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AutreFrance Culture — Affaires étrangères (sur Site radio)· 22 mars 2025 59 minContradictoireMixte

Cryptomonnaies : révolution et manipulations

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0:08
Présentateur

France Culture, Affaires étrangères, Christine Ockrent.

0:14
Invité

Bonjour à tous. C'est un univers virtuel en pleine expansion, calqué sur les activités financières spéculatives, mais qui évite par principe les institutions traditionnelles et qui mobilise à l'échelle planétaire une variété d'acteurs, depuis des opérateurs patentés jusqu'au gouvernement sous sanction et les réseaux criminels du dark web. Les crypto-monnaies apparues en même temps qu'Internet à la fin du siècle dernier et revigorées par la crise des subprimes ont longtemps suscité la méfiance des non-initiés et provoqué plusieurs scandales avant de conquérir de nouveaux publics. Parmi ceux-ci, la famille Trump et d'abord le président des Etats-Unis lui-même.

Début mars, la Maison-Blanche annonçait par décret la création d'une réserve stratégique en bitcoins, qui est l'unité de compte la plus importante, une sorte de Fort Knox numérique aux côtés des réserves d'or fédérales. En janvier dernier, la veille de son intronisation, on s'en souvient, Donald Trump, comme son épouse Mélania, avait lancé leur propre fonds crypto, histoire sans doute de gagner quelques dollars de plus. Au-delà de l'anecdote, on vérifie surtout le poids du nouvel entourage, les milliardaires de la Silicon Valley, les rois de la tech, baignant dans cette idéologie libertarienne, hostile à l'Etat et à toute forme de réglementation.

Si les Etats-Unis font office de locomotive, l'essor des crypto-monnaies est aujourd'hui mondial. Plutôt que de crypto-monnaies, parlons plutôt de crypto-actifs, puisqu'un nombre croissant d'entre eux est maintenant adossé à des opérateurs financiers traditionnels. Comment donc fonctionne ce système en circuit fermé, en principe transparent, puisque toute transaction laisse une trace numérique ? Phénomène culturel ou percée technologique ? Pourquoi une telle hybridation avec les outils classiques au risque d'une déconnexion croissante avec l'économie réelle ?

Quels sont les moyens d'enquête et de vérification des opérations, alors que visiblement, elles facilitent le blanchiment d'argent et les agissements de certains régimes hostiles et de réseaux criminels ? Et puis cette question, pourquoi Donald Trump veut-il faire des Etats-Unis la patrie des cryptos ? Et bien c'est ce que nous allons comprendre ce matin grâce à vous, Natacha Valla. Vous êtes doyenne de l'école du management et de l'impact à Sciences Po, ancienne directrice générale adjointe chargée de la politique monétaire à la Banque Centrale Européenne. Claire Balva, vous êtes vice-présidente stratégie d'une néobanque qui s'appelle Débloque.

François Volput, directeur général de la société Chain Analysis pour l'Europe du Sud, Israël et l'Afrique francophone. Et David Pucheux, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université de Bordeaux-Montaigne. Claire Balva, je commence avec vous, puisque vous, vous êtes dans l'action, j'allais dire au quotidien, non, au temps numérique, c'est-à-dire 24 heures sur 24. Qu'est-ce que ça veut dire une néobanque en crypto-monnaie ? Alors nous, ce qu'on propose chez Débloque, c'est un compte courant et un portefeuille crypto dans la même application.

En fait, notre mission, c'est de réconcilier un peu le monde bancaire traditionnel et le monde crypto, qui parfois ne se parlent pas et ont du mal techniquement à opérer ensemble. Donc aujourd'hui, par exemple, vous avez des banques qui refusent de recevoir de la crypto depuis des plateformes ou qui refusent d'envoyer de l'argent vers ces plateformes. Et donc pour les investisseurs crypto, parfois c'est assez difficile de récupérer leur mise ou d'investir. Et donc nous, on essaye de résoudre ce problème. Mais on comprend bien que le principe de base, c'est la spéculation. Ce qui est vieux, enfin ça c'est vieux comme le monde.

C'est-à-dire que les gens qui s'intéressent à la crypto se disent, si j'ai bien compris, c'est un système clos. C'est-à-dire qu'il y a une masse monétaire fixe ? Alors, c'est une très bonne question. Quand on parle de crypto, on parle de plein de choses différentes en réalité. Quand vous parlez de masse monétaire fixe, on parle là uniquement de Bitcoin, qui effectivement a une masse monétaire fixe. Alors attendez, Bitcoin c'est la première monnaie ? C'est la première crypto-monnaie, la plus ancienne et la plus grande aujourd'hui. La moitié du marché des cryptos, c'est Bitcoin. Mais donc, il y en a d'autres avec des noms plus ou moins exotiques ?

Il y en a plein d'autres, elles ne valent pas toutes la même chose, elles sont très différentes. Donc c'est un ensemble assez hétéroclite. Et quand vous parlez de spéculation, en Europe et dans les pays, je dirais, riches, ce qu'on constate effectivement, c'est que le premier motif d'investissement, c'est, alors on peut dire spéculation, on peut dire investissement, en tout cas espérance de gain ou volonté de diversifier son patrimoine. Maintenant, ce n'est pas forcément la même motivation partout. On a des gens aussi qui utilisent ces actifs-là pour du transfert d'argent à l'international.

On a des personnes, dans des pays où il y a beaucoup d'inflation, qui vont utiliser des sortes de cryptos indexés au dollar pour se protéger de l'inflation de leur monnaie locale. C'est ce qu'on voit en Turquie en particulier. Par exemple, en Turquie, en Argentine, etc. Tout à fait. Donc, ce sont des usages qui peuvent être différents selon les pays. Et évidemment qu'il y a beaucoup de spéculation, mais il ne faut pas non plus réduire les cryptos uniquement à la spéculation. David Pucheux, ce qui est intéressant, on a l'impression que c'est un phénomène récent, mais en fait, cette idée d'une liberté d'action dans l'espace numérique, ça remonte aux origines d'Internet.

5:58
Présentateur

Oui, tout à fait. Effectivement, le Bitcoin apparaît, et les crypto-monnaies avec le Bitcoin en 2008, mais au lieu de l'opinion publique internationale, j'allais dire. Mais en fait, c'est un projet qui est là dès le début d'Internet, dans la Californie des années 90, puisqu'en fait, ça s'inscrit dans un plus large projet que celui de la cryptographie civile en ligne. C'est-à-dire, dès le départ, avec Internet, il y a un imaginaire qui se déploie dans la Californie, alors qu'il est informé, effectivement, par des idéologies libertariennes, très individualistes.

Et l'idée qu'en fait, Internet pourrait être un espace d'échange transnational, à la fois des idées, donc la cryptographie, ça peut servir tout simplement à échanger des messages sans être lu, sans être connu, de façon anonyme, et aussi à transactionner, finalement, donc à échanger sur un marché qui serait transnational et du coup qui déborderait les États-nations, effectivement, qui permettrait d'échapper à la fiscalité, notamment, et par ailleurs qui permettrait, finalement, une liberté individuelle totale. Ce n'est pas simplement la question d'échapper à la fiscalité, c'est échapper aussi au radar, en fait, tout simplement, des États et de la régulation, la légalité.

7:05
Invité

– Et donc, on voit, en fait, un groupe d'hommes autour de ce Peter Thiel, qui est de plus en plus l'espèce de Dark Vador de cet univers. – C'est une belle méthode. – Et donc, c'est la bande de Palantir, de Paypal ?

