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speechyoutube.com· 8 septembre 2016 97 min

Discours de François Bayrou - Evénement (12/12/2010)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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François Bayrou

Alors, j'ai beaucoup de gratitude à exprimer. Je veux commencer par vous, pour vous dire merci pour votre présence, pour la confiance que vous me faites, pour le chemin que nous allons faire ensemble, qui est un chemin d'enthousiasme et d'entraînement, je le crois. Alors, je veux remercier la formidable équipe qui est à la tribune autour de Marielle parce que, je vous le dis sans aucune forme d'exagération, c'est l'équipe la plus soudée, la plus solide qui existe aujourd'hui dans la vie politique française. Et c'est l'équipe la plus soudée, la plus solide qui ait jamais incarné la famille politique que nous portons aujourd'hui ensemble. Je veux dire ma gratitude à Francesco Ruttelli.

Pas seulement pour l'amitié que vous sentez, qui est réelle, qui est ancienne. Je veux lui dire ma gratitude pour ce qu'il est en train de faire et de conduire en Italie. Vous savez bien qu'il y a une formule classique en français, dans l'histoire française, on dit l'Italie, c'est notre sœur latine. Il y a beaucoup, beaucoup de ressemblances entre la patte humaine de la vie politique italienne et la patte humaine de la vie politique française. Beaucoup. Et si vous regardez l'histoire récente, alors vous verrez des choses. Nous étions les deux seuls pays à avoir un parti communiste à 25% chez nous, 35% chez eux.

Il y a une marque de la tradition, de la culture dans notre histoire, de la culture chrétienne. Il y a des rejets de la culture chrétienne, des choix de laïcité polémiques affrontés. Il y a beaucoup de ressemblances entre l'Italie et la France. Et ce qu'il est en train de faire est formidable. Je veux faire deux commentaires. Il a parlé de Wikileaks et il a parlé de la vision de la politique et de son organisation. Wikileaks, c'est à mon sens une chose très importante. Il y a eu beaucoup d'émotions, de colères, de condamnations. Je comprends qu'on ne puisse pas et qu'il ne faille pas tout mettre sur la place publique.

Et cependant, je vous le dis comme je le sens, et peut-être m'en fera-t-on le reproche, j'ai senti à la lecture de ces documents comme un air de vérité et de liberté. Quelque chose qui révélait des choses importantes. Bien sûr, il y a des informations sensibles. Mais je sais aussi que ceux qui les ont éditées feront attention, peut-être encore plus qu'ils ne l'ont fait. Moi, il y a un télégramme qui m'a vraiment fait rire. Enfin, rire. Qui m'a plongé dans un sentiment d'amertume, comme si quelque chose se levait. C'est le prince Andrew, qui est en visite au Kyrgyzstan. Et il est à la table avec représentants officiels, des ambassadeurs, et on lui décrit la situation au Kyrgyzstan.

Et on dit, vous savez, ici, tout s'achète et tout se vend. Les décisions politiques sont des décisions très souvent influencées par des lobbies. Et le prince Andrew, avec l'imprudence de son jeune âge, regarde la table et dit, mais alors c'est exactement comme en France. C'est un télégramme diplomatique officiel de Wikileaks. Je ne vous dis pas qu'il avait raison. Mais l'impensable, pour nous, responsable politique français, c'est qu'il l'ait dit. Parce que ça dit quelque chose de l'image cruelle, je crois excessive, mais pas toujours erronée, que notre pays est en train d'acquérir dans le monde. A quoi il faut faire attention ? Première observation. Deuxième observation.

Francesco a parlé de l'organisation de la vie politique dans les pays européens. Et je ne vous parlerai même pas de pluralisme et de ses valeurs. J'en dirai un mot dans le texte dans lequel je vais entrer. Je voudrais vous soumettre une loi politique, que j'ai appelée la loi de Bayrou. Mais une loi politique très simple, qu'il faut constamment avoir à l'esprit chaque fois qu'on vous propose de dénaturer votre action pour aller rejoindre des courants qui ne sont pas les vôtres et vous reconnaîtrez des débats qui ont eu lieu en notre sein pendant des années, depuis 2002, depuis la création de l'UMP, etc. La loi de Bayrou, elle dit quelque chose de très simple.

Et ne l'interprétez pas mal, même si ça vous fait sourire dans sa formulation. Elle dit, les parties se tiennent par leur noyau dur. Je ne sais pas ce que ces rires veulent dire. Franchement, franchement, les parties se tiennent par leur noyau dur. Si vous allez vous installer dans une alliance à droite, ne vous étonnez pas que les noyaux durs de la droite prennent, reprennent, conservent, imposent leur influence déterminante. Et si vous allez vous allier dans des alliances que vous ne maîtrisez pas, ce que Francesco a fait avec la gauche italienne, il s'est aperçu que c'est les noyaux durs de la gauche italienne.

Si vous avez une autre idée, si vous pensez que ces deux visions sont erronées, si vous pensez que, certains disent au centre, nous, nous avons une vision non seulement centrale, mais plus large, démocrate, comme nous le disons. Si vous pensez que c'est au centre qu'il faut gouverner, alors faites des regroupements au centre. Le seul mouvement qui se tienne par les noyaux durs du centre, c'est le centre, et pas tout autre montage qui ne peut que dénaturer. Et ceci, cher Francesco, est une loi, selon moi. Mais j'accepte qu'en Italie, tu l'appelles la loi de Rutelli, désormais. Bien, mes chers amis, je ne sais pas si vous avez regardé ce matin le calendrier.

Je vois que vous ne l'avez pas fait, mais je l'ai fait pour vous. Parce que je vous dois bien ce genre de service, puisque, en me confiant la responsabilité de notre mouvement, vous m'avez demandé, en particulier, de veiller à l'essentiel, et donc de veiller au temps. Eh bien, aujourd'hui, dimanche 12 décembre 2010, aujourd'hui même, jour pour jour, nous entrons dans la période des 500 jours, puisque c'est dans 500 jours, exactement aujourd'hui, que la France a rendez-vous avec le plus important de ses choix. Le premier tour de l'élection présidentielle de 2012, c'est dans 500 jours, exactement aujourd'hui. Ne voyez dans cette affirmation aucune obsession liée à la compétition politique.

L'élection politique, simplement la prise de conscience d'un fait politique majeur, pour qui veut changer en profondeur la vie politique de notre pays, sa vie économique, sa vie sociale, il n'y a qu'un rendez-vous déterminant, c'est l'élection présidentielle, c'est le seul rendez-vous qui rende possible un changement en profondeur. Et j'emploie les deux mots, changement et en profondeur. Et donc la première question que nous avons devant nous, c'est est-ce que nous sommes de ceux qui veulent un changement en profondeur ?

Parce que la question n'est pas seulement celle d'un changement de pouvoir, la question est celle d'un changement d'époque, de projet pour un pays tout entier, pour les générations qui le forment, et qui en ont la responsabilité. Vous le savez, certains d'entre vous s'en souviennent, je n'ai pas voté pour Nicolas Sarkozy en 2007. Il ne m'a pas échappé que beaucoup me l'avaient reproché. Même parmi mes amis les plus proches, des gens qui m'aimaient beaucoup. Certains en ont été perturbés. Je sais bien, certains l'ont dit, d'autres je l'ai lu dans leurs yeux, et la phrase était toujours la même, « Pourquoi, disait-il, mais pourquoi prendre tant de risques ?

Il suffisait de te taire, tu aurais été idéalement placé. » Et j'entends, pour la suite, j'entends ce commentaire partout. Je l'ai entendu, vous l'avez entendu. Eh bien, c'est simplement que j'ai jugé à cette époque que ce silence eût été une trahison. Pas trahison de partie. Votre sort en tant que partie eût été plus facile. Pas trahison de camp ou d'amis, mais trahison de l'essentiel, trahison de valeur et trahison de l'avenir. Et parce que j'ai jugé que ce silence était une trahison, je n'ai pas choisi le silence.

Simplement pour que la France sache, et les Français, que nous n'étions pas partie prenante, que nous n'acceptions pas à l'avance ce que nous voyions arriver et qui allait se passer pour notre pays. Et c'est, me semble-t-il, la grandeur de la politique ou la noblesse de l'engagement de pouvoir prendre des risques au service de ce qu'on croit être le plus précieux. Alors, je n'ai pas l'intention de prononcer devant vous le énième réquisitoire contre le Président de la République dans l'exercice de sa fonction. Je l'ai fait quand le temps l'exigeait. Je l'ai fait, et peut-être à cette époque fallait-il quelque courage pour le faire.

