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interviewLe Média· 30 octobre 2024 79 min

BRAUN-PIVET S'ACHARNE SUR UN INSOUMIS / DES GHETTOS À GAZA: LE SCANDALE OCCULTÉ PAR LES MÉDIAS

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:14
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Vous regardez Le Média. Nous sommes le mercredi 30 octobre. C'est l'heure de Toujours Debout, diffusé en direct sur le canal 165 de la Freebox, sur YouTube ou sur notre site Internet. Merci de suivre Le Média. Première chaîne télé d'information indépendante au sein d'un écosystème médiatique largement contrôlé par les milliardaires. Notre indépendance, on la doit à votre soutien. Vous nous donnez les moyens de grandir et de poursuivre la bataille de l'élargissement de la diffusion de notre chaîne de télévision aux autres box. Pour continuer à faire vivre votre média, rendez-vous sur lemédiatv.fr.

Au sommaire de cette édition, le récap de l'actualité du jour préparé par Lydia Menez. Puis en première partie d'émission, j'accueillerai ma consoeur et camarade Amina Kalash qui, comme chaque mercredi à carte blanche, s'est intéressée à un scandale qui est passé sous les radars médiatiques francophones. Israël, avec la complicité d'une société américaine, projette de construire des ghettos biométriques à Gaza. On continuera de parler du sort des Palestiniens avec Stéphanie Latte Abdallah, historienne et politiste spécialisée sur le Moyen-Orient.

Et Sabrina Sebaï, députée Europe Écologie-Les Verts de la quatrième circonscription des Hauts-de-Seine, qui interviendra par le biais de la visioconférence. Nous discuterons en particulier de la décision d'Israël d'interdire l'UNRWA, l'agence des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés. En seconde partie de soirée, je m'entretiendrai par le biais de la visioconférence avec Emma Audray, journaliste et grand reporter à Radio Bip. Le média indépendant domicilier à Besançon a été pris pour cible une nouvelle fois par l'extrême droite. La porte des locaux a été défoncée par des individus portant des gants coquets.

La rédaction craint pour sa sécurité. On en parle après le Flash Info.

2:09
Invité

Mauvais quart d'heure pour Louis Alliot hier au tribunal judiciaire de Paris. Appelé à la barre pour détournement de fonds publics dans le cadre du procès des emplois présumés fictifs des assistants des eurodéputés du FN, le maire de Perpignan s'est faiblement défendu. Il a été entendu pour l'emploi de son assistant parlementaire, Laurent Salle, alors qu'il était eurodéputé entre juillet 2014 et février 2015. Il n'a pas su justifier auprès du tribunal pourquoi il n'échangeait jamais avec son assistant parlementaire Laurent Salle, ni pourquoi celui-ci semblait surtout travailler pour le parti.

En effet, l'enquête, résumée par le tribunal, n'a montré aucune trace d'un quelconque travail de Laurent Salle pour Louis Alliot. Il a été relevé un unique SMS, échangé en huit mois entre les deux hommes, et noté une galette des rois partagée lors d'un événement dans la fédération de Laurent Salle où Louis Alliot était invité en tant que responsable du parti. C'est un triste record. En 2023, 735 personnes sans domicile fixe sont décédées en France. Un chiffre d'une ampleur inédite a indiqué aujourd'hui le collectif Les Morts de la Rue dans son dernier rapport. A titre de comparaison, en 2022, 624 personnes sont décédées dans la rue.

On apprend que l'âge moyen de décès des personnes recensées, qui sont très majoritairement des hommes, et d'environ 49 ans, soit près de 30 ans de moins que la population générale. Les données de ce rapport inquiètent d'autant plus le collectif qu'elles s'inscrivent dans le cadre d'une augmentation du nombre de sans-abri. Selon la fondation Abbé Pierre, 4,2 millions de personnes souffrent de mal logement ou d'absence de logement en France, dont 330 000 personnes sans domicile. L'horreur se poursuit à Gaza. Près de 100 Palestiniens ont été tués dans une frappe israélienne hier dans le nord de la bande de Gaza. L'immeuble visé est une résidence familiale de 5 étages.

Il s'est effondré dans la nuit, surprenant les habitants dans leur sommeil, a raconté à l'AFP un voisin. La plupart des victimes sont des femmes et des enfants. Les gens essayent de sauver les blessés, mais il n'y a ni hôpitaux, ni soins médicaux adéquats. Faute de brancard, les corps ensanglantés, extraits du gigantesque amas de parpaing et de béton ou étaient transportés sur des couvertures, a constaté un photographe de l'AFP. Principal soutien militaire d'Israël, les Etats-Unis ont dit avoir contacté leurs alliés pour demander des comptes après cette frappe horrible, aux résultats horribles.

4:38
Présentateur

On continue de parler de l'actualité du jour. Ce mercredi 30 octobre, Richie Thibault, le collaborateur de la députée LFI Ercilia Soudé, a organisé une conférence de presse devant l'Assemblée nationale pour revenir sur la décision unilatérale de Yael Broun-Pivet de lui interdire l'accès au Palais Bourbon et à l'Hôtel de la Sey. Richie Thibault s'est confié au micro de nos journalistes Lisa Lapp et André Manivit.

5:03
Aristide Bourbon

C'est un acte qui est discriminatoire parce qu'il se fonde sur mes opinions politiques. Je le vis violemment pour une autre raison parce que moi je suis le premier collaborateur qui est le fils d'une mère gitane, d'un père manouche et que c'est la première fois que quelqu'un de chez nous arrive dans l'enceinte de l'Assemblée nationale et que c'est donc assez cocasse de s'en retrouver exclu et que ça envoie un message qui est quand même pas exceptionnel. Donc c'est avec beaucoup de violence que je vis ça. Ça entrave de manière très concrète mes activités professionnelles.

C'est bien une mesure inédite, c'est une volonté de s'attaquer à un groupe de l'opposition, pas n'importe lequel, la France insoumise qui est prise pour cible à de nombreuses reprises en la matière par la présidence de l'Assemblée, enfin en l'occurrence par Yael Bonne-Pivet. C'est-à-dire que quand on a des idées qui sont dissonantes vis-à-vis de la doxa macronienne, eh bien on constituerait de facto un risque de trouble à l'ordre public. C'est extrêmement grave. Ça dénote une décision qui n'a pas du tout de fondement.

Et ensuite, donc ça c'est la justification écrite qu'elle a donnée, mais elle s'est aussi justifiée en faisant des fuites dans la presse en disant qu'elle expliquait cette décision par deux raisons. La première étant que Bruno Retailleau a déposé plainte contre moi sur l'affaire Les Enfants de Pétain en parlant de la police nationale. Alors là, comment vous dire que c'est assez choquant parce que ce serait une ingérence directe du pouvoir exécutif, en l'occurrence du ministre de l'Intérieur, sur le choix des collaborateurs parlementaires et encore plus grave des collaborateurs parlementaires d'un groupe de l'opposition.

Donc ça, c'est une des justifications qu'elle a mis en avant, qui est assez ahurissante. D'autant que je précise ici que je n'ai aucune condamnation judiciaire, ce qui, combien j'en aurais, d'ailleurs ça ne justifierait pas une telle décision, mais je n'en ai aucune. Et la deuxième justification, c'est de dire que j'ai une proximité avec les groupuscules dits pro-palestiniens. Alors c'est ce qu'elle a fait fuiter à la presse. Si demain, l'extrême droite s'empare de cette institution, elle pourrait très bien imaginer mettre à la porte tous les collaborateurs des groupes d'opposition défendant les droits humains.

Donc c'est une situation qui est grave, qui doit appeler à la mobilisation collective. Il ne s'agit pas de défendre Richie Thibault, il s'agit de défendre nos valeurs, nos libertés et de défendre un fonctionnement qui soit un minimum démocratique de cette institution.

7:05
Présentateur

Richie Thibault a pu compter sur le soutien à la CGT, collaborateur parlementaire. Sa secrétaire générale, Manon Amir Chahi, dénonce un scandale.

7:13
Invité

Vraiment, j'aimerais revenir sur le caractère inédit. Aujourd'hui, l'Assemblée nationale ne peut pas comme ça se substituer au pouvoir de la justice et décider de façon autoritaire, sans transparence, d'interdire l'accès au travail à un travailleur pour qu'il puisse effectuer ses missions dans de bonnes conditions. On a besoin d'avoir accès au Palais Bourbon. Pourquoi ? Parce qu'il y a des cadres de formation, parce qu'il y a les groupes politiques qui sont présents, parce qu'il y a le bureau de la Poste, parce qu'il y a la reprographie.

Bon, bref, je ne vais pas faire la liste, mais on a besoin d'avoir accès tant à des lieux qu'à des ressources matérielles pour effectuer dans de bonnes conditions, enfin, juste pour faire notre taf. Et Yael Brunpivet, aujourd'hui, n'en est pas à son coup d'essai dans la restriction des libertés des collaborateurs et des collaboratrices parlementaires, notamment sur la liberté de circulation. Nous, en tout cas, à la CGT Collab, on trouve ça très cocasse de, d'une part, refuser tout lien de co-employabilité à notre égard.

Quand il y a des problèmes de fonds, quand il y a des problèmes de statut, quand il y a des problèmes d'absence de convention collective, quand il n'y a pas de grille de salaire, quand il y a des problèmes de harcèlement, quand il y a des problèmes qui touchent aux violences sexistes et sexuelles, on nous dit non-liberté de l'employeur, nous n'avons pas de responsabilité vis-à-vis de vous. Par contre, dès qu'il faut monter au créneau pour restreindre nos droits et nos libertés, là, par contre, l'Assemblée nationale se permet.

8:30
Présentateur

Quant à l'avocat de Richie Thibault, Alexis Baudelin, il voit dans cette mesure punitive une dérive autoritaire des institutions.

8:37
Invité

Une dérive, une dérive autoritaire dans notre pays, maintenant, depuis plusieurs mois, voire depuis plusieurs années. Et cette dérive est documentée à un niveau international. Nous pensons qu'effectivement, le cas de Richie est un autre exemple de cette dérive au niveau de notre pays. Donc, on se doit effectivement d'informer les instances internationales de ce qui se passe. Même si ça peut paraître un cas anecdotique, ça peut être un précédent qui est très grave, ça a été parfaitement exposé. Donc, de ce point de vue-là, on a prévu effectivement un signalement auprès d'un rapporteur spécial de l'ONU attaché aux fonctions droits de l'homme.

