Municipales : les grands enjeux du scrutin - C à Vous l’Intégrale - 16/03/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Bonsoir.
A la une, les enseignements de ce 1er tour des élections municipales. - P.Cohen: C'est pas très facile à lire.
C'est très dispersé et éclaté, très différent selon les tailles des villes et les territoires. On va essayer de mettre un peu de nuance dans les grands titres répétés depuis hier soir. - A.-E.Lemoine: Un 1er tour marqué par quelques couacs. - E.Tran Nguyen: C'est ce qu'ont dit certains politiques aujourd'hui.
On est allés les répertorier auprès des électeurs et des téléspectateurs. - A.-E.Lemoine: Autant de sujets qu'on évoque avec notre invité, P.Perrineau, politologue et professeur des universités à Sciences Po.
Merci de votre présence. Une nouvelle campagne s'est ouverte dès hier à 20h. - L.Amar: Elle va durer jusqu'à demain 18h.
Le jeu des alliances peut faire basculer plusieurs grandes villes. On a appris que R.Dati et P.-Y.Bournazel feraient une liste commune.
Il y a de l'enjeu à Lyon et à Toulouse. - A.-E.Lemoine: N.Sarkozy de retour au tribunal. - Il a vu ses avocats 2 fois par semaine dans les mois qui viennent de s'écouler.
Il s'est replongé dans le jugement, un document de près de 400 pages. - L.Sénéchal: N.Sarkozy s'exprimera dans 2 jours à ce procès qui s'est ouvert tout à l'heure.
Il doit être jugé jusqu'au 3 juin. En 1re instance, il avait été condamné à 5 ans de prison et avait passé quelques jours en détention provisoire, en attente de ce procès en appel. - A.-E.Lemoine: Hommage à un acteur très aimé du public, ce soir. - Médusor, si mon coeur est d'or...
Mon corps pique toutes les baigneuses. Maudit Médusor! - A.-E.Lemoine: B.Salomone, l'un des héros de la série "Fais pas ci, fais pas ça" s'est éteint à 55 ans, après s'être battu de longs mois contre une récidive de cancer.
On évoque sa carrière et sa mémoire avec son partenaire et ami, G.de Tonquédec. Nos invités après 20h, "Lucky Luke", A.Lenoir dans le rôle-titre, J.Niel en Dalton et C.Chamoux dans la peau de Calamity Jane.
Et dans votre OEil, Pierre? - P.Lescure: On se penchera sur quelques fameux westerns spaghetti. - A.-E.Lemoine: Al dente!
Ca nous mène tout droit en cuisine aux côtés de B.Chameroy et de Carla Ferrari, notre cheffe cette semaine. - B.Chameroy: Il est 19h tout pile.
Selon les 1res estimations, avec nuance, vous allez vous régaler grâce à Carla. - On va se régaler avec une recette de pâtes au petits pois napolitains. Les politiques attendent les sondages.
Nous, on attend le retour des petits pois. Les 1ers sont bons. On va cuisiner ça avec du pecorino et beaucoup d'amour. - B.Chameroy: Le résultat sera au-dessus des attentes. - A.-E.Lemoine: Merci.
Edition très spéciale en direct de la cuisine de "C à vous". A tout à l'heure. Tout de suite, L'Edito de Patrick.
Vous voulez nuancer les commentaires électoraux entendus depuis hier soir. - P.Cohen: Puis on s'use les yeux à regarder les tableaux de chiffres, plus on apprend et puis on est amenés à corriger les 1res impressions.
Sur l'abstention record, la percée de LFI et les succès du RN, les chiffres nous invitent à être prudents. - A.-E.Lemoine: La percée de La France insoumise a été exagérée? - P.Cohen: Elle tient en quelques coups d'éclat.
La prise socialiste de Saint-Denis, la conquête quasi certaine de Roubaix, 3e ville des Hauts-de-France, après Lille et Amiens. La 1re place à gauche, à Toulouse, et Limoges qui contrarie la rupture définitive avec LFI annoncée par le PS d'O.Faure.
En dépit de quelques gains spectaculaires, les insoumis ont raté leur implantation locale dans les villes et les banlieues où ils ont fait élire des députés où ils espéraient gagner des mairies. Ce ne sont que quelques exemples. A Créteil chez C.Guetté, à Ivry avec F.Amrani, à Paris 18e avec D.Obono, LFI perd en voix et en pourcentage par rapport aux européennes de 2024, scrutin où la gauche était en liste séparée.
C'est un bon point de comparaison, sans parler de la présidentielle de 2022, où J.-L.Mélenchon était arrivé en tête à Toulouse, Nantes, Montpellier, Strasbourg, Lille, Rennes Le Havre, entre autres.
Avec leurs scores entre 10 et 15 %, ces candidats LFI jouent les perturbateurs dans un grand nombre de métropoles. On y reviendra avec Louis. C'était l'un des buts recherchés par les chefs insoumis. - A.-E.Lemoine: Le RN conforte ses positions. - P.Cohen: En dehors de son axe méditerranéen, le RN n'existe toujours pas dans les grandes villes.
Echec à Lens. C'était l'un des espoirs du parti. 1,5 % des voix à Paris.
Un chiffre à Lyon ou à Bordeaux souvent en retrait par rapport à ceux de 2014. Dans toutes ces villes, le RN sera absent des conseils municipaux. - A.-E.Lemoine: Participation la plus faible pour des élections municipales hors covid. - P.Cohen: Le taux de participation n'est que de 57 %, 6 points de moins que 2014.
Un peu moins de 28 millions de citoyens ont voté. 21 millions sont restés chez eux. Abstention record, si on excepte 2020 et les 2 municipales sous covid.
