#RDLS166 - Retraites / Sainte-Soline / Crise institutionnelle
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bon, alors vous vous êtes rendu compte, la revue de la semaine, c'est devenu la revue du mois. Alors on y va, je prends un peu plus de temps pour vous expliquer les choses comme je les vois, que dans le point politique que je fais chaque semaine. Bon, on commence par la lutte contre la retraite à 64 ans, parce que c'est cette lutte qui occupe tout l'espace, toute la visibilité, et c'est normal. C'est un grand moment de mobilisation du peuple français, qui est d'ailleurs regardé par le monde entier.
Vous savez, tous les jours on reçoit des nouvelles qui nous arrivent de toutes sortes de pays, pour nous soutenir, nous demander de tenir bon, et qui manifestent des fois devant les ambassades de France. Demain ça sera au Mexique, hier c'était au Chili et dans différents pays, ainsi que des syndicats de la terre entière, qui envoient des messages aux responsables syndicaux et politiques de notre pays. Aussi des institutions internationales.
Mais bon, depuis le vote de la motion de censure, avec seulement un décalage de 9 voix, qui a terminé un cycle parlementaire calamiteux pour le gouvernement, puisque une mesure particulièrement impopulaire, rejetée par tous les syndicats, l'écrasante majorité de la population et la totalité des salariés, est censée s'appliquer de fait de la seule volonté d'une seule personne, puisque ce texte n'aura jamais été voté nulle part. Alors évidemment, dans ces circonstances un peu exceptionnelles, il va de soi que chaque moment, l'attention doit se concentrer pour avoir une stratégie cohérente, puisque M.
Macron dit que nous entretenons le désordre, la violence, et sa stratégie aujourd'hui, c'est-à-dire d'organiser des traquenards, comme ceux qui ont eu lieu à Sainte-Solines, ou comme des débordements de violence, comme on peut le voir le soir, contre des jeunes manifestants qui circulent dans les rues, pour faire peur, et au nom de la peur, convoquer un rassemblement autour de lui. Il faut qu'on en soit tous conscients.
Évidemment, il nous rend continuellement responsables de tout, quitte à manier n'importe comment des concepts qu'il dépasse, apparemment, parce que quand il dit qu'on veut délégitimer les institutions, et quoi c'est marqué dans notre programme que nous sommes pour la VIème République, ou bien quand il nous attribue toutes les violences, en disant que les violences verbales dans l'hémicycle se transforment en violences dans la rue, je ne sais pas quelle est la magie qui opère, mais si tel est bien le cas, alors on doit dire que les violences verbales des membres du gouvernement viennent dans la rue par l'intermédiaire des policiers, contre les manifestants.
Bon, je pense qu'on pourrait tourner la page de ce genre de sottises, mais nous, nous avons intérêt à être très vigilants sur ce que nous faisons, et avoir une stratégie cohérente. Alors, hier, on a eu une baisse du nombre des participants à la manifestation, mais regardons les choses en face, il y a eu une augmentation considérable du nombre des jeunes, et une baisse du reste de la population, c'est-à-dire ceux qui venaient avec la poussette, avec le gamin à la main, pourquoi ? Ben parce que les gens prennent peur de la violence, laquelle ?
Celle qui déferle depuis la police, c'est elle qui fait peur, c'est pas celle des manifestants, puisque par définition, ils ne se retournent pas contre les autres manifestants. Voilà pourquoi il y a eu une baisse de la participation aux mobilisations dans la rue. Et nous, nous savons, les Insoumis, parce que nous sommes en contact, pas seulement avec les salariés, mais avec l'ensemble de la population.
Cependant, nous voyons comme un succès de la stratégie qu'on a pu appliquer, notamment en appuyant la première manif de rassemblement des jeunes le 21 janvier dernier, puis tout le travail qui a été accompli pour sensibiliser dans les lycées et dans les facultés, le fait que maintenant, la jeunesse est sortie massivement dans l'action. Et vous avez vu que, quasi aussitôt, elle obtient des résultats. Alors, ce sont des résultats incertains, vous savez comme moi, qu'il faut toujours se méfier de ce que racontent les membres du gouvernement, parce que la moitié du temps, c'est pas vrai.
