pauvreté semble être une solution du moins pour la présidente d' descart monde 7 ans après une entrée au RSA seulement 34 % l'ont quitté et ont retrouver un travail en bref il y a une défaillance de l'accompagnement mais ça veut dire qu'il n'y a pas assez de professionnels pour accompagner les personnes dans la durée et dans la confiance donc pas assez de moyens humains pas assez de moyens humains vous savez un chiffre très simple en France nous avons un professionnel pour 100 personnes au RSA en Allemagne vous en avez un pour 38 voilà je terminerai avec ces mots de la défenseuse des droits qui font écho à nos autres émissions sur l'augmentation de l'aide alimentaire et le financement des Restos du cœur clair et don est catégorique pour elle cette réforme est une catastrophe il n'y a plus aucun de fou et on va continuer à avoir les restos du cœur qui disent on narrive pas à faire face tellement il y a de personnes qui viennent non mais franchement on est revenu au 19e siècle on finance de la charité on ne construit plus suffisamment de logements sociaux ou très sociaux depuis 6 ans puisqu'il n'y a plus d'accès au logement et que l'on a quand même un minimum de dessence et d'humanité on augmente les places d'hébergement et là on va rayer les gens du RSA et augmenter les distribution alimentaire mais quelle est cette société fondée sur la charité et pas sur le droit nous sommes dans une p période de régression c'est la fin de cette émission elle me tenait particulièrement à cœur alors j'espère sincèrement qu'elle vous a plu et que vous y avez appris des choses et vous que pensez-vous de cette réforme je suis curieuse de savoir si vous en aviez entendu parler avant cette vidéo donc n'hésitez pas à me le dire en commentaire je vous rappelle que blast est un média indépendant que nous sommes financés par vous notre audience donc si vous le pouvez n'hésitez pas à faire un don ou à vous abonner sur blast-info.fr et moi je vous dis à bientôt [Musique] [Musique] I