Oui aux neonazis et non aux casserolades ? Le jeu dangereux de Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 85 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
En République, on ne manifeste pas masqué et en uniforme.
- 8:20OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on entend justement la LICRA ou le CRIF ?
- 9:17OuverteRéponse directe
Pourquoi laisser ce genre de défilé qui nous rappelle quand même un pan de l'histoire très sombre de la France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28Invité politiqueFait
« on a entendu Nunes et Born dire qu'il n'y avait pas de trouble à l'ordre public, alors que dissimuler son visage dans l'espace public est interdit depuis cette loi de 2010 qui a été promulguée en 2011. »
- 4:56Invité politiqueFait
« l'assassinat par balle du rugbyman Martin Aramburu, en plein Paris, par des militants de cette fameuse ultra-droite, le 19 mars 2022. »
- 5:04Invité politiqueFait
« La mort de Clément Méry, également, qu'on commémore d'ailleurs cette année, les dix ans de sa mort. »
- 5:12Invité politiqueFait
« lors de la Coupe du Monde, on avait vu des militants d'extrême droite s'en prendre, attaquer physiquement des supporters franco-marocains. »
- 11:06Locuteur non identifiéFait
« Bruno Le Maire annoncer qu'il va durcir les conditions d'aide pour les étrangers, notamment venus du Maghreb, en disant que, notamment, il va regarder dans les fiches des compagnies aériennes »
- 11:32Locuteur non identifiéFait
« Gérald Darmanin parler de l'immigration, faire le lien entre insécurité et délinquance »
- 12:16Locuteur non identifiéFait
« Il parle de séparatisme, qui a fait même une loi séparatisme. »
Temps de parole
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- Invité politique19 %
- Présentateur5 %
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Même Marine Le Pen a été choquée par ce défilé là où la Macronie l'est de manière un peu tiède, comme on vient de le voir. Elle s'est désolidarisée de ce défilé du 6 mai, auquel pourtant effectivement de proches ont participé. Je vous propose de l'écouter.
En République, on ne manifeste pas masqué et en uniforme. Et je considère que ces provocations ne peuvent pas être tolérées, mais quel que soit le camp dont ces provocations émanent, c'est inadmissible. Et le gouvernement a la possibilité de faire appliquer la loi, car la loi existe. Or, le gouvernement ne le fait pas. Je suis navré, mais il est interdit de manifester avec le visage caché. Si le gouvernement faisait respecter la loi, nous ne serions pas en train d'en parler ce matin.
Il est vraiment tombe. Plusieurs choses, parce qu'il y a tellement de choses à dire sur cette séquence. Bref, c'est quand même terrible qu'on en soit arrivés là. La première chose, c'est ce qui dérange Marine Le Pen, c'est qu'ils aient des masques. Enfin, je veux dire, voilà, elle ne dit rien du fond de politique. Donc, notons quand même que ce qui la dérange, c'est juste ça. Et on voit qu'elle est quand même un petit peu embêtée par rapport à la nature politique de cette manifestation.
Elle critique la forme, mais elle met quand même le doigt sur quelque chose qui est fondamental, puisqu'on a entendu Nunes et Born dire qu'il n'y avait pas de trouble à l'ordre public, alors que dissimuler son visage dans l'espace public est interdit depuis cette loi de 2010 qui a été promulguée en 2011. Donc, il y a en soi un trouble à l'ordre public.
J'allais y venir. Ce qui est terrible dans cette séquence, c'est qu'au fond, elle est intervenue avant la prise de parole de Gérard Darmanin. Et donc, elle est intervenue à un moment où les membres du gouvernement avaient des propos extrêmement sobres, et c'est un euphémisme, sur la nature de ces manifestations. Et comme vous l'avez rappelé, avec un certain nombre de membres du gouvernement, Marc Freyneau, donc Elisabeth Borne, juste avant, et puis le préfet de police de Paris, qui disaient qu'il n'y avait pas de trouble à l'ordre public et que le droit de manifester, il fallait le respecter, etc.
