Les enseignants sont trop souvent lâchés dans la nature ! - Yoann Gillet (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:06OuverteRéponse partielle
Est-ce que ce plan vous paraît à la hauteur ?
- 0:58RelanceRéponse directe
Si les élèves travaillent moins bien, si on suit votre raisonnement, c'est parce que les profs ne sont pas assez bien payés ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Julie Garnier, vous êtes d'accord ? C'est de la com, ce choc des savoirs ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez les inquiétudes des syndicats d'enseignants ?
- 4:40OuverteRéponse directe
On est d'accord sur le constat, une baisse du niveau des élèves en maths et en français, on fait comment pour relancer la machine ?
- 6:30ComplaisanteRéponse partielle
Ce sont donc ces fameux groupes de besoins, rebaptisés groupes de besoins après avoir été appelés dans le choc des Savoies 1, groupes de soutien.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiquePromesse
« Nous, ce que nous réclamons au Rassemblement national, c'est notamment de mettre la priorité sur les matières telles que le français, les mathématiques et l'histoire dès la primaire. »
- 0:43Invité politiqueFait
« Mais c'est aussi revoir la grille salariale des enseignants par exemple. »
- 1:01Invité politiqueFait
« Mais on manque de professeurs aujourd'hui. On en manque. »
- 1:16Invité politiqueFait
« Et puis, encore une fois, le métier n'est pas attractif. »
- 1:21Invité politiqueChiffre
« Mais je vois aussi par exemple que le gouvernement a annoncé 150 recrutements de CPE. 150 sur le territoire national, c'est rien. »
- 2:09InvitéChiffre
« Le fait de vouloir rendre obligatoire le brevet vous empêche, pour près de 110 000, entre 110 000 et 120 000 nombres d'élèves, d'accéder à une seconde, une seconde pro ou une seconde générale. »
- 3:42InvitéChiffre
« un conseiller régional fait à peu près 4 réunions par an. Et on est payé plus de 2 000 euros net. Et un enseignant qui arrive, lui, est payé à peine 2 000 euros. »
- 5:05InvitéChiffre
« Il y a 870 000 profs en France. C'est absolument gigantesque. Ça donne un taux d'encadrement, si vous prenez les élèves, de 7,3. »
- 10:19Invité politiqueFait
« il faut faire en sorte que le nombre d'heures de français et de mathématiques soient largement accrus dès l'école primaire et pas comme dans les mesures annoncées par le gouvernement avec une heure de plus dès le collège. »
- 11:33Invité politiqueFait
« La réalité aujourd'hui, c'est que les enseignants sont bien souvent lâchés dans la nature quand ils commencent leur carrière. »
- 19:50Invité politiqueChiffre
« On a des territoires en France où on va jusqu'à 80% dans certaines écoles d'enseignants qui sont contractuelles. »
- 20:26InvitéChiffre
« Dans les années 90, on était à 8% du PIB qui était dévolu à l'éducation nationale. Aujourd'hui, c'est 6,5%. »
- 21:17Invité politiqueFait
« Michel Barnier avait menti aux Français, il faut le rappeler. Michel Barnier avait dit que ce budget serait essentiellement porté sur des économies et sur la chasse aux mauvaises dépenses. Il n'en est rien. »
- 21:41Invité politiqueChiffre
« 60 milliards de taxes supplémentaires grâce à la gauche. »
- 22:14Invité politiqueChiffre
« On taxe les Français qui ont des chaudières. C'est en réalité 60 milliards d'euros de taxes supplémentaires pour les Français, pour les classes moyennes et les classes populaires. »
- 30:19Invité politiqueFait
« il y avait des mesures extrêmement dangereuses pour l'économie et pour l'emploi. Je pense, par exemple, au fait d'alourdir le coût du travail. »
- 31:15Invité politiqueChiffre
« On a 1 200 agences gouvernementales qui coûtent un pognon de dingue. »
- 30:49Invité politiqueFait
« Et tout ce qui vise à alourdir le coût du travail va avoir des conséquences désastreuses pour l'économie du pays et pour l'emploi. »
- 31:15Invité politiqueChiffre
« On a 1 200 agences gouvernementales qui coûtent un pognon de dingue. »
- 31:23Invité politiqueFait
« On a des économies à faire également sur l'immigration. »
- 31:59InvitéFait
« on a créé le coût du travail le plus lourd au monde et qu'on a créé des baisses de charges sur les bas salaires. »
- 35:54Invité politiqueChiffre
« Le gouvernement a voulu faire 4 milliards d'économies sur le dos des retraités. »
- 36:44Invité politiqueFait
« Une indexation partielle en juillet prochain qui ne concernera que les retraités qui touchent une pension de retraite inférieure au SMIC. »
- 38:47InvitéChiffre
« En 4 ans, le nombre de personnes qui ont du mal à se chauffer a doublé. »
- 42:14InvitéChiffre
« On a plus de 3 000 milliards de dettes. »
Temps de parole
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Yohann Gillet, relancer l'ascenseur scolaire, c'est plutôt une jolie formule qui a été trouvée par la ministre de l'Éducation nationale. Est-ce que ce plan vous paraît à la hauteur ?
C'est bien le problème, c'est que le gouvernement utilise des formules. Mais la question c'est quels moyens ? Et quand on parle de choc des savoirs, il faut s'attaquer au sujet de fond. Et le sujet de fond, c'est pourquoi notre système éducatif s'est-il écroulé autant ces dernières années ? Et si on veut pouvoir
agir... Si vous avez la
réponse d'ailleurs, vous pouvez nous la donner
ce soir. On
peut pouvoir agir concrètement. Nous, ce que nous réclamons au Rassemblement national, c'est notamment de mettre la priorité sur les matières telles que le français, les mathématiques et l'histoire dès la primaire. Parce que c'est bien là que le babelès et que les choses commencent. Mais c'est aussi revoir la grille salariale des enseignants par exemple. Parce qu'aujourd'hui, vous avez un nombre de postes énormes qui ne sont pas pourvus parce que le métier n'est plus attractif. Aujourd'hui, on n'arrive plus à pouvoir. Donc
si les élèves
travaillent moins bien, si on suit votre raisonnement,
c'est parce que les profs ne
sont
pas assez bien payés ? Mais on manque de professeurs aujourd'hui. On en manque. Malgré tout, le gouvernement prévoit de supprimer un certain nombre de postes. Mais on recrute aussi à des niveaux plus faibles qu'avant. Et ça, c'est une réalité. Il ne
faut
pas avoir peur de le dire. Et puis, encore une fois, le métier n'est pas attractif. Mais je vois aussi par exemple que le gouvernement a annoncé 150 recrutements de CPE. 150 sur le territoire national, c'est rien. Mais il faut aussi dire la vérité. Des CPE aujourd'hui, des emplois non pourvus, il y en a beaucoup plus que 150. Donc quand le gouvernement dit qu'on va recruter 150 CPE, ça ne changera strictement rien. Puisqu'aujourd'hui, vous avez déjà davantage de postes qui ne sont pas pourvus. Donc la réalité, c'est qu'on a un système qui s'écroule et que le gouvernement ne fait que des annonces de communication.
Le terme même de choc des savoirs montre bien à quel point le gouvernement, en fait, est dans la petite phrase, est dans la citation, mais n'est pas dans l'action.
Julie Garnier, vous êtes d'accord ? C'est de la com, ce choc des savoirs 2
? En
fait, son vrai projet, c'est de faire des économies. C'est ça qu'il faut dire. Choc des savoirs, c'est juste une formule.