7:24
Présentateur

– Oui, évidemment, il y a la Paypal Mafia qui est assez conquise à ces idées-là. C'est des libertariens convaincus.

7:30
Invité

– Dont Elon Musk, dont on...

7:31
Présentateur

– Dont Elon Musk. Alors, je dirais même, plus que des libertariens, c'est des paléo-libertariens, ce qui est un peu effrayant, c'est-à-dire que c'est un mélange de libertarianisme avec, finalement, une vision très réactionnaire de la société. Donc, évidemment, il représente aujourd'hui cette sorte d'élite, en fait, qui a tout intérêt à elle, effectivement, à continuer ses activités, à les développer indépendamment des États-nations.

Enfin, il y a vraiment une idéologie, j'allais dire, un peu délétère derrière tout ça, c'est celle de l'anarco-capitalisme, c'est-à-dire un capitalisme sauvage qui profiterait, évidemment, à ceux qui sont déjà bien placés, parce que là, on parle, évidemment, d'hommes, j'ai envie de dire, d'hommes blancs, avec du capital culturel, du capital économique, qui revendiquent une sorte, aussi, de méritocratie planétaire dont, finalement, les crypto-monnaies pourraient apporter vraiment leur concours, en fait.

8:24
Invité

Et donc, ils ont été jusqu'à créer une île, enfin, une espèce de paradis insulaire au large du Honduras ?

8:32
Présentateur

Tout à fait. Alors, ça, c'est un projet, c'est des zones économiques spéciales qui se sont développées dans le prolongement, finalement, de Hong Kong, Dubaï, etc. Mais j'ai envie de dire, moi, ce que je dis souvent, c'est que c'est les zones économiques spéciales du capitalisme 2.0, du capitalisme digital. Et effectivement, en Honduras, c'est un projet qui a été en arrière-plan, qui est notamment financé par Peter Seale ou Patrick Friedman, le petit-fils de Milton Friedman. Ah, quand même ! Oui, quand même ! Il y a une filiation intéressante. Et le fils de Milton Friedman, c'est David Friedman, qui est un grand théoricien de l'anarco-capitalisme. Donc, ça, c'est intéressant de voir.

C'est une trajectoire du néolibéralisme dont on est en train de parler, aussi. Je pense qu'il y a un livre extrêmement intéressant qui est paru il n'y a pas longtemps qui s'appelle Crack Up Capitalism, qui a été traduit récemment le capitalisme de l'apocalypse de Queen Sobodian, qui met le doigt là-dessus. C'est-à-dire, il y a une tendance dans le néolibéralisme contemporain à vraiment vouloir faire sécession avec les États-nations. Et finalement, ça rentre dans ce cadre-là aussi les crypto-monnaies. En tout cas, le concours à ce rêve de sécession des États-nations est Prospera, qui est une ville-État, une Charter City, comme l'appellent les Américains.

On est un exemple, effectivement, une illustration frappante.

9:38
Invité

Natacha Walla, ce qui est sidérant, c'est que donc, le président des États-Unis a décidé que son pays devait devenir la patrie des cryptos. Alors que lors de son premier mandat, en 2021, il criait à l'arnaque en disant les cryptos, etc. Et là, en 2025, il annonce donc ce Fornox numérique. Il organise un premier sommet des actifs numériques à la Maison-Blanche sous le portrait d'Abraham Lincoln qui a dû quand même se demander ce qui se passait. comment t'expliquer cette fascination et ce revirement institutionnel de la part des États-Unis ? C'est un paradoxe apparent pour un président, le président d'un État démocratique avec un ordre constitutionnel.

Le dit ordre constitutionnel, dans la plupart de nos démocraties, délègue à une institution qui est la Banque Centrale le pouvoir de battre monnaie. Et je pense qu'il faut remonter là pour mettre en perspective les décisions de Donald Trump en la matière. Quand on donne le pouvoir de battre monnaie à la Banque Centrale, on le fait sur la base d'un élément essentiel qui est la confiance. La confiance dans la valeur que la Banque Centrale va être capable de préserver pour la monnaie qui est la fonction d'émission, pour laquelle elle est la fonction d'émission.

Alors, il faut dire en passant que ce faisant, la Banque Centrale met un gros paquet dans sa poche, donc dans les poches de l'État, et c'est le revenu de seigneuriage qui vient du fait que quand on imprime un dollar ou quand on émet un dollar digital, c'est Deus Ex Machina et ça sort de rien. Donc, ce petit pécule, évidemment, ça a fait briller des étincelles dans les yeux de plein de gens qui ont d'excellentes idées par ailleurs dans la finance.

Alors, ça a donné lieu aux cryptos qui sont, pour moi, c'est un blessing pour la finance parce que ça met une bénédiction parce que ça met au centre des questions monétaires des évolutions technologiques majeures qui n'ont rien à voir, alors qui sont constitutives des cryptos mais qui peuvent être pensées indépendamment des cryptos et ça, c'est essentiel de le comprendre.

Quand on parle de blockchain et quand on parle d'ILT, donc des registres décentralisés, je pense qu'il y a beaucoup plus d'expertise autour de la table, on parle d'éléments qui sont des progrès absolument phénoménaux mais ces progrès absolument phénoménaux, il n'y a rien qui consomptionnellement doit les attacher à des cryptoactifs. Les banques centrales peuvent très bien faire de la blockchain et peuvent très bien utiliser toutes ces technologies et d'ailleurs, elles s'y attellent aujourd'hui.

Mais s'agissant encore une fois de cette décision de la Maison Blanche qui remonte au début du mois de mars, donc là, en fait, ce qui a choqué, semble-t-il, le monde de la crypto et le bitcoin en particulier a aussitôt baissé, ce qui est paradoxal, la valeur du bitcoin a aussitôt baissé, je crois, d'un quart, c'est que ce nouveau fonds n'a pas acheté de crypto mais il a rassemblé des actifs numériques confisqués par la justice pour différentes raisons. Mais, on a vu Donald Trump et Madame Trump lancer ce qu'on appelle des mèmes. Alors, qu'est-ce que c'est que des mèmes, Natacha ? je pense qu'il y a des compétences bien meilleures que les miennes.

Je veux revenir sur, alors je reviendrai sur le mème après, mais... Alors, attendez, le mème, Claire, c'est quoi un mème ? Alors, techniquement parlant, c'est comme une crypto-monnaie, mais la différence, c'est qu'il n'y a pas de réel projet derrière. Donc, c'est attaché à une figure, à un personnage, à du people. C'est comme un point de fidélité Donald Trump. C'est juste ça. Il faut le voir comme ça. C'est un pin, ce quoi. Donc, un pin qui a une certaine valeur. Qui a une valeur que les gens s'échangent. Donc, ça monte. Exactement.

13:39
Présentateur

Il y a une viralité, quoi.

13:40
Invité

Il y a une viralité en ligne. Il y a une communauté qui se forme autour de ça parce qu'il y a des fans de Donald Trump qui l'achètent comme ils achèteraient un point de fidélité Trump. Et donc, il semblerait que ça a rapporté quand même 350 millions de dollars à la personne en question. Bien sûr. Avant que ça ne s'écroule. Mais Donald Trump, c'est le roi du merchandising. Donc, il vend des casquettes, il vend des t-shirts, il vend des cryptos. Voilà. C'est un actif de plus parmi ce qui est. Et de fait, le fait que c'est même quels qu'ils soient, les Trump, les Melania, ils font partie de l'univers des cryptos.

