Fabien Roussel, un gastronome en culotte rouge - C à Vous - 01/02/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:21RelanceÉludée
Est-ce que vous considérez que la victoire de Mitterrand en 81 c'est un échec ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Michael Robert et Audrey Payas vous ont demandé si vous étiez en train de révolutionner le Parti communiste français.
- 3:17OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous choque que vous ne prononcez jamais le mot communiste ?
- 4:25OuverteRéponse directe
Vous n'avez pas choisi ce slogan pour 2022 ?
- 5:57OuverteRéponse directe
Des gens de droite, voire d'extrême droite, votent pour vous ?
- 7:13ComplaisanteRéponse directe
Votre manière de parler à l'électorat populaire a été remarquée.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09Invité politiqueFait
« Jean-Jean Marchais fait 15% en 81, d'abord ça permet la victoire de la gauche et celle de François Mitterrand. »
- 0:39Invité politiqueFait
« La création de l'ISF, c'est Jean-Jean Marchais qui le porte pendant la campagne. Souvenez-vous, au-dessus de 40 000, crac, je prends tout. »
- 0:49Invité politiqueFait
« François Mitterrand crée l'ISF que M. Macron a supprimé. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Il y a la cinquième semaine de congé payé, la retraite à 60 ans, enfin des réformes progressistes. »
- 4:37Invité politiqueChiffre
« 10 000 licenciements en un an chez nous, dans le Nord. Ça pleuvait comme un grave lot et beaucoup d'usines fermées étaient délocalisées. »
- 6:00Invité politiqueFait
« Il y a des gens qui ont voté Marine Le Pen, qui vont voter pour moi. »
- 6:36Invité politiqueFait
« Si les usines ferment, si nos hôpitaux sont en difficulté, si Bridgestone a été délocalisé, ce n'est pas à cause de l'immigration massive. »
- 6:45Invité politiqueFait
« On a une économie de marché qui fait que c'est la concurrence libre et non faussée, qu'un groupe Bridgestone préfère délocaliser son usine de pneus en Hongrie. »
- 9:23Invité politiqueChiffre
« Un bon fromage, c'est plus de 20 euros le kilo quand même. »
Temps de parole
- Fabien Roussel63 %
- Présentateur10 %
- Invité8 %
- Invité 26 %
- Invité 34 %
- Invité 43 %
- Invité 53 %
- Invité 62 %
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D'abord je suis un compétiteur, je veux gagner. Donc je veux faire le meilleur score pour pouvoir défendre le mieux possible le monde du travail et ceux qui en ont besoin aujourd'hui. Donc je sais que quand Jean-Jean Marchais fait 15% en 81, d'abord ça permet la victoire de la gauche et celle de François Mitterrand. Il y a derrière des grandes nationalisations. Il y a la création... Ça a été considéré comme un échec historique ces 15% à l'époque. Oui mais est-ce que vous considérez que la victoire de Mitterrand en 81 c'est un échec ?
Non mais ça a été...
Ah oui mais si il gagne...
Vous savez très bien que ça a été contre la direction communiste qui a tout fait pour torpiller Mitterrand.
Pour les Français, pour le monde du travail, la victoire de la gauche en 81 soulève un immense espoir. Et il y a de grandes réformes. Et d'ailleurs la création de l'ISF, c'est Jean-Jean Marchais qui le porte pendant la campagne. Souvenez-vous, au-dessus de 40 000, crac, je prends tout. Et c'est comme ça que François Mitterrand crée l'ISF que M. Macron a supprimé. Ça a vécu, mais c'était nous. Et puis il y a la cinquième semaine de congé payé, la retraite à 60 ans, enfin des réformes progressistes, dans un rapport de force entre communistes et socialistes. Un rapport de force dur.
Mais le poids que l'on nous donne fait que Mitterrand, il prend quatre ministres communistes et fait qu'il y a des réformes heureuses pour le peuple.
Ces grandes réformes, c'est les socialistes qui les ont faits. Marchais, faisaient campagne en 81 pour les 35 heures. Et c'est Jospin qui les a fait adoptés.
Et ce gouvernement de gauche de Lionel Jospin, auquel là aussi il y a des ministres communistes qui participent, permettent de gagner, de marquer des points. Marie-Georges Buffet est une grande ministre des Sports, reconnue, je ne développe pas.
– Jean-Claude Guesso… – Donc au mieux, vous serez ministre d'un gouvernement Mélenchon, quoi.