Sa
vraie priorité, c'est d'avoir une vision élitiste aujourd'hui. Le fait de vouloir rendre obligatoire le brevet vous empêche,
pour
près de 110 000, entre 110 000 et 120 000 nombres d'élèves, d'accéder à une seconde, une seconde pro ou une seconde générale. Il faut savoir que les trois quarts de ces élèves vont en seconde pro. Or, si elle met ça en place, ils n'iront plus. Ils iront ou dans une prépa ou alors en CAP ou
alors en apprentissage.
L'idée de cette mesure,
c
'est de
relever le niveau des trois siècles. Non, elle ne le relève pas.
Elle est en train de faire le tri. C'est ça la vraie idée. Et pour faire le tri, elle fait quoi ? Elle évacue tous ceux dont elle ne veut plus. Mais est-ce
que déjà ce choc
des savoirs avec les 6e et les 5e en français et en mathématiques, ce n
'est
pas déjà stigmatisant pour les élèves qui sont choisis, qui
vont dans des groupes plus faibles ? Mais
en plus, ce n'est pas appliqué. C'est ça qu'il faut dire. Ah,
c
'est appliqué,
c
'est appliqué. Non, ce n'est pas appliqué. Dans le nombre de collèges ? Non, ce n'est pas appliqué. Je suis concernée.
Alors, on reviendra un peu plus tard sur
les groupes de
soutien.
Je suis enseignante de français et je peux vous assurer que ce n'est pas appliqué. Tout simplement. Pourquoi ? Parce qu
'il
n'y a pas assez de
profs.
C'est ça la réalité. Donc, qu'est-ce qui se passe ? C
'est
que normalement, quand vous devez avoir 4 groupes de niveau, en réalité, vous n'en avez que 3 parce que, tout simplement, vous n'avez pas le prof supplémentaire pour pouvoir faire les soi-disant groupes de niveau. C'est ça qui est en train de se passer. Et les recrutements qui étaient promis n'ont pas été effectués parce que, tout simplement, ça ne se bouscule pas au portillon. Aujourd'hui, rendez-vous compte, quand vous commencez, que vous êtes enseignant, c'est votre premier salaire, vous êtes moins payé qu'un conseiller régional. Est-ce que vous trouvez ça normal ? Non. Un conseiller régional fait à peu près 4 réunions par an.
Et
on est payé plus de 2 000 euros net.
Et
un enseignant qui arrive, lui, est payé à peine 2 000 euros. Vous trouvez ça normal ? Non, ça ne l'est pas. C'est bien pour ça que ce vrai projet, il faut lui donner un nom, c'est de faire des économies, et uniquement des économies, sur le dos des élèves.
On a entendu plusieurs syndicats d'enseignants aujourd'hui accueillir plutôt fraîchement ces annonces. Est-ce que vous comprenez les inquiétudes
?
Alors, la première chose, c'est qu'ils avaient déjà accueilli fraîchement les annonces de Gabriel Attal. Moi, je crois que... Ce qui me dérange dans cette discussion, en fait, c'est que personne ne parle des enfants. Personne ne parle des jeunes. Et de l'ambition qu
'on
porte pour les jeunes. C'est ça le sujet. Le vrai sujet, c'est qu'on
a
des cohortes de jeunes qui sortent de l'école, ou qui rentrent au niveau supérieur, et qui n'arrivent pas à recevoir l'enseignement qu'ils devraient avoir, parce qu
'ils
ne maîtrisent pas suffisamment le français, ou incertainment de savoirs fondamentaux. Mais qu
'est-ce qui vous fait
penser que les mesures qui vont être mises en place pourraient justement améliorer ça ? Je ne le pense pas.
Je dis juste que l'idée du groupe de besoins... Il
n'a
pas bien le socle commun. L'idée du groupe de besoins n'était pas une mauvaise idée. Le principe de dire qu'il faut donner
à
chaque enfant selon ses besoins pour qu'il puisse continuer ses études ou être mieux à l'école n'est pas contestable. Après, j'entends dire que c'est des économies de moyens. Il n
'y
a aucune économie de moyens.
Il y a
870 000 profs en France. C'est absolument gigantesque. Ça donne un taux d'encadrement, si vous prenez les élèves, de 7,3. Moins 170
000 sur
le budget. Vous avez moitié moins de personnes. Il n
'y a
aucun monde où vous
gardez moitié moins de personnes
à l'avenir et vous
gardez le même
budget.
Il y a des économies sur le dos des enfants. Le
vrai sujet, c'est qu'on donne énormément d'injonctions contradictoires à nos professeurs. On leur dit, en gros, à chaque fois, chacun arrive, rajoute une politique, des enseignements, et tous les enseignements sont prioritaires. Vous ne pouvez pas travailler comme ça. On rajoute plein d'évaluations. Et des évaluations, c'est du temps pris sur l'enseignement. Et il y a tout un tas de choses comme ça qui font que le niveau baisse puisque les enseignements ne sont pas donnés au bon moment. Et il y
a
énormément de travail à faire sur la question des transitions, la transition école-collège, la transition collège-lycée. Moi, je suis sur une expérimentation qu'on a gagnée sur notre territoire qui est une expérimentation France 2030. On a des professeurs
du
collège qui viennent dans les écoles primaires
très
tôt. On a aussi une classe de CM2 dans un collège. Et tous les enseignants du collège le disent. Là,
ils
ont gagné six mois sur la rentrée. Ils ont gagné six mois de programme parce que les élèves sont beaucoup plus prêts à la rentrée qu'ils effectuent. Et ça, c'est une vraie zone d'ombre dans la manière dont on prodigue les enseignements. Alors,
il y a effectivement une
mesure controversée. Ce sont donc ces fameux groupes de besoins, rebaptisés groupes de besoins après avoir été appelés dans le choc des Savoies 1, groupes de soutien. Luc Brisson nous a rejoint. Bonsoir Luc. Bonsoir. De la séance Vrai ou Faux. On va tenter d'y voir plus clair avec vous. On parle donc d'une extension de ces groupes de besoins en classe de 4e et 3e parce qu'il y en a actuellement en classe de 6e et 5e.
Est-ce que ça marche ? C'est une mesure qui fait débat. Vous l'avez dit, Gabrielle Attal appelait sa groupe de niveau. Maintenant, Anne-Gente appelle sa groupe de besoins. Elle a promis une grande enquête pour évaluer le dispositif à la fin de l'année scolaire. Mais en attendant, on peut déjà regarder ce qu'a fait le syndicat SNES-FSU qui a questionné 1700 professeurs partout en France pour avoir leur retour depuis la rentrée. Alors déjà, tous n'appliquent pas cette fameuse réforme avec les groupes de besoins. Mais parmi ceux qui l'appliquent, regardez, 66% expliquent que cela induit une surcharge de travail pour eux. Alors pourquoi ?
Parce que si on prend l'enseignement du français, par exemple, ce n
'est
plus un seul programme unique, c'est plusieurs petits programmes
en
fonction des groupes de niveau des élèves. Et si on parle des élèves, le syndicat qu'on a contacté, ils nous disent que les retours ne sont pas très positifs, notamment pour les groupes de niveau les plus faibles. Pourquoi ? Parce que ça manque d'émulation. Il n
'y a
pas assez des élèves qui se découragent. Et donc, au final, on n'a pas vraiment de progression.