D'autres fois, il faut lire entre les lignes ou dans les petits caractères du bas de la police d'assurance pour arriver à comprendre ce qu'ils racontent. Mais là, ils ont décidé de refaire entrer dans le droit aux bourses des gens qui en avaient été expulsés et en réajustant ce qu'ils appellent le plancher, c'est-à-dire à partir de quel niveau vous pouvez entrer dans le droit aux bourses. Ça va remettre plusieurs dizaines de milliers d'étudiants qui vont récupérer ce droit. Alors, après, on verra. La ministre va sans doute annoncer des mesures complémentaires, on a déjà entendu parler. Mais en attendant, c'est ça.
Et de même, Macron a décidé de retirer le service national universel de la prochaine loi de programmation militaire, parce que sa décision était absurde. Aucun militaire n'a jamais demandé qu'on en régimente comme ça toute la jeunesse. Et nous, qui sommes partisans d'un service national, on a toujours dit que ce serait un service national qui doit être payé et deuxièmement, pas réservé aux affaires militaires. Il y a plusieurs gens, dans un certain nombre de domaines, et on ne saurait pas quoi faire de tout ce monde. Alors, si c'est pour obliger tout le monde à se mettre au garde-à-vous devant un drapeau, tout ça est ridicule, ça ne peut pas être le sujet dont on discute.
Mais bref, les jeunes, en tout cas, ont immédiatement obtenu quelque chose. Moi, je les invite à continuer leur mobilisation, avec leurs organisations syndicales, à prendre des initiatives, être présents, parce que maintenant, il faut concrétiser tout le reste. Je pense au repas au Crous à 1 euro, parce qu'il y en a marre d'avoir faim tout en étant étudiant, d'obtenir les protections sociales particulières dans le travail et pas servir juste des plus précaires, des plus intérignes, des plus maltraités dans toutes les boîtes où on prend un étudiant, on lui met les horaires dont personne ne veut, et ainsi de suite.
Bon, bref, ils savent quel est leur catalogue de revendications, mais je leur dis, vous voyez, ça paye, vous avez maintenant fait la démonstration de votre force, vous êtes fort, vous pouvez obtenir des choses qui transforment vos conditions de vie, notamment lorsque vous êtes dans la jeunesse étudiante. Mais après, disons les choses comme elles sont. C'est un moment particulier. Depuis le vote de la motion de censure, on marche en dehors des clous. Il faut continuellement comprendre ce qui se passe, inventer des stratégies. Alors, il y a beaucoup d'idées qui circulent, j'ai entendu parler d'occupation de plage, j'ai entendu parler d'une marche nationale, il y a beaucoup d'idées.
Évidemment, comme d'habitude, le mouvement insoumis, je pense, se rangera derrière l'idée qui correspond à la volonté générale, puisque, comme vous le savez, c'est notre rôle de nous rendre utiles, d'appuyer, d'aider, d'éclairer le chemin, et c'est comme ça qu'on ne se conçoit pas comme une sorte de super bureau politique des masses, ça, ce n'est pas du tout notre rôle. Voilà, c'est comme ça qu'on conçoit les choses. Mais le pire pour nous, ça serait de nous installer dans une routine qui n'a pas d'objet, quoi. Alors là, il y a à nouveau une journée d'action qui est convoquée, mais c'est pour dans 10 jours, c'est très loin. Donc, qu'est-ce qui va se passer dans l'intervalle ?
Ceux qui sont en grève depuis le plus longtemps vont sans doute arrêter pour reprendre des forces. On entend parler ici et là d'une pause, mais la lutte continue. Il ne faudrait quand même pas, vous allez voir, qu'il ne va être question que de ça. Et on va oublier ceux qui continuent le combat. Donc, il faut que nous ayons de l'initiative, que nous donnions des perspectives, me semble-t-il, offensives et unifiantes. Alors ça, la première caractéristique et problème qui nous est posé, c'est que comme l'intersyndicale assume à elle toute seule et sans nous concerter la responsabilité du mouvement, et que nous ne voulons pas créer de division, de querelles, etc.
Bon, alors en attendant, ils sont responsables, ils proposent une pause et une médiation. Bon, ce n'est pas notre point de vue à nous, les insoumis, nous sommes pour le retrait, pour le final, du texte. Ou bien le fait qu'on confie la question éventuelle des retraites au conseil d'administration des caisses de sécurité sociale, parce qu'elles ont été créées à la libération pour ça. Au départ, la sécurité sociale a été gérée par les travailleurs et par eux seuls. C'est normal puisque c'est leur salaire qui sert à faire des cotisations pour payer par ceux qui sont au travail la retraite de ceux qui n'y sont plus. Vous connaissez tout ça aussi bien que moi.
