Sous les paillettes, la précarité : la grande vulnérabilité sociale des personnes LGBTI | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
En tout cas, je vous remercie à tous et à toutes d'être ici. Euh moi déjà, je vais me présenter. Je suis Juliette Berto.
Je suis dans le groupe LGBTI et droits nouveaux de la France insoumise, donc qui fait partie des Merci. Merci. Euh du coup, ça fait partie des 40 euh groupes thématiques de la France insoumise qui donc actualise le programme et sont en lien avec les associations.
Donc on fait un travail super important et absolument génial. Et donc aujourd'hui, on est très content de vous présenter cette conférence sur la précarité des personnes LGBTI. Pourquoi ? parce que dans un contexte de précarisation globale de la société, ça nous a semblé primordial d'aborder cette question là en parlant des personnes LGBTI parce que les personnes marginalisées, comme vous le savez certainement, sont parmi les premières à être touché, à être attaqué sur leurs droits et notamment à être justement marginalisé, précarisé.
Et donc c'est vraiment important pour nous d'exprimer qu'il faut faire front pour ces minorités pour en fait pas seulement pour pour les personnages GBT mais en fait pour toute la société dans son ensemble. Néanmoins, les personnels GBT aujourd'hui euh pour parler pour donner un petit peu des chiffres qui semble qui sont parlants, une personne sur 5 dans la communauté LGBT est concerné par des situations de mal logement. Euh on vivent ou ont vécu sans domicile fixe.
En comparaison dans la population globale, c'est plutôt autour de 4 %. Donc pour dire à quel point nous sommes touchés, quand bien même toutes nos réalités ne sont pas les mêmes. Quand on parle de LGBTI, les réalités des personnes lesbiennes ne sont pas les mêmes que les réalités des personnes gay, bi trans et intersexes.
Parce que pour revenir à la question du mal logement, les personnes interseques, ça monte encore jusqu'à 27 %. Donc faut aussi avoir conscience de toutes ces petites particularités qui existent. Mais malgré ça, nous sommes tous discriminés.
Nous vivons tous euh des problèmes de précarisation et donc c'est pour ça que euh on voulait en parler aujourd'hui. Et pour ça, on a trois super euh super personnes qui sont là pour nous en parler. Tout d'abord, Julia Torlet qui est donc Bravo qui donc tu es présidente et porte-parole de SOS homophobie qui ne lutte pas seulement contre les discriminations faites aux personnes gay mais à l'encontre de toutes les personnes LGBTI.
Nous avons Émilie Tante, première draque aux amphis et militante de qualité et bien sûr c'est Golen Amoto, notre député. Donc député de Nantes. Et donc on va commencer en posant une question Julia.
Euh du coup la précarité des personnages GBTI, d'où elle vient ? Dans quel contexte est-ce qu'elle s'ancre ? Merci beaucoup Juliette.
Bonjour à toutes et à tous. La question est très intéressante. Je crois néanmoins qu'on va quand même la reformuler en mettant tout au pluriel, c'est-à-dire les précarités parce qu'il y a bien des précarités et pas une seule précarité particulièrement.
C'est vrai de manière générale, mais c'est particulièrement vrai quand on parle des personnel GBTI, notamment parce que tu l'as dit en introduction, il y a pas un profil de personnel LGBTI, loin de là. Il y a de multiples profils qui croisent de multiples discriminations. Donc, il y a plusieurs précarités.
Il y a plusieurs causes à cette précarité, à ces précarités et il y a plusieurs contextes aussi. Et ça, avant qu'on aille un petit peu plus loin, je crois que c'est très important quand même à poser d'entrée de jeu parce que déjà là, nous aujourd'hui, on va faire un travail de réflexion ensemble, mais on sait très bien qu'on couvrira pas tout le sujet malheureusement. On sait très bien que c'est un premier travail mais qu'il faudrait aller beaucoup plus loin.
Il faudrait beaucoup plus de temps que ce temps qu'on a aujourd'hui ensemble. Donc ça c'est à avoir en tête. Alors quand même, si on essaie de réfléchir, euh je disais il y a des précarités dans la mesure où je crois qu'on peut déjà peut-être distinguer différents secteurs dans lesquels ces précarités existent et s'appliquent, qui sont des secteurs absolument euh essentiels dans la vie de chacun et de chacune et sur lesquels les personnes LGBTI sont peut-être davantage que d'autres personnes mises en difficulté.
Euh je pense notamment euh à à un grand pan de des précarités qui relèvent des précarités sociales euh qui sont elles souvent du parce que tu me posais la question de la cause euh à des ruptures familiales qui arrivent souvent tôt voire très tôt dans les existences des personnes LGBTI. Des ruptures familiales qui sont évidemment sans surprise encore d aux discriminations qu'on rencontre. On a souvent tendance aujourd'hui à entendre enfin moi je l'entends beaucoup.
Euh l'homophobie, ça n'existe plus. Euh c'est quelque chose qui relève du passé. Non, évidemment.
Euh c'est juste que cette homophobie a changé. Elle a muté un peu. Elle a pas tout à fait les mêmes formes qu'il y a 30 ans, 40 ans.
C'est vrai, elle a changé mais elle existe toujours. Et puis aujourd'hui, on en parle beaucoup plus heureusement mais c'était déjà une réalité il y a des décennies. On a la transphobie qui est énorme, l'intersexophobie qui est d'autant plus énorme qu'elle est invisible.
Euh donc toutes ces discriminations-l font que souvent les ruptures familiales arrivent très tôt. Euh ça crée des précarités sociales qui se retrouve, tu en as dit un mot dans les questions de logement. Les discriminations quant au logement sont énormes pour les personnels GBTI, hein, quand même quasiment 20 % des personnels GBTI qui ont été un moment dans le dans leur vie sans abri.
C'est absolument énorme. Et puis il y a les précarités qui relèvent de l'emploi, précarité professionnelle parce que souvent les personnel GBTI, c'est lié à ce que je viens de dire étant en rupture familiale assez tôt, ont pas ou moins accès aux études, donc ont moins accès à des à des emplois qui sont plus éloignés de la précarité. euh voir parfois, mais je crois qu'Émilie, tu en diras un mot davantage que moi, euh doivent se replier sur des emplois qui sont en dehors des circuits légaux ou qui sont des emplois dangereux.
Euh et donc là aussi, on a une précarité qui est absolument énorme. Et enfin, le dernier point sur lequel on aura l'occasion de revenir, mais annonçons-le tout de suite quand même, euh c'est la précarité liée à la santé qui est absolument titanesque du côté des personnes LGBTI. Et ça, je crois qu'il faut le dire.
Euh aujourd'hui, c'est une réalité totale et absolue. Euh nous, vous vous le savez probablement chez SOS Homophobie, tous les ans, on publie un rapport qui s'appuie sur les témoignages qu'on reçoit qui nous donne quand même un moyen de voir un petit peu ce qui se passe, un panel. Cette année, on a 48 % de cas relatés de discrimination lié à la santé. 48 % de ces cas qui sont des cas de transphobie.
La moitié, la moitié c'est absolument énorme. La moitié de cas de difficultés de discrimination dans la santé, c'est de la transphobie. Donc ça aussi c'est quelque chose qu'il faut avoir en tête.
Et et je peux me permettre de rajouter juste un petit truc, je te rends la parole juste après. Vous pourrez aussi aller consulter un rapport du défenseur des droits qui est sorti il y a à peine quelques mois justement sur l'accès au soins et qui met en avant justement les difficultés d'accès aux soins en fonction de si vous êtes un homme ou une femme, de si vous êtes racisé ou ou considéré comme blanc euh enfin ou blanc ou non blanc plus exactement. Et euh et si vous êtes justement LGBT euh LGBTI, il faut pas oublier les intersexes parce que euh justement cet accès aux soins, il est bien montré que euh et ben quand on est euh quand on est LGBTI, quand on est une femme, quand on est racisé et ben il est encore plus entravé par en plus une mauvaise prise en soin euh de des personnels ou des structures euh hospitalières.
Donc là aussi, on a vraiment une précarisation parce que il faut pas se voiler la face sur le fait que lorsqu'on est mal pris en soin ou quand on est mal considéré quand on est pris en soin, on ne retourne pas euh se faire soigner. Donc on on comment on renonce à se faire soigner, ce qui aggrave évidemment notre situation et notre précarité de façon générale. Donc là aussi, on a un peu du travail à faire.
Effectivement, comme tu dis, c'est Golen. Et puis pour rebondir sur la question du soin, c'est vrai que c'est aussi tout un pan de soins qui sont spécifiques à nos vécus, que ce soit les soins pour les transitions, mais aussi les soins liés bah aussi au VIH qui nous a évidemment énormément touché. Et ça, je vais laisser t'en parler Émilie, s'il te plaît.
Bonjour. Euh alors, moi, il y a plusieurs points que je peux aborder sur la question du VIH. Je pense qu'on peut parler de la personne du Congo qui a été remise dans son pays et expulsée il y a quelques jours par Emmanuel Macron, par le gouvernement de Rotaillot et par le gouvernement de la santé.
Enfin, le ministre de la santé. Euh, il y a pourtant une règle de l'accès aux soins dans l'État français qui est toutes les personnes migrantes a accès à un soin et si elle ne dispose pas de son soin dans son état de dans son état d'origine, elle mérite de rester en France pour son soin. Ce ce droit-là est attaqué, on ne peut pas le laisser faire.
Et des chiffres un peu clairs là-dessus, euh on parle souvent du VIH Sida en France comme quelque chose de blanc. Ce n'est pas quelque chose de blanc. Dans les années 80 90, les personnes à injection arabe musulmane noire en banlieu était concerné.
Pour les personnes LGBTI, est-ce que vous savez combien de pourcentage vous avez de chance en plus quand vous êtes migrant d'arriver en France et de d'arriver avec le VIH, d'arriver sans le VISH et de le contracter sur place ? 40 % 40 % de quand vous arrivez sur le territoire, vous êtes une personne LGBTI et vous avez 40 % de chance de le contracter. C'est-à-dire que la question de LGBTI, elle est aussi liée à la question de l'immigration.
Elle est question elle est aussi liée à question sociale de précarité. l'AME, quand on remet la question de l'AME en question, on remet en question toutes nos droits à la santé et la santé de toutes et tous parce qu'une épidémie, on va le dire clairement, elle ne s'arrête pas au genre, à la précarité et à la situation sociale. Pour aller plus loin sur cette questionlà, on a de la chance entre personnage.
On est largement informé par les associations sur les les conditions de réduction des risques, sur les différentes IST. C'est très bien. Mais heureusement qu'en France, on a des dispositifs gratuits et anonymes pour accéder aux soins.
