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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 22 avril 2026 65 min

François Hollande : "J'ai peur du temps qui passe"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je n'ai aucune relation passionnelle à l'égard du pouvoir. Je vis sans exercer le pouvoir depuis presque 10 ans. Au premier tour, vous saurez qui va être président de la République et les Français feront tout pour que leur choix de premier tour sera le choix décisif.

Le vote utile sera la mécanique du scrutin de 2027 à droite comme à gauche. Est-ce que Emmanuel Macron aurait dû vous consulter plutôt sur Vladimir Poutine ? Bon, Emmanuel Macron n'a jamais souhaité l'échange qui aurait permis euh d'avoir euh au moins une transmission d'expérience.

S'il l'avait fait, je l'aurais mis en garde beaucoup plus tôt. En ne lui laissant pas croire que la séduction euh les invitations, euh une espèce de complicité ou de connivance pourrait avoir le moindre effet et sur Vladimir Poutine et sur Donald Trump. Votre père, qu'auriez-vous aimé qu'il vous dise ? qu'il était fier euh que je sois devenu euh prétisant de la République.

Et ce que j'aurais voulu qu'il me dise, c'est qu'il avait confiance dans le genre humain, mais il me l'a pas dit. J'ai peur du temps euh qui qui passe. J'ai peur de de ce que la vie maintenant va me limiter comme possibilité.

Mais ce qui compte, c'est de donner pour le peu de temps qu'il nous reste le maximum, la plus grande intensité. Ce qui compte, c'est pas le la longueur du temps, c'est la la profondeur du temps, c'est l'intensité du temps. Dans les yeux d'Agath, François Hollande.

Bonjour et bienvenue François Hollande, bonjour. Il n'y a que h présidents sous la 5e République et vous en faites partie. Et je suis très heureuse d'avoir un membre de ce club très fermé, très sélecte dans mon podcast.

Moi, j'ai envie de comprendre ce qu'il y a derrière ce que les femmes et les hommes politiques donnent à voir. J'ai envie de comprendre comment on devient ministre, comment on atteint le sommet de l'État, comment on devient président de la République. En l'occurrence, on se dit souvent quand on vous observe, ces gens-là, ils sont pas comme nous.

Ils ont une case en plus ou une case en moins. Est-ce qu'on se trompe ? Oui, je pense que au départ nous sommes euh tous des citoyens qui peuvent être plus ou moins intéressés par euh la vie politique, mais qui sont tous concernés par la vie de leur pays.

Quand est-ce que un enfant euh pense qu'il va être prétident de la République ? C'est tôt, il y a toujours des moment vous y aviez pensé très tôt. Je suis pas sûr que je faisais partie de cela, mais il y a toujours des moments dans un parcours où on se prend pour un joueur de football, pour un président de la République parce que c'est une personnalité qu'on voit à la télévision mais c'est pas ça qui fait un engagement.

Moi, c'est vraiment au moment de de l'adolescence où je me suis posé des questions. Qu'est-ce que ça voulait dire se présenter à des élections ? Qu'est-ce que ça voulait dire diriger un pays comme la France dans une société qui était déjà particulièrement compliquée, agitée, on était dans les années 70.

Donc je me suis intéressé et ensuite il y a toujours une part de hasard dans dans la vie. Oui. Alors, vous dites y a une part de hasard justement, moi je trouve que quand on observe votre parcours Science Po HC, l'ENAT, l'ENAT dont vous sortez 7e, ensuite vous êtes premier secrétaire du du PS pendant 11 ans, vous êtes député, vous êtes maire, président du conseil général de Corè puis président de la République.

On a l'impression justement que dans ce parcours il y a pas beaucoup de place pour le hasard. On a l'impression que vous êtes né en ayant un objectif et que vous avez tout fait pour ne pas dévier de cet objectif. Bah c'est pas tout à fait vrai parce que j'étais né à Rouan, mes parents n'étaient pas spécialement dans la vie politique.

Ben mon père avait des engagements très à droite d'ailleurs. Mais mais il n'y avait pas de volonté que je suive ce parcours-là. Et si d'ailleurs mes parents n'avaient pas déménagé à Paris, si je n'avais pas rencontré des personnes qui m'avaient plutôt orienté dans cette direction, peut-être que j'aurais fait toute autre chose.

Mais vous étiez pas prédestiné, pas hérité. Mais je me serais toujours intéressé à la vie politique. J'aurais peut-être pas fait ces étudeslà, mais j'y serai finalement revenu vers la politique parce que c'est ça qui me qui me paraissait le plus important pour que le pays puisse éventuellement changer et que j'y puisse prendre ma part.

Et j'avais cette envie de représenter les autres. Ça c'est ça m'est venu très tôt dès l'école. Oui, ça ça ça m'intéressait de d'être l'expression de ce qui se dit qui ne parvenait pas à s'exprimer qui qui n'arrivait pas à dire ce qu'ils avaient peut-être sur le cœur.

Donc, je me mettais dans ce rôle- làà d'être un transmetteur, un haut-parleur, un porte-parole. Voilà, c'était ça ma vocation parler non pas pour dire ce que je pensais seulement, mais pour dire ce que les autres pensaient n'arrivaient pas à dire. Vous vouliez les représenter, vous évoquez votre père.

À l'origine, il y a vos parents qui viennent pas du même bord politique. Il y a votre père qui était médecin ORL, qui était proche des milieux d'extraproite, favorable à l'Algérie française et en face votre mère, une femme de gauche, socialiste, catholique. C'est c'est pas banal d'avoir ce ce clivage là politique entre ses parents.

Est-ce que ça vous a construit ? Oui, j'ai j'ai remercié mes parents, pas simplement parce qu'ils m'avaient mis au monde, mais je les ai remercié pour leur différence, précisément pour m'avoir permis d'exercer mon sens critique, euh d'entendre ce que pouvait être une parole de droite extrême notamment par rapport à la question algérienne. Et puis ma mère qui était assistante sociale en en usine me parlait de la condition ouvrière.

Mes parents ne s'entendaient pas bien en plus. Donc ça faisait des des débats internes à la maison et qui m'ont d'une certaine façon construire, qui m'ont rendu curieux. Voilà, si je pouvais donner un euh un exemple de ce qu'est la curiosité, c'est de se dire pourquoi euh un père qui paraît être plutôt généreux euh devient aussi euh euh distant par rapport à une question de la décolonisation dans laquelle il n'a aucun intérêt.

Il n'avait aucune racine en Algérie, mais il était devenu un passionné. Comment on arrive à à finalement perdre non pas la raison ? était très très argumenté mais à perdre le sens commun.

Quant à ma mère, on était en plein M68, j'avais 13 ans et je lui demandais comment ça se passe, pourquoi il y a une grève général et elle m'expliquait donc de ce de cette ressource là, je veux leur rendre hommage. C'est fort ce que vous dites quand même. Vous dites comment on en vient à perdre ce sens commun.

Vous en avez voulu à votre père, vous avez eu des oppositions fortes ? Non, je je me suis pas construit du tout contre lui. J'ai essayé de comprendre euh et j'ai analysé ce qu'était cette pensée-là.

Euh c'était une pensée qui euh était finalement très noire, très pessimiste, qui n'avait pas du tout de confiance dans la nature humaine, qui croyait que le monde allait s'écrouler. Euh ma mère était tout le contraire, elle était solaire, elle était lumineuse et elle croyait peut-être aussi parce qu'elle était catholique, elle croyait dans dans l'espérance. Elle était toujours même dans le moment les plus les plus lourds, toujours en train de se dire mais qu'est-ce qui va arriver de mieux ?

Donc c'est c'était ces deux film contraire, le soleil et et la nuit, le jour et la nuit en tout cas et qui m'ont quand même, si je puis dire, éclairé. Vous Il était sévère votre père ? Oui, il était sévère.