Le désintérêt opère à géométrie variable. Là où le jeu semblait ouvert, comme à Paris, Lyon, Bordeaux ou Nantes, on a vu un regain de participation, des électeurs plus nombreux qu'en 2014. Là où le maire sortant dominait le match, la participation tombe en dessous des 50 %, comme à Cannes, Tourcoing, Orléans, Metz ou Perpignan.
Plus loin des grandes villes, la démobilisation a été massive dans les communes de moins de 1000 habitants, avec une participation en chute de 11 points, de 75 à 64 %. - A.-E.Lemoine: C'est l'effet de la nouvelle loi électorale. - P.Cohen: On en parlait ici la semaine dernière.
Les électeurs de communes de moins de 1000 habitants, avant 2020, pouvaient rayer des candidats des listes. C'est fini. Même mode de scrutin pour tout le monde.
Avantage: respect de la parité hommes-femmes. Inconvénient: difficulté à monter des listes quasi-complètes ou complètes. Il ne fallait pas plus de 2 sièges vacants.
Résultat: pas de compétition, des résultats connus d'avance dans un grand nombre de villes et de villages. J'ai un exemple dans le Gers, cité par le député du coin. Sur 458 communes, 408 communes du Gers ne présentaient qu'une seule liste.
Etonnez-vous que les électeurs se soient aussi peu déplacés. En tout, 68 % des communes, plus des 2/3, devaient ratifier une liste unique. Ca représente 11 à 12 millions d'électeurs.
Près de 1 sur 4 a été privé hier de toute possibilité de choix. - A.-E.Lemoine: Ce changement de scrutin, c'était, au départ, une bonne chose.
C'était pour éviter que certains ne barrent le nom des femmes candidates. On a voulu bien faire, mais on n'a pas mesuré l'effet secondaire. - P.Perrineau: Dans toutes ces petites communes de moins de 1000 habitants, on avait l'habitude de confectionner soi-même son conseil municipal.
On prenait un peu à gauche, un peu à droite, un voisin, quelqu'un de plus distant... - A.-E.Lemoine: C'était à la carte. - P.Cohen: Fut un temps, sans même être déclaré, on pouvait simplement inscrire le nom de la personne de son choix. - P.Perrineau: Ca donnait, dans ces communes, une véritable liberté.
Tout d'un coup, ces électeurs sont privés de cette liberté. Ils se voient imposer, c'est très français, du sommet à la base, la même loi. Tout le monde a l'impression que c'est l'égalité.
J'ai regardé dans les régions que je connais bien. J'ai regardé dans le Centre-Val de Loire. C'est frappant.
Vous prenez des petites communes, 500 électeurs inscrits, par exemple. Vous regardez s'il y avait 2 listes. A ce moment-là, on a une participation tout à fait correcte.
Une liste, ça s'effondre et ça tombe parfois extrêmement bas. C'est des communes où, d'habitude, le civisme est rivé au corps des électeurs. - P.Cohen: Avec des bulletins nuls, aussi. - P.Perrineau: C'était la seule liberté qu'on pouvait avoir, presque. - A.-E.Lemoine: Il y a aussi une fatigue démocratique qui explique la désaffection. - P.Perrineau: Bien sûr.
Lorsqu'il y a eu cette très faible participation, la dernière fois, en 2020, on se disait que c'était dû au covid. Les observateurs attentifs disaient: "Peut-être que le covid joue." Les personnes âgées avaient peur de se rendre dans les bureaux de vote.
La crise politique était déjà à l'oeuvre. Elle touche maintenant la scène municipale, une scène vis-à-vis de laquelle les Français ont normalement des attitudes positives. Les Français aiment bien leur maire, leurs conseils municipaux.
Ils ont une opinion favorable du bilan des maires sortants. Malgré tout ça, la fatigue démocratique, la mauvaise humeur commencent à toucher la scène municipale. C'est préoccupant. - A.-E.Lemoine: Pour revenir sur les enseignements mis en lumière par Patrick, la percée de La France insoumise est exagérée? - P.Perrineau: Oui.
Il ne faut pas transformer un phénomène qui touche quelques grandes métropoles, quelques grandes cités universitaires ou avec des quartiers difficiles. C'est quelques centaines de villes. Ils étaient présents dans 250 cas en France.
Je rappellerai à La France insoumise qu'il y a 35 000 communes. Ils étaient peu présents. Comme d'habitude, ils parlent en 1er.
Ils ont été les 1ers à en parler. Ils imposent une interprétation de la réalité à laquelle on peut croire dans un 1er temps. Dès qu'on regarde attentivement les résultats, on s'aperçoit que c'est plus compliqué que ça. - A.-E.Lemoine: J.Bardella a très rapidement pris la parole hier.
Heureux d'annoncer que le RN confortait ses bastions. Il n'est pas question non plus de crier victoire? - P.Perrineau: Non.
Il y avait un grand défi pour le RN. Il fallait s'implanter assez massivement dans un tissu de petites villes et de villes moyennes. Il y en a quelques-unes.
Il y a quelques prises. On le verra dimanche prochain. Le phénomène n'est pas massif.
Ils ont simplement fait bonne impression, parce que partout où ils avaient été élus, ils renouvellent au 1er tour. On voit toujours que ce RN a un problème avec le local. Ils se sont efforcés, sous l'égide de M.Le Pen, de renforcer leur implication municipale.
Mais ils ont du mal. La préoccupation locale des courants politiques que représente le RN est nulle dans l'histoire française. Jamais les nationalistes n'ont été passionnés par l'implantation locale.