Donc, on est dans une situation où la candidate, en tout cas l'opposante d'extrême droite, pour laquelle la plupart des gens qui ont manifesté votent, il faut le dire, une des personnes qui étaient présentes, par exemple, il y a eu de l'investigation qui a été faite sur cette personne, qui avait un masque là, qui était devant, qui je crois faisait des services de sécurité, on a retrouvé son compte Twitter, il retweetait des députés RN, etc. Donc, c'est son électorat qui était présent dans cette manifestation. avec deux anciens proches. Donc, ça, il faut quand même le dire.
Mais, voilà, comme vous l'avez dit, la faiblesse du gouvernement vis-à-vis de ces mouvements d'extrême droite permet à Marine Le Pen d'être plus « républicaine » par rapport à ce qui s'est passé que le gouvernement. Et je pense que c'est une des raisons pour lesquelles Gérald Darmanin a dû, en catastrophe, parce que je pense que c'est vraiment en catastrophe, faire cette annonce à l'Assemblée nationale, parce que le gouvernement s'est rendu compte que ce n'était pas possible, qu'on ne pouvait pas avoir une situation où Marine Le Pen était plus virulente vis-à-vis de manifestations d'ultra-droite néo-nazies en plein Paris que le gouvernement.
Donc, ça nous dit quelque chose quand même du jeu extrêmement dangereux que joue le gouvernement parce qu'il participe de la dédiabolisation de l'extrême droite. Mais aussi, et je pense que ça, c'est peut-être quelque chose de plus fondamental, c'est la perte de repères, l'affaiblissement des principes républicains dont ce gouvernement fait preuve depuis un certain temps. Et sans entrer dans les caricatures, parce que je ne suis pas de ceux qui disent que ce gouvernement mène une politique d'extrême droite ou quoi que ce soit, je pense qu'ils vont sur le terrain d'extrême droite à certains moments, et peut-être qu'on y reviendra, et ça, il faut s'en inquiéter.
Et il y a des républicains dans ce gouvernement, évidemment. Je pense à Clément Beaune, qui a toujours été très vigilant sur l'extrême droite. Il faut lui rendre hommage au moins là-dessus. Mais globalement, si on regarde ce qui se passe actuellement, il y a une très grave cécité républicaine dans le discours de ce gouvernement.
Et vous l'avez rappelé, effectivement, elle, Marine Le Pen, va condamner la forme, mais effectivement, aucune condamnation avec le fond, avec le discours. Et ça, c'est effectivement important de le rappeler. Donc, un gouvernement plutôt permissif avec l'extrême droite. Beaucoup pensent qu'effectivement, ce gouvernement, que cette extrême droite, que cette ultra-droite jouit d'une certaine impunité, que l'extrême droite est toujours plus en roue libre. Alors, effectivement, l'extrême droite ne casse pas des vitrines, mais elle est haute des vies.
Il faut quand même rappeler l'assassinat par balle du rugbyman Martin Aramburu, en plein Paris, par des militants de cette fameuse ultra-droite, le 19 mars 2022. La mort de Clément Méry, également, qu'on commémore d'ailleurs cette année, les dix ans de sa mort. Et puis, plus récemment, lors de la Coupe du Monde, on avait vu des militants d'extrême droite s'en prendre, attaquer physiquement des supporters franco-marocains. Mais cette ultra-droite ne trouve pas l'ordre public.
Non, et encore une fois, ce qui est frappant aussi, et qui va dans le sens de ce que vous venez de dire, c'est le silence assourdissant d'Emmanuel Macron. Il était, pour les commémorations du 8 mai, il était à Lyon. Et à Lyon, il y a une recrudescence des groupes d'extrême droite, d'ultra-droite, néo-nazis, qui font des sortes de... qui ont fait, d'ailleurs, je crois, ces derniers mois, des sorties dans la rue pour chasser les Maghrébins. Donc, il y a des choses très graves qui se passent à Lyon. Et j'aurais aimé qu'Emmanuel Macron ait un mot sur cette recrudescence de l'extrême droite. Et il est totalement silencieux là-dessus.
Et de manière générale, ce gouvernement, on l'a dit, est très silencieux. Et ce qui est plus grave encore, c'est que, encore une fois, depuis plusieurs mois, les attaques sont concentrées sur la gauche. Sont concentrées sur la gauche, ce qu'ils appellent l'extrême gauche. Voilà. Et avec un discours que plusieurs membres du gouvernement et que plusieurs membres de la majorité, plus globalement, ont tenu, qui est de dire, c'est les extrêmes. Voilà. L-F-I-R-N, c'est la même chose, c'est les extrêmes, c'est nous face aux extrêmes, etc. Et là, juste si vous me laissez vraiment une minute... Vous êtes au métier ici, vous pouvez mettre la main. Parce que je pense que c'est important de le dire.