Tant l'approbation, l'applaudissement où le silence était, à ce moment-là, général, au moment de l'édition d'abus de pouvoir. Ce que j'ai écrit alors est écrit pour les temps à venir. Je n'ai rien, ni un mot, ni un adjectif à y changer. Ce qui était annoncé, c'est réalisé. Je ne m'en réjouis pas de voir l'état de notre pays, ses difficultés économiques et sociales, même si toutes ne sont pas de la responsabilité du pouvoir le plus récent. Je vois l'enlisement de tous les problèmes sans exception, hier, présentés comme brûlants. Je vois la difficulté, pour ne citer que, des banlieues, de l'intégration, même de la sécurité. Et je vois le découragement, la stagnation, par exemple, de l'école.

Je vois l'état moral, et, comme je l'ai dit ce matin, l'état de démoralisation, moral et moral, ébranlé en même temps. Je vois les privilèges des uns et la difficulté à vivre des autres. Je ne dis pas que rien n'a été fait. Sûrement, on peut trouver, ici ou là, des décisions, heureusement, qui toutes ne sont pas mauvaises. J'en signalerai une ou deux dans le courant de mon propos. Mais l'équilibre général a été plus d'injustice que de justice, plus d'aggravation que de progrès. Et, de surcroît, avec un exercice du pouvoir dont tout le monde voit à quel point il a été partisan et clanique, la tragique homédie du remaniement a été, pour qui en doutait encore, la plus cruelle des confirmations.

Je n'ai pas besoin d'insister, ce tableau-là, tout le monde l'a sous les yeux. Et ce n'est plus du passé qu'il s'agit, c'est de l'avenir. Et c'est d'avenir que je veux vous parler à cette tribune. Et je veux commencer par une déclaration de volonté et d'optimisme. Il n'est plus temps de faire Cassandre qui annonçait le malheur des temps. Et plus Cassandre voyait juste et moins on la croyait. Nous avons averti quand il a fallu avertir. Nous avons vu quand il fallait voir. Maintenant, nous avons un immense enjeu devant nous. Il nous faut rendre l'espoir à un pays qui n'en a plus ou plus guère. Il nous faut dire et défendre l'optimisme.

Un optimisme nouveau pour un peuple qui aujourd'hui est désabusé. Il nous faut remplir cette mission d'espérance quand l'espérance a déserté. Les peuples, particulièrement le peuple français, souffrent trop quand ils se trouvent abandonnés au scepticisme. La mission des politiques, c'est la lucidité. Et après la lucidité, c'est d'entraîner vers le redressement. Alors, le moment est venu de dire quelque chose à la France. Le moment est venu de dire à la France « Nous allons nous en sortir. » Le chemin existe. Il est exigeant. Il existe. Il ne nécessite pas ce chemin de grands congrès d'experts internationaux. Il ne nécessite pas d'avoir fait de profondes études et de grandes écoles.

Ce n'est pas un chemin pour les experts. C'est un chemin pour un peuple. Un chemin de bon sens et de bonne volonté apporté d'un peuple comme le nôtre et d'un pays comme le nôtre. Nous allons nous en sortir. Le choix qui est le nôtre, c'est le choix de cet optimisme-là. Il existe un chemin pour que la France retrouve son équilibre, sa santé et son rayonnement. notre pays a des atouts comme peu de pays peuvent en avancer. Nous avons une grande histoire, une grande langue. Et voyez-vous, pour moi, je crois qu'une langue, ça compte. nous avons des équipements collectifs, des routes, des voies de TGV, des aéroports.

Dès que vous survolez la France, si vous avez la chance de le faire venant de l'étranger, alors vous découvrez dans l'admirable glacis des villes et aussi des champs, vous découvrez une marqueterie et c'est une civilisation vivante. Nous avons des enfants. Nous sommes un peuple qui fait des enfants alors que les autres n'en ont plus. Dans les décennies qui viennent, la population de l'Allemagne va baisser de 20 millions. La population du Japon de 30 millions. La population de la Chine va considérablement vieillir et nous, au contraire, nous allons continuer à grandir. Nous avons des savants, des mathématiciens, des chimistes, des scientifiques, des juristes, des médecins.

Nous avons un remarquable système de santé même s'il est aujourd'hui trop souvent plongé dans le doute. Le temps de la France ne demande qu'à revenir. Mais il y a des conditions impératives et c'est de ces conditions impératives que je voudrais vous dire un mot. Premièrement, il faut réinscrire la France dans son projet national, dans son histoire à elle, dans ses valeurs républicaines. Nul ne réussira. On a essayé à faire de la France un pays qui se rapproche d'un État américain ou d'un pays du Commonwealth. même si ces pays étaient formidables et croyez-moi ils sont loin d'être formidables.

Et je dis même, j'affirme qu'il y a beaucoup de pays dans le monde qui ont à envier à notre France si souvent décrier et décrier par ceux qui s'identifient eux-mêmes comme ces élites. En particulier, il faut cesser je crois d'ajouter foi et de plaider tout haut ou tout bas cette idée que ce sont nos valeurs notre modèle de solidarité le modèle de républicain français l'idéal d'égalité qui nous freine il y a là une idéologie sournoise qui s'est exprimée sans cesse et souvent sans que nous nous en apercevions même quelquefois dans nos rangs ou dans des rangs proches l'idée que les autres valaient mieux que nous et que c'était chez les autres qu'il fallait aller chercher nos repères.

L'idée par exemple si répandue que nos acquis sociaux sont notre handicap je crois moi que c'est exactement le contraire. C'est parce que c'est parce que ces valeurs nous ne savons pas les faire vivre sereinement avec fierté que nous sommes freinés pas parce qu'elles existent mais parce que trop souvent les décisions prises sont en rupture ou en contradiction avec elles.