Alors, ça, c'était l'avis des syndicats. Mais est-ce qu'on a des études sur lesquelles s'appuyer pour évaluer cette efficacité des groupes de soutien puis
de besoins ? Oui, parce que ce n
'est
pas un dispositif inédit. Donc il y
a
déjà des études qui ont été faites avant sur le principe des groupes de niveau. Et ce qu
'on
peut dire, c'est que les résultats sont plutôt mitigés. Par exemple, on peut citer une note de décembre 2023 de l'IDEE. C'est le programme Innovation, données, expérimentation en éducation qui est basé à l'École d'économie de Paris. Et eux, ils écrivent que les regroupements permanents, comme les classes de niveau, sont tout simplement inefficaces. Un petit peu plus loin dans ce fameux rapport, il est inscrit que ni les élèves les plus performants, ni les élèves les moins performants ne bénéficient de la mise en place de classes de niveau. Donc en gros, les forts ne sont pas plus forts et les faibles restent faibles.
Si on résume ça, l'auteur de cette étude nous rappelait aussi un autre facteur. C'est qu'il existe, il ne
faut
pas l'oublier, une corrélation entre réussite scolaire et origine sociale. Donc avec des groupes de niveau, il y
a
le risque de regrouper, parfois de manière involontaire, les élèves par catégorie sociale.
Est
-ce qu'il y a tout de même des études qui montrent des résultats positifs ? Alors on peut trouver des points positifs, notamment dans le rapport PISA de 2022. Vous savez, le rapport PISA, c'est celui qui évalue le niveau des élèves au sein des pays de l'OCDE. Eux, ils évoquent les groupes de niveau en ces termes. Une relation positive entre la performance obtenue en mathématiques, c'est un rapport qui a été centré sur les maths, et le regroupement d'élèves est observé si le regroupement est limité à quelques matières. Alors ça, c'est ce que fait le gouvernement, puisque les groupes de besoin ne sont qu'en français et en mathématiques. Par contre, un peu plus loin dans le rapport,
ils
ajoutaient que pour être efficaces, ces groupes ne doivent être que temporaires et pas tout au long de l'année. Ça,
ce
n
'est
pas dans le dispositif gouvernemental. Donc les arguments sont plus que mitigés sur ces groupes de niveau, groupes de besoin. En tout cas, on attendra la fin de l'année pour tirer un véritable bilan de cette mesure qui est dans les collèges.
–
Merci beaucoup Luc pour toutes ces explications. Vrai ou faux, l'émission s'est à retrouver chaque samedi à 11h, émission présentée par Julien Pain, évidemment, sur France Info. Merci beaucoup Luc. Ces groupes de soutien qui vont donc devenir des groupes de besoin du côté du Rassemblement national, qu'est-ce qu'on dit
? On
laisse sa chance à l'expérience ou on arrête
? –
Évidemment qu
'on
peut lancer des expérimentations là et là, mais encore une fois,
il
faut traiter le sujet de fond. Le même rapport dont vous parliez montre également et souligne très clairement que depuis 30 ans, le niveau des élèves français s'est effrondré, notamment en mathématiques, en expression orale et en expression écrite.
–
C
'est
le rapport PISA. – Donc ça, très clairement, voilà, depuis 30 ans, les choses sont réelles.
– Ça, c'est pour le constat.
– Oui, mais maintenant, c'est ce que je disais tout à
l
'heure, il faut faire en sorte que le nombre d'heures de français et de mathématiques soient largement accrus dès l'école primaire et pas comme dans les mesures annoncées par le gouvernement avec une heure de plus dès le collège. Enfin, à un moment donné, on ne
va
pas révolutionner les choses avec une heure de français en plus par semaine au collège. Donc il faut dire cette vérité. Mais au-delà de ça, il faut aussi faire confiance aux enseignants. Il y a des méthodes d'apprentissage, une liberté pédagogique qui doit être aussi donnée aux professeurs. Il faut faire aussi en sorte que les professeurs les plus expérimentés puissent enseigner auprès des élèves qui sont le plus en difficulté et ne pas lâcher dans la nature comme ça un jeune professeur sorti d'école avec des élèves plus compliqués que d'autres, avec des besoins plus accrus que d'autres.
La réalité aujourd'hui, c'est que les enseignants sont bien souvent lâchés dans la nature quand ils commencent leur carrière. Ils sont mal payés, mais en plus, ils sont mis parfois dans des quartiers sensibles où l'on sait que la difficulté d'apprentissage est bien plus importante.
Pour clore ce chapitre sur les groupes de soutien qui vont donc devenir des groupes de besoin, on a bien compris que vous n'y êtes pas favorable. On est d'accord sur le constat, une baisse du niveau des élèves en maths et en français,
on
fait comment pour relancer la machine ?
Déjà, on ne vote pas contre le fait de pouvoir recruter 4000 enseignants. Il me semble que là, aujourd'hui, il y avait un vote sur le budget qui était modifié. Il y
avait
un amendement qui était passé grâce au NFP, grâce au nouveau Front Populaire, qui permettait justement de
revenir sur la suppression. On y reviendra un peu plus tard dans notre partie budget.
C'est le sujet.
Avec 60 milliards d'impôts en plus.
Ça a des conséquences. Donc vous avez voté, c'est 4000 suppressions. Assumez-le. Vous savez très bien qu
'on
a défendu
cette mesure. Il faut augmenter le niveau des élèves
en maths et en français. Je suis prof de français. Il faut des effectifs réduits. Là, en ce moment, j'ai une classe, ils sont 32. 32 en seconde professionnelle. C'est ça la réalité des enseignants.
C
'est-à-dire que quand on est 32, comment voulez-vous qu'on s'occupe attentivement le suivi pédagogique, pouvoir faire la différenciation aussi pédagogique qu'on demande aux enseignants ? Ça,
c
'est le quotidien. Vous êtes prof de
français. Vous voyez ce niveau
baisser,
s'effondrer. Quels en sont les signes au quotidien ?
Ce que je vois surtout, c'est l'effondrement des moyens de l'éducation nationale qu'elle donne aux enseignants. Ça, c'est une réalité. Madame,
ça n
'existe pas. Non,
mais vous êtes dans un
fantasme. Tous
les budgets de l
'éducation nationale depuis 40 ans sont en constante augmentation tous les ans. C'est un fantasme. Non, monsieur. C'est un fantasme absolu. Alors expliquez
-moi pourquoi. Et le nombre
de
postes,
4 000 postes, c'est
0,02% des
effectifs. Expliquez-moi pourquoi l'effectif moyen des classes en France est catastrophique par rapport
à la moyenne de l'éducation
nationale. Regardez vos absences. Je crois qu'on va parler
à un moment de l'absentéisme. Il n'y a aucun mépris.
D'ailleurs, je vous le signale que le mépris de ceux qui font de l'absentéisme,
c
'est du mépris pour leurs collègues, puisqu'ils leur redonnent la totalité de la charge de travail. Je peux vous assurer
que les enseignants... La
question
des
moyens, c'est
un fantasme.
C'est un fantasme absolu. Ça n'a rien d'indécent. Vous savez quoi
? Venez avec moi une journée. Mais je peux venir avec
vous,
vous
inquiétez
pas. Et vous allez voir comment il faut tenir entre deux ans. Vous savez qu
'on a des territoires, avec aussi
des lycées, des collèges.
