Damien Carême : "A Grande-Synthe, même si le camp n'est pas une solution à long terme, la situation est satisfaisante"
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Questions et réponses
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Quelle est la situation aujourd'hui à Grande-Synthe, le jour où François Hollande vient rendre une visite à Calais ?
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Est-ce que c'est ce qui s'est réellement passé, oui ou non ?
- 2:21ComplaisanteRéponse directe
Ce qui avait créé une tension avec MSF à l'époque.
- 3:21RelanceRéponse directe
Vous dites quand même que la tension s'est apaisée, mais vendredi, trois migrants ont été condamnés à de la prison ferme pour des violences sur des policiers.
- 4:34OuverteRéponse directe
Est-ce que Grande-Synthe, vous souhaitez que ça ferme quand même rapidement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La situation, il y avait 1300, à peu près 1350 réfugiés lorsque nous avons déménagé le camp qui avait pris possession d'un terrain dans la ville. »
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« Et aujourd'hui, ils sont à peu près 750. »
- 2:03Invité politiqueChiffre
« Quand le camp a déménagé, on l'avait conçu au départ avec Médecins Sans Frontières pour 2500 personnes. »
- 2:15Invité politiqueFait
« le camp est complet, c'est-à-dire que je n'accueillais plus de personnes supplémentaires que les 1330 présentes. »
- 2:31Invité politiqueFait
« aujourd'hui le camp est maintenant plein à 800. Donc on n'accepte plus de personnes supplémentaires. »
- 3:37Invité politiqueChiffre
« la première chose, c'est de lutter contre les passeurs qui sévissent sur les camps, on a arrêté plus de 27 réseaux de passeurs »
- 5:09Invité politiqueChiffre
« à Grande-Synthe, pour une population de 22 000 habitants, on a eu au mois de décembre l'année dernière, 2 800 réfugiés qui avaient pris possession d'un terrain sur la ville. »
- 5:31Invité politiqueFait
« Ils vivent dans un petit local en bois de 5 ou 6 mètres carrés avec des toilettes à 50 mètres, avec des douches à 50 mètres. »
Temps de parole
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France Inter, Catherine Boulet, Stéphane Le Neuf, le 5-7. Votre invité ce matin, Stéphane Le Neuf, c'est Damien Carême, le maire Europe Écologie Les Verts de Grande-Synthe. Bonjour Damien Carême. Bonjour. Alors en mars dernier, avec l'aide de MSF, vous avez inauguré le premier camp humanitaire de France pour des réfugiés. Quelle est la situation aujourd'hui à Grande-Synthe, le jour où, à quelques kilomètres de ce camp, François Hollande vient rendre une visite à Calais ?
La situation, il y avait 1300, à peu près 1350 réfugiés lorsque nous avons déménagé le camp qui avait pris possession d'un terrain dans la ville. Et on l'a déménagé dans un camp énorme humanitaire, donc en mars, comme vous le rappeliez. Il y avait 1330 personnes exactement et aujourd'hui, ils sont à peu près 750. Donc la situation est gérée. J'avais dit qu'au fur et à mesure des départs, nous réduirions la taille du camp. Et puis un jour, il fallait qu'on arrive à démanteler ce camp lorsqu'il y aura eu une solution qui sera mise en œuvre en France. Donc la situation est plutôt satisfaisante à Grande-Synthe.
Et de ce que je sais, le président de la République aujourd'hui vient surtout sur le port de Calais pour inaugurer le nouveau projet de port de Calais et rassurer la population qui en a besoin à Calais. Mais ce n'est pas le cas à Grande-Synthe.
Alors, lorsque vous avez signé en mai dernier une convention qui déléguait en quelque sorte à l'État la gestion du camp, vous souhaitiez qu'il n'y ait plus aucune entrée sans autorisation de l'État, de la Commune. Est-ce que c'est ce qui s'est réellement passé, oui ou non ?
Oui, alors on n'a pas délégué la gestion du camp à l'État. On a fait une convention en disant que toutes les décisions qui concerneraient ce camp seraient des co-décisions entre l'État et la ville de Grande-Synthe dans le cadre d'un comité de pilotage avec la sous-préfecture de Dunkerque. C'est le cas depuis mars dernier, mais nous travaillons déjà avec les services de la sous-préfecture bien avant et on a décidé, on a pris des mesures communes. La réduction du camp, moi je ne la force pas, j'avais toujours dit que ce sera au fur et à mesure des départs. Quand le camp a déménagé, on l'avait conçu au départ avec Médecins Sans Frontières pour 2500 personnes.
Au moment du déménagement, il n'y avait plus que 1330 réfugiés à héberger et le jour du déménagement, j'avais dit que le camp est complet, c'est-à-dire que je n'accueillais plus de personnes supplémentaires que les 1330 présentes.