Je suis très surpris de voir que tant de gens de gauche l'ignorent, alors on ne peut pas tout savoir, mais quand on a des responsabilités, il vaut mieux éviter de raconter des histoires qui sont fausses, comme l'a fait le journal Le Canard Enchaîné qui dit, alors il compare là, il mélange tout, il compare la sécurité sociale, le régime général, les retraites avec un système de retraite par points qui n'a rien à voir. Enfin, bon, il mélange tout, tout ça pour dire à la fin que, bon, pour s'en prendre à moi comme d'habitude, c'est même pas original, mais si c'était, s'il pouvait éviter de raconter des choses qui n'existent pas et mettre l'embrouille dans la tête des gens, ça serait pas mal.
Parce que quand Le Canard Enchaîné était de gauche, bon, c'est ce qu'il faisait en général. Bon, je passe tout ça parce que sinon, je ne vais pas me mettre à faire la revue de presse de gens qui racontent n'importe quoi sur ce sujet. Nous, surtout, pas de routine. Donc, il faut que les idées qui sont sur la table soient discutées, explorées, et si possible, mises en pratique, et si possible, toutes en même temps, parce que ça ne dérangerait pas. Mais en tout cas, il y en a une que moi, je veux relever. J'ai fait une proposition, c'est que le dossier retourne dans les caisses, de Sécu pourrait être examiné par les administrateurs de la Sécurité sociale. Mais je voudrais faire une suggestion.
Pourquoi je la fais moi ? Parce qu'en ce moment, nous sommes dans la période du congrès de la CGT. Alors, le congrès de la CGT est assez animé, de ce qu'on peut voir. Ce n'est pas à moi de m'exprimer dessus, vous l'avez bien compris. Nous sommes tous très attachés à la CGT. Nous avons tous besoin de la CGT, qui est un syndicat puissant, respecté, bien organisé sur le terrain. Donc, nous formons tous des vœux pour que ce congrès se termine le plus favorablement possible pour la CGT elle-même et pour les luttes. Mais en attendant, il y a un important secteur du combat qui est un peu en retrait parce qu'en congrès. Alors, j'ai entendu que M.
Martinez proposait une médiation et aussi une mise en pause. Bon, il a été battu au vote du rapport d'activité, donc je pense que ça ne fait plus partie des propositions de la CGT. Mais bon, alors, à nous, un peu d'improviser des propositions. Je voudrais faire remarquer une chose. En 1968, l'intersyndicale a appelé à une journée de grève générale. Pas des grèves reconductibles et des formes d'action. Une grève générale. C'était pour un jour.
Eh bien, je pense que si on avait une grève générale le jour de la journée d'action qu'a appelée l'intersyndicale, c'est-à-dire la semaine prochaine, hein, dans 10 jours, eh bien, ça serait quelque chose qui serait unifiant, qui donnerait de la force, qui manifesterait la force. Il ne faut pas qu'on accepte l'idée qu'on va donner le spectacle d'un étiolement progressif de la lutte parce que ce n'est pas juste. Parce que ce n'est pas ce qui se passe, parce que plein de gens continuent la lutte et surtout parce que ce serait la brader. Et avec ça, on ne peut pas être d'accord. Voilà.
Sinon, eh bien, à chacun d'imaginer, hein, des choses qui sont possibles de faire, se rassembler sur des places, sur des ronds-points. Là où il y a la grève, eh bien, aidez les grévistes. Bon, nous, on sait, aujourd'hui, il y a plein de gens qui nous demandent sur tel ou tel piqué de grève, puisque vous avez une caisse de grève, aidez-nous. Et puis, il y a aussi les collectes alimentaires. Alors moi, déjà, je vous invite à aider la caisse de grève de la France Insoumise parce que nous, on sait versement direct, hein. S'il y a un compte en banque là où il y a une section CGT ou une intersyndicale ou FO ou CFDT ou ce qu'on veut, hein, ce n'est pas une...
qui existe là où il y a la grève, on vire sur ce compte. Sinon, c'est à l'union locale ou à l'union départementale qu'on ferait, mais c'est un circuit direct, rapide, ça ne franchit aucune étape intermédiaire. Voilà. Donc faire tout ça, faire les collectes alimentaires, parce que ça peut vous paraître étrange, mais des copains nous ont dit sur différents piquets de grève, écoutez, on est tellement pris à la gorge que maintenant, c'est quasiment le... bon, on dit maintenant ça, on appelle ça la détresse alimentaire, ça veut dire que l'on ne sait plus très bien avec quoi et comment nourrir la famille. Donc, donnez le coup de main.