Et le paradoxe pour lui, c'est qu'il est quand même censé être garant de l'ordre constitutionnel. Et il est favorable à un dollar qui est quand même aujourd'hui la monnaie dominante dans le monde sur le système monétaire international. Le dollar lui permet de faire financer par le monde entier les dépenses des consommateurs américains.

Or, il met en face de ça, et c'est un paradoxe auquel il n'est pas capable de répondre aujourd'hui, et je pense que ça va générer des problèmes très rapidement et qui vont résoudre la question assez rapidement aussi, c'est qu'en face de ça, il va dire pour stocker de la richesse et pour avoir confiance dans la valeur de cette richesse que je stocke, je vais inventer un truc qui s'avère être un crypto, mais qui pourrait être complètement autre chose pour ensuite, donner lieu à des phénomènes de spéculation vraiment très clairement.

Et alors à la tête de l'autorité des marchés financiers, donc la fameuse et redoutable SEC, il a mis Paul Atkins, qui lui est un militant des cryptos, et qui a aussitôt enclenché l'abandon de poursuites judiciaires qui avaient été déclenchées, c'est le cas de le dire, contre un certain nombre d'acteurs de cet univers. François Volkout, vous, vous dirigez Chain Analysis, qui est donc une entreprise privée, américaine, et dont le rôle est en fait d'enquêter, de vérifier quoi ? L'honnêteté, la légitimité à la fois des acteurs et des transactions qui laissent une trace numérique par définition en quelque sorte.

Je pense qu'il est important pour comprendre ce que fait Chain Analysis, c'est de voir les deux problématiques qu'on couvre, en tout cas qu'on adresse, et il y a deux problématiques ou deux phénomènes sur lesquels on doit travailler, un pour l'entreprise du monde privé et l'autre pour les gouvernements ou les différentes agences. Le monde privé, que ce soit les institutions financières, les banques crypto qu'on appelle aussi les exchanges ou tous les cryptos natifs, donc ceux qui font de l'innovation autour des blockchains, notamment pas que de la crypto, mais autour des blockchains. Alors blockchain, attendez, c'est quoi un blockchain, déjà ? Est-ce que le vocabulaire...

Blockchain, c'est une technologie, alors après, peut-être que David...

16:27
Présentateur

Pour le dire, peut-être simplement, déjà, moi je pense qu'il y a un problème dans la formulation même de blockchain, il n'y a pas une blockchain, c'est un protocole en fait, c'est un ensemble de règles cryptographiques qui permet en fait de stocker des données de manière totalement fiable, c'est un registre en fait.

16:45
Invité

Ok, donc on a compris, c'est un registre... Donc ce registre, c'est... François Volpout, cette technologie qui permet de multiples cas d'usage, en tout cas pour l'industrie du monde privé, amène une contrainte. La contrainte, c'est la contrainte réglementaire. Et finalement, pour des sociétés, notamment opérant en France, notamment en France ou en Europe, elles doivent se soumettre ou en tout cas faire preuve de connaissances par rapport aux réglementations et aux règles de conformité des juridictions dans lesquelles elles opèrent.

Et notamment, dans notre région, on a, même j'allais dire à l'échelle mondiale, on doit lutter notamment contre le financement du terrorisme et contre le blanchiment d'argent. Et donc, ces sociétés privées, quand elles opèrent sur les marchés crypto, ou les marchés crypto, doivent répondre aux régulateurs et aux différentes autorités sur la probité de leurs transactions.

Donc, on va les aider, on va leur fournir des données, des outils et aussi de la ressource, de la connaissance pour pouvoir répondre à leurs obligations réglementaires, s'assurer de la probité des transactions qu'elles reçoivent ou qu'elles émettent, s'assurer de la probité, j'allais dire, ou de leur connaissance potentielle des activités illicites qui pourraient être générées par leurs utilisateurs. Ça, ce sont les entreprises du monde privé. Dans l'autre, j'allais dire, dans l'autre pan de l'activité de Chainalysis, on aide aussi les entreprises, j'allais dire, pas les entreprises non pas, mais les gouvernements et les différentes agences composant ces gouvernements sur plusieurs aspects.

Certaines sont, ont pour mission d'enquêter suite à une malversation, une activité illicite qui peut avoir trait à des rançons giciels, à des vols de crypto-monnaies, à du blanchiment d'argent, la drogue... Parce que c'est ça qui est absolument saisissant, c'est le nombre de scandales qui émaillent l'histoire des cryptos depuis une vingtaine d'années. L'effondrement de FTX, donc ça, c'est le fameux Sam Bankman... Friedman. Friedman. Voilà, ça c'était en 2022, le crash de Terra Luna, en février de cette année, des hackers de Corée du Nord ont volé un milliard et demi de dollars donc d'une monnaie qui s'appelle Ether, c'est ça ? Qui est la deuxième monnaie la plus valorisée après le Bitcoin.

19:22
Présentateur

Avec une monnaie, oui.

19:23
Invité

Et alors, ce qu'on a appris aussi, ce qui est quand même absolument sidérant, pour en revenir à ce qui se passe quand même aux Etats-Unis, c'est qu'il est question d'un pardon présidentiel pour un personnage dont le nom se résume à ses initiales, CZ, donc une opération qui s'appelle Binance, la plus grosse plateforme d'échange. Voilà, donc accusé de blanchiment et de violation des sanctions imposées par les Etats-Unis à un certain nombre de pays, j'imagine. Et alors, il est question d'un pardon présidentiel parce que les trois fils Trump ont créé une société familiale, une entreprise crypto, avec d'ailleurs le fils de M.

Witkoff qui est l'envoyé spécial à tout faire de Donald Trump que ce soit pour l'Ukraine ou pour Gaza. Bref, le fils Witkoff et donc contre la participation et c'est à vous évidemment que je pose cette question, François Volput, comment peut-on imaginer, enfin, il n'y a pas des histoires de conflits d'intérêts dans tout ça ? Là, je pense, on est au cœur même du conflit d'intérêts. Après, je pense que l'élection de Donald Trump et surtout le personnage a ouvert un nouveau pan de l'histoire et de la libération d'un certain type d'agressivité, je le noterai comme ça et même dans l'économie crypto, ça peut être qualifié comme ça.

Néanmoins, on est dans un effet de balancier, on était dans un environnement, la SEC, donc la SEC, auparavant, était extrêmement agressive vis-à-vis des acteurs crypto et quelquefois à outrance, à outrance, quelquefois, et là, en fait, l'élection de Donald Trump c'est le balancier inverse et où finalement on ouvre la boîte de Pandore, je ne sais pas si c'est la boîte de Pandore, mais on ouvre une capacité sans limite jusqu'à, sur ces six premières semaines comme vous le voyez, en tout cas, une capacité sans limite, une accélération on peut dire, de potentiel conflit d'intérêt dont vous venez de faire état et notamment le lancement du Trump ou du Melania, ces même coins qui ont un autre nom beaucoup plus vulgaire dans l'écosystème crypto démontrent que...

C'est quoi le nom le plus vulgaire ? Enfin, on n'est jamais que samedi matin. Je crois que c'est

21:52
Présentateur

le shitcoin. Ah, le shitcoin, c'est pas mal. Au moins, ça dit ce que ça dit.

