Jean-Luc Mélenchon face à la justice - C à Vous - 19/09/2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:59FerméeRéponse directe
Contestez-vous le geste. Vous n'avez poussé personne.
- 6:04OuverteÉludée
Elles mentent depuis 2000 ans, répond Jean-Luc Mélenchon.
- 12:22OuverteRéponse partielle
Une théorie politique qui ne paye pas.
- 19:51OuverteRéponse partielle
Ça veut dire qu'il avait le nez sans arrêt sur son portable ?
- 20:20OuverteRéponse partielle
Comment était l'ambiance ? Quel était son comportement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:54PrésentateurFait
« Les images mentent. C'est ce qu'a affirmé ce matin Jean-Luc Mélenchon. »
- 6:01PrésentateurFait
« Je n'ai poussé personne violemment. »
- 12:30PrésentateurChiffre
« 72% des Français ont une mauvaise opinion de Mélenchon. »
- 12:37PrésentateurChiffre
« 7 Français sur 10 le considèrent agressif, pas sympathique et pas honnête. »
- 16:51InvitéFait
« Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un reportage à charge avec des témoignages des policiers pour nous faire passer pour des violents. »
- 18:29InvitéFait
« Dupond-Moretti lui dit « Vous, en tant que parlementaire, finalement, vous appelez à la désobéissance. » »
Temps de parole
- Invité33 %
- Invité 223 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 26 %
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- Invité 54 %
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Des dizaines de militants rassemblés depuis 7h30 ce matin devant le tribunal de Bobigny. Des pancartes pour dénoncer un procès politique, des t-shirts siglés de la phrase « Ma personne est sacrée », des slogans scandés « Résistance » pour saluer l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon, sein de son écharpe tricolore. Jean-Luc Mélenchon lève les bras pour saluer ses soutiens, mais reste silencieux devant les caméras avant de comparaître pour actes d'intimidation, rébellion et provocation. L'audience est toujours en cours. On retrouve dans un instant notre envoyée spéciale sur place, Nelson Jetten.
Mais d'abord, on revient sur les moments les plus marquants de cette première journée d'audience, ce procès de la colère, comme le titrait ce matin « La dépêche du midi » avec les journalistes Nathalie Saint-Cricq de France 2 et Apolline de Malherbe de BFM TV. Merci à tous les deux de votre présence. On l'a vu, Jean-Luc Mélenchon arrivant très solennel, entouré de ses cinq autres co-prévenus. Il reste silencieux devant les caméras, mais aussitôt, dans la salle du tribunal, il tweet quasiment minute par minute l'audience et son déroulé. Ce n'est pas un prévenu comme les autres, Jean-Luc Mélenchon.
Ça ne jamais été un prévenu comme les autres, ni un homme politique comme les autres. Il fait de tout une espèce d'opération médiatique. La perquisition, on l'a vu, ça ne lui a pas forcément énormément servi. Et là, c'est un combat, un retour, après ces trois mois d'exil volontaire en Amérique latine. Et il doit gagner le combat de l'opinion. Et pour le gagner, il faut qu'il communique lui-même. Comme il considère que les médias le font mal et contre lui, il préfère émettre lui-même systématiquement des avis. « Jugez-toi, appelez Madame Belloubet, Belloubet. » Et toute la journée, elle a le droit.
Ils ont inondé d'une façon générale les réseaux sociaux, les insoumis.
Ils font leurs propres médias, en effet. Et d'ailleurs, il y en a un d'eux qui se dit journaliste député. C'est François Ruffin qui avait d'ailleurs fait le déplacement et qui est en soutien lui aussi dans la salle. Ils ont toujours estimé qu'ils fassent eux-mêmes leur propre communication et qu'ils fassent de tout un spectacle. Alors, c'est le reproche que Jean-Luc Mélenchon fait d'ailleurs à la ministre de la Justice, à Éric Dupond-Moretti, qui est l'avocat face à lui. Il leur reproche de faire un spectacle, mais on peut dire évidemment que Jean-Luc Mélenchon lui-même y participe et qu'il sait qu'il y participe et qu'il sait qu'elle ressort utilisée.