Si vous êtes voisin d'un lieu, si vous êtes dans une ville où il y a une usine, où il y a un entrepôt qui est occupé, eh ben, amenez des cabas de provisions et puis les travailleurs vont se les répartir entre eux, mais aidez les gens qui sont dans la lutte. Parce que, voyez-vous, s'il y avait une stratégie générale organisée, eh ben, par exemple, on pourrait dire que tel ou tel secteur débrailleté de jours, ben, tout, on cotiserait pour les aider, hein. Et puis, les autres qui ne font pas grève ce jour-là pourraient aussi cotiser. Mais là, tout le monde est appelé de manière un peu sans distinction et ça aide pas trop à organiser correctement l'action. Voilà.
Voilà mes propositions pour les jours qui viennent. Pas de routine de l'action, de la grève, de l'occupation de lieu, et ce serait tout à fait génial si on avait un appel à une journée de grève générale, le jour auquel ont appelé tous les syndicats à l'action. Bon, maintenant, je vous parle de Sainte-Solines, parce que, du coup, on oublierait pourquoi on était en manif à Sainte-Solines, hein. On discute de tous les événements violents qu'il y a eu autour, mais d'abord, je voudrais rappeler que c'est une protestation contre l'installation des bassines. Les méga-bassines sont une erreur écologique et agricole. Pourquoi je dis et agricole ?
Parce que le même système a été mis en place en Espagne et tout le monde sait qu'à la fin, il y a moins d'eau qu'auparavant. Tellement, les bassines perturbent le cycle de l'eau, alors que quelques personnes ont cru que c'était une parade, mettre de l'eau de côté quand il y a de la sécheresse. Ça se fait dans des conditions tellement stupides que ça produit l'effet inverse. Donc, il y a une opposition écologique. Et oui, nous avons des droits sur le cycle de l'eau. Non, ça n'appartient pas qu'à ceux qui possèdent la prairie dans laquelle on creuse le trou pour pomper l'eau des nappes préatiques. Ce n'est pas vrai. L'eau, comme l'air, est un bien commun.
Alors, si c'est un bien commun, il ne peut pas être question que certains se l'approprient de manière privée. Parce qu'il y a toutes sortes de bassines déjà dans le pays qui ont été déclarées illégales. Et bien, celle-ci doit l'être aussi. Qu'on se le dise, c'est pour ça qu'il y a eu cette mobilisation. Et le vocabulaire utilisé par M. Darmanin et ses sbires est toujours le même. C'est, nous avons défendre contre les casseurs. Tout ça, ce sont des histoires. S'il y avait eu zéro gendarme, il y aurait eu zéro casse. Pour la raison que les gens venaient là pour manifester contre l'installation des méga-bassines.
Et je l'ai déjà dit une fois en manière de plaisanterie, mais je demande qu'on y réfléchisse. J'ai dit au pire, qu'est-ce qui se serait passé ? Les gens auraient remouché le trou. Il n'y avait qu'un trou, paraît-il, à défendre, paraît-il, un trou, un trou, avec du plastique dedans. C'est ça qu'ils ont défendu avec 3000 gendarmes, 4000 grenades tirées sur les gens. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? C'est une provocation. Deux propos délibérés. M. Darmanin a organisé un traquenard. Il fallait marcher 6 km dans les champs.
Quand les gens ont démarré, je ne dis pas qu'il n'y en a pas qui savaient où ils allaient, très clairement, mais quand les gens ont démarré, personne n'est venu dire arrêtez-vous là ou arrêtez-vous là ou rien. Aussi longtemps, tant qu'ils n'étaient pas arrivés devant la bassine, rien. Et une fois qu'ils sont arrivés devant la bassine, déluge de grenades, et puis à un moment donné, il y a eu les quads, c'est-à-dire des gens qui sont sur des espèces de petites choses à quatre roues là, et qui se sont mis à tirer dans le tas. Je dis bien à tirer dans le tas parce que mes camarades m'ont raconté le détail. Ils étaient en rang, avec une écharpe tricolore sur deux.