Je vous parle d'aller faire
des cours. Parce que nous, on n'a pas la
vraie vie sur notre territoire, à Saint-Pierre
-des-Cores, je n'ai pas la vraie vie. À l'Assemblée nationale ? Non, vous n'avez pas la vraie vie. D'accord. Donc on vit
à l'Assemblée nationale, c'est ça que vous dites. Excusez -moi, oui. Ah
oui, un député, ça vit à l'Assemblée
nationale.
Alors, est-ce qu'on peut revenir ? Non. Pardon, revenons sur l'école. Comment,
vous,
au
quotidien, vous avez du mal à faire en sorte que le niveau de vos élèves s'améliore en français ?
Je
vous le dis, parce qu'on n'a pas le temps. Et on a un effectif. Vous avez trop d'élèves ? Bien évidemment, on a trop d'élèves, on ne peut pas les suivre. Et imaginez ce que ça implique, un élève. Ce n
'est
pas comme dit Sarkozy en
24 heures. Il y a 30 ans, les profs avaient les mêmes effectifs que les vôtres.
Eux, ils étaient plus mauvais. Comment ça se fait qu'ils y arrivaient ?
Écoutez,
monsieur,
vraiment,
je crois
que...
Non, mais comment y arrivaient-ils
? Ce
qui me désespère, c'est qu'à chaque fois que vous êtes là en train de dire on veut que l'école soit l'excellence, etc. Mais vous êtes les premiers à vouloir faire des économies sur le
dos des gosses.
Je vous parlais d'économie, il n
'y a
pas d'économie.
Il n'y a eu aucune
économie sur les budgets d'école.
Quand
on a les plafonds qui s'effondrent, quand on a le fait qu'on a des éclats qui sont bien au-dessus des effectifs
par rapport aux
autres...
770 000
professeurs en France.
Mais
arrêtez avec vos chiffres.
Je vous assure que moi, quand je vous donne les miens... 730 000
professeurs dans le public, ça,
on
n
'a
pas le droit de le dire. Non, monsieur,
ce n'est pas vrai. Vous avez évoqué les propos
de Nicolas Sarkozy. Pour les téléspectateurs qui n'ont pas suivi cette polémique, on va justement écouter l'ancien président de la République qui a laissé entendre que les professeurs des écoles ne travaillaient pas assez et qu'ils sont trop nombreux. On écoute Nicolas Sarkozy et dans la foulée, la réponse, la réaction de la ministre de l'Éducation nationale. Écoutez.
Le
statut du professeur des écoles, je ne critique personne. Je ne
veux
d'ennuyer avec personne. Je dis des faits.
C
'est 24 heures
par
semaine.
Mais
François-Xavier, est-ce qu'on ne me dit pas
6
mois de l'année
? Eh
oui. Parce qu'entre les vacances
et
les week-ends,
alors
je sais bien qu
'il
faut préparer des cours. Maternelle, grande section.
Je
sais qu'il faut corriger les copies.
Et
je sais que c'est un boulot difficile d'être enseignant.
Mais
il faut dire la vérité maintenant.
Nous
n'avons pas les moyens d'avoir un million d'enseignants. L'école, pour tous ceux notamment qui voudraient lui mettre une cible dans le dos,
l
'école n'est pas le problème. L'école est la solution. Moi, je vais sur le terrain depuis que je suis en fonction. Et les enseignants que j'ai rencontrés sont des enseignants, je l'ai dit, engagés, motivés. Et dont j'ai vu qu'ils ne ménagent pas leurs horaires. Pas du tout. Loin de là. Et que leur volume horaire est très important. Qu'il ne faut cesser de se restreindre autant devant élèves. Je crois qu'il faut remettre les pendules à l'heure. Je ne suis pas d'accord avec ces propos. Et je veux encore une fois soutenir nos professeurs.
Julie Garnier.
C'est pourquoi
Nicolas Sarkozy, j'imagine, qui vous révolte ?
Bien sûr, parce que c'est indécent. Ça montre à quel point tout le travail que fait un enseignant est invisibilisé. Et pourtant, c'est le cœur. Mais
est-ce
qu'il ne pointe pas du doigt quand même juste un problème d'organisation
?
Sans pointer du doigt
la qualité des
enseignants. Un problème d
'organisation. Ils ne pointent pas l'organisation. Ils pointent les enseignants en disant qu
'ils
ne font que 24 heures. Regardez, et que pendant 6 mois, grosso modo, ils ne font ce métier que pour les vacances. Ce qui est complètement faux. Parce qu'on sait très bien que la charge d'un enseignant va bien au-delà des 35 heures classiques qu
'on
pourrait en prendre. On voit bien qu'au contraire, un enseignant, non seulement il prépare ses cours, mais il saura peut-être qu'en maternelle grande section, il n'y
a
pas de manuel. C'est à l'enseignant de monter les ateliers, de préparer, de venir en classe avant, rester après. Ça demande un temps de dingue. Vous savez qu'on paye des ateliers pour
préparer les...
Vous avez vraiment un problème ? Non mais je ne
sais
pas. Je vous assure, si vous m'écoutez comme vous écoutez les enseignants, je comprends que finalement vous ne comprenez rien à l'éducation nationale. Merci de me donner la leçon. Oui, je vous donne une leçon. Parce que vraiment... Restons courtois. Il
faut
comprendre ce qu'est en train de vivre les enseignants. Si la condition des enseignants était si merveilleuse, on ne serait pas en train de courir un peu. On ne serait pas en train de recruter à tout va des contractuels en 30 minutes parce qu'on manque d'enseignants. J'ai passé le concours de prof l'année dernière en externe. Et je voulais voir justement au plus près comment est-ce que ça se passait ce recrutement. Et ce recrutement, on voit que le concours, quand il est lancé, il y
a
un nombre d'inscrits. Et il y a ensuite des salles d'examens qui sont prévues. Déjà, ces salles sont en deçà du nombre d'inscrits. Et quand on rentre dans ces salles, il n'y a même pas la moitié qui est remplie. C'est pour vous dire que déjà, il n'y a pas assez d'inscrits. Mais en plus, entre les inscrits, il n'y a même pas assez de personnes qui viennent se présenter aux examens. Pourquoi ? Parce que c'est une condition de travail qui n'intéresse plus personne. Et c'est exact. Et désolé de vous rappeler la réalité face à vos chiffres, visiblement. Mais
mathématiques, c'est
extraordinaire.
Mais mathématiques, chacun votre tour. Il y a trop d'inscrits, mais la salle est à moitié vide. Non, je n'ai pas dit qu'il y avait trop d'inscrits. C'est exceptionnel. J'ai dit qu'il y
avait des inscrits, déjà pas assez. Et même ceux qui venaient ne venaient pas tous. Il n
'y
avait même pas la moitié qui se présentait à l'épreuve. C'est ça qu'on est en
train de... Vous pourrez revenir au propos. Vous avez dit quelque
chose d'important, c'était le mode organisationnel. Par exemple, puisqu'on a quand même des territoires, excusez-moi, une des choses qui est très mal gérée dans l'éducation nationale, c'est qu'on a beaucoup d'enseignants qui ont des bouts de poste à un endroit, un mi-temps à un endroit, et puis un autre mi-temps à 50 kilomètres. Et ces gens-là, on leur fait perdre des heures
dans
les transports, de la fatigue non nécessaire, alors qu'on pourrait organiser leur temps de travail bien mieux dans des établissements qui sont plus
en proximité. Il y a énormément
de choses qu'on fait très mal d'un point de vue organisationnel.