Pour eux, ça relève du Clochemerle. Ils s'y mettent, mais c'est un apprentissage qui sera long. Il y a une véritable embellie en 2024.
C'est un signe qui montre que tout n'est pas joué, un an avant l'élection présidentielle. - A.-E.Lemoine: Le Parti socialiste en tête dans 6 des 10 plus grandes villes de France.
C'est un score sur lequel personne n'aurait parié il y a quelques mois. - P.Perrineau: Tout à fait.
Ce qui s'exprime là, c'est la sociologie. Il est intéressant de voir, dans ces grandes villes, la composition du corps électoral. C'est une composition de cols blancs, de gens de haut niveau d'études, qui n'ont pas de profondes difficultés avec la vie et qui, comme on le dit, sont touchés par le libéralisme culturel.
Ils sont attachés à une gauche présentée comme extrêmement moderne sur le terrain de la réforme des moeurs, la loi sur l'euthanasie, le mariage homosexuel, la PMA...
Dans ces grandes métropoles, et Paris en est un exemple, c'est ça qui s'est exprimé. C'est cette sociologie, où la gauche socialiste est une gauche moderne, branchée. - A.-E.Lemoine: Le PS en tête à Paris et Marseille.
La gauche reste divisée? - L.Amar: A Marseille, le RN est pourtant sérieusement en position de l'emporter.
F.Allisio est 2e, juste derrière le sortant, B.Payan, qui n'a pas attendu la mi-journée pour écarter tout alliance avec La France insoumise.
A 11h30, il dépose sa liste. - B.Payan: Nous entrons dans le plus grand combat que cette ville ait connu devant le RN.
Je ne parle pas politique. Je ne fais aucune tambouille. Le combat contre le RN ne se monnaie pas. - L.Amar: 2 heures plus tard, réponse cinglante de J.-L.Mélenchon.
Il dit ceci. ... - L.Amar: Pendant que la gauche déplore ses divisions, le RN rêve de Marseille. - F.Allisio: Le vote d'hier soir est historique.
Pour que cet espoir devienne réalité, il faut continuer à ouvrir les bras, à tendre la main, y compris à des électeurs de la droite sincère. - Est-ce que vous avez appelé M.Vassal au téléphone?
Je ne sais pas si nous avons la liaison. C'est peut-être elle qui l'appelle. - F.Allisio: On échange avec le maximum de personnes. - L.Amar: En tout cas, M.Vassal est introuvable depuis hier.
Elle est invisible, parce qu'elle a annoncé son maintien, mais uniquement par un communiqué. Il n'y avait presque personne à son QG de campagne hier soir. Pas de déclaration, à peine ce très court communiqué dans l'après-midi, fidèle à ce qu'elle avait dit avant le 1er tour. - M.Vassal: Je ne ferai pas d'alliance, parce que dans cette élection, 4 candidats sont sélectionnés au 2e tour.
Tout est possible. - L.Amar: Voilà pour Marseille.
A Paris, c'est la droite qui doit faire face à la question des alliances. R.Dati va faire liste commune avec le centriste P.-Y.Bournazel, dont elle saluait hier soir la campagne. - R.Dati: L'enjeu est la vie des Parisiennes et des Parisiens.
J'appelle tous ceux qui ne veulent plus de cette gauche sectaire et à bout de souffle à se rassembler le plus largement possible. Ce désir de changement s'est porté sur les candidatures de P.-Y.Bournazel et de S.Knafo.
Ils ont fait campagne avec détermination, chacun sur son projet. - L.Amar: Des compliments, alors qu'il y a quelques jours, R.Dati parlait de P.-Y.Bournazel comme d'un représentant de la droite "la plus bête du monde".
R.Dati aura donc choisi l'alliance au centre. Pourtant, la candidate Reconquête! lui faisait des appels du pied. - S.Knafo: Je m'adresse à R.Dati.
Il nous reste une chance de battre la gauche: le rassemblement de toutes nos forces. - L.Amar: Quelques minutes après l'alliance Dati-Bournazel, E.Grégoire réagit, moqueur. - E.Grégoire: Quand on a quelqu'un qui a passé son temps à dire les mots les plus durs sur R.Dati, qui se range en quelques minutes pour un plat de lentilles, je pense que c'est les électeurs qui vont être déçus.
Un grand nombre d'entre eux viendront vers nous. - A.-E.Lemoine: E.Grégoire aurait pu nouer une alliance.
Il a choisi de ne pas décrocher son téléphone, alors que l'insoumise S.Chikirou attendait son appel. - S.Chikirou: Il y aura des bulletins S.Chikirou dimanche.
On peut amplifier nos voix et monter encore. - A.-E.Lemoine: Elle se maintient au 2e tour.
Est-ce que ça va suffire à R.Dati, cette alliance quasi forcée avec P.-Y.Bournazel? - P.Perrineau: La position de R.Dati, 13 points derrière E.Grégoire, c'est difficile à remonter. - A.-E.Lemoine: Vous avez été surpris par cette contre-performance? - P.Perrineau: L'ampleur de l'avance d'E.Grégoire est assez surprenante.
R.Dati était partie à un plus haut niveau. On assistait à une forme d'érosion de son capital électoral.
Elle en est réduite aujourd'hui, ce qui est de bonne guerre, à essayer de rassembler les électeurs de droite, de S.Knafo, de centre droit de P.-Y.Bournazel, et de pratiquer, ce qui est possible pour les listes qui obtiennent plus de 5 % des suffrages exprimés, une fusion des listes avec P.-Y.Bournazel.
Quand on regarde l'électorat de P.-Y.Bournazel, il est composite.