Par rapport à la mesure qui a été prise par la présidente de l'Assemblée nationale, on peut considérer que c'est une forme de mesure administrative qui a été décidée à l'égard de Richie et ça pourrait relever de la compétence de la défenseure des droits sur ce point-là. Ce n'est pas pourquoi précisément Richie est interdit d'accéder à l'Assemblée nationale, mais on a notre petite idée. Effectivement, on pense qu'il y est interdit en raison de ses opinions politiques. Et donc, de ce point de vue-là, on considère qu'effectivement, la défenseure des droits pourrait aussi se saisir de cette affaire, ce pourquoi on va faire un signalement également auprès d'elle.

Si effectivement Mme Brune-Pivet ne revient pas sur sa décision, on va sérieusement réfléchir à un recours pour excès de pouvoir contre cette décision. Et dans ce cas-là, ce sera le juge administratif de Paris d'en décider.

9:46
Présentateur

Dans l'actualité du jour également, au lendemain de la grève nationale dans le secteur hospitalier, notre équipe de reporters est allée du côté des Hauts-de-Seine à Clichy-la-Garenne, où le personnel soignant de l'hôtel de l'hôpital Beaujon est en grève et déplore des conditions de travail indignes et des cadences insoutenables. Mathieu Lefebvre, député macroniste, affirmait hier à notre micro que les problèmes de l'hôpital étaient liés aux 35 heures à une désorganisation des services. Lisa et André ont recueilli les réactions des grévistes de l'hôpital Beaujon.

10:16
Invité

Comment on peut parler de quelque chose quand on n'y travaille pas ? On manque de matériel. J'ai une collègue, par exemple, qui me racontait qu'elle a dû courir pour trouver des pieds à perfusion. On en est où ? Ne plus se retrouver avec une infirmière pour 30 patients. C'est vraiment avoir ce problème-là. Là, j'ai encore une collègue qui se retrouvait seule pour deux patients en soins critiques sans aller de soignante tout un week-end. On ne peut plus s'occuper comme ça des patients. On est tous en danger. En fait, on fait des enveloppes budgétaires et on ne donne pas de moyens au personnel d'avoir le matériel nécessaire. Donc commençons par la base. Ayons du matériel correct.

Arrêtons ces marchés vers la Chine ou l'Inde qui font qu'on a des ruptures de médicaments, des ruptures de dispositifs médicaux. Commençons par la base au lieu de parler de 35 heures.

10:56
Présentateur

De retour sur le plateau, ma consoeur et camarade Amina Kalash m'a rejoint. Bonjour Amina. Bonsoir Amina. Israël, avec la complicité d'une société américaine, un projet de construire des ghettos biométriques à Gaza, tu nous en parles. Tu nous parles de ce scandale dans ta carte blanche. Une compagnie américaine est sur le point de construire des bulles humanitaires dans les territoires palestiniens occupés. Et de quoi s'agit-il ? Eh bien Nadia, les Palestiniens à Gaza seront peut-être bientôt contraints

11:27
Yaël Braun-Pivet

de vivre dans ce qu'on appelle les bulles humanitaires. En tout cas, c'est les mots qui ont été utilisés par la société qui est en charge du projet. En clair, les entrées des Palestiniens dans le quartier, l'accès à la nourriture, sont conditionnées par l'identification biométrique. Autrement dit, Israël, avec la complicité des États-Unis, est sur le point de construire des ghettos humanitaires. Pour bien comprendre de quoi on parle, un ghetto désigne un quartier d'une ville ou bien une ville individualisée où sont recoupés les membres d'une même communauté. Le terme s'est ensuite étendu à l'espace de relégation des Juifs dans les villes d'Europe centrale et orientale.

Puis le ghetto a progressivement désigné dans les villes américaines un espace de recoupement communautaire pour les immigrants italiens ou chinois par exemple, ou encore pour la communauté noire. Les populations sont donc souvent marginalisées et vivent dans une grande précarité comparée au reste de la population. En tout cas, c'est ce que Gaza s'apprête à subir. On parle de ghettoïsation, c'est-à-dire un processus de transformation d'un quartier en territoire isolé et fermé, autrement dit, une ségrégation spatiale.

12:32
Présentateur

Peut-on dire que ce projet porte atteinte aux droits humains ? Tout à fait Nadia, cette ghettoïsation

12:37
Yaël Braun-Pivet

constitue une véritable violation des droits de l'homme. Le cabinet du Premier ministre israélien est d'ailleurs sur le point d'approuver ce projet qui est mis en place par la société privée américaine américaine global delivery company. Elle prévoit la mise en place de points de contrôle qui vont restreindre les déplacements des Palestiniens à moins qu'ils ne fournissent des données biométriques, c'est-à-dire des empreintes digitales, des échantillons de voix, ainsi que la reconnaissance faciale. La reconnaissance faciale, c'est tout simplement le Face ID que vous avez sur vos téléphones par exemple.

La proposition envisagée par Israël a pour finalité de diviser Gaza en zones isolées et surveillées par des points de contrôle qui permettraient de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire. C'est en tout cas l'argument utilisé par Israël pour porter atteinte à la vie privée ou encore aux libertés individuelles des Palestiniens. Au sein du projet, l'armée israélienne sera chargée entre guillemets de nettoyer ces bulles des combattants du Hamas, appelées terroristes. Cela représente une nouvelle escalade dans le blocus et l'occupation de Gaza avec de graves conséquences pour la vie des Palestiniens.

13:42
Présentateur

Israël a interdit, on en parlera plus longuement, en territoire palestinien occupé, les activités de l'UNRWA. Oui, alors la Knesset, donc le Parlement israélien,

13:51
Yaël Braun-Pivet

vient d'adopter ce lundi 28 octobre deux textes dont l'un mettant un terme aux activités de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens et le second interdisant aux responsables israéliens de travailler avec ses employés. Cette loi va à long compte de l'arrêt de la Cour internationale de justice ordonnant à Israël de garantir l'acheminement d'une aide humanitaire suffisante et de faciliter l'accès aux services de première nécessité. C'est une nouvelle criminalisation de l'aide humanitaire qui ne va faire qu'aggraver la crise humanitaire déjà catastrophique.

Un journaliste américain, Dan Cohen, rapporte que, je cite l'administration Biden, a approuvé le déploiement de 1 000 mercenaires privés formé par la CIA dans le cadre d'un plan conjoint américano-israélien visant à transformer Gaza en une dystopie de haute technologie. La société va employer d'anciens combattants des unités d'élite des armées américaines et britanniques, ainsi que des combattants kurdes. Ces mercenaires sont censés sécuriser les convois humanitaires qui entreront dans chacune de ces supposées bulles humanitaires. La compagnie américaine débutera son projet dans les 30 jours qui suivent l'approbation par la Knesset.

14:57
Présentateur

En Israël, ce projet de loi suscite de l'inquiétude.

15:01
Yaël Braun-Pivet

Tout à fait. Selon le quotidien israélien Yediot Haaronot, des responsables du ministère des Affaires étrangères alertent sur ce projet. Pourquoi ? Parce que ces derniers ont averti que si le texte était adopté en deuxième et troisième lecture à la Knesset, Israël serait, je cite, suspendu des Nations Unies pour violation de la charte de l'organisation. D'ailleurs, le profil du PDG de la société américaine, Mouti Kahana, est plus qu'inquiétant. Lors de ses dernières déclarations, il s'est exprimé sur de possibles exécutions d'individus qualifiés de menaçants. M.

Kahana a comparé sa société à, je cite, un Uber pour les zones de guerre et a laissé entendre que les États-Unis financeraient l'opération dont les coûts initiaux sont estimés à 200 millions de dollars pour les six premiers mois.

15:46
Présentateur

Une inquiétude existe concernant le profil des employés de Global Delivery Company, notamment Stuart Seldovitz et Yossi Koper-Wasser. Oui, donc Seldovitz est un ancien fonctionnaire

15:57
Yaël Braun-Pivet

du département d'État qui a traqué et harcelé des food trucks de nourriture halal aux États-Unis. Parmi ses remarques racistes, il a déclaré, je cite, « Si nous avions réellement tué 4000 enfants palestiniens, ce n'est pas assez ». Koper-Wasser est un ancien haut fonctionnaire de l'OIEF et un membre d'un groupe de réflexion fasciste qui conseille d'ailleurs Netanyahou depuis le début du génocide. Pour conclure, ce plan qui vise à établir ses ghettos biométriques à Gaza intervient alors que les forces israéliennes continuent d'imposer un blocus meurtrier à Gaza.

Ce plan institutionnaliserait le contrôle à un niveau encore plus profond en utilisant les nouvelles technologies pour priver encore davantage les Palestiniens de leurs droits fondamentaux. Plus de 10 000 Palestiniens se trouvent déjà dans des camps de concentration où ils sont confrontés à la torture, aux agressions sexuelles ainsi qu'à des violences extrêmes. Le plan sera d'abord mis en œuvre dans le nord de la bande de Gaza avec l'intention de l'étendre dans le centre de la bande de Gaza et dans la frontière entre l'Égypte et la bande de Gaza.

17:01
Présentateur

Merci beaucoup Amina Kalach d'avoir exploré pour nous la presse anglophone qui est la seule à avoir évoqué ce scandale. On continue de parler du sort des Palestiniens avec Stéphanie Laté-Abdallah, historienne et politique spécialiste sur le Moyen-Orient et Sabrina Sebailly, députée Europe Écologie-Les Verts de la quatrième circonscription des Hauts-de-Seine qui interviendra par le biais de la visioconférence depuis l'Assemblée nationale. Nous discuterons en particulier de la décision d'Israël d'interdire l'UNRWA, l'agence des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés.

C'est tout de suite après ce petit clip d'auto-promo le temps de changer de plateau.

17:35
Invité

La situation politique est inédite, urgente.

17:39
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue sur Le Média.