C'est des associations qui se sont battues pour ça dans les années 90, dans les années 2000 et c'est seulement en 2020 et dans l'objectif d'un Paris sans sida et de l'ONU sida 2030 que nous obtenons le droit que dans toutes les villes de France le dépistage VIH et IST soit gr soit gratuit et ces droits-là ne peuvent pas reculer. personnes sur des questions du VIH sont aussi souvent liées à des questions économiques parce que désolé de le dire mais la capote ça te coûte de l'argent jusqu'à récemment les capotes n'étaient pas gratuites. En effet, la PrEP est gratuite mais la Pr est réservée à un type de population que les médecins et là du coup je vais rentrer sur un aspect politique.
Comme tu le disais tout à l'heure, les médecins et l'institution médicale et profondément LGBTI phobe et profondément déteste profondément les pauvres, déteste profondément les personnes racisées. Vous n'aurez pas le même traitement si vous êtes une personne noire avec un VI dans une musicale comme l'hôpital Louis Louis le nom de l'hôpital le c'est pas Louis Blanc l'hôtel Dieu. C'est ça.
C'est l'hôtel Dieu euh dans le service public ou par des associations. Les personnes travailleuses et travailleurs du sexe sont largement exposées aux IST et aux VIH. D'autant plus qu'elles sont migrantes, d'autant plus que c'est un travail accessible pour ces personnes précarisées, violenté en continu par la société à qui on refuse des logements, à qui on refuse de l'accessibilité de soins et à qui on met en situation de précarité.
Parce que on ne choisit jamais d'être en précarité. On nous met toujours dans des positions de précarité. Faut vraiment le retenir là-dessus.
C'est pas un choix la précarité, c'est une assignation par l'État et par la société. Et je vais m'arrêter là. Je sais plus si je je vais faire une toute petite explication de texte si tu veux bien parce que tu as tu as utilisé un terme prep.
Euh est-ce qu'il y a des gens qui ne savent pas ce que signifie PREP ? Au moins une main, c'est très bien. Euh d'autres ?
Super, génial. Alors PREP, c'est pour tra c'est un traitement prophylactique préexposition. Ça signifie quoi ?
C'est un traitement que nous prenons en amont d'une prise de risque euh quelle qu'elle soit, volontaire ou involontaire. euh et qui se prend sur du long cours. Lorsqu'on arrête de prendre ce traitement, nous ne sommes plus protégés.
Euh mais ce sont euh des traitements que l'on peut prendre pour éviter euh de contracter le VIH Sida. Euh c'est un traitement extrêmement efficace et j'en profite du coup pour parler d'un autre traitement, le TPE, j'allais dire le TAS le TPE. Et alors là, est-ce que TPE ça parle à quelqu'un ?
Il y en a il y en a plein qui connaissent pas. Donc ce n'est pas effectivement le terminal pour par paiement électronique. Le TPE c'est le traitement post- exposition.
Et là j'en parle volontairement parce que ça va être un petit coup de pub pour faire de la prévention. Euh il est toujours bon d'en faire. Le TPE c'est un traitement que vous pouvez prendre après une prise de risque volontaire ou involontaire euh dans l'idéal dans les 4 heures qui suivent la prise de risque mais jusqu'à 48 he il peut être efficace. il est efficace dans les 48 he quand il est pris dans les 48 heur il est efficace à 93 %.
Euh je j'insiste là-dessus pour une raison toute simple, c'est si vous avez connaissance de quelqu'un qui a été mise dans une situation de risque ou qui a pris un risque. Si vous êtes vous-même dans une situation d'avoir pris un risque de contracter le VIH Sida, alors rendez-vous immédiatement dans un hôpital public le plus proche et exigez immédiatement de pouvoir accéder à un au TPE. Enfin, quand je vous dis 4h, lorsque le traitement est pris dans les 4 heures, on est quasiment à 100 % de de réussite.
Donc réellement euh on se pose pas la question et si on est dans le cas d'un viol ou d'une agression sexuelle, alors on commence par le TPE et après on cause. et j'appuierai sur le mot exiger parce que si vous êtes noir, si vous êtes racisé, si vous êtes non blanc ou vous êtes migrant, on ne vous donnera pas facilement accès au TPE. Exigez-le, c'est un droit, vous le on vous le doit.
L'autre point de prévention qu'on peut faire maintenant, c'est le taspe, le traitement as prevention. C'est coucher avec une une personne céropositive ne vous transmet pas le virus. Coucher avec des personnes céropositives, ça vous ne risquez rien.
Des personnes céropositives qui prennent le traitement depuis plus de 3 mois ne transmettent pas le virus et il faut mettre stop à la sérophobie aussi là-dessus. C'était un petit point vite fait. Et pour continuer toujours sur la question de la santé et effectivement de l'accès effectif à nos droits.
Euh Julia, est-ce que tu pourrais nous parler de l'accès aujourd'hui à justement la transition, la PMA ? Et qu'en est-il aujourd'hui pour les personnels GBTI dans l'accès réel à leur droit à la santé ? H euh effectivement aujourd'hui on est dans un je crois une époque un peu un peu ambigue, un peu obscure dans la mesure où des droits sont annoncés, des droits existent sur le papier.
Sauf que dans la réalité, c'est une autre histoire. Dans la réalité, c'est beaucoup plus difficile pour les les personnes qui ont besoin d'accéder à ces droits de pouvoir y accéder de manière effective. Euh le cas évidemment le plus flagrant, c'est probablement celui des transitions euh sur lesquelles on a eu toute une succession euh de de loi hein.
Euh pour rappel euh euh 2016 euh on demande à ce que euh les personnes trans puissent accéder à peu près librement de manière générale. C'est-à-dire que en fait, pour parler très clairement 2016, on met fin à cette obligation qui pesait jusque- là sur les personnes trans de devoir être stérilisé avant d'accéder à leur changement d'état civil. Jusqu'en 2016, c'était ça. 2016, on arrête de stériliser de force les personnes trans.
Heureusement. 2022, on met fin là encore officiellement à la dépychiatrisation des personnes trans. C'est-à-dire qu'on ne requiert plus de manière absolument obligatoire de certificat de psychiatre pour obtenir un changement d'état civil.
Bon, ce sont des avancées dans la loi, c'est très bien, mais ces avancées ne servent à rien si elles ne sont pas effectives. Et c'est là que le bablesse très précisément si effectivement la loi de 2016 sur le fait qu'on ne demande plus aux personnes trans d'être stérilisé et globalement appliqué et heureusement mais je dis globalement parce que parfois il y a encore certains tribunaux hein qui s'amusent à tenter le coup et à essayer de demander aux personnes qui font une demande de changement d'état civil de présenter des certificats d'opération d'opération chirurgicale. C'est absolument interdit évidemment.
Même chose depuis la loi de 2022. On ne on ne doit plus pour un tribunal, le tribunal ne doit plus demander de certificat de psychiatre et pourtant il y en a qui le font encore. Donc ça c'est vraiment vraiment quelque chose de très difficile.
Je crois qu' aussi dans le dans le secteur précarité de santé, il y a un point que je trouve particulièrement important, même si là encore il fait partie des points un peu invisibles, considère comme marginaux, mais pourtant il est au combien essentiel. Euh il y a tout ce qui relève des euh de la santé gynécologique. Et alors là, je crois qu'il y a deux points qu'il faut vraiment mettre en exerg.
Il y a d'une part la santé gynécologique desbiennes qui est extrêmement mauvaise et qui est extrêmement mal prise en charge. Et on s'y intéresse un petit peu quand on parle PMA parce que forcément qui dit PMA dit gynécologue, obscétricien, obscétricienne et cetera. Oui, mais il y a pas que ça en fait. et et il y a pas toutes les lesbiennes ne font pas d'enfants, toutes les lesbiennes ne sont pas enceintes euh et toutes les lesbiennes ne font pas famille.
Donc toutes les autres, elles sont aussi très largement délaissées et ça c'est un problème depuis des années, c'est terrible. Et dans le même secteur qu'on oublie peut-être encore plus dans la santé gynécologique, les hommes trans sont terriblement mal pris en charge et ça c'est une réalité qui passe complètement sous les radars et c'est absolument terrible. Euh pour pour vous donner un ordre d'idée quand là encore je m'appuie sur le le rapport qu'on publie et qui qui est assez fidèle dans dans les les statistiques qui établi, si on regarde les problèmes liés à la santé, les discriminations liées à la santé pour les hommes, pour les hommes 6, on relève à peu près 2 % de cas de discrimination qui ont trait à la santé. 2 % c'est pas énorme parce que il y a des difficultés qui sont rencontrées ailleurs pour les hommes trans, on est quasiment à 20 % de difficultés de discrimination lié à la santé.
Quasiment 20 % contre 2 % pour les hommes 6. C'est absolument pharaonesque. Donc il y a vraiment beaucoup de travail là-dessus.
J'ajouterai aussi que encore une fois malgré le fait que normalement ce soit tout ça, ce soit des choses qui nous soient accessibles, qui nous soient gratuits, malheureusement aujourd'hui on est bien souvent obligé de passer par des parcours privés. Donc, on est encore obligé de euh de nous euh payer nos transitions, nos soins et donc et euh en est en allant chercher les informations de nous-mêmes, mais aussi en payant euh en payant les ces besoins-là de nous-mêmes. Moi, j'ai un appel aux [ __ ] de la salle et aux hommes de la salle.
Il y a un manque de gamette impressionnant pour que des PMA et des sœurs lesbiennes aient le droit à la PMA. Il faut quand même que qu'on se rappelle 2 minutes notre histoire collective. En 90, elles ont jamais hésité à donner notre plasma.
Pourquoi on hésite à donner notre sperme ? Et et si je peux juste rajouter un tout petit mot là-dessus, c'est absolument vrai. Et c'est encore pire quand on cherche euh des donneurs racisés.
Exactement. Parce que les lesbiennes racisés qui cherchent du coup des dons de sperme de personnes racisées, c'est la catastrophe. En terme de de disponibilité, c'est la catastrophe.
Donc appel à ceux qui voudront bien donner et notamment aux personnes racisées. C'est Ouais. Alors, je vais rajouter une couche là-dessus parce que franchement, je pense qu'il faut que tout le monde l'ait vraiment en tête.
Euh l'année dernière, ce sont 900 femmes qui ont fait des dons d'ovocytes. Un don d'ovocytte, c'est plus de 3 mois de traitement euh hormonal, c'est une opération chirurgicale sous anesthésie générale et cetera euh pour lesquels on leur offre très gentiment un jour de congé euh pour donovocite alors qui est en fait obligatoire parce que ce jour de congé c'est le jour où vous faites opérer et où vous faites ponctionner sous anesthésie générale et qu'il faut que vous récupériez derrière quoi. Messieurs, c'est juste un petit coup de main quand il s'agit de faire un don.