Il ne faut pas croire que parce qu'il se rallie à R.Dati, les électeurs de P.-Y.Bournazel vont avoir le doigt sur la couture du pantalon.
Il y aura de la perte en ligne. Elle peut aller vers l'abstention, voire vers E.Grégoire.
On a vu dans les propos d'E.Grégoire le 1er appel. - P.Cohen: Il y a déjà eu de la perte au 1er tour.
Les Parisiens ont voté 2 fois, pour les arrondissements et pour la mairie centrale. Dans plusieurs arrondissements, le plus spectaculaire, c'est le 9e, où il y 10 points d'écart. Les listes d'arrondissements avec des maires qui soutenaient R.Dati ont fait des scores nettement supérieurs à R.Dati sur le nom de R.Dati. - A.-E.Lemoine: C'est quand même l'illustration parfaite du problème de la droite, cette fameuse union des droites et ce dilemme: si on se tourne trop vers la droite dure, on perd le centre. - P.Perrineau: C'est tenir les 2 bouts de la chaîne.
C'est compliqué, voire impossible. On a affaire à des tempéraments électoraux extrêmement différents. Les électeurs de P.-Y.Bournazel, centristes, qui partagent certaines valeurs avec les électeurs de gauche, sont très différents des électeurs de madame Knafo, sur une position beaucoup plus radicale, qui demandent des réformes ultraconservatrices.
C'est très difficile, derrière R.Dati, de rassembler ce monde hétéroclite. La gauche n'est pas à l'abri, dans certaines villes, on le verra, quant à tenir les 2 bouts de la chaîne. - A.-E.Lemoine: La gauche rassemblée à Toulouse et à Lyon. - L.Amar: Alliance ce matin à Toulouse.
F.Piquemal est arrivé 2e. A 10h, ils annoncent la fusion de leur liste. - Les conditions de la victoire sont sur la table pour toutes les Toulousaines et tous les Toulousains. - F.Briançon: On revient en campagne unis et déterminés avec la volonté de gagner dimanche prochain. - L.Amar: LFI annonce que des alliances sont bouclées ou proches de l'être dans la moitié des villes de plus de 100 000 habitants, parfois avec des socialistes.
C'est le cas à Limoges, Avignon ou Clermont-Ferrand. Il y a aussi ailleurs avec des Ecologistes. Comme à Lyon, où G.Doucet est arrivé en tête devant l'ancien président de l'OL, J.-M.Aulas. - G.Doucet: Le projet réactionnaire du siècle dernier porté par mon opposant, les Lyonnais n'en veulent pas.
A nous de faire en sorte que Lyon aille de l'avant. - L.Amar: A Toulouse et à Lyon, les candidats de droite feront face à l'union de gauche.
Pour la contrer, ils ont déjà un élément de langage. - C'est une honte politique et morale. Une alliance de la honte.
Le parti socialiste s'est soumis aux insoumis. - J.-M.Aulas: Une alliance de la honte.
L'accord de la honte est en train de se mettre en place. Je ne pense pas que les Lyonnais aient envie que Lyon soit à l'extrême gauche. - P.Cohen: Est-ce que c'est un saut dans l'inconnu, ces accords?
Est-ce qu'ils vont avoir un effet sur l'électorat? On a vu dans des sondages d'avant l'élection que les sympathisants socialistes étaient en majorité hostiles à un accord avec les insoumis. - P.Perrineau: Il y a une grande inconnue.
A peu près 1 électeur socialiste consulté hier sur 2 disait qu'il n'était pas d'accord avec l'alliance du PS avec LFI. Il y aura de la perte en ligne. Depuis des mois, des semaines, l'affrontement entre LFI et le PS est une réalité quotidienne.
Certains électeurs sont passés presque à une idée de front républicain contre LFI. On a parlé, pendant des décennies, du front républicain contre le RN. On appelait les électeurs de la droite classique et du centre à se mobiliser contre le RN.
Là, apparaît un front républicain contre LFI, considérée comme en dehors des véritables traditions républicaines. Ca peut marcher auprès d'une partie de l'électorat de la gauche modérée. Cet électorat est lassé des saillies de J.-L.Mélenchon, du comportement de beaucoup de députés LFI.
Cela peut se traduire dans les urnes. Réponse dimanche prochain. Ce n'est pas écrit, mais je crois qu'il y aura de la perte en ligne.
Il faut avoir conscience que J.-L.Mélenchon est devenu, aux yeux des Français, l'ennemi public numéro 1.
C'est l'homme politique le plus rejeté en France. Il l'est plus que J.Bardella, M.Le Pen ou d'autres hommes politiques.
Beaucoup plus. Ce n'est pas simple d'intégrer des éléments de LFI. Quel sera l'avis de ses conseillers municipaux?
Si les conseillers municipaux LFI ont le même type de pratiques politiques que les députés LFI à l'Assemblée, les conseils municipaux vont être chauds. - A.-E.Lemoine: Et il y a le cas de Nice, avec ce combat entre 2 hommes. - L.Amar: Ils ont partagé 20 ans de vie politique, ont fait des discours dans les mêmes meetings, leurs familles se connaissent.
Les 2 hommes se retrouvent chaque dimanche matin dans la même église, mais le compagnonnage avéré entre E.Ciotti et C.Estrosi...
C'est le 1er qui est sorti en position de force. - E.Ciotti: J'appelle les Niçois à faire barrage à monsieur Estrosi.
Ils ont besoin de se libérer de son emprise. Ils ont vu les impôts, le déficit de proximité. - L.Amar: 43 % des voix.
E.Ciotti allié au RN avec son parti l'UDR. Le RN a fait le plein dans le Sud-Est, à Menton, Cagnes-sur-Mer ou Toulon.