Ça fait un rang d'à peu près, on peut arriver à peu près à 30 mètres comme ils étaient là, puisqu'ils étaient 7 multipliés par 2, enfin c'était en se tenant par les bras. Qu'est-ce qu'ils faisaient là ? Ils protégeaient l'endroit où se trouvaient les blessés. Tout le monde le savait. Et les quads ont délibérément tiré sur les élus qui étaient là. C'est-à-dire que nous avons affaire à des barbares qui ne respectent même pas un député et une écharpe tricolore. Voilà le genre de hordes qui sont appelés à déferner sur nous. Ce n'est pas acceptable. J'en parle durement et je ne baisserai pas le ton.
Parce que ce n'est pas l'idée qu'on se fait tous de la police républicaine, et à plus forte raison que la gendarmerie. On ne peut pas être d'accord avec ce genre de moeurs. On ne peut pas être d'accord pour devenir ce pays. Dans le monde entier, nous commençons à recevoir des prises de position contre la violence et la brutalité, la sauvagerie des interventions qui sont faites contre le mouvement, que ce soit ici le mouvement contre les bassines ou contre la retraite à 64 ans. Voilà où nous en sommes. Nous avons déposé une demande de commission d'enquête.
Le journal Le Monde a fait paraître un enregistrement audio où l'on entend clairement dire qu'il y a interdiction de faire avancer les moyens d'ambulances et autres pour récupérer les blessés. Nos députés sont à la disposition de qui voudra les interroger pour raconter comment ça s'est passé dans cette journée. Et je vous garantis que quand vous les écoutez, quand vous savez qui ils sont, c'est-à-dire certainement pas des aventuriers, et bien ça vous fait froid dans le dos. Il est donc temps que soient punis les responsables d'une telle situation. Et le responsable d'une telle situation, c'est le ministre de l'Intérieur, M. Darmanin.
C'est lui qui doit s'en aller en même temps que Mme Borde, comme ça on fera un paquet commun. Ces gens-là, il y en a assez. C'est eux qui créent le désordre dans ce pays et qui ensuite viennent prendre leurs mines sucrées pour m'accuser moi ou d'autres parmi les insoumis d'être des fauteurs de chaos. Enfin, on entend des choses absolument incroyables. Je suis ciblé personnellement dans la presse audiovisuelle et écrite d'une manière qui est tout à fait indigne. C'est quelque chose qui ne s'est jamais vu que quelqu'un soit ciblé comme ça et rendu responsable d'absolument tout ce qui se passe dans le pays de violence. Alors, pourquoi font-ils ça ?
Vous savez, moi je n'ai pas d'orgueil mal placé, je ne suis pas du tout satisfait de cette situation. C'est une manière d'invisibiliser le mouvement social. Ils préfèrent parler de moi que de parler de ce qui se passe quand les gens protestent pour le… contre la retraite à 64 ans ou contre les bassines. Et puis deuxièmement, ils me désignent comme une cible. On s'en va chercher des groupes qui, à Saint-Sauline, seraient ceci et cela. Et le même soir, vous avez des groupes d'extrême droite qui attaquent des permanences de députés insoumis ou qui vont montrer et insulter tel ou tel responsable, jeune responsable antifasciste dans ce pays. Bon, bref, ça veut dire que des gens comme M.
Darmanin ont choisi leurs amis et leurs adversaires. Voilà ce qu'il fait, hein. Alors après, ils s'excusent auprès de l'extrême droite. J'attends qu'ils s'excusent auprès de moi de toutes les bêtises qu'ils ont dit. En tout cas, sur Saint-Sauline, je vous le rappelle, nous n'acceptons pas les méga-bassines, nous l'avons dit sur tous les tons. Nous ne les accepterons pas plus demain qu'aujourd'hui. Par conséquent, rendez-vous à la prochaine manifestation contre les méga-bassines. Là, je viens de vous parler de deux sujets. L'eau, le cycle de l'eau, la retraite, qui étaient deux sujets qui étaient présents dans la campagne présidentielle. J'ai porté ces deux sujets.
Impossible d'avoir un débat avec qui que ce soit sur eux. Et l'eau, j'aime mieux vous dire qu'il fallait avoir le cœur bien accroché quand on a démarré. Une partie de nos copains disaient « Mais pourquoi on parle de ça ? » Bon, pourquoi ? Parce qu'on savait qu'on se dirigeait vers un moment de très grande débat. Un moment de très grand stress hydrique, non seulement en Europe, mais dans le monde entier. Parce que le changement climatique est commencé et qu'il est irréversible. Par conséquent, nous vivons les premières étapes du dérèglement du climat, du changement brutal tout d'un coup des températures et du régime de l'eau.