17:42
Invité

Deux directs par jour. Une situation de crise alimentaire sans précédent. Du terrain, du reportage, mais aussi de l'enquête. Le Média est aujourd'hui la seule télévision résolument de gauche, engagée et indépendante des pouvoirs financiers et politiques. Le Média, c'est 25 travailleurs qui produisent de l'information au quotidien. Nous devons faire plus. Pour cela, nous devons nous développer. Développer la chaîne de télévision, développer nos programmes, notre présence sur le terrain, enquêter sur les puissants qui nous gouvernent. Le tout en libre accès. Développer cette chaîne unique dans le paysage audiovisuel français implique de faire grandir nos équipes, d'investir dans du matériel.

Sans ça, pas d'émissions, pas de reportages, pas d'enquêtes et le champ libre pour les grands médias. Macron, son monde et l'extrême droitisation des débats. Menez cette bataille avec nous. Abonnez-vous au Média à partir de 5 euros par mois. L'abonnement, c'est notre moyen de financement le plus pérenne, le plus solide. Être abonné, c'est faire vivre une chaîne TV d'information indépendante et engagée, accessible à toutes et tous en francophonie. Être abonné, c'est faire vivre le pluralisme et le débat dans le très petit monde de la TV. Offrez-vous une alternative TV. Abonnez-vous. Le Média, reprenez goût à l'info.

19:10
Présentateur

Bonsoir à celles et ceux qui nous rejoignent et merci à vous qui continuez de regarder toujours debout l'émission quasi quotidienne d'info et de combat. Israël a décidé d'interdire l'UNRWA, l'agence des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés. Quelles conséquences pour les palestiniens ? Qu'attend la communauté internationale pour prendre des sanctions contre Israël ? On en parle avec Stéphanie Laté-Abdallah, historienne et politiste spécialisée sur le Moyen-Orient et Sabrina Sebailly, députée Europe, écologie les verts de la quatrième circonscription des Hauts-de-Seine. Bonsoir, mesdames. Bonsoir. Bonsoir.

Sabrina Sebailly, vous nous entendez bien ?

19:50
Invité

Bonsoir.

19:51
Présentateur

Très bien, parfait. Alors, malgré l'opposition de son allié américain et la mise en garde du Conseil de sécurité de l'ONU, le Parlement israélien a adopté à une écrasante majorité, 92 voix contre 10, un texte qui interdit les activités de l'UNRWA sur le territoire israélien, y compris à Jérusalem-Est, un territoire occupé par Israël depuis 1967. Un second texte également largement adopté, interdit aux responsables israéliens de travailler avec cette agence et ses employés. Cette décision a provoqué de vives réactions internationales et pour cause. L'agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens est le principal acteur des opérations humanitaires dans la bande de Gaza.

Mesdames, qu'est-ce qui explique cette décision alors qu'Israël contrôle strictement toutes les entrées de cargaison d'aides humanitaires vers Gaza ? Pourquoi l'UNRWA dérange ? Stéphanie Abdelalaté.

20:44
Yaël Braun-Pivet

L'UNRWA dérange depuis un moment. Ça fait un moment qu'Israël veut se débarrasser en fait de l'UNRWA. On se souvient de la période Trump où les États-Unis avaient cessé leur financement à l'UNRWA. Et puis plus récemment, il y a eu aussi des arrêts de financement, des suspensions. Tout le monde a à peu près repris ses financements, même si pas à hauteur forcément globale, sauf la Suisse. Et donc, qu'est-ce qui dérange sur l'UNRWA ? Donc deux choses. Déjà, c'est en lien un peu avec la chronique de tout à l'heure.

C'est-à-dire qu'il y a une volonté de reconstruire complètement les dispositifs de gestion territoriaux, d'une part, de gestion territoriale et de gestion de l'aide humanitaire avec ça. Donc évidemment, l'UNRWA a un tout autre rapport en fait à ce territoire et je pense que je pourrais revenir là-dessus. Par ailleurs, l'UNRWA, c'est pas seulement la distribution d'aide humanitaire de première nécessité. D'ailleurs, c'est relativement peu ça. C'est ça dans les périodes de crise comme en ce moment. Mais sinon, c'est tout un réseau d'écoles, de centres de santé qui sont là de longue date et qui ont un rôle très important particulièrement à Gaza.

Mais l'UNRWA, c'est aussi ce qu'on pourrait considérer comme une forme d'administration palestinienne. Dans la mesure où plus de 90, 95% de ces employés sont des réfugiés palestiniens, 30 000 employés à l'échelle régionale, 13 000 à Gaza. Et donc, c'est un système humanitaire qui, si on peut dire, représente aussi une certaine forme d'autonomie palestinienne. Ce qui n'est pas du tout le cas d'autres formes d'humanitaire et notamment celui qui va être mis en place. Et enfin, et sans doute aussi, tout aussi important si ce n'est plus, l'UNRWA représente la question des droits des réfugiés. C'est-à-dire que la question notamment du droit au retour. Pourquoi ?

Quand l'UNRWA a été mis en place, au départ, il a été mis en place pour une période très courte et l'idée était de réinstaller les réfugiés par un programme de grands travaux. Et donc, ils devaient se réinstaller dans la région. Il y avait d'ailleurs déjà des projets de réimplantation dans le Sinaï à l'époque, des grands travaux par l'irrigation, etc., qui devaient les réinstaller dans les pays alentours. Et puis, l'UNRWA devait partir. Or, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé dans la mesure où les réfugiés n'ont pas voulu être réinstallés de manière durable dans ces pays. Et petit à petit, il a été contraint à changer sa définition.

Au début, la définition de l'UNRWA incluait le fait d'avoir vécu en Palestine avant la guerre de 1947-1949, mais aussi la question d'être dans le besoin. Donc, il y a cette idée d'avoir perdu à la fois sa maison et ses moyens de subsistance, mais aussi d'être dans le besoin. Et petit à petit, au fil du temps, en raison finalement des résistances et d'une forme d'appropriation de l'UNRWA par les personnes réfugiées, cette définition a changé en 1993 en enlevant la question du besoin. C'est-à-dire que du coup, beaucoup de gens se sont enregistrés auprès d'une roi qui ne pouvait pas l'être.

Il fallait aussi avoir trouvé refuge dans les pays dans lesquels l'UNRWA est opérationnel, sachant qu'il est opérationnel en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie, à Gaza. Il n'est pas opérationnel au-delà. Or, il y a des gens qui avaient trouvé refuge au-delà. Donc, en enlevant cette clause du besoin, beaucoup de gens se sont enregistrés et donc, de facto, c'est devenu une définition qui caractérisait vraiment cette question d'être ou pas un réfugié de Palestine, en dehors de cette question stricto sensu humanitaire, sociale, assistentielle qui était liée à cette idée d'avoir besoin d'aide humanitaire.

Donc, l'UNRWA est techniquement le seul organisme qui est à même, en gros, le jour où il y aura un règlement de la question des réfugiés, quels que soient ces règlements, d'attester de qui sont ces réfugiés et leurs descendants. À partir de 1979, l'UNRWA enregistre également les descendants des premières familles de réfugiés.

Donc, c'est tout ça qui embête, évidemment, Israël, qui veut, évidemment, ne pas entendre parler du tout de cette question des réfugiés, d'une part, qui ne veut pas du tout, qui veut en plus restructurer complètement sa gestion territoriale de Gaza et donc veut absolument se débarrasser, en fait, de cette agence qui, qui participe aussi de cette autonomie et d'une auto-determination possible des Palestiniens, en fait.

25:03
Présentateur

Oui, on se souvient qu'Israël, pour se débarrasser de l'UNRWA à tout prix, avait accusé l'agence de compter parmi son personnel des combattants du Hamas. C'est une fake news, d'ailleurs, qui a été largement relayée par les médias français. Sabrina Sevailly ? Oui, écoutez, je pense que

25:21
Invité

beaucoup de choses ont été dites. Bien évidemment, on est dans une continuité de la volonté du gouvernement israélien, en tout cas, sur le fait de totalement remettre en cause l'intervention de l'UNRWA sur le territoire palestinien. C'était déjà le cas, effectivement, avec les accusations en disant qu'il y avait des salariés de l'UNRWA qui avaient participé de près ou de loin aux événements du 7 octobre, bien sûr. Mais on voit bien aussi que derrière tout cela, c'est aussi une remise en cause de l'organisation qui est l'ONU. D'ailleurs, il s'assoit assez régulièrement sur les résolutions de l'ONU.

Là, on parle d'une organisation de l'ONU qui est remise en cause par le gouvernement israélien qui interdit son intervention sur le territoire palestinien. Ça a été dit d'UNRWA pour la colonne vertébrale de l'aide à Gaza, notamment. C'est les écoles, c'est l'aide humanitaire, c'est beaucoup de choses. C'est effectivement aussi le droit au retour. Et ça participe aussi de quelque chose d'un peu plus global. C'est-à-dire déjà, on le voit bien avec le fait que les journalistes ne peuvent pas rentrer à Gaza, qu'on n'a pas d'informations, ça permet aussi d'éliminer totalement toute personne qui pourrait témoigner aujourd'hui de ce qui se passe à Gaza, du génocide en cours.

Et donc là, on est totalement en aveugle sur ce qui se passe là-bas. Plus personne n'a le droit d'y rentrer, même l'aide humanitaire n'y entre plus. Donc on voit bien qu'on est dans une continuité assez logique en réalité du point de vue du gouvernement israélien qui est l'extermination totale des Gazaouis et peut-être même plus parce qu'aujourd'hui, on voit bien ce qui se passe en Cisjordanie, la volonté qui est en train de se mettre en place sur Jérusalem-Est, ce qui est en train de se passer au Liban.

Donc on voit bien d'abord une extension du conflit, bien sûr, mais aussi cette volonté de généraliser, mais qui est logique du point de vue de Netanyahou parce qu'en réalité, s'il n'y a plus de guerre, s'il n'y a plus ce conflit, il n'est plus au pouvoir. Et pour lui, c'est une question de survie, de sa survie politique et donc il ne cessera pas tant que finalement il ne sera pas arrêté par la communauté internationale qui jusqu'à présent a au mieux fermé les yeux au pire et est complice

27:15
Présentateur

de ce qui se passe aujourd'hui sur le territoire palestinien. Effectivement, l'extermination du peuple palestinien, ce sont aussi les mots du haut commissaire des droits de l'homme de l'ONU, Stéphanie Abdel-Elaté, vous vouliez ajouter quelque chose. On peut peut-être évoquer les conséquences de cette interdiction pour le peuple palestinien, sachant que l'aide humanitaire était déjà bloquée de façon récurrente par Israël.