A Nice, C.Estrosi répond à un appel au barrage par un appel au barrage. - C.Estrosi: J'appelle très clairement à un barrage contre le RN, à la responsabilité républicaine. - L.Amar: C.Estrosi appelle la candidate écologiste arrivée 3e à se retirer pour faire front face à E.Ciotti.
Sa réponse: "Retire-toi toi-même." - Si C.Estrosi est républicain, nous lui demandons solennellement de se retirer immédiatement de la vie politique. - L.Amar: "De la vie politique.
Retire-toi loin!" - A.-E.Lemoine: C.Estrosi paye son ralliement aux macronistes. - P.Perrineau: Ce n'est pas le seul, mais il a eu un itinéraire politique sinueux.
Il vient de la droite républicaine, l'UMP, et il a évolué vers le macronisme. On sait aujourd'hui que le macronisme est extrêmement impopulaire. Ces municipales ont confirmé l'impopularité des hommes et des femmes qui se réclament d'E.Macron.
Il paie certainement, dans une ville de droite...
C'est la ville de Médecin, jadis...
C'est une ville qui a un tempérament de droite, dans laquelle l'ultradroite est une réalité dans la vie culturelle et intellectuelle de la commune. P.Vardon, un membre du RN, formulait une sorte d'autonomie niçoise.
Etre un maire étiqueté macronien dans une ville de droite, au bout d'un moment, vous payez l'addition. Il y a certainement l'usure du pouvoir. Il est là depuis longtemps.
Son ami-rival, E.Ciotti, le lui fait remarquer. Il n'y a pas simplement les problèmes que rencontre C.Estrosi.
Il y a ce qu'est E.Ciotti. Il parlait de l'emprise d'Estrosi sur les Niçois.
E.Ciotti a lui une véritable emprise sur les Alpes-Maritimes et la droite des Alpes-Maritimes. Il connaît ça sur le bout des doigts.
Il a organisé des ralliements lors de sa campagne de "gros poisson"de la vie niçoise. C'est un homme qui a activé, avec le talent qui est le sien, beaucoup de réseaux qui le mettaient dans cette position extrêmement favorable. La tâche ne sera pas facile.
C'est comme à Paris pour R.Dati. C'est un handicap important qui va bien au-delà de cela qu'on s'attendait. - P.Lescure: Le Havre...
E.Philippe, maire sortant, est arrivé largement en tête, avec un score de 43,76 %, devant J.-P.Lecoq, à 33,25 et le candidat du RN, 24,99.
Il avait conditionné la suite de sa campagne présidentielle à une réélection en mairie. Il faudra attendre dimanche prochain. On pourrait dire que son horizon s'est un peu dégagé. - P.Perrineau: Oui, et c'était pas évident.
Il y avait des sondages qui montraient que le différentiel devenait de plus en plus ténu. Il y a les cultures politiques des villes. Une ville comme Le Havre a été longtemps dirigée par des communistes et pas n'importe lesquels.
Il y a des cultures qui se maintiennent dans les villes. Le candidat de l'union de la gauche, lui-même communiste, exprimait un peu cela. Toutes les villes changent aussi.
Le Havre a changé. C'était intéressant d'écouter E.Philippe hier.
Il rendait hommage à cette ville industrielle et portuaire. Après, il rendait hommage à la ville touristique, à l'espace culturel qu'il a su créer dans une ville un peu rétive à ce genre d'initiative. Il y a une nouvelle clientèle arrivée au Havre.
Ca va peut-être permettre à E.Philippe de sauver la mise. - P.Cohen: Son échappée sur la ville portuaire m'a fait sourire.
Il aurait pu dire que Le Havre était la ville d'un ancien président de la République, R.Coty. Ca peut susciter d'autres vocations... - E.Tran Nguyen: Certains politiques se sont plaints de couacs sur ce 1er tour des municipales et d'irrégularités dans certains bureaux de vote.
A Marseille, J.-P.Tanguy a dénoncé des bureaux de vote qui n'auraient pas ouvert à l'heure ou qui auraient fermé trop tôt. "La Provence" a compilé certains incidents.
Il signale une quinzaine de bureaux de vote sur les près de 500 qui ont ouvert plutôt vers 8h30 à cause de retard d'assesseurs ou de problèmes électriques ou d'absence de poubelles pour jeter des bulletins. Ca n'est pas propre à Marseille. Une candidate LFI a signalé des ouvertures de bureaux tardives à Paris.
D'autres candidats étaient à l'origine du scandale. A Bordeaux, T.Cazenave a oublié de passer par l'isoloir.
Il est directement allé à l'urne. Les électeurs se sont plaints de couacs aussi. Certains trouvaient que les bulletins étaient trop grands pour entrer dans les enveloppes. - Je la plie, ça ne rentre pas.
Je l'ai roulé comme si je faisais un pét... - Je sors du dépouillement.
Je vous demande juste un truc. Arrêtez de plier 6 fois vos feuilles. On galère! - E.Tran Nguyen: Il vaut mieux des bulletins trop grands mais secs...
A Nice, un quart des bulletins de vote ont pris l'eau. Il y avait une pluie battante. Le camion n'était pas étanche.
Des dizaines de milliers de bulletins ont dû être remplacés. Il faut aussi savoir compter les bulletins. Il y a eu des erreurs.
A Sotteville-lès-Rouen, la joie de N.Arthaud n'a pas duré longtemps. Le candidat de Lutte ouvrière était annoncé gagnant à 65 %, mais c'était une erreur.