je crois que tous les peuples ont leur histoire et leur système de valeurs et je crois que ce système de valeurs il faut l'assumer surtout quand il est bon et juste et qu'il forme un idéal surtout dans l'époque du monde où nous sommes parce que ce matin a été si souvent évoqué à cette tribune l'idée qu'il y avait une dynamique malsaine qui était à l'oeuvre sur la planète tout en rapport de force tout en financier tout en les puissants qui imposent leur loi au plus faible parmi les pays parmi les entreprises et bien face à cette dérive d'un système dont on a mesuré par la crise le caractère vain et les fragilités et bien au contraire le système français est en résistance nous avons pu à la fois assumer le progrès progrès technique progrès scientifique et conserver nos propres valeurs je suis persuadé que c'est le chemin que nous devons suivre c'est ce qu'on dit au rugby on dit jouer sur vos points forts retrouver vos fondamentaux et bien c'est ces fondamentaux de l'histoire de notre histoire et de notre projet républicain français qu'il est maintenant nécessaire de retrouver si l'on veut qu'une nouvelle époque s'ouvre pour la France retrouver vos fondamentaux retrouver vos valeurs que s'ouvre une époque nouvelle nous voulons un pouvoir nouveau un gouvernement nouveau une majorité nouvelle ce qui signifie que nous voulons changer le pouvoir changer le gouvernement changer la majorité je vous livre là je vous livre là un critère d'analyse extrêmement efficace en face de toutes les tentatives diverses et variées qui tentent de revêtir le visage ou le masque du entre guillemets centre je dis entre guillemets centre parce que je n'ai pas observé ces dernières années que cela qui aujourd'hui s'en font les voyageurs de commerce était très assidu à défendre son existence mais enfin comme vous l'avez observé je me suis tenu nous nous sommes tenus aussi loin que possible de cette confusion qui en est qui n'en est pas et je me dis du centre mais j'appartiens à la droite et je ne je prétends que je suis indépendant mais je suis un adhérent de l'UMP tous ces micmac toutes ces manœuvres ne vous trompez pas télécommandez il est il était important de s'en tenir éloigné il est cependant utile de mettre un peu de clarté et un peu d'ordre dans ce bazar soigneusement entretenu alors disons au moins ceci qui est simplement de définition on ne peut pas s'appeler centre quand on choisit d'être toujours du même côté François Mitterrand disait cruellement ce centre c'est ni à gauche ni à gauche or vous aurez ça voulait dire simplement que il n'assumait plus l'identité l'identité politique l'identité j'allais dire éthique qui fonde une famille politique indépendante or vous aurez observé que toutes les déclarations entendues récemment concluent toujours dans le même sens nous sommes à l'UMP disent les uns nous y restons nous sommes au gouvernement nous y restons nous voulons la victoire de la majorité à laquelle nous appartenons et il nous est impossible d'envisager un autre équilibre ou une autre alliance quelle qu'elle soit alors à quoi servez-vous à gonfler les roues de secours à cirer les strapontins nous notre but notre but ce n'est pas la continuité le maintien des pouvoirs actuels mais un pouvoir nouveau une majorité nouvelle et le jour venu un président de la république nouveau de sorte que quand vous entendrez utiliser les mêmes mots les décalques posez-vous une seule question ceux qui nous parlent en fait veulent-ils imposer un changement ou travaillent-ils en réalité pour que le pouvoir actuel reste au pouvoir si possible en obtenant au passage quelques avantages supplémentaires se préparent-ils à être des combattants ou ne cherchent-ils qu'à être des rabatteurs de voix et quand vous aurez la réponse à cette question vous n'aurez plus de questions alors j'ai un message pour ceux qui sont de bonne foi pour ceux qui auraient réfléchi pour ceux qui auraient choisi d'adopter une attitude nouvelle pas une attitude de dépendance pas une attitude de service à l'égard de ceux qui assument et c'est bien leur droit le pouvoir actuel message à ceux qui sont de bonne foi notre porte est ouverte notre maison est une grande maison tout le monde peut y trouver sa place à l'instant même où vous renoncerez je vais le dire autrement à l'instant même où vous renonceriez à être instrumentalisés à être soumis à l'instant même où vous direz oui nous nous sommes trompés oui la liberté que vous la famille que vous êtes la liberté que vous avez si chèrement conquise et défendue sans nous dirait-il s'ils sont véridiques sans nous et quelquefois contre nous cette liberté elle est un bien précieux et elle peut être un bien précieux pour nous aussi et maintenant ayant réfléchi nous sommes décidés à la défendre avec vous oui nous renonçons à être soumis nous renonçons à être dépendants financièrement comme électoralement à cet instant même le pas sera franchi nous n'avons pas d'autres conditions imposées pour les rassemblements nous sommes déterminés à rassembler pourvu que ce soit en vérité et c'est cette vérité là que nous exigeons et message message à vous message à vous qui formez la maison bien sûr pour beaucoup d'entre nous nous avons des racines au centre de la vie politique française mais ceux qui se rassemblent ici ce n'est pas seulement ceux qui viennent du centre c'est bien au-delà c'est le courant démocrate français il y a les écologistes il y a des libéraux de progrès il y a des sociodémocrates mais tous tous ceux qui sont là récusent d'un seul mouvement ce simplisme et cette absurdité dont notre pays souffre tant et cette inanité d'une vie politique qui se résumerait au choc de deux simplismes le simplisme de droite contre le simplisme de gauche tous ici ils pensent que la vie publique ce n'est pas une affaire de bord ce n'est pas une affaire de rive c'est le courant qui compte tous ceux qui sont ici ils savent qu'entre les rives il y a un fleuve et que c'est le fleuve qui fait la vie et que c'est le fleuve qui fertilise et si nous avons fait ce choix et si nous avons fait ce choix ce n'est pas par humeur ce n'est pas parce que nous avons du mal à nous entendre avec les uns ou avec les autres c'est parce que notre projet est différent en confrontation et souvent en opposition avec les projets des deux autres forces principales conservatrices d'un côté et socialistes de l'autre notre projet c'est un projet alternatif ce n'est ni le même chemin ni les mêmes moyens ni le même cap prendre en charge l'optimisme français alors il faut que nous assumions la première mission d'un grand peuple d'un peuple qui traverse des difficultés et qui veut retrouver sa force et sa grandeur et son rayonnement sa première mission c'est la lucidité je vous ai dit tout à l'heure le fond de ma pensée nous avons beaucoup de questions qui se posent à nous nous allons les résoudre mais parmi ces questions il y en a une une seule qui exige beaucoup d'imagination beaucoup d'efforts beaucoup de consensus national une détermination qui sortira de l'ordinaire une volonté sans faille une force d'explication et de pédagogie de respect du citoyen qui elle aussi devra surmonter tous les obstacles c'est la question des finances du pays quand je regarde les enfants qui sortent de l'école à midi ou à 4 heures quand je vois le cartable qu'ils portent sur le dos et que je me dis que nous adultes soi-disant responsables en réalité nous avons mis dans leur cartable un poids qui va les plomber pendant longtemps bien après qu'ils seront devenus adultes je me dis que ceux-là ces filles et ces garçons ils devraient bien un jour faire un procès à la génération qui a laissé faire à ceux qui ont tout justifié par exemple quand je me dis tous les jours que nous n'hésitons pas toute honte bu sans vergogne à mettre à leur charge à eux les enfants à mettre à leur charge sur leur travail de demain le remboursement de nos feuilles de sécu d'aujourd'hui je me dis qu'il y a là quelque chose comme une trahison de génération à génération et c'est pourquoi j'ai été heureux que nos sénateurs rejoints par d'autres sénateurs de l'union centriste Jean Arthuis par exemple ont voté pour la première fois contre le PLFSS le projet de loi de financement de la sécurité sociale parce qu'ils reportaient le remboursement de nos feuilles de sécu d'aujourd'hui sur nos enfants quand ils seront adultes entre 2020 et 2025 c'est une honte démocratique c'est une honte civique alors je disais lucidité et volonté si l'on veut construire une politique sérieuse réaliste prudente de sortie du déficit et de la dette alors il faut exactement prendre conscience des chiffres pardon de vous donner quelques chiffres rapidement mais c'est parce que nous voulons que le réalisme soit la marque de notre projet le but à atteindre nous avons un déficit aujourd'hui de cette année 150 milliards d'euros l'an prochain mécaniquement parce que l'emprunt qui a été fait cette année il ne faudra pas le refaire l'an prochain va baisser du côté de 130 milliards d'euros et bien le but à atteindre c'est de baisser ce déficit jusqu'à un seuil qui se situe quelque part entre 20 et 30 milliards d'euros c'est à dire un peu plus de 1% de la production totale du pays pendant un an pourquoi est-ce que je cite ce seuil ce n'est pas un seuil fantaisiste ou arbitraire c'est parce que ce seuil c'est le seuil de stabilisation de notre dette au dessus de ce seuil la dette