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interviewfranceinfo· 14 août 2025 9 min

"François Bayrou fait perdre du temps au pays"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Philippe Brun, bonjour. On va commencer par une question sur l'international, c'est quand même l'actualité de ces dernières heures. Que pensez-vous de l'initiative d'Emmanuel Macron de vouloir intégrer, introduire les Européens, monsieur Zelenski également bien sûr dans le duo entre Poutine et Donald Trump.

Il était temps, en vérité, c'est bien la première fois d'ailleurs que dans notre histoire récente sur les 50 dernières années que l'avenir de l'Europe se décide sans elle et il y a pas grand-chose à attendre en vérité du sommet qui aura lieu demain. Tant en vérité l'absence des Européens, l'absence des Ukrainiens rend le dialogue forcément voué à l'échec. Donc le président a raison de taper du point sur la table et il était temps parce que ça fait un certain moment que nous sommes laissés de côté des discussions.

Très bien. Venons-en aux questions intérieures et et la politique intérieure va se redynamiser très bientôt notamment avec le budget à la rentrée en septembre, en octobre. On a l'impression contrairement à ce qui s'était passé en février dernier hein, vous n'aviez pas voté la motion de censure sur le budget 2025. qu'on a l'impression que là le Parti socialiste est beaucoup plus déterminé à voter la motion de censure dans les les semaines qui viennent.

Est-ce que c'est le cas ? Alors, c'est d'abord un changement de posture du Premier ministre. Le premier ministre de janvier était celui qui ouvrait grand le dialogue.

Il nous a permis d'obtenir de nombreuses victoires. Jérôme Ged et moi, on est allé négocier. On avait obtenu plus de 12 milliards d'euros de concession et protéger les classes populaires, les classes moyennes.

Là dans un autre exercice, on a l'impression que le premier ministre cherche finalement à partir. Il organise sa sortie, il fait seul des annonces le 15 juillet et puis ensuite il décide de tout l'été de chroniquer son départ. Il va même jusqu'à publier sur le compte de son parti le modem un visuel assimilant Olivier Fortrétaire à Marine Le Pen.

Ça vous l'avez pas supporté. Écoutez, c'est très étrange. C'est quelqu'un qui a l'intérêt du pays à cœur a l'intérêt de discuter avec tout le monde pour faire adopter un budget.

Parce que l'intérêt du pays, c'est qu'on arrive à adopter un budget. Et François Boot, il fait perdre du temps au pays, fait perdre de l'argent à beaucoup d'entreprises, à beaucoup de commerçants, beaucoup d'artisans. S'il veut partir, qu'il partent dès maintenant. euh s'il souhaite ouvrir le dialogue et que la France c'est un budget, alors il doit changer radicalement de posture.

Alors vous estimez tout de même à vous entendre hein qu'il y a une phase euh une possibilité euh de négociation avec un François Baou qui euh serait sur le départ selon vous, mais vous pensez que vous pourriez le retenir avec des propositions que vous pourriez faire pour négocier comme un peu en février dernier ? De toute façon, c'est le Parlement qui vote le budget, c'est notre pouvoir que de donner un budget à la France et on en a besoin d'en avoir un. Ce que dison c'est et notre devoir c'est d'adopter un budget.

Ce que nous constatons, c'est que le plan Baou, il y a quasiment rien à en retenir. C'est un plan qui tape la France qui travaille, qui tape la France qui se lève tôt, qui finalement met à contribution essentiellement les classes populaires et les classes moyennes et qui laisse de côté tous ceux qui ont profité de la crise et en particulier les très grande fortunes. Dès le début de la rentrée en septembre, nous présenterons notre propre plan, nous les socialistes, qui sera un plan équilibré qui préservera les classes populaires et les classes moyenne, qui mettra en place la justice fiscale et puis qui réduira l'effort car nous souhaitons éviter l'austérité et étaler dans le temps l'effort budgétaire.

Cela nous allons faire en septembre et nous souhaitons que ce soit cela la base de discussion avec le gouvernement car on ne peut pas discuter d'un plan Baou qui nous semble caduc au moment où nous parlons. Alors Philippe Brun là, vous nous annoncez quelque chose. Si j'ai bien compris, le Parti socialiste seul he le Parti socialiste seul sans la France insoumise, le Parti communiste ou les écologistes, le Parti socialiste va faire une sorte un sorte une sorte de contrebudget qui pourrait servir de base de négociation avec François Baïou pour afin que vous ne votiez pas infiné une motion de censure éventuelle.

En tout cas, les socialistes diront leur position, diront ce qu'est leur plan, euh diront ce que nous pensons être euh un point de discussion avec l'ensemble des groupes à l'Assemblée nationale. Préserver la croissance, préserver l'investissement, euh protéger les classes populaires et les classes moyennes, relancer la consommation qui est terriblement basse aujourd'hui dans notre pays et dans le même temps rétablir nos finances publiques. On fera cette proposition à la rentrée et nous pensons que cela doit être ça la base de discussion et non pas ce plan Bairou qui fait aujourd'hui l'unanimité contre lui même au sein même de sa majorité.

Je débattis il y a quelques jours avec un député modè il y a très peu de députés sont prêts à le voter. Il faut donc un nouveau plan. Mais alors est-ce que vous pouvez nous donner quelques grandes masses ?

Est-ce que il y aura des augmentations d'impôts et et dans quelle proportion ? Et les économies vous les feriez porter sur quoi ? en grande masse hein pour que les choses soient claires et voir s'il y a une possibilité de négociation avec François Bayon.