27:36
Yaël Braun-Pivet

Non, juste peut-être préciser, effectivement, il y a 12 employés qui ont été accusés par Israël d'avoir participé au 7 octobre. Il y a eu des enquêtes qui ont été menées. De toute façon, l'UNROI a licencié 9 d'entre eux. Deux sont morts, etc. Donc l'UNROI a fait ce qu'il fallait de ce point de vue. Il faut savoir que, voilà, c'est une administration qui emploie 13 000 personnes. Donc on ne peut pas arguer de ce type d'arguments, évidemment. Après, effectivement, les conséquences sont importantes. Déjà, le fait que l'UNROI n'ait plus le droit d'être sur le territoire dit souverain israélien, qui inclut pour les Israéliens Jérusalem-Est, puisqu'ils ont annexé la totalité de la ville en 1980.

Donc pour eux, Jérusalem-Est fait partie d'Israël, alors qu'évidemment, pour le droit international, ce n'est pas le cas. Donc ça veut dire déjà que les headquarters seraient de l'UNROI et Jérusalem ne pourraient plus être là. Le système d'école qui est à Jérusalem-Est, qui n'est pas forcément le plus important du système scolaire de l'UNROI, mais enfin quand même ne pourraient plus être là. Et puis ensuite, ça veut dire qu'ils seraient incapables. La deuxième loi empêche les visas, empêche la coordination qui nécessite l'acheminement de toute aide, empêche donc le fonctionnement des écoles, des centres de santé et de l'essentiel des activités de l'UNROI.

Donc ce n'est pas que non plus de l'humanitaire d'urgence, en fait. C'est ce qu'il faut bien comprendre. Donc en fait, techniquement, ça implique la fin des activités de l'UNROI sur le territoire. Et je trouve que les condamnations, on a des condamnations fermes de quatre pays, en fait, Slovénie, Espagne, Norvège et puis il y en a le dernier Méchapp, Irlande, qui sont les pays européens qui reconnaissent l'État palestinien. La condamnation de la France est quand même assez timide, il me semble, puisque là, on est quand même face à quelque chose d'extrêmement grave. Quant au fait que les Américains condamnent, un petit mot, on peut...

Ce n'est pas tellement étonnant, puisqu'ils sont, on l'a vu, partie prenante de toute une recomposition par les infrastructures de cette gestion qui est proposée de la bande de Gaza. Moi, ce que j'appelle une gestion infrastructurelle militarisée qui est souhaitée. et ils sont partie prenante. Cette entreprise dont on parlait, la GDC, c'est une entreprise qui est américaine. Donc, en fait, on ne peut pas attendre des États-Unis, même si, pour le moment, ce qu'on sait, c'est que la Maison-Blanche n'a pas donné son accord complet à ce projet, dont parlait votre collègue tout à l'heure. Mais, en attendant, c'est un projet qui avance, qui est là et qui implique une entreprise américaine.

Donc, je ne suis pas certaine qu'on va pouvoir attendre des États-Unis vraiment des mesures fortes puisque là, il s'agirait vraiment de mesures fortes. En plus, bon, c'est un organisme des Nations Unies. Donc, il y a une immunité diplomatique. Il faut savoir que le commissaire général Lazarini, de toute façon, est interdit d'entrer à Gaza depuis déjà plusieurs mois. Donc, ça fait déjà un moment qu'il y a toute une série de mesures qui sont prises à l'encontre de cette agence et qui, là, culmine enfin par cette loi qu'il souhaite depuis des années.

Il faut voir que le porte-parole de Netanyahou, le nouveau porte-parole du Premier ministre Netanyahou, Omer Dossry, quand il écrit, parce qu'il lui arrive d'écrire des papiers dits scientifiques dans une revue militaire américaine, d'ailleurs, il, pour lui, en fait, il considère dans le camp des ennemis, notamment par tout ce qui relève de la propagande médiatique évidemment des pays comme l'Iran, la Russie, la Chine, etc. Mais l'ONU n'est pas considérée comme ennemie, mais est considérée quand même comme faisant partie de cette propagande contre Israël.

Donc, en fait, ces attaques contre l'ONU sont vraiment, sont partagées, sont constantes, et évidemment, encore d'autant plus vis-à-vis de l'UNUROI.

31:54
Présentateur

Sabrina Sévahit, pour vous, l'intention génocidaire ne fait plus de doute. Je vous pose la question car malgré l'ordonnance du 26 janvier 2024 de la Cour internationale de justice qui reconnaît un risque plausible de génocide à Gaza, le mot fait encore débat. Est-ce que cette loi, justement, qui vient d'être votée par le Parlement israélien ne vient pas confirmer cette intention génocidaire ?

32:18
Invité

Nous, je pense qu'on a été assez clair depuis maintenant quelques mois sur cette volonté génocidaire et cette folie, j'ai presque envie de dire, cette folie génocidaire de ce gouvernement israélien vis-à-vis du peuple palestinien. D'abord, aujourd'hui, je crois que on peut dire que Gaza n'existe quasiment plus. Tout est rasé. Ce qui est en train de se passer dans le nord de Gaza est terrible. L'aide humanitaire ne circule plus, ça a été dit. On a des centaines de milliers de personnes qui sont coincées, bloquées, sans eau, sans nourriture, sans rien du tout et plus du tout d'hôpital en état de fonctionner.

On le voit bien, encore avec la dernière frappe qui a été sur le générateur électrique de l'hôpital qui a mis à mort plusieurs personnes qui étaient sous respirateur de l'hôpital. Qu'est-ce que c'est si ce n'est pas un génocide ce à quoi on assiste devant nos yeux ? Et je le dis d'autant plus qu'aujourd'hui, j'ai reçu, vous savez, c'est les Franco-Israéliens, les Israéliens qui ont signé cette lettre demandant à la communauté internationale de saisir et de prendre des sanctions de faire contre le gouvernement israélien. Ils ont des mots très durs vis-à-vis de leur gouvernement. Et en fait, aujourd'hui, ça ne fait plus de doute.

Je ne vois pas quand on est à 40 000 morts et pas des 40 000 morts qui arrivent à l'hôpital. Nous ne parlons même pas qui ont disparu, des morts collatérales parce qu'il n'y a plus de soins pour les personnes qui ont des cancers, des diabètes, des maladies, d'autres types de maladies. Toutes ces morts-là, on ne les comptabilise pas finalement dans ce qui se passe aujourd'hui. Et vous savez, The Lancet avait publié un chiffre qui est plutôt autour de 180 000 morts aujourd'hui. On est très, très loin de la réalité et on voit bien qu'il n'y a pas aujourd'hui, en tout cas, nous ne voyons aucune perspective de parler de ce qui est en train de se passer.

Et c'est vrai que, mis à part les communiqués de presse, j'ai envie de dire, très sympas du Quai d'Orsay pour la France, il n'y a pas d'action. Il n'y a pas d'action concrète et c'est bien ça qui nous inquiète aujourd'hui.

34:17
Présentateur

On va parler de cette tribune et de cette conférence que vous avez organisée, Sabrina Sevailly. Stéphanie Laté-Abdella, on a parlé du génocide avec la députée. Vous vous parlez, vous développez un autre concept, on peut dire ça comme ça. Vous parlez de futuricite parce qu'effectivement, il y a ce massacre des populations, plus de 40 000 morts, voire même 180 000 selon cette étude scientifique. Mais on rappelle également que le bâti et la majorité du patrimoine palestinien a été détruit.

34:47
Yaël Braun-Pivet

Oui, en effet, je parle de futuricite dans le sens où ce qui est visé, effectivement, c'est la population et effectivement, la question du génocide, à mon avis, fait peu débat, bien que le génocide, comme c'est une catégorie juridique, il appartiendra à certaines instances internationales de le confirmer. Mais je pense qu'effectivement, tout ce qu'on voit amène plus que largement à le penser. Mais la question du futuricite, c'est qu'effectivement, donc, on tue une population, une mémoire, un bâti, on détruit aussi tout ce qui relève des capacités de subsistance, tout aussi bien l'agriculture que toute forme, en fait, de vie. On détruit les élites, beaucoup aussi.

On vise les journalistes, on vise les professeurs d'université, on vise les médecins, le personnel, le soignant. On vise, justement, dans l'agriculture, les gens qui contribuent à un minimum de subsistance. On a vu la manière dont certains agriculteurs ont été également visés.

Donc, en fait, on vise tout ce qui relève de la capacité de vivre aujourd'hui à Gaza et dans le futur à Gaza, puisqu'on voit bien que toutes ces destructions et que les plans, surtout, qui sont faits sur l'avenir, que ce soit cette gestion infrastructurelle militarisée dont on a parlé autour de bulles et de micro-zones qui seraient gérées par un système humanitaro-militaire, d'une part, si on voit dans une perspective plus utopique, entre guillemets, utopique, dystopique pour les Palestiniens, utopique pour les Israéliens, les projets de Netanyahou 2035.

Mais en tout cas, dans tout ça, la question des Palestiniens, de leur auto-determination, de leur droit à exister sur cette terre, de leur capacité à vivre sur cette terre n'est jamais posée. Donc, en fait, effectivement, il y a une sorte de futuricide aussi dans la manière dont ce territoire est complètement... enfin, la toxicité de la guerre, tous les déchets qui s'amoncèlent, on vise les cimetières aussi. Donc, en visant le passé et la mémoire, on vise le futur, la manière d'être en lien avec cette terre, etc.

Plus les projets d'éviction, dont on ne sait pas exactement jusqu'où ils iront, plus les projets de recolonisation, puisqu'on en est à la deuxième conférence du mouvement des colons pour recoloniser Gaza, la deuxième ayant eu lieu le mois d'octobre, où on a plusieurs ministres de gouvernement qui y sont, et pas que les ministres messianiques. On a aussi beaucoup de ministres du Likoud qui y vont. Alors, Netanyahou dit non, non, non, non, moi, je ne suis pas d'accord, etc. Mais enfin, quasiment au moins un quart de son gouvernement se prononce pour. Donc, à un moment donné, il faut arrêter.