continue de croître et au-dessous enfin quand on atteint ce seuil elle est stable et donc d'une certaine manière on sort de ce mécanisme de surendettement qui fait que plus on est endetté plus on doit emprunter emprunter un peu plus chaque année y compris pour payer les intérêts de la dette ce qui est exactement pour les états la situation du surendettement pour les ménages quand on descend à ce seuil la dette devient stable elle ne grandit plus le bateau ne s'enfonce plus on a bouché la voie d'eau reste à espérer que la marée va remettre le bateau à flot ce seuil de stabilisation je le disais il est autour d'entre 20 et 30 milliards d'euros par an regardons donc en face les chiffres ce que nous avons à équilibrer c'est de l'ordre de 90 milliards comment je vais faire les grands chapitres parce qu'il faut que les responsables public essaient de dire des choses qui soient des choses ciblées et réalistes premièrement en remettant les comptes sociaux à l'équilibre les comptes sociaux à l'équilibre c'est à peu près sécu plus retraite de l'ordre de 40 milliards remettre les comptes de la sécu en équilibre ça se fera en partie par économie et en partie en faisant appel à des ressources nouvelles je vous rappelle que pour la retraite j'ai refusé d'être de ceux qui demandaient qu'on augmente la CSG parce que je savais bien qu'un jour ou l'autre il faudrait que la CSG soit mise à contribution pour que les comptes sociaux reviennent à l'équilibre donc de ce côté là et c'est dire la vérité au pays nous avons 40 milliards d'euros dans les prochaines années à équilibrer deuxièmement une réforme fiscale qui porte en particulier sur les niches aujourd'hui je parle sous le contrôle de Jean-Jacques Jégout quelque chose comme 80 milliards et bien cette réforme fiscale on peut imaginer que ce gain sera de l'ordre là encore de 20 milliards en économie sur les niches et 10 milliards de mesures nouvelles qu'il faudra que tous les gouvernements prennent une rapide revue des interventions actuelles de l'état ce sont de l'ordre de 60 milliards on peut imaginer que 10 milliards puissent être trouvés du côté des interventions de l'état si vous ajoutez 40 et 30 et 10 vous arrivez à 80 milliards on s'est approché de la cible ne croyez pas que ce sera une affaire facile ne croyez pas que ce sera une affaire simple ça demandera beaucoup de courage de la part des gouvernants beaucoup de désintéressement de la part des gouvernants mais c'est me semble-t-il le seul moyen d'exercer la responsabilité pour un pays comme le nôtre ces chiffres sont impressionnants et c'est pourtant la mesure de notre effort national ils sont ces chiffres l'horizon quel que soit le gouvernement s'il est sérieux et s'il n'est pas sérieux il sautera quel que soit le gouvernement s'il est sérieux c'est l'horizon de la décennie qui vient parce que avoir laissé se constituer vous vous souvenez à quel point j'ai conduit la campagne sur ce sujet avoir laissé se constituer le stock de dettes sur lequel nous sommes assis c'est un stock de dynamite et il y a des inconscients qui laissent des mégots allumés il faut que vous sachiez que le moindre mouvement sur les taux d'intérêt peut tout faire exploser et nous transformer comme on dit dans les bandes dessinées en chaleur et lumière c'est pourquoi je regarde avec stupéfaction les prises de position récentes du parti socialiste j'ai lu les 40 pages du projet qui a été adopté hier ce sont des promesses à chaque paragraphe création de nouveaux services publics extension de l'action de l'état augmentation généralisée des salaires recrutement de fonctionnaires plafonnement du coût du transport à 1 euro entre logement et transport et travail triplement des enfants accueillis à 2 ans à l'école maternelle des allocations nouvelles pour le départ en vacances une allocation d'autonomie pour les étudiants des aides à la formation un renforcement du soutien au chômage j'en passe beaucoup et d'aussi lourde et bien je dis aux citoyens de bonne foi ceci qui a été présenté par ce grand parti par les responsables de ce grand parti parce que je sais ce que c'est que le parti socialiste comme immense partie réseau d'élus locaux en France les présenter par les responsables du parti socialiste comme la base incontournable qui doit s'imposer à tous les candidats socialistes la phrase de monsieur Hamon c'est ce n'est pas le programme qui doit s'adapter au candidat mais le candidat au programme ceci n'est pas raisonnable c'est au mieux une illusion et une escroquerie au pire si c'était appliqué un risque fatal pour la France je suis de ceux je le dis je l'assume je suis de ceux qui ont cru que le parti socialiste pouvait choisir un jour un cap de responsabilité je l'ai cru de bonne foi j'en ai parlé souvent publiquement et en privé plus souvent encore avec les responsables de ce mouvement mais le vote de ce texte me plonge dans l'inquiétude quand je lis ces pages je me dis que quelque chose coupe en deux en effet la vie politique française et que ce n'est pas la frontière droite-gauche ce qui coupe en deux la vie politique c'est la ligne qui sépare ceux qui veulent dire la vérité qui pensent que la vérité est la base de tout et ceux qui acceptent la tromperie et l'illusion le mensonge fait aux citoyens comme moyen d'obtenir le pouvoir et s'il se peut je veux mettre en garde il y a eu un temps où jouer à ces jeux en effet pouvait coûter cher mais c'était le temps où le pays avait des réserves il y avait eu auparavant des gens sérieux aujourd'hui nous dansons sur un volcan l'illusion autrefois vous vous en souvenez a créé des déceptions aujourd'hui l'illusion peut créer l'explosion et l'explosion peut être mortelle et c'est pourquoi nous pensons nous qui voulons cette époque nouvelle ce pouvoir nouveau et le jour venu ce président de la république nouveau nous pensons qu'il est mieux pour la France qu'ils appartiennent au courant démocrate qui dit la vérité plutôt qu'au courant socialiste qui a choisi la désastreuse et dangereuse et mensongère illusion dans les domaines où la lucidité s'impose je veux dire un mot du problème de la question de l'immigration il faut aborder de front cette question d'abord parce que un certain nombre de forces veulent surfer sur les émotions qu'elles provoquent mettant je le crois en danger l'équilibre de notre pays je veux dire deux ou trois choses sur l'immigration la première je suis au regret de le rappeler mais ce que nous avons là c'est largement le résultat de notre histoire je n'ai jamais considéré que la question de la colonisation ou du colonialisme était je m'exprime devant Jean-Pierre Rioux une question simple d'abord parce que contrairement à ce qu'on essaie de nous faire croire cette doctrine a été au moins autant une doctrine d'homme dit de gauche qu'une doctrine d'homme dit de droite et c'est Jules Ferry qui s'est fait le propagandiste en termes inacceptables de cette vision la phrase de Jules Ferry dans un débat célèbre dans les années 80 du 19ème siècle 1880 cette phrase était le droit et le devoir des races supérieures à l'égard des races inférieures c'est Jules Ferry et l'admirable réponse de Clémenceau Clémenceau monte à la tribune et il lui dit dans un discours formidable et il lui dit monsieur il n'y a pas de race inférieure et de race supérieure il y a légale lutte pour la vie à cette époque et il n'y a pas si longtemps mon grand-père est né en 1878 c'est une génération qui au fond était née c'est une génération qui au fond nous touche on a l'impression de propos hantés d'éluvien c'est l'histoire de France et bien à cette époque on allait sur les mers au grand large chercher des débouchés pour notre industrie c'est ça qu'il disait dans le discours chercher des ports pour notre marine et on allait aussi porter croyait-on la civilisation et il y a eu des gens de bonne foi qui ont donné dans cette aventure et peut-être dans cette catastrophe qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes de ce qu'ils avaient et il y a des cicatrices qui ne se refermeront pas comprendre l'histoire c'est comprendre qu'elle n'est pas simple les plus flamboyantes aventures engendrent aussi de grandes tragédies durables de brûlantes cicatrices qui passent au travers des générations et se transmettent sans même qu'on s'en souvienne à cela sur le continent africain en particulier Afrique du nord Afrique du sud du Sahara Afrique noire nous avons apporté notre langue en leur disant que c'était une grande chance nous avons apporté notre familiarité disions-nous notre protection on croyait on croyait peut-être qu'ils l'oublieraient et bien ils ne l'ont pas oublié nous leur affirmions que nous étions nous la France puissance tutélaire et protectrice et que nous leur offrions cette protection d'une certaine manière les enfants les plus pauvres de ces peuples ne l'ont pas oublié non plus et la décolonisation non plus ça n'a pas été simple et pas idyllique et ça a été terrible souvent et nous savons de combien de guerres civiles de corruption de dictature sournoise ou totalitaire la décolonisation aussi c'est payé alors quand on a en tête cette grande tragédie et ces grandes souffrances et lorsqu'on regarde notre peuple et nos enfants alors on a le devoir de se détourner des prophètes de malheur et de les combattre tous ceux qui pour se faire des succès électoraux excitent les français les uns contre les autres les religions les unes