Il était sévère surtout avec mon frère. Donc j'ai trouvé ça assez injuste parce que c'était toujours mon frère qui prenait à ma place. Donc prenait quoi ?

Des coups, il était violent. Ouais, il pouvait prendre des coups. Oui.

Et ma mère qui finalement c'était bien légitime surréagissait pour protéger mon frère. Donc j'étais dans une à la fois d'une situation d'observateur voir que il y avait des conflits et d'acteur parce que je prenais quand même le parti de ma mère. Vous vous êtes réconcilié avec votre père s'il y a eu besoin de Mon père a vécu jusqu'à 96 ans et il est mort pendant la période du Covid.

Mon père toute sa vie pensait que le monde allait s'effondrer et précisément il est mort quand il a eu le sentiment que le monde euh s'effondrait avec la crise sanitaire. Mais on avait des liens qui étaient néanmoins forts parce que euh il y avait ce ce souvenir de nos de nos de nos vies de ma mère qui était décédée beaucoup plus tôt et donc je l'ai accompagné jusqu'au dernier moment. Si j'ai souffert, oui, de façon apaisée.

Et si j'ai souffert, c'est précisément de ne pas pouvoir pendant la période du Covid être là à ses côtés au moment où il est parti. Votre père, il a observé votre mandat, il l'a commenté ? Mon père ne voulait pas que je m'engage en en politique.

Non, pas qu'il pensait que je devais pas avoir des idées contraires à lui. Non, c'est pas ça. C'est qu'il pensait que c'était pas ma place.

C'est-à-dire au sens où pour lui euh la réussite ne venait pas de d'une vie euh politique électorale accompli jusqu'au euh à être à l'Élysée. Pour lui, la la politique était un un rejet qu'il qu'il faisait et donc il a essayé de vous en dissuader ou non ? il a il a il a tenté au tout début après il a il a regardé et quand je suis devenu président de la République bien sûr ce ce ce soir là du 6 ma je l'ai appelé au téléphone pour lui dire voilà je te préviens dans quelques minutes tu apprendras que je suis président de la République.

Et là, il m'a dit, "Bon, je pense qu'il en était malgré tout heureux et fier, mais il m'a dit "Oh là là, qu'est-ce que tu vas souffrir ?" Il avait pas complètement tort complètement tort. Donc, son pessimisme de ce là était assez bien vu.

Il avait voté pour vous ou pas votre père ? Je ne sais pas. Il voulait je je pense qu'il l'avait fait mais il me l'a pas dit.

Et vous avez pas voulu le savoir. Je je je pas voulu le savoir. Je vais pas poser la question.

Je je pense qu'il l'avait fait et mais je n'ai pas voulu le le mettre devant cette cet ave. En tout cas, il avait pas voté pour François Mitterran. Euh non, il n'avait pas voté pour François Mitteran.

La première fois que je l'ai vu voter, j'avais 10 ans, il avait voté pour euh Dixy en cours. Donc c'était quand même Ouais, on était loin. On était loin.

Et d'ailleurs vous évoquez le fait que vous avez rejoint Paris. En fait, vous avez rejoint Neï quand vous aviez quoi ? 14 ans.

Vous devez vous devez quitter Rouan précipitamment. Oui, j'avais ma ma vie de d'enfant et déjà de préadolescents à R. J'étais très attaché à cette ville.

Je le suis toujours d'ailleurs, même si je vais beaucoup moins. Et quand je suis parti, oui, j'ai j'ai j'ai c'était un déracinement pour moi. Ça arrivait à Neili.

Oui. Vous quittez Rouan pour aller dans une des villes les plus chices de Paris. Vous découvrez une nouvelle bourgeoisie.

Oui, je venais de la campagne parce que on habitait à côté de Ran dans une ferme que mon père avait aménagé. J'arrive dans un milieu qui m'est totalement étranger. Euh et donc ça me construit aussi d'une certaine façon et puis à l'époque, il y avait quand même plus de diversité sociale qu'il y en a sans doute aujourd'hui.

Il y avait pas vous avez pas souffert comme ça peut être le cas d'un mépris de classe. Vous vous êtes pas dit je suis pas à ma place, il faut que je m'habille comme ça, j'ai pas les coutumes. si j'ai pu avoir ce sentiment de ne pas avoir les rites et les et les usages de ce milieu, mais comme je vous l'ai dit, la qualité principale c'est d'être curieux.

Il faut essayer de comprendre où on est. Est-ce que c'est représentatif d'un d'un milieu ou représentatif de de davantage de la France ? Bah, c'est une partie de la France.

Et puis j'ai rencontré aussi des des femmes et des hommes qui qui que j'ai gardé comme amis. toute ma toute mon existence notamment la troupe du splendide. Oui, une partie pas comédien mais on on éétait pas dans les forcément dans les mêmes classe mais mais que j'ai vu plusieurs occasions puis autour d'autres des médecins que que je vois encore qui sont restés aux amis.

La découverte de la politique pour vous, est-ce que c'est François Mitteran ? Oui, c'est François Mitterrand parce que le congrès d'épinés 1971, même avant euh donc j'ai 11 ans euh première élection présidentiel au suffrage universel 1965, je vois général de Gaulle, même quand on est enfant, ça impressionne. Euh c'est le libérateur.

C'est un personnage qui parle pas comme les autres. Euh qui est là depuis toujours, croit-on ? Enfin, quand on a un regard d'enfant, on a connu que lui.

Et je vois la figure de François Mitteran avec une expression à la télévision qui n'est pas forcément aisé, qui cligne de l'œil mais qui dit des choses qui me paraissent disons différentes. Après, arrive 6 ans plus tard le congrès d'épinés. Je suis là donc au lycée et je me dis ça c'est c'est lui qui va permettre qu'il y ait un changement parce que on était dans un dans un pays à l'époque, ça peut paraître curieux pour nos auditeurs mais on avait connu que le système golis quand on avait donc une vingtaine d'années ou même trentaine d'années et donc je vois François Mitteran je vois ce qu'il fait prendre un parti je vois ce qu'il ce qu'il affirme la possibilité d'une alternance et donc je je suis ce personnage, il vous donne envie de de vous engager.

Oui. Et on on a dit souvent qu'il y avait un mimétisme entre vous. En tout cas, au début François Mitteran c'était quelqu'un de qui avait un langage corporel très riche qui jouait avec ses points, ses bras, ses coudes sur le pupitre.

Vous votre meeting, votre grand meeting au Bourget en 2012. Alors là, on voit François Mitteran qui s'accoude comme ça sur son pupitre. Vous avez fait la même chose ensuite au Bourget.

Est-ce que vous avez il y a eu une envie de de de de pas de limiter mais en tout cas de de s'inscrire dans cette gestuelle qui était très forte, il était très charismatique. L'aroratoire fait partie de de la politique. à la fois écrire un discours, l'exprimer avec des mots là, on vous voit avec et avec les gestes et et donc d'être en lien avec ceux qui vous regardent les les amener à être dans une forme de complicité.

Oui, ça c'est de de l'art oratoire que j'ai considéré comme important à à observer, pas à imiter mais à utiliser la la gestuelle. Oui, ça fait partie aussi de de cette communication, les silences qui sont importants dans les discours. Je dis pas autant que les textes, mais si des moments où on change de rythme, l'humour François Mitteran avait toujours une dans moment de son discours un trait très très caustique le plus souvent.

Finalement ce qu'on attendait dans un discours, on attend toujours un moment et ce moment ça va être quand on va parler bien sûr des concurrents, des adversaire et qu'est-ce comment on va qu'on va les imager, comment on va les finalement les les dénoncer non pas pour les porter les mettre au pilori mais pour essayer de de leur donner le coup de grâce si je puis dire. Ah vous êtes en train de nous dire que l'humour ça viendrait de François Mit ou Ah oui, il n'y a pas de politique sans humour. Il y a il y a pas de politique sans réflexion. sans idées, sans argumentation, mais il y a toujours la nécessité de mettre de l'esprit, de faire que ceux qui vous écoutent, alors ça peut être dans une salle, ça peut être aussi à la radio ou à la télévision, puisse à un moment euh euh être euh retenu par un rire ou par un sourire de se dire "Oui, il m'ouvre l'esprit et et donc je peux continuer à l'entendre." Votre quinquena est émaillé de petites blagues de de trait d'esprit aussi d'humour.