De même qu'il dit qu'il ne met pas en œuvre le plan Eland sur le nord de Gaza qui vise à dire aux gens soit de partir, soit si vous restez, vous serez exterminés, fermés toute la zone et empêchés toute entrée de nourriture. Alors qu'en fait, on voit que sur le terrain, depuis plus de trois semaines, c'est ce qui est mis en œuvre. Donc, voilà, tout ça, c'est pour ça que je parle de futuricide. C'est-à-dire qu'on vise le maintenant, mais on vise aussi à long terme, en fait. Et on vise le futur. Le futuricide, pour le coup, c'est une intention. J'espère qu'elle ne sera pas comme le génocide. Il faut l'intention. J'espère qu'elle ne sera pas... qu'elle sera déjouée.

Mais c'est vrai que plus ça avance et plus on a du mal à voir un avenir possible, en fait, pour les Gazaouis, en tout cas.

38:24
Présentateur

Vous avez alerté sur ce futuricide dans une tribune publiée par Le Monde. Comment a été reçue votre tribune ? Vous le savez ? Écoutez, non,

38:36
Yaël Braun-Pivet

je ne sais pas trop. J'en ai reparlé après sur France Culture. J'ai l'impression que ce terme résonne un peu. Voilà. Que ça résonne dans les imaginaires. Que ça donne justement à imaginer ce qui est en train de se passer.

Après, voilà, je ne suis pas trop les débats divers de toute une sphère qui n'a jamais voulu entendre ce qui se passait à Gaza et qui finalement, et c'est ce qui me fait le plus peur, je crois, à mesure que ce génocide et ce futuricide, malheureusement, est de plus en plus là, de plus en plus visible, je pense que la sphère qui, en France et ailleurs, ne le reconnaît pas et au contraire, y participe, va de plus en plus être agressive pour pouvoir légitimer de telles positions. En fait, certaines personnes reviennent un peu à la raison, mais pour la plupart, ils appuient et ils deviennent d'autant plus violents. Donc, j'imagine que ça ne doit pas plaire à tout le monde, mais peu importe.

Enfin, en tout cas, moi, ce qui me semble important, c'est d'essayer aussi de faire pression sur nos gouvernants qui, comme vous le disiez, ne prennent aucune mesure concrète qui pourrait faire cesser ce futuricide, en commençant par un cessez-le-feu et au-delà,

39:59
Présentateur

puisque le cessez-le-feu, évidemment, ne suffira pas. Sabrina Sébailly, on va parler de cette conférence de presse qui a lieu aujourd'hui. Vous avez accueilli les signataires de la tribune citoyenne israélienne. Nous appelons à une pression internationale réelle sur Israël, une tribune que vous pouvez retrouver sur le site de Libération. Comment ils expliquent l'impuissance de la communauté internationale ? Ce n'est pas avec des mots

40:25
Invité

très, très durs. Alors, aujourd'hui, quand je les ai reçus, au moment où la tribune a été publiée, ils étaient 1000 signataires. Aujourd'hui, ils sont plus de 3000 signataires. Deux tiers qui vivent en Israël. D'abord, ils nous ont expliqué que pour ceux qui avaient signé cette tribune et qui habitent en Israël, la situation est extrêmement difficile, notamment pour les professeurs d'université, puisqu'aujourd'hui, ils sont menacés d'être chassés de leur poste à l'université à cause de la signature de cette tribune qui demande des sanctions très fortes.

Elles demandent en fait à ce que la communauté internationale, les États-Unis, la France et d'autres pays prennent des sanctions vis-à-vis de l'État d'Israël pour arrêter ce massacre et ce génocide en cours et pour obtenir un cessez-le-feu. Ils nous disent avec leurs mots parce que c'est vrai qu'ils nous disent mais nous, en fait, sauvez-nous de nous-mêmes, sauvez-nous de ce que nous sommes devenus. Ce sont leurs mots, c'est-à-dire qu'ils estiment aujourd'hui qu'ils sont eux-mêmes comptables quelque part puisque le gouvernement est en leur nom et qu'ils sont entraînés malgré eux dans la responsabilité de ce qui se passe et ils ont besoin, ils avaient besoin d'être entendus.

Ils nous disent clairement les Palestiniens pour eux sont des êtres humains comme eux. On est libres et égaux et donc, ils nous disent voilà, on a le sentiment qu'aujourd'hui une partie de la population et de la communauté israélienne en fait est rentrée suite au traumatisme du 7 octobre, ce sont leurs mots, ont une volonté de punir les Palestiniens, il y a une volonté populaire de punir le peuple palestinien et c'est ce à quoi on assiste depuis maintenant le 8 octobre.

Alors, bien évidemment, ils sont en difficulté parce qu'eux nous expliquent aussi qu'ils avaient prévenu à plusieurs fois en disant mais attention, si vous continuez la colonisation, si vous continuez une politique de discrimination telle que c'est le cas et tel que ça a été maintenant prouvé par le travail de différentes ONG sur ce qui se passe là-bas, eh bien Israël serait isolé du reste de la communauté internationale et en fait, ce qu'ils nous disent, c'est que comme la communauté internationale reste silencieuse par rapport à ce que fait le gouvernement israélien, eh bien ça donne toute puissance, toute l'éducation à ce gouvernement à poursuivre le génocide et donc, y compris sur la question de la colonisation puisqu'on parle beaucoup de Gaza et c'est très important et il ne faut pas oublier ce qui se passe en Cisjordanie où il y a une installation très importante de colons, on a 700 000 colons qui étaient déjà installés, on a eu une maigre condamnation de ce que la France a appelé les colons extrémistes mais excusez-moi, enfin, la colonisation est un crime en tant que tel, elle est extrême et violente en tant que tel, on n'a pas besoin de rajouter le mot extrémiste, il y a 700 000 colons aujourd'hui, 700 000 colons qu'il faut sanctionner bien évidemment et donc, voilà, eux, ils attendent vraiment d'être entendus, d'ailleurs, il y a plusieurs semaines qu'ils se battent pour que cette tribune puisse paraître, ils l'avaient proposée à plusieurs reprises, elle a été prise pour la première fois et publiée effectivement par Libération et donc, ils entendent poursuivre et faire monter cette pression pour être entendus parce que je crois que nous avons besoin de cette voix aussi, pour dire que ce n'est pas parce qu'on est israélien, c'est un co-israélien, c'est comme forcément un soutien de la politique

43:27
Présentateur

de Netanyahou que c'était très important pour eux d'être entendus là-dessus. Oui, la pression peut venir des pays occidentaux, comment les encourager à prendre ce chemin ? Vous savez,

43:38
Invité

je pense qu'on l'a dit nous aussi à plusieurs reprises, lorsque la Russie a envahi l'Ukraine, il a fallu quelques jours à l'Europe pour prendre des sanctions, à faire une feuille de sanctions très dure. La Russie, c'est normal, ils ont envahi un État souverain, il était logique de sanctionner.

Là, on voit bien, on l'a dit à plusieurs reprises, vous en prenez la feuille, la grille de sanctions qui a été mise en œuvre pour la Russie, il suffit de changer la Russie par Israël et Poutine par Netanyahou et vous avez une feuille de sanctions à la hauteur et même, pas à la hauteur parce qu'en réalité, ça dépasse largement ce qui se passe ailleurs dans le monde pour sanctionner Netanyahou et son gouvernement aujourd'hui par rapport à ce qu'ils font.

Donc, aujourd'hui, ils sont un peu comme nous, vous savez, on a posé plusieurs fois des questions au gouvernement, nous avons auditionné une question étrangère, nous avons déposé des résolutions, nous avons demandé ce que faisait concrètement le gouvernement et mis à part, je vous l'ai dit, des communiqués de presse, paroles de temps en temps parce qu'ils nous disent mais oui, la France agit, la France agit, non, la France communique, la France agit, il y a des leviers, ça commence d'abord par fesser toute la coopération militaire avec les... Alors on nous dit qu'il n'y a pas de livraison d'armes mais il y a quand même du matériel militaire qui est livré.

Donc, tout pays normalement constitué arrêterait une coopération militaire avec un État qui commet un génocide ou un... s'ils veulent un crime de guerre, un crime contre l'humanité, peu importe le mot qu'on met derrière. D'ailleurs, ce qui est important, c'est le nombre de morts qui sont là, qui sont présents et qu'on voit tous les jours. La deuxième chose, c'est qu'il y a les accords d'association entre l'Union européenne et le gouvernement israélien. Là aussi, on pourrait suspendre ces accords. On le sait, l'argent, c'est le maire de la guerre.

Quand il n'y a plus d'argent, quand il y a une sanction, eh bien, ça met un frein à ce qui est en train de se passer et là, on voit bien, tout à l'heure, je disais, on voit bien la complicité, même si on ne dit pas que c'est très bien ce que fait M. Netanyahou, quoique quand on voit comment ça fonctionne de télévision alimentée par M. Netanyahou, c'est à se poser des questions sur l'idée effectuelle de certains médias chez nous. Mais voilà, on voit bien à quel point en réalité, il n'y a pas d'action aujourd'hui.

45:50
Présentateur

Il n'y a pas de volonté politique ni en France et ni aux États-Unis. Un rapport, dernier rapport vient de sortir de l'Institut international Watson des affaires publiques, un document de plusieurs pages décortique les dépenses américaines pour l'armement israélien. Les États-Unis financent à hauteur de 70% l'armement israélien depuis octobre 2023. Alors d'un côté, ils appellent au cessez-le-feu et de l'autre, ils financent l'armement militaire. Comment comprendre cette ambiguïté, Stéphanie Laté, Abdallah ?

46:23
Yaël Braun-Pivet

Moi, je pense qu'ils sont... Enfin voilà, il n'y a pas de volonté. Ceux qui ont vraiment dans les mains, en tout cas, le cessez-le-feu, on le sait, c'est quand même les Américains. Et quand on dit qu'ils sont impuissants, etc., non, ils ne sont pas impuissants. Ils ne décident pas de mettre en œuvre leur puissance. Et je le dis, en fait, pour moi, ils sont co-béligérants et depuis longtemps. Je veux dire, ils ont... Ils travaillent ensemble sur une base de renseignements à Chypre. Ils ont récemment délégué du personnel militaire en Israël. Là, leur histoire, leur gros truc, c'était no boots on the ground. Donc en gros, pas de militaire américain à Gaza, mais in fine.