21:57
Invité

Natacha Valla. En réalité, c'est vrai que ce qui a été dit tout à l'heure est important. En Europe, on a des réglementations européennes qui nous protègent. Vous ne les avez pas nommées, mais si vous entendez parler de Mika ou de Dora, ce sont des objets quand même assez bienveillants qui permettent d'avoir une diffusion de l'information, une transparence. Mais moi, ce que ça m'inspire de cette discussion, c'est qu'est-ce que tout cela nous a apporté ? C'est-à-dire, le monde avant crypto, est-ce qu'on était... Manifestement, ni vous ni moi n'investissons en crypto. Non, mais alors, justement, je pense que...

Mais il faut quand même expliquer que pour les ménages français qui voudraient investir et de nombreux ménages investissent en crypto et bien leur en face, il faut qu'ils sachent à quoi ils s'exposent. Quand on achète une action, on achète un titre de propriété sur une entreprise, sur une entité, bref, on est propriétaire de quelque chose qui peut très bien ne plus rien valoir demain, mais en tout cas, il y a ça derrière.

Quand on prête, quand on achète un titre de dette, une obligation, les particuliers ne peuvent pas vraiment y accéder parce que les montants sont gros, mais ils peuvent acheter des petits morceaux d'obligations émises par l'Allemagne, émises par une banque ou par une entité industrielle, vous avez un titre de créance, vous avez une créance sur cette entité. Alors vous allez me dire effectivement, si cette entité va mal, on peut revenir sur l'idée de la créance et puis ne pas honorer c'est d'être... Mais enfin, le mécanisme est bien perçu et tous ces éléments, cette diversification et cette innovation financière, elle a servi à quelque chose.

Maintenant, le crypto, moi j'ai l'impression qu'il s'est défini par défaut par rapport à des manques de la part des banques centrales. Les banques centrales n'étaient pas assez technologiques. On ne pouvait pas payer en euros directement. Quoique, je peux argumenter aussi dans le sens inverse, mais l'autre argument c'est de dire on ne peut pas interconnecter les monnaies les unes avec les autres.

On se rend compte aujourd'hui que par exemple, vous parliez de Trump tout à l'heure, les banques centrales se sont coordonnées pour lancer un projet qui s'appelle Enbridge, coordonné par la Banque des Reglements Internationaux qui est la banque centrale et les banques centrales pour interconnecter les monnaies, le dollar, l'euro, enfin c'était pas le dollar et l'euro, mais enfin des monnaies différentes les unes des autres sur un réseau qui in fine sera un réseau digital qui in fine sera sur la blockchain et aura sans doute des propriétés très similaires sauf qu'elles seront ancrées sur un système de confiance qui est lié à une monnaie fiduciaire émise par un souverain.

Mais donc, cela veut dire que la technologie gagne en quelque sorte ou impose cette forme-là d'adaptation. pose la forme de la monnaie mais bien sûr mais ça a été le cas depuis des coquillages jusqu'aux billets aux pièces aux dépôts bancaires. C'est le sens de l'histoire.

24:41
Présentateur

David Pucheux. Après, je pense que ce qui est important de signifier aussi, c'est qu'effectivement, moi par exemple, je me suis beaucoup intéressé aux origines idéologiques, donc c'est assez clair, il y a un côté narco-capitaliste, il y avait un projet qui avait déjà été esquissé par Frédéric Chayek de dénationalisation des monnaies.

24:55
Invité

Chayek

24:55
Présentateur

qui est le chantre du néolibéralisme expatrié aux Etats-Unis qui est un des grands idéologues du mouvement néolibéral et qui promouvait déjà un projet sérieux de dénationalisation des monnaies parce que Hayek ce n'est pas Trump en l'occurrence en termes d'analyse économique mais ça c'est ok, c'est les idéologies qui poussent une technologie mais on le sait très bien une technologie, il faut clairement différencier l'invention, l'innovation, l'invention, il y a des idées derrière l'innovation c'est quand ça pénètre dans la société et on voit bien ici la variété des contextes d'usage la variété des contextes culturels aux Etats-Unis en France les cryptos ça ne veut pas du tout dire la même chose parce qu'on n'a pas la même représentation du monde aussi tout simplement parce que l'idée de décentralisation elle énerve finalement la culture américaine alors que la nôtre si je prends le cas de la France on est énervé par une culture de la centralisation donc tout ça donne des nuances en fait assez incroyables par rapport au projet initial de ce qu'étaient les crypto-monnaies ou la blockchain en général.

25:52
Invité

Claire Balvar je rappelle que vous vous êtes une praticienne des activités cryptos avec une néobanque ce qu'on voit c'est quand même une forme d'hybridation c'est-à-dire que les grandes institutions financières BlackRock par exemple le géant américain si j'ai bien compris émet des bitcoins ils proposent un fonds en bitcoin c'est-à-dire que vous allez pouvoir acheter des bitcoins via ce qu'on appelle des ETF donc des produits financiers classiques aux Etats-Unis qui sont très utilisés et donc effectivement il y a une hybridation puisque la finance traditionnelle a compris qu'il y avait une demande d'investissement ou d'utilisation des cryptos donc c'est adapté mais moi je voulais revenir sur des propos que j'ai entendu tout à l'heure sur justement à quoi ça nous sert tout ça et pourquoi est-ce que les cryptos sont là et moi la première réponse qui m'est venue en entendant cette question c'est la première chose que ça nous apporte c'est une réflexion sur ce qu'est la monnaie en fait derrière bitcoin qui est quand même la première des cryptomonnaies il y avait cette envie de créer une monnaie d'internet qui soit indépendante des institutions privées comme publiques et qui permette à tout un chacun de posséder réellement son argent numérique les euros qu'on possède vous et moi en fait techniquement parlant le contrôler ce sont des zéros et des uns dans les serveurs d'une banque je caricature mais c'est quand même un peu ça et si on veut posséder son argent soi-même la seule solution qu'on a avec l'euro ou avec le dollar c'est de retirer du cash c'est d'avoir des billets et donc on ne peut pas aujourd'hui techniquement détenir son argent numérique soi-même sauf avec les cryptomonnaies quand on veut envoyer l'argent mais qu'on ne touche pas par définition on ne les touche pas c'est virtuel non bien sûr on ne les touche pas mais on peut avoir un portefeuille sur internet ça peut être un portefeuille physique sous forme de clé USB donc il y a vraiment une innovation technologique et un changement de paradigme par rapport à nos monnaies traditionnelles si vous voulez envoyer de l'argent classique euro, dollar ou à l'autre bout de la planète vous allez passer par un certain nombre d'intermédiaires qui vont d'ailleurs souvent prendre des frais les cryptos et notamment bitcoin de par son aspect mondial vous permettent de le faire plus rapidement et à moindre coût et donc cette innovation-là aussi elle a du sens et elle permet de rendre les paiements internationaux beaucoup plus beaucoup plus faciles beaucoup plus rapides

28:18
Présentateur

si je peux préciser ce que c'est très intéressant ce qui vient d'être dit c'est-à-dire qu'effectivement ça peut aider les auditeurs à bien comprendre le projet initial effectivement c'est digital cash donc c'est une forme d'argent liquide digital puisque l'argent liquide on le contrôle et c'est intéressant parce que ça émerge dans les années 90 parce que dès les années 95 qu'est-ce qui se profile c'est la cashless society c'est l'idée qu'on va être surveillée par les institutions bancaires que des tierces on le contrôle et puis là-dessus