Je voudrais qu'on écoute deux extraits. Le premier c'était au salon de l'agriculture quelques mois après votre élection. Allez bon courageir Nicolas.

Ah bah ou tu verras plus. Monsieur le ministre de l'intérieur qui va nous quitter peut-être pour aller en Algérie. Il en revient sain et sauf c'est déjà beaucoup.

Alors la la blague sur Manuel Vals qui est rentré d'Algérie, votre ministre de l'intérieur, ça avait fait rire certains mais l'Élysée avait dû s'excuser quand même. Pas fait les Algéries qu'il avait pas compris forcément ce sens de l'humour. On peut comprendre.

Lionel Jospin vous avez dit François ton humour te perdra. Est-ce qu'il y a pas quelque chose de qui touche juste là-dedans ? C'estàd que vous seriez prêt à tout pour un bonbon ?

Je pense que c'était un conseil que me donnait Lionel Jospin. Il avait raison. On doit pas aller jusqu'à la recherche du bon mot et on doit aller vers le juste mot.

C'estàdire la politique c'est de mettre les mots justes pour que les actes puissent être également vrais. Mais quand quand Arnaud Mondbourg avait dit le seul problème de Solenes royal c'est son compagnon ça ça vous avait pas fait rire ? Non parce que là c'était une méchanceté par et et qu'il n'était pas utile dans une campagne électorale puisque c'était celle de ces golines royal.

Non, c'est pas pareil. Pour que l'humour soit juste lui aussi, il faut commencer par soi-même. C'est toujours la première condition pour après pouvoir être plus dur avec ce qui que vous pouvez éventuellement moquer.

Mais donc, il faut que l'humour ait aussi une part de de de de gentillesse, une part de grâce. Et est-ce que quand on est président, ça peut-être utile l'humour ? Vous disez, c'est un peu un pas de côté.

Il y a eu des situations très compliquées euh avec des chefs d'état, des situations de crise difficiles où l'humour vous a permis peut-être parfois de désamorcer une situation. Oui. ou ne pas avoir pu rentrer dans le détail.

Je vais donner un exemple. La première fois que j'ai rencontré Vladimir Poutine, c'était donc à l'Élysée, c'était au mois de juin 2012 et il avait déjà été intempestif marquant une volonté de non pas d'agressivité mais de rapport de force. Et j'ai eu cette phrase en disant puisqu'on m'a interrogé sur l'impression que m'avait donné Vladimir Poutine, j'ai dit "La la première impression est toujours la bonne et l'impression que j'ai eu ce jour-là a été la bonne." C'est-à-dire qu'il ne comprend que les rapports de force et qu'il est toujours en train de de regarder comment il peut nous nous agresser quelquefois pas militairement.

C'est là c'est les Ukrainiens aujourd'hui qui le sont. Mais mais mais pousser ses avantages, il faut toujours le mettre à sa place. Ça vous l'avez compris tout de suite.

Comment on se prépare ? Euh on on a beaucoup ont en tête cet échange entre Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozi. Enfin, ils avaient eu un rendez-vous et ensuite Nicolas Sarkozi était apparu en conférence de presse complètement sonné.

Euh la presse même s'était interrogée sur le fait de savoir s'il avait bu. Et en fait, non, pas du tout. Il était chaos à cause de son échange avec Vladimir Poutine.

Ça donne une idée de la brutalité de des échanges avec lui. J'imagine que vous étiez préparé particulièrement. Oui.

Oui. Oui. Parce que Poudine peut alterner euh le chaud et le froid ou le brûlant et le glacial dans une conversation.

C'estàd être particulièrement aimable, je n'ose pas dire affable ou doux, amical. puis à un moment sortir de ce rôle et proférer une attaque ou une provocation ou un mensonge qui vous sidère et donc qui vous met dans une position où vous avez baissé la garde. C'est très habile de la part n'a pas été espion pour rien.

Il vous fait baisser la garde et il donne un coup. Donc, il faut être toujours euh finalement euh avec une une forme de protection en sachant qu'à un moment ça peut dériver. Je vais vous donner un exemple.

Euh lorsque euh un an plus tard, ma première rencontre euh j'étais au Kremelin et qu'il évoquait euh que j'évoqué plus exactement la situation en Syrie. Vous vous souvenez son soutien à Bachar Al-Assad. Euh je sentais que ce ça le ça l'a disposé euh qu'il avait une forme d'énervement intérieur puis à un moment il il a une certaine façon explosé et il a dit ça vous a pas suffi la guerre d'Algérie comme ça parce qu'il avait aucun aucun sens. cette comparaison était était tout à fait inappropriée mais c'est ça sa méthode.

Tous les coups sont permis et les plus et il n'est pas le seul à pratiquer ça d'une autre façon. C'est pas forcément le même caractère et et la même façon de faire. Mais Donald Trump profé profère aussi des choses tellement énormes que vous en êtes sidéré.

Donald Trump que vous avez eu au téléphone parce vous êtes un peu croisé. Il a été élu à la fin de votre mandat. Je je je partais, il arrivait mais il est capable de de sortir une énormité.

Alors on va dire "Oh, il a perdu là aussi le sens de la raison." Non, il l'a peut-être perdu. Mais il va jouer de cette grossièreté de cette énormé pour vous désarsonnais.

Donc dans ces rapports-là qui sont des rapports entre chef d'état ou chef de gouvernement, il faut bien comprendre ce qui est de l'ordre de de l'argumentation que vous pouvez suivre et ce qui va être de l'ordre de de la provocation qui vise uniquement à vous déstabiliser. Et ça, il faut s'y préparer. Il faut s'y préparer et il faut aussi peut-être apprendre soi-même à devenir brutal.

Je je ne pense pas moi que il faille copier ce que l'on finalement dénonce. Il faut toujours, enfin ça a été ma position toujours être sur le terrain de la vérité, de la raison, de l'exactitude, d'obliger l'interlocuteur à revenir au fait et uniquement au fait. Mais euh comme ils peuvent être gênés par la vérité, le mensonge va être leur réponse.

L'exemple, c'est lorsque j'évoque avec euh Poutine le fait que Bachar Alassad justement en Syrie a pu utiliser des armes chimiques sur son propre peuple, il répond "Mais non, ce sont les opposants qui ont mis des armes chimiques sur leur tête." Vous voyez, euh ça paraît assez désarcenant tellement c'est inimaginable. C'est sa méthode.

Est-ce que Emmanuel Macron aurait dû vous consulter plus tôt sur Vladimir Poutine ? Bon, Emmanuel Macron n'a jamais souhaité et je peux comme tout à fait respecter cette décision euh entretenir en tout cas avec son prédécesseur en l'occurrence moi-même compte tenu des des relations que nous avions pu avoir, c'était peut-être difficile pour lui. Euh l'échange qui aurait permis d'avoir au moins une transmission d'expérience. s'il l'avait fait, je l'aurais mis en garde beaucoup plus tôt en ne laissant pas en ne lui laissant pas croire que la séduction euh les invitations, une espèce de complicité ou de connivance pourrait avoir le moindre effet et sur Vladimir Poutine et sur Donald Trump.

Vous pensez qu'Emmanuel Macron a peut-être euh surestimé la relation interpersonnelle. Oui, c'est c'est une tentation d'ailleurs, il est pas le seul à y avoir sucombé et que je peux comprendre l'idée que quand on est un être intelligent, doué de d'esprit, on peut se dire queon va convaincre son interlocuteur. C'est c'est plutôt logique, sauf que là, on n'est pas avec des interlocuteurs comme les autres.