Et l'année dernière contre 900 femmes, contre 900 femmes qui ont donné, ce sont 600 hommes qui ont donné. Alors, je sais que depuis peu de temps et ça participe justement l'anonymat a été levé pour les donneurs et les donneuses, mais il y a quand même 900 femmes qui ont eu le courage de donner, qui ont eu le courage de supporter les 3 mois de de thérapie. Messieurs, ayez le courage de donner un petit coup de main, s'il vous plaît.
Merci. Merci. Euh pour aller là-dessus, en 2000 euh juste avant que la PMA arrive, une tribune était sortie dans Têtu avec des drag queen, des drag kings euh et des personnes gay faisant appel en disant qu'on était prêt à soutenir les femmes les dans leur démarche de famille.
On n' jamais vu le résultat de cette tribune en réalité puisque'au final on est comme tu le disais seulement 600 c'està-dire un/ers de moins que les femmes à avoir le courage de porter, je vais le dire comme ça nos couilles jusque à les vider. Et je pense que ça va faire une belle transition parce que la question ensuite c'est comment on fait famille finalement ? Donc tu es parfaite c'est Golen.
Voilà c'est comment on fait famille. Alors du coup, faire famille quand on est LGBTQ cuit, ben c'est pas toujours évident et ça n'a pas toujours été évident. Il y a beaucoup de familles qui se sont d'abord composé et décomposé et recomposé.
Euh c'est beaucoup de couples hétéro euh en tout cas sur le papier et qui euh ben on fait famille comme à peu près tout le monde et puis on divorce parce que parce que finalement mon cœur va voir ailleurs. et et donc il y a déjà des familles qui ont connu l'homoparentalité qui a été mal accueilli, soyons très honnête, qui était caché et qui était souvent même un prétexte pour les juges en France pour retirer la garde aux parents homo ou mères lesbiennes parce que parce que ça n'offrait pas un foyer suffisamment stable. Je vous laisse juger de la stabilité de les hétéros effectivement.
Euh alors alors moi je je je dis ça mais euh est-ce que les hétérosexuels vont bien ? Non je m'interroge. Je m'interroge.
S'il y a des hétéros dans la salle pour nous dire est-ce que vous allez bien ? On Non, tuas tu as raison. jusque jus jusqu'à l'élection de de François Hollande qui nous avait promis à la fois le fait de pouvoir adopter des enfants, le fait de pouvoir euh porter nos enfants.
Euh avant, il était en fait en tout cas légalement euh quasiment interdit en fait aux homo et auxbiennes au LGBTI de façon générale d'être d'être de faire famille. Euh c'était pas vraiment écrit en ce qui concerne l'adoption. Euh c'était pas vraiment écrit, on était pas censé faire de discrimination, mais bon, c'était quand même mieux d'être en couple stable et marié.
Donc à partir du moment où on était pas marié et qu'on avait pas le droit au mariage, déjà ça posé un problème. Euh la notion du mariage a sauté petit à petit, mais c'était toujours mieux vu. Il faut bien comprendre que euh dans un parcours d'adoption, pour tout un chacun, euh le le parcours euh évalue euh les personnes en tant qu'individu, leur famille, leur stabilité, leur travail, leur maison et cetera.
Alors euh on on demande des témoignages de bonne murce, de enfin voilà, en gros, on il faut il faut être une noix blanche pour pouvoir adopter et je et je le dis à dessin parce que quand on est une noix de couleur, ça passe moins bien. Euh et euh et justement, ce sont des comités qui attribuent le l'agrément, le sacre saint agrément pour pouvoir adopter, pour avoir simplement le droit d'adopter. On vous confie pas d'enfant forcément.
Euh le droit d'adopter, il est confié donc par un petit collectif de personnes qui sont représentées par des associations familiales. Voilà, vous avez déjà compris. Et effectivement, ce sont des représentants de familles parfois religieuses, les associations traditionnelles qui étaient qui était représenté.
Et effectivement après l'élection de François Hollande, on a commencé à intégrer et parce que les associations se sont battues pour ça, des associations de parents LGBT. Ça a tout changé. Ça a vraiment tout changé.
Ça a tout changé pour deux raisons. La première, c'est qu'on arrêtait de discriminer les gens et du coup tous les homos, toutes les lesbiennes qui voulaient adopter n'avaient plus besoin de se présenter comme célibataire ou en faux couple euh pour pouvoir accéder en fin de compte à la parentalité. Mais aussi parce que lorsqu'on leur confia un enfant, on arrêtait de leur confier des enfants malades qui allaient mourir.
Parce que c'était ça aussi la réalité de faire famille lorsqu'on était LGBT jusqu'à encore très peu de temps. C'était qu'on vous confiait des enfants qui allaient mourir, ceux dont les personnes d'autre ne voulait. Et c'est aussi une forme de précarité parce qu'on imposait à des familles euh une précarité parce que ça nécessitait des soins énormes d'accompagner euh d'accompagner un enfant vers la mort.
Je vous laisse imaginer ce que c'est lorsqu'on attend d'être parent et qu'on vous annonce immédiatement que vous allez devoir enterrer cet enfant. C'est quelque chose d'absolument terrible. Il y a eu d'autres façons de faire famille.
Il y a eu d'autres façons de faire famille et moi je je j'en ai profité à une époque, c'est en sortant des circuits légaux, c'est en appelant à la solidarité justement. Alors souvent on trouvait un ami gay qui acceptait de donner ses spermatozoïdes et on faisait ce qu'on appelait une IAD. Oui, parce que il y a pas de raison que les médecins, ils aient le droit à leurs acronymes et pas nous en fait hein.
Donc c'est une insémination artisanale à domicile. Vous voyez la poire à ce genre de chos. Ouais, c'est un peu la même idée.
Une pipette, une seringue, ça marche encore. Il y a beaucoup qui le font. Euh évidemment, ça expose, ça expose énormément parce qu'il faut avoir une confiance absolue dans le donneur euh de cette se rassurer que il enfin que lui s'assure en tout cas de pas avoir pris de risque avec des IST.
Et donc ça exposé notamment les femmes qui recevaient le sperme d'un donneur à tout un tas d'essay et surtout aussi à des agressions à des agressions sexuelles parce que quand on fait confiance à un ami qui est bienveillant tant mieux mais vous n'imaginez pas le commerce de sexe le commerce financier qu'il y a autour de la parentalité et justement des femmes seules ou en couple de femmes qui cherchent notamment sur des forums internet et à qui on va dire ouais pas Pas de souci. Euh, on le fait de façon traditionnelle. Non, merci, c'est gentil.
Ou le jour J où on est censé venir récupérer un petit pot, finalement, on se fait agresser ou on se fait raquetter. Euh des couples d'hommes aussi qui ont essayé de comment de faire appel à une mère porteuse ou une femme enceinte qui ne souhaitait pas garder son enfant et qui aurait accepté que l'un des deux membres du couple soit officiellement déclare être le père de l'enfant à naître et qui ont raqueté littéralement raqueté des futurs parents en demandant 10 15 20 25000 50000 €. Et là encore, quand on demande 20000 € et que c'est notre seule option pour devenir parent, et ben on fait tout ce qu'on peut, on vend tout ce qu'on a, on emprunte, on demande à la famille et cetera et on se met à nouveau en situation de précarité.
Et évidemment dans dans il y a pas de statistique hein pour savoir mais je ne compte plus le nombre de témoignages de couples d'hommes qui se sont fait arnaquer à qui on a jamais remis d'enfant et qui n'avaient que leurs yeux pour pleurer parce que comment voulez-vous aller porter plainte sur un acte absolument délictueux ? C'est évidemment totalement interdit. Donc faire famille, c'est aussi ça.
C'est aussi quand on veut faire famille, c'est aussi s'exposer. Et parfois quand on veut faire famille, on se découvre bah pas en capacité. Et c'est le cas de beaucoup de personnes né intersexué et qui qui parce que ils ou elles veulent devenir parents découvrent qu'en fait ils ont une variation génétique et et c'est le début d'un parcours très très long pour les personnes nées intersexuées.
Merci. Je veux bien rebondir juste sur un un aspect qui est très très lié à ce que tu dis sur la question de filiation. Euh il y a aussi un autre aspect de de précarité dans ces questions de filiation, c'est l'aspect légal tout simplement.
Euh c'est-à-dire que on l' on l'a dit hein, euh la PMA aujourd'hui est légale en France hein depuis pas très très longtemps depuis euh euh 2021 mais bon elle est euh néanmoins. Et pourtant, malgré cette cet état de fait, les femmes particulièrement les femmes lesbiennes parce que la PMA, vous le savez, n'est pas seulement ouverte aux femmes lesbiennes, mais les femmes lesbiennes particulièrement ont encore beaucoup de mal à accéder de fait à la PMA parce que les délais d'attente sont extrêmement longs et ça c'est un c'est un problème qui demeure euh et sans parler du manque de de disponibilité, évidemment les deux sont corrélés, hein, les délais sont longs parce qu'il y a un manque de disponibilité de de donneur Euh et pour les personnes racisées, c'est le pire, c'est pire, on le disait, mais voilà, il y a il y a ces délais qui sont qui sont très longs. L'autre point qui est compliqué encore à à gérer aujourd'hui, c'est la question et qui qui fait encore malgré les avancées de la loi, c'est la question de de la reconnaissance anticipée.
Aujourd'hui, des couples de femmes qui entamment une démarche de PMA en France doivent procéder à cette reconnaissance anticipé, c'est-à-dire avant la naissance de l'enfant, que la femme qui ne porte pas l'enfant fasse la reconnaissance, anticipée comme le dit son nom, de cet enfant. Comment notaire ? Devant notaire, c'est payant évidemment, sinon ce serait pas drôle.
Et donc il faut que cette reconnaissance soit faite. C'est encore un point de discrimination parce que je ne vous apprends rien en vous disant que les couples hétérro évidemment n'ont pas recours à des reconnaissance anticipées parce qu'on présuppose que l'homme du couple hétéro est le père et ça va pas plus loin. Mais on ne présuppose pas que la femme non portante du couple laisse bien est la mère.
Ça on présuppose pas. Donc c'est encore une discrimination et c'est encore une différence pécunière he parce que ça ça se paye hein aussi. Donc c'est c'est très important et évidemment même constat avec des enjeux différents mais le système est le même.
De l'autre côté de la symétrie côté GPA, combien de couples de pères ne parviennent pas correctement à faire reconnaître leur paternité, la paternité des deux membres du couple ? Combien n'y arrivent pas ? Combien sont dans une situation où l'un est le père et l'autre pas parce que c'est compliqué, parce qu'on narrive pas à faire reconnaître l'enfant et cetera.