contre les autres tout cela nous avons le devoir pas seulement de les ignorer mais de combattre leur poison et nous nous avons la responsabilité de dire à tout le monde excusez-nous mais quoi que vous en disiez et quoi que vous fassiez et quelles que soient vos thèses et quelles que soient vos propagandes excusez-nous il y a une chose qui s'impose à tout le monde nous allons devoir vivre ensemble à partir de maintenant et pour les générations qui viennent vous et les enfants de nos enfants et parfois souvent les enfants de nos enfants ce seront aussi les enfants de vos enfants nous allons vivre ensemble et c'est ensemble que nous allons construire notre notre pays construire le projeté dans l'avenir pas à partir de rien c'est un pays qui n'est pas une page blanche c'est un pays qui a ses fondations son architecture son histoire ses paysages ses mœurs ses traditions ses valeurs en particulier parlant de tes valeurs en particulier valeurs de laïcité la France ce n'est pas une page blanche et c'est d'ailleurs parce qu'elle n'est pas une page blanche que nous l'aimons tous ensemble d'où que nous venions j'ai parlé de laïcité j'en parle comme un citoyen et j'en parle pardonnez-moi comme un croyant car la laïcité je la considère également précieuse que je la regarde comme citoyen ou que je la regarde comme croyant elle est ce qui permet à l'état à l'école à l'hôpital au service public d'être effectivement la maison de tous et elle permet aussi aux religions d'être pleinement tournées vers leur vocation c'est-à-dire vers le spirituel elle permet à chacun d'être lui-même pleinement respecté dans notre pays et vous verrez un jour je le crois que cette laïcité française non seulement elle sera reconnue et respectée chez nous mais qu'elle fera école partout dans le monde la France la France ensemble c'est un projet et c'est un message le combat que nous avons à conduire il suppose des mots d'ordre à condition que ce soit un petit nombre de mots d'ordre alors je vais vous proposer trois mots d'ordre pour le combat que nous avons à conduire premier mot d'ordre même s'il se heurte à des scepticismes ou à des résistances intellectuelles de bonne foi d'autres qui le sont moins premier mot d'ordre nous allons produire chez nous c'est un appel à la mobilisation parce que je sais bien et peut-être dans cette salle aussi que beaucoup de français croient au fond d'eux-mêmes que c'est impossible que c'est fini que c'est d'un autre temps ils pensent qu'il y a là sans qu'ils comprennent très bien pourquoi une fatalité et ils se sont laissés envahir par la fatalité de la disparition en réalité ou de l'éclipse de la production chez nous à tout cela je dis et les responsables ont le devoir de dire contrairement à ce qu'on croit la production c'est la clé de tout la production de biens de techniques de services de programmes de cinéma de musique de livres de brevets de recherche la création en un mot et je ne fais pas de différence entre ces grands secteurs que certains considèrent comme séparés économiques sociales techniques ou culturels je considère que tout ça c'est la création et tout ça au bout du compte c'est l'emploi parce que l'emploi dont on parle comme un sujet en soi l'emploi n'est qu'une résultante s'il y a production il y aura emploi et s'il n'y a pas de production l'emploi s'étouffe et disparaît parce qu'on n'a rien créé qui puisse aider à en assumer la charge et c'est la clé de tout parce que sans emploi toutes les politiques sont vaines sans production pas d'intégration des jeunes dans la vie active sans emploi pas de valorisation des formations quand elles existent pas d'intégration sociale pas d'ascenseur social pas de rayonnement du pays or il n'y a aucune raison aucune d'aucune sorte pour que la France ait accepté de déserter des pans entiers de la production nous ne sommes en rien moins doués moins organisateurs moins réactifs que les autres nous détaillons avec orgueil et je suis le premier à le faire nous détaillons avec orgueil nos succès industriels TGV satellite lanceurs d'engins Airbus armement centrale nucléaire hélicoptère même Nicolas Sarkozy s'en est aperçu hélicoptère train d'atterrissage moteur automobile Formule 1 et cependant chaque année nous souffrons davantage dans la compétition du monde et nous sommes exclus de production entière du textile à l'équipement de la maison qui sont d'immenses secteurs d'activité nous souffrons nous sommes durement concurrencés alors que nous avons comme voisins le plus proche dans les Pyrénées on dit premier voisin nous avons comme voisins le plus proche c'est un statut premier voisin nous avons comme voisins le plus proche et comme exemple l'exemple allemand alors j'entends bien la campagne qui est en cours et à laquelle je voudrais vous demander de réfléchir il y a une campagne en cours qui objecte que les allemands réputés vertueux n'ont pas augmenté leur coût du travail depuis 10 ans alors que nous dit-on chez nous c'est près de 30% d'augmentation du coût du travail que nous avons eu depuis 10 ans je prends ces chiffres pardonnez-moi de les prendre aussi avec précaution parce que je crois comme d'Israélie qu'il y a 3 degrés dans le mensonge le mensonge le satané mensonge et les statistiques et donc tout le monde pardon Robert je te prie de m'excuser oh si si je m'étais souvenu à temps je n'aurais pas prononcé cette phrase et s'il t'avait connu d'Israélie non plus et donc mais il y a une campagne en cours cette semaine avant-hier il n'y avait pas moins de 3 articles de fond dans les journaux économiques qui disaient ça avec des courbes qui montraient le gouffre qui était en train de se creuser et on expliquait que c'était pour ça qu'on perdait tout en réalité quand on fouille et je vous propose cette objection de la vérifier on s'aperçoit que le coût du travail français reste du même niveau ou inférieur à celui du travail allemand il est vrai qu'en France les cotisations patronales sont supérieures à ce qu'elles sont en Allemagne mais le salaire direct celui que perçoit réellement le salarié est inférieur chez nous au total écoutez bien le coût d'une heure de travail est donc plus bas en France qu'en Allemagne qu'aux Pays-Bas qu'au Royaume-Uni qu'au Danemark qu'en Suède et qu'au Luxembourg et la productivité est supérieure chez nous puisque nous avons à l'heure de travail Robert la plus haute productivité du monde moi je suis comme tout le monde je prends les statistiques quand elles vont dans mon sens confessons alors où est la clé de notre disgrâce il y a plusieurs pistes de réponse un universitaire qui est venu me voir récemment dont c'est la spécialité il n'y a pas beaucoup d'universitaires dont la spécialité est la présence des productions dans les grands secteurs de consommation du pays on a même du mal à trouver des chiffres mais cet universitaire m'expliquait récemment que nous avions nous français choisi pour les produits de notre pays un positionnement plus faible que celui des allemands qu'en réalité l'industrie allemande ne produisait pas plus que l'industrie française mais que nous nous avions choisi des produits moyens alors que eux nos voisins avaient choisi une gamme de produits élevés qu'on peut facturer plus cher et vous avez en tête toutes les marques qui illustrent cette affirmation il y a un problème d'image de marque si je dis allemand pas karcher non d'abord c'est pas allemand c'est autrichien non si je dis allemand tout le monde entend sérieux et tout le monde entend solide et tout concourt à cette image de marque par exemple quand les gouvernants allemands prouvent qu'ils luttent réellement contre les déficits en fait ils disent sérieux et ce sérieux s'entend aussi pour les machines à laver il y a une image de marque du pays que nous n'avons pas me semble-t-il suffisamment cultivée en France et cette lacune on peut la corriger ensuite ensuite la production n'est pas très à la mode en France nous nous souvenons tous de ce grand industriel qui fixait comme objectif à son entreprise majeur dans son domaine de devenir disait-il avec fierté une entreprise sans usine et bien nous nous pensons au contraire que c'est une force de maîtriser la production parce que ça n'est pas seulement la production d'aujourd'hui et les emplois d'aujourd'hui c'est aussi si vous y réfléchissez bien la production de demain et les emplois de demain quand un produit disparaît la compétence pour le produire disparaît aussi personne ne réfléchit plus à son évolution personne ne réfléchit plus à son marketing aux attentes des consommateurs personne ne dépose plus de brevets en réalité le seul est stérilisé ce que nous voulons c'est replanter la forêt qui nous permettra de produire et pour cela il nous faut privilégier l'investissement qui se dirige vers l'entreprise et il faut le faire y compris fiscalement réserver les avantages fiscaux au comportement qui prépare l'avenir par exemple traiter mieux en matière d'impôts sur les sociétés les bénéfices réinvestis par rapport aux bénéfices distribués je suis pour une politique qui favorise l'entreprise je suis pour le soutien à ceux qui innovent et je suis pour une politique de soutien aux PME et pas seulement aux très grandes entreprises du CAC 40 quand je vois par exemple ce qu'on appelle le fonds stratégique d'investissement que nous avons créé qu'on a doté de près de 15 milliards d'euros de fonds quand je vois ce fonds dirigé vers les