L'un n'est pas démocrate en aucune façon à une logique impériale et l'autre est élu dans une démocratie mais s'est échappé de toute règle. Donc c'est c'est pas ainsi qu'on peut qu'on peut procéder. Il faut chaque fois leur montrer que ils ont peut-être plus à perdre qu'il le croi s'ils deviennent menaçants.

C'est le conseil que vous lui donneriez aujourd'hui si vous bah il est important de le suivre. Vous disiez vous préparez avant de rencontrer Vladimir Poutine, comment on se prépare à être président quand on l'a jamais été ? Quand on n jamais été ministre ?

J'imagine que c'est vertigineux. Alors c'est c'est pas la même chose mais Édouard Philippe par exemple avait raconté qu'avant sa sa prise de de poste à Matignon, il avait perdu du poids, arrêté de dormir, eu énormément d'angoisse, le vertige de la fonction et on parlait du poste de premier ministre. Alors vous vous n'avez pas le même parcours, mais on imagine qu'il y a quelque chose d'assez abusal quand on est plongé dans ce type de responsabilité et qu'on il y a pas il y a pas de formation pour être président en fait.

Vous vous apprenez C'est heureux qu'il n en ait pas d'ailleurs parce que il y a pas d'école pour être président. Il y a c'est l'école de la vie, c'est l'école de de la démocratie. C'est c'est l'école qui vous permet de comprendre que vous pouvez éventuellement occuper cette fonction.

Et c'est là que on on revient à l'essentiel. Euh, être candidat pour être candidat, c'est respectable sur le plan politique, mais ce n'est pas ce qu'on attend euh lorsque il y a une élection présidentielle. Être candidat, c'est pour être président.

Donc ça suppose, vous avez raison, euh une préparation intérieure se dire que ça va être une responsabilité imminente. La France n'est pas un pays comme les autres. et deuxièmement une préparation alors plus technique, administrative, économique, diplomatique, mais c'est surtout une affaire de de préparation euh psychologique euh parce que d'un seul coup entre le moment où on devient président après avoir été candidat, c'est un un autre autre une autre vie qui commence avec une autre euh responsabilité et et une réalité que vous ne pouvez plus commenter.

Elle est là. vous devez agir. Donc faut bien réfléchir avant d'être candidat.

On comprend le message envoyé aux autres. Vous en tout cas vous y aviez réfléchi parce que Oui, je m'étais mis alors c'est pas simplement un problème de poids ou un problème d'entraînement physique qui doit compter. Oui.

Oui. Mais c'est surtout de se dire je je vais je vais mettre un peu à distance de la de la vie politique quotidienne du commentaire habituel. Je vais essayer de de me mettre sur les grands sujets sur les grands enjeux.

De ce point de vue, les enjeux d'aujourd'hui dans le monde tel qu'il est ne sont pas ceux que j'ai connu dans la phase où je me préparais pour être président en 2011 2012 où je le suis devenu. C'est c'est nous changé presque de monde et donc c'est pas les mêmes préparations aujourd'hui qu'il convient de faire. En tout cas, vous étiez préparé depuis longtemps juste parce que vous vous avez vous aviez été réformé du service militaire pour cause de myopie.

Mais oui. Et vous avez décidé de repasser la visite médicale pour le faire quand même. Et vous aviez dit à un ami, en tout cas c'est ce que j'ai lu, un ami du lycée, comme je serai président, il faut que je l'ai fait.

Non, j'ai pas dû dire ça comme ça. J'ai dit comme je vais Oui, oui, je je vais peut-être comme je vais sans doute euh un jour avoir une fonction euh je sais pas exactement laquelle mais en tout cas une fonction élective euh et peut-être des décisions à prendre. Je considère que le service militaire, c'est pas simplement une obligation, c'est aussi euh euh une initiation à à des choses importante, c'est-à-dire bah précisément la défense du pays.

Et je ne l'ai pas regretté là aussi euh d'avoir fait ce service militaire aujourd'hui. Je je ne réclame pas du tout le retour du service militaire, mais ça a été pour moi utile de comprendre bah ce qui était avec moi, un brassage social et ce qui était aussi la fonction militaire. Puis après, j'ai été longtemps au au parlement rapporteur du budget de la défense.

J'avais une très grande connaissance euh de ce qu'était euh euh la défense euh les armées et et comme en plus le président de la République est chef des armées, je pense que c'était utile. Rien ne vous a été épargné pendant votre mandat. Vous avez eu les attentats, vous avez eu les guerres, vous avez eu la vie personnelle révélée dans les magazines, la séparation annoncé à la FP parce que vous étiez président, vous avez eu les frondeurs, vous avez eu l'affaire Leonarda, vous avez eu la pluie qui vous a poursuivi comme une métaphore pendant 5 ans.

Comment on fait pour tenir quand tous les éléments se déchaînent ? Comment on fait pour tenir malgré les humiliations, les obstacles, les épreuves ? Bah, on s'y prépare.

Vous parliez tout à l'heure de cette phase-là, on doit se dire que il y a un moment très heureux qui est celui d'une campagne électorale, d'une victoire et puis un moment éprouvant qui est celui de l'exercice euh du pouvoir. Et chaque président vit d'une certaine façon cette rencontre avec une réalité hostile et avec des impopularités qui peuvent être blessantes et avec les les doutes de l'opinion, les doutes de son camp aussi. Oui.

Des des événements personnels, tout s'ajoute et ça c'est ça fait partie non pas du contrat mais ça fait partie de ce qu'est finalement la la fonction. Aucun président n'a vécu une période sereine. Toutes les crises arrivent successivement.

C'est vrai. Mais est-ce qu'il faut pas avoir quelque chose en soi qui dépasse ? Par exemple, Emmanuel Macron, on a dit qu'il avait un côté un peu christique, qu'il était en mission.

Il y a quelque chose de de mystique dans dans cette abnégation là, dans cette Oui. Sans doute ce qui relève de la foi aussi dans ses propres qualités ou ses propres décisions. Savoir qu'on décide juste, mais de ne pas laisser aussi penser qu'on est atteint.

Ça c'est très important. Le président de la République peut être détesté populaire, il est le chef de l'État. Et donc quand il se passe des événements importants, guerre aujourd'hui ou des épreuves terroristes, qu'on ait voté pour le président, qu'on est pas voté pour le président, on regarde le chef de l'État.

C'est lui qui va prendre la décision en notre nom. Et donc le président, même s'il est parfois lui-même touché, je été pendant les attentats ému par malheur, le drame, la tragédie, il doit montrer qu'il est qu'il est non pas imperméable, non pas impassible, mais il doit montrer qu'il tient. Parce que s'il ne tient pas lui, comment le pays peut lui-même tenir ?

Donc ça ça a été ma ma constante. On peut à un moment m'attaquer, on peut mettre en cause les intérêts fondamentaux du pays. Il faut que je tienne, que je sois là comme il convient et trouver les mots pour aussi apaiser, rassurer, unir.

Ça c'était mon aussi mon mon mra si vous voulez. Il y a des moments où vous avez failli flancher, vous parliez des attentats, il y a eu d'autres affaires différentes ? pas pas dans c pas c moment où où où l'essentiel est en cause.

Président doit être le premier à tenir devant les Français à non pas à montrer l'exemple mais à montrer qu'il est là. Il y a les attentats, c'est une chose. Il y a aussi les les autres difficultés que vous avez traversé, notamment l'affaire Leonarda 2013.

Et là, ce qui est particulier, c'est que c'est vous, donc en personne qui annonçait à cette jeune fille qui avait été expulsée qu'elle peut rentrer en France. On a dit que c'était pas un président de la République de se mettre à ce niveau-là et de dire ça. Est-ce que rétrospectivement vous vous dites "J'ai fait une erreur ?" Oui.