Une première matinée d'audience qui a été marquée par plusieurs incidents techniques qualifiés de lunaire par Jean-Luc Mélenchon, la clé USB n'était pas compatible, la vidéo des images de la perquisition a d'abord été visionnée sans le son, un insoumis a prêté son ordinateur. Finalement, toutes les images de la perquisition ont été diffusées.
Le visionnage de la perquisition, un moment difficile pour Mathieu David, l'avocat de Jean-Luc Mélenchon. Le problème, c'est qu'on revoit des images qui nous ont fait du mal, on revoit des moments qui sont difficiles à vivre, on revoit fatalement, ça fait partie du jeu, on le savait, on revoit un moment difficile. Mais on l'assume, on l'affronte et tout le monde s'en expliquera et pourra répondre. Il a une force forte et humaine, Jean-Luc Mélenchon, donc il affronte, il est là, il ira jusqu'au bout, il n'y a pas de difficulté.
– Jean-Luc Mélenchon qui a expliqué de son côté que ce procès était pour lui d'abord un extraordinaire sentiment d'humiliation, rappelant pour sa défense qu'il était malentendant même s'il n'aime pas parler de ça. Or, il l'a évoqué ce matin à l'audience.
– Oui, il l'a évoqué, mais on le sait, mais ce n'est pas une raison, quand on entend même faiblement, pour se mettre à hurler. Donc de toute façon, à un moment d'humiliation, il y a des tonnes de gens qui ont été perquisitionnés, qui n'ont pas cette tribune pour pouvoir dire qu'ils sont humiliés. Quant au financement politique, il y en a eu au Modem, il y en a eu au Rassemblement national, il y en a eu partout. Donc Alexis Corbière, en revanche, entend bien, je crois, et on l'entend également pousser d'écrit, et puis s'en prennent à des policiers. Alors, quand on est parlementaire, on peut au moins respecter un minimum.
Alors qu'il y ait eu peut-être un déploiement un petit peu exagéré au moment de la perquisition, que c'était peut-être un petit peu disproportionné par rapport à l'enjeu, c'est possible. Mais pour autant, considérer que c'est une humiliation, et c'est injusticiable comme les autres, ni mieux, ni pire, ni en dessous, ni au-dessus.
Jean-Luc Mélenchon qui a fait ce drôle d'aveu. Il est clair que si j'avais vu la caméra de quotidien qui filmait cette scène, j'aurais pris un air plus élégant.
En fait, on sent qu'il fait les procès de tout le monde. C'est-à-dire qu'il se sert de ce procès qui est à son encontre pour faire le procès du gouvernement, le procès des médias, le procès même du système global, et qui serait un système qui dépasserait très largement la France, puisqu'il fait un appel contre la justice politique qui serait planétaire aujourd'hui, comme une sorte de complot, d'une internationalisation de tous les méchants. C'est tout le problème. C'est que Jean-Luc Mélenchon, il sait que, au fond, ces images, elles lui ont fait très mal. L'avocat lui-même le dit.
On ne sait pas très bien s'il dit que c'était un moment douloureux ou s'il dit que c'est des images qui nous ont fait mal. Ils nous mettent à mal. Aussi parce qu'elles nous mettent à mal politiquement. On sait bien qu'il y a eu un avant et un après pour Jean-Luc Mélenchon. Et l'objectif aujourd'hui pour lui, c'est de montrer que c'était tellement politique et que ce n'était pas juste qu'il a pété les plombs.
Les images mentent. C'est ce qu'a affirmé ce matin Jean-Luc Mélenchon. On va vous reprocher de ne m'en avoir montré qu'un morceau d'ailleurs. Quand on lui demande, oui.
Il y a 2000 ans qu'elle mente, a-t-il lié à l'audience.
Contestez-vous le geste. Vous n'avez poussé personne. Je n'ai poussé personne violemment. Alors les images mentent. Elles mentent depuis 2000 ans, répond Jean-Luc Mélenchon. Là, on est dans le complot le plus total.