grands groupes je me dis qu'il y aurait tant à faire et tellement mieux à faire si on essayait d'équilibrer entre les grands groupes et les PME le soutien que nous devons à l'investissement en France je voudrais répondre à deux objections je vous connais tellement bien que je sais ce que vous pensez c'est parce que je vous connais beaucoup et que je vous aime beaucoup que je vous entends penser aussi clairement que si j'avais devant moi une machine à décortiquer à décrypter les cortexs alors je dis ce que vous êtes en train de penser vous pensez protectionnisme et bien je veux traiter de cette question et récuser cette accusation le protectionnisme c'est quand on impose aux autres des obligations dont on se dispense soi-même et moi c'est tout le contraire je veux que nous autres les européens nous décidions à faire respecter par les autres les règles que nous nous imposons à nous-mêmes pas toutes bien sûr pas toutes on va pas demander de faire respecter les 35 heures parce que ça c'est des règles que nous avons choisies nous-mêmes et on va pas naturellement les imposer aux autres mais il y a des règles élémentaires sociales minimales par exemple le travail des jeunes enfants par exemple les règles environnementales qui concernent la planète toute entière par exemple et d'abord qu'un jour nous décidions de ne pas laisser truquer les échanges internationaux par le trucage du cours des monnaies il y a des situations je vous le dis comme je le pense où la naïveté et le respect des usages sont une faute et ne sont pas loin d'être un crime aggravé un crime contre ceux dont on vous a confié la charge et je vous ai entendu penser aussi et ça sera la dernière accusation que je récuserai pourquoi dit-il France et ne dit-il pas Europe et bien je dis France parce que je pense juste et nécessaire que chacun s'occupe aussi de sa maison lorsque j'étais président du conseil général des pyrénées atlantiques je pensais à l'activité économique aux usines au tourisme aux routes dans le plus beau pays du monde c'était ma mission et je n'aurais pas été satisfait et je n'aurais pas fait mon boulot si les usines et les équipements s'étaient installés à Marseille ou à Lille pourtant c'est en France je pense qu'il est légitime non il y en aura d'autres vous inquiétez pas on va s'occuper de Marseille et de Lille aussi mais je pense c'était une image vous avez bien compris c'était une image une comparaison une parabole enfin quelque chose de cet ordre et donc je pense qu'il est légitime que le tissu des activités et des emplois il soit harmonieusement équilibré sur tout le territoire pour qu'il soit harmonieusement équilibré auprès des populations auprès des jeunes qui ont besoin de remplir ces emplois pour assumer ces activités je soutiendrai donc toute décision qui permettra le renforcement de l'activité partout en Europe mais je dis sans fausse honte que pour nous français l'emploi c'est en France aussi que nous en avons besoin et c'est pourquoi quand le président de la république a fait passer un certain nombre de messages aux constructeurs automobiles spécialement aux constructeurs dont l'état est actionnaire je l'ai approuvé et je continuerai à le faire même si je sais que ça ne plaît pas tous les jours à la pensée unique deuxième mot d'ordre et peut-être à laquelle pour laquelle il faudra aussi vaincre certaines résistances devant sa formulation deuxième mot d'ordre rendre à la France la meilleure éducation du monde vous avez entendu sur tous les médias les résultats de l'enquête régulière de l'OCDE qui s'appelle PISA cette enquête dit deux choses très simples dans tous les domaines où l'on mesure la compétence des élèves la France recule depuis dix ans c'est vrai en compréhension de l'écrit c'est vrai en mathématiques et en sciences c'est vrai même en discipline dans les classes et deuxième élément la France recule en particulier dans un domaine un écart qui devient un gouffre qui se creuse entre le haut et le bas de la pyramide scolaire entre les bons voire les très bons élèves et ceux qui ont le plus de mal et comme par hasard ceux qui ont le plus de mal ce sont ceux dont les origines sociales sont les moins favorisés de tous les grands pays développés la France est le pays dans lequel cet écart est désormais le plus grand l'enquête confirme ce que nous savons par expérience ou par instinct l'école française est très bonne pour le sommet de la pyramide 10% ou 15% plutôt 10% des élèves de très bon niveau elles donnent de bons résultats pour un tiers un gros tiers des élèves mais ces résultats sont catastrophiques pour les élèves en grande difficulté et cela s'aggrave puisqu'ils sont maintenant plus nombreux ces élèves en grande difficulté que dans les principaux pays partenaires de l'enquête et nettement plus nombreux qu'il y a 10 ans 25% d'augmentation des élèves depuis 10 ans des élèves en grande difficulté et ce malgré un investissement de la nation dans les dépenses publiques d'éducation plus élevé que dans tous les autres pays comparables tous nos efforts dans tous les domaines dans le domaine économique dans le domaine social dans le domaine de la recherche dans le domaine de l'intégration dans le domaine de l'emploi tous nos efforts seront vains si nous ne redressons pas la situation et si nous ne rendons pas à la France le système éducatif qu'elle mérite et cela commence par le commencement et pour moi le commencement c'est l'écrit c'est la lecture dès le plus jeune âge car les résultats mesurés à 15 ans par l'étude PISA ces résultats en vérité ils sont acquis élève par élève ou presque dès la sortie de l'école primaire alors je veux vous dire ceci contre lequel et je me battrai sur ce sujet contre tout scepticisme il n'est qu'un objectif digne de la France digne de son histoire et en particulier de son histoire scolaire garantir garantir la maîtrise de la lecture dès le cours préparatoire dès le cours élémentaire à 100% des enfants tous les enfants je dis cela même si certains d'entre vous n'y croient pas mais je le dis en vous regardant dans les yeux tous les enfants peuvent apprendre à lire quelle que soit leur origine quel que soit leur milieu social ou culturel lire ce n'est pas un exploit c'est juste une technique facile d'accès mais qui ouvre toutes les autres tous les savoirs et toutes les libérations ce qu'a fait la troisième république avec des ardoises des tableaux noirs des cahiers des crayons et des craies nous pouvons le faire à l'ère des ordinateurs et des tableaux numériques et vous voyez bien l'enjeu c'est de péril national qu'il s'agit si nous continuons à échouer et de libération nationale si nous réussissons alors je dis que si un plan Marshall est nécessaire dans un des secteurs de l'activité française c'est là à l'école et à l'école primaire que ce plan est le plus urgent alors comme je vous entends penser vous dites l'objectif très bien mais comment peut-on faire et bien la méthode est simplissime la méthode à suivre est simplissime il y a des classes où tous les élèves réussissent je vous dis un secret là il y a des classes où tous les élèves réussissent des maîtres ou des maîtresses qui réussissent à les entraîner tous qui ne connaissent pas l'échec ou très peu ils existent ils sont nombreux servons-nous de leur savoir-faire il y a un travail pratique et scientifique pédagogique à conduire pour mettre à la disposition de tous leurs collègues spécialement des plus jeunes le savoir-faire parfois de toute une vie enseigner c'est un travail d'artisan de compagnons permettons à toutes les classes de profiter de l'excellence de ceux qui ont trouvé les clés donnons à tous les enseignants les pédagogies qui marchent identifier les réussites les analyser et les répandre pas pour montrer du doigt ceux qui ont des difficultés pas même comme le voudrait la méthode de management aujourd'hui pas même pour donner des primes pas à la tête du client simplement en se laissant guider par les résultats des élèves année après année il n'y a pas besoin de programmes et de théories compliquées pour apprendre à lire il y a besoin de méthodes robustes d'observation du réel et d'une mobilisation générale bien sûr il faudra diriger les moyens vers ceux qui connaissent le plus de difficultés et il faudra le faire tôt parce que c'est très tôt que c'est le plus utile après c'est du rattrapage c'est très difficile c'est très cher et c'est assez peu efficace tout commence à la maîtrise des fondamentaux tout passe par là mais tout ne s'arrête pas là alors je vais maintenant ouvrir deux autres pistes il y a une immense réflexion à conduire sur l'incitation à la créativité des élèves la reproduction c'est nécessaire les exercices c'est indispensable mais tous les élèves devraient pouvoir découvrir à l'école leur don de création leur don d'observation leur don de déduction nous l'avions fait nous l'avions fait avec Georges Charpak qui vient de nous quitter lorsque nous avons mis en place en inventant à l'époque ce qui s'appelait la main à la patte qui était la science par l'expérimentation dès le plus jeune âge par la pratique par la découverte et cela devrait être aussi le cas en pratique culturelle en pratique musicale en pratique sportive il s'agit de tourner l'école vers la créativité de tous je sais bien que c'est plus difficile curieusement même si personne ne le croit c'est plus difficile que d'apprendre à lire à tous les enfants c'est