Sur ces propos de Nicolas Sarkozy, quand il laisse entendre que les professeurs des écoles sont trop nombreux et qu'ils ne travaillent pas assez, est-ce que vous êtes solidaires de ces propos ou est-ce que vous dites que
c
'est un dérapage
?
Non,
mais
Nicolas Sarkozy est dans l'excès et dans la provocation, on le sait. Maintenant, la question qu'il faut se poser, c'est comment est-ce que l'on fait pour rendre plus attractif le métier d'enseignant ? Comment on fait également pour faire en sorte de diminuer le taux de contractuel dans l'enseignement ? Parce qu'aujourd'hui, c'est un véritable problème. On a des territoires en France où on va jusqu'à 80% dans certaines écoles d'enseignants qui sont contractuelles. Moi, je l'ai vu de mes propres yeux. C'est dramatique. Ça ne
veut
pas dire que tous les enseignants en contractuel ne sont pas au niveau, loin de là. Ça veut dire qu'il y a quand même une question d'attractivité de ce métier. Il faut faire en sorte aussi de donner envie aux jeunes de se réintéresser à ce métier et de passer les concours. C'est important d'avoir des enseignants titulaires au sein de nos écoles et avec un niveau qui puisse permettre d'apprendre correctement le français, les mathématiques, les matières principales. Mais pour
cela, il faut avoir le
budget qui va avec.
Je rappelle juste que dans les années 90, on était à 8% du PIB qui était dévolu à l'éducation nationale. Aujourd'hui, c'est 6,5%. Voilà. Donc ça montre bien qu'il y a une baisse et que je suis désolée, mais l'école n'a pas les moyens de bien fonctionner.
Alors
on ne vous mettra pas d'accord ce soir sur les chiffres. Je voudrais qu'on avance. On a pas mal de choses à voir avec cette actualité politique aujourd'hui. Et donc l'info de l'après-midi, c'est que l'Assemblée nationale a rejeté le projet de budget 2025. Le RN et la coalition gouvernementale ont voté contre. Ce texte rejeté portait les modifications souhaitées par la gauche. Dans le détail, les taxes sur les super profits, taxes sur les super dividendes, sur le patrimoine des milliardaires ou encore sur les grandes sociétés du numérique. Qu'est-ce qui a motivé
ce
rejet du côté du Rassemblement national ?
Mais
ce budget n'a plus aucun sens. Il n'avait déjà aucun sens quand il a été présenté par le gouvernement. Michel Barnier avait menti aux Français, il faut le rappeler. Michel Barnier avait dit que ce budget serait essentiellement porté sur des économies et sur la chasse aux mauvaises dépenses. Il n'en est rien. D'ailleurs, tous les instituts indépendants ont pu le démontrer. En réalité, c'était toujours plus de taxes. Et ce budget, il a été modifié au sein de l'Assemblée nationale, notamment par le bloc de gauche qui a rajouté davantage de taxes. 60 milliards de taxes supplémentaires grâce à la gauche.
Mais dans l'esprit
faire
porter ces taxes sur les plus riches, dans l'esprit ORN, vous n'êtes pas d'accord ?
Mais les plus riches de quoi ? Excusez-moi, mais les taxes qui ont été proposées et votées par la gauche, c'est taxer davantage ceux qui... Le patrimoine des milliardaires, par exemple. Non, mais par
exemple, ils ont une voiture. Vous voyez,
ce n
'est
pas ça du tout.
C
'est au quotidien, les taxes sur les Français, sur les voitures, sur les bouteilles plastiques, sur les chaudières aussi, qui ont été taxées davantage. On taxe les Français qui ont des chaudières. C'est en réalité 60 milliards d'euros de taxes supplémentaires pour les Français, pour les classes moyennes et les classes populaires. C'est là où ment la gauche. La gauche,
c
'est une escroquerie dans ce budget. En réalité, elle vient tout simplement vider les poches des Français qui en ont besoin pour autant, alors qu'ils disent tout à fait l'inverse sur les plateaux télé. Pour
que nos téléspectateurs comprennent bien,
il y avait un budget
qui
n'était pas forcément extraordinaire, mais qui avait au moins pour ambition de remettre le pays dans des rails qui nous permet de nous financer, parce que c'est ça dont on parle. N'oubliez pas que l'ensemble des politiques dont on parle sont financées par de la dette, de l'empreinte que vous mettez sur vos enfants et qu'il faut présenter les
choses correctement. Donc le
budget
2025,
première
version,
vous l'auriez voté
?
Non, il y a plein de choses. Il y a des choses à changer. Non plus. Non, mais il
y
a des choses à changer. Ça fait partie de la négociation. Ce n
'est
pas illogique de dire ça. C'est le rôle du parlementaire et personne ne vous dira non là-dessus. C'est juste que là, ajouter autant de prélèvements obligatoires à ce pays, le pays ne s'en relèvera pas. Et le fait que les députés du socle commun aient déserté l'hémicycle, c'est un bon signal, ça, pour le jeu démocratique ? Vous savez, il ne
faut
pas jouer à ça. Vous savez très bien qu
'on ne
déserte pas.
Il
y a des commissions. Entre 10 et
20 députés présents à chaque séance. Je
peux continuer. Comme on vient de
le dire, il y a des négociations. On
sait que probablement, il y aura une procédure qui se jouera avec la commission mixte paritaire. C'est parce
que vous aviez
déjà acté que le
texte
irait au
Sénat et qu'il y aurait une commission mixte paritaire. Comment
avec des majorités aussi étrétées ? Vous avez refusé de combattre, on a l'impression. On n'a pas du tout refusé de combattre. Il n
'y a
pas
d'histoire de refuser. Ils ont laissé retourner la situation. Sur le fond, probablement. Probablement, un jour
ou l'autre, un 49%
n'arrive
pas
parce qu'il
faudra bien nettoyer et passer la
chose. On parlera
du calendrier dans un instant. Mais sur le fond, d'abord, je voudrais vous entendre du côté de la France insoumise. Matraquage, overdose fiscale. Qu'est-ce que vous répondez ?
Non,
la réalité, c'est qu'on pouvait proposer un autre budget que les économies.
J
'ai envie de dire les coupes drastiques qui sont en train de préparer.
À quel endroit, madame ? Sortez-moi un endroit où on fait une coupe. Non, mais vous parlez de choses.
Vous parlez de choses. Si vous me laissez terminer ma
phrase.
Donc il faut que je vous laisse dire...
En
général, en démocratie, on ne marche pas à coup de 49 ans,
on
essaie d'écouter les choses.
Non,
mais je vous pose juste la question. Donc, laissez-moi terminer.
Où
sont les coupes ? Justement, je vais le dire. Les coupes, elles vont être très concrètes.
C
'est-à
-dire
que les gens vont comprendre que les économies qui sont demandées, par exemple, aux collectivités, ça va être quoi ? Ça va être moins d'ATSEM, justement, puisqu'on parlait des classes. Ça va être moins de maintenance pour les bus, pour les transports, etc. Ça va être moins d'événements culturels. Ça va être plus d'attente, parce que les hôpitaux vont être durement saignés aussi avec ce budget. Donc ça va être plus d'attente aux urgences. Ça va être plus de difficultés pour se faire soigner. C'est ça, concrètement, de dont on a parlé. Et il y avait une autre possibilité. Nous, on a proposé des amendements pour faire en sorte, justement, d'avoir un budget qui soit rapproché de l'équilibre.
Et de toucher, non
pas l'ensemble des Français. Pour reprendre les oppositions
sur ce plateau, l'idée, c'est d'un ras-le-bol fiscal. Non, non,
non.