Dont la cause est en bonne partie dans le fait que les glaces fondants, le tapis roulant que sont les courants qui longent les côtes, ont changé, ralentissent ou des fois disparaissent. Et tout ça, ça va changer le climat partout, tout le long de ces côtes. Ces deux sujets, il n'y a pas eu moyen d'en discuter et il y en avait un troisième. La 6ème République, la convocation d'une assemblée constituante, la fin du régime autoritaire dans lequel nous vivons. Bon, on a dit ça comme on a pu sur tous les tons.
On a fait des rassemblements pour la 6ème République, je voudrais vous le rappeler, notamment le rassemblement sur la place de la République, qui était sous le sigle pour la 6ème République, comme nous l'avions fait dans les deux précédentes campagnes présidentielles. Parce que la question des institutions est posée. Mais ce n'est pas une question technique où on va bricoler ici ou là pour arranger, arrondir tel ou tel aspect. Je vais vous donner un exemple, ça a déjà été fait ça, c'était sous M. Sarkozy. Dans la Constitution, il y a l'article 16. L'article 16 donne tous les pouvoirs législatifs et exécutifs au président de la République.
Et lui permet de suspendre les libertés démocratiques. Bon, ben, quand on a fait la réforme, M. Sarkozy a fait sa réforme, il a dit, ah ben, l'article 16, bon, seulement 6 mois. Ah bon ? Oui, ben, c'est dans la Constitution. Donc pendant 6 mois, M. Macron peut décider, s'il estime que je suis un danger pour l'ordre public et pour les institutions, de suspendre toutes les libertés. 6 mois. Hein ? Ça vous dit 6 mois ? Ça s'appelle une démocratie, ça ? Où un type tout seul peut décider de suspendre les libertés pendant 6 mois ?
J'ai pris cet exemple dans la Constitution, mais vous avez découvert depuis quelque temps le nombre de points d'appui qu'ils ont pour passer au-delà du vote des parlementaires et s'en dispenser. Donc la question de la 6ème République, du changement, si vous ne voulez pas l'appeler 6ème République, vous pouvez l'appeler Nouvelle République, 8ème République, 10ème République, 1ère République, comme vous voulez, mais qu'on arrête de m'embêter avec le fait que le mot 6ème République sera un problème sur du gros malin pour faire, en quelque sorte, diversion. Oui ou non, voulons-nous avoir une Constitution qui soit respectueuse de notre époque ?
Des conditions dans lesquelles nous vivons dorénavant, de l'élévation du niveau d'éducation, de l'implication beaucoup plus profonde des femmes dans le monde du travail, du fait que la ville est devenue maintenant majoritaire dans le paysage de la France, ce qui n'était rien de tout ça n'était le cas dans les années où a été inventée la Constitution de la 5ème République. Rien des points que je viens d'évoquer. Donc, cette question est à l'ordre du jour et je dirais d'une certaine manière qu'elle est centrale.
Si un ministre de l'Intérieur peut se permettre de se comporter comme il le fait, sans faire l'objet d'aucune interpellation, d'aucun moyen de l'arrêter, c'est qu'il y a un problème dans les institutions qui rendent possible ce mode de fonctionnement. Si la première ministre peut venir, la bouche en fleur, nous expliquer que le président de la République vient de lui confier, d'écrire un nouveau programme législatif et de charger à former une majorité. Autrement dit, cette femme est au pouvoir depuis un an et c'est maintenant qu'elle se pose le problème de savoir pourquoi faire. C'est quand même inouï. Et bien ça, c'est la 5ème République qui le permet. Évidemment, c'est un piège à nigo.
Une fois que cette femme aura fini avec ce programme, si par hasard elle arrive à l'établir, eh bien, de nouveau, la vie reprendra comme avant, c'est-à-dire que le seul programme qui s'applique, c'est celui de la Commission européenne, celui des libéraux, qui continuent à détruire morceau par morceau tout ce qu'on a de service public, en espérant que ce soit l'occasion de faire des bonnes affaires pour le secteur privé. Voilà dans quel moment nous sommes. J'ai parfaitement compris que la retraite à 64 ans était leur talon d'Achille. Cette fois-ci, c'est nous, nous autres, le grand nombre, le peuple, qui avons l'initiative et l'offensive.
Il est très important de garder cette initiative, de garder cette capacité d'offensive, de ne pas s'en remettre à je ne sais quelle magouille dans un coin pour faire rentrer tout le monde à la maison. Il est temps largement de continuer la bataille et de prendre des appuis fermes pour la gagner, parce que la victoire est à portée de main.