Je veux dire, ce projet de GDC qui n'est pas encore validé côté américain, mais enfin quand même, qui est quand même dans les tuyaux et qui n'est pas... C'est qui ce personnel, le personnel de sécurité qui gérerait ces zones humanitaires ? C'est qui ? Ce sont des anciens militaires américains, notamment israéliens. Donc à un moment donné, on voit bien, pour moi, il y a une véritable co-béligérance américaine qui ne dit pas son nom. Donc voilà, je pense que c'est là où il faut... Il y a aussi des intérêts économiques, donc on parle peu. Il y a des réserves de pétrole et de gaz et qui sont extrêmement importantes au large de Gaza.

Je pense que ça peut aussi contribuer à cette idée d'une exploitation commune, etc. Enfin, je... Franchement, je pense qu'il y a des intérêts qui sont communs, en fait, à Israël et aux Etats-Unis. D'ailleurs, on voit nombre de... Comme cette boîte américaine, enfin, il y a beaucoup de liens, en fait. Tout ce fameux monde de la tech est complètement lié et travaille complètement quasiment en symbiose, en fait. Ce sont des gens qui circulent entre les espaces, etc.

Donc, moi, franchement, je pense qu'il n'y a pas grand-chose à attendre des Etats-Unis et ce qu'on pourrait essayer d'attendre, c'est peut-être de l'Europe, évidemment pas de la France seule, mais effectivement, ces pays qui ont reconnu l'État de Palestine, je veux dire, faire des actions conjointes avec ces quatre pays européens et que la France, même si la reconnaissance de l'État, ça relève un peu du... Bon, bref, il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus, mais en tout cas, dans la situation actuelle, ce serait important aussi pour porter aussi des choses communes par rapport notamment à l'accord d'association de la communauté européenne avec Israël.

Nous, on essaye de se battre dans notre milieu universitaire pour refuser, en tout cas, suspendre pour le moment les coopérations universitaires avec les universités israéliennes. Et donc, il ne s'agit pas, parce que là, on est toujours en train de se faire embêter là-dessus, il ne s'agit pas de ne pas travailler avec des collègues qui individuellement ont des positions et qui sont dans ces universités, il s'agit de ne pas travailler avec des institutions qui participent à l'effort de guerre israélien à différents niveaux, etc.

D'ailleurs, le plan des généraux, qu'on appelle le plan des généraux, il est aussi soutenu par certains universitaires israéliens et on sait que les universités, pour certaines d'entre elles, participent aussi à une série de politiques israéliennes. Donc nous, on essaye de se battre pour faire valoir, effectivement, comme vous le disiez, ce qui s'est passé avec la Russie. Avec la Russie, il y a une suspension des coopérations universitaires avec les universités russes. Eh bien, on demande, en fait, on essaye en tout cas de faire valoir la même chose, mais effectivement, on rencontre énormément, énormément de résistance

49:57
Présentateur

sur ce volet. Sabrina Sebailly, vous vouliez peut-être ajouter quelque chose sur les actions, effectivement, coordonnées pour faire pression et encourager la France à prendre des décisions plus fermes.

50:14
Invité

Oui, ce qui est évident, c'est qu'aujourd'hui, on est dans une difficulté parce que les deux moteurs de l'Europe que sur la France et l'Allemagne, ils vont à cette question des sanctions et c'est bien là où on est en difficulté. Donc, il faut absolument pousser, y compris d'ailleurs avec cette tribune des Israéliens et franco-israéliens qui ont demandé d'être reçus par le quai d'Orsay parce qu'ils ont besoin de faire entendre leur voix. Donc, ça peut faire monter la pression pour autant des actions très concrètes en réalité.

Et je rappelle aussi sur le rôle des États-Unis quand même qu'ils ont systématiquement usé de leur droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU sur toutes les résolutions appelant un cessez-le-feu à Gaza. Donc, on voit bien aussi la difficulté, y compris du point de vue du droit international, de la résolution de l'ONU aujourd'hui. Par ailleurs, moi, mis à part leur répéter et ce qu'on fait assez régulièrement et leur dire que aujourd'hui, nous avons des soldats quand même franco-israéliens qui sont impliqués dans des guerres qui sont sur place. Et on a vu, par exemple, la Belgique, il me semble, commencer à ouvrir des instructions.

Je pense qu'il faut envoyer un signal fort aussi pour ces soldats qui sont là-bas et qui commettent ces crimes de guerre en tant que Français, en tant que franco-israéliens. Je pense que là aussi, il y a des sanctions qui peuvent être prises, évidemment. Moi, je le dis, je le répète, aujourd'hui, bien sûr qu'il y a des intérêts économiques puissants. Il y a une complicité tacite, silencieuse de la communauté internationale. Il y a pourtant des mandats d'arrêt qui normalement devraient être mis en œuvre pour notamment...

51:40
Présentateur

Ça fait cinq mois qu'on les attend. On les attend, oui.

51:43
Invité

Et on sait la pression que subit la Cour pénale internationale pour ne pas émettre ces mandats d'arrêt. Là aussi, ça questionne sur le deux poids deux mesures, sur la faite que le droit international ne soit pas appliqué de la même manière de là où on se situe. Moi, je le dis souvent, je dis que le droit international n'a ni couleur de peau ni religion. Il doit être appliqué de la même manière partout.

Et en fait, cela peut créer aussi des précédents très graves parce que si on a un État qui s'assoit sur le droit international, eh bien, qu'est-ce qui empêche demain d'autres États de faire exactement la même chose et de ne pas être inquiétés par des sanctions vu que le gouvernement israélien et l'État d'Israël ne l'est pas aujourd'hui ? Donc, écoutez, aujourd'hui, on a des États qui sont silencieux. Peut-être que demain, ils seront sur le banc des accusés, aux côtés de Netanyahou. En tout cas, moi, s'ils ne font rien assez rapidement, je pense qu'à un moment, c'est ces sanctions-là vers lesquelles il faudra aller parce qu'on ne peut pas laisser ce génocide se poursuivre impunément.

52:34
Présentateur

Oui. Et on rappelle aussi qu'Israël n'est pas seulement en guerre contre le peuple palestinien, il mène aussi une guerre aujourd'hui contre le Liban. Malgré tout, le nouveau chef, mais vraiment très rapidement, le nouveau chef du Hezbollah, Naïm Kassam, s'est dit prêt à un cessez-le-feu avec Israël sous condition. Mais ce projet n'est pas encore bien précisé, il n'est pas encore sur la table. Mais est-ce qu'Israël veut vraiment la paix ? Stéphanie Abdellalaté.

53:05
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, je pense que... Enfin, je ne sais pas si on peut parler de paix, en fait. En ce qui concerne le gouvernement actuel, Netanyahou ne veut pas d'un État palestinien, ne veut pas d'un règlement politique avec les Palestiniens. Il veut imposer une forme de règlement par les infrastructures, par la logistique, en fait. Il veut arriver à gérer la conflictualité comme il le fait en Cisjordanie depuis déjà 20 ans, à sa manière, et donc qui redécoupe l'espace, etc., qui militarise, etc.

C'est comme ça qu'il veut régler cette question, en tout cas, avec en plus une poussette quand même très très forte de la volonté de recoloniser Gaza d'un côté et puis évidemment d'annexer cette fameuse Cisjordanie qui est quand même quasiment, enfin là, qui est déjà assiégée. En fait, ce qui se passe, c'est que la Cisjordanie, c'est de longue date que finalement des micro-zones ont été créées et que tout un système de checkpoints interne, il y a aujourd'hui 700 checkpoints internes à la Cisjordanie, il y en avait à peu près 300 avant le 7 octobre, il y en a aujourd'hui 700, qui ouvrent et qui ferment les villages, etc.

Donc cette manière de gérer un état de conflictualité par les infrastructures, par la façon de couper les routes, de constituer des micro-zones, etc., il est déjà en place en Cisjordanie. Alors il n'est pas en place tout le temps, mais dès qu'il y a un problème sécuritaire, paf, il est en place, on ouvre, on ferme les villages, on ouvre, on ferme les checkpoints et on gère en fait cette conflictualité de cette manière. Donc ce qui veut être mis en place à Gaza, c'est la même chose en fait, avec aussi un processus colonial.

Donc Israël, je ne sais pas, le gouvernement actuel ne veut pas la paix dans le sens où ne veut pas prendre en compte une population en face, mais veut étendre très très clairement son espace, au moins jusqu'à, en annexant en fait ces deux parties. Donc je pense que c'est assez clair, c'est annoncé. D'ailleurs ce qui est assez étonnant, c'est que en fait les différents ministres, les gens au pouvoir en Israël, disent les choses. Ils disent les choses. Depuis le début en fait, ils disent, on a entendu des mots absolument incroyables, absolument terribles sur la déshumanisation des Palestiniens, mais sur aussi ce qui était souhaité. On le sait en fait, c'est dit, c'est affiché.

Donc je ne comprends même pas d'ailleurs qu'on discute de l'intention de génocide ou pas, puisque finalement elle est dite. Elle est dite. Donc en fait, même si ces gouvernements affichent ce qu'ils vont faire, on continue à essayer de... ça fait très longtemps que les dites négociations de paix... Netanyahou n'en a plus conduit depuis 2014. Mais ça fait très longtemps que ces négociations étaient utilisées un peu comme... Nous, on parle de système contre-insurrectionnel. C'est-à-dire que vous utilisez en fait les négo comme système contre-insurrectionnel, comme une sorte de théâtre un petit peu de la négociation. Et à côté de ça, vous faites avancer vos pions sur le terrain.

Parce qu'aujourd'hui, le terrain, il change. Et il change dans la manière dont vous le gérez. Des personnes sont tuées, des espaces sont complètement détruits, etc. Rasés. Donc en fait, vous continuez une sorte de théâtre des négociations et à côté de ça, vous faites des états de fait sur le terrain. Et on voit bien que c'est très difficile de défaire les états de fait sur le terrain. On le voit en Cisjordanie. On le voit à Jérusalemès qui a été annexée en fait. Donc, et je pense que les Israéliens sont très conscients, en tout cas le gouvernement est très conscients du fait que la communauté internationale finalement ne bougera pas ou ne bougera pas suffisamment.