Énormément de taxes,
normalement d
'impôts. Et là, avec ce projet,
on allait encore plus loin. C
'est ce qui pose problème.
C'est pas
ça. Aujourd'hui, on a une injustice fiscale qui fait qu'aujourd'hui, l'effort est surtout concentré sur les classes moyennes. Et nous, ce que nous avions proposé, c'était justement de le répartir là où il y avait de l'argent.
C
'est-à
-dire
là où il y avait les plus riches. Par exemple, une taxe sur les dividendes, les super dividendes, c'est-à-dire ceux qui ont versé, qui ont distribué plus de 20% de dividendes par rapport à avant. Vous avez voté contre ça. Assumez de défendre les 167
milliardaires. Alors,
répondez
sur cette
question,
les
surdividendes taxés.
Non, non.
La gauche a mis toutes les entreprises dans le même panier et a dit on va taxer toutes
les
entreprises.
Non, les super
dividendes. Je suis désolé, mais dans les
mesures que vous avez
adoptées, vous faites taxer davantage les TPE et les PME. Je vous pose une
question. Non,
pas du tout. Laissez-moi finir. Pas du
tout.
Ensuite, sur les taxes. Les taxes que vous
avez rajoutées
touchent tous les Français. Et j'ai pris quelques exemples. Je me le suis noté. Vous
êtes sûr que vous ne vous
trompez pas
avec l'amendement et les
filles ? Parce que la dernière fois, en commission, votre député...
La taxe sur les
bouteilles d
'eau.
Excusez-moi, il n
'y
a pas que les riches qui boivent de l'eau en France jusqu'à présent. Taxe sur les ascenseurs. Taxe sur les carburants des pêcheurs. Taxe sur l'eau touristique. Taxe sur les assurances-vie. Est-ce qu'un Français qui a une assurance-vie est un Français qui est riche par définition ? La réponse est non. La vérité, c'est que vous avez taxé davantage les Français à travers ce budget. Et
la vérité, c'est également que la Macronie a laissé pourrer la situation.
Mais pas du tout. Vous
avez
accompagné, vous êtes sa béquille. Assumez-le. Un contre-budget. Les gens qui ont voté pour vous n'ont pas voté pour
ça.
Vous êtes une arnaque.
C'est ça que les gens
sont...
Est-ce qu'on peut fonctionner
avec un budget à base de taxes ? Est-ce qu'on peut fonctionner
Alors quand on
parle d'infos
recettes, on
est
obligé de
parler des taxes. Là, c'est le volet recettes.
Il
faut bien préciser que le budget se peut
voter en deux parties. La gauche ne parle jamais
d'économie sur la chasse aux mauvaises dépenses. Jamais.
58 milliards d'euros de recettes.
Vous êtes sûr
?
On peut les poser les choses. On peut parler des 58 milliards d'euros de recettes dans ce projet de budget. On peut en mantra
du début jusqu'à la fin. C'est-à-dire que vous n'êtes pas capable de citer un seul endroit une coupe de dépense. Parce que la réalité, c'est que le défaut de ce budget, même initialement, c'est qu'on avait annoncé qu'on ferait des baisses de dépenses. Mais il n
'y
a pas de baisses de dépenses. Il y a des hausses d'impôts et des transferts de charges. Et qu'on voit bien
dans
les
discussions qu'on
a beaucoup de mal à
faire des
baisses de dépenses. C
'est
difficile parce que la baisse de dépenses, on veut toujours que ça concerne l'autre, mais
jamais
soi-même.
Là, c'est les
recettes. Madame, la réalité, la réalité,
c'est que vous n'avez pas su le budget en train de voter les recettes.
Elle est assez simple. On a créé dans ce pays le coût du travail le moins compétitif du monde. Pour faire ça, on
fait ce qu'on appelle
les cadeaux aux entreprises.
C'est des baisses de charges
pour essayer de faire en sorte que l'emploi soit de nouveau possible. Et que qu'est-ce que vous faites en remontant les charges dans le pays où déjà les charges sur le travail
sont les
plus importantes des charges. Et les impôts sont les plus importants. Vous allez
pousser des gens
vers
le chômage.
Vous allez pousser des gens vers le chômage. Vous allez pousser de l'activité économique à l'extérieur du pays. Ça, c'est vous aussi. Vous
devriez bien vous entendre.
Mais c'est ça la réalité. Vous
ne referez
pas 1980 après 1980. Ça ne peut pas marcher. Ça ne peut pas marcher.
Parce que vous, vous croyez vraiment que vous avez un bilan qui permet
de
faire en remontant. Nous n'étions pas à
ce niveau d'imposition. Nous n'étions pas à ce niveau de dette. On travaillait plus de 39 heures. Il n'y avait pas le nombre de même congés payés. Et donc là, vous êtes en train de vouloir refaire 1981 alors que tous les curseurs sont sur la première place du
Pondiard mondial. On est en train de
respecter le vote des Français.
Je sais que vous avez du mal avec ça. Vous n'avez pas gagné l'élection sinon vous auriez le gouvernement. Si nous sommes arrivés premiers. Oui, mais vous ne l'avez pas gagné. Ce
n
'est
pas comme ça. Ça s'appelle une majorité pour gouverner. Vous ne l'avez pas. Mais vraiment, je vous assure que tout ce que vous êtes en train de dire, c'est-à-dire les entreprises qui ont des aides, le fait que les emplois aujourd'hui sont en train d'être détruits, c'est votre bilan. Vous êtes allié à qui ?
Vous
êtes bien lié avec les macronistes, non ? Donc assumez votre bilan. Tout simplement, alors que nous,
nous proposions de
relocaliser. Madame,
ce n'est pas du qu'emploi. Vous avez
du mal à le comprendre.
Vous voulez stopper les licenciements, etc. Mais c'est les entreprises qui ont le droit. Vous avez du mal à le comprendre. Ce sont des choix politiques.
Ce n
'est
pas un choix politique. Si
vous ne savez
pas faire, laissez. Si vous les laissez. Vous pouvez
aller juste Si vous les laissez gérer. Si vous
collectivisez la société,
c
'est votre rêve.
Faites-le.
Mais vous verrez ce que ça donne.
Alors, le temps passe. Le temps passe. Et je voudrais qu'on évoque a priori pour terminer ce chapitre budget, le calendrier. Le texte va donc désormais aller au Sénat. Puis, il reviendra en commission mixte paritaire avant un dernier vote
à
l'Assemblée nationale et probablement à un 49-3. Question ce soir. Est-ce que vous pensez qu'un compromis est encore possible sur ce budget 2025
où
on va inélectablement vers le 49-3 ?
Mais tout dépend si le gouvernement revient à la raison. Je ne parle pas de la gauche, évidemment. On n'attend pas d
'eux
qu'il revienne à la raison. Mais il faut rappeler que dans le budget initial présenté par le gouvernement, il y avait des mesures extrêmement dangereuses pour l'économie et pour l'emploi. Je pense, par exemple, au fait d'alourdir le coût du travail. Ça, c'est une mesure dangereuse avec des suppressions d'allègements de charges.
C'est en discussion encore. C'est en discussion.