En réalité, c'est une liste d'union à gauche qui a obtenu ce score. Le candidat Lutte ouvrière n'a obtenu que 3,99 %. Les 2 listes ont juste été inversées.
Pour parer aux couacs, le vote électronique serait-il la solution? Certaines communes l'utilisent déjà. Apparemment, ça plaît. - C'est rapide et bien expliqué.
Ca me paraît la meilleure des solutions. - Les boîtiers sont extrêmement bruts. Il n'y a pas du tout de difficultés pour les sécuriser chez nous.
Il n'y a aucun moyen de rentrer dedans par le wi-fi ou par le réseau. - E.Tran Nguyen: On a sondé de notre côté.
Les avis divergent. Entre ceux qui pensent que ce serait plus simple et plus sécurisé...
Ca peut limiter la triche. D'autres pensent déjà aux bugs possibles de la machine, voire au piratage. - Je suis plutôt contre.
Je préfère l'idée de l'enveloppe dans l'urne. C'est une idée très rétrograde, peut-être... - Je suis plutôt pour.
J'y pensais hier quand je voyais les tas de papiers qu'on jette. Ecologiquement, c'est pas super. - Je suis contre.
J'ai pas très confiance. - Hier, j'ai trouvé qu'on était encore au XIXe siècle! - J'ai pas envie de passer au tout numérique. - Ca me fait penser au McDo quand vous devez choisir votre menu. - E.Tran Nguyen: Il y a toujours eu un problème de couacs dans les élections.
Ca fait partie du jeu? - P.Perrineau: Ca fait largement partie du jeu.
Il y en a toujours. Déjà à Marseille, pour les dernières élections, des bureaux étaient retardataires. La crise de la politique touche tout le monde.
Ca touche également les gens qu'on convoque pour être assesseurs, pour assister le président du bureau de vote, pour dépouiller...
Hier, dans mon bureau à Paris, on demandait régulièrement aux gens s'ils voulaient venir dépouiller. - E.Tran Nguyen: Donc il faut passer à l'électronique? - P.Perrineau: C'était désespérant car tout le monde répondait "non".
Les bulletins trop grands...
J'ai été confronté à ça. Quand vous avez 160 personnes sur un bulletin, il faut le plier. Les enveloppes sont normées.
Vous avez un énorme bulletin à faire rentrer dans une petite enveloppe. Vous prenez votre temps dans l'isoloir. Ca ralentit un peu le flux.
Est-ce que le vote électronique serait la solution? On le connaît déjà dans 60 à 70 communes, où ça semble marcher correctement et où il y a des machines à voter. Les Français de l'étranger l'utilisent pour les élections législatives.
Mais dès que l'élection est très importante, personnalisée, comme l'élection présidentielle, ils n'ont pas le droit d'utiliser le vote électronique. Ca pose 2 problème qu'ont bien vu les gens interviewés. Un problème de cybersécurité...
Il faut être absolument sûrs qu'il n'y aura pas d'attaque virale contre ce type de procédé. Et puis, c'est vrai que ça introduit et ça accentue l'individualisation du citoyen. Le citoyen perd l'habitude de se rendre dans les lieux de la République.
Le bureau de vote est un lieu de la République. - A.-E.Lemoine: Merci.
Je rappelle votre livre, "Inventaire des peurs françaises". Il est toujours disponible. Restez avec nous.
Le reste de l'actualité dans le 5/5. N.Sarkozy de retour devant le tribunal. - L.Sénéchal: C'est le procès en appel des soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007.
N.Sarkozy doit être jugé jusqu'au 3 juin. En première instance, il a été condamné à 5 ans de prison ferme en raison d'une corruption du plus haut niveau.
Il avait été placé en détention provisoire. Il était devenu le 1er ex-président incarcéré dans l'histoire de la République. Il s'est préparé méticuleusement à ce 2d procès. - N.Schulz: Il a vu ses avocats 2 fois par semaine dans les mois qui se sont écoulés.
Il s'est replongé dans le jugement, un document qui fait près de 400 pages. L'idée, c'est de voir là où il n'a pas réussi à convaincre les juges en première instance et de faire mieux. Il y a un nouvel avocat pénaliste qui est arrivé, Sébastien Schapira, qui va apporter un regard neuf. - L.Sénéchal: A ses côtés se trouvent aussi les 2 anciens ministres, C.Guéant et B.Hortefeux. - A.-E.Lemoine: Quand le Premier ministre israélien doit démentir sa propre mort... - L.Sénéchal: C'est la folle rumeur qui a couru.
Après un discours du Premier ministre, certains internautes ont cru à une vidéo générée par l'IA. Ils pensaient voir 6 doigts sur la main du dirigeant dont la mort aurait été maquillée. B.Nétanyahou a répondu, non sans humour. - L.Sénéchal: Israël poursuit ses objectifs militaires et annonce une opération au sol. "Opération terrestre limitée et ciblée contre des bastions-clés du Hezbollah." Les frappes israéliennes sur le Hezbollah au Liban ont fait 150 morts et plus de 1 million de déplacés.
Les Libanais ne pourront rentrer chez eux que lorsque le nord d'Israël sera sécurisé. Les frappes de l'Iran sur Israël se poursuivent. Tel-Aviv et Jérusalem ont été touchées.
Les Etats-Unis continuent, avec Israël, de cibler le régime iranien. Certaines images sont impressionnantes. Là, on est dans l'ouest du pays.
Le régime continue de viser des navires dans le détroit d'Ormuz. Le président américain en appelle à ses alliés pour sécuriser le détroit. - L.Sénéchal: Il est agacé parce qu'il a demandé à 7 pays dont la France de surveiller le détroit.