C'était pas au président de la République de prendre cette décision, c'était à d'autres qui n'étaient pas forcément prêts à qui voulaient pas prendre leur responsabilité, qui n'étaient pas d'accord entre eux. Exactement. Donc c'est à un moment faut qu'il a quand même quelqu'un qui décide.

Euh il y avait une guerre entre Manuel Vas Jean-Marc il y avait une discordance on va dire au sein du gouvernement et donc il fallait que le président puisse mais prendre une décision mais il y a une médiatisation qui était complètement inappropriée d'exagéré sur une histoire qui aurait dû être une histoire gérée par le préfet. C'est même pas le gouvernement, le préfet puisque pour euh ceux qui nous écoutent cette les parents de cette jeune fille euh n'avaient pas droit au séjour était donc euh euh raccompagné et et et renvoyé et cette jeune fille, elle était dans un quart scolaire, n'avait pas pu euh suivre ses parents. Que fait-on de la jeune fille ?

Où elle a été finalement expulsée ? Devait-elle rentrer ? Compte tenu de l'irrégularité de la procédure ?

Bon bah il a sa sœur était en France. Bon j'ai un peu comme un arbitre. J'ai dit bon bah puisque si elle veut rentrer sa sœur peut peut l'accueillir et ses parents doivent rester hors du territoire.

Aujourd'hui je pense que c'était pas au président de la République et ça c'est un défaut de la 5e République qu'il faut corriger. C'est pas la 5e République en tant que constitution. C'est-à-dire que tout euh remonte vers le président, tout arrive un moment à l'Élysée.

Euh non pas parce qu'il y aurait une concentration du pouvoir, mais parce que le quinquena sans doute une certaine euh habitude de de de rapporter, de verticaliser comme on dit. Bien, c'est c'est le président. Bah non, ça doit pas être le président.

Le président, il doit s'occuper des enjeux fondamentaux, pas d'une jeune fille ou d'un ou d'un jeune garçon qui a peut-être été mal orienté. Non, il doit prendre ce qui l'essentiel, ce qu'attendent les Français. Et c'était finalement ça l'origine de la 5e République.

Un président qui donne des grandes lignes, qui qui défend le la position de la France notamment dans le monde et pas qui essaie de faire la synthèse entre Jean-Marcou qui essaie de de faire le budget à la place du gouvernement de de de prendre une mesure plutôt celle-là que qu'une autre. Ça c'est le gouvernement. Ça, ce sont les ministres qui doivent faire ça.

Euh et et donc euh il y a des erreurs que vous ne referiez pas si vous redeveniez président aujourd'hui. Oui. Sur cette pratique-là, je considère que euh j'étais dans dans la suite de de mes prédécesseurs.

C'était la logique euh extrêmement présidentialiste euh avec cette idée que le président est le chef de tout, chef euh de l'État, chef des armées, chef de l'exécutif, chef de la majorité, chef de son parti. Et bien non, il doit être le chef de l'État euh avec effectivement les fonctions de chef des armées et il doit donner euh les grandes lignes et pas euh gérer ou céré. On peut avoir envie d'y retourner après un mandat pareil ?

Non, je pense pas que ce soit un terme d'envie. C'est je je me suis toujours gardé de de ça. C'est pas un problème personnel d'être candidat à la fonction présidentielle.

C'est une question euh collective au sens qu'est-ce qu'on fait avec d'autres et et et pour le pays. Donc c'est pas du tout euh l'idée de revanche qui n'a jamais fonctionné. Aucun ancien président n'a pu redevenir président parce qu'on n'a pas envie de revoir le match.

C'est pas ça. On refait pas les matchs. On doit simplement remporter d'autres victoires.

C'est pas l'envie personnelle qui compte. Vous dites dans Marianne que vous vous préparez pour 2027. Qu'est-ce que ça signifie vous préparer ?

Je pense que chacun d'ailleurs doit se préparer ce qui va se passer ou ce qui pourrait se passer en 202. C'est pas une élection banale celle de 2027. Nous sommes dans un monde où il y a deux guerres et aucune n'est réglée.

Peut-être aucune ne sera réglée au moment où où l'élection se produira. Nous sommes devant une une Amérique qui prend ses distances à l'égard de l'Europe, qui veut peut-être même nuire à l'Europe avec un président qui ne croit plus même à la démocratie telle qu'elle s'est exercée dans en Europe et aux États-Unis. Et nous sommes avec un pays fracturé et avec une extrême droite qui peut arriver au pouvoir.

Bon bah écoutez, il faut se préparer à cette échéance. Et se préparer, ça veut dire bah réfléchir à à ce que pourrait être euh justement un programme, des idées, des solutions, euh donner un espoir. C'est tout c'est tout tout ça qu'il s'agit.

C'est pas se préparer individuellement. Oui, mais est-ce que vous pensez que la gauche peut encore faire rêver François Hollande ? Est-ce que vous avez par exemple une idée de mesure ou est-ce que vous réfléchissez à une idée de mesure qui pourrait changer la vie des Français ? ce que les Français en ce moment veulent, c'est être protégé euh d'abord hein, protégé par par rapport à tous les aléas qui se produisent, on en a encore aujourd'hui avec la crise énergétique, mais ils veulent pas simplement être protégés, ils veulent se projeter.

Protéger est nécessaire par rapport aux intérêts fondamentaux, y compris la question de notre propre défense. se projeter, c'est c'est de se dire qu'est-ce qu'on veut être dans les 10 ans qui viennent. Et bien, qu'est-ce qu'on veut être dans les 10 ans qui viennent ?

C'est d'abord mettre la jeunesse qui n'est plus aussi importante démographiquement qu'elle a été lorsque moi-même dans ma génération nous sommes venus à l'âge adulte. Et c'est cette jeunesse là qui doit avoir toute notre priorité. Donc priorité à la jeunesse dans c'est la même celle même qu'on a tendance à à considérer comme finalement moins importante euh politiquement euh je le disais numériquement euh elle pèse moins.

Et ben c'est elle qui doit être la la cœur de nos engagements. Mais comme en 2012 vous aviez Oui. En 2012 c'était par rapport à la question du chômage qui était la question majeure.

Aujourd'hui c'est par rapport à la question de de l'engagement de la citoyenneté. Je pense que il faut que par exemple prenez une mesure. Je suis pour le service civique obligatoire.

Obligatoire. J'avais fait le service civique enfin je l'avais amplifié. Aujourd'hui, je pense qu'on a besoin d'un lien entre toutes les générations.

La question du lien social est la question majeure pour les prochaines années. Est-ce que nous sommes pris par cette tendance à l'individualisation voulue ou forcée ? Faut savoir qu'il y a 5 millions de personnes qui vivent totalement seules en France, que l'isolement social ne touche pas simplement que les personnes les plus âgées mais aussi les plus jeunes.

Donc est-ce que nous sommes capables de face à cette individualisation que les réseaux sociaux amplifient et que l'ubérisation a marqué pour le travail, est-ce que nous sommes capables de remettre du lien social dans dans l'éducation, dans le la vie citoyenne, dans l'engagement, dans l'entreprise, partout pour nous permettre de vivre ensemble. Mais c'est quoi la différence entre votre service civique obligatoire et celui proposé par Emmanuel Macron qui a essayé le SNU, le service national universel qui maintenant veut changer de formule ? Bah parce qu'il a tout essayé que rien n'a fonctionné.

Il faut pas que ce soit pour quelques milliers de personnes. Là par exemple a l'idée d'un service militaire volontaire que j'avais moi-même introduit. Ça touche c'est pas c'est pas la hauteur des enjeux pour vous.