Ce qui avait créé une tension avec MSF à l'époque.
La tension qui s'est créée, elle date, et encore ces tensions il y avait, c'est qu'au moment là où le camp, depuis quelques semaines, était arrivé à 800, j'avais dit qu'aujourd'hui le camp est maintenant plein à 800. Donc on n'accepte plus de personnes supplémentaires. J'avais toutefois dit et souhaité, et ça avait été en accord avec l'État, de dire qu'on accueillerait quand même les femmes, les enfants, les couples avec enfants, les personnes qui étaient les plus vulnérables. Et Médecins Sans Frontières, à juste titre d'ailleurs, dit mais les hommes seuls sont aussi vulnérables.
Je partage complètement cet avis-là, sauf qu'à un moment il fallait bien que je prenne une décision pour dire que le camp, au fur et à mesure, on réduirait la taille du camp. Et c'est ça que j'ai mis en œuvre. Donc c'est une surprise pour personne, je l'ai dit dès le départ. Après c'est une appréciation qu'on a différente, mais voilà, la tension s'est apaisée. On travaille toujours ensemble et on est bien d'accord avec ce qu'il faut faire pour accueillir ces réfugiés dignement dans notre pays.
Alors vous dites quand même que la tension s'est apaisée, mais vendredi, trois migrants ont été condamnés à de la prison ferme pour des violences sur des policiers.
Ah oui, non mais ça, alors, ça c'est la lutte sans merci, qu'on mène en accord avec tout le monde, les associatifs, les ONG, l'État. Moi c'est des engagements que j'avais pris dès le mois de décembre. C'est de dire que la première chose, c'est de lutter contre les passeurs qui sévissent sur les camps, on a arrêté plus de 27 réseaux de passeurs en lien avec les services de l'État sur le camp de Grande-Synthe, ce qui fait aussi que la gestion, un camp géré porte ses fruits, c'est-à-dire qu'on peut repérer les passeurs, et du coup on peut les signaler, et on peut démanteler ces réseaux de passeurs, c'est important.
Et donc toutes les violences qu'il peut y avoir sur le camp aujourd'hui ne sont des violences que des réseaux de passeurs. Et la dernière fois, c'est lorsque la police est venue arrêter les passeurs, que évidemment les sous-lieutenants de ce passeur ont créé quelques troubles. Ça n'a pas duré, ça a duré une demi-heure le temps du passage, et la police a fait son travail, et a condamné, du coup la justice a condamné ceux qui s'étaient interposés à cette arrestation de passeurs. Mais ça c'est quelque chose que je cautionne complètement, parce que ce réseau de trafic d'êtres humains est absolument ignoble, et qu'il faut qu'on mette fin à ces agissements en travaillant tous ensemble.
Damien Carême, François Hollande est ce matin à Calais, donc à quelques kilomètres de Grande-Synthe, et il a dit ce week-end qu'il n'y aurait pas de mini-Calais ailleurs, que la France ne serait pas un pays où on trouverait des campements. Est-ce que Grande-Synthe, vous souhaitez que ça ferme quand même rapidement ? Est-ce que Grande-Synthe ne peut pas en quelque sorte être un exemple pour d'autres maires qui veuillent accueillir des réfugiés dans des bonnes conditions ?
Si, bien sûr, et je m'étais réjoui de l'annonce d'Anne Hidalgo et de ce qu'Anne Hidalgo a fait. On était, comme à Calais, comme à Paris, il n'y a pas beaucoup de villes qui ont ce cas de figure en France, on était face à un afflux massif de réfugiés à un moment donné. Imaginez qu'à Grande-Synthe, pour une population de 22 000 habitants, on a eu au mois de décembre l'année dernière, 2 800 réfugiés qui avaient pris possession d'un terrain sur la ville. On était donc dans une situation d'urgence humanitaire pour loger ces personnes, pour offrir à ces personnes un minimum de dignité, de conditions de vie dignes. Et donc c'est pour ça qu'on s'est orienté vers la solution de ce camp.
Mais les camps ne sont pas des solutions à long terme. Ils vivent dans un petit local en bois de 5 ou 6 mètres carrés avec des toilettes à 50 mètres, avec des douches à 50 mètres. Donc ce n'est pas une solution de vie. Moi, on a répondu à une urgence humanitaire, mais le camp n'est pas une solution à long terme. Donc un jour, c'est pour ça que j'ai dit qu'un jour, ce camp devra fermer parce qu'on aura mis en place des solutions d'un pays pour ces réfugiés.
Merci Damien Carême.
Je vous en prie.
Damien Carême