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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 13 mars 2026 10 min

Un soulèvement de la population iranienne est-il possible ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

chez nous. - A.Casse: Des hauts responsables du régime iranien sont aussi ciblés.

Ils étaient pourtant dans la rue à Téhéran au moment où le ministre américain de la Guerre disait qu'ils se cachaient comme des rats. C'était peut-être une façon de leur répondre. Donnons la parole aux Iraniens de France.

Ont-ils encore l'espoir de faire tomber le régime? - Samedi dernier, à Paris, au même moment, 2 rassemblements iraniens à quelques centaines de mètres d'écart. Place du Trocadéro, un slogan... "Ni shah, ni mollahs".

De l'autre côté de la tour Eiffel, revendication opposée. Ici, le portrait du fils de l'ancien shah est brandi, symbole d'une diaspora fracturée. Nous avons rencontré des figures de ces 2 camps.

Pour cette simple vidéo, elle met sa vie en danger. - Ca fait 2 ans que je vis sous protection policière, que je suis menacée et que le régime veut ma peau parce que c'est des informations...

Quelqu'un qui contrôle la propagande, qui traduit des slogans dans la rue, partage des témoignages d'Iraniens sur place, c'est tout ce que le régime ne veut surtout pas. - Depuis la France, elle dénonce le régime des mollahs. Ces derniers jours, les nouvelles de ses abonnés se font rares. - En temps normal, je reçois des centaines de messages d'Iraniens par jour.

La moitié de ma communauté, plus de 100 000 personnes, est à l'intérieur du pays. Quand je regardais mes dernières statistiques, il ne me reste plus que 15 % de connexions sur la semaine dernière depuis l'Iran. - Sur ses réseaux, ses opinions sont parfois tranchées.

Elle s'affiche aux côtés de R.Pahlavi, fils du dernier shah d'Iran et se félicite des frappes israélo-américaines. ... - Peu importe si ces attaques ne respectent pas le droit international. - On nous dit de nous débrouiller tout seuls, de renverser ce régime à mains nues et de mourir en silence parce qu'il y a le droit international.

Personne n'a envie que son pays soit bombardé, mais la réalité, c'est qu'ils ont cette lucidité de se dire: "Seuls, on peut pas. On a des gens qui ont des intérêts convergents avec les nôtres. On va en profiter." - Ici, pas de story Instagram, mais les méthodes d'un parti politique né il y a des dizaines d'années, les moudjahidines du peuple.

Ce matin-là, ils ont convoqué la presse française et étrangère pour faire passer leur message: non à l'intervention israélo-américaine et à l'avènement de R.Pahlavi. - R.Pahlavi est le représentant d'une dictature révoquée et renversée par le peuple iranien.

Il n'a aucune légitimité. L'avenir de l'Iran sera décidé par le peuple iranien et sa résistance. Ce sera une République démocratique et laïque sans couronne ni turban. - Exilé en France depuis presque 50 ans, cet homme tient à nous montrer des images envoyées de Téhéran la semaine dernière.

On y voit des membres de son parti d'opposition brandir des affiches politiques en plein air. - Ils prennent énormément de risques. Les forces du régime, surtout ces jours-ci, sont capables de les abattre sur place.

Ils ont le droit de tirer. - Il croit en la chute prochaine du régime. - Cet espoir, je l'ai tous les jours.

Il est de plus en plus renforcé par le courage des gens en Iran. Ca fait de longues années que je n'ai pas pu aller en Iran. Je suis condamné à mort.

Toute personne appartenant à cette résistance, aux Moudjahidines du peuple ou au Conseil national de la résistance est, du point de vue du régime, passible de la peine de mort. - Si le régime des mollahs chute, il faudra que les 2 forces d'opposition s'entendent. Deux clans qui semblent aujourd'hui irréconciliables. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous marque dans ce reportage, sur ces 2 camps qui semblent irréconciliables? - L.Menget: C'est une ligne de fracture qui me paraît évidente, celle de la présence d'Israël.

Il est très difficile pour cette génération d'Iraniens qu'on vient de voir, peut-être moins pour les jeunes, de se dire qu'aujourd'hui, le régime de la République islamique d'Iran tombe par l'un des ennemis les plus irréductibles de l'Iran qui est Israël. C'est une ligne de fracture qui n'a rien de religieux, qui est une ligne de fracture presque historique. Est-ce que celui qu'on nous a présenté comme l'ennemi juré depuis 47 ans peut être celui qui nous libère?

Ce n'est pas simple. Il n'y a aucun jugement dans ce que je dis, loin de là. Ce n'est pas simple de se dire que ce sont les bombes d'un pays qu'on vous a présenté comme un pays qu'on haïssait qui sont en train de faire tomber la République islamique.

Il y a cette ligne de fracture...

Les 2 grands ennemis...

Les Iraniens présentent le grand et le petit Satan: les Etats-Unis et Israël. Après, il y a un sentiment, chez beaucoup de jeunes Israéliens et Iraniens qu'au fond, ils sont faits pour s'entendre. Ce mouvement existe en Israël et en Iran...

Dans ce mouvement, il y a aussi...

Ils enjambent le monde arabe. Ce sont des Perses. 2 jeunes Israéliens diffusaient de la musique iranienne, à Tel-Aviv, par exemple.

Ces 2 mondes cohabitent à Israël. Quoi qu'il arrive, il va falloir qu'il y ait, si la République islamique tombe, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui...

Nous, on le voit de loin et, pour l'instant, les victimes de la république islamique, c'est la population qui reste en Iran. Pour eux, il n'y a pas le choix. Ils ne peuvent pas quitter le pays.

Certains pouvaient, mais là, ce n'est plus possible. Aujourd'hui, il y a des miliciens bassidjis, qui sillonnent les rues iraniennes, parfois avec des faux uniformes en criant "mort aux mollahs", et si certains répondent... - P.Allémonière: Malgré tout, le régime est dans une logique de défi, ne serait-ce qu'avec ce discours, hier, du nouveau Guide suprême de la révolution islamique. - A.Casse: Qu'on n'a toujours pas vu. - P.Allémonière: Il a été élu.

Ils sont dans une logique de défi par rapport aux Etats-Unis d'Amérique, et ils sont aussi...

Ce qu'il faut voir, c'est qu'on parle de l'opposition qui est à l'extérieur, qui est très fracturée malgré tout. Hormis les républicains, les communistes et les royalistes, il y a aussi les Baloutches, les Kurdes, les Azéris. 50 % de la population n'est pas perse.

Chacun joue sa partition dans le monde qu'ils attendent de demain. le régime iranien, c'est que les bombes qui tombent sur le peuple... 4 millions d'habitants ont quitté Téhéran, pratiquement.

Effet drapeau, ou effet de ressouder le peu qui peut être ressoudé...

Il suffit d'un petit noyau. Ce régime s'appuie sur 10 à 15 % de la population. C'est ces 10 à 15 % qui descendent dans la rue et qui intimident les autres.

Les autres prennent des bombes. Les bassidjis sont dans la rue. La résistance n'est pas possible aujourd'hui. - A.Casse: Il y a un mystère, la disparition du nouveau Guide suprême.

C'est le fantôme de Téhéran. On ne sait pas où il est. B.Nétanyahou disait qu'il était défiguré, et le ministre de la Guerre américain dit la même chose.

On ne sait pas s'il est dans le coma ou pas. - Gal D.Trinquand: Il peut se faire passer pour l'imam caché...

Je reviens sur l'opposition que je trouve extrêmement triste. R.Pahlavi a dit qu'il ne voulait pas être un shah, mais un élément de transition.