Donc là aussi dans le l'application des lois pour que la famille existe d'un point de vue légal avec un vrai livret de famille, c'est compliqué, c'est vraiment difficile et il y a beaucoup d'obstacles. Oui. Ce qui du coup moi je vais aller juste un point plus loin de ce que tu dis, c'est la précarité des parents, mais c'est la précarité de l'enfant derrière.
C'est l'enfant qui grandit dans cette famille qui vit dans la précarité. On peut avoir envie de famille et on peut avoir envie de tout ça, mais ça met en difficulté pas autant les parents que l'enfant qui suit et qui grandit. Et j'ai deux autres points sur le parcours de soins sur la PMA.
Moi, j'ai une amie considérée comme grosse à qui la violence sociale et médicale est tout aussi violente. À qui on va contrôler le poids, on va contrôler ceci, on va lui dire "Ah non, non, la prise d'horm c'est dangereux." la grossophobie ou le handicap des personnes en situation d'autisme à qui sont en couple lesbien qui veulent aussi et qu'on leur dit attention vous êtes autiste, vous allez transmettre ça à votre game.
Il y a une vision dans les PMA lesbien et dans les PMA en général de d'une norme hétérosexuelle sur le couple parfait, la représentation de l'hétérosexualité dans nos couples et dans nos visions de la femme et de l'homme et des femmes entières et des familles. C'est juste un point aussi que les personnes grosses vivent de la description médicale. Les personnes en situation de handicap vivent de la discrimination médicale aussi dans les parentalités et dans les parcours de soins en plus qu'elle s'ajoute aux questions LGBTI.
Vas-y. Il y a une autre dimension dans la précarisation des familles. Ce sont les familles qui restent unies, qui soutiennent, qui accompagnent un enfant LGBTI.
Alors, un enfant qui va devenir adulte, hein, mais les parents ne cessent pas de de soutenir leur enfant lorsqu'il atteint la majorité, du moins certain. Euh et pour ces familles-là aussi, ça devient très compliqué. ça devient très compliqué parce que on va leur demander justement un parcours psychiatrique pour un enfant trans par exemple parce que ça va être compliqué de trouver d'avoir accès à un endocrinologue de trouver le premier généraliste qui va faire la première ordonnance de d'hormones qui va permettre enfin de pouvoir continuer avec un généraliste qui est peut-être moins spécialisé mais qui va suivre la prescription de son confrère ou de sa consœur.
Et là aussi, on voit des des parents qui se qui s'investissent très fort financièrement pour accompagner pour accompagner les les enfants et qui parfois sortent des des limites légales notamment en ce qui concerne l'accès aux hormones ou au aux thérapies de blocage hormonal en se fournissant dans des enfin avec des circuits parallèles sur internet et cetera. plus ou moins fiable évidemment, plus ou moins cher aussi. Et là, on voit bien que le fait que on ait aujourd'hui en France une difficulté d'accès aux soins pour toutes et tous a un impact sûr important sur les personnes LGBTI.
Et là, j'aimerais juste faire une petite parenthèse sur une chose, c'est que quand on gagne un droit, quel qu'il soit pour nos minorité, en fait tout le monde en profite. Et là, je vais vous citer un exemple que l'on connaît bien, c'est le pax. Le pack pour celles et ceux qui sont un peu trop jeunes euh pour s'en souvenir, c'est la carotte qu'on nous a lâché pour quand on on demandait à avoir les mêmes droits que toutes et tous, à savoir pouvoir se marier.
Effectivement, pour les résist pour les les résistants VIH pour les existences de famille. Ouais. cette histoire du pax ne pensez pas qu'on l'a eu pour nous, on l'a eu pour nos frères morts du VIH qui se fait virer par leur famille des appartements à qui ont volé les meubles, la vie, les comptes bancaires.
Le pax qu'on nous a donné, c'est pas le pax qu'on voulait. On voulait un pax hors familial aussi. On voulait un pax pour les amitiés.
On voulait sortir des cadres normatifs de la famille. Pensez pas que ce qu'on a eu avec Rosine Bachelot, il nous a été offert. On nous a donné des miettes de ce qu'on nous a demandé.
Désolé la colère là. On t'aime Émilie. Émilie, elle a totalement raison.
Ce pax il a été arraché. Il a été arraché parce que effectivement on peut faire mieux. Merci.
Je je crois qu'il y a une battle. Je crois qu'il y a une battle. Euh mais donc oui, ce pax, il a été arraché parce que parce que nos morts euh et surtout nos survivants euh se faisaient [ __ ] à la porte de chez eux et qu'il fallait trouver une solution en urgence.
Et on nous a euh alors qu'on demandait en fait les mêmes droits que toutes et tous, on nous a proposé le paxe. Le pax qui permet donc qui n'est pas vraiment en mariage hein, qui est juste un contrat pas de mal euh qui euh qui permet en fait euh à euh à un survivant d'un couple paxé d'être prioritaire pendant un an pour acheter les parts de sa moitié. H donc vous avez intérêt à mettre beaucoup de tunes de côté en fait hein si votre moitié doit mourir parce que vous devez en avoir deux fois plus que lui.
Enfin bref ou qu'el bref donc en gros ça reste pas idéal. Pour autant ça a été une réponse à des besoins et aujourd'hui ce sont 90 % de couples hétéro qui ont recours au pax. Comme quoi ça répond en fait à une un besoin qui était inhérent non seulement à la communauté mais à l'ensemble de la société française.
Et quand on gagne un droit lorsqu'on s'est battu pour que les couples de femmes puissent accéder à la PMA, ce sont aussi les femmes célibataires qui ont eu enfin accès à la à la parentalité sans avoir besoin de venir accompagner d'un bonhomme. Alors moi, je l'ai commencé le parcours PMA à l'époque où c'était pas le cas et où il a fallu que je vienne avec mon mari et où rien, aucune consultation n'était acceptée sans que mon mari ne soit présent. Et ça c'était pas il y a 50 ans, c'était il y a 8 ans.
Voilà. Donc on on en est là en fait quand on gagne un droit pour ce qu'on pense être une minorité, on gagne un droit pour toutes et tous. Et c'est extrêmement important de garder ça en tête parce que ça nous oblige nous à regarder aussi quelles sont les autres minorités qui réclament des droits supplémentairire et d'aller nous battre à leur côté, d'être visible à leur côté, d'apprendre de leur lutte.
C'est ce qu'on appelle l'intersectionnalité et de les soutenir dans leur lutte. Donc là, je vois par exemple des kéfiers sur vos épaules. Super, bravo, excellent.
Parce que ce qu'on a vu à Nant par exemple, mais on l'a vu à Paris aussi, ce sont pendant des pendant tous les les manifes palestines des drapeau LGBT qui était présent et lorsque nous avons fait nos prides, nous avons aussi eu des drapeaux palestiniens et des gens qui n'avaient absolument rien à voir avec nos communautés, qui sont venus nous soutenir sur nos marches, y compris sur des marches comme à Dijon, là où les mairies refusaient que nous soyons visibles. Et donc c'est comme ça que nous grossissons. parce que nous avons des luttes communes et parce que nous allons soutenir les luttes des copines et des copains, que nous avons aussi la possibilité d'être renforcé, d'apprendre de leur lutte, d'apprendre de nouvelles manières de militer et de nous renforcer les uns les autres.
Lorsque l'on gagne un un droit pour une personne, tout le monde en profite. Merci. Merci.
Merci beaucoup Sgolen parce que je suis absolument d'accord avec toi et et je voudrais dire que ce constat que tu fais, il fonctionne dans les deux sens et c'est important de l'avoir en tête, c'est-à-dire que les luttes fonctionnent ensemble et on a tout intérêt à assembler les différentes luttes pour obtenir des droits plus complets et plus concrets pour chacun et chacune. Mais ce que je voudrais aussi dire quand je dis ça fonctionne dans les deux sens, c'est que les discriminations qui sont subies et les violences qui sont subiis, elles aussi, il faut arrêter de les voir dans un seul sens. C'estàd qu'il faut arrêter de penser que une discrimination, une violence, une violence qui touche une personne ne touche que cette personne.
Cette personnel là, en l'occurrence, nous ici, on parle des droits des personnels GBTI en en en majorité. Il faut arrêter de penser, ça c'est absolument primordial, que les discriminations et les violences LGBTI phobes ne touche que les personnes LGBTI et qu'elles ne font du mal qu'aux personnes LGBTI. C'est absolument faux.
Et là, puisqu'on parle de précarité, les violences LGBTI phobes détruisent des familles. Alors que dans les familles, il y a peut-être une personne LGBTI, une seule. Mais les violences détruisent l'ensemble de la famille.
Les violences détruisent le monde du travail là où encore peut-être dans un service, il y a une personne LGBTI, c'est tout le service qui est détruit par ces violences là, par ces discriminations là. Ça marche partout. Puisqu'on parle de précarité, ça il faut absolument le rappeler.
Donc arrêtez de laisser dire quand on entend parfois autour de nous "Oui, mais bon, moi je vais pas, je sais pas, je veux pas me mettre un badge avec le drapeau LGBT parce que c'est pas mon combat. Moi, j'ai d'autres combats, moi je m'occupe d'autres choses mais pas de ça. Mais bien sûr que si on s'occupe de ça parce qu'en fait c'est précisément là qu'elle le problème et c'est précisément comme ça que les personnes LGBTI aussi concernées doivent s'impliquer dans d'autres combats parce que c'est comme ça que ça fonctionne.
C'est en se rendant compte que le problème des autres c'est le problème de tout le monde. C'est en se rendant compte de ça qu'on arrive à fonctionner. Pour compléter ce que tu dis, je vais prendre un exemple de ce qui se passe aux États-Unis avec les lois transphobes.
Les femmes 6 se font attaquer parce qu'elles ne ressemblent pas assez à des femmes et qu'elles sont comparées à des femmes trans. C'est-à-dire que vous ne serez jamais assez femmes pour les hommes hétérosexuels, patriarcaux pour rester des femmes. Si on s'attaque au droits des femmes trans, on s'attaque au droit de toutes les femmes. aura une répercussion sur toutes vos vies et ne pensez pas que cit les États-Unis, la France n'est pas beaucoup mieux.
On les sait les gens qui attendent devant les toilettes. On les connaît les gens qui vont vérifier faire la police du génital. On les voit, ils sont là, ils sont déjà présents, ils attendent que ça.
Ce qu'on a besoin, c'est aussi que des femmes 6 prennent la position de défendre les femmes les femmes trans comme des femmes sans distinction parce qu'elles seront aussi attaquées sur leur droit après. Alors moi, j'avais des petits trucs que je gardais d'habitude pour la fin, mais en fait ça va faire une super une super transition. Ce que tu viens de me dire, on vient de dire, il y a un principe numéro 1, gagner des droits pour une minorité en vrai en vrai ouvre des droits à toutes et tous.