une réorientation de l'école qui prend en charge pas seulement l'enseignement mais quelque chose d'autre l'épanouissement de l'enfant mais je sais que c'est nécessaire que c'est de longue haleine et je sais qu'il y a partout en France même méthode des enseignants qui en rêvent qui ont de l'expérience et cette expérience peut servir à tous enfin il y a une troisième réflexion à conduire une réorientation de notre système de formation spécialement de l'université dans son rapport avec la vie professionnelle il y a une grande ambiguïté historique sociologique et historique qui explique en partie la frustration d'une partie de la nation à l'égard de l'université spécialement de la part des familles dans lesquelles c'est la première fois qu'un enfant va à l'université ces familles vivent avec une idée qui a été l'idée de toutes les familles françaises et de tous les milieux sociaux français depuis cent ans cette idée qui a dominé le siècle c'est diplôme égal emploi c'est dans la tête de tous les parents et je le disais spécialement de ceux qui n'ont pas eu la chance d'avoir des diplômes et c'est dans tous les milieux sociaux moi je me souviens toujours avec beaucoup d'émotion de ma mère quand j'ai obtenu il y a longtemps ma licence c'était pas grand chose une licence pour ceux qui savaient ce qu'était l'architecture des diplômes mais pour elle licence ça voulait dire au sens propre du terme comme en latin li cancia docendi le droit d'enseigner et pour elle j'avais ma licence donc j'étais d'une certaine manière tiré d'affaires je pourrais toujours enseigner comme disait-elle comme elle disait mais c'est dans tous les milieux sociaux aujourd'hui et quand les enfants ont un bac plus 5 les parents ne comprennent pas et les étudiants non plus ou bac plus 6 ou bac plus 7 qu'ils ne trouvent pas d'emploi avec ça dans le quartier dont je suis élu et dont tout le monde sait dans ma circonscription il y a une des cités présentées comme les plus difficiles de France et bien dans cette cité j'ai une dame qui est venue me voir un jour qui était marocaine qui elle n'avait pas eu la chance de faire des études ni même d'apprendre à lire et elle m'a dit vous vous rendez compte mon fils il a un doctorant en philosophie il ne trouve pas de travail et pour elle c'était une remise en cause fondamentale de tout ce qu'elle avait cru et naturellement de la société qui lui imposait cette chose insupportable et bien il faut lever cette ambiguïté et entrer dans le temps de l'honnêteté il faut qu'il devienne clair pour tout le monde que la plupart des formations universitaires sont des formations générales très utiles essentielles mais auxquelles il faudra ajouter une qualification professionnelle et que ça n'est pas la même chose et il faut construire si nous voulons être véridiques si nous voulons parler aux jeunes autrement qu'en les anesthésiant faites des études continuez les études vous trouverez un emploi ce n'est pas vrai il faut construire l'appareil de cette formation professionnelle par alternance le plus souvent possible quand il s'agit de trouver un métier et de cette formation continue quand il s'agit d'améliorer ou de changer de métier et c'est très simple ça existe par exemple ça existe pour les avocats vous faites une formation générale en droit et puis après vous entrez par concours dans la formation professionnelle du métier d'avocat et bien cet exemple là en fait c'est un tronc avec des branches avec le tronc on fait la formation générale quelle qu'elle soit avec les branches on fait la qualification professionnelle il reste à bâtir les branches de ce grand arbre que nous avons besoin de construire et je le dis pour les universités si nous faisons cela ça va être passionnant voilà pour le deuxième mot d'ordre la meilleure école du monde troisième mot d'ordre ils regardent leur montre ils disent mais vous savez le truc c'est le type il regarde ça montre une fois deux fois trois fois la troisième fois il l'enlève il la secoue il la porte à l'oreille pour voir si elle marche encore et donc et donc écoutez un congrès c'est une fois tous les trois ans voilà et donc et les copains m'avaient dit cette fois-ci il faut que tu leur dises où on va alors je vous dis où on va troisième mot d'ordre troisième mot d'ordre et ça sera le dernier pour aujourd'hui l'Europe refondée nous allons construire une Europe forte pas molle dense pas évanescente visionnaire pas crispée sur les égoïsmes du moment compréhensible aux citoyens et pas réservée aux seuls initiés je guette toujours dans les informations les moments significatifs ceux qui sont de l'ordre non pas de l'actualité mais de l'histoire parce que ces moments nous dévoilent quelque chose de la marche du monde le 2 octobre 2010 il y a eu un moment de cela naturellement personne n'y a fait attention vous savez à quel point depuis un an la situation financière de la Grèce a suscité des soucis des inquiétudes des vagues et tous les observateurs informés se disaient entre eux la Grèce ne pourra pas payer bientôt elle ne pourra plus emprunter et la question devenait urgente parce que pour l'instant la Grèce emprunte à court terme trois mois ou six mois mais bientôt au printemps prochain elle va devoir retourner sur les marchés comme on dit emprunter de nouveau à long terme et les experts disaient entre eux qu'elle n'y parviendrait pas or le 2 octobre il y a eu à Athènes la visite officielle du premier ministre chinois et à l'issue de cette visite on a appris quelque chose de très simple et pour moi de très significatif on a appris que cette dette grecque présentée si souvent comme invendable c'est la Chine qui l'achèterait pour des dizaines de milliards voyez-vous j'ai beaucoup d'admiration pour la Chine non pas que ce pays n'ait pas des problèmes économiques et sociaux ces problèmes sont innombrables et ils le seront et les atteintes au droit de l'homme le sort fait aux dissidents spécialement en cette semaine de remise du prix Nobel je n'en oublie rien et je n'en écarte rien mais j'ai beaucoup d'admiration pour un pays qui joue le long terme et le très long terme et pas le court terme j'ai beaucoup d'admiration pour ceux qui choisissent d'avoir une stratégie fixée décidée appliquée sans faiblir sans à-coup en sachant préparer leurs dirigeants longtemps à l'avance en les formant les chinois ont le génie du jeu de go je ne sais pas si vous savez jouer au go moi je ne sais pas mais j'en connais les principes au jeu de go on pose des bases et puis on élargit les bases et ces bases Dieu sait que la politique chinoise et la diplomatie chinoise les pose base posée aux Etats-Unis achat de milliers de milliards de dollars d'obligations américaines c'est une base c'est la création d'une dépendance base posée dans la monnaie sous-évaluée et liée au dollar mécaniquement de sorte qu'il n'y a pas de liberté d'échange de liberté de convertibilité voilà pour les avantages créés en direction des grands clients des grands marchés base posée en Afrique investissement et protection politique accordée au gouvernement même les plus inquiétants voilà pour les matières premières et les territoires et maintenant base posée en Europe en Grèce je le disais au Portugal est pour pas cher parce qu'il n'y a pas de risque grave et que voulez-vous que soient les marges de manœuvre quand il s'agira de discuter entre Européens des gouvernements rendus ainsi dépendants j'ai comparé la détermination de ce de cet admirable navire de cette admirable nef chinoise avec la fébrilité désordonnée au jour le jour pusilanime de nos dirigeants européens cherchant à caresser dans le sens du poil et dans le sens des sondages l'opinion publique sans stratégie de long terme et sans pédagogie et la comparaison n'est pas flatteuse si en face de telles stratégies de telles volontés nous continuons à accepter de mettre en scène à accepter et à mettre en scène la division la fragilité des Européens sans stratégie sans vision de long terme alors nous aurons mérité ce qui nous arrivera la lente décadence et la soumission et le chômage de nos enfants et cela commence mes chers amis cette semaine parce que cela commence par l'euro et par cette affaire d'emprunt avec l'explosion des taux d'intérêt qui menacent en chaîne les pays de la zone euro j'entends ici ou là des responsables ou plutôt des irresponsables politiques qui par aveuglement par obsession anti-européenne plaident ouvertement pour la sortie de notre pays de la zone euro peut-être la création de deux euros un euro d'effort et un euro des faibles dans lesquels l'euro des faibles naturellement nous serions et pourquoi pas le retour du franc je sais bien qu'on dit beaucoup de bêtises en politique que l'esprit de parti ne s'embarrasse pas souvent de crédibilité mais il est deux sortes de bêtises il y a les bêtises qui ne sont que des âneries et autant en emporte le vent et il en a entendu d'autres mais il en est d'autres qui sont purement et simplement criminels notre pays vogue vers les 2000 milliards de dettes libellées en euros si nous sortons de l'euro il faudra les rembourser avec une monnaie plus faible et rembourser une dette en monnaie forte avec une monnaie faible mes chers amis c'est l'islande si nous sortions de l'euro les taux d'intérêt monteraient en flèche je vous soumets un calcul facile calcul mental test pour PISA de maîtrise élémentaire de l'arithmétique avec des taux d'intérêt