C'est une stratégie de défense. Il y a deux stratégies. C'est effectivement le complot parce que ça peut, ça eut pu marcher auprès des gens. On verra d'ailleurs, il y a un sondage demain dans le Figaro, sondage France Info, Odoxa, qui montre que les gens... On va y revenir dans le reste. Donc en gros, les gens ne sont pas dupes. Et puis deuxièmement, il y a un autre sujet. C'est le complot politique, comme le disait Apolline. Alors on entend Tariq Ramadan qui parle de l'affaire Dreyfus. Donc il y a encore un complot. On entend Jean-Luc Mélenchon qui pense qu'il y a Emmanuel Macron qui est derrière tout avec Nicole Belloubet en train de tirer à la ficelle. On entend ça sans arrêt.
Je veux dire, dans les procès, c'est... Vous savez, c'est exactement la même chose que le type qui a eu deux en filo au bac et qui dit « j'étais pas d'accord avec le correcteur ». Il y a un moment donné, où c'est pas systématiquement soit un complot, soit quelqu'un qui vous en veut, il peut simplement se trouver qu'on a fait des choses qui n'étaient pas totalement correctes et qu'on est jugé comme vous ou moi si on les faisait. Voilà.
Et ça, je pense que les gens ont parfaitement compris que ce cirque et ce côté un peu théâtral, qui d'ailleurs, comme le disait Apolline, lui a beaucoup nu parce que les sondages ont commencé à tomber à partir de ce moment-là, c'est quelque chose qui n'est pas correct.
Un cirque, Apolline, de Malab ?
Il y a un côté cirque, mais cela dit, depuis le début, tous les députés de la France Insoumise ont compris qu'il fallait utiliser les images, que ce soit au sein de l'Assemblée nationale où ils se déguisent parfois, où ils utilisent des moments très intenses, ils en font un spectacle. Après, il y a une question qui est que c'est bien plus large, effectivement, que Jean-Luc Mélenchon. Vous vous rappeliez Tariq Ramadan tout à l'heure, mais François Fillon lui-même. Et aujourd'hui, autour de François Fillon, un certain nombre de personnes qui estiment que peut-être, au fond, il y a une justice politique.
Alors, dans ces cas-là, ça veut dire qu'elle les déteste tous, puisqu'elle serait à l'enfer contre Jean-Luc Mélenchon et contre la droite, avec le choix notamment, par exemple, de ce moment de l'agenda judiciaire qui fait que le procès de François Fillon aura lieu normalement, puisque ça a été confirmé la semaine qui précède les élections municipales. Est-ce que c'est le rôle de la justice de rentrer comme ça en collusion avec des moments politiques ? Au fond, c'est devenu un leitmotiv de beaucoup, beaucoup de politiques. Après avoir dit « tous pourris, les hommes politiques »,
maintenant, c'est eux qui disent « c'est tous victimes ». Et comme prévu, Jean-Luc Mélenchon n'a reconnu aucun des faits qui lui sont reprochés, dénonçant un procès disproportionné, ce qu'il expliquait déjà jeudi dernier lors de la conférence de presse pour la sortie de son livre.
Parce que nous faisons une déclaration où nous montrons qu'il s'agit d'un procès politique, le lundi, tout le monde se réveille. Et voilà qu'arrivent en chaîne des auditions de gens qui doivent m'en vouloir maintenant mortellement. Nous faisons l'objet d'un procédé politique d'exception.
Un procès politique, mais on peut quand même noter, Patrick, une évolution dans les choix des mots par Jean-Luc Mélenchon.
Oui, alors c'est un point sémantique qui peut paraître un détail, mais je pense que ça ne l'est pas tout à fait. C'est le mot que vous avez prononcé tout à l'heure, Nathalie, complot. Tout le monde entend la musique du complot dans les discours des Insoumis depuis dix jours. On comprend qu'effectivement, comme vous l'avez dit, c'est le pouvoir qui tire les ficelles. Mais Jean-Luc Mélenchon répète que non, non, il ne dénonce pas un complot contre lui, mais un système. Il l'a redit tout à l'heure à l'audience face à Eric Dupond-Moretti et dimanche dernier sur BFM. Arrêtez avec complot, jamais parler de complot. Moi, je parle de procès politique. Ce n'est pas un complot.