56:38
Présentateur

Oui. Sabrina Sébaï, la communauté internationale ne bougera pas. C'est aussi la conclusion que vous avez tirée de cette conférence aujourd'hui.

56:47
Invité

Écoutez, je ne l'espère pas. Parce que la communauté internationale ne bouge pas. Et bien en fait, nous allons arriver à un stade où en fait, il n'y aura plus de Palestiniens à sauver. Puisque le plan, ça a été dit, les ministres ne se cachent absolument plus des projets qui sont par rapport à l'annexion et à la colonisation totale du territoire palestinien. La libération des otages n'est pas le sujet de Netanyahou. Son sujet à lui, c'est sa survie politique. On le sait tous. Aujourd'hui, c'est la situation actuelle.

Je crains que si effectivement cette communauté internationale ne bouge pas, eh bien dans quelques jours, peut-être dans quelques semaines, il n'y aura plus rien à sauver ni à Gaza, ni en Cisjordanie, ni à Jérusalem-Est. Donc voilà, c'est un cri, un appel à l'aide vraiment de ces Israéliens qui ont signé cette question. Nous, c'est un cri, c'est un appel pour être entendue, pour que la communauté internationale

57:39
Présentateur

prenne descendue. Pourvu que cet appel soit entendu. Merci beaucoup Sabrina Sébailly, députée Europe Écologie-Les Verts de la quatrième circonscription des Hauts-de-Seine. Merci à vous également Stéphanie Laté-Abdallah, historienne et politiste spécialisée sur le Moyen-Orient. On va désormais passer à notre dernier entretien avec Emma Audray, journaliste et grand reporter de Radio Bip, un prix pour cible par l'extrême droite. En attendant, changez plateau. Petit rappel des actualités du jour.

58:06
Invité

Mauvais quart d'heure pour Louis Alliot hier au tribunal judiciaire de Paris. Appelé à la barre pour détournement de fonds publics dans le cadre du procès des emplois présumés fictifs des assistants des eurodéputés du FN, le maire de Perpignan s'est faiblement défendu. Il n'a pas su justifier auprès du tribunal pourquoi il n'échangait jamais avec son assistant parlementaire Laurent Salle, ni pourquoi celui-ci semblait surtout travailler pour le parti. C'est un triste record. En 2023, 735 personnes sans domicile fixe sont décédées en France, un chiffre d'une ampleur inédite a indiqué le collectif Les Morts de la rue. A titre de comparaison, en 2022, 624 personnes sont décédées dans la rue.

Près de 100 Palestiniens ont été tués dans une frappe israélienne hier dans le nord de la bande de Gaza. L'immeuble visé est une résidence familiale de 5 étages et la plupart des victimes sont des femmes et des enfants.

59:16
Présentateur

Emma Audray, journaliste et grand reporter à Radio Bip, est avec nous par le biais de la visioconférence. Le média indépendant en domicile à Besançon a été pris pour cible une nouvelle fois par l'extrême droite. La porte des locaux a été défoncée par des individus portant des gants coquets. Avec la montée de l'extrême droite en France, faut-il craindre pour l'exercice du métier de journaliste voire pour l'intégrité physique des reporters ? Un cas significatif a attiré notre attention et fait redouter une dérive violente des groupuscules fascistes qui n'hésitent plus à prendre des rédactions pour cible.

Dans la soirée du 21 octobre au dernier, un groupe d'hommes masqués ont forcé l'entrée des locaux de Radio Bip, une radio associative de Besançon. Par le passé, les locaux du Média avaient déjà fait l'objet de dégradations de la part des groupuscules d'extrême droite. Pour en parler, nous recevons Emma Audray, journaliste à Radio Bip et déléguée syndicale SNJ-CGT. Bonsoir, Emma Audray.

1:00:12
Invité

Bonsoir. Merci de m'avoir.

1:00:13
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation. Pour commencer, peut-on revenir sur le calvaire que votre rédaction a subi depuis quelques temps ? Pouvez-vous nous raconter ?

1:00:25
Invité

Alors, c'est quelque chose qui évolue. Ce n'est pas quelque chose qui est stable, c'est quelque chose qui évolue. C'est notre inquiétude aussi, c'est une sorte d'escalade. Alors, ça a commencé avec des tags de la Croix Gamay, de la Croix Celtic, etc., des inscriptions à Nazie, à Clermont-Nazie, la détérioration de nos communications, casse de la vente de gaz, feu aux poubelles, les gens passent, enfin, beaucoup, beaucoup de choses. C'est au rythme aussi des articles que nous écrivons, des reportages que nous faisons. On sent qu'à Besançon, parler des droits humains, c'est assez risqué, finalement, et ça apporte à son lot de réponses de ces groupuscules.

et je rappelle qu'aucune personne n'a été interpellée à ce jour concernant tout cela.

1:01:18
Présentateur

Alors, les groupuscules d'Estrano s'en prennent à vous parce que vous dénoncez des attentes aux droits humains ?

1:01:23
Invité

Je sais clairement ça parce que les messages qui sont transmis, aussi les harcèlements, différents harcèlements qu'on subit sur les réseaux sociaux suite à la publication de ces reportages ne laissent guère de doute sur l'objectif final. L'objectif, c'est de mettre la pression sur les équipes des journalistes. l'objectif, c'est de peut-être, dans leur sens, de nous faire taire sur certains sujets. Par exemple, on a parlé des situations d'islamophobie, on s'est retrouvé avec un bout de lard de cochon dans notre boîte à lettres. Quand on a parlé de migrants, de situations des personnes exilées, on se retrouve avec des inscriptions sur notre porte programmées, etc.

On sent qu'il y a quelque chose, une sorte de fil conducteur. Le problème aujourd'hui, c'est qu'on s'est toujours dit que tant que ça reste un peu dans ce niveau-là de casse, c'est extrêmement endommageable. Psychologiquement, c'est quand même une atmosphère qui n'est pas tout à fait sereine. Cependant, là, il y a une escalade. Des personnes ont tout simplement défoncé la porte de la rédaction à coups de pied. Ils ont tapé jusqu'à ce que ces portes à métal puissent s'ouvrir.

Heureusement, il n'y avait personne dans la rédaction, mais imaginons juste une petite seconde la terreur que ça peut être d'être dans une rédaction où des gens avec des gants coquillés essayent de pénétrer par la force, par la violence. J'imagine que ça aurait pu être un moment terrifiant et puis, je pense que les autorités ne prennent pas encore la mesure de ces actes parce qu'on ne voit rien arriver.

1:03:14
Présentateur

Et ces personnes sont revenues sur leur pas en raison du système d'alarme qui a été déclenché.

1:03:21
Invité

Exactement. Malgré tout, suite à tous ces événements, on a investi dans ce genre de matériel pour sécuriser davantage notre rédaction. Ce n'est pas quelque chose que... Enfin, on ne s'habitue pas vraiment à toutes ces choses-là, mais c'est vrai qu'il faut quand même faire au minimum ce qui est nécessaire, donc alarme, caméra de surveillance. Évidemment, le système s'est enclenché, les lumières se sont allumées, il y a eu quelque chose qui s'est passé.

J'imagine, on l'imagine, parce qu'on ne sait pas ce qui s'est passé vraiment dans leur tête, mais on imagine que quelque chose les a empêchés dans le haut de là peut être aussi dépassant parce que je tiens à préciser qu'avant, tout ça, ça se passait la nuit, vers 4h du matin, 3h du matin. Maintenant, nous sommes devant un groupuscule qui arrive à 19h49, par là. Il y avait clairement du passage, il y avait des gens qui certainement n'ont pas osé intervenir et on est quand même sur une rue qui est assez fréquentée, c'est une rue qui va à la gare. Donc, c'est ça qui est inquiétant, c'est tous ces aspects-là et l'heure aussi. C'est un message qui est transmis, en tout cas.

1:04:28
Présentateur

Comment vous expliquez que la police ne prenne pas vos alertes et plaintes au sérieux ?

1:04:33
Invité

Alors, quand on a appelé, nous sommes arrivés sur les lieux 5 minutes après, à peu près. Quand on a appelé, la porte, elle était complètement ouverte, donc très inquiète parce qu'on a eu aussi un vol par effraction de l'ensemble du matériel vidéo, ça n'est pas mis de dire, donc un manquant à gagner assez important pour un tout petit média indépendant qui est déjà fragile financièrement. Quand on a appelé la police, la police, la première réaction, c'est oui, ça peut être des gens qui veulent voir s'ils peuvent squatter votre lieu.

Donc, déjà, cette première réaction nous montre à quel point le mépris, mais même pas, c'est au-delà du mépris concernant notre situation parce qu'il y a un grand logo de notre média, évidemment, ce n'était absolument pas ça. Et puis, leur première réaction, c'est, vous vous enfermez alors que la porte était défoncée, on ne pouvait même pas la fermer, vous vous enfermez chez vous et puis, même s'il y a la police qui sonne, il y a quelqu'un qui dit que c'est la police, vous ne répondez pas. Voilà, la première réaction de la police, c'est nous, il a fallu quand même qu'on explique, mais bon, vous allez repasser, vous allez venir, oui, il y aura des rondes.

Donc, personne ne s'est déplacé, aucun policier s'est déplacé pour cette histoire, personne n'a essayé de voir davantage et même quand nous, on a essayé de porter plainte, donc on a fait notre pré-plante en ligne, quand on devait, ils ne nous ont pas appelé évidemment pour prendre le rendez-vous pour faire la plante et quand enfin quelqu'un d'en haut certainement a mis un peu la pression vu l'ampleur nationale que ça a pris, à ce moment-là, ils nous ont donné un rendez-vous à 9h, à 9h, nous sommes arrivés, moi, ils m'ont identifié comme Emma Audrey, vous restez dans le hall, vous n'avez rien à faire ici, d'habitude, quand on porte plainte, nous sommes deux, moi et ma directrice, et donc moi, j'ai été invité corrigément de rester sur le hall et puis ma collègue, donc la directrice de notre média a été renvoyée à la maison en disant, voilà, il n'y a pas besoin de porter plainte pour qu'on puisse recevoir ensuite, évidemment, on s'est plaint et on reçoit ensuite un coup de fil de la police pour dire, si, si, vous venez quand même et puis ils ont enfin pris notre plainte, donc c'est quelque chose qui est assez, comment dire, on commence à comprendre un peu le mode opératoire de tout ça et puis on voit qu'en fait, tout simplement, il y a une sorte de punition qui est mise en place suite à une autre enquête sur un gilet jaune qui a un moment donné a été violenté par un policier et que ce policier s'est retrouvé devant la justice.