Il faut vraiment que tout le monde ait une période dans sa vie obligatoirement qui qui peut être fractionné. On n pas besoin de faire ça pendant 6 mois, même si c'est peut-être pour pour beaucoup le plus utile de le faire sur une une durée aussi longue. Mais autrement, il faut permettre qu'à un moment on s'engage pour son propre pays.

On n pas besoin de s'engager sur le plan militaire. Nos armées peuvent y suffire et on y consacre des moyens. Non, il faut qu'à un moment on puisse avoir cet échange que les la vie associative puisse se retrouver d'ailleurs considérablement stimulé par cette présence et que l'on la prenne des autres.

Je suis souvent surpris que beaucoup de lycéens même de collégiens bah de Corz ou d'on sont jamais venus à Paris que que beaucoup ignorent ce qui se passe à Marseille qu'il y a pas des gens. On parle d'Erasmus au niveau européen. La classe dirigeante peut envoyer ses enfants aux États-Unis.

Ça c'est c'est une forme d'illégalité supplémentaire. Mais je je pense que c'est bien aussi d'aller aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Mais en fait ce qui compte c'est bien connaître ceou de de savoir qui on est. et et ne pas être comme ça en méfiance.

Regardez ce qui se passe en ce moment où euh d'un côté euh on exalte la France éternelle et de l'autre on parle de de Nouvelle-Fance qui viendrait remplacer la précédente. Ben non, euh il y a il y a tout ce qu'on doit faire. Jean voilà, on voit bien comment les extrêmes se répondent.

Bien, le rôle du président de la République, c'est d'unir la France, c'est de faire vivre les Français et les Français dans le même projet commun. Vous pensez que l'époque est à choisir un ancien président de la République dans ce contexte de bouleversement de l'ordre mondial. Vous pensez que vous avez un avantage sur les autres candidats ?

Non, je pense que c'est c'est l'expérience, ça compte. L'expérience, on la prend avant d'être président, je n'avais jamais été président. Donc on peut pas dire que il faudrait avoir euh euh par les fonctions précédentes non euh ce qui compte c'est de prendre la personne qui trouve l'enjeu principal.

Une élection, elle se joue toujours sur un enjeu qui va être considéré majoritairement, pas forcément encore unanimement, comme l'enjeu essentiel. C'est c'est ça qui compte. et et et donc toute expérience est utile et elle peut être une expérience de vie, pas forcément une expérience de de ministre ou de président.

Vous avez euh quelque chose qui est assez rare en politique, c'est que vous êtes euh il me semble le seul vainqueur. Oui, vous êtes le seul vainqueur d'une primaire à avoir été élu euh président de la République ensuite primaire de 2011, presque 3 millions de de votants au second tour. Et pourtant aujourd'hui, euh vous dites non, il ne faut pas de primaire pour départager les candidats de gauche.

Bah non. Pourquoi ? Parce que pour faire une primaire qui a un sens, celle de 2011, on avait un, il faut départager des candidats qui ont le même programme à quelques nuances près, ce qui était le cas, donc dans le même parti, de manière à ce que lorsque le candidat est finalement choisi euh tous ceux qui ont participé à la prière peuvent s'y reconnaître et les électeurs aussi puisque c'était sur la même ligne politique.

Là vous dites avec François Ruffin les anciens insoumis on a mais on a pas les mêmes programmes on a on n' pas les mêmes ligne politique compris même sur les questions internationales. Donc à partir de là euh ce serait compliqué de de soutenir celui ou celle qui pense pas comme vous. Alors oui mais alors comment vous vous distinguez ?

Parce que si s'il y a plusieurs candidats de gauche sur la ligne de départ vous êtes tous éliminés. Mais non, ce sont les Français qui font le choix. C'est pas le nombre de candidats.

Vous vous parliez de François Mitteran quand il a été élu la première fois donc en 1980, il y avait six ou sept candidats de gauche. Il y avait un parti communiste qui était très fort, plus fort que les filles aujourd'hui. Et ce sont les Français qui ont dit "Bon, si on veut un président qui ne soit pas le président sortant, euh si ça doit être François Mitou n'étaient pas convaincus de François Mitteran.

Ça faisait trois fois qu'il était candidat mais ils sont dit si on veut donc un changement faut que ce soit François Mitéran. Ils ont voté massivement pour le Donc là, il peut y avoir plusieurs candidatures de gauche pour vous. Mais le vote utile sera la mécanique du scrutin de 2027 à droite comme à gauche.

C'est-à-dire qui à droite, ils sont en train de de réfléchir peut être le candidat qui arrivera au second tour. Peut-être n'y arriveront-ils pas, mais en tout cas les les les électeurs eux choisiront à leur place. et à gauche, ça sera exactement la même chose.

Euh, à un moment, ils diront "Mais qui peut nous permettre d'avoir un candidat bon euh euh de gauche euh qui arrivera au second tour, mais ça suffit pas d'arriver au second tour, qui peut battre l'extrême et et enfin et c'est quand même le principe essentiel, qui peut être président de la République. C'est pas un jeu l'élection présidentielle." Et donc, les électeurs, ils font le choix.

Avant, on disait on choisit au premier tour puis on élimine. Euh ben non, ils vont choisir et éliminer dès le premier tour. Au premier tour, vous saurez qui va être président de la République et les Français feront tout pour que leur choix de premier tour sera le choix décisif.

Jean-Luc Mélenchon, il pense que ce sera lui le candidat et vous savez que s'il y a plusieurs enfin plus il y a de candidats au premier tour, plus le ticket d'entrée risque d'être bas et plus sera difficile de départager. Non, non. D'abord, pourquoi Jean-Luc Mélenchon n'arrive, il est jamais arrivé au second tour et arrivera avec encore moins de probabilité cette fois-ci au second tour ?

Parce que s'il est au second tour, chacun sait qu'il est battu par Marine Le Pen ou par Jordan Bardella. Et donc les électeurs qui hier, enfin hier, il y a 5 ans pouvaient dire bah je vais voter quand même Mélenchon parce que s'il est au second tour, c'est pas un problème. Il sera pas président mais au moins il y aura un débat. cette fois-ci, ce sera terminé.

Ils choisiront non pas celui qui peut être au deuxième tour pour faire un débat, ils choisiront parmi beaucoup de candidats et ils feront en sorte que il y en ait un qui puisse arriver au second tour et gagner. Pour l'instant, le seul dans les sondages, mais il est tôt, qui pourrait battre le RN, c'était Édouard Philippe. Il a pas plié le match.

Bah, généralement, un an avant le scrutin, euh ceux qui plient le match ont perdu la partie euh lors de l'élection. Mais je je je dis pas que ça sera ça sera le cas pour Édouard Philippe. Euh je pense qu'à un moment, il faut dévoiler aussi euh son programme.

Il il met trop de temps à non, je pense qu' promis un programme massif. Voilà, pour l'instant, on a compris que c'était massif. On n pas vu le détail du du massif en question, mais il a peut-être raison.

Pourquoi aller le dire aujourd'hui prendre tous les coups une campagne pour ça ? Donc chacun s'organise comme il l'entend. Je ce que je peux dire d'expérience ayant moi-même été candidat élu président de la République et puis suivi beaucoup de campagnes.

Ça se cristallise 2 mois avant le scrutin. Il y a à ce moment-là les Françaises et les Français ils disent exactement quel va être leur vote. Peut-être que le Rassembon naturel qui fait 35 % dans les sondages sera pas aussi haut.

Peut-être qu'il y aura un candidat qui sera apparu euh qui a sera celui qui sera regardé comme pouvant être le président. Mais sans tourner autour du pot François Hollande, vous dites que vous préparez, vous y pensez. Est-ce que vous voyez des similitudes entre la situation aujourd'hui et celle de l'époque en 2011 quand vous étiez autour de 3 % dans les sondages, que les journalistes n'allaient pas voir vos meetings, qu'on vous prenait pas au sérieux et et finalement c'est vous qui êtes devenu président.