Jamais parler de complot, dit-il, jure-t-il, une semaine après être rentré du Mexique où il disait précisément ceci. La semaine prochaine, je mettrai sur la table de nouveaux éléments qui permettent de se rendre compte de ce complot entre belles personnes. Complot au Mexique, procès politique en France. Et je pense qu'il y a quand même une stratégie de défense qui a un petit peu évolué. Ça, c'était le moment où il finissait d'écrire son livre. Et il faut savoir que Jean-Luc Mélenchon a théorisé l'idée du bloc face à l'adversité. On ne recule pas, on ne reconnaît jamais ses erreurs. Là, il y a un petit déplacement qui me semble intéressant. Je ne sais pas si vous en pensez, Nathalie.
Probablement parce qu'il pense que les complotistes, c'est quelque chose de négatif. Donc quand on dit en France que quelqu'un déteste complotistes, c'est quelque chose qui est mal vu et mal vécu. Et l'idée qu'il y ait une machination politique, c'est effectivement une distinction probablement plus fine et qui peut éventuellement passer pour quelque chose de crédible dans l'opinion. Mais quand je parlais de cirque, tout à l'heure, je veux juste corriger quelque chose. C'est-à-dire que ce n'est pas simplement pour être désagréable. C'est vrai que Jean-Luc Mélenchon a du talent.
C'est vrai que comme on est un peu entouré d'hommes politiques qui sont quelquefois moins en verve, moins capables de bien parler, on participe nous aussi au cirque. Donc je ne suis pas simplement à dénoncer et à dire que lui fait du cirque et pas nous. Et c'est vrai qu'il transforme tout. Et je pense que je n'étais pas à l'audience, mais les échanges du Pond-Moretti et Jean-Luc Mélenchon, pour le coup, en se fichant sur la figure, sur la fameuse... Non pas le complot, mais sur... Voilà, je pense que ça devait être un grand moment de théâtre. Un grand moment de théâtre. Et ce sont de très bons acteurs et qui écrivent leur texte eux-mêmes en plus et qui est un très beau texte.
Et effectivement, mais Jean-Luc Mélenchon est toujours très très très fin. C'est-à-dire que, quand vous parliez de l'évolution entre le complot et sa nouvelle terminologie, c'est qu'il essaie, sur le fond, de se remettre en selle. Il sait très bien. Et tout est... Alors je vais revenir à la logique du théâtre, non pas du cirque. C'est-à-dire aussi bien ses trois mois, son retour, tout ça, c'est une mise en scène extrêmement bien orchestrée, de manière finalement à lutter contre l'adversité et le fait que ce fameux jour, il a perdu beaucoup de poids dans l'opinion chez les Français. Au-delà du mot complot, vous disiez, il y avait le mot système.
Ça, c'est quand même assez intéressant, c'est qu'ils sont tous contre le système. Que ce soit Marine Le Pen, qui est la première, je pense, à avoir utilisé cette théorie qu'elle était la candidate anti-système. Emmanuel Macron lui-même, en 2017, quand il était candidat, il disait qu'il était un candidat anti-système. Et évidemment, Jean-Luc Mélenchon réutilise aussi cette idée, c'est-à-dire vraiment le côté on est seul contre tous ceux qui représentent le pouvoir, les élites.
Et puis, il y a une autre chose, vous parliez de l'échange avec Éric Dupond-Moretti, je le recevais dimanche soir sur BFM, et il disait, au fond, qu'il aurait presque aimé défendre Jean-Luc Mélenchon au lieu d'être de l'autre côté. Éric Dupond-Moretti. Et il disait, Éric Dupond-Moretti disait, si je l'avais défendu, d'ailleurs, je lui aurais plutôt dit de demander pardon, de dire, bon, allez, ça va, j'ai juste metté les plombs, j'ai été effusée, plutôt que de s'entêter et d'en faire, justement,
une sorte de grande théorie politique. Une théorie politique qui ne paye pas. Vous avez signalé ce sondage au Doxa Le Figaro, au France Info, qui vient d'être rendu public. 72% des Français ont une mauvaise opinion de Mélenchon. C'est une chute de 14% en deux ans. 7 Français sur 10 le considèrent agressif, pas sympathique et pas honnête. Ils payent très cher, très fort, cette séquence politique, ces images-là. Alors, après,
il y a une demande d'autorité en France. Donc, c'est-à-dire que, évidemment, c'est un changement d'image. Le problème, c'est qu'ils ont envie qu'ils soient honnêtes. Malhonnêtes, ça, c'est très mauvais, par exemple. Mais qu'ils soient autoritaires, cassants, pas très sympathiques, les gens sympathiques ne se sont pas toujours fait élire. C'est-à-dire que ce n'est pas forcément très mauvais. Ce qu'ils font, en revanche, c'est qu'ils aient le sentiment qu'ils soient capables de tenir la barre. Et là, il y a une vraie question. Et puis, ça rentre aussi à un moment où on a quand même eu une année d'une violence.