Les lois discriminantes sont toujours issues de domination, toujours. Et donc acquérir des droits, ça ne peut s'obtenir que par la lutte et pas autrement. Personne ne demande "S'il vous plaît, donnez-moi les mêmes droits que tout le monde." S'il y a quelqu'un qui domine, il domine.
Il va perdre du pouvoir en nous donnant des l'égalité. Donc toutes toutes les les toutes les acquis sont issus des luttes. Les droits LGBT ont toujours suivi les droits des femmes.
Toujours. Il y a en aucun temps, en lieu, les droits des personnes LGBTI n'ont précédé le droit des femmes. Donc on parlait de convergence des luttes, on parlait de de de comment de d'intersectionnalité.
On en on y est là. C'estàd que nous devons aussi nous battre pour les droits de toutes les femmes. Et là ça va faire la transition avec la suivante.
Une femme trans est une femme. Point. Un homme trans est un homme.
Point. Il n'a rien d'autre à ajouter. Qui d'autre que soi-même peut donner votre identité ?
Qui d'autre que soi-même peut s'identifier ? personne malgré le fait qu'aujourd'hui et en France et et ça va faire la transition avec la suite malgré le fait qu'aujourd'hui ce qu'on refuse aux uns on l'impose aux autres. Aujourd'hui en France, on est on a une petit un petit backlash réactionnaire qui nous dit il faudrait interdire aux enfants trans l'accès au aux bloqueurs hormonaux, ce qui est absolument terrible pour les jeunes trans parce que ça les terrifie en fait que leur corps change à la puberté dans le mauvais dans le mauvais sens. vraiment c'est quelque chose qui les terrifie et qui et qui les pousse jusqu'au suicide parfois qui les bouleverse.
Il y a pas d'accompagnement, il y a pas parfois il y a même pas de parents à qui en parler. C'est terrible pour eux, pour elle et eux. Excusez-moi.
Par contre, il y a une autre population à qui on impose vraiment il y a des enfants à qui on impose de recevoir ces bloqueurs hormonaux. Ce sont les enfants nés intersexués. Des enfants qui à peine nés se voient mutiler, parfois contre la vie des parents, parfois sans la vie des parents et parfois on va menacer les parents, on va les manipuler pour leur faire croire que leur enfant ne n'aura jamais une vie normale si on ne charcute pas leurs enfants pour leur imposer de rentrer dans des cases hommes ou femmes.
Alors, je vais vous expliquer comment on décide lorsqu'un enfant n'est intersexuel. intersexué pour celles et ceux qui ne savent pas. Petite explication de texte, ce sont des enfants qui naissent avec une variation génital.
En gros, bah il y a des trucs en plus par rapport à homme ou femme. Et là, je vais pas m'étendre parce que il y a un éventail gigantesque de variation génitales. Parfois, elles sont minimes, parfois elles sont même invisibles et elles ne seront visibles que beaucoup plus tard dans la vie de la personne et parfois elles sont parfaitement visibles.
Et là, les médecins, ils se posent deux questions pour savoir si on va assigner l'enfant dans le genre masculin ou féminin. La première question, c'est est-ce qu'il peut faire pipi debout comme si ça avait la moindre influence et la moindre raison médicale d'exister ? Est-ce qu'il peut faire pipi debout ?
La deuxième question, c'est est-ce que le comment le l'enfant ou la personne en devenir pourra avoir une sexualité pénétrative ? Et là ça ça nous renvoie à des choses très intéressantes. La sexualité pénétrative est-elle obligatoire ?
Est-elle la seule sexualité existante ? Est-ce que on est malade, malsin ? Est-ce que l'on est anormal lorsque l'on ne souhaite pas ou une sexualité pénétrative ?
Est-ce qu'il existe pas d'autres choses ? Et bien dans la tête de du patriarcat, absolument pas. La sexu la sexualité pénétrative est la seule existante, ce qui d'ailleurs pousse justement à beaucoup d'honomophobie et cetera parce qu'on ne conçoit pas une une sexualité homosexuelle qui ne soit pas non plus pénétrative.
Euh, on demande, c'est toi qui fait le l'homme ou moi ? Tu fais les deux ? Voilà.
Et non, mais la question du actif, du passif, de dans un couple lesbien qui fait la femme, qui fait l'homme, euh c'est vraiment la question que se posent les gens. Euh il ils cherchent à savoir ce qui se passe dans votre lit. Jamais dans le quand on pense jamais à ça quand on va voir sa boulangère, mais quand on voit un couple, elle jetait le droit.
Mais les bravo les lesbiennes, [Applaudissements] pas de souci. Mais donc du coup le médecin il se pose est-ce qu'il peut faire pifi debout ou et est-ce qu'il peut avoir une sexualité pénétrative ? Et en fonction de ces deux questions, on va assigner un genre masculin ou féminin et imposer une chirurgie dans un genre ou dans un autre.
Imposer une chirurgie lorsqu'on est du coup quand quand on répond à à la question par exemple peut-il faire pipi debout ? Alors, on va créer un vagin et on va imposer une vie qui va être tout, on va on va créer un vagin qui va être toute tracé de bloqueurs hormonaux, de thérapie hormonale tout au long de la vie. Et donc là aussi, on va on va imposer à cette personne d'avoir toute sa vie alors qu'elle était parfaitement saine.
Elle n'était pas malade cette personne à la naissance. Toute sa vie, on va lui imposer d'avoir des parcours médicaux longs, invasifs, douloureux qui sont même plus qu'à la limite du viol en ce qui concerne justement des des intersexuels à qui on crée un vagin de toute pièce et qui va falloir euh entretenir entretenir la cavité. Euh et donc on se on on se retrouve dans des situations où les gens euh se se mutile parce que leur genre ne leur correspond pas, le gens auquel qu'on auquel on les a assigné leur ne leur correspond pas, vont devoir rentrer parfois dans des parcours de transition et vont avoir souvent un rejet total de la caste la caste médicale qui jusqu'ici ne leur a fait que du mal.
Ce qui signifie qu'on va avoir des gens qui vont sortir justement des parcours de soins, y compris pour aller voir l'ofthalmo. Enfin, un médecin, c'est un médecin au bout d'un moment, c'est y compris pour aller voir l'ofthalmo ou le dermato ou que sais-je parce que on ne on ne plus vu que par le prisme de la variation sexuelle. Je vais rebondir aussi sur ce que tu disais à propos de la santé et pas seulement physique mais aussi mentale.
Aujourd'hui, le sucide c'est encore le la cause de décès majoritaire pour les personnes LGBTI. Et donc ça Julia, je vais te demander comment avec cette donnée qui est encore vraie aujourd'hui, comment imaginer des futurs désirables ? Comment on change un petit peu cette vision et nos nos chemins de vie finalement ?
Ouais, c'est c'est une c'est une question importante parce qu'effectivement quand tu dis que euh les taux de suicide sont encore euh beaucoup plus élevés chez les personnels GBTI que chez les la population globale, euh quand même si on veut avoir un ordre de de d'idée en en tête, euh pour les jeunes euh LGB, euh c'est à peu près un taux de suicide qui est quatre fois supérieur à la moyenne de la population globale. pour les jeunes trans, c'est un taux de sucide qui est sep fois supérieur à la population globale. C'est énorme.
C'est enfin, il faut se rendre compte de ça. Et donc face à ça, comment on fait ? Il y a évidemment plein de moyens d'agir, mais il y en a peut-être un que que je trouve intéressant et je trouve que c'est c'est pas mal de travailler sur ce sujet-là, c'est tout simplement le les questions de visibilité.
On parle beaucoup de visibilité pour pour miler une chose. On en parle en terme de représentation, on en on en parle en terme de fidélité à une certaine réalité. Je crois qu'il faut aussi parler de visibilité en terme de projection dans la mesure où là on parle de de précarité.
Euh la précarité, je crois et je crois fondamentalement que ça se construit euh dès la jeunesse voire dès l'enfance euh dans la mesure où en fait aujourd'hui on vit dans un monde et c'est très bien dans lequel les personnels GBTI sont de plus en plus visibles. On a des personnages de fiction, on a des personnalités qui font leur coming out, c'est bien. pour des jeunes d'aujourd'hui, on est quand même toujours dans cette visibilité un peu à double tranchant parce qu'on a l'impression que les personnes qui sont ouvertement LGBTI aujourd'hui, c'est soit des personnes réelles mais qui sont, si vous parcourez rapidement, soit des personnes artistes, des personnes célèbres, des personnes publiques de manière générale.
Bref, bon allez vite, c'est des stars quoi. Pareil du côté des personnages de fiction quand on se projette dans les séries, dans les films et cetera. Pour les jeunes, les modèles de personnel GBTI dans la fiction, c'est souvent des personnages qui sont très sympathiques mais qui sont des personnages hyper exubérant, haut en couleur, qui a une grosse personnalité qui sont très intéressants.
OK, mais euh on fait quoi du petit gamin LGBTI qui est tout timide, tout réservé, qui oseuse pas ouvrir la bouche, qui se dit que il sera probablement pas une star et bon, c'est pas grave de pas être une star après tout, mais bon. On fait quoi de ce petit gamin là ? On fait quoi de la petite lesbienne à dos ? qui a pas de copines dans la classe parce que elle ose pas parler aux autres et qui sera pas une célébrité.
On fait quoi de ces jeunes-là ? C'est ça en fait la question. Et du coup, ça c'est vraiment un enjeu, je pense, en terme de précarité parce que euh les jeunes LGBTI euh n'arrivent pas à se projeter de manière réaliste euh en se disant "Bah, en fait, je peux juste être LGBTI et une personne normale, une personne lambda, une personne de la vie quotidienne pas extraordinaire, pas star, pas exubérante." Et ça c'est un vrai manque, je crois.
C'est-à-dire qu'on aurait vraiment besoin de rôle model mais accessible. On aurait besoin de savoir que le commerçant du coin est gay, que la prof est lesbienne, que je sais pas moi le le libraire est une personne trans. On aurait besoin de savoir ça.
Et ça, ça changerait vraiment les choses parce que du coup nos petits jeunes se diraient "Je peux juste réussir ma vie avec toutes les 1000 nuances que l'expression réussir sa vie contient évidemment, mais juste je peux faire quelque chose de ma vie et j'ai pas besoin d'être ce que je ne suis pas pour réussir. Je peux juste être moi et réussir." Et ça, je crois que ce serait déjà un premier pas pour éviter de rentrer dans des cycles de précarité.
Trop bien que tu parles de réussir sa vie parce qu'on va parler du travail. Euh moi, j'ai vraiment envie de parler de travail parce que euh comme tu l'as dit, on nous vend des stars, on nous vend euh et les partis politiques en général nous vendent. Nous sommes une question sociétale.