– Ah ! – Ah oui, à ce point ! – Attendez, attendez. Jean-Claude Guesso, ministre des Transports, c'est à cette époque-là qu'il y a 40 000 embauches à la SNCF pour développer les transports. Mais, mais, mais pour autant, ce gouvernement est dirigé par Lionel Jospin, ne fait pas le choix de s'attaquer aux traités européens. Et il y a une série de délocalisations, il y a le chômage qui frappe la France, le monde ouvrier souffre et la sanction, elle tombe derrière. Et donc ça n'a pas suffi. Et c'est pour ça qu'on a tiré les leçons de ça. On a tiré les leçons de cette époque.
Quand les ministres communistes allaient voir le ministre de l'économie, Strauss-Kahn, le fameux, et qu'on demandait des réformes, il disait « Ah, c'est euro incompatible, on ne peut pas… » C'est bien, vous avez raison, mais avec l'Europe, on ne peut pas le faire. C'est ça qui nous a tués. Et ça, il faut revenir sur ces dogmes libéraux et reprendre le pouvoir à la finance.
Dans votre équipe, il y a un nom que l'on associe à l'histoire du Parti communiste, Olivier Marchais, le fils de Georges Marchais, est à vos côtés, votre pote. Michael Robert et Audrey Payas, vous ont demandé si vous étiez en train de révolutionner le Parti communiste français. Que votre père aurait pensé de Fabien Roussel ? Est-ce qu'il est l'héritier de votre père ? Est-ce qu'il y a des similitudes entre les deux hommes ? Fabien a à cœur de combattre les injustices. Il a à cœur d'incarner la défense et la dignité des gens qui vivent de leur travail, du monde de la création. S'il y avait un point de similitude, ce serait peut-être celui-là.
Il prononce jamais ou presque jamais le mot communiste en tant que fils de Georges Marchais. Est-ce que ça vous choque ? Ah non, ça ne me choque pas du tout parce que c'est bien Fabien Roussel présenté par le Parti communiste, mais maintenant c'est un candidat à l'élection présidentielle. Et donc sa personne, son projet est ouvert à tous les électeurs, à toutes les électrices. Dans vos discours, vous prenez donc rarement le mot communisme. Pourtant en 2004, pendant la campagne des cantonales à Lille, vous affichiez clairement la couleur.
Un point levé sur fond d'usine avec un message sans équivoque, c'est le cri de colère qu'a voulu porter ce jeune candidat aux cantonales à Lille pour réveiller une campagne somnolente et remobiliser sur les luttes sociales. On s'adresse donc aux salariés qui sont jetés comme des kleenex après avoir été utilisés. On s'adresse à ceux qui en ont marre de ce qui se passe en ce moment et qui ont envie de mettre un coup de pied à l'establishment, aux institutions qui ne servent à rien. L'affiche est une initiative personnelle de Fabien Roussel et ne fait pas partie de la campagne officielle du Parti communiste. Je vote communiste et je t'emmerde.
Bon, finalement, vous n'avez pas choisi ce slogan-là pour 2022.
Non, mais d'abord, ce dessin est un dessin fait par Charb, mon ami. Et c'était, je lui rends hommage, c'était un dessin et une idée de Charb construite ensemble. Et puis, à l'époque, regardez ce qui est écrit au-dessus, 10 000 licenciements en un an chez nous, dans le Nord. Ça pleuvait comme un grave lot et beaucoup d'usines fermées étaient délocalisées. Et il y avait un sentiment de colère énorme. Et il y avait plein d'autres affiches. Mais celle-là, c'était, j'avais envie de pousser un cri de colère. C'était ce, voilà, c'est pas bien, c'est un gros mot. Voilà, c'est pas bien.
Mais vous disiez que vous votiez communiste. Ça, ça disparaît un peu, là. Ce mot-là, il disparaît. Ça ne plaît pas à tout le monde. Les écolos parlent de l'écologie. Les féministes de féministes et nous, jamais de communistes. Ça, c'est le philosophe Bernard Vasseur qui le dit. Ancien membre des cabinets de Georges Marchais. Il vous reproche même de faire populo.
Non, non, non. Mais parce qu'on ne se présente pas, je pense, à une élection présidentielle avec une étiquette. Et je ne demande pas aux Français de voter pour l'étiquette ou pour le parti que je représente. Je suis soutenu par le Parti communiste français qui m'a désigné. Mais les soutiens qui sont avec moi dans cette élection sont bien plus larges, bien plus divers que cela. Et donc, je parle à tous les Français. Je veux les représenter dans leur grande diversité. Et je vois d'ailleurs des gens qui me disent aujourd'hui, parce que ça commence à bouger, « J'ai jamais voté communiste. D'ailleurs, je ne voterai pas communiste, je voterai pour vous.