C'est-à-dire que ce procès, il arrive à un moment où il y a eu une violence allant contre des politiques, une violence dans l'expression politique incroyable depuis les Gilets jaunes, depuis les attaques qu'il y a eu cet été contre les permanences des députés. L'expression même de la politique, que ce soit par les citoyens ou par les hommes politiques, est devenue d'une très rare violence. Ça participe aussi, presque ce procès, on a l'impression qu'ils cristallisent
tout ce qui s'est passé depuis un an. Et puis, une autre question se pose. Est-ce que le temps de Jean-Luc Mélenchon à la tête des Insoumis n'est pas passé ?
Oui, vous avez peut-être vu l'une et l'autre le papier du politologue Jérôme Saint-Marie ce matin dans le Figaro. En fait, il reprenait un papier qu'il avait déjà proposé à la fin du mois d'août au moment des universités d'été, de l'université d'été de la France Insoumise. On s'était étonné que dans ce parti tellement tourné vers son chef, le chef ne soit pas là. Et déjà, il avait expliqué dans ce mouvement tout repose sur le charisme. S'il n'est pas là, c'est un événement important. Et maintenant, Jérôme Saint-Marie ajoute peut-être son style à passer la main et laisser la tête du mouvement à de jeunes gens comme Adrien Quatnance.
Non conclut Jérôme Saint-Marie, Jean-Luc Mélenchon a plutôt l'intention de clore l'épisode France Insoumise comme il lui est arrivé déjà de le faire dans d'autres formations qu'il a animées. Qu'est-ce que vous en pensez ? Je pense qu'effectivement, il y a un parti avec une forte incarnation. Lui, qui est connu par son absence, enfin son absence, sa relative manque de démocratie. Alors on est très très loin des partis où on a le droit de parler. Il y a quelques-uns quand même qui ont eu le courage de le dire. Clémentine Autain qui a dit que la culture du clash ce n'était pas forcément quelque chose de... Auxquels elle adhérait.
Auxquels elle adhérait non seulement, mais qui était productif parce que le problème d'un parti politique c'est qu'un, on sait que Jean-Luc Mélenchon c'est la présidentielle, la présidentielle et la présidentielle et il a 68 ans, on verra s'il continue. Mais c'est probablement, il était, comme vous le disiez, le meilleur et le pire pour son parti. Donc quel va être... Je pense en plus qu'il y a quelque chose chez lui qui n'est pas forcément rationnel.
Parce que vous vous en parliez tout à l'heure, on nous disait que c'était effectivement quelqu'un qui avait une stratégie de retour mais quand vous disiez que Dupond-Moretti lui aurait conseillé s'il avait été son avocat de pardonner, c'est pas son genre. C'est pas son genre. Il a une espèce d'ivresse de lui-même, probablement dû aussi qu'il ait du talent, que c'est un très bon orateur, qu'il est extrêmement brillant. Mais est-ce qu'il fera le mieux pour que son parti puisse lui succéder, voire lui survivre ? Est-ce qu'il aura le courage de mettre en avant d'autres personnes que Mathilde Panot et Adrien Quatennens qui sont quand même à la limite des gardes rouges dans leur expression ?