Parce que je pense qu'au fond, les gens qui nous regardent sont totalement convaincus de ça, évidemment. Mais peut-être qu'il y a des gens, s'ils peuvent nous regarder, qui ont un rapport plus distant à tout ça. On a des trolls d'extrême droite qui nous regardent, donc écoutez. Alors voilà. Mais cette équivalence qui est faite entre l'extrême droite et une partie de la gauche, avec ce qu'ils appellent l'extrême gauche, elle est non seulement très grave, parce qu'elle dédiabolise complètement l'extrême droite et le danger spécifique de l'extrême droite, mais surtout, c'est une incroyable ignorance de l'histoire. Incroyable ignorance.
Ce qu'ils appellent l'extrême gauche, qui est en fait la gauche, je veux dire, la fille c'est la gauche. Voilà. La gauche, c'est le front populaire. C'est les résistants. C'est les jours heureux. C'est la fin de la peine de mort. C'est Mitterrand. C'est Mendès France. C'est la défense des droits humains, la solidarité, l'égalité, etc. La justice sociale. Alors on peut critiquer évidemment certaines choses à gauche. Pas de souci. On peut critiquer la fille. On peut même critiquer Mélenchon.
C'est l'esprit de la gauche.
Évidemment. Mais la gauche, c'est ça. L'extrême droite, c'est les ligues fascistes. C'est Maurras. C'est Vichy. C'est Pétain. C'est l'Algérie française. C'est l'Algérie française. Et il y a encore des anciens partisans de l'Algérie française, notamment au RN. Ne l'oublions pas. C'est Jean-Marie Le Pen. C'est l'antisémitisme. C'est le point de détail de l'histoire sur la Shoah. Ne l'oublions pas. C'est Alain Soral. Le complotisme, etc.
Est-ce qu'on entend justement la LICRA ou le CRIF ? Puisque vous l'avez rappelé, des chants ariens, des personnalités clairement antisémites dans ces défilés. On ne les entend pas.
C'est dommage. C'est dommage parce que dans les groupes qu'on a vus à Paris, il y a un très fort antisémitisme. Et on a tendance à oublier que l'antisémitisme d'extrême droite est encore très présent. Moi-même, je fais l'objet souvent d'attaques antisémites de la part de l'extrême droite. Et je pense que beaucoup d'autres également. Mais donc, cette équivalence, il faut lutter absolument contre elle parce que c'est non seulement un très grave contresens historique, mais c'est aussi faire un cadeau inespéré à Marine Le Pen et à l'extrême droite parce que c'est du relativisme absolu et ça permet finalement de dédiaboliser l'extrême droite en mode tout se vaut, etc.
Et ça, c'est vraiment quelque chose dont le gouvernement est coupable et je pense que c'est une grave erreur qu'ils font, très grave.
Et justement, pourquoi laisser faire ? Pourquoi laisser ce genre de défilé qui nous rappelle quand même un pan de l'histoire très sombre de la France ? En plus, à deux jours du 8 mai, qui célèbre justement la victoire des alliés contre les nazis. Je veux dire, ceux qu'on voit défiler, on ne peut pas comparer ces gens-là avec un électeur, les électeurs des FN du milieu, ouvriers, prolétaires, etc. Donc, vouloir aller séduire l'électorat, cet électorat-là, on va dire, plutôt pauvre du milieu rural et séduire celui-là, clairement, qui incite à la haine antisémite, islamophobe, bref, qui est l'expression la plus odieuse du racisme. Pourquoi les laisser faire, ceux-là ?
C'est une bonne question parce qu'au fond, je ne veux pas faire de procès, c'est une manifestation qui a lieu depuis des années, donc je ne veux pas faire de procès spécifique au gouvernement par rapport au fait de ne pas l'avoir interdit, même si je pense que c'est une grave faute de l'avoir autorisé. Et je suis un défenseur du droit de manifester, qui a un droit constitutionnel, etc. Mais comme vous l'avez très bien dit, toutes les idées ne se valent pas, et les idées d'extrême droite sont des idées de haine, xénophobe, raciste, et elles doivent être absolument combattues.