28:47
Invité

il y a eu les subprimes donc 2007-2008

28:49
Présentateur

c'est pas pour rien que ça touche Nakamoto le soir en 2008 et après le covid

28:52
Invité

et le covid le confinement donc ça aussi ça a accéléré évidemment

28:55
Présentateur

et puis la méfiance vis-à-vis des états de l'institution bancaire du système financier tout ça concourt c'est pas un hasard si c'est sorti en 2008 le livre blanc du bitcoin la première phrase ça parle de la crise en disant on peut plus avoir confiance contrôler son propre argent maintenant effectivement on le voit dans la variété des contextes c'est-à-dire des contextes je pense que là il y a des gens très bien placés pour savoir toutes les dérives inhérentes à ce type de choses mais par exemple sur les transactions c'est intéressant sur les transactions internationales typiquement je veux dire dans les pays du sud dans les diasporas ça représente aujourd'hui voilà un enjeu vraiment important intéressant parce qu'effectivement ça peut réduire littéralement les coûts de transaction permettre aux gens de mieux contrôler leurs transactions c'est toujours pareil je veux dire ça peut avoir des vertus dans un régime autoritaire tout à fait intéressante là où dans un régime démocratique ça peut avoir au contraire des vertus délétères

29:46
Invité

oui parce que quand on voit la liste des états qui détiennent des crypto-monnaies le bouton par exemple en principe le pays où on est le plus heureux au monde donc là j'ai vu que 30% du PIB du bouton est en crypto François Volpout qu'est-ce que cela veut dire le Salvador aussi ils ont abandonné ils ont abandonné mais ils voulaient faire l'état crypto forcé à abandonner

30:15
Présentateur

peut-être oui c'est le FMI qui a et donc

30:19
Invité

le plus grand pays enfin en termes de volume le plus gros pays crypto ce sont bien les Etats-Unis et en deux c'est la Chine en fait je pense qu'il est important de faire la dichotomie entre ceux qui possèdent des cryptos et ceux qui l'utilisent et c'est là où on est encore dans deux il faut bien voir l'aspect spéculatif ou l'aspect réserve mais enfin oui c'est quand même fait et l'aspect usage mais vous avez des pays dans lesquels l'utilisation de la crypto est une nécessité face à l'inflation si on prend un pays l'un des plus grands pays aujourd'hui utilisateurs donc l'usage des cryptos c'est le Nigeria à l'heure actuelle si on regarde nos données le crypto crime report de cette année donc qui sont des données de données par Channelis ou l'adoption ou d'autres rapports sur l'adoption des cryptos montrent qu'on a certains pays dans lesquels il y a une nécessité d'usage et aujourd'hui nous quand on et que ce soit nous français ou beaucoup d'européens ou d'habitants de la partie j'allais dire développée du monde on a accès à une agence bancaire on a accès à tout d'une manière simple dans certains pays on a accès à un téléphone mais pas à une agence bancaire et finalement donner l'accès le contrôle de la richesse sans y mettre de valeur je ne mets pas de valeur derrière la richesse mais simplement une capacité à avoir des échanges à réaliser des échanges elle doit passer au travers des cryptos et ce que disait Claire sur le paiement transfrontalier etc l'immédiaté à moindre coût c'est une réalité mais aussi cette capacité des gens à avoir un accès à la richesse et dans certains pays où l'inflation parle de l'Inde on parle du Nigeria on peut parler de beaucoup de pays dans lesquels les monnaies ont perdu une valeur et de facto la population s'est appauvrie aujourd'hui les crypto-monnaies et notamment le bitcoin sont une réponse aussi à cette capacité à conserver une valeur sur sa richesse mais cela veut dire aussi François Volput que c'est un canal si j'ose dire extrêmement commode pour blanchir de l'argent pour se livrer à toutes sortes d'activités criminelles les réseaux de drogue de traite de personnes enfin tout ce qui alimente et en particulier dans le dark web donc dans cette dimension du web qui est très très difficile à pénétrer par définition les cryptos c'est quand même l'idéal pour toutes les activités criminelles j'allais dire à l'instar de toutes les nouvelles technologies si on regarde le lancement du mobile du portable et de ces différentes déclinaisons elles ont été adaptées ces innovations sont souvent adoptées par les acteurs illicites voilà il y a une tendance et c'est eux qui accélèrent en quelque sorte ils accélèrent l'adoption ils accélèrent la nécessité de réaction ils accélèrent un petit peu tout aussi l'innovation mais il est important je pense de remettre en exergue deux chiffres qui moi sont critiques pour la compréhension de tout à chacun de l'écosystème crypto l'activité illicite en 2024 sur les crypto-monnaies représente 0,14% du volume global d'échanges en crypto-monnaies mais comment arrive-t-on à ce chiffre ?

lui il peut y arriver aujourd'hui le travail de Channel Isis est effectivement d'identifier les acteurs illicites on pourra revenir sur ce qu'on fait exactement mais d'identifier les acteurs illicites et de pouvoir rattacher des transactions et cartographier des transactions et les rattacher à des entités du monde réel on ne suit pas l'individu on suit les entités du monde réel et aujourd'hui les entités du monde réel c'est-à-dire on peut avoir une organisation vous parliez tout à l'heure des nord-coréens qui sont aujourd'hui les plus grands attaquants de la finance décentralisée ils vont voler des crypto-monnaies de l'argent en tout cas numérique sur la finance décentralisée et aujourd'hui une société comme Channel Isis a la capacité par notre travail à pouvoir identifier les portefeuilles numériques donc les portefeuilles crypto appartenant à une entité du monde réel donc on est capable donc vous êtes capable de dire ça c'est Pyongyang potentiellement tout à fait et sur certains cas c'est vraiment un objectif et juste revenez en fait le 0,14% représente à peu près représente 40,9 milliards de dollars à l'heure où je vous parle parce que le monde crypto les transactions crypto comme on le parlait tout à l'heure elles sont immuables donc une transaction qui a lieu cette année l'année dernière il y a 3-4 ans peut s'avérer problématique et on peut le découvrir à posteriori mais à l'instant où on se parle 0,14% des échanges en crypto en 2024 ont été faits ou en tout cas sont issus d'activités illicites si on regarde et si on fait un pendant par rapport aux monnaies traditionnelles que l'écosystème crypto appelle fiat en 2023 c'était 3% du PIB mondial 2129 milliards de dollars de blanchiment d'argent donc vous voulez dire en fait il vaut mieux que les criminels utilisent des cryptos plutôt que les systèmes traditionnels la force est de constater que la transparence inhérente à la technologie blockchain est une vraie force pour les forces de l'ordre pour tout le monde pour traquer l'activité illicite à partir du moment où ils ont capacité à cartographier et identifier les acteurs illicites et ça c'est le travail de Chainalysis mais donc ça veut dire qu'on le sait dans le monde réel si j'ose dire la criminalité a toujours une longueur d'avance et donc c'est aussi vrai en termes technologiques on peut imaginer que ce sont c'est véritablement dans le dark web qu'il y a les innovations technologiques les plus fulgurantes mais vous avez parfaitement raison et c'est un travail éreintant de suivre l'avancée technologique et les nouveaux usages mais après c'est une nécessité les acteurs illicites font des ou utilisent des technologies complexes ou des programmes de blanchiment extrêmement complexes et qui nécessitent un travail de nos équipes chez Chainalysis constant pour s'adapter aussi aux nouveaux schémas techniques extrêmement évolués utilisés par les acteurs illicites et ce de manière rassurée le public et les utilisateurs de des blocs ou de n'importe quelle innovation ou innovant à l'instar de des blocs les utilisateurs doivent être aussi rassurés et ça malgré tout ça fait ou ça nécessite pour des acteurs comme nous un travail constant sur l'adaptabilité ou l'adaptation aux nouveaux enfin on va pas vous plaindre c'est un marché on le comprend en plein essor moi j'ai une question pour David Pucheux qu'est-ce qu'on appelle une ferme de minage