C'est-à-dire qu'ils n'osent pas dire des choses qui sont contraires au chef et qu'ils soutiennent là pour l'instant. Normal de le soutenir quand il est dans la difficulté. Mais je pense... C'est le timing. C'est un excellent candidat de campagne présidentielle. Mais entre temps, il peut se passer des choses parce qu'il a été quand même à 7 millions à la présidentielle et quand on a vu les européennes, Manon Aubry était à 6,3. Donc il y a un truc qui est en train de descendre. Hier soir, le JT de France 2 est revenu sur les images de cette fameuse perquisition avec notamment le témoignage de forces de l'ordre présentes.
Après avoir tenté de forcer la porte, le groupe pénètre dans le local par une autre entrée. Bousculade, cri, invectif. Nous avions l'impression d'être assiégés, dira un commandant de police. Second face à face tendu, cette fois-ci avec un magistrat. Pour ce dernier, aucun échange n'était possible avec ces personnes qui étaient hystériques. Le but clairement affiché était de nous empêcher de réaliser notre perquisition. Voilà, suite à la diffusion de ce reportage, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un reportage à charge avec des témoignages des policiers pour nous faire passer pour des violents. Mais aucune image du policier violent qui étrangle et renverse un insoumis. Télé Macron fait du zèle.
Alors, Télé Macron, Télé d'État, France 2, Nathalie Saint-Cricq, vous répondez quoi ? Moi, je vais répondre que c'est, franchement, on a fait des tonnes de reportages. C'est un format qui s'appelle l'histoire secrète où on va retrouver un certain nombre de témoignages. D'ailleurs, il est cité Jean-Luc Mélenchon dans toutes ses accusations en disant que c'est un pouvoir politique et tout. S'il en est encore à croire que c'est toujours la même chose. Ce n'est pas le complot pour le coup, c'est la main invisible qui est en train de manipuler Télé d'État.
Je vais vous dire, quand on a fait des sujets ou des reportages ou des papiers, c'est au moment de l'affaire Benalla, quand on fait des papiers au moment de l'affaire Ferrand, quand on fait des papiers sur tout le monde, ce n'est pas Emmanuel Macron qui est en train de là avec son dictaphone de nous dire ce qu'il faut pour essayer... Je vais vous dire un truc, c'est de croire vraiment que la télévision, c'est un truc hyper puissant et que les gens sont idiots. C'est-à-dire que les téléspectateurs, on leur dit, ah, c'est lui le méchant et qu'ils vont tous le croire. Les gens sont totalement autonomes.
On fait ce reportage-là, ce sujet-là, comme on en fait des tonnes tous les soirs, qui sont plus ou moins agréables avec le pouvoir également. Voilà, donc il n'y a pas besoin de ce reportage de France 2 pour que M. Mélenchon ait quelques problèmes et de toute façon, la télé d'État, ça fait à un moment donné que si c'était la télé d'État, les gens regarderaient ailleurs. Voilà, il y a la concurrence, il y a tout. C'est des reproches qu'on a même fait à BRFN. C'est des reproches qu'ils font, eux, à tout le monde. Mais ce qui est intéressant aussi, c'est que finalement, c'est le rapport à l'État, à l'autorité et même à la désobéissance.
C'est-à-dire que je trouve qu'une des choses quand même où ils vont très loin, aujourd'hui, il y a eu un échange entre le maître Dupond-Moretti et Jean-Luc Mélenchon. À un moment, Dupond-Moretti lui dit « Vous, en tant que parlementaire, finalement, vous appelez à la désobéissance. » Et Jean-Luc Mélenchon a répondu un peu à côté. Il a dit « Quand les ordres sont dangereux, alors oui, il faut savoir réagir. » Ça, c'est quand même, c'est aller très loin dans l'idée qu'au fond, il faut dire non. Et moi, ça me rappelle une autre chose qui s'est passée cette semaine et que je trouve très intéressante dans le timing. Ce sont ce qu'on appelait les décrocheurs.