C'était inscrit noir sur blanc, en tout cas, dans le projet présenté par Michel Barnier. Et là, c'est un danger parce que ça veut dire augmentation du coût du travail,
ça
veut dire des licenciements à la clé, notamment dans
des
sectes qui sont très compliqués, pas que d'ailleurs. Et tout ce qui vise à alourdir le coût du travail va avoir des conséquences désastreuses pour l'économie du pays et pour l'emploi. Et les Français n'ont vraiment pas besoin de ça en ce moment. Donc, si le gouvernement revient à la raison, si le gouvernement regarde de près le contre-budget que le Rassemblement national a présenté et qui vise essentiellement à faire des économies sur les mauvaises dépenses, c'est ça aussi, d'ailleurs, qu'attendent les Français, c'est que l'on fasse la chasse aux mauvaises dépenses. Aujourd'hui, on le sait, il y a des dépenses qui sont nocives.
On a 1 200 agences gouvernementales qui coûtent un pognon de dingue comme dirait l'autre. On a des économies à faire également sur l'immigration. Bref, on a beaucoup d'économies à faire qui permettent de ne pas avoir à taxer davantage les Français.
Le
49.3, scénario le plus probable à la lumière des difficultés que nous
avons à nous entendre. Ça fait partie des outils, peut-être que ça sera nécessaire. Après, je voudrais revenir sur les... Il n'y avait pas de hausse de charge. Il y avait un article dans la loi de sécurité sociale
qui
est mal né, mais qui est mal né, mais qui voulait répondre à un sujet profondément français qui est le problème des bas salaires et des trappes à bas salaires qu'on a créées parce que justement, on a créé le coût du travail le plus lourd au monde et qu'on a créé des baisses de charges sur les bas salaires. Ce faisant, on a tiré une large partie de la population vers le SMIC, proche du SMIC. Et l'article 6 en question dont vous parlez, il visait à répondre à ça. Il est mal écrit, il est mal né,
mais
il n'empêche que c'est un problème qu'il faudrait qu'on arrive à régler un jour. Parce que c'est ça qui est catastrophique pour la plupart de nos concitoyens. Ils travaillent, ils
se donnent dur à l'effort
et ils ne sont pas assez payés par rapport aux efforts qu'ils fournissent. sur
le calendrier,
il y a évidemment ce scénario de 49-3 et on sait déjà que la gauche déposera une motion de censure. C'est le scénario
pour vous, inéluctable ? En vérité, le scénario qu'on a sous les yeux, c'est qu
'on
montre que le nouveau Front populaire est prêt à gouverner parce qu'on est en capacité de montrer un budget qui est quasiment à l'équilibre. Qui est quasiment à
l
'équilibre.
Je vous ai parlé ce
soir de victoire. Parce qu'en réalité, on a pu avancer,
on
a pu faire des propositions,
on
a pu trouver des compromis en commission parce que nous, on a travaillé. Et donc, on a pu avancer sur des thèmes et les faire voter. Aujourd'hui, ceux qui refusent la démocratie, ce sont toujours les mêmes. Ceux qui font... Je suis désolée,
normalement, il faut vous assouder. C'est de
vous expliquer qu'il va falloir faire la révolution.
On a compris. Vous
avez beaucoup de mal à me suivre. Par contre, quand c'est le Rassemblement national, vous
êtes très attentif. J'ai pas de mal à vous suivre. On voit que le centre commun est bien là.
On vous voit. Vous inquiétez pas. La seule chose que je veux apporter,
c'est que... Vous êtes dans l'excès.
Non, monsieur.
C'est que vous construisez
une victoire que vous n'avez pas
vue. Je vous expliquez que vous faites la
révolution demain.
Non,
monsieur. Ce
qu'on est en train de présenter, c'est un vrai
sujet. Juste quand même préciser qu
'on
a ici un gouvernement qui sort avec 1 000 milliards de dettes qui nous a mis aujourd'hui devant...
La
moitié vient des
régimes de
retraite. Monsieur. Notamment le
retraite des fonctions publiques. Arrêtez de faire un
pot au retraité. On va
parler à 420 milliards, madame, sur les 7 ans.
420 milliards. Les retraités, aujourd'hui, n'ont pas une situation envieuse.
Et
qu'aujourd'hui,
leur fin est poche. Je ne dis
absolument pas ça.
C
'est
indécent.
Il y a quand même une bonne nouvelle pour les retraités. Bonne nouvelle qui a d'ailleurs été annoncée par Laurent Wauquiez. Patricia, les retraites seront finalement bien revalorisées dès le 1er janvier.
Oui, il a grillé la politesse, si j'ose dire, Laurent Wauquiez au ministre du Budget. C'est en accord avec le Premier ministre, d'ailleurs, qu'il a grillé la politesse. C'est en fait une sorte de deal passé entre les deux hommes. Wauquiez, il assure sa posture de soutien à Barnier. Et en échange, Barnier lâche sur l'indexation des retraites et donne même le droit à Wauquiez de l'annoncer au 20h, c'était hier soir. Coup politique réussi pour le député Wauquiez. Il a parlé aux retraités, c'est le cœur de son électorat. Et puis, il en a profité pour se replacer au centre du jeu chez les Républicains.
Seulement, voilà, la mauvaise manière de Laurent Wauquiez, elle a fait grincer des dents dans le socle commun et notamment chez les macronistes. La méthode de Laurent Wauquiez est assez pitoyable, rumine un député, mais pas question tout de même de le laisser gagner du terrain ni de lâcher le socle commun et de se vanter d'avoir finalement sauvé les retraités. Laurent Wauquiez, sauveur des retraités, on ne va pas le laisser faire. Les macronistes veulent aussi leur victoire et qu'on vient obtenir gain de cause pour limiter, en faisant comment ? Eh bien, pour limiter la baisse sur les allégements de charges patronales.
C'est sur ce sujet-là qu'ils sont en train de discuter avec Michel Barnier et visiblement, ça prend plutôt un bon chemin.
Si
Barnier n'en tient pas compte de ces allégements de charges patronales, eh bien, si Barnier n'en tient pas compte, la question de notre participation au gouvernement se posera, menace un député ensemble pour la République, un député attaliste, voilà qui est clair. Si le Premier ministre veut garder tout le monde autour de la table, il sait ce qu'il lui reste
à
faire. Merci beaucoup, Patricia. Vous disiez au début de cette intervention de Patricia que finalement, ce n
'est
pas une si bonne nouvelle pour les retraités. Pourquoi ?
Non, mais il ne
faut
pas mentir aux Français. La réalité, c'est quoi ? C'est que le gouvernement a voulu faire 4 milliards d'économies sur le dos des retraités et finalement, il n'en fera que 3,4,5 milliards. Quand on
n
'indexe pas les retraites sur l'inflation,
en
réalité, c'est une baisse du pouvoir d'achat et ça, il faut bien l'expliquer. Et donc, quand on dit que finalement, on va indexer un petit peu, en tout cas à hauteur de la moitié de l'inflation de l'année dernière, en réalité, on diminue la baisse du pouvoir d'achat des retraités. Donc, ce n
'est
pas du tout un cadeau que l'on fait aux Français retraités. Rien à voir. En réalité, on va redonner 500 millions d'euros, on va redonner entre guillemets aux retraités alors même qu'on va leur prendre 3,5 milliards d'euros. Donc, la réalité, c'est ça. Et ensuite, la deuxième mesure qui a été annoncée par M. Wauquiez, c'est une indexation partielle en juillet prochain qui ne concernera que les retraités qui touchent une pension de retraite inférieure au SMIC. Donc, c'est un gros mensonge de la part de M. Wauquiez et du gouvernement qui se sont alliés pour faire croire aux retraités qui les avaient entendus.