Euh est-ce que vous voyez des similités aujourd'hui quoi vous êtes autour de 6 % dans les sondages, on mise pas particulièrement sur vous ? Oui, je ne suis pas candidat. Donc euh les sondages n'ont pas de sens pour une non candidature et n'autre sens que pour une candidature.

D'ailleurs, ce jugement-là qui me paraît intéressant, c'est de savoir si c'est utile d'être candidat ou de ne pas être candidat. Donc je je dis souvent, j'ai déjà été président de la République. Moi je n'ai aucune relation passionnelle à l'égard du pouvoir.

Je vis sans exercer le pouvoir depuis presque 10 ans. Mais les les situations ont totalement changé par rapport à 2011-212. En 2011, si vous voulez que je revienne sur cette période, j'étais sûr d'être président de la République parce que je savais que celui qui sortirait précisément de la primaire avait de très grandes chances de de gagner.

Ce qui d'ailleurs s'est vérifié euh aujourd'hui, qui peut dire qu'il va être président demain ? Les Français seulement qui le tiront le moment venu. Vous avez euh des différences de fond avec Raphaël Luxman qui lui euh pose des jalons et ne cache pas qu' qu'il entend annoncer bientôt qu'il sera candidat.

Non, j'ai pas de différence de fond. Euh je trouve que ce qu'il dit sur notamment les questions européennes c'est juste. Il y apporte sa propre contribution au Parlement européen.

Il fait partie qui vous différencie avec non mais euh enfin je n'ai pas encore regardé le détail de ce qu'il va lui-même proposer. Je crois qu'il sort un livre mais on est très proche comme je suis très proche de de Bernard Kazneu et aussi une grande partie des des responsables socialistes. que la question effectivement de la ligne politique est très importante.

C'est pour ça que je pense qu'il faudrait que tous ceux qui sont dans cette mouvance là se se regroupent et et travaillent ensemble pour justement aller vers les propositions. Mais c'est ensuite que chacun doit savoir s'il est le mieux placé pour l'emporter. Moi, je je serai toujours du côté de de celui ou de celle qui apportera toutes les les garanties pour gagner.

Donc là, vous êtes dans une réflexion et vous dites "Il est trop tôt et vous attendez de voir si vous êtes l'homme de la situation." Voilà. Mais on n'est pas dans une situation, on attend comme ça, on laisse passer le temps parce que c'est ça c'est insupportable de se dire "Vous savez, on a on a tout le temps, on n pas de temps." Le temps, c'est ce qu'il y a de plus précieux dans la vie.

On s'en aperçoit peut-être quand on on va finir par en manquer de temps, hein. Et et donc c'est c'est peut-être le conseil qu'on doit donner à la jeunesse, c'est que toute toute journée est importante, tout espace de vie est important, faut faut ne rien laisser passer. Alors, comment euh dans cette période où il y a pas d'élection euh euh les municipales c'est derrière nous, la présidentielle c'est dans euh un peu moins d'un an, et bien il faut travailler, il faut réfléchir, il faut circuler, il faut essayer de comprendre ce qui se passe.

Et c'est ce que vous faites en ce moment. Est-ce que vous pensez que vous pouvez rassembler la gauche quand certains considèrent aussi et même certains ceux qui avaient voté pour vous hein que vous avez été d'une certaine façon le faux soyur de la gauche parce que la gauche est sortie en lambau de votre mandat. Il y a eu des affrontements pendant 5 ans, des frondeurs qui s'opposaient à votre politique migratoire, à votre politique économique, à votre politique sociale.

Qu'est-ce que vous leur dites à ces gens ? Bah, je leur dis que d'abord euh il faut être à la fois lucide sur ce qu'on a fait, ce qu'on a pas fait, ce qu'on a réussi ou ce qu'on a peut-être échoué. Il faut être lucide, ça c'est le premier devoir.

Euh mais il faut être fier. Faut toujours être fier de ce qu'on a fait collectivement, j'entends et quand on regarde maintenant le quinquena peut-être avec davantage de non pas d'indulgence mais de comparaison. Je dis souvent donc ce que ce qui me disent quand même d'un point de vue de gauche hein finalement vous avez pas fait tout ce que vous auriez euh pu accomplir.

Dit vous pensiez que c'était mieux avant moi ? Ah ben non, c'était pas mieux. Est-ce que c'était mieux après moi ?

Bah non. Donc donc prenez conscience de ce que nous avons fait, ce que nous avons fait avancer comme comme droit. Bah ça je parle pas simplement du mariage pour tous.

Je pense tout ce qu'on a fait sur le tiers payant, la complémentaire santé, le le la lutte contre le chômage, création d'emploi, bon puis la vie en commun, justement l'apaisement, espèce de de de pratique beaucoup plus respectueuse des des institutions, des pouvoirs, de la presse et cetera. Ouais, soyez fier de ce que ce que la gauche fait. N'ayez pas toujours ce souvenir que bah il faut euh expier parce qu'on n pas fait tout ce qu'on pouvait faire.

Bah bien sûr qu'on fait pas tout ce qu'on pouvait faire mais la période a changé et puis aujourd'hui c'est plus simplement une affaire gauche droite quand on a une extrême droite à à près de 35 % je rappelle que quand je suis parti elle était à 20 on a quand même un devoir. On est plus simplement dans une affrontement qui qui peut être tout à fait précieux entre la gauche et la droite mais enfin qui ne suffit pas. Il faut rassembler, il faut unir, il faut essayer d'élargir.

Donc c'est ça que j'essaie de faire comprendre. Vous avez que vous avez quitté l'Élysée, vous ne vous êtes pas représenté. Euh c'est c'est inédit.

Vous avez décidé de de ne pas être candidat à votre réélection. On vous écoute ce soir-là. Vous étiez à l'Élysée 2016.

Aujourd'hui, je suis conscient des risques que ferait courir une démarche la mienne qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle. Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat. à l'élection présidentielle.

Comment on se remet de de ce choix là et et comment vous comment s'est passé la période qui a qui a suivi ? Bah vous avez évoqué les conditions. D'abord être président, c'est pas pouvoir être président pour toujours au moins une deuxième fois.

Faut bien réfléchir. Généralement les les seconds mandats sont pas forcément les plus faciles et les plus glorieux. Je parle pas simplement de ce qui vient de se produire mais quand on regarde les séquences antérieures.

Deuxièmement, il faut être candidat pour gagner. Je dis toujours une candidature c'est pour être président, c'est pas pour figurer. Il y a des conditions qu'il permettent, il y a des conditions qu'ils ne le permettent pas.

Vous avez parlé des frondeurs, si c'était toute petite minorité, ils étaient dans un empêchement. Il y avait Emmanuel Macron qui avait déjà décidé de sa candidature sans m'en prévenir. Une trahison. enfin en tout cas une volonté de ne pas me faciliter la tâche.

Donc à partir de là je prenais la décision qui convenait. Est-ce que je je je je j'étais heureux de cette décision ? Non, vous avez vu, j'étais Mais vous l'avez pas regretté quand vous 6 % pour Benoît Amont candidat de la gauche, François Fillon qui est embourbé dans les affaires.

À ce moment-là, vous vous êtes pas dit j'aurais dû y aller. Si, mais c'était trop tard. Donc je si j'ai peut-être un reproche à me faire pas simplement à faire d'autres c'est dire j'ai pris une décision j'avais fait cette promesse que j'aurais à décider au mois de décembre bah non j'aurais dû attendre le mois de février. a dû prendre plus le temps parce que en février c'était sans doute une candidature qui avait plus de justification compte tenu de ce qui s'était passé avec la primaire de du Parti socialiste avec Benoît Amont qui n'avait pas réussi à convaincre et et François Fillon pour d'autres raisons qui étaient dans une difficulté mais j' qu'il y avait pas un jour où vous vous en mordiez pas les doigts de ce renoncement ?