Vous savez, ce sont ceux qui ont enlevé le portrait du président de la République, Emmanuel Macron, des mairies. Ils ont été relaxés. Le tribunal de Lyon a estimé qu'il n'y avait pas faute, que ce n'était pas grave. Je trouve que ça, c'est quand même très intéressant. Là, pour le coup, on peut se demander si ce n'est pas une justice politique, évidemment, dans un autre sens que celui auquel l'entend, ou en tout cas, pas dans le même camp que celui où l'imagine ça veut dire qu'on arrive à des points de fracture. C'est presque pire. C'est parce qu'ils n'ont pas simplement dit qu'il ne fallait pas les poursuivre. Ils ont dit qu'il y avait un état de nécessité. C'était une forme de nécessité.
Ce n'est pas dans le jugement. Pardon. L'état de nécessité ? Non, l'état de nécessité, ça a été invoqué par les avocats et le jugement n'emploie pas le terme.
Ça pouvait se comprendre.
C'était justifiable.
Pour revenir au procès de la colère, comme l'ont traité ce matin certains journaux, l'audience est toujours en cours au tribunal de Bobigny. On y retrouve notre envoyé spécial Nelson Jetten. Alors, on a lu, on a suivi l'audience grâce au live tweet de Jean-Luc Mélenchon. Ça veut dire quoi ? Qu'il avait le nez sans arrêt sur son portable, Jean-Luc Mélenchon ? Ou ce n'est pas lui qui tweetait ? Non, alors effectivement, ce n'était pas lui qui tweetait. D'ailleurs, c'est rarement lui qui tweet ses propres tweets. Mais il ne pouvait pas tweeter parce qu'il a passé 2h30 à la barre et donc il n'avait pas la possibilité de tweeter.
Mais toutes ses équipes étaient sur le pied de guerre, tous les Insoumis. Et le compte officiel de la France Insoumise et le compte de Jean-Luc Mélenchon tweetait pour les Insoumis. Comment était l'ambiance ? Quel était son comportement ? Est-ce qu'il était agité ? Est-ce qu'il réagissait ? Est-ce qu'il était emporté, vif, comme on peut l'imaginer ? Écoutez, non. Il était plutôt calme, plutôt serein. On l'a même vu acquiescer lorsque les images ont été rediffusées lors de l'audience où on le voit dire « La République, c'est moi ». Il a réacquiescer lorsque les images qui ont été diffusées montraient qu'il demandait aux policiers dans le siège de la France Insoumise de redescendre.
On l'a vu rigoler à ce moment-là. Il y avait des moments de complicité avec les autres prévenus. Il n'était absolument pas tendu. Quand il est arrivé à la barre, il est resté 2h30 à la barre. Il était plutôt en forme. Pas de moment tendu. Effectivement, Nathalie Saint-Cricq disait qu'il y avait eu des moments très théâtraux avec Eric Dupont-Moretti. C'était le cas, mais c'est resté globalement très cordial. Il y a eu une phrase que peut-être on peut ressortir et qui ressemble bien à Jean-Luc Mélenchon. C'est de dire « Accuser un insoumis de rébellion, c'est un pléonasme. » Elle s'est dit au président du tribunal. Merci beaucoup, Nelson.
C'est du Jean-Luc Mélenchon dans le texte. Il a beaucoup de talent. Il a le sens des formules, que ce soit dans tous ses livres, le fameux « Qui s'en aille tous ». Quand il demandait aux Français de faire une déferlante, il a toujours eu le bruit et la fureur. Il a toujours eu le sens des formules qui claquent. Mais il y a des limites. Il y a des limites probablement à cette théâtralisation. Je ne pense pas que forcément les gens le considèrent comme malhonnête comme il y a dans le sondage. Mais peut-être qu'ils considèrent que tout ça c'est un peu trop comment dire que ce n'est pas très sérieux.
Et lui qui se dit et qui croit profondément défendre les pauvres gens contre les belles âmes ou les belles personnes, c'est-à-dire les nantis, les journalistes, tous les abrutis qui l'empêchent de s'exprimer correctement. Peut-être que les personnes en question considèrent qu'il est un peu égocentré. C'est-à-dire qu'il y a un moment donné un leader politique ça doit probablement se préoccuper un peu moins de son image et faire un peu moins de... Voilà, c'est plus l'époque. C'est peut-être un peu daté tout ça. Merci beaucoup à toutes les deux. Vous restez avec nous.