Nous sommes une question sociale. Nous sommes coiffeurs. Nous sommes infirmiers.
Nous sommes professeurs des écoles. Nous sommes aide au ménage. Nous sommes aides soignants.
Nous sommes des gens de la classe populaire qui avont les mêmes questions sociales et les questions populaires que le reste des classes sociales. La difficulté que nous vivons en plus, c'est la discrimination au travail. La discrimination au travail, elle est elle se matérialise de plein d'endroits, financièrement parlant.
Quand tout les les personnes GBTI qui ne peuvent pas aller jusqu'au bout de leurs études parce que le soutien familial n'est pas là pour aller jusqu'au bout. Et ben c'est pas des métiers qualifiés, mais c'est pas des métiers des sous-métiers pour autant. C'est souvent des métiers beaucoup plus utiles que le cadre de la défense ou le marketeur comme ça.
Par contre, les salaires ne sont pas à la hauteur du travail fourni. Nous sommes partie intégrante de la classe populaire qui travaille la classe prolétaire. Et ça, je sais que le mot prolétaire, on l'aime plus entendre, mais on est des prolot et on est fier de l'être.
On est fier de travailler pour la communauté autour de nous. On est fier d'être infirmier. On est fier d'être professeur des écoles.
On est fier d'être libraire. On est fier de ce travail là. Les discriminations au travail dans les plus grandes entreprises, c'est là où elle est la plus forte. qu'on vous vend le pink washing à la praide de Mastercard, de Tinder et de toutes ces entreprises là.
C'est les entreprises qui ont pas hésité à discriminer dès que le vent a tourné et que le fascisme a porté son nez. Le droit du travail, on l'a acquis. On s'est battu les 68 ans pour la les 68 ans pour la retraite.
On en veut pas. Les de jours de Baou pour les les jours fériers, on n'en veut pas. Et là, c'est un appel aux personnes LGBTI.
C'est bien beau de marcher pour la Pride. La Pride, c'est c'est la reconnaissance de identité. Mais identité, elles vivent aussi au travail.
Elles sont violentées aussi au travail. Vous allez vivre une vie horrible au travail parce que le capitalisme fait tout pour que nos vies soient démantelées et asservies au travail. Nous ne devons pas lâcher cette lutte sur le travail. la lutte collective du travail que nous sommes en tant que personnel GBTI, nous devons être dans la rue, monter des ping blocks, monter des manifestations en tant que personnel LGBTI.
Et je le dis d'autant plus, il y a 1 an au 1er mai 2024, j'ai monté la première le premier cortège drague pour le droit du travail des personnes drag et des personnes LGBTI [Applaudissements] [Musique] parce qu'on n'est peut-être pas les grandes stars de Drag Race France mais sans le drag local qui fait tout le travail de politisation de la scène, de travail de lien social, de rencontre entre les individus de lien avec les autres sociales quand vous avez besoin d'elle parce que on sait très bien que c'est les dracun qu'on vient voir en premier parce qu'on est des phards dans la nuit parce qu'on est le lien communautaire parce qu'on est l'histoire communautaire ce travail là il n'est pas toujours rémunéré à sa juste valeur. Ce n'est pas parce qu'on est des personnes LGBTI qu'on est excus du monde du travail et qu'on est juste une question sociétale. Nous sommes une question sociale et nos droits dans le travail et le droit dans tous les points de nos précarités sont des questions prolétaires et des questions sociales.
Tu m'offres une super transition qui est l'abandon de des des politiques publiques. Euh alors par exemple, on a parlé du sida, on a parlé de la prévention et effectivement on a la chance dans notre communauté, dans nos communauté d'avoir encore de la prévention sur le VIH SIDA. J'ai pu vous dire j'ai parce que je fais partie de celles et ceux qui ont milité et qui militent encore contre ce fléau et que d'ailleurs je rappelle l'avenir en commun au pouvoir on éradique le sida parce qu'on mettra les moyens pour éradiquer le sida pour la recherche mais aussi pour la prévention.
Et aujourd'hui, la prévention, elle n'est plus assurée que par les associations communautaires, ce qui nous pose des problèmes. Vous avez il y a il y a une autre petite conférence tout à l'heure donnée par Andy Kbrad qui a parlé de la réduction des risques vis-à-vis notamment des usagers de drogue. Et aujourd'hui, on voit que dans les usages, il y a effectivement le kemsex.
Kemsex qui se répandulement dans la communauté dans les communautés LGBTI mais aussi dans les communautés hétéroosis. Et eux, bah ça fait 20 ans qu'ils ont plus de prévention. Ça fait 20 ans que plus personne ne vient leur parler de prévention, de VIH sida, de d'hépatite ou que sais-je ?
Et on a des jeunes aujourd'hui qui n'ont pas accès non plus à les Vars. Et Vars, je vous le refais, éducation à la vie relationnelle affective et sexuel qui devrait être obligatoire à raison de 3h par an pour dans chaque classe tout au long de la scolarité des jeunes. Ils n'ont pas accès à ça.
Ils n'ont jamais les 3 heures. Et aujourd'hui, on se retrouve avec quoi ? On se retrouve avec des jeunes qui n'ont pas l'information et seuls les associations communautaires continuent à faire le travail.
Et c'est et c'est quoi ça les associations communautaires ? Mais c'est du travail bénévole. C'est du travail.
C'estd que quand nous on fait notre journée de 35h, on part au boulot le matin, on rentre à 18h le soir, on enfile notre casquette de bénévole, on va direct au centre LGBT du coin et puis on attrape nos kits et puis on va faire de la prévention sur les lieux de drague, sur les lieux de consommation de sexe et cetera. Qu'on enchaîne une deuxième journée de travail, qu'on finit par faire un burnout militant tellement on en fait. Tout ça c'est du travail gratuit et c'est du travail gratuit que l'État a abandonné.
L'État petit à petit a dit "Non mais je vais vous subventionner" et là je pense que on a des associations qui le disent. L'État dit c'est pas de souci, vous le faites super bien. Je vais vous subventionner.
La première année, on vous met 15000 € sur la table pour continuer à faire le boulot. La deuxième année, on est plus qu'à 12000. Au bout de 10 ans, il y a zéro.
Au bout de 10 ans, il y a même PCR qui dit "Allez, allez, je devais vous donner 50000 l'année dernière pour tout ce que vous faites, mais parce que votre affiche, elle me plaît pas trop, je vais vous retirer les sous de l'année dernière que j'avais toujours pas versé d'ailleurs." Et donc voilà, en fait où on en est. On est à l'abandon des de des politiques publiques où on transmet aux communautés le le le devoir de faire de la prévention contre les LGBTI phobie, de faire de la prévention pour la santé sexuelle, de faire de la prévention pour la santé mentale parce que effectivement quand on a plus accès aujourd'hui à un pédopsie, quand on a plus accès à un psychiatre, un psychologue et ben il faut faire de la prévention et tout ça ce sont les associations, les bénévoles dans les associations qui porte tout ça.
Et donc là encore, on a une forme de précarité parce que concrètement moi je pourrais être aussi auto-entrepreneuse à faire des supers bijoux en forme de pastèque euh à paillettes et euh devenir une star des réseaux sociaux avec mes bijoux pastèques à paillettes. Ça aussi n'importe qui peut effectivement avoir son petit business après ces 35 heures. Mais quand on fait un burnout militant, c'est un burnout tout court en fait.
C'est un burnout qui nous empêche d'aller au travail. C'est un un burnout qui nous empêche de gagner notre vie. Et là concrètement vraiment on est à la double peine.
Quand le quand le gouvernement abandonne les politiques publiques de prévention contre les discriminations, de prévention pour la santé de toutes et tous, il nous abandonne et nous laisse la charge de travail que nous assumons parce que nous sommes solidaires les uns avec les autres, les unes avec les autres. Et ça c'est encore un moyen de précariser. Et je pense qu'il y a un dernier type de travail qu'il faut qu'on aborde avant de poser les questions.
Je vais l'aborder rapidement puis je te passe le micro. Ce sont les travailleurs et les travailleuses du sexe. Alors, on utilise ce terme qui est un terme parapluie qui concerne pas uniquement la prostitution mais aussi toutes les personnes qui d'une manière ou d'une autre par un travail sexuel.
Ça concerne par exemple la pornographie, la production d'images, la production de de spectacles lié au sexe. Vous allez me dire à la France insoumise, on n'est pas hyper clair sur cette question des travailleurs et travailleuses du sexe. Alors en fait, si on est clair, mais on se pose encore beaucoup de questions.
On est clair, c'est qu'on espère que un jour il n'y aura plus de commerce du corps, plus de commerce du sexe qui soit contraint. Mais ça pose une question matérielle et c'est vraiment ça qu'il faut nous poser comme question. Tout le monde ne choisit pas le travail du sexe.
Il y a des gens qui le choisissent mais beaucoup sont contraints et contraintes pour des raisons matérielles, parfois par des proxénettes. Là, c'est de la traite humaine et là on se pose même pas la question. La traite c'est une traite, c'est un crime contre l'humanité.
Point. C'est un crime. Pour ce qui est euh des gens qui choisissent et là je pense qu'on devrait tous avoir une réflexion.
Euh les gens qui choisissent un travail du sexe, euh c'est un choix. Et là moi je renvoie euh tout ce que nous portons. Moi aussi mon corps, mon choix.
Euh si je ne Ta gueule. Exactement. Mon corps, mon choix.
Ta gueule. Si vous voyez un jour mon ordinateur, le stickers c'est un énorme dessus. Euh mais il y a vraiment la question de se dire si on veut si on veut absolument réduire l'obligation notamment vis-à-vis de la prostitution, l'obligation de se prostituer, alors il faut se poser la question des conditions matérielles d'existence.
Et là encore une fois, on arrive à lorsqu'on fait avancer pour un, on fait avancer pour tous. Et lorsqu'on permet aux gens d'accéder à des études qu'ils aient ou non du soutien familial, d'avoir une sécurité sociale alimentaire, lorsqu'on permet aux gens d'avoir un logement sur son un toit au-dessus de sa tête, quoi qu'il arrive, que ce soit un droit fondamental, lorsqu'on permet aux gens d'accéder à un emploi sans être discriminé, de pouvoir évoluer dans son emploi et d'avoir un salaire digne, alors on n'est plus dans la contrainte et on est seulement dans le choix. Et là, je pense que il faut que nous nous battions encore dans la rue.
À chaque fois qu'on va demander l'augmentation du SMIC, à chaque fois qu'on va demander de réduire par exemple le comment le droit au chômage, il nous devons nous devons nous opposer à ça systématiquement parce que si nous ne le faisons pas, nous poussons des gens à la précarité et notamment dans nos communautés. Il y a trois points importants dans la question du travail du sexe. En effet, la question de la non contrainte.