E.Macron n'a évoqué que des tractations avec des pays européens pour sécuriser Ormuz. Réponse insuffisante, dit D.Trump.
Il a aussi évoqué le Guide suprême qui n'a toujours pas été vu en public. - L.Sénéchal: D.Trump porte une accusation très grave.
Il accuse les médias américains de travailler en coordination avec l'Iran pour diffuser des fake news. Il dit que ces médias doivent être poursuivis pour trahison. - A.-E.Lemoine: Hommage à un acteur adoré du grand public... - L.Sénéchal: B.Salomone est mort à 55 ans.
Il luttait contre une récidive de cancer depuis des mois. Inoubliable dans "Fais pas ci, fais pas ça", B.Salomone y était Denis Bouley.
Il collectionnait les petits boulots. - Médusor, si mon coeur est d'or, mon corps pique toutes les baigneuses. Je refile de l'urticaire à ceux que j'adore. - L.Sénéchal: Son personnage a aussi été chanteur amateur, entrepreneur et même coach de créativité en développement personnel.
B.Salomone avait vraiment publié ce livre, écrit sous le nom de Denis Bouley. Les acteurs de la série ont travaillé ensemble de 2007 à 2017 avant de revenir pour 2 téléfilms, en 2020 et 2024. - B.Salomone: Bientôt sur vos écrans, "Fais pas ci, fais pas ça" spécial Noël! - L.Sénéchal: Chaque épisode de la série était suivi par près de 5 millions de téléspectateurs.
C'était d'abord le samedi, puis le mercredi à 21h. Ce qui plaisait, c'était la rivalité entre le fantasque Denis Bouley et son voisin, le très strict Renaud Lepic, interprété par G.de Tonquédec.
Les 2 hommes étaient des amis. - G.de Tonquédec: C'est notre dernière journée. - B.Salomone: C'est fini. - G.de Tonquédec: Voilà, c'est fini...
On vous embrasse. A très vite. On s'est bien marrés.
On espère que vous vous marrerez autant que nous. - B.Salomone: I love you! - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Guillaume.
Merci de votre présence pour évoquer votre ami B.Salomone. A vos côtés, T.Bizot.
Vous avez cocréé "Fais pas ci, fais pas ça". Un mot sur les images qu'on vient de voir. Ce sont des images qui vous sont chères car elles témoignent des liens très forts qui unissaient B.Salomone à la famille de "Fais pas ci, fais pas ça". - G.de Tonquédec: Je joins à la déflagration de témoignages...
Il aurait été très touché de savoir qu'il était si apprécié. Il n'avait pas tellement confiance en lui, curieusement. Ca lui aurait fait très plaisir.
Ce qui me touche, c'est que c'est un acteur qui vient du stand-up et moi, je viens du Conservatoire de Paris. On avait un choc à chaque fois dans nos scènes. Il était très admiratif de ma façon de manier les textes et moi, complètement béat face à sa façon d'improviser.
Il y avait une admiration réciproque, qu'on a utilisée dans les 2 personnages. Moi un peu guindé et lui, Denis, plus libre. On s'est rencontrés après le tournage de la série...
On était très pudiques. On était très heureux de travailler ensemble, mais on était très pudiques. C'est après la série que j'ai appris à le découvrir.
Quand j'ai su qu'il était malade par quelqu'un d'autre...
A la fin, je l'ai invité chez moi et je l'ai accompagné jusqu'à lundi dernier. - A.-E.Lemoine: Vous avez été témoin du courage dont il a fait preuve. - T.Bizot: J'ai été le voir en soins palliatifs.
Généralement, on n'en sort pas. J'y vais en tremblant, en novembre, en me disant que je ne vais peut-être pas le reconnaître. Je le trouve en pleine forme!
On a passé 2 heures à rigoler, à parler de "Graines de star". Ils l'ont viré des soins palliatifs. On ne peut pas rester plus de 3 semaines.
J'y retourne. Il avait une légèreté...
Il souffrait. Il a eu une fin de vie très difficile. Il souffrait mais il n'était pas juste courageux, à prendre sur lui...
Il était vraiment léger, drôle, profitant de la vie. C'était incroyable. - G.de Tonquédec: Et s'occupant des autres.
Je l'ai vu lundi. Il m'a dit: "Je vais lâcher l'affaire." Il m'a posé des questions sur ma maman.
Il m'a demandé comment elle allait. "Et le spectacle que tu prépares?" Il s'occupait des autres.
J'ai découvert Audrey, sa femme, que j'embrasse, qui n'a jamais craqué. Ils se sont mariés à l'hôpital. Il lui a demandé sa main sur son lit d'hôpital.
Bouleversant. Une femme d'exception. - A.-E.Lemoine: Jusqu'au bout, il travaillait sur un projet de bande dessinée, même s'il n'avait plus la force d'écrire. - G.de Tonquédec: Il a travaillé jusqu'à mardi dernier sur ce projet de BD.
Il a un cousin qui va faire les dessins. Il a écrit tous les textes. Bruno m'a confié qu'il a eu des rapports un peu compliqués avec son papa et que la seule chose que lui ait légué son papa, c'est un cochon d'Inde.
C'était pour lui un objet qui le liait à son papa. Il en parle dans ses spectacles et dans cette BD. Il a fini d'écrire grâce à la fille de la série, qui lui a tenu la main jusqu'au bout. - T.Bizot: Il avait un spectacle qui avait un nom de cochon d'Inde... - A.-E.Lemoine: Il jouait Denis Bouley, ce papa de gauche bousculé par ses enfants. - Vos délires gauchistes à 2 balles... - QUOI? - Regardez comment vous vivez.