37:23
Présentateur

alors une ferme de minage peut-être juste avant je voulais préciser on en parlait ensemble sur ce plateau tout à l'heure c'est qu'effectivement on est assez aguerri à tout ça mais je pense que pour les auditeurs il y a 2-3 choses à préciser

37:34
Invité

plus que 2-3

37:36
Présentateur

mais très simplement par rapport à ce qui a été dit qui est très intéressant je ne connaissais pas ces chiffres et c'est très très intéressant de les entendre c'est qu'effectivement la blockchain c'est un registre comme je le disais mais c'est un registre qui est public donc on voit mais les entités qui échangent des crypto-monnaies le font à titre anonyme en tout cas avec ce qu'on appelle un pseudonyme c'est-à-dire une identité cryptographique qui n'est pas simplement Satoshi Nakamoto par exemple qui a inventé le bitcoin en fait on ne sait pas qui c'est derrière par contre on sait que c'est Satoshi Nakamoto cette entité-là qui s'exprime à chaque fois qu'elle s'exprime ça peut être un individu une femme un homme un japonais un américain

38:11
Invité

ou un groupe d'individus

38:12
Présentateur

donc effectivement le travail de Channel 6 c'est d'essayer de lier tout ça et ce qui est très intéressant c'est là où la blockchain effectivement crée une tension c'est-à-dire que les gens sont assez tranquilles quand on ne les a pas repérés mais une fois qu'ils sont repérés on peut redescendre sur toute la chaîne si je ne me trompe pas des transactions c'est-à-dire ça dévoile parce que comme cette blockchain est publique donc on voit les transactions qui étaient faites par les entités cryptographiques si on relie une entité une entité cryptographique à un individu un groupe d'individus en fait on peut remonter sur

38:41
Invité

mais c'est là où on doit faire on se voit le bout c'est là où on doit faire une vraie nuance si je peux me permettre entre suivre un individu et suivre une entité du monde réel ou des acteurs illicites chez Channel 6 on ne suit pas l'individu l'activité licite sur les blockchains c'est pas c'est pas notre métier on ne suit pas l'activité licite le coeur de l'action de Channel 6 et c'est pour ça je me permets de rebondir et de faire un parallèle un parallèle on se plaint souvent des règles sur la route etc c'est vrai mais on s'en plaint souvent quand on les enfreint et je vais peut-être partir de cela aussi de temps à autre je ne jette la pierre à personne mais finalement les acteurs crypto qui se plaignent de cette capacité à identifier l'acteur illicite à un moment donné est-ce que la crypto est-ce que l'écosystème bien qu'il soit pseudonyme ou qu'il donne un certain niveau d'anonymisation et on parle plus de pseudonyme doit être la porte ouverte à tout type d'activité et c'est là où moi je me pose réellement la question c'est pas parce qu'on est pseudonyme ou anonyme que c'est la porte ouverte et qu'on doit être en capacité de faire n'importe quelle activité illicite vers la planète alors Claire Balvin ce qu'on comprend donc cette espèce d'accélération technologique je reviens à ma question une ferme de minage qu'est-ce que c'est alors les mineurs ce sont des acteurs qui ont vocation à sécuriser les réseaux de crypto-monnaies et en particulier le réseau bitcoin on disait tout à l'heure il n'y a pas d'intermédiaire il n'y a pas de banque centrale du bitcoin néanmoins il faut bien des gens pour s'en occuper de cette infrastructure et donc les mineurs ils ont ce rôle de valider les nouvelles transactions qui sont effectuées en bitcoin et de sécuriser le réseau pour que n'importe qui ne puisse pas arriver demain et faire une transaction en s'attribuant 10 bitcoins alors qu'il arrive de nulle part et qu'il ne les a jamais gagnés et c'est de plus en plus concentré donc on comprend qu'il y a une énorme entité en Chine qui s'appelle Antpool et une énorme aux Etats-Unis qui s'appelle Fangry alors le minage en Chine a quand même plutôt décru depuis un certain nombre d'années mais effectivement au début de bitcoin ce qui se passait c'est que les mineurs c'était des gens comme vous et moi c'était des gens qui faisaient tourner une carte graphique à la maison et en gros pour être mineur il faut brancher un ordinateur et lui faire faire des calculs de manière automatique donc ça consomme de l'électricité et on participe comme ça à la sécurisation du réseau et on est récompensé en bitcoin et donc ces gens qui au début étaient des particuliers sont petit à petit devenus des professionnels et aujourd'hui c'est une activité sur laquelle il y a des entreprises et des groupes d'entreprises et de plus en plus énormes de plus en plus gros mais il faut bien comprendre quand même qu'il y a une sorte d'incitation économique générale à ne pas dépasser une certaine proportion parce qu'en fait si vous devenez un mineur qui prend par exemple 50% de la puissance de calcul totale du réseau en fait c'est un très mauvais signal pour les acteurs parce que les gens vont se dire mais attends bitcoin ça devient très concentré c'était censé être une monnaie décentralisée etc mais en fait il y a cet acteur là qui a un pouvoir démesuré sur bitcoin donc ça c'est arrivé une fois par exemple qu'un mineur prenne plus de 50% de la puissance de calcul et très vite ils se sont rendus compte du signal qu'ils donnaient au réseau et en fait ça risquait de faire chuter aussi le prix du bitcoin ce qui ne les arrange pas du tout et donc ils ont débranché des serveurs pour réduire en fait leurs proportions donc il y a une sorte d'incitation économique quand même à ce que ça reste un minimum décentralisé

42:13
Présentateur

par ailleurs c'est un mécanisme incitatif il y a des logiques de mécanisme incitatif parce que les gens ne font pas ça pour rien évidemment ils ne vont pas miner pour rien donc l'idée c'est le minage c'est la métaphore de la mine d'or c'est-à-dire que c'est le seul moyen de créer des nouveaux bitcoins et dont vont être dépositaires ceux qui ont réussi à valider les transactions donc ça c'est un mécanisme d'incitation économique

42:34
Invité

alors une question extrêmement bête en tout cas basique pourquoi est-ce que ça monte et pourquoi est-ce que ça descend le prix vous voulez dire oui la valeur d'un bitcoin c'est grosso modo comme les actions des entreprises et donc c'est l'offre et la demande qui déterminent le prix alors pour les actions il y a d'autres facteurs qui déterminent l'action il y a d'autres facteurs bien sûr il y a des facteurs qui sont quand même assez fondamentaux liés à la position de l'entreprise à sa performance à ses perspectives de cash flow future etc pour le mécanisme du marché bitcoin comme le marché d'actifs enfin le marché de l'or c'est un peu pareil finalement quoique l'or il y a des demandes pour faire des bijoux etc mais c'est qu'il y a des fluctuations dans l'offre et la demande vous avez très bien expliqué qu'on va pouvoir réduire l'offre pour maintenir le prix c'est une déviation du fonctionnement de concurrence pure et parfaite du marché mais en tout cas ces fluctuations elles peuvent être absolument massives vers le bas mais aussi vers le haut ce qui crée des gains potentiels considérables mais aussi des pertes potentielles considérables et ça je pense que c'est un élément important parce qu'on se rend compte quand on discutait de l'anonymat derrière les cryptos on discute de l'instabilité de la valeur des cryptos et il y a des mécanismes qui sont mis en place et qui ont une grande valeur justement sur l'anonymat à des effets pervers on va chercher à utiliser cette information lorsque le cas est indiqué quand on sait que c'est une malversation quand la volatilité du cours d'une crypto est trop forte et bien le système va inventer des nouveaux types de cryptos qui sont les stable calls qui sont quoi ?