Euh moi j'ai plein d'amis acteurs porno et j'ai envie de remercier les acteurs porno parce que sans eux moi, sans la loi Evars, pas d'éducation sexuel à part le porno et merci aussi de faire de la prévention encore sur le VIH, sur la prep, sur le taspe parce que vous les suivez peut-être pas sur les réseaux sociaux mais il y a plein d'acteurs porno qui prennent position de défense, d'éducation sexuelle et affective qui vous raconteront comment ils ont tourné, pourquoi ils ont tourné, quelle scène c'est tourné, combien de temps ils mettent à faire un tournage aussi. Il démystifie aussi ce que c'est que la pornographie et cetera. En effet, la pornographie c'est pas pour tout le monde, c'est pas à tous les âges et cetera.
Nous sommes d'accord. C'est des métiers qu'ils ont choisi. Ils ont le droit de les expérimenter.
Ils ont le droit de les vivre jusqu'au bout et ils ont droit C'est leur choix. C'est leur choix. Je suis qui moi pour aller dire à quelqu'un ton choix, je suis pas d'accord.
Je m'appelle pas Trump hein. Et je je là-dessus genre il va falloir qu'on respecte le choix des personnes qui en âme et conscience et en moyen économique ont fait le choix d'eux. Ensuite, il arrive une autre question.
Les personnes contraintes économiquement, je pense parce que vous avez tous l'image et toute l'image de la question de la TDS au bois de Boulogne. Combien d'entre elles sont des personnes migrantes TDS qui, grâce à l'argent de la prostitution arrivent à payer leurs opérations ? Ah oui, on veut pas en parler hein.
Combien d'entre elles aussi ont des réseaux de solidarité, de lutte collective, d'accompagnement d'appartements, d'accompagnement dans les démarches ? Alors, en effet, c'est hors du capital, c'est hors de ce qu'on appelle les bonnes mœurs. Mais l'État ne les a jamais accepté.
Ils ont pas ouvert plus de centres d'accueil d'hébergement pour les accepter pour leur permettre de faire leur transition. Ils ont pas ouvert l'AME pour les transitions aux personnes trans. Quand les personnes transfent leur pays, on les accueille pas les bras ouverts.
Il leur reste quoi par leur la prostitution et encore plus la prostitution dans lesquelles elles sont solidaires entre elles ou elles sont indépendantes. Elles n'appartiennent pas à des hommes, ce sont des femmes libres et fortes. Je n'ai jamais vu une communauté aussi forte et aussi capable de mobiliser et de lutter ensemble que les femmes transmigrantes collectivement parlant.
Nous les paix des blancs, on aurait des choses à apprendre encore aujourd'hui de ces femmes-là. Et il y a autre chose. Aujourd'hui, on est le 23 août.
Il y a plus de 25 ans, l'église de Saint-Bernardin était occupée par des personnes migrantes pour pour réclamer un logement, un toit et un accueil digne. Nous sommes 30 ans plus tard, rien rien n'a changé. Faut qu'on se pose les bonnes questions.
On aura beau accuser le capitalisme, c'est vrai, mais collectivement, tant qu'on agit pas collectivement en organisation collective de lutte collective et je vrais je vais appuyer sur ce mot collectif parce que la communauté LGBTI a trop tendance à se penser en individualité. C'est de l'organisation sociale dont on parle. Et pourquoi l'exemple des femmes TDS transmigrantes est intéressant ?
Parce que le sens de communauté et d'organisation collective a une place et un lieu. Merci beaucoup. Julia.
Est-ce que tu as un dernier mot à ajouter avant qu'on passe aux questions ? Ah, moi, j'aime bien finir sur le mot collectif, hein. Moi, je trouve que c'est quand même une très belle fin Émilie.
Et euh et oui, effectivement, on a beaucoup tendance, pas complètement à tort hein, mais on a beaucoup tendance à penser les identités LGBTI un peu en silo avec leur spécificité et cetera et pas à tort parce que c'est important de les comprendre ces ces subtilités, de comprendre que l'homophobie c'est pas la même chose que la lesbophobie, c'est pas la même chose que la transphobie, que l'intersexophobie, que la biphobie et cetera. C'est important de comprendre ça. C'est important aussi, mais ça ce sera sans surprise pour personnes, de respecter les nuances dans les identité, de voilà, de percevoir tout ce qu'il y a de différent en chacun chacune.
OK ? Mais justement, euh on est suffisamment bien placé nous personnel GBTI pour savoir que c'est pas parce qu'il y a différence qu'il n'y a pas communauté, qu'il n'y a pas collectivité. et tu parlais de collectif et c'est très très bien.
Euh je voudrais quand même rappeler que si on parle de communauté et c'est valable pour toutes les communautés, mais parlons de celle-ci, euh la communauté à l'origine, il faut quand même pas l'oublier, c'est une mesure de protection. La communauté à l'origine, c'est fait pour protéger ses membres. On va dans cette famille choisie parce que dehors c'est dangereux.
On retrouve la communauté parce que dehors c'est difficile. Il faut pas oublier ça. Sauf que justement une fois qu'on a créé de la force avec cette communautélà, il faut la redéployer et il faut la propulser à l'extérieur et c'est là qu'on arrive à être vraiment efficace dans ce qu'on fait.
Donc gardons cette idée de collectif. Ouais, bravo. Juste un dernier commentaire.
N'entendez pas dans ce que je dis l'esthétisation de la prostitution et des violences sociales qu'elles subissent. Juste ce que je valide et ce que je montre en lumière dans ce travail des femmes trans TDS migrantes, c'est cet esprit de collectif, cette force qu'elles ont entre elles et que nous manquons et que nous oublions très facilement en France de l'esprit collectif et de communauté. Je pense qu'on est effectivement tous bien d'accord que ça ne veut pas dire qu'il faut pour autant une une esthétisation ni une qu'on qu'on laisse ça tomber politiquement et cetera et cetera.
Bon alors on a une question premier rang ici. Vas-y. On va essayer de faire rapidement mais bonjour.
Je vais dire d'où je parle. Je m'appelle Karine, j'ai 70 ans, je suis trans. Dans les années 2000, j'étais activiste d'ACTUP Paris.
Euh je sais ce que c'est que voir mourir les camarades. J'étais activiste du groupe activiste trans que j'ai confondé avec trois de mes amis qui étaient des garçons trans. J'étais la seu fille trans par ailleurs euh j'ai vu il y avait droit nouveaux sur les LGBTI mais je vais d'abord répondre à Émilie.
Émilie Émilie. Je veux dire, on a on a à l'époque du GAT, groupe Activiste Trans qu'on a fini en 2006, on a on a fondé la première radio trans sur Bistouri Wioui. Les émissions existent encore sur Free, vous pouvez les écouter.
On avait fait venir à l'époque, il s'occupait des intersexes, des travailleuses du sexe migrantes et justement la question des travailleuses migrantes du sexe qui elle je veux dire était contaminé plus contaminé au VIH, les seules études qu'on avait venaient des des groupes de de de TDS de San Francisco qui étit contaminé à 70 % par le VIH. Et bien à l'époque à l'époque c'est ces filles nous disaient nous racontaient qu'elle se passait le VIH. C'était 100 € la seringue de de de VIH pour pouvoir rester en France et pour pouvoir bénéficier d'une autorisation de séjour pour pouvoir avoir droit aux soins.
Et donc on voit bien que aujourd'hui cette question là c'est une question moi j'ai j'ai 70 ans mais je suis toujours en colère par rapport à ça et c'est et ça me c'est dégueulasse je veux dire. l'État le le 2e point le 2e point je vais aller très vite c'est c'est que l'État moi à l'époque où j'étais acteur Paris c'est exactement les mêmes questions qu'on se pose aujourd'hui à savoir que l'État il fait rien l'état il a abandonné les politiques de prévention aujourd'hui on nenvoit pas de politique de prévention aujourd'hui. Tant qu'on a pas de politique de prévention, on aura encore des jeunes qui vont se contaminer parce que parce que la PrEP, la TAP, tout ça, c'est les associations.
Et mais le petit gars de la Creuse, est-ce qu'il a accès à ça ? Il a pas accès à ça. Le 3è point et j'arrête là parce que je veux je vais mettre en colère.
Le 3e point, le 3e point euh et là je je vise, j'en ai parlé tout à l'heure, c'est aujourd'hui sur la question trans. Euh c'est vrai que euh à l'époque, moi je suis sorti un jour d'une d'une réunion avec le ministère de la justice où les les le ministère de la justice euh nous disait "Mais vous pouvez nous faire une liste des tribunaux qui acceptent ou non tel ou tel papier ?" Le ministère de la justice était incapable de savoir ce que faisaient ces tribunaux et il demandait aux associations de le faire. [ __ ] moi j'ai failli faire un burnout sur le pouvoir des Italiens ce jour-là.
Bref, ce que je veux dire, c'est que une questions aujourd'hui sur les droits nouveaux et j'ai regardé le rapport de de la HS et j'ai regardé les ce que la France insoumise promet. Moi, je pense que parmi les choses fondamentales pour les trans, c'est le droit à l'autodétermination. C'est le seul moyen.
On a on a obtenu des droits nouveaux mais aujourd'hui il y a encore les psychiatres et particulièrement les psychanalystes qui qui nous nous mettent en coupe réglé et seule la dépsychiatrisation officielle passera. par le droit reconnu par la loi à l'autodétermination. [Applaudissements] Déjà avant de commencer, juste abattez la cistadelle déjà.
Voilà. Donc déjà, moi je m'appelle Corentin, je suis une personne non binaire déjà. Euh déjà, je tiens déjà à vous remercier déjà de par de plein de choses vraiment et euh moi, j'aimerais juste un peu interpeller parce que parler de la question de la santé mentale vraiment qui est très important je pense dans notre communauté.
On a effectivement face à beaucoup des problèmes notamment des problèmes de enfin notamment liés à la dépression. Est-ce que pour régler au moins un mium ce problème, est-ce qu'il serait pas peut-être temps de faire en tout cas une politique d'éducation et de sensibilisation à la santé mentale et au problèmes justement liés au suicide ? [Applaudissements] quand on aura fini de jouer avec les les Scooby euh alors oui, il est grand temps d'avoir une politique de prévention qui soit d'ailleurs nous avons porté dans le programme l'année dernière déjà justement le fait d'intégrer à l'école des moments tout simplement d'explication sur la santé mentale que ça puisse être aussi dans le parcours de santé des jeunes des plus jeunes.