Alors, sur les retraites, on prend d'une main et on reprend d'une autre. C'est en quelque sorte ce que nous dit ce soir Yohan Gillet.
Je répondrais que d'un point de vue de communication, c'est plutôt bien joué de la part de leur convoquer puisque le principe, c'était de désindexer sur six mois. Il fait moitié de l'inflation sur 12 mois, ce qui revient exactement au même. Mais ça a l'air d'être plus agréable à l'écoute. Et après, l'autre chose, c'est qu'on protège les petites retraites. C'est ce qu
'on
demande depuis le départ.
C
'est de ne pas abîmer les petites retraites. Ça me paraît être correct. Et après, je vous rappelle qu'attention aux victoires à court terme, n'oublions pas qu
'on
ne cotise pas pour soi-même,
on
cotise pour les autres. Moi, ce qui m'inquiète, c'est qu'on ne fait rien pour ceux qui travaillent et qui cotisent et qui permettent de payer les retraites. Si demain, on continue comme ça à ne pas s'occuper des actifs
et
à ne pas s'occuper des jeunes, notamment, et l'innovation et du travail, on va avoir du mal à payer les retraites. Vous évoquiez ces petites
retraites, on apprend aussi que seules ces petites retraites auront droit à un nouveau coup de pouce en juillet. Ce n
'est
pas un coup de pouce.
Non, en fait, c'est une baisse.
C
'est une baisse, concrètement, c'est-à-dire que pour les plus petites retraites, elles devaient être valorisées le 1er janvier. Elles devront attendre le 1er juillet.
C
'est
-à
-dire que, imaginez, normalement, c'est dans le code de la sécurité sociale que je suis en train de dire. Donc, en fait, on
leur enlève un droit.
Je
parle
des plus petites retraites.
Comme les plus
petits salariés. Là, je parle des plus petites retraites. Comme les salariés qui gagnent mal
leur
vie, sont au SMIC.
Mais
je crois que...
Eux
participent aussi à l'effort. Tout le monde va devoir participer
à l'effort.
Mais nous, nous avons justement proposé un budget qui fait que ce n'est pas à eux de participer à l'effort parce qu'ils sont déjà à la gorge. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, en 4 ans, le nombre de personnes qui ont du mal à se chauffer a doublé. C'est une honte. C'est ça, leur bilan à eux. Et ils essayent de le cacher en coupant les personnes ou en inventant des chiffres. Mais la réalité, c'est qu'ils sont en train d'appauvrir les gens. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les classes moyennes sont en train d'être déclassées. Aujourd'hui, on a des difficultés pour tout, pour les besoins les plus élémentaires.
Aujourd'hui, faire ses courses avec son caddie plein, sans regarder la note et des fois, en devant en enlever, aujourd'hui, ça devient monnaie courante. C'est ça qu'on est en train de vivre. Et ça, c'est le résultat de leur politique. Et ils viennent encore péroré sur les plateaux. Ils devraient avoir honte.
Ils
devraient s'excuser de ce qu'ils sont en train de faire.
Tout ce que vous avez mis en place sur vie depuis 40
ans. Aujourd'hui, le fait est
que
on est dans une politique qui est en train de paupériser les gens et de privilégier certains. C'est ça qu'il faut garder à l'esprit. C'est qu'aujourd'hui, on vient d'annoncer que les revenus des patrons du CAC 40 ont encore augmenté. On est passé d'un rapport de 1 à 70 dans les années, il y a 20 ans, à 1 à 95. Imaginez, ça veut dire qu'il y a quelqu'un qui gagne 95 fois plus que vous.
Ça devrait même pas exister dans des entreprises qui sont aujourd'hui en plus. Vous évoquez les difficultés
sociales. On va en parler avec Alexandre Hébert qui nous a rejoint. Alexandre, lourd climat politique, on l'a vu en ce moment avec les difficultés liées au budget. Lourd climat social également. Vous vous êtes penché sur le calendrier des mouvements sociaux et des grèves.
Absolument. Et cette fin d'année va être assez chargée en termes de mouvements sociaux.
On
va regarder ensemble le calendrier. A commencer donc par le 14 novembre, cette grève dans le secteur aérien. Grève à l'appel du syndicat national des pilotes de ligne pour protester contre la hausse d'une taxe sur les billets d'avion. Ce syndicat étant majoritaire dans la profession. Il pourrait y avoir donc de grosses perturbations ce 14 novembre. Et puis, les syndicats agricoles eux aussi appellent à la poursuite de leur mouvement. Poursuite qui est prévue pour l'instant au 15 novembre par la FNSEA et les jeunes agriculteurs avec un deuxième rendez-vous qui sera également à Scruté. Ce sera le 19 novembre où là, c'est la coordination rurale qui appelle à, je cite, une révolte agricole.
Ce qui pourrait donc mener à un mouvement d'ampleur comme on avait pu le voir au mois de janvier avec tous ces barrages sur les autoroutes. Et puis, pour cette fin d'année, la SNCF également prévoit un gros mouvement de grève. Mouvement qui va se faire en deux temps. Tout d'abord, le 21 novembre avec une première journée de grève qui mènera ensuite à une grève illimitée à partir du 11 décembre. Les syndicats de cheminot protestent contre le démantèlement de la filière de fret de la compagnie et tout cela pourrait mener à un mouvement très important. Il reste cependant une dernière inconnue, c'est la fonction publique.
On sait que leurs syndicats sont en train de discuter de la mise en place d'un éventuel mouvement de grève, notamment pour protester contre la réforme annoncée des arrêts maladie. discussions qui, selon nos informations, vont reprendre jeudi en fin de matinée et qui pourraient donc mener là encore à un mouvement d'ampleur.
Merci beaucoup Alexandre pour toutes ces précisions. Cette addition des colères sociales, c'est un sacré défi également pour la coalition gouvernementale
qui
n'en a pas franchement besoin en ce moment.
Oui,
enfin, personne n'a besoin de ce genre de situation et surtout pas le pays, à vrai dire. Il y
a
un moment, je ne sais pas si tout le monde se rend compte de la réalité du pays. On a plus de 3 000 milliards de dettes, on dépense tous les ans plus de 150 milliards de
plus que ce qu'on encaisse. Ces gens sont
irresponsables d'appeler à la grève ? Les agriculteurs sont irresponsables
? Non, alors
attendez,
je pense que ça
ne serait pas responsable de mettre des agriculteurs sur le même plan que les
syndicats de la fonction
publique qui appellent à la grève par rapport au débat sur les délais de carence. C'est ça dont on parle. Vous dites ces gens. Non,
mais le
pays est dans une situation extrêmement dure.
On
a un choix qui est assez simple, qui est, est-ce qu'on est capable
à
un moment
de
regérer correctement nos dépenses publiques pour avoir un meilleur service pour chacun et petit à petit, à terme, dans très longtemps, parce qu'il faut dire les choses comme elles sont, pour baisser la pression fiscale,
il
faudra attendre très longtemps, mais en tout cas de
revenir,
de produire pour pouvoir conserver un modèle social pour pouvoir faire en sorte que le pays puisse se défendre et
que
les salaires soient corrects. Et ce sera le
mot de la fin. On doit s'arrêter là.
Ou est-ce qu'on décroche ?
C'est ça
le
jeu. Ce
sera le mot
de
la fin.
Merci beaucoup. Merci beaucoup à tous les trois, à tous les quatre pour ce débat intense ce soir dans l'heure politique.
Yoann Gillet