rien d'autre que une crypto plus adossée à quoi ? guess what ?

au monde réel donc il y a des obligations émises par l'Allemagne des obligations enfin bon après on peut imaginer donc ce que je veux dire par là c'est que ce qui était revendiqué et encore une fois je suis vraiment je suis très agnostique par rapport à cette innovation qui me semble excellente pour faire progresser le monde de l'économie de la monnaie et de la finance mais tous les mécanismes qui sont développés pour dépasser les limites des cryptos ils nous ramènent finalement entre guillemets dans le monde d'avant on crée de la transparence là où il était revendiqué qu'on n'en avait pas et que c'était l'avantage on crée de la stabilité là où finalement on s'est rendu compte que la stabilité n'était pas inhérente on indexe certaines cryptos sont indexées sur des monnaies des vieilles monnaies donc dans le fond il faut comprendre et je reviens aussi j'en profite sur ce qui a été mentionné et je pense que c'est une très très bonne remarque le fait que les pays qui ont une gestion macroéconomique déficiente des gouvernements corrompus des banques centrales qui ne sont pas indépendantes qui ont des taux d'inflation

45:17
Présentateur

qui n'ont pas de tir de confiance en fait

45:18
Invité

perte de confiance et voilà donc c'est une punition par rapport à des institutions qui ne fonctionnent mal et qui fonctionnent mal alors là effectivement c'est une chance d'avoir les cryptos avant on avait le dollar et on indexait sur le dollar est-ce que ça fonctionnait moins bien enfin on a toujours le dollar on a toujours le dollar François Volpout en fait je pense et pour compléter ou peut-être le prisme qui est un tout petit peu différent je pense que les deux ne s'opposent pas et en fait on est parti et on est parti d'un postulat qui a été défendu par les uns et par les autres mais le dogme porté par les uns et par les autres devient toujours problématique je pense que l'économie traditionnelle ne s'oppose pas ou la crypto ne s'oppose pas aux monnaies fiduciaires traditionnelles en fait et il y a une complémentarité et il y a une nécessité finalement d'avoir une vision plus globale et chacun apportera j'allais dire ou continuera d'apporter j'irai même plus loin je pense que la synthèse il y a un excellent livre là-dessus que je mentionne puisque c'est Céline et Nadia Antonin les crypto actifs il faut le lire il vient de sortir c'est une petite bible je pense que le prochain marché des cryptos c'est les monnaies de banque centrale les banques centrales sont en train de faire ce portefeuille dont vous disiez qu'il n'existait pas effectivement il fallait les pousser je me souviens j'y étais ça freinait des 4 fers c'était insupportable il faut les pousser voilà donc le fait d'avoir le jour où et ça va se faire puisque les choses s'accélèrent les Etats-Unis freinent parce qu'effectivement c'est plus rentable de faire un Mélania que d'aller taper à la porte de la Fed mais en tout cas on ne voit pas Christine Lagarde faire un même non elle fera un euro numérique très stable très fiable très facile d'utilisation et qui vous procurera votre portefeuille digitale qui vous manquait jusqu'à maintenant Claire Balva est-ce que on assiste manifestement à une accélération technologique qu'il s'agit d'essayer de comprendre mais est-ce que c'est aussi un phénomène générationnel autrement dit ça correspond à des aspirations qui touchent à la rapidité à la facilité au jeu enfin ce côté génération Z on est sans arrêt à tripoter son téléphone pour faire joujou oui alors on constate effectivement que les détenteurs crypto sont nettement plus jeunes que la moyenne la moitié d'entre eux en France ont moins de 35 ans donc il y a un phénomène générationnel et souvent moi ce que je dis c'est là où internet a libéralisé l'information donc vous vous souvenez avant les médias étaient quand même beaucoup plus beaucoup plus en silo qu'aujourd'hui étaient bien définis aujourd'hui n'importe qui peut écrire sur internet un blog faire des vidéos etc on peut d'ailleurs le regretter voilà avec les avantages et les inconvénients que ça amène bien sûr et les cryptos libéralisent de la même manière la monnaie et la finance et donc moi ma conviction c'est que demain l'ensemble des actifs dans la finance traditionnelle circulera aussi dans le monde crypto et quant à l'euro digital moi j'espère qu'effectivement on aura un euro qui sera très fort sous forme de crypto-monnaie et qui circulera de manière interopérable avec les portefeuilles de crypto mais je ne suis pas sûr à l'heure actuelle que ce soit le choix technologique qui est privilégié par la banque centrale donc à voir bien sûr

48:33
Présentateur

David Puchel juste pour compléter je crois que la question générationnelle elle est intéressante parce qu'effectivement il y a vraiment une question générationnelle derrière tout ça il y a une vraie démocratisation je ne sais pas si il faut le dire comme ça en tout cas une décentralisation de la finance qui est incroyable il y a aujourd'hui des millions d'individus qui entre 18 s'ils ne sont pas plus jeunes d'ailleurs et qu'ils ont ouvert un portefeuille avec une carte d'identité d'un ami qui a 18 ans qui jouent déjà en fait donc ça évidemment on en perçoit aujourd'hui les effets mais à long terme je veux dire ça va être quand même un bouleversement assez majeur pour la finance en général ça c'est une première réflexion la deuxième c'est la question de l'accélération je rebondis sur ce terme là qui est important parce que c'est une idéologie qui a beaucoup la Silicon Valley depuis maintenant une vingtaine une trentaine d'années mais qui c'est justement qui a une idéologie accélérationniste qui est l'idéologie revendiquée par je ne sais pas Balagier Srinivasan Mark Horowitz enfin les grands investis sur la Silicon Valley les penseurs les crypto-économistes etc qui sont dans une dynamique aussi alors là je pars sur un plan totalement idéologique mais qui accompagne le mouvement idéologique qui est celui aussi j'allais dire de l'extrême droite américaine de l'alt-right etc une volonté par les crypto-monnaies d'accélérer le capitalisme ce qu'ils appellent le techno-capitalisme c'est lié aussi à une philosophie délétaire d'un philosophe britannique qui s'appelle Nickland dont Musk se romandique assez ouvertement

49:59
Invité

avec cette idée que l'idéal c'est un un patron une sorte de régénération de purification du capitalisme voilà parce que la démocratie ne sert à rien

50:06
Présentateur

le bout du truc je parlais de Prospera tout à l'heure je ne l'ai pas expliqué mais Prospera c'est un type d'une société état

50:12
Invité

donc Prospera c'est donc au Honduras

50:14
Présentateur

une zone économique spéciale qui est dirigée finalement par un CEO qui dans l'unité de compte est le bitcoin qui est gouverné par token donc c'est à dire c'est calqué sur le fonctionnement enfin c'était le club med