instantanés à 3% la charge de notre dette nous coûte 45 milliards par an c'est devenu cette année quasiment le premier budget de l'état si les taux d'intérêt passent de 3 à 9% comme c'est le cas aujourd'hui pour l'Irlande pourtant membre de la zone euro alors combien nous coûtera la charge de la dette 90 milliards de plus il faudrait multiplier par 3 l'impôt sur le revenu des français pour rembourser cette dette sans aucun autre investissement ou aucune autre dépense supplémentaire et combien nous coûterait le carburant et combien nous coûterait les matières premières minières je vais vous dire ce que cela nous coûterait ça nous coûterait la misère pour tout un peuple du sang et des larmes en raison de l'irresponsabilité de quelques-uns voilà pourquoi à mon avis il faut défendre l'euro non pas pour les autres non pas par idéologie européiste il faut défendre l'euro pour nous-mêmes en égoïste autant qu'en généreux en priant pour que la spéculation recule et qu'elle perde le combat que nous devons mener contre elle et défendre l'euro je disais cela hier dans une interview c'est faire ce que font les troupeaux de bisons spécialement les maires dans les troupeaux de bisons lorsque le troupeau est attaqué par une horde de loups à cet instant l'instinct leur dicte que le troupeau a le choix entre deux stratégies ou bien la fuite chacun pour soi ou bien le regroupement si c'est la fuite qui est choisie et dans l'affolement ça arrive souvent les plus faibles les plus jeunes restent à la traîne décrochent du troupeau alors les loups les dévorent l'un après l'autre jusqu'à satiété mais les maires avec leur instinct elles imposent souvent l'autre stratégie le regroupement alors le troupeau fait cercle on met les plus faibles à protéger au milieu et les plus vigoureux les sabots les plus tranchants et les cornes les plus acérées autour du cercle en périphérie tout le monde est solidaire alors que viennent les loups s'ils l'osent et ce sont alors les loups qui s'en vont et les commentateurs superficiels croient qu'ils agissent ainsi pour protéger les plus faibles cela c'est l'apparence ce qu'ils protègent c'est le troupeau c'est l'avenir de l'espèce c'est eux-mêmes qu'ils protègent en protégeant les plus faibles et c'est la même chose pour l'Europe et c'est la même chose pour l'euro défendre l'euro regrouper faire cercle cela a une traduction financière au lieu de laisser chacun des pays européens en difficulté passagère se débrouiller tout seul chacun pour son compte exposer tout seul ses difficultés au lieu de cela il faut faire masse au lieu d'emprunts individuels on peut émettre des emprunts tous ensemble là la spéculation est désarmée là les pays en difficulté passagère peuvent emprunter à des taux raisonnables on appelle cela ces emprunts collectifs de la zone euro on l'appelle obligation européenne euro bonds en anglais c'est la puissance du collectif qui garantit la reconstruction et la convalescence des plus provisoirement fragiles s'il le faut on peut même aller plus loin je vais beaucoup choquer les spécialistes et se poser la question de savoir pourquoi la banque centrale européenne au lieu de limiter son action à la création de monnaie pour prêter aux banques n'envisage pas de prêter elle-même aux états il paraît que c'est un dogme un tabou puis-je rappeler simplement que la banque centrale des états unis et la banque centrale du japon suivent un tout autre chemin que le nôtre quoi qu'il en soit c'est pour moi un choix politique inquiétant que l'élysée ait annoncé hier qu'elle récusait de concert avec l'allemagne cette idée d'obligation européenne j'entends bien qu'on nous dit que les allemands sont déterminés à refuser cette solidarité il est très rare que je me sois trouvé ces dernières années en contradiction intellectuelle avec les dirigeants allemands de surcroît quand il s'agit de l'Europe notre bien commun mais ici je réprouve leur choix il y a en eux comme une arrière pensée punitive à l'égard de pays réputés cigales eux qui se vivent comme fourmis je veux rappeler deux choses aux dirigeants allemands et ce sont deux choses que je leur aurais dites franchement si j'avais été le représentant de la France à la table de négociation la première c'est que contrairement à ce qui est dit si souvent on ne leur demande pas leur argent c'est un prêt que remboursera le travail et la vie économique de ces pays qui sont nos partenaires pas un don pas un cadeau un prêt et la seconde c'est qu'ils ont été eux-mêmes il n'y a pas si longtemps en situation d'avoir besoin d'aide et de solidarité peut-être la communautarisation de ces emprunts leur vaudra-t-elle je ne sais pas un point de taux d'intérêt je n'en suis pas sûr mais c'est possible j'ai pour ma part un souvenir vif de l'immense polémique qu'il y a eu en France au début des années 90 quand le financement de la réunification de l'Allemagne a créé un immense besoin d'emprunt en Europe et fait exploser les taux d'intérêt particulièrement en France puisque nous étions liés à l'Allemagne par le système monétaire européen ils empruntaient des sommes colossales et les taux montaient chez nous jusqu'à 12 et 13% et la France n'a pas cédé à la tentation de s'en aller de faire cavalier seul comme tant de politiques irresponsables sur notre sol le demandaient et j'ai moi-même publiquement à cette époque soutenu cette solidarité parce que nous sommes que nous le voulions ou non dans le même bateau et ce sera tout bénéfice la solidarité européenne parce que il y aura deux conséquences mécaniques la première qu'il faudra créer par voie de conséquence une solidarité des politiques économiques et un chemin vers l'harmonisation fiscale parce que voulez-vous me dire ce que signifie dans la situation actuelle l'attitude envers l'Irlande on fait marcher la caisse commune mais on accepte que le dumping fiscal irlandais continue à jouer à plein dumping fiscal qui fait que Google par exemple ne paie que 2% d'impôts sur les sociétés et que ce dumping fiscal continue de plus belle et la deuxième c'est que nous devrons assumer nous-mêmes la surveillance précoce des dérives en zone euro la prévention des dérives en zone euro en exigeant de créer une agence de notation européenne indépendante qui examinera la situation des états la solidarité c'est une force la division issue d'un égoïsme à courte vue c'est une faiblesse et en temps de crise nous y sommes entrés pour longtemps la faiblesse est mortelle voilà nos idées voilà notre détermination voilà notre volonté voilà nos mots d'ordre la France a besoin de tourner la page pour que s'ouvrent des temps nouveaux et ce n'est pas difficile et ça ne coûte rien au contraire je vais énumérer devant vous en guise de conclusion quelques-uns des immenses besoins de notre peuple et vous verrez qu'aucun de ceux-là ne demande dépenses nouvelles au contraire il demande simplement un peu de conscience un peu de détachement un peu de sens de l'exemplarité pas plus en vérité que la conscience le détachement le sens de l'exemplarité qu'une mère de famille ou qu'un père de famille ou qu'un créateur d'entreprise ou qu'un responsable d'association ne doit exercer écoutez bien il n'est pas difficile de trouver un pouvoir des femmes et des hommes honnêtes il n'est pas difficile de défendre l'intérêt général plutôt que les intérêts particuliers il n'est pas difficile de protéger l'impartialité de l'état il n'est pas difficile d'imaginer que le président n'est pas le chef d'un parti mais le chef de l'état qui appartient à tous les français il n'est pas difficile d'avoir le souci du long terme de se détourner de la communication fébrile de la production de lois décidées au jour le jour et oubliées si tôt que votées il n'est pas difficile de choisir la stabilité et l'équilibre il n'est pas difficile de garantir que les gouvernants deviennent indépendants de tous les intérêts de clan ou de classe qu'ils connaissent bien entendu les grandes puissances économiques mais qu'ils les tiennent à distance qu'ils pensent aux petits au moins autant qu'aux plus forts qu'aux plus introduits et qu'aux plus puissants il n'est pas difficile d'établir le principe que les efforts doivent être demandés un peu plus à ceux qui ont le plus et un peu moins à ceux qui ont moins il n'est pas difficile de constater qu'il faut que le président préside c'est à dire qu'il inspire et qu'il rassemble et que le gouvernement gouverne c'est à dire qu'il décide et qu'il met en oeuvre il n'est pas difficile de garantir que tous les courants d'opinion auront leur place dans la république nouvelle que tous pourront s'exprimer et se faire entendre et être reconnus à raison des citoyens qu'il représente il n'est pas difficile de libérer tous les médias et particulièrement les médias publics de l'emprise du pouvoir ou du soupçon de cette emprise vous connaissez cette phrase admirable je crois qu'elle est de Mark Twain qui évoque l'aventure des pionniers américains il dit il ne savait pas que c'était que c'était impossible alors ils l'ont fait en pensant à la France je me dis qu'on pourrait renverser cette phrase notre peuple a découvert va découvrir que c'était non pas impossible mais possible non pas inaccessible mais apporté de la volonté simple et tranquille alors il s'est mis en marche pour le faire je vous remercie je vous remercie

Discours de François Bayrou - Evénement (12/12/2010) — François Bayrou · Pourquijevote