Voilà, c'est à partir de 2019 que cette histoire a commencé.

1:07:09
Présentateur

On vous sent encore très affectée, Emma Audré, comment, dans quel état se trouvent les journalistes, comment va votre rédaction, vous avez pu reprendre votre travail, vos enquêtes ?

1:07:23
Invité

Justement, vous faites bien d'en parler parce que c'est exactement ce qu'ils souhaitent, c'est qu'on arrête de travailler. Cela crée, comme nous sommes une toute petite équipe, cela crée, c'est un impact assez important sur notre travail. On ne peut plus travailler, on ne peut pas finaliser nos documentaires, on ne peut pas finaliser nos articles. Enfin, on est perturbé, on travaille sur la sécurité, on travaille sur chercher peut-être des locaux, etc. La partie administrative, l'assurance, etc. Toutes ces choses-là, même si on est une petite équipe, voilà, malgré tout, on doit ensemble travailler sur ces éléments-là. Donc, cela affecte littéralement notre travail de journaliste.

Et de l'autre côté, oui, je suis en colère, en fait. Très grande colère parce qu'ils attendent quoi, en fait ? Au final, ils attendent quoi ? Que ces gens-là accèdent à notre rédaction et qui est quoi exactement ? Parce qu'ils ne vont pas venir demander une dédicace à la radio. On n'entra pas dans une rédaction de journaliste avec des gants coqués pour dire bonjour. Donc, c'est ça, en fait, qui est terrible là-dedans. C'est que cette inaction, elle est non seulement inquiétante, mais ça donne une sorte de sentiment d'impunité aux personnes qui nous attaquent de façon récurrente et que l'escalade actuelle n'est pas prise au sérieux.

1:08:44
Présentateur

Vous avez reçu le soutien, j'imagine, des syndicats, de la profession, d'autres confrères ?

1:08:51
Invité

Heureusement, il y a ça. Pour que moralement on puisse tenir un peu, c'est vrai qu'il y a eu quand même une levée de bouclier quelque part, on peut l'appeler comme ça. Des consoeurs, confrères ont réagi, des médias, mais aussi des syndicats. La LDH a fait un communiqué. De façon globale, on sent qu'il y a quand même aussi peut-être une prise de conscience sur ce qui se passe. Nous ne sommes pas un média national, nous n'avons pas un nombre important d'équipes ou bien des ressources financières énormes. C'est aussi inquiétant par rapport à ça parce que qui dit petit média dit aussi sécurité qui n'est peut-être pas à la hauteur de ce qu'on devrait.

et puis on se rappelle aussi qu'il y a eu Charlie Hebdo, qu'il y a eu d'autres situations qui ont été graves en France. Donc, je ne veux pas aller jusque-là, mais disons que c'est assez grave de laisser un tel média, un petit média, seul, isolé. Donc, je pense que cette prise de conscience, moi, j'en suis reconnaissante vraiment. C'est pour ça que je vous remercie aussi de vous donner la possibilité d'expliquer la situation parce que plus on en parle, plus peut-être les autorités vont prendre conscience de ce qui se passe. et heureusement, il y a ce soutien de ce côté-là. Cependant, le problème devrait venir des autorités. Donc, le problème devrait être réglé par les autorités.

On ne peut pas, en France, ne pas pouvoir travailler en tant que journaliste par peur de ce type-là de réactions, de réprisailles ou des choses de ce type-là. Donc, oui, il faut revenir aux fondamentaux démocratie, république, des choses comme ça.

1:10:26
Présentateur

Oui, les attentes à la liberté de la presse dénombrées par la Fédération européenne, des journalistes se sont multipliées en juin, donc durant les dernières législatives. Est-ce qu'il faut questionner aussi les discours politiques d'extrême droite mais également d'une droite qui s'est laissée aspirée par son aile radicale qui sont les responsables, en fait, finalement, qui entretiennent ce climat où aujourd'hui les journalistes sont menacés dans l'exercice de leur fonction ?

1:10:53
Invité

Alors, il y a aussi un autre élément quand même, c'est très important de le dire. Pendant les mouvements Gilets jaunes, un policier de Besançon avait été interviewé, qui a été aussi syndicaliste Alliance, avait été interviewé par France 3, Bourgogne-Franche-Comté, et il avait dit clairement, donc, à la télé, Radio-Bib Media 25, c'est un média anti-État, anti-flic. Alors, déjà, quand on cible un média de cette manière-là, quand on met une croix sur notre dos, en fait, en gros, c'est ce qui se passe, on met une cible sur notre dos, il ne faut pas espérer autre que ce genre de réaction de la part des gens peut-être qui sont un peu dans une vision de ce type-là.

Déjà, on passe le fake news qui n'est absolument pas du tout vrai, mais ce genre de discours amène ce genre de réaction, de haine. Et je trouve aussi que de façon globale, les politiques qui font ce travail de ça contre des journalistes qui font un travail de terrain, un travail sur les droits humains, des choses comme ça, et puis le discours raciste, ambiant, et toutes ces choses-là ne peuvent pas apporter autre que ce genre de choses. Et donc, je pense qu'il faut aussi s'interroger sur la volonté de ces partis, ces mouvements d'extrême droite qui se mobilisent dans ce sens-là.

Et je rappelle quand même dernière chose que dernièrement, dans cette nouvelle proposition de loi pour sucrer une partie des aides à la presse des radioassociatives, dont Radio Bip, Madame la ministre a reçu les syndicats des radioassociatives pour leur expliquer en fin de compte qu'en effet, il faut préserver cette richesse des radioassociatives en France, et que Madame la ministre a reçu aussi l'ERN, l'ERN qui a expliqué un grand les médias, il y a des radioassociatives, ok, c'est bien, mais il faut quand même revérifier qu'ils reçoivent cette aide à la presse parce qu'il y a certaines radios qui ont un discours qui sort du discours républicain.

Donc déjà, là, on voit qu'on est sur une attaque frontale des médias dites de gauche, en fait, qui parlent des droits humains. C'est une opinion, tout simplement, ce qu'ils expriment. Madame la ministre, elle a dit, en effet, il faut faire attention à sélectionner peut-être certaines radios. Donc, tout un humiliant, un insultant les organismes de contrôle parce que nous sommes contrôlés comme tous médias, en fait, les organismes de contrôle du ministère de la Culture qui fait un travail assez exemplaire, d'ailleurs, sur l'activité de l'ensemble des radios associatives, première chose.

Deuxième chose, aussi, en humiliant les services de l'ARCOM qui vérifient, demandent des piges, etc., et nous vérifient notre programmation à nous et à d'autres radios, évidemment. Et donc, ça pour dire que, vous voyez, l'extrême droite ne va pas jusqu'à dire des mots comme ça. L'extrême droite va jusqu'à aller voir des ministres et demander à ce que certaines radios qui ne leur plaisent pas, tout simplement, soient exclues de toute aide à l'expression radiophonique. Et je trouve qu'on a dépassé un certain seuil. On était dans l'imaginaire, dans les paroles. Là, on est dans l'action. Il faut aussi tirer les bonnes conclusions. Qu'est-ce qu'on peut avoir si l'extrême droite est au pouvoir ?

Qu'est-ce qu'on peut avoir si l'extrême droite a la main sur tout ça ? Voilà, c'est déjà un premier aperçu de ce qui va se passer. Première chose, ça va être d'attaquer les médias dites de gauche.

1:14:37
Présentateur

Et donc, attaquer la démocratie puisqu'on sait que la liberté de la presse et par extension celle des médias est constitutive de la démocratie. Donc, ça devrait effectivement...

1:14:47
Invité

Et peut-être je vais me permettre juste un très dernier mot. Je suis désolée. Mais il faut quand même que je dise... Les derniers mots sont à vous. Ceux qui ont été condamnés par la justice pour du racisme n'étaient pas sur les radios médias de gauche. Et on a entendu le Rennes nulle part quand ces personnes ont exprimé ces opinions racistes sur certains médias. Donc, je les attends toujours pour qu'ils demandent à ce qu'on sucre leur aide à la presse. Je dis ça comme ça.

1:15:17
Présentateur

On se joint à votre appel, Emma Audrey. Comment peut soutenir Radio Bip ? Est-ce que vous avez lancé une cagnotte ? Comment peut-on vous aider ?

1:15:27
Invité

Nous sommes exactement sur le même modèle économique entre guillemets comme vous. Donc, c'est la participation évidemment des personnes qui souhaitent soutenir le média. J'invite à soutenir aussi le média parce que vous avez aussi grandement besoin de ce soutien. Et heureusement, voilà, que des personnes se rendent compte de l'importance des médias comme le média, comme Radio Bip Media 25 aussi. et qu'il y a ce soutien même si ça ne règle pas tout le problème. On est d'accord. Cependant, en effet, pour celles et ceux qui veulent soutenir, il y a une petite page. C'est du don pour une organisation donc non-profit, je tiens à préciser.

Et voilà, c'est quelque chose qui peut aider effectivement notre média. Et je vous remercie de notre possibilité là sur votre antenne.

1:16:17
Présentateur

Je vous en prie. Oui, merci beaucoup Emma Audray. Je rappelle que vous êtes journaliste pour le Média Indépendant, Radio Bip Media 25 et également déléguée syndicale SNJ CGT. À très bientôt. Merci Emma Audray. Merci beaucoup. Et merci à vous d'avoir suivi cette édition de Toujours Debout. Vous êtes déjà plus de 63 600 à avoir signé notre pétition pour une répartition plus équitable et démocratique des fréquences TNT. Continuez à la signer, à la partager. Rendez-vous sur tnt.lemédiatv.fr. Vous permettez une information libre et indépendante des forces politiques et de l'argent d'exister en soutenant notre antenne. Chaque don, chaque abonnement compte.

Quant à moi, je vous remercie de votre attention et de votre fidélité. Je vous souhaite une très bonne soirée aux médias. À très bientôt. Sous-titrage Société Radio-Canada

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