Mais il est aussi grand temps de ne d'arrêter de se voiler la face sur le fait que alors aujourd'hui on n'est plus que dans la gestion de l'urgence absolue. C'est qu'on est même plus dans le soin courant. On est on ne gère plus que les urgences absolues.
Et donc ne parlons même pas de la prévention. Vraiment, on est on est on est là-dedans, on est dans on évite la catastrophe ou du moins on essaie d'éviter la catastrophe dans le damage control. Pourquoi ? parce qu'on manque de professionnel de santé pour plusieurs raisons.
D'une, on les rémunère très mal et quand je dis professionnel de santé, ça va ça va ça intègre absolument tout le monde lorsque on libère du temps médical parce qu'on a une secrétaire médicale, c'est aussi un professionnel de santé. Quand on parle des aides soignantes, on parle des infirmiers, des infirmières, on parle et cetera. Donc c'est vraiment tout le monde et ilut il serait grand temps de rémunérer tout le monde à hauteur de ce qu'il permet aujourd'hui.
Il faut savoir qu'en France il y a plus d'un million de personnes qui sont diplômées du diplôme d'infirmier. 1 million de personnes. Ça veut pas dire qu'on a 1 million d'infirmiers d'infirmières.
Ça veut dire qu'on a formé ces personnes et qu'on les a dégoûté ou qu'on les a abîmé parce que leurs conditions de travail sont tellement dégueu que elles ont perdu leurs dos, leurs épaules, leurs poignets, parfois ont contracté des maladies. Et donc là aussi là aussi il est grand temps de se poser la question des conditions de travail des personnels de santé et de comment on les forme. Et enfin je pense qu'il va falloir qu'on se pose réellement la question de l'ordre des médecins qui continue à imposer numérus clausus ou du moins numérus appertus.
On nous promet de le faire tomber encore et encore, mais qui continue. L'ordre des médecins qui ne forment pas ces médecins à l'accueil des personnes LGBTI, qui ne forment pas et qui ne et qui ne sanctionne pas les médecins qui transgressent la loi en continuant à euh à mutiler des enfants nés intersexués alors que la loi l'interdit. La loi l'interdit mais ne punit pas.
Il faut savoir, moi, alors moi je porte la punition comme proposition de loi, euh mais euh il faut savoir voilà la loi interdit d'opérer un enfant né intersexe si sa vie n'est pas en jeu. Pourtant, comme il n'y a pas de sanction et ben on continue. Évidemment, si vous on vous dit vous n'avez pas le droit de rouler à plus de 30 à l'heure, mais si vous le faites, vous ne risquez rien.
Je vous laisse deviner à combien en moyenne les gens pourraient pourraient rouler sur l'autoroute, quoi. Enfin donc là encore et oui, on a un enjeu majeur à faire de la prévention et pour faire cette prévention, il faut non seulement mettre les moyens mais il faut aussi mettre les moyens à à très grande échelle en regardant le travail tel qu'il est, en améliorant les conditions de travail et en mettant fin au comment au à la main mise de l'ordre des médecins sur la formation et sur l'accès à la formation des jeunes. Parce que quand bien même on a un parcours sub de malade là qui un truc qui qui est dégueulasse pour tous les jeunes, on a encore trois à quatre fois plus de demandes pour accéder aux professions médicales et paramédicales que ce qui est disponible.
Donc c'est pas un problème de de d'attractivité comme on nous le vend dans les médias mainstream. Euh c'est c'est attractif. C'est attractif, sauf que d'une, on permet pas aux jeunes de se former et de deux, une fois qu'ils sont formés, on les lâche dans le grand bain avec des conditions de travail dégueulasse et des salaires radé pas crèes.
Il nous reste encore 5 minutes avant de se faire virer, mais du coup, on va peut-être pouvoir encore prendre une ou deux questions. Peut-être par là-bas ou Ah, merci. Euh du coup, bonjour.
Euh je suis étudiante en Master MEF pour être professeur d'SVT et du coup euh je me posais la question euh vous avez parlé tout à l'heure de représentation et le fait de par exemple c'est hyper important de savoir que la prof est b lesbienne peu rapport tout ça et cetera euh et factuellement moi j'adorais pouvoir parler par exemple de ma bisexualité avec mes élèves et tout ça et cetera le souci c'est que on me répète h24 en cours que le prof se doit d'être neutre politiquement Et je sais très bien que l'éducation nationale risque de me tomber sur le dos en fait si je le fais factuellement. Et du coup c'était est-ce que vous aviez des idées pour passer un peu ensoum et faire ça c'est le faire quand même mais sans trop le faire. Et deuxème deuxème question aussi, c'est par rapport à les Vars où du coup j'ai eu accès au programme qui va sortir là pour septembre 2025 qui est effectuellement merci nul à chier euh et qui va pas du tout assez loin sur plein de trucs.
Les les questions d'identité de genre d'orientation sexuelle et juste LGBTI sont squeezées et sont à peine mentionnés peut-être à partir de la 3è et vaguement au lycée. Le porno est complètement absent du programme enfin de de les MST IST vaguement vaguement là mais pas trop et c'est et en terminal donc il y a aussi ce côté où c'est mieux qu'avant parce qu'avant c'était 2A non pas du tout à ces cours là les les UPE2A donc c'est unité pédagogique des élèves hallophones donc élèves de l'immigration en plus voilà euh donc enfin donc c'est techniquement mieux qu'avant parce qu'avant il Il y avait juste rien mais c'est pas du tout assez assez là. Et du coup pareil si on fait plus que ce qui est dans le programme de les VARS actuelles, l'éducation nationale risque de nous tomber dessus.
Donc pareil, est-ce que vous avez des techniques pour passer ensoum ? Ouais. Alors j'adore cette question euh parce que je suis là en tant que présidente de SOS homophobie mais moi dans la vraie vie je suis prof donc j'aime beaucoup cette question et attaqué par les guapes accessoirement mais sinon je suis prof.
Ouais, la question de la visibilité. D'accord. D'abord et je vais essayer de faire vite parce que on me dit dans l'oreillette qu'il nous reste une minute.
La question de la visibilité. Ouais, c'est absolument essentiel. Moi personnellement en tant que prof, j'ai mis plusieurs années avant de passer du je mens parce que il faut surtout pas que mes élèves sachent quoi que ce soit à je suis une prof visible et en fait bah c'est 1000 fois mieux comme ça.
Euh il y a il y a deux conseils que je donnerai justement quand on est prof et qu'on veut être visible. Le premier conseil, c'est de décorrél privée. Et c'est souvent là-dessus qu'on se fait attaquer notamment par les parents, alors que ça n'est pas la même chose.
C'est-à-dire que moi, mes élèves savent parce qu'ils sont pas complètement stupides et qu'ils savent lire les signes euh que euh je suis lesbienne. Mais où pardon ? Je viens de faire comme Mais en revanche, personne ne sait rien de ma vie privée.
C'est-à-dire qu'on ne sait pas si je suis en couple, avec qui, si j'ai des enfants, si j'en ai pas, ça personne ne le sait parce que ça c'est ma vie privée. Et donc surtout décoré les deux. C'est pas la même chose d'être visible et de dire des choses sur sa vie privée.
Deuxième chose, oui, on nous dit qu'il faut rien dire, surtout silence et si on pouvait vraiment ne rien dire, ce serait parfait. Mais on est très fort pour tricher. Donc on triche.
Euh en fait ce qu'il faut faire c'est que oui, on n' pas le droit en tant que fonctionnaire de parler de politique. C'est un fait, c'est vrai, ça n'est pas politique dans le sens qui nous arrange. Euh évidemment que nos identités sont politiques.
Bah oui, évidemment. Euh sauf que quand on nous dit ça dans la loi, c'est la politique politicienne, bah on est prof, c'est pas nous. Voilà.
Donc ça nous arrange. Voilà. Et euh et puis petite astuce, moi j'ai jamais dit à mes élèves que j'étais lesbienne.
Les personnes qui sont vers les premiers rangs verront mes chaussures. J'ai des lacés arc-en-ciels. Voilà.
Voilà, je vais en classe comme ça. Je vais en classe comme ça. Donc les élèves, c'est écrit sur moi.
Voilà. Et c'est comme ça qu'on triche. Et c'est comme ça qu'on impose les identités LGBTI dans la société. parce que oui, on existe et parce que le petit discours que j'ai fait tout à l'heure sur c'est important de savoir que on peut être lesbienne et juste prof normal dans la société, c'est super important et ça commence par nos salles de classe.
Et pour les Vars, euh oui, le programme est ce qu'il est mauvais, on va pas se mentir, euh mauvais mais on peut aller plus loin et c'est ce qu'il faut faire. Et euh petite astuce, ne pas hésiter à passer par les postes de référents référentes égalité dans les établissements scolaires qui sont une vraie porte d'accès et la porte faut la défoncer, faut pas hésiter, on y va. Et voilà ce qu'elle ne dit pas c'est que pour pourquoi on a eu cette loi EVAR, c'est grâce à S d'actions S homophobie et le planning familial qui ont attaqué l'État en justice suite à la loi qui a été faite en 2005 qui n'était pas respectée.
On sait moi je suis en bon contact avec Sidaction vous l'aurez compris et le planning familial maintenant avec la saomophobie pour avoir lu les propositions réalisées par les équipes associatives de ce programme si vous avez une personne à qui vous en prendre c'est l'urore Berger hein. Non mais c'est il faut il faut je le dire il faut le dire comme tel. C'est sa faute.
C'est la faute du ministère de l'éducation. Si on n'est pas content, on râle après le ministère de l'éducation et on démantelle le ministère de l'éducation nationale, c'est tout. [Musique] Moi, je propose qu'on censure ce gouvernement dès la rentrée, [Applaudissements] comme ça on est débarrassé.
Ça pourra donner l'exemple à monsieur Macrompe sur où est la porte pour nous laisser un peu plus de place. Bref, en tout cas pour pour clôturer un petit peu ce moment déjà, j'aimerais que vous gardiez tous un petit truc en tête. C'était hashag la meilleure conférence des amphi et ce qu'il va falloir retenir c'est que nous avons beaucoup beaucoup de pain sur la planche qu' va falloir tous et toutes continuer nos luttes ou entrer en lutte pour celles et ceux qui n'ont pas commencé sachez que quel que soit votre kiff quel que soit votre orientation votre identité on s'en fout lutter Il y a de la place pour tout le monde.
Et surtout n'oubliez pas de regarder ce que vous ne connaissez pas, d'aller soutenir en solidarité les copines, les copains. Ne jugez pas, ne jugez pas. Posez des questions.
On ne vous en voudra jamais d'avoir posé une question plutôt que d'avoir jugé. Allez-y en solidarité et nous vous envoyons tout plein d'amour parce que c'est comme ça qu'on changera le monde. [Applaudissements]
Ségolène Amiot