Vous avez une nouvelle bagnole. On part en vacances à Tahiti. Vous êtes de droite. - On vote toujours vert au 1er tour et PS au 2d. - C'est pour vous donner bonne conscience.
Vous êtes de droite! - Quoi? - On n'est pas de droite! - A.-E.Lemoine: Au début, les couples étaient inversés.
C'est V.Bonneton qui devait jouer Isabelle Bouley. Non, c'est Valérie Bouley, pardon. - T.Bizot: Au début, on avait vu Guillaume et I.Gélinas qui jouaient ensemble au théâtre.
Ensuite, on a vu V.Bonneton qui jouait avec François Cluzet. On s'est dit qu'on avait trouvé une autre femme.
On pensait avoir le couple Lepic et la femme Bouley. Après, on a pensé à B.Salomone.
Il a fallu pas mal de courage à Bruno, qui était du stand-up...
Il était avec 3 violons du Conservatoire, des gens qui faisaient du théâtre, des acteurs renommés. Au début, c'était ça. On a fait les essais.
Ma femme m'a dit qu'il valait mieux mettre V.Bonneton en Lepic et I.Gélinas en Bouley.
On a refait des essais. C'était très bien. - A.-E.Lemoine: Il a commencé sur les planches avec le stand-up. - L.Sénéchal: Un 1er spectacle en l'an 2000. 3 ans plus tard, au Bataclan... - D'autres arrivent...
Qu'est-ce que je dis? D'autres rumeurs affirment...
Excusez-moi, j'ai contrepété...
D'autres rumeurs affirment qu'il alla revoir son plus vieil ami d'enfance, l'escargot! - L.Sénéchal: Avant de se produire seul, B.Salomone a fait partie des Nous C Nous, avec notamment J.Dujardin, qui se moquait du phénomène boys band. - Bonjour, Philippe.
Je suis célibataire. J'aime beaucoup Paris. Et surtout, surtout la place de la Concombre. - Nous C Nous et vous c'est vous... - L.Sénéchal: J.Dujardin lui rend cet hommage.
T.Bizot, vous avez assisté à leurs début. Ils étaient comment, ensemble?
C'était encore des jeunes humoristes qui avaient envie de percer. - T.Bizot: Au début, ils étaient au Carré Blanc, une petite salle de spectacle.
Ils étaient 5 et ils jouaient à tour de rôle. Ils avaient chacun leurs sketchs. On cherchait des humoristes pour "Graines de star".
On a tout de suite repéré J.Dujardin, E.Collado et B.Salomone.
Ils arrêtaient pas de gagner. Quand on gagnait, on revenait. Ils gagnaient et ils gagnaient et ils ont fait des années cette émission.
J'ai vu Bruno récemment. Il m'a dit que je l'avais beaucoup aidé. "Toi, tu m'as aidé!
Je débutais à M6 dans le divertissement. J'ai eu un succès grâce à toi et J.Dujardin.
Ensuite, je lance ma fiction et tu es arrivé." On a fait nos premiers pas ensemble. - L.Sénéchal: Il avait tous les talents.
Il a commencé à Eurodisney dans un costume, pas n'importe lequel. - B.Salomone: J'étais le premier Dingo européen.
Les autographes que tu dois signer avec des gants énormes... - A.Sublet: C'est un cauchemar, de faire ça! - B.Salomone: Après, je suis passé chef Dingo.
Tu as un costard avec ton nom dessus, un talkie-walkie et tu surveilles les personnages. Ils se font agresser par les Italiens, les Japonais... - L.Sénéchal: Il a aussi fait de nombreuses voix.
C'est le méchant dans "Les Indestructibles" en 2004. Et aussi des accents... - B.Salomone: C'est une fille du Sud, une cagole masculine qui adore les drogues...
Son père, c'est Claudio. C'est plus à l'ancienne. A la base, je viens du 9-4.
J'aime bien ce que tu fais. Je te trouve bien, bien, bien. C'était un personnage un peu...
Nadia, c'est plus la meuf de cité, aussi, mais qui se retrouve dans une position de masculinisation. - A.-E.Lemoine: Sur le tournage de "Fais pas ci, fais pas ça", c'était permanent? - G.de Tonquédec: On adorait imiter Giscard.
On disait des horreurs sur Anne-Aymone, la pauvre femme! On était pliés de rire en imitant Giscard. - T.Bizot: Il imitait Ardisson, Fogiel...
A mourir de rire. - L.Sénéchal: On va revoir sa dernière apparition à la télévision, l'an dernier, avec son rôle dans "A Priori" sur France 3. - C'est devenu un enfer, ici.
Il fallait venir avant. - Avant quoi? - Le grand remplacement. - Le grand remplacement? - Par les Parisiens.
Après le 1er confinement, ils ont tous débarqué ici. Les Parisiens, c'est le pire des effets secondaires du covid. - Je suis parisienne. - Je sais. - L.Sénéchal: Cette série a été raccourcie parce qu'il était malade.
Pour la saison 2, ils avaient prévu plusieurs scénarios au cas où il allait mieux. Finalement, son personnage est envoyé à La Réunion. La 1re scène, c'est les équipes du commissariat qui reçoivent un colis avec une clé USB, un enregistrement de sa part.
Il dit qu'il est tombé amoureux de La Réunion et qu'il ne rentrera pas. "J'espère que je ne vous manquerai pas trop." - G.de Tonquédec: C'est beau, la solidarité dans notre métier.
Merci de lui avoir rendu hommage. - A.-E.Lemoine: Merci à tous.
Dans un instant, l'équipe de la série "Lucky Luke". A tout de suite.
Christian Jacob