50:28
Invité

au départ c'est ça

50:29
Présentateur

ils ont des jetons de gouvernance donc le vote est remplacé si vous voulez par la valeur monétaire en fait un des propriétaires c'est la propriété privée aussi ces gens sont animés par une idée que la liberté individuelle nous on ne la définit pas comme ça en France en général mais les américains et surtout les anarcho-capitalistes ou les libertariens pour eux la liberté individuelle c'est la propriété privée propriété privée matérielle son corps sa conscience etc donc tout ça s'inscrit aussi j'allais dire idéologiquement dans cette mouvance dont on voit bien toute la dynamique anti-système qu'il y a autour des magas de l'Amérique contemporaine de Musk qui veut j'allais dire enfin là ils ont nommé à la tête du FBI que des gens finalement qui sont contre toutes les institutions fédérales qui sont anti-système donc c'est un paradoxe hallucinant c'est comme le Dodge quoi de Elon Musk donc ce que je veux dire c'est que les quittaux

51:18
Invité

d'ailleurs Musk a créé une unité enfin un Dogecoin oui

51:23
Présentateur

on peut acheter les Tesla en Dodge

51:25
Invité

c'est pas lui qui l'a créé pour le coup mais effectivement

51:27
Présentateur

il a fait la promotion

51:30
Invité

d'une certaine cryptomonnaie donc François Volpout par rapport à tout cela d'abord ça veut dire que vous vous avez un business en pleine expansion mais plus sérieusement ça veut dire que les les grands acteurs de la technologie qui sont américains mais aussi chinois comment est-ce que la compétition internationale s'inscrit et les rivalités de puissance s'inscrivent dans l'univers crypto après je laisserai les autres avoir un commentaire sur ce sujet mais je pense qu'il y a repartons de la base la crypto elle est mondiale sans frontières intrinsèquement partagée par tout le monde donc la compétition ou la compétition sur cet écosystème là il est de facto natif il n'y a pas de frontière la blockchain ne souffre pas les frontières donc par essence même c'est un business mondial le deuxième point et qui est un point qui qui qui devrait nous permettre d'aller sur un point de régulation de réglementation on est la vraie compétition l'une des vraies compétitions peut se former autour de la réglementation des différentes juridictions sur lesquelles les business crypto opèrent c'est à dire que plus une réglementation ou deux réglementations qui vont s'imposer complètement aujourd'hui l'Europe et la France on a été moteur sur la réglementation autour des crypto-monnaies des assets digitaux notamment avec Mika Dora même des réglementations un peu antérieures à cela qui vont inspirer le monde elles vont vraiment on a fait l'effort on a une position de leadership sur la réglementation il faut le savoir mais on voit aussi et David Pucheux vient de l'expliquer fort bien qu'aux Etats-Unis au contraire on a affaire au sommet du pouvoir politique et financier et technologique à des gens qui sont contre la réglementation et qui d'ailleurs veulent faire payer c'est que si vous avez la France et l'Europe qui a un cadre attention il ne faut pas aller dans la sur-réglementation et c'est le risque aujourd'hui qu'on a en France la sur-réglementation mais si en France et en Europe et si on a une déréglementation complète dans des pays ou dans des zones j'allais dire géographiques type US etc imagine un acteur français qui se monte avec sueur j'allais dire et force dans un écosystème crypto pour être conforme à la réglementation locale qui est extrêmement contraignante par rapport à un acteur où lui c'est la fête et il n'a aucune ou une réglementation extrêmement légère c'est là où la compétition va être désavantagée là où on a une position de leadership on peut se retrouver en retard à cause d'une sur-réglementation face à des pays dans lesquels complètement et le fait qu'on mette en place cette réglementation et c'est pour ça qu'il ne faut pas interdire il faut construire la réglementation intelligemment à co-construire complètement avec les acteurs de technologie qui ont les compétences qui voient les opportunités et qui voient aussi de façon très certaine les limites mais l'absence de réglementation moi je pense que ça peut aussi signer l'arrêt de mort des cryptos pourquoi on met

54:52
Présentateur

la confiance dans les marchés aujourd'hui elle est plutôt liée

54:55
Invité

pourquoi on met en place après 2008 une réglementation bancaire sans doute excessive parce qu'il y a eu un accident de stabilité financière parce qu'il y a eu une récession massive liée à une crise financière qui a été très bien comprise très bien théorisée les banques centrales ont injecté des masses extraordinaires de liquidités dont on hérite encore aujourd'hui donc tout ça ça veut dire cette réglementation il faut qu'elle soit suffisamment fine pour éviter ces risques extrêmes mais ne pas réglementer c'est prendre un maximum de risques et exposer les entreprises et les ménages américains en l'occurrence ou pire des accidents qui pourraient advenir et alors précisément au niveau de la banque centrale européenne puisque tout cela remonte pour notre système euro à cette institution là Natacha Valla vous y avez travaillé il n'y a pas si longtemps est-ce que vous pensez que cette prise de conscience est réelle ou est-ce qu'il y a toujours cette espèce d'antipathie et de méfiance foncière non elle a été tardive je pense qu'il y a eu au sein de la communauté des banques centrales une grande réticence par rapport au digital et c'est là que je dis bravo à cette technologie qui a poussé un peu les banques centrales dans leur retranchement et qui les a poussées en avant dans l'innovation sur la forme que prend la monnaie la réserve fédérale était encore pire que la BCE en l'occurrence et puis là ça fait quand même 5-6 ans qu'on pousse le feu sous le projet de l'euro digital ou des monnaies digitales de banques centrales on pousse les initiatives de coordination pour créer des réseaux très intégrés avec les technologies les plus poussées alors effectivement il y a des modalités qui vont être plus ou moins favorables et il faut être actif dans cette discussion pour savoir ce sur quoi on va aboutir mais Donald Trump a coupé le soutien américain à toutes ces initiatives là pourquoi ?

pourquoi ?

mais bon grâce à vous quatre et je vous remercie tous les quatre on a un certain nombre de réponses et un certain nombre d'éclairages qui permettent je crois de mieux comprendre cette autre dimension à la fois des rivalités et de l'accélération technologique auxquelles nous sommes tous soumis donc Natacha Vallage signale en particulier une tribune que vous venez de signer dans le monde comment riposter aux Etats-Unis sans se perdre dans une escalade autodestructrice c'est une question qu'on peut poser non seulement en matière de crypto mais beaucoup d'autres domaines Claire Balva vous avez co-signé avec Alexandre Stachenko un ouvrage sur bitcoin et crypto-monnaie facile un ouvrage qui a été réédité aux éditions First l'été dernier alors François Volput je rappelle que vous dirigez donc Chain Analysis pour l'Europe l'Afrique francophone et le Moyen-Orient si j'ai bien compris et donc votre sur le site de votre entreprise il y a donc si j'ai bien compris un rapport annuel sur les activités criminelles et donc c'est évidemment tout à fait passionnant David Pucheux dans la revue Réseau vous avez signé un papier sur l'argent liquide digital le futur antérieur des crypto-monnaies voilà à la réalisation ce matin bien sûr Luc-Jean Reynaud à la technique Ludovic Auger Laura Dutej Pérez m'a aidé à préparer cette émission ainsi que la documentation de Radio France nous sommes samedi voici les carnets de santé de Marina Carrère d'Encos très bon week-end et à samedi prochain Musique