» Ou des gens qui me disent, « J'ai voté à droite, mais là, je vais voter pour vous. »
Des gens de droite, voire d'extrême droite ?
Il y a des gens qui ont voté Marine Le Pen, qui vont voter pour moi, parce qu'ils ont le sentiment que ce sera plus utile, et pour porter leur colère, et pour la transformer en solution réelle pour eux. En fait, si j'arrive à faire en sorte que pour une partie de l'électorat en colère, populaire, si j'arrive à expliquer que le problème, ce n'est pas les ouvriers, et que ce n'est pas les immigrés, et que si les usines ferment, si nos hôpitaux sont en difficulté, si Bridgestone a été délocalisé, ce n'est pas à cause de l'immigration massive.
C'est parce qu'aujourd'hui, on a une économie de marché qui fait que c'est la concurrence libre et non faussée, qu'un groupe Bridgestone préfère délocaliser son usine de pneus en Hongrie, parce que les coûts sont moins chers, alors qu'il devrait rester en France, qu'on devrait empêcher ces délocalisations. Et donc, je ne veux pas qu'ils se trompent de colère et qu'ils se trompent d'ennemis. Et c'est pour ça que je veux porter ça, mais avec un esprit de justice sociale, de valeur humaniste, de solidarité, de fraternité et de jours heureux.
Oui, et puis vous avez votre manière de parler à tous les Français et à l'électorat populaire, comme vous l'appelez, comme le 9 janvier dernier sur le plateau de France 3.
Emmanuel Macron a été nommé personnalité de l'année par la revue du Vin de France pour son engagement en faveur du vin et de sa culture.
J'ai vu ça. Ah, c'est bien de défendre le vin. Moi-même, j'aime bien. Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi, c'est la gastronomie française. Mais pour y avoir accès à ce bon, à cette bonne gastronomie, il faut y avoir des moyens.
Alors, cette sortie sur votre abond du bon vin, du bon biftec, de la gastronomie française n'a pas du tout plu aux défenseurs du véganisme, du multiculturalisme, ni à certains insoumis ou écolos. Sandrine Rousseau vous rappelle au passage que le plat préféré des Français, c'est le couscous. Face à la polémique, vous, vous assumez et vous en remettez même une couche. Quelques jours plus tard, vous vous rendez à l'école professionnelle de la boucherie de Paris pour parler du prix de la viande. Et puis, vendredi dernier, on vous a suivi à Saint-Amant-les-Eaux sur un marché. Et c'était une démonstration d'un vrai amateur de bonne chair en campagne.
Un verre par jour, pas plus. Ça ne peut pas faire de mal. La goffe, c'est quand même à la vergeoise, c'est de chez nous. J'ai promis de ramener du maroilles en Corse. Ça, c'est un poit de chèvlech. C'est un mélange de viande froide en gelée. Du lapin, du poulet, du veau, peut-être du porc. Gastronomie française. Lapin, poulet, veau. Et on verse dessus des frites chaudes. Et une petite sauce. Moi, je fais plus bière. Donc, on va y aller.
Avec Louis Amart et Anaïs Ropoulis. Avec Louis Amart et Anaïs Ropoulis.
Avec modération aussi.
Montrez que vous êtes incollable en potch lévesh, ou en tout cas que vous préférez le biftec au quinoa. Ça, c'est votre recette pour vous démarquer des multiples candidatures à gauche ?
Non, c'est tout simplement une manière de dire que l'alimentation, la bouffe, le bien manger, c'est sacré en France. Voilà, un repas de famille et bien manger, c'est sacré. Il faut manger en faisant attention. Il faut boire avec modération. Mais c'est tellement sacré que c'est important. Et quand on ne peut pas bien manger, parce qu'on n'a pas assez de sous pour ça, qu'on ne peut pas se payer une bonne viande, un bon fromage. Un bon fromage, c'est plus de 20 euros le kilo quand même. Sauf quand il y a des promos. Mais c'est cher quand même, un bon fromage.
Et donc, un bon biftec aussi, quand on va aller l'acheter chez le boucher, quand on veut être certain de son étiquette, de là où il vient, c'est cher. Et donc, ça commence à gronder. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Fabien Roussel