D'abord, nous disons que l'effort doit être réduit de 43 milliard à peu près la moitié car nous pensons queil faut éviter l'austérité et comme le font l'analyse d'un certain nombre de grands instituts, il faut étaler dans le temps l'effort sous peine de casser définitivement l'économie qui est déjà en grande difficulté. Ensuite, nous disons qu'il faut évidemment mettre à contribution ceux qui ont profité de la crise, non pas les riches, non pas les très riches, mais les très très très riches. Les grandes fortunes qui ont été totalement exonéré d'effort durant les 8 dernières années depuis 2017. 50 milliards de baisses d'impôts par an pour ces personnes très aisées.

Un impôt, pardonnez-moi, je vous interromps sur les patrimoines ou sur les très hauts revenus comme ça avait été le cas en 2025. Non, plutôt les patrimoines car les revenus en vérité c'est le revenus du travail. Ils sont déjà taxés.

François Baou a annoncé qu'il allait maintenir cette contribution sur les revenus. Nous disons, il faut une contribution sur les haut patrimoines. L'ISF a été supprimé en 2017 et c'est un t rapporté 5 milliards d'euros par an.

Nous disons, il faut une contribution différentielle comme le propose l'économiste Gabriel Zouman. Alors, on peut voir les modalités. Une contribution différentielle sur les hauts patrimoines qui permettent d'éviter les optimisations fiscales qui font qu'aujourd'hui un milliardaire paye moins d'un % d'impôts sur ses revenus.

Tandis que les Français moyens eux payent plus de 40 %. Dans ces patrimoines, vous prendriez en compte l'outil de travail ? Oui.

Alors, il faut regarder ce qu' un outil de travail. Est-ce qu'un portefeuille d'action financière, c'est un outil de travail ou pas ? Ce qu'il est clair, c'est qu'on va pas taxer le patrimoine du boulanger, pas taxer le patrimoine du pharmacien ou taxer le patrimoine d'une PME ou d'une ETI.

Non, le seuil de toute façon qui est fixé par la taxe Zman est tellement élevé qu'il ne touche que les très hauts portefeuilles financiers. C'est cela aujourd'hui qu'il faut taxer. Et les économies, vous les feriez sur quel ministère et quelle population ?

Alors, déjà, je peux parler du plan de l'année dernière. On propose un nombre d'économie sur les niches fiscales et sociales qui sont très importantes, un certain nombre d'aide aux entreprises qui ne vont pas au TPE et au PME mais qui vont plutôt aux très grandes entreprises sans contrôle en vérité. Nous ont proposé aussi une réforme de l'apprentissage l'année dernière parce qu'il y a on arrose un peu le sable en donant beaucoup beaucoup d'aides qui sont pas toujours très contrôlés.

Reposer aussi ensemble d'économie sur le service national universel qui nous coûte très cher. Vous savez cette espèce de faux service militaire. Euh là aussi nous proposions de le supprimer et le retour de l'uniforme aussi nous avions proposé de le supprimer.

C'était les économies dernières mais on en aura d'autres cette année. Juste une dernière question rapidement me Philippe Brun pardonnez-moi. Euh on sait que vous n'êtes pas favorable à une alliance sans condition en tout cas avec la France insoumise.

Est-ce que pour vous un futur nouveau Front populaire pour des législatives qu'ell soi anticipée ou pas reste crédible ou est-ce que pour vous c'est c'est terminé euh définitivement ? lep, ce qui doit dicter les alliances, c'est le programme et une certaine posture finalement face à la situation politique. Euh par le passé, nous avons vu des divergences avec la France insoumise notamment sur notre posture dans l'opposition où la France est dans une très grande difficulté, le Parlement est bloqué, nous avons souhaité débloquer la situation en discutant sur le budget.

Nous verrons bien si à l'avenir nos positions convergent. Bien sûr queon de la gauche, elle est souhaitable. mais est souhaitable sur des bases claires, sur des bases républicaines, sur des bases évidemment claires aussi sur la situation internationale.

Euh et donc évidemment tout cela il faudra en discuter. Mais ce que je constate, c'est qu'au moment nous nous parlons, nos positions sont pas toujours convergantes. et par exemple une prise de position enfin une de par exemple sur Paris lors de futur municipal de Emmanuel Grégoire qui est le candidat du Parti socialiste qui se refuse à toute union alliance avec la France insoumise contrairement au PC ou aux écologistes.

Est-ce que vous soutenez cette position politique d'Emmanuel Grégoire à Paris ? Oui, je soutiens Emmanuel Grégoire. La vérité c'est qu'aujourd'hui les insoumis ne souhaitent pas que les socialistes gardent leur mairie.

Ils vont se présenter dans toutes les communes dans lesquelles les socialistes sont présents. À Marseille contre Bonoît Paillant, à Nant contre Johannaard Roland, à Montpellier contre mon ami Michel de la fosse. Alors stratégie aujourd' une stratégie de division.

Il ne cherche absolument pas l'union avec nous de toutes les manières. Moi, je les appelle au sursaut car il y a une montée très importante de l'extrême droite aujourd'hui, y compris d'ailleurs dans un certain nombre de villes. Et je crois que notre ennemi, notre adversaire, c'est la droite et l'extrême droite, c'est pas la gauche.

Très bien. Philippe Brun, merci infiniment et merci d'être venu sur ce plateau.

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