Oui, parce que je c'est c'est ce qui m'a disons euh affligé, c'est de ne pas revendiquer autant que j'aurais pu le faire dans une campagne mon bilan, vous avez eu le mandat un peu honteux, le bilan Non, non, mais je l'ai pas pu le défendre comme je l'aurais souhaité et et je pense que c'était un un argument. Mais par ailleurs, on ne se fait pas réélélian, faut toujours avoir un projet. Et ça, c'est peut-être une expérience que j'ai.

C'est pas facile quand on est président euh d'être à la fois dans l'action et dans la projection. Pour ça que les seconds mandats sont pas réussis. Et donc d'une certaine, j'ai été amené à prendre cette décision fin 2016, mais c'était peut-être une décision que j'aurais corrigé en février, mais c'est comme ça.

Et et et et donc ce qui compte, c'est la suite. Est-ce que vous avez pardonné à Emmanuel Macron ? Mais je suis pas du tout dans une logique de pardon ou de ou de ou de revanche.

Chacun fait ce qu'il pense devoir faire. Euh ce qu'il faut c'est faire franchement les choses. Peut-être que la trahison fait partie de la vie politique.

Vous regardez toutes les toutes les les successions qui se sont faites, elles ont été rarement euh tranquilles. On va pas citer de nom, mais enfin euh ça a beau faire partie de la vie politique quand ça arrive, c'est pas très agréable. Non, mais surtout c'est quand ça arrive sans être finalement déclaré, quand c'est c'est préparé sans sans sans franchise.

Voilà, c'est ça qui un moment il y a une duplicité un moment. Oui, mais faut dire il faut pas laisser croire qu'on qu'on sert un président quand on prépare une candidature. Je vous interrogé sur le pardon pilier du christianisme.

Sous la 5e République, on a eu des présidents qui assumaient leur foi catholique, des prédécesseurs. Nicolas Sarkozy qui avait dit "Jamais l'instituteur ne remplacera le curé ou le pasteur." Emmanuel Macron qui a envoyé beaucoup de signaux aux catholiques. vous, la religion c'est pas quelque chose vous en vous en avez peu parlé.

Qu'est-ce que ça représente pour vous la religion ? Moi, j'ai eu une éducation religieuse. Euh ma mère était catholique et et elle avait cette foi qui me paraissait plus qu'admirable, respectable en tout cas.

Euh donc euh la religion ne fait n'est pas euh l'adversaire que j'aurais eu à combattre. Euh bon, donc je suis laïque par euh principe, par vie et dans la fonction présidentielle, je l'étais encore davantage. Ne pas laisser penser que j'aurais la volonté de mettre la religion dans dans les choix.

Et quand il y a eu les attentats, j'ai fait en sorte que les religions puissent être unies par rapport à ce qui était cette attaque islamiste qui qui venait qui p nous fracturer. Euh enfin euh je considère que la la foi c'est une affaire personnelle et qui n'a pas vocation à être proclamé surtout quand on est un responsable politique. Donc si je vous demande si vous avez la foi, vous ne me répondrez pas.

Non. Euh enfin je pour vous répondre en disant que je n'ai pas de pratique religieuse, que je n'ai euh je n'ai n'ai pas euh le souci de de de respecter de des principes euh qui me seraient dicté par une religion, mais j'ai des principes éthiques qui font que souvent ça peut arriver les lois de la République permettent finalement à tous ceux qui ont une foi d'être pleinement respectés. Vous distinguez les institutions, l'église et la foi.

Oui, je pense que la foi est une affaire personnelle qui peut-être aussi une affaire collective parce que elle est pratiquée par des par des croyants, des fidèles de chacune de nos religions. Mais elle doit être mise euh à bonne distance. Euh si on veut que la République s'impose et elle doit s'imposer, il ne faut elle doit dialoguer quelquefois, c'est nécessaire avec les représentants des cultes, mais elle ne doit pas céder devant quelques pression venant d'un culte ici en France.

S'agissant des sacrifices, euh vous en avez est-ce que vous en avez fait euh beaucoup dans votre fille ? J'imagine que oui. Bruno Rotaillot qui était à votre place il y a quelques jours disait "La politique c'est une vie où on s'appartient pas totalement et il disait aussi avoir être parfois passé à côté de sa vie.

Est-ce que vous vous avez l'impression que vous êtes passé à côté de votre vie, à côté de vos enfants, à côté de de votre couple ? Oui, on on donne beaucoup en politique, contrairement à tout ce que on peut dire. on donne beaucoup de son temps, beaucoup de de de sa vie euh personnelle.

On on est amené à exiger beaucoup de ces enfants, peut-être pas, mais en tout cas eux-mêmes peuvent avoir des conséquences de l'engagement de leurs parents. Beaucoup de de son à son conjoint qui qui est dans une position toujours difficile bien sûr d'indépendance, mais aussi d'être ramené chaque fois à ce que peut faire une personne femme ou homme sur le plan politique. Est-ce que moi-même j'ai pu avoir ce ce sentiment d'avoir trop donné ?

Non, je pense que c'était c'était finalement le la mission que je m'étais donné, c'est-à-dire être porte-parole des autres, être avec les autres. Et quelquefois, je me disais euh ce que je je me dis encore quand je passe toute une journée, est-ce que je pourrais être avec mes enfants ou mes petits-enfants maintenant ? Mais oui, sans doute.

Ils vous en ont pas voulu. Ça, il faudra les interroger mais je je je ne sais pas si si à un moment ils ont pu en souffrir mais ce qui compte c'est de donner pour le peu de temps qu'il nous reste le le maximum, la plus grande intensité. Ce qui compte, c'est pas le le la longueur du temps, c'est la la profondeur du temps.

C'est l'intensité du temps. François Holland, c'est le moment de la série de questions. Avant de s'équitter, votre principal défaut ?

La curiosité. C'est pas vraiment un défaut. C'est c'est une c'est parce que tout défaut est une qualité.

Le défaut, c'est quand la qualité devient excessive. Vous voyez la la curiosité est un vilain défaut quand elle devient excessive. La curiosité qui vous permet de de savoir davantage, de comprendre davantage est un atout dans la vie.

Très bien. On va le prendre comme un défaut. Alors, si vous deviez changer quelque chose dans votre vie, ce serait quoi ?

Euh, prendre du temps le matin pour faire du sport, ça je pense que ce serait nécessaire. Est-ce que vous êtes heureux ? Oui, je fais ce que ce que je je veux faire.

J'ai toujours fait ce que j'ai voulu faire et ça c'est pour moi la la grâce peut-être qui m'a été donnée. Je n'ai jamais été frustré, contraint, obligé. J'ai toujours fait ce que je pensais que j'avais envie de faire et qui était utile pour les autres.

Que dirait le petit François du grand François Hollande assis en face de moi ? Est-ce que tu me ressembles encore ? ça qui est-ce que est-ce que je suis encore fidèle à ce que le petit François avait comme rêve ?

J'espère. Est-ce que vous avez peur de la mort ? J'ai peur du temps qui qui passe.

J'ai j'ai peur de de ce que la vie maintenant va me limiter comme possibilité. Enfin, aimer que votre mère vous dise et qu'elle ne vous a jamais dit ? Non, ma mère m'a toujours dit qu'elle m'aimait.

Donc ma mère a été de ce point de vue extrêmement précieuse. Elle n'a jamais rien gardé. C'est moi, peut-être moi qui qui n'ai pas dit à ma mère combien je l'aimais.

Et votre père, qu'auriez-vous aimé qu'il vous dise ? lui aurait dû me dire qu'il était fier que je sois devenu prétisant de la République et qu'il pensait que finalement le monde n'allait pas sombrer et ce que j'aurais voulu qu'il me dise c'est qu'il avait confiance dans le genre humain mais il me l'a pas dit. Merci beaucoup François.

Merci à vous. Merci d'avoir répondu à ce podcast France info.