Donc je ne veux pas faire de procès sur une éventuelle volonté cachée de laisser ces groupes d'ultra-droite, finalement, faire ce qu'ils font, etc. Je n'en sais rien. Ce que je sais, en revanche, c'est que ce gouvernement, je l'ai dit, joue un jeu très dangereux avec l'extrême droite et avec ses thématiques, et parfois flirte avec l'extrême droite.
Quand on entend, par exemple, Bruno Le Maire annoncer qu'il va durcir les conditions d'aide pour les étrangers, notamment venus du Maghreb, en disant que, notamment, il va regarder dans les fiches des compagnies aériennes, ce genre de choses, je veux dire, quand on est républicain, quelle que soit notre position sur l'immigration, ou quoi que ce soit, quand on est républicain, on ne peut être qu'effaré par ce type de propos. Quand on entend Gérald Darmanin parler de l'immigration, faire le lien entre insécurité et délinquance, certains membres de la majorité évoquaient la possibilité de punir, par exemple, les parents d'enfants délinquants en leur supprimant des aides, ou quoi que ce soit.
Enfin, bref. Une criminalise. Voilà. Là, on rentre dans les thématiques de l'extrême droite. Lors du précédent mandat, ce n'est pas nouveau, lors du précédent mandat, quand on a deux ministres, je pense à Jean-Michel Blanquer et la ministre, j'ai oublié le nom, d'enseignement supérieur. Voilà. Frédéric Vidal, qui parle d'enquête sur l'islamo-gauchisme. On a appris, d'ailleurs, qu'elle n'avait jamais eu lieu, heureusement. Donc, il parle de l'islamo-gauchisme, qui est un terme qui est utilisé en permanence par l'extrême droite. Il parle de séparatisme, qui a fait même une loi séparatisme.
Encore une fois, quoi qu'on pense de la question de l'islamisme ou quoi que ce soit, moi, je ne dis pas qu'il ne faut pas regarder le problème de l'islamisme. Mais le terme de séparatisme, ça ne va pas. Ça ne va pas du tout. Ce n'est pas un terme républicain. Et puis, c'est quelque chose qui relève de la recherche de boucs émissaires, etc. Bon. Là, il faut quand même s'inquiéter. On parlait de la Ligue des droits de l'homme précédemment. On pourrait dire la même chose. Et puis, globalement, sur les libertés publiques, sur la gestion extrêmement sécuritaire, d'ailleurs, de ces derniers mois, des manifestations, et puis, globalement, de la gestion de l'espace public, etc. Bon.
Là, il y a une alerte à avoir. Encore une fois, ce n'est pas dire ce gouvernement d'extrême droite. C'est absurde de dire ça. Ce n'est pas vrai. Évidemment que non. Mais c'est un gouvernement qui, parfois, flirte avec l'extrême droite, avec certaines thématiques, qui durcit considérablement les politiques. En tout cas, la loi immigration n'est pas encore passée, mais elle est effarante, cette loi. Et puis, elle a attentatoire aux droits fondamentaux des étrangers, contraires sur un certain nombre de points à la CEDH, à la Convention européenne des droits de l'homme, etc. Bon. Là, il faut s'inquiéter, parce que...
Ce que je disais avant, finalement, c'est au-delà du cynisme politique que vous aviez évoqué et dont on a parlé, c'est-à-dire l'idée de, finalement, diaboliser la gauche et de, finalement, de faire de Marine Le Pen l'opposante, parce que c'est un peu ça, quand même, l'idée. C'est l'assurance-vie de la Macronie, quand même. Sauf qu'il joue un jeu très dangereux, je pense. Mais, indépendamment de ça, il y a vraiment une question de... Comment dire ? De la République, quoi. Quelle est leur vision de la République ? Enfin, je veux dire, c'est ça, vraiment. Et j'espère qu'il y a des voix au sein du gouvernement qui vont, quand même...
Je parle de Clément Beaune, parce que lui a toujours été très réglo sur cette question-là. Alors, j'espère que ces voix-là, elles vont être entendues au sein du gouvernement.